(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Annales de la Société géologique de Belgique"

Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 






1 1 



4 ■» 



m'\t 



it 



: '. 









■ 1 • » 



1 «. 



■•k"! i';- :'r-.^ 



■A^- 



=i v.^ ■ ■ f -^ \.'' 



m-9 ' , 



• § 



*l^* 



W^ 



■* à .1 -^ ' 






'.« 









'l* ^ 



1 *- 



SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE 



DE 



l-J-J 




DK LA 



Société géologique 



IDE BELO-IQ^TTE 



TOME TRENTE-DEUXIÈME 



1904 - 1905 



^ -. i^L-:::-. 



LIÈGE 

Imprimerie II. Vaii.l.\nt-(\\rma\nk (Société anonyme) 

8. nie Saint A<)albert, 8 

iç)o4-iî)o5 



LISTE DES MEMBRES 



Membres effectifs (') : 

1 MM. Abras8ART (Adelsou), ingénieur en chef des charbonnages 

de TAgrappe, à La Boiiverie. 

2 Ancion (baron Alfred), ingénieur, industriel, sénateur, 

32, boulevard Piercot, à Liège. 

3 Baar (Armand), ingénieur des mines, à Jemeppe-sur- 

Meuse. 

4 Balat (Victor), conducteur principal des ponts et chaus- 

sées, rue des Bons-Enfants, à Huy. 

5 Barlet (Henri), ingénieur, chef de service aux charbon- 

nages de Gosson-Lagasse, à Montegnée. 

6 Bayet (Louis), ingénieur, à Walcourt. 

7 Beaulieu (Edouard), ingénieur en chef-directeur du 

Service technique provincial, ^i, quai Marcellis, àLiége. 

8 Bertiaux (Achille), ingénieur, route de Philippeville, à 

Couillet. 

9 Blancquaert (Désiré), ingénieur en chef-directeur des 

ponts et chaussées, place Wiortz, à Xamur. 

10 BoDART (Maurice), ingénieur civil des mines, i, rue Neuf- 

Moulin, à Dison. 

11 Bogaert (Hilaire), ingénieur, directeur des travaux du 

charbonnage du Bois-d'Avroy, 201, quai de Fragnée, 
à Liège. 

12 Boissière (Albert), ingénieur de la Compagnie parisienne 

du gaz, 124, boulevard Magenta, à Paris. 

f 1) L*astérisque {*) indique les iiieiiibres à vie. 



— b6 — 

i3 MM. BoLLE (Jules), ingénieur au Corps des raines, à Mons. 

14 BouGNET (Eustache), ingénieur à la Vieille-Montagne, 

à La Mallieue (Engis). 

i5 BovERouLLE (Etienne), ingénieur, 49, rue Darchis, à Liège. 

16 Braconieu (Frédéric^ sénateur et industriel, 7, boulevard 

d*Avroy, à Liège. 

17 Braconier (Ivan), propriétaire, au château de Modave. 

18 Briart (Paul), médecin, 17, rue Bréderode, à Bruxelles. 

19 Brien (Victor), ingénieur au Cor^^s des mines, 10, boule- 

vard Léopold, à Namur. 

20 Brouhon (Lambeii:), ingénieur, chef du service des eaux 

de la ville de Liège, 35, rue du Chêne, à Seraing. 

21 BuTTGENBACH (Henri), directeur du bureau des mines de 

TEtat indépendant du Congo, 121, rue Gaehard, à 
Bruxelles. 

22 BuTTGENBACH (Joscph), ingénieur, directeur-adminis- 

trateur de la Floridienne, 28, avenue de Tervueren, à 
Bruxelles. 
28 Cartuyvels (Jules), ingénieur, inspecteur général de 

l'Administration de TAgriculture, 2i5, rue de la Loi, à 
Bruxelles. 

24 Cavallier (Camille), administrateur -directeur de la 

Société anonyme des hauts-fourneaux et fonderies de 
et à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle, France). 

25 Charneux (Alphonse), propriétaire, 34, rue du Président, 

à Namur, (en été, au château de Beauraing). 

26 Chaudron (Joseph), ingénieur en chef honoraire des 

mines, à Auderghem, près Bruxelles. 

27 Chenu (Joseph), ingénieur à la Compagnie intercommu- 

nale des eaux de Tagglomération bruxelloise, 38, rue 
Léaune, à Namur. 

28 Clerfayt (Adolphe), ingénieur, i5, rue Sohet, à Liège. 

29 CoGELs (Paul), propriétaire, au château de Boeckenberg, 

à Deurne-lez-Anvers. 

30 CoLLON (Auguste), docteur en sciences, 27, rue Collard- 

Trouillet, à Seraing. 



— B7 — 

3i MM. CoLMAK (C), directeur de travaux de charbonnages, 7, rue 
Dartois, à Seraing. 

32 CoppoLETTi (Coriolano), scesa Saji-Francesco, à Catanzaro 

(Italie). 

33 CottNBT (Jules), professeur à TEcole des luiues du Hai- 

naut, 86, boulevard Dolez, à Mons. 

34 Crismer (Léon), professeur à l'Ecole militaire, 58, rue de 

la Concorde, à Bruxelles. 

35 DAiMERiEs(Anthime), ingénieur, professeur àrUniversité, 

4t rue Royale, à Bruxelles. 

36 d'Andrimont \René), ingénieur, i5, rue Bonne-Fortune, à 

Liège. 

37 De Brouwer (Michel), ingénieur, i36, avenue de la 

Couronne, à Bruxelles. 

38 DE Damseaux (Albert), docteur en médecine, inspecteur 

des eaux minérales, rue Neuve, à Spa. 

39 DE DoRLODOT (ohanoinc Heniy), docteur en théologie, 

professeur à l'Université, 44* ^'^^ ^® Bériot, à Louvain. 

40 DE DoRLODOT (Léopold) , ingénieur, 8, quai des Pêcheurs, 

à Liège. 

41 De Gandt (Fernand), ingénieur, rue de l'Harmonie, à 

Verviers. 

4a * de Greeff (R. P. Ilenrii, professeur à la faculté des 

sciences du Collège X. D. de la Paix, à Namur. 

43 Dehousse (Charles), ingénieur, directeur des mines métal- 

liques et charbonnages de la Nouvelle-Montagne, à 
Engis. 

44 De Jaer (Ernest), directeur général honoraire des mines, 

59, rue de la Charité, à Bruxelles. 

45 De Jaer (Jules), directeur général des mines, 73, avenue 

de Longchamps, à Uecle. 

46 Dejardin (Louis), ingénieur en chef des mines, directeur 

au Ministère de l'Industrie et du Travail, 102, rue 
Franklin, à Bruxelles. 

47 * De KoKiNCK (Lucien-Louis), ingénieur, professeur à 

l'Université, 2, quai de T Université, à Liège (en été, à 
Hamoir) . 



— b8 — 

48 MM. UK LA Ckuz (Ëiniliano), iugénieur des mineb, 3, Malanana, 

à Madrid (Espagne). 

49 DK LiiiViGNAN (comte Raoul), docteur en sciences natu- 

relles, au château de Houx, par Yvoir. 

-5o Delhaye (Georges), ingôuieur au ebarbonnage de Hani- 

sur-Sambre, à Auvelais. 

5i DE LiMisuRG Stikum (comtc Adolphe), membre de la 

Chambre des représentants, 23, rue du Commerce, à 
Bruxelles (en été, à Bois-St-Jcan, par Manhay). 

52 DK Macar (Julien), ingénieur, au château d'Embourg, par 

Chônée. 

53 DK Makeeff (Pierre), ingénieur, géologue-expert aux 

chemins de fer Krougobaïkalskaïa de l'Etat russe, à 
Irkoutsk (Sibérie). 

54 Demeure (Adolphe), ingénieur principal des charbonnages 

du Bois-du-Luc, à Houdeng. 

55 Denis (Hector), avocat, membre de la Chambre des repré- 

sentants, professeur à rUniversité de Bruxelles, 34, rue 
de la Croix, à Ixelles. 

56 Dexys \Ernest), ingénieur, 22, place de Flandre, à Mnns. 

57 DE PiERPOXT (Edouard), au château de Rivière, àProfon- 

deville. 

58 DiiRCLAYE (Oscar), ingénieur, directeur des charbonnages 

du fief de Lambrechies, à Pâturages. 

59 Descamps (Armand), ingénieur, à St-Symphorien. 

60 DE BÉLYS LoNGCHAMPs (barou Raphaël), rentier, 34, bou- 

levard de la Sauvenière, à Liège. . 

61 Despret (Erailei, ingénieur, à Anor (Nord, France). 

62; Despret (Eugène), ingénieur, directeur de la Société 

métallurgique de et à Boom. 

63 Despret (Georges), ingénieur, à Joumont, par Erque- 

linnes, poste restante. 

64 DE Stefaxi (Carlo), professeur à l'Institut royal d'études 

supérieures, 2, pia/za San-Marco, à Florence (Italie). 



— B9 — 

65 MM. * Destinez (Pierre), préparateur à l'Université, 9, rue 

Ste-Julieuue, à Liège. 

66 Devos (Edmond), ingénieur-architecte, professeur à 

l'Académie roj'ale des beaux-arts, 11, rue Sohet, à Liège. 

67 * Dewalquë (François), ingénieur, professeur à TUnivcr- 

sité, 25, rue des Joyeuses-Entrées, à Louvain. 

68 Dewalquë (Gustave) ^ docteur en médecine et en sciences, 

membre de TAcadéraie, professeur émérite à T Uni- 
versité, 16, rue Simonon, à Liège. 

69 Dkwez (Léon), ingénieur des mines, à Hervé. 

70 DoLLÉ (Louis), préparateur de géologie à la Faculté des 

sciences, 159, rue Brûle-Maison, à Lille (Nord, France). 

71 DoNCKiER de Donceel (Charlcs), ingénieur, 5o, rue de 

rinstruction, à Cureghem (Bruxelles). 

72 DoREYE (Alexandre) , ingénieur, administrateur de sociétés 

industrielles, Bois-d'Avroy, à Liège. 

73 DuBAB (Arthur), directeur-gérant des charbonnages du 

Borinage central, à Pâturages. 

74 DucuESNE (Georges), ingénieur, 8, quai Marcellis, à Liège. 

75 DupiRE (Arthur), ingénieur, directeur-gérant des char- 

bonnages unis de Touest de Mons, à Dour. 

76 EucHÉNE (Albert), ingénieur civil des mines, 8, boulevard 

de Versailles, à St-Cloud (Seine-et-Oise, France). 

77 FiRKET (Adolphe), inspecteur général des mines, chargé 

de cours à TUnivcrsité, 28, rue Dartois, à Liège. 

78 FoNiAKOFF (Antonin), ingénieur, 34, Souvorowski Pros- 

pect, à St-Pètersbourg (Russie). 

79 FoRiR (Henri), ingénieur, répétiteur et conservateur des 

collections géologiques à l'Université, 25, rue Nysten, 
à Liège. 

80 FouRMARiER(Paul), ingénieur au Corps des mines, assis- 

tant à l'Université, 69, l'ue Maghin, à Liège. 

81 FouRxiEB (dom Grégoire;, bénédictin, à l'abbaye de et à 

Maredsous. 



— B lO — 

82 MM. Fbaipost (Joseph), ingénieur, 56, rue du Châtelain, à 

Bruxelles. 

83 Fraipont (Julien), membre de TAcadémie, professeur à 

l'Université, 35, rue Mont-St-Maiiiin, à Liège. 

84 Fromont (Lou'-s), ingénieur, directeur général de la 

société anonyme de la Nouvelle-Montagne et de la 
société anon^'me des produits chimiques, à £ngis. 

85 Galopin (Alexandre), ingénieur, attaché à la direction de 

la fabrique nationale d'armes de guerre, rue Ho3'oux, 
à Herstal. 

86 6ÉRIM0XT (Maurice), ingénieur, 24* rue Grandgagnage, à 

Liège. 

87 Gev£rs-Orban (Emile), ingénieur au charbonnage de 

l'Espérance, 157, rue Adolphe Ilenson, àMoutegnée. 

88 Ghysen (Henri), ingénieur au Corps des mines, i43, rue 

des Glacières, à Marcinelle, par Charleroi. 

89 GiLKiNET (Alfred), docteur en sciences naturelles, membre 

de l'Académie, professeur à l'Univerbité, i3, rue Renkin, 
à Liège. 

90 GiLLKT (Camille), docteur en sciences, pharmacien, i)ro- 

fesseur de chimie à l'Ecole supérieure des textiles, 4^» 
avenue de Spa, à Verviers. 

91 GiLLET (Lambert), ingénieur, fabricant de produits réf rac- 

tâires, à Andenne. 

92 GiXDORFF (Augustin), ingénieur des mines, directeur- 

général de la compagnie ottomane des cfiux de Smyrne, 
à Smyrne (Turquie d'Asie). 

93 GiNDORFF (Franz), ingénieur, 19, rue d'Archis, à Liège. 

94 GiTTKxs (Willy), ingénieur, 35, rue Rembrandt, à Anvei-s. 

95 Goret (Léopold), ingénieur, professeur émérite à l'Uni- 

versité, 25, rue Ste-Marie, à Liège. 

96 GuiLLEAUME (André), pharmacien, à Spa. 

97 PLvBKTs (Alfred), ingénieur, professeur à l'Université, 4» 

rue Paul Devaux, à Liège. 

98 Habkts (Marcel), ingénieur, chef de service à la société 

Cockerill, 69, quai des Carmes, à Jcmeppe-sur- Meuse. 



— B II — 

99 MM. Habets (Paul), ingénieur, directeur-gérant delà société 
anonyme des cliarbonnages de l'Espérance et Bonne- 
Fortune , professeur à TUniversité de Bruxelles , 
33, avenue Blonden, à Liège. 

loo Hallet (André), ingénieur au Corps des mines, 70, rue 

Paradis, à Liège. 

loi Hallet (Marcel), ingénieur an Corps des mines, à Mons. 

102 Halleux (Arthur), ingénieur du Service technique 

provincial, 70, rue Fabry, à Liège. 

io3 Hallez (Edmond), ingénieur en chef des charbonnages 

du Grand-Hornu, à Ilomu. 

104 Hanartë (Gustave), ingénieur, 21, rue de Bertaimont, 

à Mons. 

io5 ILvRzÉ (Emile), ingénieur, directeur général honoraire 

des mines, 2i3, rue de la Loi, à Bruxelles. 

106 Halzeur (Jules Vanderheyden a), ingénieur, 25, boule- 

vard d'Avroy, à Liège. 

107 Henin (Jules), ingénieur, directeur-gérant du charbon- 

nage d'Aiseau-Presles, à Farcicnnes. 

108 Henry (René), ingénieur aux charbonnages du Hasard, 

296, rue Maudevillc, à Liège. 

109 Hermann (A.), libraire, 8 et 12, rue de la Sorbonne, à 

Paris (France). 

iio Herpin (Emile), ingénieur, directeur-gérant du charbon- 

nage de et à Falisolle. 

111 * HiND (Wheelton), M. D., F. G. S., Roxetli House, à 

Stoke-on-Trent (Angleterre). 

112 HornIs (Charles), ingénieur, 40, rue Lairesse, à Liège. 

ii3 Hubert (Herman), ingénieur, professeur à TUniversitè; 

68, rue Fabry, à Liège. 

114 IsAAc (Isaac), ingénieur, directeur-gérant de la compa- 

gnie des charbonnages belges, à Frameries. 

1 15 Ixelles. Compagnie intercommunale des eaux de l'agglo- 

mération bruxelloise, 48, rue du Trône. 



— B 12 — 

Ii6 MM, jACftUKT (Jules), ingénieur en chef-directeur des mines, 

21 1 rue de la Terre-du-Prince, à Mons. 

'I17 Janbon (Paul), avocat, sénateur, 65, rue Defaccj/, à 

6t- J osse-ten-Noode. 

118 JoNKs (John-Arthur), ingénieur des mines de Tlnstitut 

du nord de l'Angleterre et de l'Institut des mines et de 
la métallurgie de Londres, à Gijon (Asturics, Espagne). 

119 JoRissEN (Armand), membre de l'Académie, professeur 

à l'Université, 106, rue Sur-la-Fontaine, à Liège. 

120 JoRissENNË (Oustave), docteur . en médecine, 2, rue 

iSt-Jacques, à Liège. 

121 JoTTRAND (Félix), ingénicur-directcur de l'association 

des industriels de Belgique contre les accidents du 
travail, à Uccle- Stalle. 

122 Kairis (Antoine), directeur des travaux du charbonnage 

du Horloz, rue du Horloz, à St-Nicolas-lez-Liége. 

123 Kaisin (Félix), professeur à l'Université, collège Juste 

Lii)se, à Louvain. 

124 Kkrsten (Joseph), ingénieur, inspecteur général des 

charbonnages patronnés par la société générale pour 
favoriser l'industrie nationale, 32, rue de Neuf chil tel, 
à St-Gilles-lez-Bruxelles. 

125 Kleyer (Gustave), avocat, bourgmestre de la ville de 

Liège, 21, rue Fabry, à Liège. 

126 Klinksiek (Paul), libraire, 3, rue Corneille, à Paris. 

127 Krakntzel (Fernand), 55, rue Montagnc-Ste-Walburgc, 

à Liège. 

128 Kreglinoer (Adolphe), ingénieur, 2, avenue de Mèrode, 

à Berchem-lez-Anvers. 

129 Kruseman (Henri), 24, rue Africaine, à Bruxelles. 

i3o KuBORN (Hyacinthe), professeur èmérite, membre de 

l'Académie de médecine, président de la Société royale 
de médecine publique de Belgique, à Seraing. 

i3i Lambert (Paul), administrateur de sociétés minières, 

II, place de la Liberté, à Bruxelles. 



— Bl3 — 

i32 MM. Lambinet (Adliémar), ingénieur, à Auvelais. 

i33 Lambiotte (Victor), ingénieur, directeur-gérant de la 

société anonyme des charbonnages réunis de Roton- 
Farciennes, Beaulet et Oignies-Aiseau, à Tamines. 

i34 Lambot (Léopold), ingénieur et industriel, à Marchienne- 

au-Pont. 

i35 Latixis (Léon), ingénieur-expert, à Senéffe. 

i3G Laurent (Odon), ingénieur, directeur-gérant des char- 

bonuîiges des Chevalières-de-Dour, à Dour. 

i37 Lechat (Cari), ingénieur, 120, rue de Birmingham, à 

Anderlecht (Bruxelles). 

i38 Ledext (Marcel), docteur en sciences, 69, rue Louvrex, 

à Liège. 

139 Leduc (Victor), ingénieur, directeur-gérant de la société 

anonyme des Ressaies, à Jemeppe-sur-Meuse. 

140 Leguand (Louis), ingénieur en chef de la société anonyme 

des charbonnages réunis, 52, rue Roton, à Charleroi. 

141 Lejeune de St'HiERVEL (Charlcs), attaché au Service 

géologique de Belgique, 23, rue de Luxembourg, à 
Bruxelles. 

142 Le Paige (Ulric), ingénieur aux aciéries d'Angleur, 90, 

rue Vieille-Église, à Tilleur. 

143 Lepersonxe (Max), ingénieur des mines, 7, boulevard 

Frère-Orban, à Liège. 

144 Lequarré (Nicolas), professeur à l'Université, 37, rue 

André-Dumont, à Liège. 

145 Leroux (A.), docteur en sciences, directeur de la fabrique 

de d3'namite,,4à Arendonck. 

ï4^ Lesimneux (Georges), ingénieur des mines, ingénieur- 

géologue, à Huy. 

147 LiioEST (Fernand), ingénieur des mines, 87, rue Thier- 

de-la-Fontaine, à Liège. 

14B L'HoEST (Gustave), ingénieur en chef aux chemins de 

fer de l'Etat, 85, rue Malibran, à Ixelles. 



— B i4 — 

149 MM. Lhobht (Henri), ingénieur, directeur des travaux des 

charbonnages de Gosson-Lagasse, à Monteg^ée. 

i5o LiBERT (Joseph), ingénieur en chef-directeur des mines, 

384, rue St-Léonard, à Liège. 

i5i L1RSKN8 (Mathieu), ingénieur, administrateur-gérant de 

la société anon^-me des charbonnages de Tamines, à 
Tamines. 

i52 LiPPKxs (Paul), ingénieur des mines, i3, quai au Blé, à 

Gand. 

i53 ^LoHEST (Maximin), ingénieur, membre correspondant 

de l'Académie, professeur à l'Université, 55, rue 
Mont-St-Martin, à Liège. 

154 LoisEAU (Oscar), directeur général de la société anonyme 

G. Dumont et frères, à Sclaigncaux. 

i55 Maes (Gustave), négociant en charbons, à Lokeren. 

i56 Malaise (Constantin), membre de l'Académie, professeur 

èmérite à l'Institut agricole, à Gembloux. 

157 Mamet (Oscar), ingénieur aux charbonnages de Kaïping, 

à Tongshan (Chine). 

i58 Marcotty (Désiré), ingénieur, à Montegnée (par Ans). 

iSg Masson (Emile), ingénieur, professeur à l'Ecole supé- 

rieure des textiles, 21, avenue Peltzer, à Vervicrs. 

160 Mercier (Louis), ingénieur, directeur général de la C*** 

des mines de Béthune, à Mazingarbe (^Pas-de-Calais, 
France). 

161 Minette d'Oulhaye (Marc), directeur des mines de 

Vallausia, à S-Dalmazo di Tenda (Cunéo, Italie). 

1G2 MixsiER (Camille), inspecteur général des mines, rue de 

la Chaussée, à Mons, 

i63 MoENs (Jean), avocat, à Lede. 

164 MouanoN (Michel), membre de l'Académie, directeur du 

Service géologique de Belgique, 107, rue Belliard, à 
Bruxelles. 

i65 MuLLEXDERs (Joscph), ingénieur, 8, rue de la Paix, à 

Liège. 



— B lf> — 

i66 MM. NicKEus (Joseph), curé de Notre-Dame, à Namur. 

167 Orban (Nicolas), ingénieur au Corps des mines, 57, rue 

Grétry, à Liège. 

168 Paquot (Remyl, ingénieur, président de la compagnie 

française des mines et usines d'Escombrera-Bleyberg, 
à Bleyberg. 

169 Passe LËC<i (Pliilippe), ingénieur, directeur-gérant du 

charbonnage de Sacré-Madame, à Dampremy, 

170 Picard (Edgar), ingénieur-directeur des établissements 

de Valentin-Coq de la Vieille-Montagne, à Jemeppe- 
sur-Meuse. 

171 PiETTE (Olivier), ingénieur, 98, rue Ducale, à Bruxelles. 

172 PiRET (Adolphe), membre de diverses sociétés savantes 

du pays et de l'étranger, 22, rue du Château, à 
Tournai. 

173 Plumier (Charles), directeur du syndicat des charbon- 

nages liégeois, 17, rue de la Paix, à Liège. 

174 Questienne (Paul), ingénieur du Service technique 

provincial, i3, rue Sohet, à Xiiége. 

175 Questienne (Philippe), directeur des travaux do la ville, 

îi Huy. 

176 Raeymaekers (Désiré), médecin de bataillon au i**" régi- 

ment de ligne, 3o3, boulevard des Hospices, à Gand. 

177 Ralli (Georges), ingénieur, directeur d^e la société des 

mines de Balia-Karaïdin, 3o, Karakeui-Yéni-Han, à 
Constantinople (Turquie). 

178 Renault (Emile), ingénieur de la société métallurgique 

de Prayon, à Forêt. 

179 Renier (Armand), ingénieur au Corps des mines, 34, rue 

des Vieillards, à Verviers. 

180 Reuleaux (Jules), ingénieur, consul général de Belgique 

à Odessa (Russie), 33, rue Hcmricourl, à Liège. 

181 Reumont (Herman), lieutenant retraité, 260, rue Hoj'oux, 

à Herstal. 

182 RiCHiR (Camille), directeur dçs travaux du charbonnage 

d^ et à Baudour. 



— B l6 — 

i83 MM. Riga (Léon), commissaire voyer principal provincial, à 

Chokier. 

184 Rixio (Georges), ingénieur, chef de traVanx aux charbon- 

nages du Hasard, à Micheroux. 

i85 Robert (Ernest), sous-lieutenant au 12* régiment de 

ligne, 22, rue des Champs, à Liège. 

186 Roger (Nestor), ingénieur des charbonnages réunis de 

Charleroi, 17, avenue des Viaducs, à Charleroi. 

187 Saint Paul de Sinçay (Gaston), ingénieur, administra- 

teur, directeur-général de la société de la Vieille- 
Montagne, à Angleur. 

188 ScHMiDT (Fritz), ingénieur civil des mines, 17, boulevard 
' Hausmann, à Paris (France). 

189 * ScHMiTz (le R. p. Gaspar), S. J., directeur du Musée 

géologique des bassins houillers belges, 11, rue des 
Récollets, à Louvain. 

190 ScHOOFS (François), docteur en médecine, 86, rue des 

Guillemins, à Liège. 

191 Sepulchre (Armand), ingénieur-directeur, 4» avenue des 

Courses, à Bruxelles. 

192 Sepulchre (Victor), ingénieur, consul honoraire de 

Belgique, 128, rue de Lille, à Paris, VIT (France). 

193 BiMOENs (Guilleaume), docteur en sciences minérales, 

attaché au Service géologique de Belgique, 2, rue 
Latérale, à BruxeUes. 

194 Smeysters (Joseph), ingénieur en chef-directeur des 

mines, à Marcinelle, par Charleroi. 

195 * SoLVAY et C*®, industriels, 19, rue du Prince- Albert, à 

Bruxelles. 

196 SoREiL (Gustave), ingénieur, à Maredret. 

197 SoTTiAUx (Amour), directeur-gérant de la société ano- 

nyme des charbonnages, hauts-fourneaux et usines de 
et à Strépy-Bracquegnies. 

198 SouHEUR (Baudouin), ingénieur, directeur-gérant de la 

société charbonnière des Six-Bonniers, à Seraing. 

19 DÉCEMBRE IQO^- 



— B 17 — 

199 MM. Stassakt (Simon), ingénieur principal aa Corps des 

mines, professeur d'exploitation à rfTcole des mines 
du Hainaut, boulevard Dolez, à Mons. 

200 Stechert (G.-E.)* libraire, 76, rue de Bennes, à Paris 

(France). 

201 Steinbach (Victor), ingénieur, 38, rue de Livourne, à 

Bruxelles. 

202 Thkate (Ernest), ingénieur, 3, rue Trappe, à Liège. 

203 TiLLEMANS (Hcnri), ingénieur aux charbonnages du Bois- 

d'Avroy, i5o, rue de la Cité, à Sdcssin. 

204 T1LLIER (Achille), architecte, à Pâturages. 

205 ToMSON (Eugène), ingénieur honoraire au Corps des 

mines, consul de Belgique, directeur-général de la 
société des charbonnages de Dahlbusch, Zeche Dahl- 
busch, près Gelsenkirchen (Prusse). 

206 Uhlenbroeck (G.-D.), ingénieur-géologue, à Bloemendaal 

(Hollande, N.-H.). 

207 VAX Ertborn (baron Octave), 82, rue d'Espagne, à 

St-Gilles (Bruxelles). 

508 VAN HoBGABRDEN (Paul), avocat, 7, boulevard d'Avroy, 

à Liège. 

209 VAN ZuYLEN (Gustavc), ingénieur et industriel, quai des 

Pêcheurs, à Liège. 

210 VAX ZuYLKN (Léon), ingénieur honoraire des mines, 5x, 

boulevard Frôre-Orban, à Liège. 

211 Vassal (Henri), pharmacien-chimiste, secrétaire du 

Comité d'hygiène de la ville, à Namur. 

212 Velge (Gustave), ingénieur civil, conseiller provincial et 

bourgmestre, à Lennick-St-Quentin. 

2i3 Vercken (Raoul), ingénieur, directeur du charbonnage 

de Belle- Vue et de Bien- Venue, à Herstal. 

214 ViLLAiN (François), ingénieur au Corps des mines, à 

Nancy (Meurthe-et-Moselle, France). 

ASX. soc. «ÉOL. DE BEI.O., T. XXXU. liri.I.., iU 



^ B l8 - 

2i5 MM. Vranckex (Joseph), ingénieur ail Corps des mines, 63, 
avenue de Géronhain, à Mareinelle. 

216 Walin (Edouard), ingénieur principal des ponts et 

chaussées, mie des Eburons, à Bruxelles. 

217 Warnieii (Emile), ingénieur, 53, rue du St-Esprit, à 

Liège. 

218 Wkry (Emile), ingénieur des mines et électricien, direc- 

teur-gérant des charbonnages d'Abhooz et de Bonne- 
Foi-Hareng, à Milmort, par Herstal. 

219 Wkry (Louis), docteur en médecine, à Fosses. 

220 WooT DE Trixhe (Joseph), propriétaire, 3o, boulevard 

d*Omalius, à Xamur. 

Membres honoraires 

(3o au plus) 

1 MM. Barrois (Charles), membre de Tlnstitut, professeur à la 

Faculté des sciences, 37, rue Pascal, à Lille (Nord, 
France). 

2 Benecke (ICrnst-Wilhelm), professeur de géologie à TUni- 

versité, 43, Gœthestrasse, Strasbourg (Allemagne). 

3 Bertrand (Marcel), ingénieur en chef des mines, membre 

de l'Institut, 2)rofesseur à TEcole des mines, loi, rue de 
Rennes, à Paris (France). 

4 Capkllîxi (Giovanni), commandeur, recteur de l'Univer- 

sité, viaZamboni, à Bologne (Italie). 

5 (.'occiii (Igino), professeur, commandeur, directeur du 

Musée d'histoire naturelle, à Florence (Italie). 

6 DE Karpinski (Alexandre), excellence, directeur du 

Comité géologique russe, à l'Listitut des mines, à 
St-Pétersbourg (Russie). 

7 DE Lapparent (Albert), membre de l'Institut, professeur 

à rinstitut catliolique, 3, rue de Tilsitt, à Paris (France). 

8 Delcjado (J.-F.-N.\ directeur de la Commission des 
. travaux géoh)giques du Portugal, m3, me do Areo-a- 

Jesu, à Lisbonne (Portugal). 



— B rg — 

9 MM. Evans {sir John), industriel, K. C. B., F. R. S., Nash 
Mills, îTerael Ilempsteod (Angleterre). 

10 Frazer (Persifor), D** Se, géologue et chimiste, 928, 

Spruee Street, ù Philadelphie (Penn., Etats-Unis). 

11 Gaudry (Albert), membre de Tlnstitut, professeur au 

Muséum, nbis, rue des Saints-Pères, à Paris (France). 

t2 GossELET (Jules), profcsscur honoraire à la Faculté des 

sciences, correspondant de l'Institut, 18, rue d'Antin, à 
Lille (Nord, ï'rance). 

i3 IIki]^ (D"^ Albert), professeur de géologie à l'Ecole poly- 

technique fédérale et à l'Université, président de la 
Commission géologique suisse, à Ziirich (Suisse). 

14 Hughes (Thomas M'Kenny), esq., F. R. S., professeur à 

r Université, Trinity Collège, à Cambridge (Angleterre). 

i5 lïuLL (Edward], esq., F. R. S., ancien directeur du 

Geologiciil Siiroey de l'Irlande, 20, Arundel Gardens, 
Xotting Hill, à Londres, W. (Angleterre). 

16 Kaysîcr (D*" Emmanuel), professeur de géologie à l'Uni- 

versité, membre de l'Institut R. géologique, à Marburg 
(Prusse). 

17 Michel-Lévy(A.), ingénieur en chef des mines, professeur 

à l'Ecole des mines, directeur du Service de la carte 
géologique détaillée de la France, 26, rue Spontini, à 
Pans (France). 

18 Mojsisovics von Mojsvar (Edmund), conseiller supérieur 

L R. des minos, vice-directeur du Service I. R. géolo- 
gique du royaume, 26, Strohgasse, à Vienne III, 3 
(Autriche). 

19 Nathorst (D** Alfred-Gabriel), professeur, conservateur 

du département de paléophytologie du Musée national. 
Académie royale des sciences {Vetenskaps Akadcmien)^ 
à Stockholm (Suède). 

20 XiKiTiN (Serge), géologue en chef du Comité géologique, à 

l'Institut des mines, à Saint-Pétersbourg (Russie). 

21 Pbllati (Nicolas, commandeur, inspecteur en chef des 

mines, directeur du Comité R. géologique, à Rome 
(Italie). 



— B 20 — 

22 MM. SuEss (Eduard), professeur à l'Université, à Vienne 

(Autriche). 

23 TcHBRNYscHEFF (Théodore), géologue en chef du Comité 

géologique, à Tlnstitut des mines, à Saint-Pétersbourg 
(Russie). 

24 TiETZE (Emil), conseiller supérieur des mines et vice- 

directeur de rinstitut I. R. géologique d'Autriche, 23, 
Rasumoffskygasse, à Vienne, III, 2 (Autriche). 

25 VON KoENEN (D"^ Adolpli), professeur à l'Université, à 

Gœttingen (Prusse). 

26 VON RicHTuoFEN (D** Ferdinand, baron), professeur de 

géographie à l'Université, directeur de l'Institut géogra- 
phique et de l'Institut d'océanographie, conseiller intime 
du royaume, 117, KurfUrstestrasse, à Berlin, W. 
(Prusse) . 

Membres correspondants (M. 

(60 au plus.) 

1 MM. Blanford (W.-F.), ancien directeur du Geological Suroey 

de l'Inde, 72, Bedford Gardens, Kensington, à Londres 
(Angleterre) . 

2 BoxNEY (le révérend Thomas-Georges), F. R. S., F. G. 

S., professeur à l'Uni versity Collège, 23, Denning-Road, 
Hampstead, NW., à Londres (Angleterre). 

3 Boule (Mareellin), assistant au Muséum d'histoire natu- 

relle, 57, rue Cuvier, à Paris (France). 

4 Brusina (Spiridion), directeur du Musée national de 

zoologie et professeur à l'Université, à Agram (Croatie, 
Autriche). 

5 BiicKiNG (I)'" Hugo), professeur de minéralogie à l'Univer- 

sité, Il Strasbourg (Alsace, Allemagne). 

6 Carri'thkrs (William), paléontologiste au British Mu- 

séum, à Londres (Angleterre). 

(^) L'astérisque (*j indique les membres con*espoiulants abonnés aux 
Amiales. 



— B 21 — 

7 MM. Choffat (Paul), membre de la Commission des travaux 

géologiques du Portugal, ii3, rue do Arco-a-Jesu, à 
Lisbonne (Portugal). 

8 CossMANN (Maurice), ingénieur en chef an chemin de fer 

du Nord, gS, rue de Maubeuge, à Paris (France). 

9 Credner (Hermann), professeur à TUniversité, à Leipzig 

(Saxe, Allemagne). 

10 Dawkins (W.-Boyd), F. R. S., professeur à l'Université 

Victoria, à Manchester (Angleterre). 

11 DE Cortazar (Daniel), ingénieur, membre de la Commis- 

sion de la carte géologique d'Espagne, i6, Volazquez, 
à Madrid (Espagne). 

12 DE LoRioL (Perceval), à Frontenex, près Genève (Suisse). 

i3 DE MoELLER (Valérian), membre du Conseil du ministre 

des domaines. Ile de Balise, 2® ligne, à l'angle de la 
Grande-Prospect, à Saint-Pétersbourg (Russie). 

i4 DE RouviLLE (Paul), doycu honoraire de la Faculté des 

sciences, à Montpellier (Hérault, France). 

i5 DoLLFUS (Gustave), géologue attaché au Service de la 

carte géologique détaillée de la France, 4^« ^^^ ^^ 
Chabrol, à Paris (France). 

i6 DouviLLÉ (Henri), ingénieur en chef des mines, profes- 

seur à l'Ecole des mines, 207, boulevard St-Germain, 
à Paris (France). 

17 Favre (Ernest), 6, rue des Granges, à Genève (Suisse), 

18 * Friedfl (Georges), professeur de minéralogie et de 

géologie à l'Ecole des mines, à Saint-Etienne (Loire, 
France) . 

19 Gilbert (G.-K.), au Geological Siirvey des Etats-Unis, 

à Washington (Etats-Unis). 

20 Grand'Eury (F. -Cyrille), ingénieur, correspondant de 

l'Institut, 5, cour Victor Hugo, à Saint-Etienne (Loire, 
France). 

21 HoEFER (Hans), professeur à l'Académie des mines, à 

Leoben (Autriche). 



— B 22 — 

22 MM. * HoLZAPF£L (D*^ Eiiiil), professeur à l*Ecole R. technique 

supérieure, 5i, Bûeliel, à Ai^arChapelle (Prusse). 

23 JuDi) (J.-W.), F. R. S., professeur de géologie à l'Ecole 

royale des mines, Science Scliools, South Kensington, 
à Londres, SW. (Angleterre). 

24 * KocH (D'' Max), professeur à l'Académie des mines, 44* 

Invalidenstrasse, à Berlin, N. (Prusse). 

25 Laspkyrks (D^'Hugo), professeur de minéralogie et de 

géologie à l'Université et conseiller intime des mines 
du royaume do Prusse, à Bonn (Allemagne). 

26 LiNDSTROM (Alex.-Fr.), attaché au levé géologique de la 

Suède, à Stockholm (Suède). 

27 Mallada (L ), ingénieur des mines, 7, Santa Teresa, à 

Madrid (Espagne). 

28 Mattuew (Georges-F.^, inspecteur des douanes, à Sn- 

John (Nouveau-Bruns^ick, Canada). 

29 Mattirolo (Ettore), ingénieur, directeur du laboratoire 

chimique de l'Office R. des mines, à Rome (Italie). 

30 Mayer (Charles), professeur à l'Université, 20, Thal- 

strasse, Hottingen, à Zurich (Suisse). 

3i Mkdlicott (II.-B.) , ancien directeur du Geological Survcy 

de riude, à Calcutta (Indes anglaises^ 

32 * Œ^iîLERT (D.-P.), directeur du Musée d'histoire naturelle, 

29, rue de Bretagne, à Laval (Mayenne, France). 

33 P1SANI (Félix), professeur de chimie et de minéralogie, 

.i3o, boulevard St-Germain, à Paris (France). 

34 PoRTis (Alexandre), professeur, directeur du Musée 

géologique de l'Université, à Romo (Italie). 

35 PoTiKR { ), ingénieur en chef des mines, membre de 

l'Institut, professeur à l'Ecole polytechnique, 87, bou- 
levard Saint-Michel, à Paris (France). 

36 Renkvier (Eugène), professeur de géologie à l'Académie, 

à Lausanne (Suisse). 

37 RosENBUscH (D^ Heinrich), professeur de minéralogie, de 

pétrographie et de géologie à l'Université, conseiller 
intime, à Ileidelberg (Grand-Duché de Bade), 



— B 2Î — 

38 MM. ScHLÛTER (Clemeiis), professeur à VUiiiversité, à Bonn 

(Prusse). 

39 * STACHE(D^Guîdo), conseiller I. H., directeur de l'Institut 

I. R. géologique d'Autriche, 28, Rasumof fskygasse , 
à Vienne, III, 2 (Autriche). 

40 Stefanesco (Grégoire), professeur à l'Université, in'é- 

sidentdu Comité géologique, 8, strada Verde,à Bucharest 
(Roumanie). 

41 Stbuver (Giovanni), professeur à l'Université, à Rome 

(Italie). 

42 Taramelli (Torquato), coifnmandeur, recteur de l'Uni- 

versité, à Pavie (Italie). 

43 T0RNEBOHM (Dr. A.-E.), professeur de minéralogie et de 

géologie à l'école polytechnique, chef du Service géolo- 
gique de la Suède,{à Stockholm (Suède). 

44 Tschermak (Gustav), professeur de minéralogie à l'Uni- 

versité, à Vienne (Autriche) , . 

45 TucciMKi (Giuseppe), professeur, à Rome (Italie). 

46 * Uhlig (D^ V.), professeur à l'Université, Institut géolo- 

gique, I, Kanzensring, à Vienne (Autriche). 

47 VAN Werveke (D"^ Léopold), géologue officiel, i, Adler- 

gasse, Ruprechtsau, à Strasbourg (Alsace, Allemagne). 

48 WiNCHELL (N.-H.), géologue de l'Etat, à Minneapolis 

(Etats-Unis) . 

49 WooDWARD (D"^ Henri), esq., F. R. S., F. G. S., conser- 

vateur du département géologique du Britisli Muséum, 
129, Beaufort-Street, Chelsea, à Londres, SW. (Angle- 
terre). 

Go WoRTHEN (A. -H.), directeur du Geological Survey de 

rUlinois, à Springfield (Etats-Unis). 

5i Zeiller (Renéj, ingénieur en chef des mines, 8, rue du 

Vieux-Colombier, à Paris (France). 

32 ZiRKEL (Ferdinand), professeur de minéralogie à l'Uni- 

versité, conseiller intime, 33, Thalstrasse, à Leipzig 
(Allemagne). 



TABLEAU INDICATIF 



des Présidents de la 



DEPUIS SA FONDATION 



1874 MM, 


, L.-G. De KoNiNCK f. 




1874-1875 


A. Briart t. 




1875-1876 


Ch. de la Vallée Poussin t. 




1876-1877 


J. VAN SCHERPËNZEEL ThIM f- 




1877.1878 


F.-L. Cornet f. 




1878-1879 


J. VAX Scherpenzeel Thim t. 




1879- 1880 


A. Briart f. 




1880-1881 


A. de Vaux t- 




1881-1882 


K. Malherbe t. 




1882- i883 


Ad. Firket. 




i883-i884 


P. C00ELS. 




1884-1885 


W. Spring. 




1885-1886 


R. Delvaux f. 




1886-1887 


A. Briart f. 




1887-1888 


C. Malaise. 


■ 


1888-1889 


0. VAN Ertborn. 




1889-1890 


M. LOHEST. 




1890-1891 


G. Cesaro. 




1891-1892 


Ad. Firket. 




1892-1893 


Ch. de la Vallée Poussin t. 




1893- 1894 


H. DE DORLODOT. 


' 


1894-1895 


M. MOURLON. 




1895-1896 


A. Briart f. 




1896-1897 


G. Cesaro. 




1897-1898 


A. Briart f, puis Ch. de la Vallée 


Poussin f 


1898-1899 


G. SOREIL. 




1899-1900 


J. Cornet. 




1900-1901 


A. Habets. 




1901-1902 


M. MoURLON. 




1902-1903 


Ad. Firket. 




1903- 1904 


M. LOHBST. 





Composition du Conseil 

POUR l'année 1904-1905. 



Président : 
Vice-présidents : 



Secrétaire général honoraire 
Secrétaire général : 
Secrétaire-bibliothécaire : 
Trésorier : 
Membres : 



MM. J. Smeyhters. 
H. DE Greeff. 
A. Habets. 
£. Harzé. 
M. L0HE8T. 
G. Dewalque. 

II. FORIR. 

P. FOURMARIER. 

J. LiBERT. 

J. Cornet. 

Ad. FiRKBT. 

J. Fraipont. 

M. MOURLON. 
p. QUESTIENNE. 



BULLETIN 



géologique de Belgique 

A^sseinhlée générale du 30 novembre ±&0^ 

M. M. LoHEST, président, au fauteuil. 

La séance est ouverte à dix heures. 

La parole est donnée au secrétaire général, qui donne lecture 
du rapport suivant : 

Messieurs, chers Confrères, 

Conformément aux prescriptions de Tart. 20 des statuts, j'ai 
l'honneur de vous présenter le rapport sur la situation actuelle de 
la Société et sur les travaux auxquels elle a consacré ses séances 
pendant l'exercice 1903-1904. 

Au début de l'année sociale, notre compagnie comptait 2i5 
membres effectifs, 29 membres honoraires et 52 membres corres- 
pondants. 

Nous avons eu le regret de perdre, par décès, un confrère de la 
première catégorie, Alfred Crignier et trois pay démission; par 
fontrc, nous en avons reçu neuf nouveaux. 

Trois de nos membres honoraires, et non des moins importants, 
Robert Etheridge, F. Fouqué et Karl von Zittel ont j)ayé leur 
tribut à la nature et vous avez entendu notre président rappeler 
leurs mérites scientifiques. 

Nous commençons donc ce nouvel exercice avec 220 membres 
effectifs, 26 membres honoraires et 52 membres correspondants ; 
cette situation, plus jîrospère encore que celhi accusée par le 
rapport précédent, démontre la valeur des travaux scientifiques 
présentés à nos séances et dont j'aurai l'oecasign de vous entre- 
tenir tantôt. 



— B 3o — 

Nos publications ne sont pas encore à jour. 

Le tome I des Mémoires in-4** (tome XXV6is) n'est pas achevé, 
pas plus que le tome XXVIII, auquel manque toujours le compte 
rendu de Texeursion annuelle et que le tome XXX, dont la 
deuxième livraison a été distribuée pendant cet exercice. Le 
troisième fascicule de ce dernier volume sera aclievé avant la fin 
de Tannée, mais la publication du quatrième ne pourra être entre- 
prise qu'après l'aelièvement du tome XXVIII. 

Trois livraisons du tome XXXI et le premier numéro du tome 
II des Mémoires in-4^ ont été fournis cette année à tous les 
membres. 

L'excursion annuelle, destinée à faire connaître le prolonge- 
ment occidental de notre ancien bassin houiller, dont la continua- 
tion vers l'Est a fait le sujet d'une session extraordinaire anté- 
rieure, a été dirigée par notre vénérable confrère, M. le professeur 
Gosselet, avec une autorité, une compétence et une affabilité qu'il 
est presque oiseux de mentionner. 

Cette excursion, aussi intéressante qu'agréable, favorisée par un 
temps excellent, avait réuni non seulement un assez grand nombre 
de nos confrères, mais aussi quelques membres de la Société 
géologique du Nord, parmi lesquels nous citerons M. E. Rigaux» 
qui a fait, de l'étude du Boulonnais, le sujet de travaux import-ants 
et remarquables. 

Qu'il nous soit permis de renouveler ici, à MM. Gosselet et 
Rigaux, l'expression de notre vive gratitude. 

Deux excursions de vulgarisation, très intéressantes, ont éga- 
lement réuni un certain nombre de nos membres ; l'une» consacrée 
à l'étude géologique de la vallée du Hoyonx, dirigée par notre 
président, M. M. Lohest, l'autre, destinée à faire connaître les 
environs de Landelies, conduite par notre sympathique confrère 
M. V. Brien. 

L'assemblée générale et les séances ordinaires ont eu lieu aux 
époques réglementaires et ont été plus suivies encore que celles 
des années précédentes. 

Voici le relevé des communications qui y ont été faites : 

Pour ce qui concerne la minéralogie, il importe de mentionner 



— B 3l — 

une note de M. 6. Cesàro Sur un curieux phénomène d'orienta- 
tion pur laminage et les conclusions d'un travail de M. W, Spring 
Sur la décomposition de quelques sulfates acides^ à la suite d'une 
déformation mécanique, publications qui jettent un peu de lumièije 
sur les phénomènes occasionnés parle métamorphisme dynamique; 
une communication de M. M. Lohcst sur la Présence d*un hydroz 
carbure dans le terrain houiller de Liège et une autre de M. J. 
Siiieysters sur le Pétrole liquide au charbonnage de Fontainer 
VEvèque ; une notice de M. V. Brien Sur la présence de quartz dam 
le Calcaire carbonifère et une autre de dom G. Foumier A propos 
(h cristaux de quartz dans le Calcaire carbonifère; Tannonce, par 
M. M. Lohcst, de la découverte de Soufre sur le terris en com^ 
bitstion du charbonnage de Wérister et d'un Minéral fibreux dans 
un caillou de quartzite révinien, provenant de la plaine des 
Aguesses, à Liège, minéral au sujet duquel M. L. de Dorlodot 
nous a fait deux communications, intéressantes aussi au point de 
vue du métamorphisme mécanique : Découverte de disthène dans 
un caillou roulé de quartzite révinien, provenant de la plaine des 
Aguesses, ù Liège, et Quelques observations sur les cubes de 
pyrite des quart zites réviniens; M. J. Fraipont a montré de la 
Succinite provenant des argiles wealdiennes de Courcelles; enfin, 
M. H. Buttgenbach a présenté un mémoire important : Description 
(le la malachite et de quelques minéraux du Katanga^ en même 
temps qu'il, nous faisait voiv dçux échantillons de Dioptase^ pro- 
vcimnt de cette régipn. 

La tectonique a fait l'objet d'un travail de M. G. Lespineux, 
intitulé Observation directe de V accentuation d'une faille, pendant 
le Quaternaire, dans la vallée de la Meuse, d'un mémoire impor- 
tant de M. P. Fourmarier : Le prolongement de la faille eifélienne 
H rest de Liège, d'Une remai'quable étude de M. M. Lohest Les 
grandes lignes de la géologie des terrains primaires de la Bel- 
giifiie^ d'une note du même auteur A propos d'une notice de M. F. 
Folie, intitulée : Un fait physique nouveau, d'une importance 
capitale pour la géophysique et l'astronomie «p/iéri/y lie, d'une com- 
munication de MM. M. Lohest et P. Fourmarier; sur l'/l/Zure du 
Houiller et du Calcaire carbonifère sous la faille eifélienne et de 
plusieurs travaux concernant le bassin houiller de la Campine e,t 
Jes dislocations du Congo, dont il sera question plus loin. 



- b32 — 

•Leâ causes du volcanisme ont, à plusieurs reprises, intéressé 
nos réunions. M. P. Tabary nous a fait parvenir une note sur la 
Formation d'un très fçrand cône au-dessus d'un pain à laitier, par 
le dégagement des gaz dissous dans celui-ci, note qui a fourni, à 
M. M. Lobest, l'occasion de nous faire connaître ses Considérations 
sur le volcanisme. 

La connaissance du Siluro-^ambrien s*est accrue de la Décou- 
verte^ pan* MM. C. Malaise et G. Lespineux, de graptotithes à 
Neuville-sur-Meuse. 

Le DéTonien a donné lieu, cette année, à un très petit nombre de 
communications. M. C. Malaise nous a parlé de la découverte 
de Cherts dans les calcaires frasniens^ entre Louqeigné et Remou- 
champs, notice qui a provoqué une réponse de M. H. Forir sur 
rexistence de Cherts dans le Dévonien supérieur. M. M. Loliest a 
présenté des considérations Sur des cailloux d'arkose gedinnienne 
rencontrés à l'ouest de Stavelot. Il faut encore mentionner deux 
travaux paléontologiques de M. P. Destinez, dont il sera question 
plus loin. 

Le Calcaire carbonifère, en dehors d'un des travaux paléonto- 
logiques de M. P. Destinez, d'un autre de M. J. Frai pont et des 
notes minéralogiques de M. V. Brien et de dom G. Foumier, n'ai 
donné lieu qu'à une communication de M. E. Ilnrzé sur Une 
grotte dans le Calcaire carbonifère à plus de deux cents mètres 
de profondeur et à une note de M. A. Renier : Observations sur le 
Calcaire carbonifère de Krzeszowice (Galicie). 

Par contre, le Houiller a fréquemment servi à alimenter nos 
séances. M. £. Harzé a fait connaître des Considérations géomé- 
triques sur le bassin houiller du nord de la Belgique, une Réponse 
aux observations présentées au travail précédent; M. H. Forir a 
fait une Réinmse à M. E. Harzé au sujet des failles de la Campinc, 
à laquelle M. Harzé a répliqué par sa note .Sur la figuration des 
failles transversales dans le bassin houiller du nord de la Bel- 
gique. MM. P. Fourmarier et H. Forir ont signalé la découverte de 
Macigno bleu foncé dans le Houiller inférieur d'Angleur. M. A. 
Renier a fourni une Note préliminaire sur les caractères paléonto- 
logiques du terrain houiller des plateaux de Hervé. M. M. Lohest 
d montré un Tronc d'arbre trouvé debout au charbonnage de 
Gosson-Lagasse. M. J. Smeysters a donné connaissance d'une 

19 DÉCEMBRE I904. 



— fi 33 - 

Solicc sur quelques puits nutùrcls du terrain houiilcr de Châr^- 
leroi. M. P. Foiinniirier ii mentionné hi Découoerte de Sigillaria 
eamptot«*uia, Wond et de S. rctitîuïatii, Lesq,^ duus le terrain 
houiller de lAêge et M. II. Fonrafait nne communication Sur 
les deux fui Iles princi paies de resi de la (Inmpinè, qui a jirovoqué 
des Observations de M. A. Ilabots. 

Le Crétacé n*a été le Bujet que de la Présentation, par M. J. 
Frai pont, d'une fructification frKquisetum sp., d'Iil. Lyelli et de 
succinitet des argiles wealdiennes de Courcelles. 

M. P. Questionne nous a entretenu de l'existence d*Un nouveau 
frite de sable tertiaire ù Outrée. 

Dom G. Fournier nous a fait connaître sa Découverte d'un osse- 
ment de tortue quaternaire dans une grotte de la région de la 
Meuse. MM. M. Lohest et IT. Forir ont parlé de la formation des 
Cascades de Barse et du tuf du Hoyoux et M. (î. Lespineux a 
ajouta ses Observations sur les cascades de la vallée du Hoyoux. 

Les gîtes métallifères ont fait l'objet de notices de M. R. 
d'Andrimont sur Les filons de pechblende de Joachimsthal 
f Bohême) et Les filons cuprifères de Graslitz-Klingcnthal 
\ Bohème et Saxe), d'un important travail de M. .1. Smeysters: 
Découverte de filons de galène dann le terrain houiller productif 
de Charleroi, d'une causerie de M. II. Butt<çenbach : Quelques 
nufts sur les cheminées diamantifères de Kimberley et d'un très 
important mémoire du même auteur sur Les gisements de cuivre 
du Katanga, 

î^a paléontologie stratigraphique s'est eni*ic1iie de deux notices 
de M. P. Destinez : Nouvelles découvertes paléontologiques dans 
le Carboniférien et le Famennien du Condroz et Faune et fiore 
des psammites du Condroz^ ainsi que d'un remarcpiable mémoire 
descriptif de M. .1. Fraipont : Contribution à Vétude de la faune 
du Calcaire carbonifère de Belgique, L Echinodermes du marbre 
noir de Dinant < Viséen inférieur, Via), accompagné de cinq 
magnifiques planches en i)liototypie. 

Nous devons signaler, maintenant, deux très importants ti*avaux 
de géographie physique, l'un, de MM. M. Lohest et P. Founnarier, 
intitulé L'évolution géographique des régions calcaires, l'autredù 
à lu plume de M. J. Cornet : Etude sur révolution des rivières 
belges. 

ASy. soc. OÉOL. DK BKI.(i.. T. XXXU. HLLL.. 3. 



^ b34 - 

Coinino travaux <lo géologie générale, il iiuportcde mentionner 
la Xoiii'c explicidioc de la accoude cil il ion de la belle Curie gcolo- 
ffiijiie de la Bvlffi<]ueel des prnoinres uoiaincs de M. le profebseur 
G. Dewalqiie et VEssni d'une curie ^^êolo^ique du lac Buïkal^ de 
M. P. de Makeeff, la note du premier de ces auteurs sur Une 
colleclion de marbres exploilcs aux Pays-Bas vers le milieu du 
diX'huiiième stècle et une communication préliminaire de M. J. 
Cornet sur. Li\s dislocations du Congo. 

Les travaux d'hydrologie ont été particulièrement nombreux. 
M, P. Questienne a fourni une Note sur un puits creusé à Landen 
en vue de rétablissement d'une distribution d'eau^ une deuxième 
Note sur une galerie de captagc d'eau potable ^ creusée à Villers- 
aux-Tours^ à travers les bancs redressés du Dévonicn supérieur ; 
M. R. dWndrimont nous a entretenus de L'alimentation des 
nappes aquifères, conununiciition complétée par un Appendice de 
M. P. Questienne; M. R. d'Andrimont a encore publié une Note 
sur les causes et rintensité du jaillissement d*eau que donnent les 
nappes captives, lorsqu elles sont atteintes par un forage dit 
« artésien » et M. i\ de Heen a bien voulu reproduire, à notre 
intention, ses Expériences sur la perméabilité des terrains. 

Signalons, en terminant, deux travaux qui n*ont pu trouver 
place dans les catégories précédentes : l'un, présenté par M. G, 
Dcwalque, sur Le nivellement de précision de la Belgique. Recti- 
fication, l'autre, de M. M. Mourlon : Résultat du référendum 
bibliograph iq ue. 

Enfin, M. C Malaise a publié, dans nos ^/{/ia/e.s, une Notice 
biographique sur Charles- Louis- Joseph-Xavier de la Vallée 
Poussin^ accompagnée d'un portrait très ressemblant de notre 
regretté et savant ancien président. 

Nos relations d'échange avec les Académies, Sociétés savantes 
et Institutions scientifiques se sont encore accrues cette année. 
Nous recevons, en effet, les publications des associations suivantes : 

Bruxelles. Association des Ingénieurs sortis de TUniversiU* 
de Bruxelles. 

Budapest. Magyar ornithologiai Kiizpont. 

CharleviÙe. Société d'histoire naturelle des Ardeniies. 

Columbus. Geological Survey of Oliio. 

Johannesburg. Geological Society of South Al'rica. 

Leyde. Geologische Reiclisanstalt. 



- 1. :is - 



» 



/. iina. Bollfetiii de minus. 

Mi^niana. riiiversity of Montana. 

Fietcrmaritzbiirg. Geological Survcy of Natal and Zcilulan'd. 

Tels sont, Mossieurî^, les actes de la Société que les statuts |ne 
font ane obligation de vous rappeler. Si leur sèche énumération 
vous a paru i)ôu intéressante, vous aurez, du moins, en terminant, 
une compensation, celle de constater la prospérité toujours crois- 
ante de notre compagnie. 

Sur la proposition de M. le président, l'assemblée vote des 
remerciements au secrétaire général et ordonne l'impression de 
cet exposé. 

La parole est ensuite accordée à M. .1. Libert, trésorier, qui 
donne lecture du rapport suivant : 



• 



MKssiKriis, 

J'ai riionnenr de vous rendre compte de la situation finan- 
cière de la Société pendant l'exercice 1903- 1904. 

Les recettes ont été de frs 7 987.97, se répartissant comme 
suit : 

Rw '^rIT^:s. 

l'oiisn lions <U*s iniMiibrfs effet-tifs fi*s 'A i(>5.uo 

SttlMiide lit! (floiiveriietueiit . ' » i 000:00 

KiibsiiU* «lu Coiisoîl pt'oviuvini «le Lierre » i o(m).ûo 

Vente (V Annules » i oi4.."i^ 

Remboui-Homenl «le tir<3s A ]mrt ]>iir les nutetu's .... » i'4i^-'i4 

Intérêts «lu e«nii]>te-e«>iii*nnt et «les titi*os » 3()u.a8 

Total . . frs 7 987. <j 7 

Les dépenses se sont élevét^s à la somme de frs 8 3(K).63, 
flimt les principaux postes s(mt les suivants : 

Dkpkxsks. 

Impressions frs 4 Ui)**'-'^*^ 

tîravures. elieliés >* 2 033.71 

r(»niiiiissi«>us «le Imnipie. c«>nservatioii «le titres .... » 70.03 
Frais «livers (c*«>rres]n>u(l nuées, rt^eoiivreuieuts. salaires «les 

employés, ete.) ... »> Gi3.3i 



Total . . . Iva 8 Sgq.CS 



— li 3(; — 

La comparaison des nuu^tttîs et des dépenses aecusc un déficit 
do frs. 3ji. 66 ce qui ramène l'encai^He à ki somme de frs la 227.'j3, 
abstraçtiini faite de la somme dxî i (hk) francs affectée au prix 
Paquot. [ 

t/encaisse réel de la Société est constitué comme suit : 

4(> *<>l>liK*^ti<>ns (eiii]>i*iiiitH de villes beljjos). à leur valcMir 

iioiiiitiale .,...' «... frK 4 <>im>.(m» 

Solile eréiUteur du ct)nii>te-c<)iii'aiit . . . » K i7<y. 10 

Nuinérnire chez le trésorier >* 7>-.i'A 

TofuI . . . frs la 1227. a.*< 

liCs comptes (mt été vérifiés et reconnus exacts par la (/Om- 
missiou nommée dans la séance de juillet dernier. La vérification 
de la l)ibliothô(iue a également été faite. 



• 



li'assemblée donne déchai'ge de sa gestion au ti'ésoriei- et lui 
vote des remerciements. 

Le trésorier donne ensuite lecture du projet de budget pour 
rcxorcice 1904-1905, arrêté, comme suit, par le (-onseil, en sa 
séance de ce jour : 

Kkckttks. 

Produit fies eolisutioiis frs .'{ i.'io.cm) 

Vente <le ]>tiblientioiis » r>oo.<)o 

Keinboiirsenieiit <le frais de tirés à part j» .'mmi.oo 

Subside éventuel du (îouvernetneut « i 000. (k> 

Subside du Conseil ]»rovincial de Liéj^e >» i o(n>.<>u 

Abonnement du (Gouvernement à uo exemplaires du tome 
XXV ^^>« (déjà mentionné en i()oi-i()ou ; 1î)02-i()(».S : 

1 ()<>'{- ir)4>4) n r>oo.oo 

Keeettt»s diverses « :ioo.oC) 

Total . frs (> (po.ao 



• . • t . , »• 



— B 37 - 

MtMii«)ires in 4**« t<>n>t* I 

(ttïiiio XXV l'i^') . 
Annales, loua» XXVI II . 

» tome XXXI . " 

» tome XXXII 
Tïrt*H A pjiii. r(U)lb(iiii*.sii- 
t bU*.s par \v.s iiiitiMirs . 
. Aiiuiik*H. tome XXVIII. 
1 >> tome XXX 

j » tome XXXI - -^^ "'* ^ 

f » tome XXXII 

; (Nmimissioiis île ban- 
que et conservation' 
«le titres. ...'.»» i<m).<m> 

, . Frais «le eorresjiondan- 

1)1 vers . . . ' - frs i *)5o.ik> 

ee, reeonvrenients ]>ar 

la poste, eolis postaux . » 700. <m) 

Salaires «les employés . » 170.00 

I)ivei*s . » 80. iK) 



frs 


t 


000. IK) 1 


» 




4.')O.IM) f 


>i 


t 


000.00 * 

r)oo.oo 


» 




n 

1 


:j 


0(M).00 


M 




.'hnkoo I 


M . 




.'{CM>.0<> \ 


)) 


1 


.'xio.oo ( 


» 




Tioo.oo , 


» 


'2 


000.00 » 



Ttïtal . fi-H u Koo.oo 



Hi':c.\i»iTnaTi()x. 



Reeettes frs (> ().')o.oo 

Dépenses » 11 800. (M) 



Déficit prévu frs 4 8.")o.im) 

Ce projet est adoiité sans observ^ation. ; 

Il est ensuite procédé aux élections. 

MM. Ad. Firket, J. Fraipont et P. (iuestienne demandent suo- 
cessiveuient aux membres de bien vouloir ne pas leur accorder 
leurs suffrages pour la présidence. 

Le dépouillement du scrutin pour la nomination du président 
donne les résultats suivants : 

Le nombre des votants est de 4^) ; il y a 4-^ votes valables 0), 
M. J. Smeysters obtient 25 suffrages; M. Ad. Firket, 11 : 
M. .1. Fraipont, 8; >L P. (^uestienne, i. Kn consé<pience, 

/*> l'n t>ulletin de vote par correspondance était si^^né par un menibre* au 
nom d'ini autre membre; il n'a pas été ct)nsidéré comme valabje. 



-^ b38 - 

M. J. Smeysters est proclamé x^résident pour Texercice 1904-1905. 
Le dépouillement du Kcrutin pour la nomination de quatre vice- 
présidents donne les résultats suivants : 

Il y a 21 votants ; le nombre des suffrages valables est de 81 ; 

« 

M. M. Lohest obtient 19 suffrages ; M. A. Habets, 18 ; MM. H. do 
GreeffetK. îlarzé, chacun 17; M. C. Malaise, 4î ^^- ^I« Mour- 
lon, 3; MM. H. Barlet, J. Cornet et G. Fonrnier, chacun 1. En 
conséquence, MM. M. Lohest, A. Habets, H. de Oreeff et E. Harzé 
sont proclamés vice-i)résidents. 

L^élection de cinq membres du Conseil donne les résultats 
suivants : 

La nombre des votants est de 21 ; celui des suffrages valables, 
de loi. M. Ad. Firket obtient 18 suffrages; M. J. Fraipont, 17 : 
M. J. Cornet, 16; M. P. Questienne, i5 ; M. M. Mourlon, i3 ; 
M. G. Fournier, 8 ; M. de Dorlodot, 4; MM. H. Barlet, II. d'An- 
drimont et G. Lespineux, chacun 2 ; MM. V. Brien, P. Destinez, 
A. Renier et O. van Ertborn, chacun i. En conséquence, 
MM. Ad. Firket, J. Fraipont, J. Cornet, P. Questienne et 
M. Mourlon sont proclamés membres du Conseil. 

D'unanimes ai^plaudissements ont accueilli chacune de ces 
nominations. 

M. M. Lohest se lève et prononce une chaleureuse îUlocution, 
dans laquelle il fait ressortir combien la charge de la présidence 
lui a été allégée par la cordialité des rapports des membres les 
uns avec les autres et par le zèle apporté par le secrétaire général, 
le secrétaire-adjoint et le ti-ésorier dans Tac^complissement de 
leurs tâches respectives. 

« 

C'est avec fierté qu*il constate la i)rospérité de la Société et 
l'importance de ses travaux ; cette prospérité lui paraît assurée 
pour de longues années encore par l'introduction d'un élément 
jeune, enthousiaste et travailleur, celui des ingénieurs-géologues. 

Il est heureux de féliciter les membres du choix judicieux de 
son successeur, M. J. Smeysters, dont la valeur, comme savant, 
est attestée i)ar ses im[)ortants travaux et dont les hautes qualités, 
comme homme, lui ont attiré les sympathies et le respect de tous 
ceux qui le connaissent, plus particulièrement dans le pays de 
Charleroi, sa résidence. 

Il prie M. Smeysters de prendi'e possession du faut-euil prési- 
dontiel (Appluiidissemçntfi iwa^ifneii,) 



— Bâg ~ 



Séance ordinadre du SO no'veixihre 10O4. 

M. J. Smkysters, président, prend place au fanieiiil. 
La séance est ouverte à onze lieureH. 

M. J. Sme3r8ter8 se fait Torgaue de tous les nouveaux élus, pour 
remercier la Société de la marque de confiance qu'elle leur a 
donnée. 

Personnellement, il est très heureux et très fier de riionneur 
«qu'elle lui a fait en rappelant à la présidence, après M, Loliest et 
tant d'autres savants si hautement appréciés : toujours, il a été 
fier d'appartenir à une compagnie dont les travaux scientifiques 
ont conquis l'estime et la sympathie des personnes compétentes. 

Comme M. Lohest, auquel il exprime la gratitude de tous ses 
confrères, il croit à la longue durée de la prospérité de la Société ; 
il est assuré que la cordialiU'î des rapports de tous les membres 
lui rendra la tache aussi facile qu-'à son prédécesseur, et il promet 
de contnbuer, de toutes ses forces, à assurer la continuation de ses 
succès (AcchmiHiions,) 

Le procès-verbal de la séance du 17 juillet 1904 est approuvé. 

M. le président annonce une présentation. 

Correapondance, — M. le Gouverneur de la province de Liège 
informe que le Conseil provincial a alloué, sur le budget de igoS, 
un subside de mille francs à la Société Remerciemenls,) 

L'Association des Ingénieurs sortis de l'Ecole de Liège annonce 
que, conformément aux vœux émis à Paris en 1900, elle a accepté 
la mission d'organiser, sous le patronage du Gouvernement, un 
Congrès des Mines, de la Métallurgie, de la Mécanique et de la 
Géologie appliquées, qui aura lieu à Liège du 26 juin au i***" juillet 
1905, à l'occasion de l'Exposition univci-selle. Le règlement de ce 
Congrès, La composition du bureau général et des comités d'orga- 
nisation des sections, ainsi que les programmes pi'ovîsoires de cew 
sections fijjurent comme annexe à cette lettre, 



— B 4^ — 

Nous cil extrayons les passades suivants : 

AuT. 3. — Seront mtunbres du Congrès et en recevront les 
publications : 

1" Les délégués des Administrniions publiques belges et les 
délégués des Gouvernements éirungers ; 

2" Les donaleurs qui auront versé une somme d'au moins cent 
francs ; 

S" Les adhérents qui auront acquitté la cotisation dont le mon- 
tant s'élève à vingt-cinq francs. 

Art. 4« — ï^es délégués des Administrations publiques belges, 
les délégués des Gouvernements étrangers et les donateurs reèo- 
vront toutes les publicaticms du Congrès. 

Les adhérents devront se faire inscrire dans la section dont ils 
désirent recevoir les publications. 

La cotisation de vingt-cinci francs ne d(mne droit qu'aux publi- 
cations d'une seule des sections ; l'inscription dans une autre 
section pourra être obtenue moyennant un supplément de cotisa- 
tion de cinq francs, qiii donnera droit aux publications de celle-ci. 

AuT. 7. — Le Congrès comporte, en dehors de la séance solen- 
nelle d'ouverture : 

1" Des séances générales ; 

2'* Des séances de section^ consacrées à l'étude spéciale des 
questions concernant les mines, la métallurgie, la mécanique et la 
géologie appliquées ; 

3" Des conférences ; 

4" Des visites ù rExposition^ à divers établissements scienti- 
fiques ou industriels, et des excursions de géologie appliquée. 

Art. 9. — Des rapports seront préparés sur des ([uestions choi- 
sies par le Comité d'organisation qui désignera les rappoi'teurs 

Ces rapports devront être envoyés au secrétaire général deux mois 

au moins avant l'ouverture du Congrès Les rapports seront, 

autant que possible, distribués avant le Congrès aux adhérents. 

Aucun travail ne pourra être présenta* en séance, ni servir de 
point de départ à une discussion si, un mois avant l'ouverture <ie 
la session, l'auteur n'en a comnmniqué le résumé et la conclusion 
en fran^'ais au Comité d'organisation, et si ce Comité n'en a pro- 
noncé l'inscription à l'ordre du jouv, 



— B 4i — 

Toutefoifi, lorsque Vordro du jour «rune Bcctiou aura été épuisé, 
le bureau de cette deruière pourra autoriser des conimuuicatious 
non annoncées. 

Programm68 provisoires des sections.' 
l. — Section dks Minks. 

1. — Creusement des puits eu morts- terrai us à grande profon- 
deur. 

2. — Machines et engins d'extraction : 

a) La machine d'extraction à vai)eur ; 

b) I^a macliine d'extnu'tion électrique ; 

c) Les cables de mines. — Etudes expérimentales. — Déter- 

mination du coefficient d'élasticité. 

3. - Les machines d'épuisement modernes. 

4. — Les compresseurs d'air. — ITnification des méthodes de 
détermination des rendements. 

5. — Les récents perfectionnements apportés au soutènement 
et au remblayage. — Remblayage par l'eau. 

6. •- Mouvements du sol consécutifs à l'exploitation houillère. — 
Dégradations à la surface. 

7. — Préparation mécanique des minerais et des charbons. 

8. — Le grisou. — Grisoumètres. ^ Kxpénmentation des exi)lo- 
sifs et des lampes en présence du grisou. — Pénétration dans les 
milieux irrespirables. 

9. — Conditions à remplir par le matériel électrique des mines. 
10. — Unification des statistiques minières officielles. 

V. — SkcTION I)K GkoLOGIE AI»PLI(iUKE. 

I. Tectonhjne des, bassins Iwulllers. 

Répartition du terrain houiller en Belgique. 
I. — Le nouveau biissin du nord de la lielgicpie. 
u. — Tectonique des bassins houillers du Ilainaut, de Liège, du 
Nonl et du Pas-de-Calais, de la Westphalie, d'Aix-la-Chapelle, etc. 
3. — Recherches de houille en Lorraine, etc. . - 

n. Gisements sédimentnires. 
i. - Les applications de la paléontologie on géologie appliquée. 



B 4a - 

2. — Les applications de la boussole et du peudule en géologie 
app]i<iuoe. 

3. — p]tat actuel de nos connaissances sur Torigine de la houille. 
4- — Les gîtes de phosphate de chaux en Hesbaye. 

III. Gi7e« métallifères. 

1. — Considérations ou faits nouveaux pouvant contribuer à 
rétude de la "genèse des gîtes métallifères. 

2. -r- Les gîtes métallifères de la Belgique. 

3. — Les gîtes métallifères de la région de Moresnet. 

IV. Hydrologie, 

L'alimentation des nappes aquifères. 

1. — Etude expérimentale des échanges d'eau entre Tatmosph ère 
et les terrains de diverses natures. 

2. — Lois qui régissent la circulation de Teau depuis la surface 
du sol jusqu'au niveau de la nappe aquifère. 

3. — Les moyens d'investigation pour déterminer la direction et 
la vitesse d'écoulement des nappes aquifères 

Ktat actuel de nos connaissances sur les sables boulants. 

L'Académie de Stanislas, de Nancy, fait parvenir le programme 
de concours du prix Herpin. 

Le secrétaire général donne lecture de la correspondance échan- 
gée avec M. Lehmann, libraire-éditeur, à Stuttgart, relativement 
à la publication éventuelle, proposée par un membre, de la tra- 
duction de l'ouvrage Das Mineralreich, de M. le D\\ Reinhard 
Brauns. 

Conformément à l'avis du Conseil, l'assemblée décide qu'il n'y 
a pas lieu de donner suite à cette propositicm. 

Le secrétaire général'annonce que le Conseil, dans sa séance de 
ce jour, a décidé d'agrandir la surface occupée par le texte sur 
chaque page des Annales, sans changer le format de celles-ci. 

Onorafçes offerts, — Les publications reçues depuis la dernière 
séance sont déposées sur le bureau, Ucs vcîner(ûencieiits sont votéïi 
fiux donateurs, 



— B 43 *- 

DONK D*AUT£UK8. 

//. DiiftgenbHch, ~ Les dépôts aurifères du Kataiiga. BiilL Soc, 

bel^c de géologie, etc., t. XVIII. Bruxelles, 1904. 
J, Cornet. — La Meuse ardeunaise. Ibid,, t. XVIII. Bruxelles, 1904. 

— Les collines des Flandres. Ibid., t. XVIII. Bruxelles, 

1904. 

— Le Victoria-Nvanza est-il un«Relikten-See))?AfoMye/;ie/i/ 

géographique des 7 et 14 février icp^. Bruxelles, 
1904. 

— L'orientation dos vallées dans le bassin de l'Escaut. 

Bull. Soc. roy. belge de géographie. Bruxelles, 1904» 

— Etude sur l'évolution des rivières belges. Ann. Soc. 

géol. de Belgique, t. XXXI, Mém. Liège, 1904* 
L. de Dorlodot, — Découverte de disthène dans un caillou roulé 

de quartzite révinien provenant de la plaine des 
Aguesses, à Liège. Ibid., t. XXXI, Bull. Liège, 1904* 

— Quelques observations sur les cubes de i)yrite des 

quai*tzites réviniens, Ibid., t. XXXI, Mém. Liège, 
1904. 

G. Deivalque, — Une collection de marbres exploités aux Pays- 
Bas vers le milieu du dix-huitième siècle. Ibid., 
t. XXXI, Bull. Liège, 1904. 

P. Fourmarier. — Dècon verte de Sigillaria camptotœnia, Wood, 

et de S, reticuluta, Lesquerreux, dans le terrain 
houiller de Liège. Ibid., t. XXXI, Bull, Liège, 1904* 

G. Fournier, — Le trou Félix à Falmignoul. C.-R. du Congrès 

d'archéologie et d'histoire. Dînant, 1903. 

J. Fraipont. — Echinodermes du marbre noir de Dinant (Viséen 

inférieur, Via). Mém. in 4*' ^oc. géol. de Belgique, 
t. II. Liège, 1904. 

G- FriedeL — Etude sur les groupements cristallins. Bull. Soc. 

de rindustrie minérale, 4*^ série, tt. III et IV. vSt- 
Etienne, 1904- 

J/. Grand'Eury. — Sur les graines de névroptéridées. C.-R. des 

séances de VAcad. des sciences, t. CXXXIX, p, 23. 
Paris, 1904. 

H* H(wfer. ^ Les conditions calorifiques des terrain» à combus- 
tibles. Rev. univ, des mines, 4® série, t. VI, p, 159, 
Liège, 1904. 



-b44- 

M, Le riche, — Les poissons paléocèiios de la Belgique. Mém. du 

Musée royal iV histoire iinturelle de Belgique^ t. II. 

Bruxelles, 1902. 
Xm, [A*spineux, — Observations sur les cascades de la vallée du 

Hoyoux. A lin. Soc. géôl. de Belgique, t. XXXI, 
Bull. Liège, 1904. 
M, Lohest. - Les grandes lignes de la géologie des terrains pri- 
maires de la Belgique. Ihid., t. XXXr, A/e/ii. Liège, 

ï9o4- 

— Notices géologiques. Ibid., t. XXXI, Bull. Liège, 1904. 

M. Lohest et H. Forir. — Les cascades de Barse et le tuf du 

Hoyoux. Ibid., t. XXXI, Bull. Liège, 1904. 

C. Mnluise et (i. Lespineux, — Découverte de graptolifhes à Neu- 
ville-sur-Meuse. //;/(/., t. XXXI, Bull. Liège, 1904. 

]V. Prinz. — Sur la nionazite et le xénotinie de Nil-Saint- Vincent 

(Brabant). Bull. Acud. royide de Belgique. Classe des 
.sciences, n° 3. Bruxelles, 1904- 

P. Questienne. — Note sur un puits creusé à Landen en vue de 

rétablissement d'une distribution d'eau. — Note sur 
une galerie de captage d'eau potable creusée à Villers- 
aux-Tours à travers les bancs redressés du Dévoniên 
> supérieur. Ann. Soc. géol. de Belg., t. XXXI, Bull. 
Liège, 1904. 

G. Simoens. — Réponse aux critiques formulées par M. Emm. 

de Margerie au sujet de la Bibliog raphia geologica. 
Bruxelles, 1904- 

J. Snieysters. — Notice sur quelques puits naturels du terrain 

liouiller de Charleroi. Ann. Soc. géol. de Belgique, 
t. XXXI, Méni. Liège, 1904. 

— Découverte de filons de galène dans le terrain liouiller 

productif de Charleroi. Ibid., t. XXXI, Mém. Liège, 
1904. 
Fr. Toula. — Der gegenwiirtige Stand der geologischen Krfor- 

schung der Balkanhalbinsel und des Orients. C.-R. 
IX'' Congrès géol. internat, de Vienne. Wien, 1903. 

— (jTber eine neue Krabbe {Cancer Bittneri, n. sp) ans 

deni miociinen Sandsteine von Kalksburg bei \A'ien. 
Jahrbuch der K. k. geolog. Reichsansialt^ Bd, LIV, 
Ht. I. M'ien, 1908. 



/*V. Toula, — (iiiulogische Hoobju'htungen au f ci n or Reiso* in dic 

Gcgend voii SiliHtria ùiid in die Dobrudscha ini 
Jahre 189a. IbitL^ 1U\. LIV, lit. i. Wien, 1904. 

O. Dan Ertborn, — A propos de la carte géologique de la province 

d'Anvers et de la partie du Linibourg située au nord 
du Démer. Bull. Soc. bel^e. de géologie, t. XVII. 
Bruxelles, 1908. 

Em. Verni raele. — Analyse, synthèse et application rationnelle de 

pélagonomie dynamique. — Amélioration de TEscaut 
maritime. Bruxelles, 1904. 
*** Inauguration du monument Fran|;ois Ci'épin. Le. 
Courrier de Rorhefort et de Beauraingy dimanche 
3i juillet 1904. 

Rupiiort». - Il est donné lecture des rapports de MM. J. Cornet, 
Ad. Firketet P. Fourraarier sur les deux travaux de M. H. Butt- 
jçenbach : LV'.s giaementu de cuivre du Kiilungu et Description de 
ijuelques minéraux de cuivre du Katanga. Usant do la. préroga- 
tive (lui lui avait été accordée, le secrétaire général a fait imprimer 
t-es.detix mémoires dans le tome XXXI, conformément aux con- 
clusions des rapporteurs. Des remerciements et des félicitations 
sont votés à l'auteur. 

Communications. — M. H. Buttgenbach expose Quelques 
observations sur les champs diamantifères de Kimberley, dont 
l'impression dans les Mémoires est ordonnée, conformément aux 
conclusions de MM. M Lohest, Ad. Firkct et J. Smeysters, 
rai>poi"teurs. 

M. M. Liohest s'étonne de l'opinion émise par M. de Launay au 
sujet des blocs de granité et de granulite, trouvés dans la pérido- 
tite diamautifcre. Selon cet auteur, ces roches se trouveraient en 
place, à faible profondeur. 

M. Lohest rappelle que, au Transvaal, le Karoo, dans lequel se 
trouvent les cheminées diamantifères, surmonte la série très 
épaisse des terrains primaires, bien connue à une distance de 
Kiinberley relativement peu importante. Ce n'est cpi'en dessous 
de ces roches primaires c|ue peut se rencontrer le granité et la 
graBolite. 



M. H^ Buttgenbach B*est égaleinont fait la môme réflexion, il 
n*a reproduit qn*à titre documentaire Topinion de M. de Launay ; 
d^ailleurs, dans d'autres passages de son livre, le savant fran<;ais 
s'étend asse^^ longuement sur les roches primaires du Transvaal. 

M. Ad. Firketdépose sur le bureau, delà part de M. G.Deivalque, 
la Liste dea météorites pierreux et Iwlosidères qui se trouvent 
dans les collections des établissements d*instruction du pays. 
L*auteur la présentera, pour Timpression, à la séance de décembre. 

Aujourd'hui, il se borne à solliciter, des personnes qui posséde- 
raient des météorites, des renseignements sur celles-ci, notamment 
sar le lieu ot la date de leur chute, sur leur nature, sur le poids des 
échantillons et sur la désignation de la collection dans laquelle 
elles se tiH)uvent. Ces renseignements lui permettront de dresser 
la liste complète des spécimens existant en Belgique. 

M. Ad. Firkefc i)résente également, de la part de M. le baron 
O. van BrtborUi un travail intilulé I/àge des argiles de la Cam- 
pi ne et réchelle stratigraphique du Pliocène supérieur . et du 
Quaternaire en Belgique. M. le président désigne comme rappor- 
teurs MM. H. Forir, Ad. Firket et G. Velge. 

La séance est levée à 12 1/2 heures. 



— B 4: — 



Séanee ordinaire du IS décembre lOO-é 

M. J. iSmkystkus» président, au fntiteiiiL 

La séance est ouverte à dix heures et demie. 

Le procès-verbal de la séance du 20 novembre ic)o4 ^^^ ai)i)rouvé. 

M. le président proclame membre de la Société M. Khaentzel 
François), docteur en médecine, à Nalinnes, présenté par MM. 
Fernand Kraentzel et M. Loliest. 

C(frres[H)ndiince. — M. .L Gosselot annonce Tenroi de son 
travail sur les Assises crétaciques des fosses et sondages du nord 
de la France (Remerciementa), 

M. E. Harxé remercie la Société de sa nomination comme vice- 
président et s'excuse de ne pouvoir assister à la réunion de ce 
jour. 

La famille de notre confrère Eustache Bou(iNKT fait part de son 
décès. M. le président fait l'éloge de ce regretté confrère et 
rassemblée décide qu'une lettre de condoléances sera adressée à 
s:i veuve. 

Le Comité géologique de Russie annonce le décès de son géo- 
logue en chef, M. l'ingénieur des mines A. Mkiialski. Une lettre 
de condoléances lui sera adi'cssée. 

Ouvrages offerts, ■ Les publications reyuos depuis la dernière 
séance sont déposées sur le bureau. Des remerciements sont votés 
aux donateurs. 

Communications, — M, le ])rofe8seur G, Deivalque demande 
que l'impression de sa Liste des météorites pierreux et holosidêres 
(jui se trouoent dans les collections des étnblissements d'instruc- 
tion du pays soit ordonnée. Conformément aux conclusions de 
MM. Ad. Firket, M. LohestetJ. Smeysters, l'assemblée décide 
que cette liste sera insérée <huis les Mémoires. 



— n 4« -- 

M. Femand Kraentzel résume les conHiisions (run ini])(>rtanl 
travail sur. la- fçéogri4iphic.i>liysique <h» la partie NK. de la province 
<le Liège, travail pour lequel MM. .f. Cornet, Ad. Firket et P. 
Fourmarier sont désignés eonune rapporteurs. 

M. A, Renier attire Tattention sur les avantages que présen- 
terait la réunion, dans une même figure, des eoupes du (ieer et de 
ses affluents. 

11 se demande si Taeeentuation de la pente du (ieer, vers le 
(^onfluent, ne serait pas due au ehangement de substratum du 
cours d'ean, calcaire en amont, limoneux en aval. 

M. F. Kraentzel répond qu'il n'en croit rien, la constitution 
du sous-sol ci'étacé, sur lequel coule la rivière, est sensiblement la 
même dans tout le parcours du (ieer. 

M. M. Liohest rennvrciue, cei)endant, (pi'une différence existe» 
dans cette constitution; en effet, aux environs d'Eben-Kmael, 
se trouve une terrasse couverte de cailloux, que la rixière a dû 
creuser pour arriver à la forme actuelle de sa vallée. 

M. F. Schoofs, à l'occasion du travail de M. Kraentzel, résume 
les observations qu'il a faites, avec M. ,J. Lacomble, sur quelques 
sources du bassin du Geer, aux environs de Tongres. D'après lui, 
la composition cliimitiuc de l'eau de ces sources est sensiblement 
la môme que c^elle de la distribution de Liège, qui provient de la 
même nappe aquifère du C'rétacé. Conformément aux conclusions 
de MM. M. Lohest, Ad. Firket et P. Fourmarier, rassemblée 
ordonne la publication, dans les Mémoires, du travail de MM. 
J. Lacomble et F. Schoofs : Contribution ù l*étude de quelques 
petites sources ntimentant un afjhieni du Geer duns le sud de lu 
province de Limbourg^ à la suite de celui de M. Kraentzel, qu.ind 
l'impression de ce dernier aura été décidée. 

M. A. Renier présente un échantillon de psammite plissé, pro- 
venant de la montagne de llombiet à l'est de Verviers. L'assise 
d'Ksneux, pincée en ce point dans un synclinal assez aigu, y est 
extrêmement chiffonnée. Les multiples replis des biuies minces de 
psammites et de schistes sont bien visibles sur les parois escarpées 

Î24 JANVIER 1905. 



— b49 — 

résnllent d'ôbonlemcnts de quartiers de roches suivant les dia- 
elases. L*échantillon a été pri*levé à la tête d*an des nombreux 
anticlinaux. Il montre un renflement très net du crochon. Mais on 
y voit, en outre, d<i côté do l'extrados, un grand nombre de fissures 
radiales, baillant vers Textérieur et dont certaines sont tapissées 
de cristaux de quartz. C'est surtout sous ce rapport que l'échan- 
tillon présente quelque intérêt. On y remarque aussi de belles 
stries de glissement qui n'existent cependant que sur un des deux 
flancs de la voûte et qui, ainsi qu'il arrive souvent dans ce massif, 
sont nettement obliques à l'inclinaison. 

M. M. Lohest estime, d'après les résultats de ses expériences 
sur le plissement, que le chiffouiiage des minces couches alter- 
natives de schiste et de psammite (le l'assise d'Esneux est vraisem- 
blablement du à l'alternance, de bancs durs et tendres, très peu 
épais. La disposition en zic-zac des couches houillères, particuliè- 
rement frappante dans la partie méridionale du bassin de Liège, 
serait due à la même cause. 

M. A. Renier fait ensuite une communication préliminaire sur 
des cristaux déformés de sel gemme provenant de la mine de 
Berchtesgaden (alpes de Salzbourg). 

M. H. Buttgenbach fait remarquer que les figures de rayure, 
qu'il vient de produire sur les cristaux déformés, montrent que 
les faces des éléments cristallins constitutifs sont sensiblement 
parallèle» à celles du gros assemblage déformé. 

M. A. Renier attire enfin l'attention de l'assemblée sur une note 
que M. le professeur Potonié, géologue du service de la Prusse, 
vient de publier sous le titre : 

Une formation récente de boues organiques du type des 

cannel-coals 

{Eine récente organogene Schlamm-Bildung des Kannelkohlen Typus) (*), 

PAB 

fi. pOTONIÊ. 

M. le professeur Potonié, poursuivant les études qu'il a entre- 
prises depuis nombre d'années sur la formation des charbons, a 

(*) Jùhrbueh der KônigL preuait, geologiachen Landeaanatalt und Berga- 
kademie, Bd. XXIV, Ht. 3, pp. 4o5-4*>9, i9<>3. 

AKN. soc. GÉOL. DE BEIX?., T. XXXII. ULLL., 4« 



— B 5o — 

fait, en avril dernier, un voyage d'études auquel il a bien voulu 
m'inviter à prendre part. Vu le haut intérêt de nos constatations, 
je crois utile de vous les signaler. Pour être succinte, la note que 
M. Potonié vient de publier sur ce sujet, n'en contient pas moins 
quelques-uns des principaux résultats de ses études. 

Il y a plusieurs années déjà que, grâce aux patientes recherches 
microscopiqaes de plusieurs savants, parmi lesquels il faut citer 
en tout premier lieu MM. C.-Eg. Bertrand et B. Renault, nous 
connaissons la composition d'un très grand nombre de combus- 
tibles fossiles. Suivant la prédominance d'un élément ou d'un autre, 
on est ainsi arrivé à distinguer, en outre des charbons d'algues ou 
bogheads, des charbons de si>ores ou cannel-coals, des charbons 
de purins, etc. A M. Potonié, revient l'honneur d'avoir découvert 
des dépôts modernes qui possèdent exactement les mêmes carac- 
tères (lue les bogheads, cannel-coals, schistes bitumineux ou 
pétrol itères et de nous avoir ainsi fourni des données d'observa- 
tion directe sur leur mode de formation. 

Ces cannel-coals modernes sont des boues organiques qui 
forment, notamment dans les environs du Stettiner Haff, de 
finissants dépôts. Les sondages et les draguages de M. Potonié 
dans un des bras de la lagune de Stettin, le Xeuwarper See, ont 
permis de constater que leur épaisseur y dépasse douze mètres. Ils 
continuent, d'ailleurs, à s'y former. Ce n'est toutefois pas sur ces 
dépôts que se sont portées principalement les recherches, mais 
bien sur les boues qui ont comblé un marais aujourd'hui artifi- 
ciellement exoudé, l'Ahlbecker See, et qui y sont traitées pour 
ammoniaque. Décrites, par certains auteurs, comme terres de 
bacillariacées ou encore comme amas d'algues vertes, ces boues, 
parfois encore dénommées tourbes, renferment un grand nombre 
de débris animaux et végétaux et quelques minéraux. A côté de 
quelques spicules de spongiaires et de débris de poissons, on y 
découvre, en grande abondance, des restes de crustacés. Les végé- 
taux y sont représentés surtout par des algues et encore par des 
grains de pollen et des débris de plantes terrestres. Comme autres 
éléments de drift, il faut citer, en outre de ces deux derniers, 
quelques grains de sable. La masse contient enfin des matières 
organiques amorphes, excréments d'animaux, débris de plantes 
très altérés, etc., et du calcaire d'origine organique, généralement 
en faible quantité. Par endroits, cependant, la formation passe 



— B 5l — 

latéralement à un ealcaire bitumineux, par suite de la prédomi- 
nance de ce dernier élément. Il ne serait pas imx^ossible que cer- 
tains calcaires paléozoïques aient une origine similaire. Je possède 
des échantillons d'un maeigno à Dipteriis (Fasc) qui, sous le 
microscope, se montre formé de débris d'ostracodes. 

Quoi qu'il en soit, les boues étudiées par M. Potonié se déposent 
en eaux tranquilles, et, de la non intervention de Toxygene, résulte 
un mode spécial de fermentation. 

Une observation importante, sur laquelle M. Potonié a spéciale- 
ment attiré mon attention, et que vous ne manquerez pas de faire 
sur les échantillons que j'ai riionncur de vous soumettre, est le 
caractère aseptique, pour ne pas dire antiseptique, de ces boues. 
Conservés pendant plusieurs mois à l'air, ces échantillons ne 
dégagent aucune odeur. Il y a là une grave objection contre les 
théories défendues avec tant de talent par M. B. Renault. 

Ainsi que vous pouvez en juger par l'examen des échantillons, la 
consistance de ces boues est celle d'une gelée. Cette constatation 
acquiert d'autant plus d'intérct,que ce caractère a été formellement 
reconnu par M. C.-Eg. Bertrand pour les cannel-coals, etc., à la 
suite de l'observation de l'attitude des corps figurés que ces roches 
renferment. Cette plasticité des boues organiques contribue beau- 
(*oup à l'instabilité des sols qui en contiennent. 

Le parallèle se poursuit jusque dans l'aspect de la roche. Un 
échantillon prélevé au louchet montre une stratification très nette, 
très fine, bien que, dans la masse, il soit d'une grande compacité. 
Sa cassure est esquilleusc et rappelle, à s'y méprendre, celle d'un 
schiste bitumineux à Cypridina du terrain houiller. 

M. V. Brien fait la communication suivante : 

Note sur un fait intéressant 
au point de vue de l'origine de la doiomie, 

PAH 
y. ^RIEN. 

Dans la grande carrière de brèche carbonifère, actuellement 
abandonnée, située sur la rive di'oite de l'Eau-d' Heure, un peu îiu 
nord de la halte de Montignies-le-Tilleul, j'ai trouvé un certain 
nombre de fragments anguleux de dolomie noire, bien nettement 



— B 52 — 

délimités, disséminés parmi d'aatres éléments calcaires et entourés 
d'an ciment calcareux, rougeàtre. Ces blocaux de dolomie provien- 
nent incontestablement de la fragmentation de rochers de cette 
substance, préexistants. Ce fait démontre donc, de façon bien 
claire, que si la dolomitisation des couches carbonifères n'est pas 
contemporaine de leur dépôt, elle était, en tout cas, un fait accompli 
— tout au moins pour certaines d'entre elles — à l'époque de la 
formation de la brèche, c'est-à-dire avant la fin de la période 
dinantienne. 

Pour ce qui est des relations de la brèche avec la dolomie en 
place, je dirai qu'aux environs de Montignies-le-Tilleul, ces deux 
formations sont séparées par une puissante assise de calcaires 
blancs ou gris, à Prodnctiis Cora, et de calcîiires bleu noir, plus 
ou moins veinés de blanc. Cependant on remarque, en quelques 
rares points, des couches peu puissantes de dolomie qui paraissent 
stratigraphiquement beaucoup plus voisines de la brèche ; c'est 
peut-être de ces dernières couches seules, et non de la dolomie 
viséenne proprement dite, que proviennent les cailloux dolomiti- 
qucs dont il est question. 

A titre de complément de l'observation qui précède, j'ajouterai 
que j'ai trouvé aussi des éléments de dolomie, isolés dans la brèche, 
à la carrière de pierres à chaux située derrière la glacerie de 
Franièrc et, à Comblain-au-Pont, dans un rocher de calcaire 
brécliiforme de la rive gauche de l'Ourthe; le fait est, toutefois, 
beaucoup moins bien caractérisé dans ces deux localités qu'à 
Montignies-le-Tilleul. 

Enfin, dans lu carrière exploitée par M. Goubille, à 3oo m. delà 
gare de Dol h ain- Vicinal, on remarque également des cailloux 
anguleux de dolomie, répartis dans la brèche à côté d'autres élé- 
ments calcaires. Parfois aussi, les éléments de la brèche sont 
calcaires et le ciment dolomitique. Ce ciment ne peut provenir, 
me semblc-t-il, que de la désagrégation de la dolomie préexistante. 
Enfin, i)ar endroits, la brèche est complètement dolomitique. Il 
est important de noter qu'à Dolhain, on trouve une forte assise 
de dolomie noire à cherts, identique à celle que nous retrouvons 
dans la brèche et qui est immédiatement surmontée par cette 
dernière formation : le contact se voit notamment de fa^*on bien 
nette, près de la gare, dans la tranchée du chemin de fer vicinal, 
voisine du point terminus de la ligne. 



- b53 - 

M. M« Lohest rappelle, à cet égard, les importants travaux de 
Klément sar la formation du calcaire magnésien (') et les faits 
rapportés par M. Ch. Barrois au sujet de la production de la 
dolomie dans les récifs coralliens actuels ('). 

M. H. Buttgenbach montre un anneau d*oligiste, en forme de 
tore, provenant de la brousse des environs de Kambove (Congo). 
Les nègres qu'il a interroges sur Tusage de cet anneau, n'ont pu 
lui donner aucune indication à cet égard. Cette trouvaille n'est 
pas isolée; on a, en effet, déjà signalé la découverte d'anneaux 
analogues au Transvaal; leur usage n'a pas, non plus, été indiqué. 

La séance est levée à 12 Vs heures. 

(Vl Bull. Soc, belge de géoL^ t. IX, Mémoires^ p. .'$. 

(*) Ch. Barrois. Sur le mode de formation de la houille du Piis-de Calais. 
.4/1/1. Soc, géol. du Nord, t, XXXIII, p. i58, 1904. 



— b54 — 



Séance ordinaire du 16 Janvier 1B06 

M. J. Smeysters, président, au fauteuil. 
La séance est ouverte à onze heures. 

Le procès-verbal de la séance du i8 décembre 1904 est approuvé, 
moyennant quelques modifications et additions, demandées par 
divers membres. 

M. le président annonce la présentation de quatre membres 
effectifs. 

Il se fait l'organe de la Société pour présenter à M. J. Libert, 
son zélé trésorier, les félicitations les plus cordiales et les plus 
chaleureuses, à Toccasion de sa promotion au grade d'officier de 
de Tordre de Léopold. 

M. J. Libert remercie sincèrement M. le président et ses 
confrères. 

Correspondance, — Il est donné lecture d'une lettre de M. G. 
Dewalque, relative aux élections. 

Ouvrages offerts, — Les publications reçues depuis la dernière 
séance sont déposées sur le bureau. Des remerciements sont votés 
aux donateurs. 

DONS d'auteurs. 

FI. Bïicking, — Beitrage zur Géologie von Celebes (Nachtrag). 

Sammlungen d, Geol, Reichs-Museum in Leiden^ 
Ser. I, Bd. VII. Leidcn, 1904. 

— Zur Géologie des nordostlichen indischen Archipels. 

Ibid,y Ser. i, Bd. VII. Leiden, 1904. 

— Zur Géologie von Nord-und Ost-Sumatra. Ibid,, Ser. i, 

Bd. VIII. Leiden, 1904. 



^ b55 — 

J. Gosselet. — Un cas de déphosphatisation naturelle de la craie 

phosphatée. Ann. Soc. géol. du Nord^ t. XXXI. 
Lille, 1902. 

— Les assises crétaciques et tertiaires dans les fosses et 

les sondages du nord de la France, région de Douai. 
Ibid., t. XXXIII. Lille, 1904. 

— Les nappes aquifères de la craie au sud de Lille. Ibid., 

t. XXXIII. Lille, 1904. 

— Coupe du canal de dérivation autour de Douai. Super- 

position de vallées actuelles à des vallons de la sur- 
face crayeuse. Ibid., t. XXXIII. Lille, 1904. 

— Les assises crétaciques et tertiaires dans les fosses et 

les sondages du nord de la France. Fasc. I, région de 
Douai. Ministère des Travaux publics. Etude des 
gîtes minéraux de la France. Paris, 1904. 

— L'alimentation en eau de la ville de Lille. Lille, 1904. 

Ach. Grégoire. — Le service agrologique de la station agrono- 
mique de Môckem. Bruxelles, 1904. 

— Le musée de l'école royale d'agriculture de Berlin. 

Bruxelles, 1904. 

.4. Handlirsch. — Les insectes houillers de la Belgique. Mém. du 

Mus. r. d'hist. nat. de Belg., t. lîl. Bruxelles, 1904. 

P. Salvetat. — Analyse chimique de Teau minérale do Sentem 

(Ariége). Toulouse, 1904. 

A. von Koenen. ~ Ueber die untere Kreide Ilelgolands und ihre 

Ammonitiden. AbhandL der K. Ges. der Wissen-- 
schaften zu Gôttingen. Matheni.'phys,'Klasse; neue 
Folge, Bd, m, n*» 2. Berlin, 1904. 

s. 

Le secrétaire général attire, entre autres, l'attention de ses 
confrères sur le remarquable travail de M. Gosselet relatif aux 
assises crétaciques et tertiaires dans les fosses et les sondages du 
nord de la France. 

Communications. — M. le professeur G. Deivalque a fait par- 
venir la note suivante : 



— b56 - 

Un précurseur oublié, 
inconnu aux chercheurs de houille dans le Limbourg, 

PAR 
p. pEWALqUE. 

Ce précurseur, que je crois inconnu, est un général néerlandais, 
Van Panliuys, qui, dans les années i825 à i83o, étant officier 
d'état major, avait été chargé de lever une carte géologique du 
bassin houiller de Namur, carte qu'il présenta à la réunion des 
naturalistes et médecins allemands qui se tint à Bonn en 1857 et à 
laquelle j'eus l'honneur d'assister. 

A la même séance. Van Panhuys présenta une carte géologique 
do la partie méridionale du Limbourg néerlandais, qu'il avait 
dressée en i85o par ordre du ministère de la guerre des Pays-Bas. 
Ce travail avait pour but de rechercher l'extension possible du 
terrain houiller sur le territoire néerlandais. L'auteur chercha à 
montrer que le bassin houiller de Bardenberg, au nord d'Aix-la- 
Chapelle, est la continuation de celui de Liège, ce qui x^ourrait 
se démontrer par des sondages. En ce cas, le Limbourg renfer- 
merait deux lieues carrées de terrain houiller, dont une moitié 
ne serait recouverte que de sable vert, l'autre moitié étant recou- 
verte de sable vert et de craie. Ces formations n'ayant habituelle- 
ment qu'une épaisseur peu considérable, l'exploitation de la houille 
ne semblait pas devoir rencontrer de difficultés spéciales. 

A cette occasion, le secrétaire général donne lecture du passage 
suivant d'une lettre de M. A. Renier, datée du 12 janvier igo5; 
ce passage est relatif aux frères Castiau qui, en 1806, avaient indi- 
qué clairement la probabilité de l'existence de la houille en 
Campine (^). 

(c Savez-vous que les fameux frères Castiau sont probablement 
belges, même liégeois. Voici ce que je lis dans l'Explication de la 
Carte géologique de la France d'Elie de Beaumont et Dufrénoy, 
que j'ai consultée pour un autre objet, p. 729 : 

(*) Voir Ànn. d. Mines de Belgique^ t. V, 2« livr., 1900. Rapports adminis- 
tratifs, pp. 246 et suiv. et Ann. Soc. géoî. de Belg-.. t. XXX, pi>. 5i io4 à 106. 
1903. 



— B 57 — 

» En 1796, M, Castiau, originaire du pays de Liége^ fit sonder 
)> près de Meulers (M, dans le but d'atteindre des couches de 
)i bouille qu'il supposait y exister.... » 

M. M. Lohest remet, de la part de M. G. De'walque, le manuscrit 
d'une Carie tectonique de la Belgique et des provinces voisines, 
à récbelle dn 5oo 000®; le Conseil ayant émis un avis favorable sur 
l'opportunité de la publication de cette carte par la Société géologi- 
que, cette publication est ordonnée, conformément à la manière de 
voir exprimée par MM. les rapporteurs J. Smeysters, Ad. Firket 
et J. Libert et des remerciements sont votés à l'auteur. 

Le secrétaire général est autorisé à faire imprimer, sans retard, 
le mémoire présenté par M. Femand Elraentzel à la séance de 
décembre, si le rapport du troisième commissaire est favorable à 
l'impression, comme ceux des deux premiers rapporteurs. 

M. H. Forir présente une analyse du remarquable travail de 
M. le prof. Euo. Dubois. On an équivalent of the Cromer Forest- 
bed in the Netherlands. La publication de cet article dans la 
Bibliographie est ordonnée. 

M. G. Velge fait la communication suivante : 

Le Forest-bed et les Lignites du Rhin dans la Campine, 

PAR 
p. yELGE. 

M. G. Velge, à la suite de la communication de M. Forir, fait 
remarquer qu'à son avis, la découverte de mammifères fossiles 
à Tegelen-lez-Venlo, est un argument décisif en faveur de la 
thèse qu'il a le premier soulevée en 1896 et en 1898, au sujet de 
1 âge tertiaire et pliocène de l'argile de Merxplas et des sables de 
Moll. 

La démonstration ne consiste pas tant en ce que l'argile de 
Tegelen appartient stratigraphiquement à l'horizon de Merxplas, 
ni en ce que la faune de Tegelen est identique à celle du Forest- 
bed de Cromer, lequel serait tertiaire lui-même, car ainsi, la 
solution dépendrait de la justification rigoureuse de l'identité des 

0) Meulers est entre Dieppe et Neuchàtel. 



- b58 - 

argiles de Merxplas et de Tegeleii et aussi de celle de Tàge ter- 
tiaire ou quaternaire du dépôt de Cromor, question que certains 
géologues anglais persistent à considérer comme douteuse. 

Non, la démonstration de l'âge tertiaire a été faite en 1896 et 
surtout en 1898, dans une note Sur le sable tertiaire de la pro- 
vince de Namiir et le sable de Moll, publiée par la Société 
géologique. 

Aucun des arguments fournis à cette occasion n'a été réfuté par 
personne jusqu'ici. La seule objection qu'on leur ait faite était la 
présence, dans l'argile de Merxplas, d'ossements appartenant 
prétendument au renne et au bison, c'est-à-dire quaternaires ou 
modernes. 

Or, la découverte de Tegelen a donné aux possesseurs de ces 
ossements de Merxplas et de R3 ckevorsel , l'heureuse idée de 
faire reviser la détermination scientifique de ces intéressants 
documents et le résultat en fut, que les ossements en question 
n'appartiennent ni au bison ni au renne. La paléontologie donc, 
qui était seule jusqu'ici à s'opposer à ce que l'argile de Merxplas 
fut considérée comme tertiaire, convient finalement de son 
erreur. 

Peu importe, dès lors, qu'il y ait une légère différence dans 
l'ensemble des faunules de Cromer et de Tegelen d'une part et de 
Merxplas-Ryckevorsol d'autre part, puisque l'identité de Tegelen 
et de Merxplas était déjà établie antéi'ieurement, malgré la 
paléontologie. 

Dans tous les cas, ijour les incrédules irréductibles, le problème 
sera singulièrement diminué, puisque la paléontologie reconnaît 
déjà l'identité de Tegelen et de Cromer et que, par conséquent, i)our 
identifier Merxplas à Cromer, il ne reste plus qu'à identifier 
^lerxplas à Tegelen, Or, par la stratigraphie, cela n'est pas bien 
difficile, alors qu'établir une différence sérieuse entre Merxplas et 
Cromer ou entre Merxplas et Tegelen paraît être un problème 
peu commode pour la paléontologie. 

Dans tous les cas, il résulte de l'absence du bison et du renne 
à Merxplas que le Mosécn qui n'était construit que sur cette 
hypothèse, disparaît définitivement de la nomenclature géologique 
et que les sables de Moll, comme l'argile de Merxplas, sont incon- 
testablement tertiaires et doivent prendre le nom de limburg'ien 
qui leur fut attribué dès 1898. 



— B 59 — 

Par suite de la différence énorme qui découle de l'attribution 
(l'un horizon géologique au sommet du Tertiaire, plutôt qu'à la base 
(lu Quaternaire, on peut prévoir qu'il en résultera une perturbation 
profonde dans la carte géologique de la Campine, à peu près pour 
tous les termes, depuis l'argile de Boom jusqu'au sommet du 
terrain tertiaire. 

M. Velge en donne un exemple pris dans le nord du Limbourg où 
la carte géologique récemment publiée, a figuré le terrain tertiaire 
replié en bassin ou cuvette, alors que le seul fait de devoir rap- 
porter les sables de Moll et l'argile de Merxplas à la série tertiaire, 
prouve à l'évidence qu'il n'existe, dans le Limbourg belge, que de 
longues plateures tertiaires, plongeant constamment vers le Nord, 
ce qui indique, en profondeur, de longues plateures houillères 
jusqu'à la frontière de Hollande. Au contaire, l'hypothèse du 
terrain tertiaire incurvé en bassin, était l'indice presque certain 
d'un synclinal dans le Houiller sur le territoire belge. 

Il rappelle encore qu'il a montré précédemment que l'argile 
réfractaire d'Andenne et les sables de verreries subordonnés à 
cette argile, sont des sables appartenant au sable de Moll et à 
l'argile de Merxplas, pliocènes et ne sont pas du tout d'âge 
oligocène ; que les lignites du Rhin dans lesquels la découverte de 
Tegelen fait pénétrer directement notre nouvelle assise limbur- 
gienne appartiennent, eux aussi, au Pliocène supérieur de par leur 
stratigraphie, leur faune et leur flore, malgré l'opinion contraire 
des géologues allemands. 

* 

M. H. Forir répond assez longuement à plusieurs points de 
cette communication. Il montre, notamment, que la démonstration 
du synchronisme des argiles du nord de la Campine et de Tegelen 
n'a pas été faite jusqu'à présent. 

En effet, au point de vue stratigraphique, on peut dire ([u'entre 
le gîte hollandais de Tegelen et le point du territoire belge le plus 
proche de cette localité où a été rencontrée Targile litigieuse, à 
Eyndhoven, il y a un intervalle de 43 kilomètres, occupés par de 
nombreuses failles ayant affecté jusqu'au cailloutis canipini(*n ; 
pour ce qui concerne le caractère paléontologique de ces argiles, 
il importe d'attendre que la détermination des ossements de 
Merxplas et de Ryckevorsel ait fait connaître si, oui ou non, ils 



— B 6o — 

appartiennent aux mêmes espèces que ceux découverts par 
M. Dubois aux environs de Venlo. 

Pour ce qui concerne l'attribution des argiles en question au 
sommet du Tertiaire ou à la base du Quateniaire, M. Forir n'y 
attache absolument aucune importance et il ne comprend même 
pas que Ton puisf^e en attacher. La limite des groupes tertiaire et 
quaternaire est, en effet, purement arbitraire; elle est l'œuvre des 
hommes et non celle de la Nature ; et encore, les savants sont-ils 
loin de s'être mis d'accord sur son emplacement. Si donc l'attri- 
bution de ces argiles à l'un ou à l'autre de ces groupes peut sembler 
avoir une grande importance, par les modifications qu'elle peut 
entraîner dans la figuration de la Carte géologique, elle n'en a 
aucune dans la réalité, car le fait que les argiles du nord de la 
Campine sont inférieures au cailloutis campinien suffit à établir 
qu'elles sont plus anciennes que ce dernier, et i^lus récentes que 
les sables dits moséens qu'elles surmontent. 

Ce serait à tort également que Ton reprocherait à M. Mourlon, 
l'auteur du levé de la Carte géologique de la Campine la disposition 
en bassin qu'il a attribuée aux assises tertiaires, dans la partie 
orientale de cette région. Ses déterminations de roches étaient 
exactes, contrairement à ce qu'on en a dit ailleurs, avec une 
certaine virulence, en se fondant sur une argumentation erronée. 
Mais notre savant collègue ne pouvait deviner, avant les recherches 
de houille effectuées en Campine, que la partie orientale de cette 
région est occupée par un réseau complexe de failles, ayant 
affecté jusqu'aux couches quaternaires, et il a été conduit, tout 
naturellement, à supposer une allure synclinale pour les terrains 
tertiaires, allure qui n'existe pas en réalité. 

M. Forir ne peut admettre non plus l'assimilation que fait son 
sympathique confrère, M. G. Velge, des sables de Moll et de 
l'argile de Merxplas aux argiles d'Andenne et aux sables qui leur 
sont subordonnés, pas plus qu'aux lignites du Rhin. Il montre 
que, au sondage de Dilsen, notamment, les sables de Moll, épais 
de II mètres, sont séparés des sables à lignite du Rhin, par 
2IO mètres de sable fin, micacé, glauconifère, gris verdàtre, 



— B 6l — 

appartenant au Boldérien et, peut-être, partiellement au Dies- 
tien ; au sondage de Lanklaer (n° 20), on retrouve une superpo- 
sition analogue ; les sables de Moll y ont une puissance de 
53 mètres ; ils surmontent 120 mètres de sables boldériena, qui 
reposent eux-mêmes sur 5o mètres de sables à lignite du Rhin. 
Des coupes fort semblables ont été observées dans plusieurs 
forages du Limbourg hollandais. Il en résulte donc clairement 
que, si le sable de Moll est indiscutablement post-Boldérien, les 
sables à lignite du Rhin sont, au contraire, anté-Boldériens ; ils 
ne peuvent donc, en aucune façon être assimilés l'un à l'autre. 

Pour ce qui concerne Targile i:)lastique d'Andenne, son âge 
oligocène a été clairement montré jjar la découverte d'une flore 
aquîtanienne qu'y a faite notre confrère M. M. Lohest, flore 
déterminée par M. A. Gilkinet ; il ne i:)eut donc être question, non 
plus, de son identification aux sables de Moll, postérieurs au 
Boldérien, donc post-miocènes. 

M. G. Lespineux fait la communication suivante, en montrant 
une collection remarquable de superbes échantillons de minéraux, 
notamment de whitérite, de barytine, de fluorine, etc. : 

Mine de whitérite de Settiingstone (Northumberland), 

PAR 
pEORGES J^ESPINEUX, 

Tandis que la barytine se rencontre fréquemment dans les gangues 
des filons, et en constitue même parfois le remplissage exclusif, 
le carbonate de baryum ou whitérite est relativement très rare, et 
n'est qu'exceptionnellement exploitable; aussi, est-ce avec le plus 
grand intérêt que nous avons visité, au cours d'une mission en 
Angleterre, la mine de Settiingstone, exclusivement exploitée pour 
whitérite. Cette mine, unique en Europe, assure à elle seule 
les cinq sixièmes de la production mondiale qui est de 6 000 tonnes 
annuellement. 

La constitution géologique de la région est très simple; c'est le 
Carbonifère, reposant directement, en discordance de stratifi- 
cation, sur le Silurien, qui affleure dans la région de la mine. 



— B 62 — 

Le Carbonifère, d'une puissance de 800 mètres, est composé, 
dans sa partie supérieure, d'une alternance de bancs minces de 
grès et de schiste, avec quelques couches de houille; les étages 
moyen et inférieur contiennent, en outre, de nombreux bancs de 
calcaire. 

Vers le milieu de ce faisceau de couches se trouve, interstratifié 
entre calcaire et schiste , un banc de basalte de puissance 
variable, mais atteignant 40 mètres à Settlingstone. Cette couche, 
qui, au point de vue génétique, a suscité de nombreuses discus- 
sions, est actuellement considérée comme intrusive. A son contact, 
les roches lui servant de toit et de mur, sont métamorphisées 
sur deux mètres d'épaisseur. 

Tous ces terrains ont conservé leur stratification horizontale, 
accusant seulement un faible pendage général vers TE., où le 
Houiller affleure pour former le bassin de Newcastle. En parti- 
culier, dans la région de la mine, par suite des dérangements dûs 
aux rejets des filons, les couches inclinent faiblement vers l'W. 

Description du système de fractures et de filons. 




Fie. 1 . — Echelle approximative de i : iO 000. 

Nous avons représenté schématiquement, dans lafigure ci-dessus, 
le système filonien très simple de Settlingstone. Il se compose de 
deux filons A et B, se croisant sous un angle faible, dirigés en 
moyenne N. 60** E. et recoupés normalement par trois filons 
croiseurs I, II, III. 

Les filons, de même que les croiseurs, sont des cassures nor- 
males; les premiers inclinent faiblement au Sud, et les seconds, 
tantôt à l'E., tantôt à l'W. 



- b63 - 

Un seul des filons croiseurs, outre le rejet vertical, accuse, au 
point de croisement, un rejet horizontal de quelque importance. 
Ce rejet est très curieux et assez commun dans les mines du 
Cumberland ; il n*affecte le filon que sur une certaine longueur au 
delà de laquelle, ce dernier reprend sa direction première (voir 
fig. I). 

Les filons constituent le système de cassures le plus ancien, le 
seul qui soit minéralisé. 

L'historique de la mine nous apprend qu'anciennement, les deux 
filons étaient exploités pour le plomb dans leur partie supérieure. 
Les difficultés de l'épuisement nécessitèrent l'abandon des travaux 
dans le filon B. 

Le filon A, actuellement exploité pour carbonate de baryum, 
occupe une fracture dont le rejet varie, de TE. à TW., de 2 à 25 
mètres. 

Un profil en travers nous montrerait que le filon est composé 
d'une succession de rubans de minerai, concei^trés au niveau des 
couches résistantes, calcaires, grès et basalte, dans la traversée 
desquelles la cassure est nette et franche, tandis que, dans les 
schistes, elle s'éparpille et se ramifie en de nombreuses veinules. 

C'est au niveau du basalte, et au-delà du croiseur III, que le 
filon est actuellement exploité. 




Fig. s. — Echelle approximalive de i HO 000. 
Coupe longitudinale suivant le filon A. 

Vers l'E., le rcmj)lissage était constitué par de la galène qui fut 
exploitée jusqu'au croiseur I. Passé celui-ci, le filon devient 
stérile jusqu'au croiseur III, à partir duquel on rencontra la 
whitérite. 

La délimitation du filon avec ses épontes, vu l'absence de sal- 
bandes, n'est pas bien marquée, le minerai ayant cristallisé sur 
les parois encaissantes avec lesquelles il fait corps. 



- B 64 - 

Le remplissage est compact et composé presque exclusivement 
de whitérite fibreuse et cristalline, qui englobe des fragments de la 
roche encaissante. Outre le carbonate de baryum, on rencontre 
assez souvent, dans les druses du filon, de la bai*ytine crétée ou 
cristallisée, recouvrant des concrétions de whitérite. 

Nous avons également recueilli, dans les géodes, avec dos 
cristaux de whitérite de plusieurs formes et de barytine, des cris- 
taux de calcite, de pyrite et de blende. Ces deux sulfures se 
rencontrent aussi, mais rarement, en mouches disséminées dans 
la masse du remplissage. 

Nous ne traiterons pas ici la question de la genèse des fractures 
et de leur remplissage. Cette étude très intéressante fera Tobjet 
d*un travail sur les gisements miniers du Cumberland. 

Tel qu'il est extrait, le minerai, constituant déjà un produit 
commercial, subit une préparation mécanique très simple. 

Par le scheidage, on forme deux classes de produits, qui sont 
appelés : 

I. Whitérite extra, cristalline et transparente. 

II. Whitérite pure. 

Les produits écartés par ce premier triage, sont concassés, puis 
lavés, et donnent encore quatre numéros de whitérite. 

La valeur commerciale moyenne des 6 qualités ainsi obtenues, 
est de 75 francs la tonne. 

Il existe également, dans le district d'Alston-Moor (Cumberland) 
plusieurs filons contenant de la whitérite, mais ils ne sont pas 
exploités. 

La séance est levée à 12 7^ heures. 



90 FÉVRIER 1900 



— b65 - 



Séance ordinaire du IQ février IQOB, 

M. M. LoHEST, vice-président, au fauteuil, 

La séance est ouverte à dix heures et demie. 

Le procès-verbal de la séance du i5 janvier igoS est approuvé, 
moyennant une modification à la page b 6i. 

M. le président proclame membres effectifs MM. 

Centmer (Paul), ingénieur, à Lambermont (Verviers), présenté 
par MM. J. Fraipont et M. Lohest. 

Delmeb (Alexandre), ingénieur au Corps des mines, 47 9 1*^^ 
Thier-de-la-Fontaine, à Liège, présenté par MM. P. Fourmarier 
et J. Libert. 

Oreindl (baron Léon), professeur à l'Ecole de guerre, 19, 
rue Tasson-Snel, à Bruxelles, présenté par MM. H. Forir et 
M. Lohest. 

Stevabt (Paul), ingénieur au Corps des mines, 97, boulevard 
Audent, à Charleroi, présenté par MM. V. Brien et H. Forir. 

Il annonce une présentation de membre effectif. 

Correspondance. — Le secrétaire général dépose, de la part de 
M. J. Cornet, un « Billet cacheté expédié à Monsieur le secrétaire 
» général de la Société géologique de Belgique le 21 janvier igo5» » 
L'assemblée en accepte le dépôt; le pli est contresigné, séance 
tenante, par le président et le secrétaire général, et confié à ce 
dernier. 

Une circulaire, accompagnée de la lettre d'envoi suivante, a été 
adressée à la Société par le bureau du Congrès international de 
géologie appliquée. 

Monsieur, 

Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance que, pour 
répondre au vœu maintes fois exprimé par nos collègues étran- 
gers, notamment lors du Congrès géologique de Vienne en 1908, 
nous avons organisé un Congrès de Géologie appliquée qui s'ou- 
vrira à Liège le 25 Juin 1905. Ce Congrès forme l'une des sections 



ANN. soc. OÉOL. DE BEIX}., T. XXXH. 



BUUL.., 5. 



- ij 66 - 

du Congrès international des Mines, de la Métallurgie, de la 
Mécanique et de la Géologie appliquées, dont vous trouverez ci- 
joint un extrait du règlement et un bulletin d^adhésion. 

' Nous espérons qu'à la suite de cette première réunion dont le 
succès est, dès à présent, assuré, les autres pays organiseront 
périodiquement des Congrès du même genre. 

Les applications de la Géologie ont pris une importance consi- 
dérable, ainsi que vous pouvez en juger par le programme des 
questions portées à Tordre du jour et par le titre des communica- 
tions dont vous trouverez ci-après rénumération et qui nous ont 
été annoncées jusqu'à ce jour. 

' Indépendamment de ces questions, le Congrès pourra aborder 
rétude de tout problème se rapportant à la Géologie appliquée. 

Un grand nombre de géologues éminents nous ont annoncé des 
communications et prendront la parole à nos réunions. Nous 
citerons, parmi les premiers adhérents : MM. ('h. Barrois de 
Lille, P. F. Chalon de Paris, De Launay de Paris, H. Bornage de 
Lyon, E. Dubois de Haarlem, J. Gosselot de Lille, H. Hofer de 
Leoben, K. Keilhaek de Berlin, F. Laur de Paris, H. Louis de 
Nowcastle, M. Lugeou de Lausanne, H. Potonié de Berlin, Scliulz- 
Briesen de Dusseldorf, F. Villain de Nancy, sans compter la 
plupart des géologues belges. 

^ Le Congrès coïncide avec l'Exposition de Liège, où la section 
de Géologie appliquée, dans la classe des sciences, présentera un 
grand intérêt et avec le Congrès du pétrole dont une section 
s^occupera spécialement de l'origine et de la recherche du pétrole. 

De nombreuses excursions relatives aux problèmes de Géologie 
appliquée en Belgique seront organisées, notamment à Spa, à 
Charleroi, à Esueux et en Hesbaye. 

Les notices relatives aux excursions et les mémoires seront, 
autant que possible, distribués aux congressistes, avant l'ouver- 
ture du Congrès. 

, Veuillez agréer, Mcmsieur, l'expression de nos sentiments 
distingués, 

PoUK LE Comité d'organisation : 

Le Secrétaire, Le Président, 

René d'Andrimont. Max. Lohbst. 

(Vuip pp. B 3() à 4^ 1^^ principaux articleë du règlement et le programme 
provisoire.) 



— B 67 — 

Le bureau du Congrès de chimie et de pharmacie, organisé à 
roecasion de TExposition universelle et internationale de Liège 
du 27 au 3o juillet igoS, a fait parvenir une circulaire contenant, 
notamment, un extrait du règlement et le programme provisoire. 
Cette circulaire sera communiquée aux membres qui la réclame- 
ront au secrétaire général. 

Ouvrages offerts, — Les publications réunies depuis la dernière 
séance sont déposées sur le bureau. Des remerciements sont votés 
aux donateurs. La liste des dons d'auteurs sera publiée dans 
le procès-verbal de la prochaine séance. 

Le seci'étaire général attire Tattention sur un don fait, par 
M. G. Dewalque, de vingt-trois brochures sur les cartes géolo- 
giques des pays étrangers et de trois autres sur les cartes 
géologiques en général. 

Rapports. — Il est donné lecture des rapports de MM. J. 
Cornet, Ad. Firket et P. Fourmarier sur le travail de M. Femand 
BLraentzel : Le bassin du Geer, Études de géographie physique, 
(Conformément à la décision prise à la dernière séance, le secré- 
taire général a fait imprimer le mémoire. Des félicitations sont 
adressées à Tauteur. 

Lecture est donnée des rapports de MM. A. Halleux, P. Ques- 
tienneet II. Forir sur deux mémoires de M. René d'Andrimont : 
U allure des nappes aquifères contenues dans des terrains per- 
méables en petit, baignés par la mer et Note préliminaire sur une 
nouoelle méthode pour étudier expérimentalement l'allure des 
nappes aquifères dans les terrains perméables en petit. Conformé- 
ment aux conclusions des rapporteurs, l'assemblée vote l'impression 
de ce ti-avail dans les Mémoires et adresse des félicitations à 
l'auteur. 

A la demande du secrétaire général, M. le président désigne 
MM. H. Forir, P. Fourmarier et R. d'Andrinnmt pour examiner 
un travail de M. G. Uhlenbroek : Carte géologique du SE. du 
Limbourg néerlandais, accompagné d'une importante notice 
explicative. 

M. le président se lève et prononce l'allocution suivante : 



— H 68 - 

En entrant en séance, nous avons tous été péniblement isurpiâs 
et émus en apprenant la mort de notre confrère Adolphe Firket. 
Membre fondateur de la Société, il fit, sans interruption, partie de 
son Conseil, depuis son origine, alternativement comme président, 
vice-président ou conseiller. 

Il manquait bien rarement à nos réunions, et vous connaissez 
ses nombreux et importants travaux, publiés dans nos Annales, 

Mais Firket fut, avant tout, pour nous, un homme de bon 
conseil. Dans les moments difficiles, c'est toujours à lui que nous 
nous adressions, et si notre Société n*a cessé de prospérer, c'est, 
en grande partie, à ses avis judicieux et conciliants que nous le 
devons. 

Je vous propose. Messieurs, de lever la séance en signe de 
deuil . 

La séance est levée à onze heures. 



— b69 - 



SéAnoe ordinaire du 10 mars lOOB. 

M. M. LoHEST, vice-président, au fauteuil, 

La séance est ouverte à dix heures et demie. 

Le procès- verbal de la séance du 19 février igoS est approuvé, 
moyennant une modification de forme et une suppression de note 
à la page B67. 

M. le président proclame membre effectif M. 
CoLLiN (Jules), ingénieur des mines, 28, rue Villain XIV, à 
Bruxelles, présenté par MM. V. Brien et P. Habets. 

Il annonce deux présentations de membres effectifs. 

Correspondance, — M. le président annonce, au nom de M. le 
professeur G. Dewalque, que le septante-cinquième meeting de 
l'Association britannique pour l'avancement des sciences aura 
lieu à Cape-Town (Afrique méridionale), à partir du i5 août igoS, 
sous la présidence de M. le professeur G.-H. Darwin. 

Ouvrages offerts. — Les ouvrages reçus depuis la séance du 
i5 janvier sont déposés sur le bureau. Des remerciements sont 
votés aux donateurs. 

Dons d'auteurs. 

J.-C. Branner, — The Pororôca, or bore of the Amazon. Science, 

november 28, i8S4' Boston, i885. 
Glaciation of the Wyoming and Laekawanna valleys. 
Amer, philos. Soc , 1886. 

— The training of a geologist. Indiana Acad, of Sciences, 

Indianapolis, 1889. 

— The cement-materials of south-west Arkansas. .4 nier. 

Instit. of inining Engineers, Chicago meeting, 1897. 

— Bacteria and the décomposition of rocks. Amer, 

Journal of Science, vo\, III, 1897. 

— The former extension of the appalachians across Missis- 

sipi, Louisiana and Texas. Ibid,, vol. IV, 1898. 



— B 70 — 

J.-C. Branner, — Auts as géologie agents iu tlie tropics. Journal 

ofGeologyy vol Vlll, ii*'2. Chicago, 1900. 

— The oil-bearing shales of the coast of Jirazil. Amer, 

Inst. of mining Engineers, Canadiau meeting, 1900. 

— The zinc- and lead-ore deposits of North-Arkansas. 

IbiiL, Mexican meeting, 1901. 

— Geology of the north-east coast of Brazil. Bull, of the 

Geol, Soc. of America^ vol. XIII, pp. 4^"9^' Roches- 
ter, 1902. 

— The palni trees of Brazil. Popular Science Monthly, 

mars 1902. 

— A topographie feature of the hangiug valleys of the 

Yosemite. Journal of Geology, vol. XI, n* 6. 
Chicago, 1903. 

— Is the peak of Fernando-de-Noronha a volcanic i)lug 

like that of Mont-Pelé? Amer. Journal of Science, 
vol. XVI, I90v3. 

— Note on the geology of the Hawaiian Islands. Ibid., 

vol. XVI, 1908. 

— A bibliography of the geology, mineralogy and paleon- 

tology of Brazil. Archioos do }fus. nacion. do Rich-de- 
Janeiro, vol. XII. Rio-de-Janeiro, 1908. 

./.-C Branner and C.-E. Gilman. — The stoue reef at the mouth 

of Rio-Grande-do-Norte, Brazil. American Geologist, 
vol. XXIV, 1899. 

J.-C\ Branner and J.-F. Newson, Syllabus of a course of 

lectures on économie geology, 2*^ édition, 1900. 

V, Brien. — Note sur un fait intéressant au point de vue de 

l'origine de la dolomie. Ann. Soc. géol. de Belg., 
t. XXXII, Bull. Liège, 1904-1905. 

H. Buttgenbach. — Les gisements de cuivre du Katanga. Jbid., 

t. XXXI, Mém. Liège, 1904* 

— Quelques mots sur les cheminées diamantifères de 

Kimberley. Ibid., t. XXXI, BulL Liège, 1908-1904. 

— Quelques observations sur les champs diamantifères de 

Kimberley. Ibid., t. XXXII, Mém. Liège, 1904. 
G. Dewalque. - Catalogue des météorites conservées dans les 

collections belges. Ibid., t. XXXII, Mém, Liège, 1905. 



K 71 — 

G. Dewalque. - Un précurseur oublié, inconnu aux chercheurs de 

houille dans le Limbourg. Ibid., t. XXXII, BulL 
Liège, 1904-1905. 

Alb. Gaudry. - Fossiles de Patagonie. Dentition de quelques 

mammifères. Mém, Soc. géoL de France^ t. XII, 
fasc. I. Paris, 1904. 

G.'K. Gilbert, - Plans for obtainiug subterranean températures. 

Year Book of the Carnegie Institution of Washing- 
ton^ n^ 3. Washington, igoS. 

Fd. Kraentzet. Le bassin du Geer. Etudes de géographie 

physique. Ann. Soc, géol. de tielg., t. XXXII, Mém, 
Liège, 1905. 

J. Lacomble et F. Schoofs, - Contribution à l'étude de quelques 

petites sources alimentant un aftluent du Geer dans 
le sud de la ])rovince de Limbourg. Ibid*^ t. XXXII, 
Mém, Liège, igoS. 

G, Lespineux, - Mine de withérite de Settlingstone (Morthum- 

berland). Ibid.^ t. XXXII, Bull. Liège, 1905. 

E, Maitirolo. - Schiarimenti sulla carta geo-lilologica délie 

Valli di Lanzo. Public, délia sezione di Torino del 
Club alpino italiano, Tunn, 1904. 

H. Potonié (A, Renier), - Une formation récente de boues orga- 
niques du type des cannel-coals. Ann, Soc, géol, de 
Belg., t. XXXII, Bull, Liège, 1904-1905. 

J, Smeysters. - Note sur les troncs d'arbres fossiles découverts 

dans les travaux souterrains du charbonnage de 
Monceau-Bayemont , à Marchienne-au-Pont. Ann. 
des mines de Belg., t. X. Bruxelles, igoS. 

G. Velge. - Le Forest-bed et les lignites du Rhin dans la 

Campine. Ann. Soc. géol. de Belg., t. XXXII, Bull. 
Liège, 1905. 

A. von Koenen. - Ueber Wirkungen des Gebirgsdruckes im 

Untergrunde in tiefen Salzbergwerken. Nachr. d. 
K. Gesells, der Wissenchaften zu Gôttingen. Math.- 
physik. Klasse, Ht. i, igoS. Gôttingen, igo5. 

Communications. — Le secrétaire général rend compte des 
expériences faites, par M. R. d'Andrimont, devant plusieurs 
membres, à l'issue de la séance de février, expéiiences ayant 



H 72 



pour objectif rctnde de la circulation de l'eau dans les terraiiifi 
avoisinant la Mer du Nord, sur notre littoral. 

Les rapporteurs ont été unanimes à déclarer que la relation de 
ces expériences, faite par l'autenr dans le Mémoire dont la publi- 
cation a été ordonnée à la dernière séance, est scrupuleusement 
exacte. 

Il rappelle ensuite que les auteurs s(mt instamment priés de 
fournir un manuscrit de leurs communications tel, qu'il ne doive 
pas subir de remaniement, après fidèle compositi(m. Les frais de 
remaniement sont portés en compte aux auteurs. 

Les figures à reproduire dans le texte doivent être dessinées à 
Tencre de Chine, sur papier blanc sans lignes ou sui* calque; il 
est recommandé de les faire un tiers ou un quart plus grandes 
qu'elles ne doivent être. 

Les dessins en noir^ destinés à former des planches hors texte, 
doivent être faits à la grandeur de la reproduction, à l'encre de 
Chine trèsnoire^ sur papier calque bien transparent, La confec- 
tion des planches se faisant par un procédé photographique, 
l'encre de Chine liquide du commerce ne suffit pas; elle donne 
des épreuves indécises, auxquelles manquent les fins détails. 

Il est bien entendu que tous les dessins, tant ceux qui doivent 
figurer dans le texte, que ceux qui constituent les planches, 
doivent être très soignés, car ils sont reproduits exactement par 
la photographie. 

L'assemblée charge le secrétaire général, qui accepte, de la 
rédaction d'une notice biographique sur notre regretté confrère 
Adolphe Firket; elle exprime le désir que la reproduction de la 
l)hotographie de ce dernier figure dans les Annales. 

M. le président donne lecture d'une Notice explicative^ par 
M. G. De'walque, de son Essai de carte tectonique de la Belf^ique 
et des provinces voisines. Sur la proposition des rapporteurs, 
MM. A. Habets, J. Libert et H. Forir, cette notice sera insérée 
dans les Mémoires. Des remerciements sont votés à l'auteur. 

Le secrétaire général donne lecture d'une Note bibliographique 
de M. A. Renier, relative à un travail de M. A. Hkim. La varia- 
tion du degré géothermique au tunnel du Simplon. L'insertion 
de ce travail dans la Bibliographie est ordonnée. • 



— B 7^ — 

Le secrétaire général donne connaissance de la communication 
suivante : 

Deuxième note 
sur les terrasses de la vallée de la Vesdre, 

PAK 

^. J^ENIER. 

J^ai signalé, il y a deux ans, Texistenee d'une terrasse de la 
Vesdre au nouveau quartier des Hautes- Mezelles, à Verviers (*). 
J'ai eu, depuis cette date, l'occasion d'étudier, à diverses reprises, 
des dépots analogues dans les environs immédiats de cette même 
\ille. Bien qu^vant l'espoir de soumettre sous peu à la Société 
une étude d'ensemble sur cette question, je crois intéressant de 
signaler, dès à présent, les principales conclusions de mes re- 
cherches. 

Les terrasses sont, tant en amont qu'en aval de la \âlle, bien 
développées sur l'une et l'autre rive. 

Il existe souvent deux niveaux de terrasses. Leur différence 
d'altitude est d'environ 3o à v35 m. aux Dardanelles et au cimetière 
communal de Verviers, les terrasses inférieures étant à 40- 45 m. 
au dessus du cours a<;tue] de la rivière. 

Les terrasses inférieures sont généralement bien conservées, 
(^elle des Dardanelles, entaillée par un chemin creux descendant 
vers les Prés-Javais, apparaît, dans les parois des talus, sons 
forme d'un caillontis assez dense, composé de quartzites divers, 
grès dév^oniens, quartz de filon, silex noirs et blonds; les quar- 
tzites et grès atteignent 25 centimètres de diamètre. Le ciment est 
argileux: le cailloutis repose sur des schistes altérés de couleur gris 
brunâtre ; son épaisseur atteint 3 à 4 mètres. L'état de conser- 
vation des terrasses supérieures est ordinairement assez précaire. 
On n'y trouve que des cailloux épars, surtout des quartzites cam- 
briens, des grès et psammites dévouiens, plus rareipent du cal- 
caire. Ces cailloux sont parfois englobés dans une épaisse couche 
de limon, ainsi que j'ai pu le constater à la bifurcation de la route 
de Verviers à Lambermont avec celle venant de Francomont. 

M .liiii. ^oc. gêol. de Belg.. X. XXX, pp. K 108-109, si juin i()o3. 



— B74 — 

La disparition des cailloutis résulte, d'ailleurs, souvent moins 
de rérosiou par les agents météoriques, que de l'utilisation des 
limons argileux pour la fabrication de briques, comme à la ter- 
rasse inférieure du cimetière, à la terrasse située derrière la 
prison, et peut être encore à celles de la rue de Bruxelles et du 
V^élodrome. 

Il en résulte une certaine oblitération des formes du terrain 
qui n'est cependant pas suffisante pour diminuer l'importance 
du rôle des terrasses dans le modelé de la vallée. C'est en me 
basant sur ces formes, que je suis parvenu à définir l'extension 
de chaque terrasse, dont le levé déjà délicat en raison des exploi- 
tations anciennes, est rendu très difficile par suite de la grande 
division de la propriété. 

Les surfaces ainsi délimitées sont un peu déclives vers la 
vallée. Certaines d'entre elles apparaissent cependant, sur le 
terrain, comme sensiblement horizontales. 

L'examen de l'ensemble des résultats consignés dans le tableau 
suivant, montre que la pent« générale se fait de l'Est vers l'Ouest, 
sens de l'écoulement actuel de la rivière. 

Altitude approximative des terrasses (*). 

liioe ffiturhe Hioe droite 

Cimetière 8U]>. 240111. — a5oui. 
iiif. ao5 111. — 21 5 m. 



Prison 220 m. - 280 m. 

rue de Binixelles 

(etc.) i85 111. - 200 m. 

Vélodrome 180m. if)om. 



235 m. 245 m. Dardanelles sup. 
210 m. inf. 

2o5 m. SI 5 ni. Haute» Mezellen. 



2o5m. — 212 m. Cokaïhaie. 

180 m. — 193 m. Route d'Ensival 

à Lauibermont. 



Je n'ai rencontré, jusqu'à présent, dans ces cailloutis, aucune 
roche qui ne soit connue dans le bassin hydrographique actuel 
de la V^esdre. 

Je dirai, en terminant, que j'ai constaté également Texistence 
(le terrasses dans les vallées des affluents, notamment dans celle 

{^) Dans le cas de formes peu nettes, j'indique Taltitude des limites 
d'extension. 



— B 7^ — 

de la Hoëgue en amont de Pépin ster. Là encore, il parait y en 
avoir à plusieurs niveaux. 

M. M. Lohest fait remarquer qu'il a également observé des 
terrasses dans les vallées deTOurthe et de TAmblève, notamment 
à Comblain-au-Pont et à Martinrive ; mais ces terrasses, rensei- 
gnées sur la Carte géologique au 40 ooo*^, ne semblent appartenir 
qu'à une seule période, et non à deux. 

M. Fd. Kraentzel attire l'attention sur le fait que les deux 
niveaux de terrasses de la Vesdre semblent correspondre, par 
leur différence d'altitude, à ceux de la Meuse, ce qui indiquerait 
deux périodes consécutives de creusement. 

Le secrétaire général donne lecture du travail suivant : 

Découverte û'Acrolepis Hopkiim 
dans le Houiller inférieur (Hl de Bois-Borsu. 

PAIt 

p. pE&TINEZ. 

J'ai l'honneur de présenter un reste assez remarquable de pois- 
son, que j'ai découvert, dans le courant de l'année dernière, dans 
an terris de l'ancienne exploitation, abandonnée depuis 1859, du 
Houiller inférieur (Hi) de Bois-Borsu. Ce terris, qu'on est 
occupé à transporter pour remettre en culture son emplacement, 
est sur le point de disparaître ; il est situé sur la limite des deux 
communes de Bois-Borsu et de Clavier, à environ 100 m. à TW. 
du lieu dit La Machine (Clavier). Comme la plupart des anciens 
terris qui existent encore dans la région, celui-ci renferme, outre 
des débris de schiste ampélitique, de gros rognons d'un calcaire 
impur, ayant beaucoup d'analogie avec ceux si connus de l'am- 
pélite alunifère de Chokier, quoique, cependant, beaucoup plus 
volumineux et moins riches en goniatites. C'est au centre de l'un 
des plus grands de ces rognons, que j'ai eu la bonne fortune de 
découvrir le poisson en question. 

Il y était accompagné de nombreuses petites moules, décrites et 
figurées par de Ryckholt (^) sous le nom de Mytilus ampœliiicola. 

(0 Mélanges pftléontologiques, 1"^ part., pi. Vlll, fig. 17, p. 143. 



— H 7^ — 

Deux écailles de ce poisBon ont d*abord été décrites et figurées 
en Angleterre par Me. Coy (*) sous le nom d^Acrolepis Hopkinsi ; 
elles auraient été découvertes, d*après cet auteur, dans le 
Calcaire carbonifère du Derby shire. Depuis lors, ou peut-être 
même déjà avant la découverte du spécimen anglais, plusieurs 
exemplaires de ce poisson ont été trouvés dans Tampélite aluni- 
fère de Chokier. L'un d'entre eux, découvert par M. Wigny^, a été 
figuré, mais non dénommé, par De Koninck (^) ; un autre exem- 
plaire, trouvé par A. Dnmont, avait été communiqué par lui à 
Agassiz (*). Dans ces derniers temps, différents chercheurs ont re- 
trouvé, toujours dans les anciens terris de Tampélite alunifère de 
Chokier, plusieurs beaux spécimens à'Acrolepis Hopkinsi, pos- 
sédant des séries d'écaillés agencées. Ils se trouvent dans des 
collections particulières, entre autres dans celles de MM. G. 
Dewalque, M. Lohest, H. Forir, P. Destinez, etc. 

Laboratoire de géologie de l'Université de Liége^ 

le ig février igo5. 

Conformément aux conclusions de MM. J. Fraipont, M. Lohest, 
et H. Forir, rassemblée ordonne Tinsertion aux Mémoires d'un 
autre travail de M. P. Destinez : Complément de la faune des 
psammites du Condroz (Famennien) et vote des remerciements 
à l'auteur. 

Le secrétaire général donne lecture de la note suivante : 

Le Forest-bed et les Lignites du Rhin en Campine. 
Réplique aux objections de M. H. Forir, 

p. yELGE. 

Lennick-St. "Quentin, i8 février igoS. 
Mon cher secrétaire général, 
Je vous prie de vouloir insérer au procès-verbal de la séance de 
dimanche prochain 19 février, ces quelques mots en réponse à 
votre note au sujet du Forest-bed et des Lignites du Rhin dans 
la Oampine belge. 

(*j HritiHh iialu'oxoio Rocks jind Fossils, pi. 3 C\ fig. 10. 
{*) Description des animaux fossiles qui se trouvent dans le terrain 
carbonifère de Belgique, pi. XLV, fig. 5* et 5^ , p. G48, i84a. 



- lî 77 - 

Comme vous, je voudrais voir établir une identité absolue entre 
la faune dn gisement de Tegelen et celle de Merxplas-Ryckevor- 
sel. Cela dépendra, évidemment, du hasard et de la ténacité des 
chercheurs ; mais cette identité absolue des espèces est moins 
intéressante à connaître que la constatation faite à Merxj^las- 
Ryckevorseî au sujet de Vhge pré-quaternaire des espèces trouvées 
à ce jour. 11 résulte, en effet, de cette dernière observation, qu'il ne 
peut y avoir, dans la Campine, un horizon quaternaire, dit moséen, 
lequel serait plus ancien que Thorizon des cailloux l'onlés à faune 
du mammouth et du renne et qu'il n'existe plus le moindre doute 
au sujet de la base du Quaternaire, pas plus en Belgique que dans 
les pays voisins. 

Au point de vue de la géologie de la Hollande, c'est le renverse- 
ment complet de toutes les idées reçues. Au lieu de devoir consi- 
dérer, à Amsterdam par exemple, le terrain quaternaire comme 
ayant une puissance de plusieurs centaines de mètres, on recon- 
naîtra, désormais, que le Quaternaire des Pays-Bas n'est pas plus 
puissant que le Quaternaire belge et que toutes les formations 
inférieures à l'horizon du mammouth sont tertiaires. 

Dans les îles qui séparent le Zuiderzée de la Mer du Nord on 
trouve la formation à ossements de mammouth à la surface du sol. 

Quant à l'assimilation que je propose entre les argiles réfrac- 
taires et le sable à lignites d'Andenne d'une part, avec les sables 
de Moll et argiles de Merxplas d'autre part, j'espère que nous ne 
tarderons pas à en tomber d'accord. 

Si la flore d'Andenne et celle des Lignites du Rhin sont iden- 
tiques, ce que personne ne conteste, il faut bien remarquer, 
cependant, que l'âge de cette flore, dite aquitanienne, bien que 
généralement admis comme oligocène, est encore loin d'être 
exactement fixé au point de vue de l'échelon stratigraphique 
qu'elle occupe dans la série générale des terrains tertiaires. 

Rien de plus hypothétique, jusqu'ici, que la hauteur stratigra- 
phique des Lignites du Rhin et, par conséquent, de la faune dite 
aquitanienne, caractérisant cet horizon géologique. 

D'autre part, la flore limburgienne a été ti*op peu étudiée à ce 
jour, pour que l'on puisse la comparer à la flore aquitanienne et 
être fixé sur les ressemblances et les dissemblances. 

J'ai essayé, précédemment, de résoudre le problème par des 
considérations stratigraphiques, en signalant, à la frontière de la 



— Il 78 — 

Prusse rhénane et du Limbourg hollandais, des gisements étendus 
de Lignites du Rhin incontestés, y surmontant, non seulement les 
sables boldériens de rOligocène, comme c'est le cas à Gerresheim 
et à Vohwinkel, nve droite du Rhin, mais même le Miocène 
fossilifère, sans que jamais on ait observé, sur les Lignites du 
Rhin, autre chose que les formati<ms les plus récentes. La carte 
géologique allemande figure du reste les Lignites du Rhin dans 
les environs les plus immédiats de Tégelen. 

Au nord d'Aix-la-ChapelJe, il s'est passé, il y a quelques années, 
dans les Lignites du Rhin, un fait fort analogue à ce que Ton vient 
de constater à Merxplas. On y a trouvé, en effet, le membre anté- 
rieur d'un rhinocéros dont les géologues ont négligé de tenir 
compte, parcequ'il avait été déterminé comme Rhinocéros ticho- 
riniis^ espèce quaternaire, ce qui était en opposition avec Tâge 
oligocène qu'il était convenu d'accorder aux Lignites du Rhin. 
A Merxplas, par contre, on avait attribué les bois de cervidés à 
des espèces quaternaires, parce que l'on croyait, à cette époque, que 
l'argile de ce gisement était d'âge quaternaire. On vient de voir 
qu'on s'était trompé à Merxplas. N'en serait-il pas de même à 
Nivelstein et le rhinocéros de ce dernier gisement ne serait-il pas 
Rhinocéros etruscus, comme à Tegelen ? Le doute est permis, 
étant donné qu'il s'agit de déterminer l'espèce sans autre docu- 
ment qu'un membre antérieur. 

Quant à l'argument tiré du sondage profond de Lanklaer (n**ao), 
je crois que cette coupe est plus concluante en faveur de ma thèse 
qu'en faveur de la thèse contraire. 

Vous savez mieux que moi que la récolte des échantillons 
tertiaires a été fort peu soignée par les sondeurs, dans les grands 
forages de la Campine, en général, et qu'il y est souvent difficile 
d'arriver à des déterminations précises. 

C'est ainsi que le sondage de Lanklaer (n" 20), dont l'orifice est 
à la cote 4^, aurait rencontré de 14 m. de profondeur jusque 67 m., 
une épaisseur de 53 mètres de Moséen, aujourd'hui Limburgien, 
puis 120 mètres de sable boldérien, puis 5o mètres de Lignites du 
Rhin, renseignés comme « sans équivalent en Belgique ». 

Les Annales des mines ne s'expliquent pas sur les raisons qui 
ont conduit à cette dernière détermination. Au contraire, leur 
description ne correspond à aucun des caractères habituels des 
Lignites du Rhin véritables. 



- B 79 — 

Le texte, eu effet, qualifie les 5o mètres inférieurs d'argileux et 
de non lignitifères. Les lo mètres de la base sont même glauco- 
nifères. Les vrais lâguites du Rhin sont, au contraire, très purs, 
non glauconifères et saturés de Braunkohle^ au point de donner 
fréquemment lieu à des exploitations de charbon. D'autre part, les 
sables supérieurs de Lanklaer, sur toute leur hauteur de 53 mètres, 
renferment du lignite, sont purs et non glauconifères. 

Il y aurait donc lieu de démontrer pourquoi les sables limbur- 
giens de Lanklaer, qui possèdent tous les caractères physiques de 
la formation allemande, ne pourraient pas beaucoup mieux être 
assimilés à ceux-ci que les sables inférieurs, lesquels n'y res- 
semblent en rien. 

Il y a aussi quelque chose de bien anormal dans cette épaisseur 
absolument inusitée de 120 mètres de sable boldérien, qui figure 
dans la coupe de Lanklaer. 

Recevez, mon cher secrétaire général, l'expression de mes sen- 
timents très distingués. 

G. Vklgk. 

M. H. Forir ne répondra que quelques mots à la communication 
précédente de son sympathique confrère, M. G. Velge. 

Tout d'abord, les bois de cervidés de l'ouest de Turnhout, 
conservés au Musée du parc du Cinquantenaire, à Bruxelles, 
auraient été déterminés par M. Eug. Dubois comme Ceruiis Fal- 
coneri, Dawk., espèce du Crag de Norwich anglais, d'après une 
communicati<m récente de M. (). van Ertborn à la Société belge de 
géologie. 

Or, le Crag de Norwich est antérieur au Forest-bed de Cromer, 
auquel appartiennent les espèces de Tegelen, et son âge tertiaire 
n'est pas plus démontré que celui de ce dernier. 

D'après une communication déjà ancienne, les bois de cervidés 
de Turnhout, silicifiés, ont été incisés à Vétat frais par la main de 
rhomnie. 

S'il en est bien ainsi, leur détermination est un argument très 
sérieux en faveur de l'attribution, non seulement des argiles de la 
Campine et de Tegelen, mais aussi du Crag de Norwich et du 
Forest-bed de Cromer au CJuaternaire. 

En effet, le Quaternaire, par définition même, est caractérisé 
par l'apparition de l'homme, au point de vue paléontologique, par 



rétat continental de la plus grande partie de l'Europe, au point de 
vue stratigraphique. 

Les géologues sont loin de s'être mis d'accord sur le synchro- 
nisme des dépots se trouvant à la limite du Tertiaire et du Quater- 
naire en Europe, certains d'entre eux rangeant tel dépôt dans le 
premier de ces groupes, d'autres plaçant une formation équivalente 
dans le second. 

Pour ce qui concerne l'argile deTegelen, bien connue aujourd'hui 
par le remarquable travail de M. Dubois, il est à remarquer que, 
seules, les huit espèces suivantes, dont six appartiennent aux maïu- 
mifèi'cs et deux aux végétaux, sont actuellement éteintes. 

Trogontherium Cuvieri^ Owen 
Cerviis Sedgwicki, Falc. 

— teguliensis, Dubois 

— (Axis) rhenanus^ Dubois 
Equus Stenonis, Cocchi 
Rhinocéros etruscus^ Falc. 
Juglans iephrodes, Ung. 
Straiiotes Websteri, Pot. 

En revanche, onze espèces déterminées spécifiquement, parmi 
lesquelles se trouvent un mammifère, une tortue, des grenouilles, 
des mollusques et tous les végétaux sauf deux, vivent encore 
actuellement; toutes ces espèces sont, sans conteste, continentales. 

S'il existe donc des arguments en faveur de l'attribution de cette 
argile au Quaternaire, ceux en faveur de son âge tertiaire scmt, en 
réalité, bien faibles. 

Mais, encore une fois, je n'attache qu'une bien mince importance 
à ces questions de classification, qui sont l'œuvre de l'homme, non 
celle de la Nature. 

Mais il n'en est pas de même de l'assimilation, défendue avec 
une belle énergie par notre sympathique confrère, des argiles 
réfractaires, des sables d'Andenne et des Sables à lignite du Rhin, 
d'une part, avec les sables de Moll et les argiles de Merxplas, 
d'autre part. 

Il nous dit que, « à la frontière de la Prusse rhénane et du Lim- 
)) bourg hollandais, des gisements étendus de Lignites du Rhin 
» incontestés surmontent, non seulement les sables boldériens, 
I- AVHii. 1905. 



» mais même le Miocène fossilifère ». J'estime qu'ici, il est vic- 
time d'une erreur très accréditée et facilement compréhensible. 

Ainsi que je Tai montré récemment, dans plusieurs sondages du 
Limbourg hollandais, de même que dans ceux de Dilsen et de 
Lanklaer (n'^ 20) en Campine, on a trouvé les Sables à épaisses 
couches de lignite du Rhin, surmontés de Boldérien, lequel est, 
lui-même, recouvert de sables à minces couches de lignite qui ne 
sont que le prolongement des Sables de Moll de la Campine. Or, 
en certains endroits, ces derniers sables dits « moséens » sont mis 
en contact immédiat, par des failles, avec les vrais Sables à lignite 
du Rhin, surmontés, plus au Nord-Ouest, de Boldérien fossilifère, 
incontestable, et la ressemblance de ces deux sortes de sables est 
telle, que les géologues les plus exercés passent de Tun à l'autre 
sans s'en apercevoir, ce qui a amené, dans le levé des cartes géo- 
logiques du Limbourg hollandais et de la Prusse occidentale, des 
interprétations réellement étourdissantes. 

Les géologues allemands ont été amenés, cependant, à distinguer 
d<»s Lignites du Rhin supérieurs (*), miocènes ou pliocènes (^) et 
des Lignites du Rhin inférieurs ou oligocènes. 

L'âge de ces derniers, qui sont ceux exploités en grand sur le 
Rhin^ est incontestable; on y a trouvé une importante faune ton- 
grienne et rupélienne, détaillée, notamment, par H. von Dechen (3), 
Ad. Gurlt (^), etc., et ils présentent des niveaux interstratifiés 
d'argile, de sable argileux et de sable glauconifère, souvent fossi- 
lifères; ces derniers sont tout à fait analogues aux sables de la 
base des « Sables à lignite du Rhin » du sondage de Lanklaer. 

Quant à l'épaisseur de 120 mètres de Boldérien de ce dernier 
forage, elle n'a rien d'anormal ; plusieurs recherches de la Campine 
en ont fait reconnaître une puissance plus considérable encore; il 
ne f.iot pas oublier, eu effet, que cet étage, comme la plupart des 

(') Ceux-ci paraissent n'être autre chose (jue les Sables de Moll, d'àf^e 
iiulé terminé, j>robabIenient i>liocènes et quaternaires. 

f') KiNKKMS. AbhantU. zur gvoL Specinlknrie o. Preuxsen^ IX, 1892. 

(^) II. vos Dechen. Erliluterunpren zur j;eoloj3:ischen Karte der Rliein- 
{»n>viuz und der Provinz Westfalen, sowie einiger angrenzendeu Gegenden, 
II. Bd. Bonn, \, Henry, 1884. 

{*'} Al). (ifULT. Uebersicht ueber das Tertiar-Becken des Nieder-Rheines. 
Bonn, 1872, 1 carte. 

AXN. soc. GfeOL. DE BEiXi., T. XXXII. BULL., G. 



— 3 02 — 

dépôts crétacés et tertiaires, s'épaissit notablement vers le Nord, 
et il ne faut pas perdre de vue non plus, que la partie supérieure 
des sables que j'ai rapportés à ce niveau, et qui ne m'ont pas 
fourni de fossiles, pourrait bien être pliocène, diestienne, comme 
cela s'est présenté au sondage de Louwel; cependant, il est à 
remarquer que les sables diestiens de ce dernier forage sont plus 
argileux, moins fins et plus glauconifères que les sables boldériens 
sous-jacents, qui ressemblent étonnamment à ceux de Lanklaer 
prémentionnés. 

De tout ceci, l'on peut conclure que les sables de Moll et les 
argiles de Merxplas, vraisemblablement quaternaires etpliocènes, 
ne peuvent, en aucune façon, être synchronisés avec les argiles 
réfractaires et les sables d'Andenne, pas plus qu'avec les Sables 
inférieurs à lignite du Rhin, incontestablement oligocènes. 

M. V. Brien fait une communication très intéressante : Descrip- 
tion et interprétation de la coupe de Calcaire carbonifère de la 
Sambre , à Landelies , dont la publication dans les Mémoires 
est ordonnée, conformément aux conclusions des rapports de 
MM. M. Lohest, A. Habets et P. Fourmarier. Des félicitations 
et des remerciements sont votés à l'auteur. 

M. M. Lohest estime que le pli couché que vient de décrire très 
clairement M. Brien peut servir à expliquer la formation d'une 
des failles inverses de la région, soit celle de Lemes, soit celle 
du Carabinier, soit un autre accident. Elle confirme la manière 
de voir émise par M. Marcel Bertrand pour le bassin houiller du 
nord de la France, manière de voir analogue à celle qu'Arnould 
avait fait connaître antérieurement, sans figure malheureusement, 
pour expliquer l'accident de Boussu (*) : 

(( Une forte poussée venant du Sud-Ouest s'est produite après 
» le renversement des couches dévoniennes sur le carbonifère, 
)) elle a opéré au-delà de notre frontière un plissement de la forme 
» d'un S retourné. Les roches se trouvaient dès lors disposées en 
» bassin dans une position renversée. 

» La poussée continuant à s'exercer énergiquement, une fracture 
)) s'est produite vers le bas de l'S, tandis qu'une autre fracture, 

(') Gustave Arnould. Bassin houiller du couchant de Mons. Mémoire 
historique et descriptif . Mous, Manceaux, 1877, in-4°, p. 177. 



— BÔ3 — 

)i coïncidant peut-être avec la faille d'Anzin, se produisait au 
M Nord dans le terrain houiller. 

» La poussée résultant d'une force souterraine agissant à distance 
» s'est faite obliquement en montant, et la masse comx^rise entre 
» les deux fractures s'est avancée sur ce i^lan incliné, absolument 
» comme les roches dévoniennes sur la faille du Midi, en refoulant 
» le terrain houiller devant elle. 

)) Finalement, la dénudation n'a laissé de ce phénomène que ce 
» que l'on en observe aujourd'hui. » 

La structure compliquée dos Alpes a été expliquée par M. Lu- 
geon (^), en faisant intervenir de ces grands plis couchés ou en 
S retourné, suivant l'expression d'Arnould. 

Selon M. Lohest, l'étirement du flanc moyen du pli couché de 
Landelies se serait produit sous la coupe de Calcaire carbonifère 
de la tranchée du chemin de fer, ce qui expliquerait qu'on ne le 
voit pas. 

M. V. Brien n'est nullement adversaire des théories d'Arnould 
et de Marcel Bertrand, mais il croit qu'il est difficile de les 
appliquer complètement au cas de Landelies. Sans doute, l'exis- 
tence du pli couché, démontrée par la coupe, semble plaider en 
faveur de ces théories. Mais il faut observer que le pli en question 
n'a pas un développement bien considérable ; d'autre part, les 
faits démontrent qu'il n'y a pas, comme le voudrait la théorie, 
étirement du flanc inférieur du synclinal et qu'aucune faille ne 
passe, dans la coupe, suivant ce flanc. 

En un mot, le pli couché de Landelies ne serait, en quelque 
sorte, que le prélude des grandes failles de refoulement de la 
région, mais il n'aurait pas directement contribué à leur formation. 

M. René d'Andrimont fait une communication sur Quelques 
observations sur le levé géologique de la région traversée par la 
faille eifélienne entre Chokier et Flémalle. L'insertion de ce 
travail dans les Mémoires est ordonnée, conformément aux 
conclusions des rapporteurs, MM. H. Forir, P. Fourmarier et 
A. Habets. 

(') Voir, notamment : M. Lugeon. Les nappes de recouvrement de la 
Tatra et l'origine des Klippes des Carpathes. BuU. des labor. de géol., géogr. 
phyB.<t min. et pal. de l'Université de Lausanne, n° 4* Lausanne, Corbraz et C'% 
juin 1903. 



-- b84 — 

Enfin, lecture est donnée, par M. le président, d'une communi- 
cation de M. Ad. Lecrenier, Sur une cause de variation de 
rinclinaison de Vaxe terrestre sur le plan de Vécliptique. 
MM. M. Lohest, H. Forir et P. Fourmarier, désignés comme 
rapporteurs, concluent à Tinsertion de cette notice dans les 
Mémoires, étant donné l'intérêt que présentent les expériences 
décrites par l'auteur, et dont les témoins ont été montrés à la 
séance. Mais ils font des réserves sur certaines idées émises au 
cours de ce travail. L*assemblée se rallie aux conclusions des 
commissaires et vote des remerciements à l'auteur. 

La séance est levée à treize heures. 



- b85 - 



Séance ordinaire du 10 avril l&OS, 

M. P. QuESTiENNE, vice-présideiït, au fauteuil. 

La séance est ouverte à dix heures et demie. 

Le procès-verbal de la séance du 19 mars 1905 est approuvé, 
moyennant la rectification d'une erreur de citation à la page b 81, 
demandée par M. H. Forir. 

M. le président proclame membres effectifs M. 

Breybe (Adolphe), ingénieur au Corps des mines, 22, boulevard 
d*Oma]ius, à Namur, présenté par MM. V. Brien et H. Forir et T 

Ecole de guerre, à Bruxelles, présentée par MM. L. Greindl et 
H. Forir. 

Correspondance. — MM. J. Smeysters , P. Fourmarier , 
A. Habets et M. Lohest s'excusent de ne pouvoir assister à la 
séance. 

M. le Commissaire général du Gouvernement belge à rExx)o- 
sition de Saint- Louis de 1904 fait connaître que la Société géolo- 
gique a obtenu le diplôme de médaille d'or en collectivité, dans le 
groupe 8 de cette exposition. Remerciements. 

Le Secrétaire général du Comité d'organisation du Congrès 
international des Mines, de la Métallurgie, de la Mécanique et de 
la Géologie appliquées qui se tiendra à Liège en 1905 fait connaître 
que, en témoignage de reconnaissance pour le concours que notre 
Société a prêté à ce Congrès, une carte d'adhérent sera mise à la 
disposition de la personne qui lui sera désignée. 

L'assemblée désigne le président de la Société, M. J. Smeysters, 
pour la représenter et adresse des remerciements au Comité 
d'organ i sation . 

M. le président annonce le décès de notre confrère Victor Stkin- 
BACH et fait l'éloge du défunt. Condoléances, 

Le secrétaire général annonce que la Société scientifique de 
Bruxelles se réunira en assemblée générale les 2, 3 et 4 mai à 



— b86 — 

à 14 V2 heures à l'hôtel Ravenstein, 11, rue Ravenstein, à 
Bruxelles. M. de Lapparent fera, le 2 mai, une conférence sur Les 
nouveaux aspects du uolcanisme. 

Ouvrages offerts. — Les publications reçues depuis la dernière 
réunion sont déposées sur le bureau. Des remerciements sont 
votés aux donateurs. 

Le secrétaire général donne lecture de la note suivante : 

Les Lignites du Rhin dans les sondages houillère 

de la Campine, 

PAR 
p. yELGE. 

Je crois devoir répondre encore quelques mots aux objections 
faites, à la dernière séance, à ma communication concernant 
Vage et l'identité de l'argile de Merxplas et des sables de Moll. 

Ces objections peuvent se résumer ainsi : « Si l'argile de 
» Merxplas est admise dans le terrain tertiaire, nous serons 
» peut être en désaccord avec certains géologues anglais qui 
» hésitaient encore à ranger le forest-bed de Cromer dans le 
» terrain tertiaire plutôt que dans le Quaternaire. 

» D'autre part les géologues allemands habitués à confondre 
» dans une seule et même assise géologique les Lignites du 
» Rhin à faune et flore continentales et les sables marins à 
» faune rupélienne et tongrienne, situés à un niveau inférieur 
» aux Lignites, seront conduits à modifier leur manière de voir. 

» Et, en Belgique même, que deviendra la définition du Quater- 
» naire (que certains auteurs supposent avoir pris naissance au 
» moment irréels de la première apparition de l'homme) , s'il se 
» confirmait que les ossements de Merxplas portaient in situ 
» des incisions dues à l'homme, circonstance qui ferait remonter 
)) l'existence de celui-ci à la fin de la période tertiaire? » 

Ces objections sont intéressantes mais non péremptoires. 

En effet, la présence de Cervus Falconeri dans l'argile de 
Merxplas prouve que celle-ci est antérieure à l'époque du mam- 
mouth et du renne quaternaires, 



— b87 — 

De plus, l'identification des assises de Merxplas et de Moll 
avec les Lignites du Rhin incontestablement tertiaires, dont je 
fournis une nouvelle preuve plus loin, montre que Merxplas 
et Moll sont tertiaires eux mêmes. 

L'identité de l'argile de Tegelen et des Lignites du Rhin 
d'une part, de l'argile de Tegelen et du forest-bed de Cromer 
d'autre part, prouve que Cromer lui-même est tertiaine. 

Comme Merxplas et Cromer tertiaires, se trouvent au sommet 
du Pliocène, il devient incontestable que les Lignites du Rhin 
eux-mêmes sont pliocènes et non oligocènes. 

On m'objecte pourtant que l'âge oligocène des Lignites du 
Rhin se trouve démontré en fait par quatre sondages houillers 
récemment exécutés dans le Limbourg belge à Dilsen, à Lan- 
klaer et au pont de Mechelen (n*»^ 20, 46, 5o et 62 des Annales des 
mines de 1 902-1903). 

Les coupes de ces sondages, si elles étaient exactes, laisse- 
raient croire, en effet, que les deux formations Merxplas-Moll 
et Lignites du Rhin se rencontrent, à Lanklaer, en superposition 
directe et séparées par une grande épaisseur de sable et d'argile 
oligocènes. 

Mais quelle est la valeur scientifique de ces coupes, au point 
de vue tertiaire? 

Faut-il rappeler que les sondages profonds du Limbourg ont 
été exécutés spécialement pour la recherche du terrain houiller, 
et nullement en vue de l'étude du terrain tertiaire; que la 
plupart des Bohrmeislers, sinon tous, n'avaient ni les connais- 
sances, ni la manière d'opérer, ni surtout la curiosité qu'il eut 
fallu pour reconnaître les morts-terrains traversés par la sonde 
et récolter convenablement et méthodiquement des échantillons 
du terrain tertiaire. 

Je loue sans réserve les géologues, et notre honorable secré- 
taire général en particulier, qui ont eu le courage de sauver 
quelques bribes scientifiques de ces forages qui furent admi- 
rables au point de vue de la technique du mineur, qui, avec 
quelques précautions, auraient pu l'être également au point de 
vue de nos connaissances géologiques, mais qui, on réalité, n'ont 
pas répondu à nos légitimes espérances. 

L'étude des coupes des 63 sondages publiées par les Annales 
des mines et dressées parfois sans l'aide d'un seul échantillon, 



- b88 - 

sur les renseignements vagues puisés dans la mémoire d*un 
ouvrier, souvent sans une seule note enregistrée sur le vif, 
par un homme comi)étent, montre à Tévidence qu'il est impru- 
dent d'y attacher, à de très rares exceptions près, rimportance 
d'un document. 

Loin de résoudre le problème des morts terrains, ils ont 
plutôt multiplié les énigmes et l'étude attentive des affleurements 
en aurait appris bien davantage. 

Dans tous les cas, je vais démontrer que les sondages 20, 
46, 5o et 52 dont il est question ici, tombent bien dans cette 
catégorie. 

Pour donner une forme plus concrète à mes explications, 
je prie le lecteur de jeter un coup d'œil sur l'intéressante 
carte publiée par M. Forir dans la i^*^ livraison du volume XXX 
des Annales de la Société géologique. On y trouve représentée 
dans la moitié de droite et traduite en diagramme, la manière 
de voir que notre honorable secrétaire général développait à la 
dernière séance avec son habituel talent. 

Toute la partie septentricmale des provinces d'Anvers et du 
Limbourg y est teintée comme correspondant au sable de Moll 
et l'on voit celui-ci franchir la Meuse jusqu'à la frontière 
hollando-prussienne au delà de Sittard. 

D'autre i)art, dans l'angle sud-est de la carte, sont figurés, 
au pays d'Aix-la-Chapelle et d'Eschweiler, les Lignites du Khin, 
lesquels, se raccordant à l'Est à ceux de Honn, s'étendent à 
l'ouest jusqu'au delà de Heerlen. Sauf quelques détails de tracé 
je suis d'accord avec l'auteur, sur l'exactitude de la présence 
des vrais Lignites du Rhin aux environs d'Aix, au moins jusqu'à 
l'ouest de Heerlen et de celle du sable de Moll dans le Limbourg, 
au moins jusqu'à l'est de Sittard, mais le nœud du différend se 
tiouve à la jonction des deux formations, entre Heerlen et 
Sittard. 

Pour moi, ces deux dépôts de sable blanc lignitifère à aspect 
minéralogique identique, s'y soudent et s'y confondent en une 
nappe unique, tandis que, d'après la carte de M. Forir, les 
Lignites du Rhin y plongeraient sous le sable de Moll et même 
sous le Boldérien et le Iluj)élien, ce qui serait d'accord avec 
les coupes, supposées exactes, des sondages 20, 46, 5o, 52, situés 
non loin de là, à la rive gauche de la Meuse, 



- b89 - 

Mais ce tracé tout théorique, et étayé sur des failles problé- 
matiques, peut être contrôlé par des observations irréfutables 
faites à la surface. 

Le terrain tertiaire présente, en effet, dans le pays de Heerlen 
un nombre suffisant d'affleurements pour permettre de vérifier 
les superpositions réelles des différentes assises tertiaires. 

C'est ainsi que, tout autour de Heerlen, où le sable à lignite est 
très bien représenté et à découvert, on n'aperçoit jamais aucune 
autre formation tertiaire, reposant sur celle-là. Par contre, on 
y découvre parfaitement la série des assises sous-jacentes. 

Or, ce n'est pas sur le terrain crétacé, qu'y reposent les Sables 
à lignite, ainsi que le feraient croire les sondages de Lanklaer; 
au contraire, j'ai eu l'occasion plusieurs fois d'3'' observer, sous les 
Sables à lignite du Rhin, une assise de plusieurs mètres de 
Diesiien, reposant même sur le Doldérien et, par l'intermédiaire de 
celui-ci, sur l'argile rupélienne. 

On trouve donc, dans la région de Heerlen, sous le Sable à 
lignite du Ilhin, exactement la même série d'assises tertiaires 
que l'on trouve sous le sable de Moll à Elsloo-sur-Meuse et 
dans le Liinbourg belge, ce qui prouve bien que les sables 
â lignite des deux rives de la Meuse sont identiques et appar- 
tiennent à une seule et même nappe, plus récente que l'assise 
iliestienne sur laquelle elle repose. 

Donc, à l'ouest de Heerlen, les Lignites du Rhin passent aux 
.sal)les de Moll, latéralement et sans solution de continuité 
ni intervention de faille. 

Comiae personne ne conteste que les sables d'Andenne sont 
les Sables à lignite du Rhin et que je viens de montrer que 
ceux-ci s'identifient avec les sables de Moll, il en est bien de 
même pour les premiers. 

D'autre part, si les Lignites du Rhin, comme les sables de 
Moll sont liliocènes, il est impossible que les fossiles ruj)éliens et 
tongriens que l'on croit y avoir trouvé en Allemagne, ne pro- 
viennent pas d'un niveau inférieur à la base de ces Sables à 
lignite du Rhin et, par conséquent, plus ancien. 

M. H. Forir juge inutile de continuer ce débat. Il a fait 
connaître sa manière de voir dans les séances de janvier et de 
mars, et il la conserve intégralement ; il conteste, cependant, 



— Bgo — 

l'exactitude du résumé que son sympathique confrère donne des 
objections qu'il a présentées à ses vues, et il renvoie les lecteurs à 
son propre texte. Les faits sur lesquels il a étayé son opinion 
seront publiés très prochainement ; ils démontrent clairement 
l'inexactitude des conceptions de M. Velge. 

Le secrétaire général donne lecture du travail suivant : 

La théorie des plis-failles. 

Un point de l'histoire de la géologie belge, 

fAR 
yj. PORNET. 

A la dernière séance de la Société géologique (*) M. M. Loliest 
a rappelé un passage d'un ouvrage de feu Gustave Arnould (*), dans 
lequel cet ingénieur a exposé, en termes très brefs et assez peu 
précis, une théorie sur la formation du massif de recouvrement de 
Boussu. 

Je connaissais cette théorie, non pas seulement par le texte 
d' Arnould, qui, je le répète, est par trop concis, mais aussi par 
l'exposé que m'en a fait un jour, avec une clarté montrant qu'elle 
lui était familière, un de nos confrères, ancien haut fonctionnaire 
de l'Administration des mines, aussi savant que modeste et qui ne 
me pardonnerait même pas de le citer ici. 

La théorie donnée dans l'ouvrage d'Arnould est bien différente 
de celle que M. Marcel Bertrand a exposée avec tant de talent 
en 1894 (^), mais elle fait appel, comme celle-ci, à des mouvements 
de chevauchement résultant de ruptures de plis, autrement dit, à 
ce que M. Marcel Bertrand lui-même a, le premier, désigné sous le 
nom de plis-failles. 

Bien que M. Marcel Bertrand ait trouvé une partie de ses argu- 

(^) Séance du igmars 1905. Voir pajîe B 82. 

(2) Bassin houiller du Couchant de Mons. Mémoire historique et des- 
criptif, 1877, P- ^77- 

(^) Etude sur le bassin houiller du Nord et le Boulonnais. Annales des 
mines ^ 9* série, t, V, 1894. 



— B9I — 

ments dans les figures même dn travail mémorable de Briart sur 
les accidents de Landelies, Tapplioation de la théorie du 
pli-faille à Landelies et à Boussu rencontre de graves 
objections. 

Aussi, et bien qu'à mon sens, la question de l'origine de nos 
lambeaux de recouvrement soit loin d'être vidée, mon intention 
n'est pas d'insister sur ce sujet pour le moment. 

Je voudrais seulement profiter de l'occasion pour mettre en 
évidence, dans nos Annales^ un point intéressant de l'histoire de 
kl géologie belge et même de l'histoire des théories orogéniques 
en général. 

L*idée d'expliquer les accidents qui bornent au Sud l'affleurement 
du bassin houiller belge, sur une grande partie de sa longueur, par 
im pli-faille, avec chevauchement accentué du flanc supérieur, a 
été émise, dès i863, par F.-L. Cornet, en des termes d'une grande 
précision et absolument clairs, dans une communication faite en 
son nom et en celui de Briart. 

Bien que l'expression de pli-faille (M. Bertrand), de même que 
celles de faille de plissement (Schardt), de pli-faille inverse (Heim 
et de Margerie) et les termes équivalents en anglais et en allemand 
soient de date récente, l'idée de ce genre de dislocation a été 
énoncée, il y a 4^ a^is» par F.-L. Cornet et A. Briart d'une façon 
aussi nette qu'on pourrait le faire aujourd'hui. 

Disons tout de suite qu'il s'agit ici de l'explication de l'origine 
de la faille eifélienne de Dumont et de son analogue dans le 
Hainaut, la grande faille du Midi de Cornet et Briart. 

On sait qu'André Dumont, dans son mémoire de i832, avait 
reconnu que le bassin houiller de Seraing bute, au Sud, contre une 
faille, mais remarquant que, vers l'Ouest, la structure du bassin 
redevient régulière, il considérait cette faille comme locale. 

Dans le département du Nord, on avait constaté, depuis long- 
temps, que le terrain houiller est bordé au Sud par le grès rouge 
ancien et Elie de Beaumont, dans VExplication de la Carte 
géologique de la France (^), tendait à expliquer par une faille cette 
anomalie qu'il savait exister aussi au sud des bassin de Mons et 
de l'harlei-oi. A la lisière méridionale du Borinage, plusieurs puits 

(») T. I, pp. 767-775. 



— B92 — 

du charbonnage de Belle- Vue et le puits de Longterne-Ferrand 
avaient atteint le terrain houiller exploitable après avoir traversé 
des couches de grès rouge (*). 

Delanoue, en i852 (2), admit l'hypothèse de la faille ; il en fut de 
même de Godwin-Austen en i856 (^), de M. Gosselet en 1860 (*), 

En 1862, Dormoy {^') émit le premier Tidée que la faille de 
Valenciennes est légèrement inclinée au Midi, de sorte que le 
terrain houiller s'enfonce sous les terrains plus anciens. En 1860, 
M. Gosselet donnait encore à la faille une position parfaitement 
verticale (®). 

Le 3 mai i863, F.-L. Cornet fit, en son nom et en celui de Briart, 
à la Société des anciens élèves de l'Ecole des mines du Hainaut, 
une Communication relative à la grande faille qui limite au Sud 
le terrain houiller belge. 

Les premiers volumes des publications de cette Société étant 
très jjeu répandus et le travail de début des deux collaborateurs 
étant pour ainsi dire inconnu de la plupart des géologues belges, 
j'ai cru bon de le reproduire in extenso dans la Notice biogra- 
phique que j'ai consacrée à Alphonse Briart (^). Je n'en citerai ici 
que la partie essentielle, renfermant l'énoncé de la théorie invoquée 
par F.-L. Cornet et son ami. 

Après avoir exposé les faits constatés à cette époque, dans la 
région du bassin du Centre, par les travaux d'exploitation et par 
l'observation superficielle, après avoir, notamment, montré que, 
près de Binche, on voit le Cahîaire carbonifère en bancs renversés 
et inclinés de 5o à 60 degrés au Sud, plonger sous le quartzoschis- 
teux eifélien, lequel ne pend que de 10" dans le même sens, ils 
concluent ainsi : 

« La présence du grès rouge reposant en stratification discor- 

(^) Aujourd'hui, les travaux du puits de Lon^tenie-Ferraud s'éteudont à 
plus de 35o mètres au sud de l'affleurenient de la (Grande faille, iucliuée iei 
de i8« au Sud. 

(^) Bull. Soc. géol. de Friinre^ 2*' série, t. IX, j). ^oV*. 

(^) Qiinrterl. Journ. Geoï. Soc. of London, vol. XII, p. Go. 

(^) Sur les terrains primaires do la Belj^ique, etc., p. 5. 

(•■») Bull. Soc. géol. de France, 2*^ série, t. XïX, p. 27. . 

(fi) Op. cit., vl.n, fig. 5. 

(") Bull. Soc. belge de géol. ^ t. XII, Mém., pp. 268-2(19, 1B98, 



'_ Bgâ — 

» liante sur le calcaire carbonifère renversé ne peut être expli- 
)) quée, pensons-nous, que de la manière suivante : 

» Le xiremier effet du mouvement de rapprochement de l'Ardenne 
» a été la formation, au Sud du bassin, d*une voûte dont la partie 
» septentrionale s'est renversée sur le terrain houiller qui, aussi 
» probablement, s'est plié et renversé sur lui-même. La puissance 
» de compression continuant à agir, il s*est produit une rupture 
» vers la clef de la voûte, et la partie méridionale de celle-ci a été 
i) fx)ussée vers le Nord en glissant sur le plan de rupture, » 

Ils ajoutent qu'il découle de là que la limite méridionale du 
terrain houiller se trouve au sud de l'affleurement de la faille. Ce 
fait, je )*ai dit plus haut, était déjà connu par les travaux de 
Belle- Vue et de Longterne-Ferrand, mais Cornet et Briart 
n'étendent pas leurs considérations à l'ouest du méridien d'Harmi- 
gnies, c'est-à-dire dans le bassin du Couchant de Mons qu'ils ne 
connaissaient guère à cette époque. Ils ne parlent, comme on le 
voit, que d'après leurs propres observations. 

On sait que Cornet et Briart modifièrent par la suite considé- 
rablement leur manière de voir (*) et que la théorie exposée 
plus tard par Briart, à propos des dislocations de Landelies, 
apporta une troisième manière d'interpréter les faits. 

Aussi, je le répète, mon intention n'était que de fixer un point 
d'histoire et non pas de plaider en faveur de la théorie du pli-faille, 
appliquée à la grande faille du Midi. La notion des plis-failles, 
des chevauchements, avefc celle des nappes de charriage, qui en 
<lérive, a fait son chemin depuis 1862. Grâce aux travaux d'une 
pléiade de géologues français et suisses, parmi lesquels il suffira de 
eiter les noms de MM. Marcel Bertrand, Termier, Kilian, Schardt 
et Lugeon, elle a, dans ces dernières années, complètement modi- 
fié nos idées sur la genèse des chaînes plissées. Il n'était pas 
inutile de rappeler qu'elle a été énoncée en Belgique dès i863. 

M. H* Buttgenbach résume un travail important sur La géologie 
pf les gisements miniers du Katanga, pour l'examen duquel l'as- 
semblée désigne MM. J. Cornet, M. Lohest et II. Forir. 

(*) Sur le relief du sol en Belgique après les temps paléozoïques. Ann, Soc. 
gêol, de Belg,, t. IV, 1877. 



— B94 - 

Enfin, M. H. Buttgenbaoh fait une analyse très intéressante de 
l'ouvrage de M. P. Groth, traduit par MM. Jourowsky et 
Pëabce : Tableau systématique des minéraux. L*insertîon de 
cette analyse dans la Bibliographie est ordonnée et des remer- 
ciements sont votés à l'auteur. 

La séance est levée à 12 7^ heures. 



Séanoe ordinaire du SI mai l&OB. 

M. J. Smeysters, président, au fauteuil, 

La séance est ouverte à dix heures et demie. 

Le procès- verbal de la séance ordinaire du i5 avril igoS est 
approuvé, moyennant une sux}pression à la page b 91. 

Le secrétaire général, empêché, fait excuser son absence. Il est 
remplacé par le secrétaire-bibliothécaire. 

Correspondance. — La Société géologique a reçu le programme 
du 2» Congrès international du pétrole, qui se tiendra à Liège du 
26 juin au i*^** juillet igoS. 

L'assemblée désigne M. A. Habets pour représenter la Société 
à ce Congrès. 

La Société a reçu également le programme du Congrès de chimie 
et de pharmacie qui aura lieu à Liège du 27 au 3o juillet igo5. 

L'assemblée désigne MM. Gîlkinet et Jorissen pour représenter 
la Société à ce Congrès. 

La Société des sciences, des arts et des lettres du Haini^ut a fait 
parvenir le programme de ses concours pour 1905. Les deux ques- 
tions suivantes se rapportent à la géologie : 

i^ On demande une étude, basée sur des analyses nouvelles 
effectuées d'après une méthode uniforme, sur les relations existant 
entre la composition des houilles du bassin du Hainaut et leur 
mode de gisement. On recherchera, en particulier, les variations 
que subit cette composition dans le sens de la succession strati- 
graphique, dans le sens de la direction, et dans celui de l'inclinai- 
son, ainsi que suivant la profondeur et suivant la position des 
couches en plateure ou en dressant. 

ti? On demande une étude sur la faille du Centre et les failles 
connexes dans le Couchant de Mons et la partie occidentale du 
bassin du Centre. 

En outre la Société récompensera le meilleur travail inédit qui 
lui sera présenté, se rattachant à un certain nombre de catégories 
de sciences, parmi lesquelles figurent la minéralogie et la géologie. 



- È96 - 

tour pins de renseignements, s'adresser à M. Williquet, greffier 
provincial, secrétaire général de la Société, 22, avenue d'Havre, 
à Mons. 

Ouvrages offerts. — Les publications reçues depuis Tavant- 
dernière séance sont déposées sur le bureau. Des remerciements 
sont votés aux donateurs. 

DONS d'Auteurs. 

R. (VAndrimont. — Notes sur les conditions hydrologiques de la 

Campine. Rev, univ. des mines, 4*^ sér., t. IX. Liège, 

1905. 
G. Friedel, — Sur les bases expérimentales de Thypothèse réti- 

culaire. Bull. Soc. franc, de minéralogie. Paris, igoS. 
Ernst Kittl (G. Dewalque). — Mittheilungen der Section fiir 

Naturkunde des œsterreichischen Tomisten Club, 

I. Jahrgang. Vienne, 1889. 
M. Leriche. — Le Pteraspis de Lievin (Pas-de-Calais). Ann.Soc. 

géoL du Nord^ t. XXXII. Lille, 1908. 

— Sur les horizons paléontologiques du Landénien marin 

du Nord de la France. Ibid., t. XXXII. Lille, 1908. 

— Note préliminaire sur une faune d'ostracodei*raes 

récemment découverte à Pernes (Pas-de-Calais). 
Ibid., t. XXXII. Lille, 1903. 

— L'Eocène des environs de Trelon (Nord). Ibid., t. 

XXXII. Lille, 1903. 

— Sur les relations des mers des bassins parisien et belge 

à l'époque yprésienne. Ibid., t. XXXII. Lille, 1903. 

— Sur un pholade (Martesia Heberti, Deshayes) du tuf- 

feau landénien (Tlianétien) du nord de la France. 
Ibid., t. XXXII. Lille, 1908. 

— Le Lutétien de TAvesnois. - Sûr un fossile nouveau 

(Tortisipho Huftieri) du Lutétien del'Avesnois. Ibid.^ 
t. XXXIII. Lille, 1904. 

— Observations sur la géologie de l'île de Wiglit. Ibid., 

t. XXXIV. Lille, 1905. 

— Sur l'âge des sables à Unies et Térédincs des 

environs d'Epernaj' et sur la signification du terme 
sparnacien. Bull. Soc. géol. de France, 4^ sér., 
t. IV. Paris, 1904. 
19 JUIN x9o5. 



— «97 — 

m 

3/. Lcriche, — Les poissons du Paîoocône belge. C R, des séances 

(le F Académie (les sciences. Viivii>, 1908. 

— Sur rexistence d*iine communication directe entre les 

bassins parisien ot belge à l'époque yprésienne. Ibid, 

Paris, 1908. 
Ch. Mayer (G. Dewalque). — Classification méthodique des 

terrains de sédiment. Zurich, 1874. 
M, Mourlon, — A propos du gisement de mammouth de Meerdo- 

gat (Aîken) près de Hasselt. Bail, Acad. roy, de Bel- 

gi(jiie. Classe des sciences, n<* 11. Bruxelles, 1904. 

— Compte rendu dé Texcursion géologique aux environs 

de Bruxelles, à Ketelberg, Ktterbeek, Watermael, 
Boitsfort, Stockée et Tervueren, le dimanche 12 juin 
1904. BulL Soc, belge de géoL, t. XIX, il/é/n. 
Bruxelles, 1905. 

Communications, — M. J. Cornet donne communication d*un 
mémoire Sur les faciès de la Craie phosphatée de Ciply, dont 
l'assemblée ordonne l'insertion dans les iMémoires, conformément 
aux conclusions des rapporteurs, MM. M. Lohest, J. Smeysters et 
M. Mourlon. 

Un échange de vues entre MM. M Lohest et J. Cornet suit cette 
communication. 

M. P. Destinez a fait parvenir la note suivante ; 

Faune du marbre noir {V1â) de Petit-Modave, 

p. pESTiNEZ 

Dans le courant du mois d'août de Tannée dernière, i*ai eu 
roccasion, à deux reprises différentes, de faire des recherches de 
fossiles dans le calcaire noir (Via] de Petit-Modave; ces recherches 
ont été assez fructueuses car, outre un bon nouibre d'espèces 
déjà recueillies, trente nouvelles ne figurent pas dans mes listes 
antérieures sur ce gisement ('). 

Comme on le sait, ce calcaire noir de Petit-Modave {') est dis- 

(') -4/ï/i. .SW. fféoL (le Belff.,{. XXII, j). (XIH et t. XXVI. i>. xxxv. 
{') K. I)( PONT. — Texte explicatif de In feuille de Modiive. CaU-îiire 
furboiiifère. Hriixelles, 1884. 

AXS. SOC. (iKOL. DE BtlUi., T. XXXU. BlIJ.., 7. 



- B98 - 

posé en voûte ondulée très surbaissée, et cette disposition est 
d*aatantp]iis apparente maintenant, c^iie le rocher a été entamé, 
ces derniers temps, dans les bancs les mieux conservés, pour 
Textraction de matériaux de construction. 

La plupart de ceux-ci sont passés du noir au gris blanchâtre, 
par altération ; dans leurs interstices, sont intercalés de nombreux 
cherts noirs, dont le zonage leur est parallèle, et qui font mieux 
encore ressortir Tallure des plis ondulés de cet anticlinal. 

Un peu àrouest de l*axe de cette voûte, on remarque une assez 
grande poche de dissolution à travers bancs, atteignant, par place, 
plus d'un mètre de largeur, et dans laquelle le calcaire est com- 
plètement décomposé et transformé en argile siliceuse, d'un blanc 
sale, se rediircissant à Tair; c'est dans cette argile que j'ai récolté 
le plus grand nombre de fossiles. 

Les parois de cette poche, où la roche, quoique moins altérée que 
dans sa i)artic centrale, l'est encore assez cependant, pour 
permettre d'en détacher assez facilement des blocs, m'ont fourni 

■ 

quelques belles espèces; mais le terrain n'étant plus assez stable, 
j'ai dû y abandonner mes recherches. 

.le dois ici des remercîments à MM. Chantraine, père et fils, de 
cette localité, pour l'aide désintéressée qu'il m'ont prêtée dans le 
cours de ce travail. 

Dans les deux notes susmentionnées, je renseigne, de ce gise- 
ment, septante espèces; aujourd'hui, le nombre s'aiigmentant des 
trente nouvelles ci-dessous, sera de cent. 
Kn voici la liste : 

Phillipsin cf. cœlafa, Mac Coy, 
Cyrtoceras Gesneri, Martin, 
Naatiliis siilcatus, Sowerby, 
BeUerophon sp., 

Naticopsis globosa, Hœninghaus, 
Phanerotinus vermiciilarh. De Konînck, 
Rhap!iistoma junior^ De Koninck, 
Aviculopecten cf. obliquai us. De Konînck, 

— perradiatus, De Koninck, 

Conocardium Konincki, Baily, 

— minax, Phillips, 
Cypricanlella parallela, Phillips, 

— orbitosa, de Ryckholt, 



- B99 - 

Entolinni Sowerbyi, Mac Coy, 
Sanffttinolites visetensis, de Ryckhoît, 
Panenka ? sp. nov., 
Athyris ambigna, Sowerby, 
Choneies polita^ Mac Coy, 

— tuberculata, Mac Coy, 
Discina niiida, Pliillipe, 
ProdtictUH aculeatns^ Martin, 

Spirifer lineatns^ Martin, 

« 

— papilionaceiis. De Koninek, 

— irigonalis^ Martin, 

— veniricoHiis J)o Koniuek, 
Spiriferina aff. octoplicata, Sowerby, 
Fenestella frutex^ Mac Coy, 

— Morissii, Mac Coy, 

— mitltiporaia, Mac Coy, 
Glaiiconome grandis, Mac Coy. 

M. M. Mourlon fait une communication Sur le Bruxellien des 
environs de Bruxelles, dont l'insertion dans les Mémoires est 
ordonnée par rassemblée, sur les rapports verbaux do MM. M- 
1^1 est, J. Sme3'sters et H. De Greeff. 

M. M. Lohest pense qu'il y a confusion dans l'esprit de M. 
Mourlon au sujet des discussions qui ont eu lieu entre géologues 
à propos des subdivisions des terrains tertiaires. II y a un très 
grand intérêt à établir des subdivisions nombreuses dans une 
région délerrninée; mais il ne faut pas vouloir les généraliser au 
monde entier; c'est sur ce dernier point qu'ont i^orté les objections 
qu'on a faites aux classifications établies en Belgique. 

M. M. Mourlon répond qu'il n'est jamais entré dans la pensée 
des géologues belges qui ont étudié le Tertiaire de vouloir étendre 
leurs subdivisions en dehors de la Belgique. 

M. A. Renier fait une communication préliminaire sur des 
Observations paléontologiques sur le mode de formation du 
terrain Iwuiller beige. L'assemblée décide Timprossion de ce 
travail dans les A/émoire^,. sur les rapports verbaux de MM. J. 
Smeysters, M. Lohest otJ. Cornet. 

La séance est levée à 12 i /a heures. 



— U lOO 



Séance ordinaire du t8 Juin X&OQ, 

M. Max. Lohkst, oice-prcsident, an fauteuil. 

La séance ont ouvcM'to à dix lioiircs ot demio. 

Lo proeès-vorbal do la séance ordinaire du ai mai i()o5 est 
approuvé, moyennant une modification à la page b 99. 

Le secrétaire général, empêché, fait excuser son absence. Il est 
remplacé par le secrétaire-bibliothécaire. 

MM. J. Smeysters et H. De (Treeff font excuser leur absence. 

M. le président annonce deux présentations de membres effectifs. 

Ouvrages offerte, — Les ouvniges offcîrts depuis la dernière 
séance sont déposés sur le Ijfureau. Des remerciements sont votés 
aux donateurs. 

DONS D'AlTKrUS. 

P. Fliche et R, Zeiller. — Note sur une florale portlandienne des 

environs de Boulogne-sur-Mer. Bull. Soc, géol. de 
France, 4*^ série, t. IV. Paris, i9()4. 

M. Grand Eury. — Sur les graines trouvées attachées au Pecop- 

teria Pluckeneti^ Stfhlot. (l. R. Acad. des Sciences^ 
t. ('XL. Paris, i9o5. 

— Sur les Rhabdocarpus, les graines et révolution des 

cordaitées. Ibid., t. CXL. Paris, igoS. 

jy H. G. Jonker. — Hydragen tôt de kennis der sedimentaire 

zwerfsteenen in Xedei'land. Eerste mededeelîng : 
Zwerfstecnen van dcn oudcrdom der oostbaltische 
zone (i. Verslag nan de gewonc vergudering der ipi.s- 
en natuurkundige. Afdeeling van 28 januari i9o5. 

— Hydragen tôt de kennis <ler sedimentaire zwerfsteenen 

in Xederland. 'r>veede mededeeling : Zwerfsteenen 
van den oudcrdom der oostbaltîsche zonen H en L 
Ibid., 22 april i9o5. 



— n loi — 

R, Zeiller, — Sur les plantefi houillères des sondages d'Eply 

Lesménils et Pont-à-Moussou (Meurtlic et Moselle). 
C. R, Acad, des Sciences, t. CXL. Paris, igo5. 

— Sur quelques empreintes végétales de la formation 
charbonneuse supi'acrétai'ée des Balkans. >1/U2. des 
mines. Paris, igoâ. 

Communications, — M. le professeur G. De'walque a fait par- 
venir la note suivante : 

L'origine du fer météorique de la hacienda de INoenvalle, 

I»AR 

0. Ph:\a/^al9ue. 

(juuud nous avoi>h inserit le fer de la hacienda de Moeuvalle 
dans notre Catalogue des météorites conservées dans nos collections, 
iu)us ne nous dissimulions pas que cette indication de localité était 
bien insuffisante. Ce nom, hacienda, indiquait l'Amérique 
espagnole. Comme le Mexi([ue a été longuement exploré par 
(ialeotti, qui en a rapporté beau(îoup do choses, nous avons pensé 
que c'était là qu'il fallait d'abord ])orter nos recherches. Nous 
avons donc écrit à M. José Aguilera, directeur de l'Institut géolo- 
gique de Mexico, pour lui demander j-'il (connaissait cette locidité, 
d'où provenait un fer contenant de la troïlite, de la daubréeliti» et 
du graphite. Notre éminent confrère a bien voulu nous répondre : 

« On ne ccmnait pas au Mexique la localité Hacienda de Moen- 
» valle. Mais la circonstance que (*e fer contient de la daubréelite, 
»» qui, jusqu'à présent, n'a été trouvée que dans nos fei's de Xiqui- 
)» pilco et de Coahulla, pourrait faire soupçonner que votre exem- 
» plaîi*e n" la provient du Rancho de San Carlos Miravalle, munici- 
» palité de Metcpec, district de Tolnca, état de Mexico, à quelques 
« 4<* kilomètres au SSE. de Xi(|uipilco, (*entre de la région de lapluie 
» de nuHéoritcs ccmnues sous les noms de Toluca, de Xiquipilco on 
ï» d'Ixtlahuaca, car dans toutes ces localités on les a trouvées en 
i» vente, api)ortées parles muletiers, qui les cm])loyaicnt à fabri([uer 
» des couteaux, des fers à cheval, etc. ». 

Nous réitérons à l'éminent directeur tous nos rem(»rciements. 



— BI03 — 

• 

M, M* Lohest i)ivsi*nte à raj?seiul)U'»r un écliaiitillon de bivclu» 
(rage probablement carbonifère et pix) venant de TAsie Mineure. 
Cette brèche a une très grande ressemblance avec la brèche de 
Waulsort. 

Session extraordinaire, — MM. M.Lohest et H.Forir s'offrent s*il 
n'y a pas d'autre proposition, à organiser une excursion dans le 
('ambrien des environs de Vielsalm, où ils ont pu faire des obser- 
vations nouvelles, grâce aux travaux exécutés pour rétablissement 
du chemin de fer vicinal et dans la vallée de la Lienne, où le 
Cambrien est moins métamorphique. 

r 

M. V. Brien demande s'il ne serait pas possible de faire, cette 
année, la session extraordinaire dans les terrains secondaires du 
Grand-Duché de Luxembourg. 

Le bureau proi)Ose d'organiser une visite à TExpositiim le jour 
de la prochaine séance de la Hociété, si les membres qui y assiste- 
ront le désirent. Cette proposition est adoptée par les membres 
présents. 



— B io3 — 



Séance ordinaire du 10 Juillet XB03* 

M. .]. SMKYHTEVLii, président, au fuuteuiL 

La séiiuee est ouverte à dix heures et denne. 

Le proeès- verbal de la séance ordinaire du i8 juin 1906 est 
approuvé. 

M. le président proclame membres effectifs de la Société MM 
Fallon (François), ingénieur, aux Grands-Malades, àNanuir, 

présenté par MM. H. De Grccff et F. Kaisin. 

FiRKET (Victor), ingénieur principal au Corps des mines, 33, 

rue Chai'les Morreu, à Liège, présenté par MM. M. Lohest et 

H. F'orir. 

Il a le regret de faire part à la Société du décès d'un de 
ses membres correspondants, W.-F. Blanford et de deux de ses 
membres effectifs, F. De Gaxdt et L. Lambot ; il fait l'éloge 
de ces confrères, dont le dernier fait partie de la Société depuis 
l'année de sa fondation (Condoléances), 

M. le président présente les félicitations les plus chaleureuses de 
la Société à M. J. Liuert, son sympathique trésorier, à l'occasion 
de sa promotion récente en qualité d'Inspecteur général des mines. 
11 est certain que cette promotion, bien accueillie dans le monde 
industriel, sera heureuse pour le Corps des mines, étant données 
les éminentcs qualités que Ton est unanime à reconnaître a notre 
cher confrère (Acclamations). 

M. J. LiBKiiT adresse à M. le président et à la Société ses 
remerciements les plus cordiaux. 

Corresiwndance. — MM. J. Fraipont, A. llabets, P. Questienne 
et G. Velge, empêchés d'assister à la séance, prient d'excuser leur 
absence. 

M. le Gouverneur de la Province fait connaître que le Conseil 
provincial vient de décider, sauf ratification du Gouvernement, de 
continuer à la Société, sur le budget de 1906, le subside de mille 
francs qu'elle reçoit depuis plusieurs années iliemcrcicnients) . 



— B i<>4 — 

L'annonce du inaïKlut de mille francs du subbide provincial de 
1905 vient de parvenir au secrétaire géuéra). 

Le Comité d'oi'ganisation de la X** session du Cbngrès géolo- 
gique international, qui aura lieu en 1906 à Mexico, a fait par- 
venir une première circulaire dont il est intéressant de faire 
connaître les extraits suivants ; 

Mexico, le nii iiini i<)o5. 

Sur la <leiiuin(le <lu (jouveriieiiieut inexicain. de riiistitut K<^c)logiqiie du 
Mexique et des géologues uiexieaius, le Congrès géologique iuteriiatioual. 
dans sa IX'' session réunie à Vienne, a décidé, dans la séance du iiK août i(>o3, 
de tenir à Mexico sa X*' session. 

Le Ministère de a Foniento, Coloni/acion é Industria » a bien voulu 
constituer un Comith I)'ok<;axisati()X chargé de faire les dénuirches néces- 
saires afin de i»réi»arer la réunion du Congrès à Mexico. 

Patuoxauk. — Son Kxcellence le Pi<<ésident delà iiépublique mexicaine, 
général de division, Don Pokfuuo Diaz, a bien voulu , acconler au X""^^ 
Congrès géologique international sou haut ]>a(ronage et a exprimé son ])lus 
vif désir de <lonner aux membres du Congrès son a|>i)ui personnel en leur 
accordant toutes les facilités nécessaires i>our leurs vovages et travaux 
scientifiques. 

SE88IOX. — L'oovertiu*e du CA>ugrèa aura lieu à Mexico vers le He|)tem- 
bre 190(5 et la séance de clôture se tiendm liuitJourH après. De plu8 amples 
renseignements se donneront dans une procliaiue circulaire. 

KxiX'UKioNS. — Dans le but de faire connaître aux niembreK dit Congrès 
les trait» généraux des formations géologiques dominantes au Mexique, le 
Comité exécutif a commencé à organiser deux grandes excursions générales 
([ui auront lieu Tune avant et l'autre après la session. De petites excursions 
aux environs <le la ville de Mexico seront faites pendant la session du 
Congrès. In livret-guide écrit |>ar les géologues «{ui ont étudié les régions 
à visiter est en iiréparation. Des renseignements détaillés sur les itiuéraii*es, 
frais d'excursion, etc., etc., seront fournis jn^ochainement par une secomle 
circulaire. 

Pour donner à la \"**^ session du Congrès géologique international le plus 
grand intérêt possible, le Comité exécutif s'est mis en rapport avec les 
géologues les plus distingués en leur demandant lem* concotirs et leur pro- 
posant, tle bien vouloir collaborei* ]mr Tétuilc de questions d'intérêt général 
pour la science géologique. 



— Il U)D — 

1a\1iu( 4ue poursuit le Coniilé exécutif de la X""' .sesmou UKt (l'iutûretsHor 
par son proKi'ui"»"e «l'ieiitificiue. tous les {çédlo^ues. tant par la portée «les 
questions scientifiques mises en discussion, cjue jiar la lecture des travaux 
dont nous venons de parler. 

.lu Rom du Comité iVorguniëntion, 

K/.K(^i'l£i. C)RDONï-:2, secrétaire général. Josk-G. AttUiLKKA. jirésident. 

Ouvrages offerts. — Les publications reçues depuis la dernière 
sranec sont déposées sur le bureau. Des remerciements sont votés 
aux donateurs. 

1K)NS D'aUTKUUS. 

p. Foarmarier. — Le bord méridional du bassin houiller de Liège. 

E'XCuraiofi de IMson à Verviers, Pepinster et Spa. 

Congrès intern des minés, de la métallurgie, de la 

mécanique et de la géologie appliquées. Section de 

géologie appliquée. Liège, 1905. 
Em. Harzé. — Cimentation des terimins aquifèiHis fissurés ou 

meubles, en vue du fonçage des puits du mine. lieu. 

univ. des mines, 4** sér., t. X, igoS. 
— Le bassin houiller du nord de la Belgique en 1905. 

Historique, situation, nouvelles reconnaissances en 

vue à entreprendre par TEtat. Bruxelles, igoS. 

Communications. — M. A. Oilkinet annonce le prochain envoi 
d'un mémoire sur la Flore du Dévonien supérieur. MM. J. 
Fraipont, M. Mourlon et II. Forir «ont désignés comme rappor- 
teurs pour ce travail et le secrétaire général est auU>risé à le faire 
imprimer dans les Mémoires' in 4"*, si les rapports des trois 
commissaires concluent dans ce sens. 

M. M. Mourlon met sous les yeux de ses collègueb la nouvelle 
petite Carte géologique de la Belgiciue à réchelle du i 000 000'' que 
vient d'exécuter l'Institut cartographique militaire d'après la 
Carte à l^éclielle du 4^ <^oo'' dressée par ordre du Gouvernement. 

Cette carte ac<;ompagne les renseignements fournis par le 
Directeur du Service géologique ptmr la publication de l'exposé de 
la situation du Royaume pendant la période de 1876 à 1900. 



— « io6 - 

Une conversation s'engage entre divers membres, sur le 
magnifique spécimen de Carte géologique au i6o ooo^ que le Service 
géologique a fait figurer à TExposition et sur l'épuisement d'un 
certain nombre de feuilles au ^o ooo® de la Carte géologique de 
Belgique dressée par ordre du Gouvernement. 

Après discussion, la Société émet, à l'unanimité, le vœu de voir 
le Gouvernement ordonner l'impression et la mise en vente de la 
Carte géologique au i6o ooo**. 

Tout en reconnaissant qu'il serait hautement désirable de voir 
la Carte géologique au /\0 ooo'' tenir compte, à mesure de Tépuise • 
ment des feuilles, des découvertes faites depuis la publication de 
leur première édition, la Société, étant données les nombreuses 
réclamations qui se produisent, émet également le vœu de voir 
réimprimer, sans délai, les feuilles de la Carte géoU»giqu(i au 
40 ooo"^ qui ne s<mt plus dans le commerce et qui sont demandées, 
avec instance, par de nombreux industriels auxquels ces feuilles 
sont indispensables. Cette deuxième édition sera, du reste, très 
vite épuisée, les élèves de géologie des Universités belges acqué- 
rant ces feuilles pour les excursions obligatoires de ce cours. Elle 
charge le bureau de transmettre ces vœux à M. le Ministre de 
l'Industrie et du Travail. 

M. G. Velge a fait parvenir une note sur Lea a/fleuremenis 
du terrain tertiaire dans le Liinboiirg^ d(mt Tiusertion dans les 
Mémoires est ordonnée, conformément aux conclusions des 
rapporteurs, MM. M. Lohest, H. Foriret U. De Greeff. 

M. M. Mourlon fait remarquer que tous les points visés dans la 
note dont il vient d'être donné lecture, ont été depuis longtemps 
élucidés, comme on peut s'en convaincre, notamment, par la 
lecture de. sa communication à la séance du 18 février 1903 de la 
Société belge de géologie et intitulée : Sur les résultats scienti- 
fiques quil y il lieu d'espérer des sondages effectués en Campine 
pour la recherche de *^iseinents houillers. 

Il suffit, du reste, de jeter un coup d'œil sur les Cartes géolo- 
giques de la Belgique dressées par ordre du Gouvernement, qui 
figurent au compartiment du Service géologique à l'Exposition 
de Liège, pour se convaincre qu'on n'a point attendu les cntiques, 
tout au moins inopportunes, de l'auteur de la note en question, 



B lOJ — 



pour luettro au point riiiterprétation des travaux du levés de la 
("aiiipiiic, eu eu exceptant, bien euteudu, les sables de Moll non 
encore délimités sur les cartes et dont un changement d'interpré- 
tation dans la légende des dites cartes exigerait encore de nou- 
velles observations. 

Session extraordinaire. — M. le président expose que plusieurs 
membres ont manifesté le désir de voir remettre à l'année 1906 
Texcursion dans le Grand-Duelié de Luxembourg au sujet de 
laquelle des démarches ont déjà été faites; l'Exposition universelle 
de Liège et les nombreuses excursions qui ont eu lieu à l'occasion 
du Congrès de géologie appliquée font craindre que, pour une excur- 
sion aussi importante que celle proposée dans ce pays, on ne trouve 
pas suffisamment d'adhérents cette année. 

Le Conseil, tenant compte de ce désir, propose à l'assemblée 
d'acceiJter la proposition faite à la dernière séance par MM. M. 
Lohest et H. Forir, de diriger une excursion de deux jours dans 
le massif cambrien de Stavelot. 

La première journée serait consacrée à l'étude de la vallée de 
la Salm, de Stavelot, où serait le siège de la Session extraordi- 
naire, à Salm-Château. 

La deuxième journée, on visiterait la vallée de la Lienne, où 
le Cambrien est beaucoup moins métamorphique. 

Enfin, le Conseil propose comme date delà Session, les 9, 10 et 
Il septembre. 

Ces propositions sont acceptées à l'unanimité. 

Le secrétaire général est chargé d'adresser, en temps oppor- 
tun, une circulaire aux membres. 

Commission de comptabilité.— MM. IL Barlet, R. d'Andrimont, 
A. Halleux, D. Marcotty et Ch. Plumier sont désignés pour 
constituer la Commission de comptabilité, que le trésorier convo- 
quera en temps opportun. 

La séance est levée à midi et demie. 



COMPTE RENDU 

SESSION EXTRAORDINAIRE 

DK lA. 

Société géologique de Belgique, 

tenue à Stavelot, du 9 au 11 ■eiitembr'e 1905, 

PAR 

M. LOHEST KT II. FOUIR 



Séance du samedi 9 septembre 1905, 

La séance est ouverte à 22 heures, dans une salle do l'hôtel 
d'Orange, à Stavelot, sous la présidence de M. J. Smeysters, pré- 
sident de la Société. 

M. H.Forir, secrétaire-général, remplit les fonctions de secré- 
taire. 

Les membres dont les noms suivent ont pris part aux excursions 
et aux séances de la Session extraordinaire : 

MM. H. Barlkt, mm. M. Lohest, 

V. Brien, g. Malaihk, 

L. DE DORLODOT, M. MOURLOX, 

A. EucîHKNK, Pa. Qukstikxnk, 

II. FORIR, Pu, QUESTIKNXE, 

P. FOUUMARIEU, G, SiMOKNS, 

F. Kaisin, j. Smkysterh, 

G. LkSPINEVX, g. UlILEMiROEK. 

J. LiBERT, 

Los personnes suivantes ont eu la gracieuseté de se joindre à 
nous pendant la session : 

MM. DoxnKLiNOER, ingénieur des mines, à Luxembourg, 
Charles Frerichs, ingénieur, à Châtclet, 
Tepfield Grken, à liondres, 

Grégoire, chef des travaux chimiciues à Tlnstitut agrono- 
mique do Gembloux, 
Jules LiBERT, fils, étudiant, à Lié^e. 



— H IIO — 

M. le président ami on (*e deux prÔHentationsde membres effectifs. 

Il eut pi-ocAdéà lA f*(ïiiî4titiitt(>n dn lnireau..S(>iif 4la«, uusâ iwela- 
mations de l'assemblée : 

Président : M. J. Smkvstkrs, 

Vice-présidents : MM. DoSdklinoek et T. (îukkx, 

Secrétaires : M^l. M. Lohkst et H.Forih. . .. 

Ces messieurs remereient sueeessivement la Société de l'ium- 
neur qui leur est fait. 

M. L. Merci Ku s'excuse de ne pouvoir prendre part à la 
Session extraordinaire. 

Il est donné lecture de lii lettre suivante dé M. G. Deinralque: 

« llorts d'état d'assister à une excursion, je croîs utile de 
)i commnnkiuer à la Société, avant qu'elle se mette en route, 
» mes idées sur un point de son itinéraire. 11 s'agit de la' bande 
)) revinienne qui passe au sud du massif devillien de (Jrand- 
)) Halleux et dont Tétroitesse a été remarquée. Pour moi, il y 
>) a là une grande faille qui a supprimé, avec le sommet du 
» Devillien, la plus grande partie du Revinîen, ne laissant 
» paraître, si mes souvenirs sont exacts, que l'étage supérieur, 
» les phyllades noirs, étage que je proposerais d'appeler phyl- 
» lades de La Gleize, MM. Loliest et Forir les ont nommés 
» phyllades de Beaiifays^ mais ce nom me paraît devoir être 
» abandonné à cause de la pluralité des lieux de ce nom et 
» de l'insignifiance du très petit hameau pris pour tN-pe. 

w Je n'ai pas figuré cette faille sur mon Essai de carte tecto- 

» nique, parce que j'étai» trop embarrassé de la prolonger à 

» l'Est et à l'Ouest. 

» G. Dkwalqi'e. » 

M. le président exprime, au nom de rassemblée, le regret de 
ce <iuc la santé de M. Dewalque ne lui permette i)as de prendre 

part aux excursions ; il le remercie des renseignements très 

» 

intéressants qu'il a bien voulu faire parvenir [Applaudissements). 

M. H. Forir fait remarquer, tant en son nom qu'en celui de 
M. M. Lohest, que l'existence de la faille signalée par M. G. 



— il m — 

I>ewalqiie entre le Dovillien et le Revinien au S. du massif 
devillien de Grand-Halleux leur pai'aît très vraisemblable ; 
cependant, il n'est pas douteux, ainsi qu'on ])ourra le voir 
dans l'exeursion du lendemain, qu'une grande partie de» 
quartzites et phyllados noirs du Revinien moyen existe an S. 
de cette faille, ainsi que M. («. Dewalque le leur a fait savoir, 
du reste, en 1898 et qu'ils l'ont publié, en son nom, dans leur 
travail de cette époque (^). 

Quant à la désignation de pliyllade noir Je Heaufay^s, ils.n*y 
tiennent nullement; ils ont déjà fait, ccmnaître, en 1898, «qu'ils 
« sont adversaires des désigimtions locales; ils n'ont adopté 
« ce nom de lieu que pour fixer les idées et simplifier le 
u langage dans leur travail » et parce que la localité en (|uestion 
est celle où ces pbyllades noirs sont le plus développés et I0 
mieux caractérisés dans la région étudiée par eux, 

La parole est donnée successivement à MM. M. Lohest et 
H* Forir pour exposer l'objectif de la première et de la seconde 
journée d'excursions; le programme suivant est adopte à l'una- 
nimité, sur la proposition de M. le président. 

m 

Dimanohe 10 septembre. Départ en voitures à 7 ^2 heures. 
Coupe de la vallée de la Salro, de Stavelot à Salm-Cliateau. 

Etapes devillien inférieur et supérieur, revinien et salmien 
inférieur et supérieur, ce dernier très métamorphique. Leur 
composition; détermination de leur ordre de superposition. 
Contact' du Gedinnien. 

Dîner à riiotel: Bourgeois, à Vielsalm, vers midi. Retour 
à Stavelot, où le souper aura lit^u vers 7 heures et où on 
logera. 

Lundi 11 septembre. Départ en voitures pour Stoumont à 
7 * ^ heures. Coupe de la vallée de la Lienne jusque Bierleux. 
Retour en voitures jusque la station de Stoumont, où l'on 
pourra reprendre le train de 17 h :'>G, arrivant à Liège ((juillemins) 
à 19 h 25. 

Etages revinien et salmien inférieur et supérieur, ce dernier 
moins métamorphique. 



,'i Mêm. in f" Soc. gvoi. de Beiff., l. 1 (XXVbis), [>. 118, note, l^)^ 



»u. 



— B lia — 

D'après MM. Lohest et Forir, le Salmion forme, non loin 
du confluent de la Lionne et de l'Amblève, un synelinal unielinal, 
enveloppé de Revinien au Nord, à TEst et au Sud, reeouvert 
de (iedinnien à TOuest et inclinant au Midi dans tonte son 
étendue. Dans ce synclinal, les roches du Salniien supérieur 
sont beaucoup inoins niétamonjhiques que partout ailleurs ; 
c'est donc cette région que Ton devrait i)rendre comme iioint 
de départ pour une étude détaillée méthodique de cet étage. 
Dumcmt avait très exactement intei'prété Tâge de ces dépots 
et il avait émis, en ce qui concerne le synchronisme des phyl- 
lades rouges de la basse Lionne, d'une part, des phyllades 
ottrélitifères et des phyllades rouges à coticule, d'autre part, 
une hypothèse analogue à celle qui lui faisait assimiler les 
phyllades aimantifères de Deville aux phylljides rouges de Kumay. 

M. L. de Dorlodot, qui fait une étude détaillée du Cambrien de 
la Lionne, estime que les différences que Ton constate dans le 
Salmien supérieur, entre la région méridionale et la région septen- 
trionale de la vallée, ne peuvent pas être attribuées à des diffé- 
rences dans l'état métamorphique des sédiments. Selon lui, les 
roches rouges se correspondraient de part et d'autre, mais il y 
aurait eu atténuation des phyllades ottrélitifèriBs vers le Nord. Par 
quoi se décèle, en effet, le métamorphisme intense ? Par le déve- 
loppement de cristaux : ottrélite, magnétite, grenat, etc. Dans les 
roches rouges, on ne trouverait ])as, selon lui, les éléments (sols 
ferreux) nécessaires à la formation d'ottrélite en quantité suffisante 
pour avoir donné du phyllade ottrélitifère; en i-evanche, Toligiste 
se trouve à peu près dans la même pro])ortion au Nord et au Sud. 

M. C. Malaise se demande si les roches ottrélitifères de la rive 
droite de la Salm ne seraient pas l'équivalent des roches rouges à 
coticule de la rive gauche de ce cours d'eau, mais à un état' diffé- 
rent de métamoq)hisme. Dans ce cas, il ne serait pas nécessaire 
d'admettre roxistence d'une faille le long du cours d'eau. 

M. M. Lohest ré])ond à M. de Dorlodot que ce n'est que par 
une étude <»liimique et microscopiciue soigneuse ([ue l'on peut savoir 
s'il y a une véritable différence de composition globale entre les 
phyllades ottrélitifères de Salm-Clifiteau et les phyllades rouges de 
la i)artie inférieure de la vallée de la Lionne. Selon lui, et jusqu'à 

l5 DKCEMHKK 1 <)<)'). 



— B n3 — 

preuve «lu contraire, les différciK'Cs quo Ton constate entre les 
deux régions sont dues au métamorphisme plus intense au Midi, 
c|ai a produit la cristallisation de Tottrélite, et non à des lacunes 
dans le Nord, pendant la sédimentation. 

M. H. Forir fait remarquer qu'il existe une différence notable, 
non seulement entre les pliyllades rouges de la Lienne septentrio- 
nale et les phylîades ottrélitifcres de Salm-Cliâteau et de la Lienne 
méridionale, mais aussi entre les pliyllades rouges eux-mêmes de 
ces deux régions. On pourra s'en rendre compte par la comparaison 
d'échantillons pris de part et d'autre. Dans le Xord, ces phylîades 
sont très tendres, se partagent en feuillets minces, parallèles ù la 
si ratification ; dans le Sud, au contraire, ils sont beaucoup plus 
durs, plus compiu*ts, d'une teinte différente et ils se divisent plus 
difficilement suivant les joints de clivage, obliques à la stratifica- 
tion. 

M. P. Fourmarier estime également que le métamorphisme peut, 
ce qui est très fréquent, avoir transformé, dans le Sud, les sels 
ferriques en sels ferreux, ce qui expliquerait la différence de colo- 
ration des roches de part et d'autre. 

M. J. Smeysters constate que le métamorphisme est un phéno- 
mène encore mal défini et dont le mécanisme est insuffisamment 
connu. 

M. M. Lohest répond que, personnellement, il est partisan du 
métamorphisme mécanique; mais les géologues de certaines écoles 
ne l'admettent pas ; ils pensent que les transformations observées 
dans les roches sont dues à l'introduction d'éléments nouveaux 
par des émanations internes et d'autres causes analogues. Il répète 
que la seule façon de résoudre le problème, dans le cas qui nous 
occupe, est de faire des analyses globales des phylîades ottréliti- 
fcres du Sud et des roches rouges du Xord, pour voir si ces 
sédiments présentent des différences réelles de composition. 

Il rappelle, comme exemple, que, dans nos formations modernes, 
il existe des dépôts de linionite provenant de la lévigation de sables 
glaaconiféres ; ces derniers ont été décolorés et transformés en 
sable blanc, par dissolu ticm du fer qu'ils contenaient. 11 en résulte 
que, en étendant ce fait d'observation, (m j)eut supposer que 

A1(X. soc. UÉOL. DE BEI.U., T. XNXH. Bl'LI.., 8 



^— B 114 — 

certains quartzites blancs sont équivalents et synchroniqnes de 
qnartzites verts d'autres régions. 

M. H. de Dorlodot estime que, dans toutes les roches du Sal- 
mien, on trouve les mêmes éléments, mais en proportions diffé- 
rentes, de sorte que c'est surtout des proportions qu'il faut tenir 
compte. 

M. H. Porir partage cette manière de voir; il se demande si, 
dans ces conditions, les pbyllades oligistifères à coticule de Salm- 
Cluiteau ne correspondraient pas aux pliyllades rouges renfermant 
les couches de manganèse, contenant un peu de calcaire, de Bier- 
leux, car les unes et les autres semblent avoir une teneur en fer 
plus forte qu'ailleurs. 

M. H. de Dorlodot fait la communication suivante : 

Note sur la géologie du sud du massif de Stavelot 

PAS 

^. DE PORLODOT 

La région du massif cambrien de Stavelot que nous nous 
sommes proposé d'étudier en détail s'étend entre la Salm, d'une 
part, et le premier affleurement d'arkose gedinnienne que Ton 
peut observer à l'ouest de Lierneux, d'autre part. Cette arkose 
couronne la colline qui s'allonge du Xord au Sud, entre le 
ruisseau de la Heid et le ruisseau du Groumont. 

On trouve, dans cette région, des affleurements de toutes les 
roches que Ton rapporte au Salmien, ainsi que d'autres, 
graphiteuses, contenant fréquemment des cubes de p^Tite et 
que nous sommes tenté de considérer comme reviniennes. 

Après l'étude de la région, il nous a paru commode de classer 
les roches en cinq termes qui sont les suivants dans Tordre 
chronologique, en commen^*ant par les plus récents. 

i) Roches rouges, oligistifères, manganésifères, généralement 
subordonnées au coticule. 

2) Phyllades ottrélitifères à petites lamelles d'ottrélite, ana- 
logues aux ardoises de Vielsalm, mais à clivage moins développé. 

3) Phyllades violacés, simples. 



— B Il5 — 

4) Roches sans pigment, verdâtres ; le terme eomi)rendra 
aussi bien les roches rapportées au Salmien supérieur qu'au 
Salmien inférieur, à savoir; phyllades aimantifères, dalles, 
quurtzites verts, quartzophyllades zonaires, etc.; ceci, dans le but 
de simplifier le tracé des failles qu'il serait difficile de suivre 
dans ces roches. Les lambeaux que nous avons tracés sont 
ainsi limités aux roches rouges, bien que les failles soient, en 
réalité, situées plus au Nord. On conçoit, cependant, que l'inter- 
prétation que l'on pourra tirer de la carte tracée dans ces 
conditions, conservera toute sa valeur. 

5) Roches graphiteuses, pyritifères. 

Ou observe sur le terrain qu'une faille de direction sensible- 
ment X.-S. passe dans la vallée du Groumont. A l'ouest de cette 
faille, vis-à-vis de Lierneux, quatre bandes se succèdent régu- 
lièrement et en direction concordante E.-W. 

Ce sont, du X. au S., des roches rouges manganésifères, des 
roches ottrélitifères, des roches vertes, marquées par une dé- 
pression, et des roches noires. A l'est au contraire, il est 
possible, après les considérations indiquées ci-dessus, de déli- 
miter au moins cinq lambeaux. Le i)lus important au Sud 
contient comme terme supérieur les phyllades ottrélitifères de 
la montagne Colanhan et il est remarquable par le grand 
développement du dernier terme de la série, les phyllades noirs. 
Ceux-ci s'étendent depuis le village d'Ottré jusqu'à Régné. Les 
deux bandes de phyllade rouge, contenant quelques veines de 
coticule qu'on observe au sud de Lierneux, limitent deux autres 
lambeaux qui renferment la série presque complète des roches 
dont les affleurements sont aisés à observer dans la vallée du 
(iroumout. La géologie de cette région peut s'expliquer alors 
par le reploiement vers le Nord d'une bande uniclinale de Salmien, 
ave<' décrochements successifs; le résultat ayant été, en fin de 
compte, d'étager les fragments le long de la faille du Groumont. 
Le sens de la poussée qui a pu amener un tel résultat paraît 
avoir été est-ouest. 

La séance est levée à 28 heures. 



— B ll6 — 

Excursion du dimanche 10 septembre 1905. 

Partis en voiture de Thôtel d'Orange, à Stavelot, à 7 \U heures, 
les excursionnistes remarquent, en passant, différents affleure- 
ments de poudingue, de schiste et de grès rouges, rappoi^tés à une 
formation continentale, d'âge indéterminé, peut-être triasiquo, 
puis de phyllade et de quartzite noirs, reviniens; les voitures ne 
s'arrêtent qu'à la station de Trois-Ponts, dont la coupe est étudiée 
en détail. 

La gare de Trois-Ponts, comprenant de nombreuses voies, a 
fortement entamé les rochers situés à l'Est, de sorte que l'on y voit 
une tranchée à pic de très grande hauteur, où les roches revinienncs, 
peu altérées, peuvent être examinées à loisir. 

M. M. Lohest expose que le principal objectif de la visite do 
cotte tranchée est de faire constater que le Revinien est extraor- 
dinairement plissé, chiffonné et faille. Cette constatation a une 
très grande importance en ce qui concerne l'interprétation de la 
structure du massif de Stavelot. Si l'on regarde une carte géolo- 
gique du pays, on voit immédiatement que la réj)artition des 
différents étages du Cambrien est fort inégale au nord et au sud 
des rocliers de quartzite blanc de Hourt (Grand-Halleux). 

Les quartzites et phyllades verts n'ont qu'une largeur de 
200 mètres environ au su,d de ces rochers, tandis qu'au nord, ils 
ont un développement superficiel de près de quatre kilomètres. 
Les quartzites et les phyllades noirs entourant les précédents for- 
ment une zone large de 280 mètres environ au Midi, alors que, 
entre le massif de quartzites et phyllades verts d' A isomont et la 
bande de quartzophyllades zonaires de Ruy, ou en observe à jyeu 
près 6 400 mètres. 

Cette énorme inégalité de développement sui)erficiel, tant des 
roches vertes que des noires, n'était pas sans présenter des diffi- 
cultés d'interprétation. 

A. Dumont estimait que leur ordre de superposition est le 
suivant : 

\ Phyllade ottrélitifère, et oligistifore, avec coticule ; 

Salmien . .. ' 1 n i 

( (iuartzophyllade zonaire ; 

Phyllade très noir ; 

Revinien ^ Quartzite et phyllade noirs; 

Phyllade noirâtre, à crayons ; 



— B U7 — 

\ Phvllade et quartzite surtout verdâtres ; 
I Quartzite blanchâtre. 

M. G. Devvalque, interprétant la pensée de son Maître, admet 
que ces couches forment un nombre très considérable de plis fort 
aigus et renversés, dont les flancs, sensiblement parallèles les uns 
aux autres, inclinent uniformément au Sud ; en outre, de nom- 
breuses failles, dont la direction serait sensiblement la môme que 
celle de ces plis, interviendraient dans toute l'étendue du massif. 

MM. J. Gosselet et C. Malaise adoptent un ordre de superposition 
différent. 8elon eux, l'étage devillien serait intercalé entre les 
quartzites et phyllades noirs et les x)hyllades très noirs du Revi- 
nicn et la stratigraphie de l'ensemble serait beaucoup i^lus simple, 
beaucoup moins plissée que ne le supposeraient les auteurs précé- 
dents. 

H. von Dechen supposait que les roches vertes, rouges et 
blanches du Devillien ne scmt qu'un faciès des roches noires du 
Revinien, localisé aux environs de Grand-llalleux, ce qui rendait 
inutile l'hypothèse de l'existence de nombreux plis dans le 
Cambrien. 

M. J. Gosselet se rallia plus tard à cette manière de voir et 
arriva à la conclusion que, dans son ensemble, le massif cambrien 
de Stavelot est formé de deux vastes anticlinaux renversés, 
séparés par un synclinal, ce qu'il représente par la figure i. 



;Spa 







Fui. 1. - Coupe schématique du massif rambrieu de Stavelot '.J. (iosselet, 
L'Ardenne, p. 127, fig. 3.')). 

II. Quartzite des Hautes Faunes. 

b. Koehes blanches et vertes de Grand-IIalleux. 

r. Quartzite de Brùcken. 

d. Phyllades noirs «le La (ileize et quartzophyllades de la Lienne. 

e. Phyllades do Vielsalm. 

/i. Arkosedu terrain dévonien. 



— B Il8 - 

Aprèsavoir entendu ce rapide exposé, les exoursionnisteB par- 
courent la tranchée de la statioii du Xord au Sud. Toute cet ti' 
tranchée aétV' creusée dans une altemaDce de bancs de qnartzitc 
noiret de couches de phyllade noir, caractérisant la partie moyenne 
de l'étape revinien de Diimont. On y observe de nombreuses 
failles dont l'une est visible à la droite de la figure 2 et une autre 
à la gauche de la figure 3. (.'es failles, paraissant avoir la même 
direction que les couches, inclinent de 45" environ vei-s le Hud, 

Dans leur ensemble, les joints de stratification inclinent uni- 
formément vers le Midi, d'une cinquantaine de degrés, ce qui 
permettrait d'admettre que les couches se succèdent, d'une extré- 
mité à l'autre du massif camhricn, dans leur ordre de superiwsitîon 
originel, si, en certains points de cette remarquable coupe, on ne 
les voyait former des plis dont les deux versants ont le même 
pendage uniclinal. 

La figure a i-eprésente un pli synclinal de l'espi^ce, dans lequel 
une zone phylladeuse s'est fortement épaissie au crochon, tandis 
que ses flancs se sont amincis, surtout le septenti'ional. Le banc 
de quartzite surmontant cette zone s'est peu infléchi et est resté 
entier, alors que le banc de quartzite inférieur, qui a, pris part an 
plissement du phyllade, n'a pu se ployer et s'étirer comme lui, 
mais s'est rompu en de nombreux points et les blocs ainsi produits 
ont été écartés les uns des autres par l'allongement de l'ensemble. 



— B Il9 — 

I-a figure 3 montre le sctmmet presque horizontal, maifl inter- 
rompu pur un petit synclinal secondaire, d'un pli auticlinal, 
butaat, au Nord, contre une faille. Le bassin secondaire montre 
V même phénomène d'étiremont qoe celui de la figure 2, mais 
moins accentué. 



IjCs directeurs font remarquer que le sommet de la tranchée est 
partout formé de terrain détritique dans lequel dominent les blocs 
de quartzite, parfois très volumineux. C'est cette formation détri- 
tique qui cache les roches en place sur presque toute l'étendue du 
plateac. 

On reprend ensuite les voitures, qui s'arrêtent en face de l'orifice 
méridional du tunnel, situé au sud «le la station de Trois-Ponts. 
Là. ils peuvent constater que des quartzites et phyllades noirs, 
reriniens, analogues à ceux de la station, sont très visibles 
au-dessus de la voiite du tunnel : contrairement à ce que l'on 
observe d'habitude, ils inclinent nettement vers le Xord de 4^° 
environ, ce qui indique encore l'existence d'un pli. 

Dans les parois de la tranchée ouverte récemment pour la dévia- 
tion de la route, qui passe actuellement sous la voie ferrée, on voit 
un caillontis dont les éléments bien roulés sont formés en grande 
prédominance par du quartzite revinien. Ce cailhiuti« est un dépôt 



ancien de la Salm, qui coule actuellement une vingtaine de mètres 
plus bas que la tranchée. 

Les voitures reprennent leur course jus(xu*à la maison située 
immédiatement au-delà du pont jeté sur la Salm pour le passage 
de la route sur la rive droite. Là, on met pied à terre. Une exca- 
vation creusée dans le talus de la route pour permettre Técoule- 
ment d'un filet d'eau dans le fossé, laisse voir des blocs et de mau- 
vais affleurements de quartzite vert et de phyllade vert. M. Forir 
qui a vu cette excavation lorsqu'elle était encore fraîche, a recueilli, 
dans le phyllade, Oldhamia radiât a, Forbes, ce qui rend incontes- 
table son attribution au Devillien. Cet affleurement se trouve à 
l'extrémité sud-ouest d'un massif de cet âge qui s'étend, vers 
l'Est, jusque Aisomont, où il est interrompu par un petit synclinal, 
de roches noires, reviniennes, pour réapparaître bientôt et se 
terminer enfin au lieu dit Houhaie. Ce massif interrompu semble 
avoir échappé à la perspicacité de Dumont, qui ne le figure pas 
dans ses cartes. 

L'inclinaison vers le Nord observée dans le Revinien de l'orifice 
sud du tunnel de Trois-Ponts n'indiquerait-elle pas le versant 
septentrional de cet anticlinal devillien ? 

M. Forir attire l'attention sur le fait que, dans la tranchée du 
chemin de fer située sur la rive gauche, on aper^'oit des phyllades 
noirâtres, tendres, analogues à ceux qui, à Ennal, ont été exploi- 
tés pour la fabrication des crayons d'ardoise (touches) ; ces phyl- 
lades, à Ennal, se trouvent également au voisinage des roches 
vertes, devilliennes. 

Les excursionnistes remontent dans les voitures qui reprennent 
une allure rapide jusqu'au moulin de Roglinval, sans s'aiTcter à 
aucune des nombreuses sections faites, lors de lu construction do 
la route, dans des alternances de quartzites et de phyllades noirs, 
caractéristiques de la partie moyenne du Revinien ; l'on remarque, 
néanmoins, que, dans toutes ces sections, rinclinaison des cou- 
ches se fait invariablement vers le Sud et atteint, en moyenne, 
une cinquantaine de degrés. 

Au kilomètre 4-9^^» ^^^ chemin quitte la route et conduit à 
Spineux. Au nord de ce chemin, on aperçoit déjà un mauvais affleu- 
rement de phyllade et de quartzite verts ; à l'extrémité sud-est do 
la tranchée du chemin de fer qui se trouve sur la rive gauche, en 



fjirc (le ce point, on voit très phii renient le conta^'t des ninnips 
roi'hcs vcrtCK avec des phylladcs noii-K, analogues à peux exploités 
à Eaual et dont il a été (piestion pi-éfédenunent. Mais le temps fait 
défaut ponr uIIit lis^ voir. 

Kn face dn moulin de Rngtinval, une carrière a été ouverte 
tlan« des ([uartzitcs verts, inclinant de 53" vers le Sud, en vue 
<robtenir des matériaux pour l'empierrement des chemins, 

Cett<- carrière, rendue célèbre déjà par les observations de 
Duinont, est l'un des premiers gites tl'Oldhainia radiala, Forbes, 
signalé par G. Dewalque. Ce fossile s'y trouve dans des lits 
sfliistenx, intercalés entre les bancs de quartzite ; on en fait sans 
peine une bonne récolte ; certains membres recueillent aussi des 
cubes de pyrite renfermés dans la même roche, puis on se remet en 
route La direction, en ce point, est de 80" et l'inelinaison, d© 53" 
vers le Sud, 

Près de la borne kilométrique 108, se trouve une seconde 
ancienne carrière ouverte dans les mémos quartzites verts. On y 
voyait jadis nettement l'extrémité occidentale d'un petit anticlinal. 




ii> (laiiH lu c|tiiu-l/llc ilcvillii^ii su|iéi-ieur. lui S. île lu liorn 

]i>H i1<- In route île Vk-lKitliii n Trois- I'oiiIk. 

luine fait pnr lo ])ruret«Keiir Ami, Ktévart, 1« 8 avril iK<iKj. 



— B 122 — 

dessiné à la plume, le 8 avril 1868, par le reg^retté professeur 
Arm. Stévart (fig. 4). On ne i)eut plus constater aujourd'hui son 
existence, que par la différence d'allure de ses deux versants ; 
d ~ 85", I = 42" S., au Nord ; d = II^ / = 54"E. au Sud. On a 
récolté également Oldhamia radiata, Forbes en ce point, de même 
que dans la petite tranchée de la route au nord de Grand-Halleux, 
où les roches ont une direction de 63** et une inclinaison de 4^" vers 
le SE. 

Les excursionnistes descendent de voiture près du hameau de 
Hourt où existe une petite source d'eau minérale, fort mal captée 
malheureusement, connue depuis longtemps sous la désignation de 
Poiihon de Grand- Il ail eux. 

M. H. Forir profite de cet arrêt pour attirer l'attention sur les 
différences que présente le relief de la contrée selon que le sol est 
formé de roches devilliennes ou reviniennes. Dans la première 
partie de l'excursion, la vallée de la Salm est extrêmement 
encaissée, les montagnes qui l'avoisinent ont une altitude («onsidé- 
rable ; cela est dû peut-être en partie, à la forte proportion des 
quartzites dans le Revinien moyen, mais certainement aussi à la 
résistance des phyllades noirs à la désagrégation. Dès que l'on 
pénètre dans le Devillien, la vallée s'évase, ses versants sont en 
pente douce, les sommets qui Tavoisinent sont beaucoup moins 
élevés ; l'anticlinal devillien forme une vaste dépression superfi- 
cielle, limitée de toutes parts par des crêtes reviniennes ; c'est 
vraisemblablement la grande altérabilité des phyllades verts qui 
est la cause de ce phénomène. Dans le Devillien lui-même, cepen- 
dant, on peut remarquer une zone plus élevée que tout le 
voisinage, celle des quartzites inférieurs, blancs, que l'on va bientôt 
examiner. 

Le même contraste existe entre les régions dont le sol est formé 
par le quartzoi)hyllade zonaire du Salmien inférieur, très altérable, 
et celles constituées par les phyllades très métamorphiques du 
Salmien supérieur, sur lesquels les agents atmosphériquesn'ont que 
bien peu d'influence, ainsi que l'on pourra s'en convaincre dans 
le courant de l'après-dîner ; les premières sont déprimées, les 
dernières, au contraire, constituent les points culminants du pays. 

Les excursionnistes remontent en voiture pour se faire conduire. 



— B 123 — 

à une allure rapide, an tournant précédant les rochers de Hourt, 
c^ue A. Dumont a rendus célèbres. 

A partir de ce tournant, et jusque la B.K. io5, on voit nettement, 
dans l'accoteinent de la route, une alternance de quartzites et de 
pbyllailes verts, appartenant au Devillien supérieur ; ils ont une 
direction de 58*^ et une indinaison de 54'' SE. En face de la borne, 
se trouve encore un dernier affleurement des mêmes pliyllades, 
alors que le sommet des rochers qui le surplombent est constitué 
de quartzite blanc, identique à celui que Ton voit à la route un peu 
au-delà; la pailie inférieure de l'escarpement est exploitée par 
intermittence, depuis nombre d'années, pour Tempierrement des 
chemins ; elle est couverte d'éboulis, et ce n'est qu'à mi-côte que 
Ton peut voir en place le quartzite blanc dont Dumont a fait l'étage 
inférieur du Devillien, le terme le plus ancien de la série géolo- 
gique belge. Selon lui, ce quartzite forme « un dôme ellyptique, 
» allongé du SW. au NE., dont les rochers du Hourt mettent 
>> l'observateur à même de saisir aisément la structure. » 

Cette manière de voir a été contestée notamment par MM. Cîosse- 
let et Malaise, et il faut reconnaître que l'allure des couches est 
loin d'être manifeste. En s'avan^*ant de ([uelques mètres dans le 
chemin d'exploitation qui se trouve à l'extrémité méridionale des 
rochers, on croit bien constater, cependant, que le sommet de 
l'escarpement est formé de trois gros bancs, semblant incliner 
faiblement vers le Sud (fig. 5). 




Via. 5. 

Voûte des rocln*rs île lloiirt, d'après une photographie i)rise de la rive 
j;auehe de la Salin ; la figure a été eoniplétée par Tindieation de deux 
ex]doitations du pied des rochers, l'une dans le phyllade du Devillien 
supérieur, l'autre dans le (luartzite blanchâtre du Devillien inférieur. 



M. Forir exj)Ose que le versant oriental des rochers est constitué 
par une surface qui semble bien être un joint de stratification et 



- Bia4- 

qui a une forme trou conique, Dumont y a noté une dîreetion de 
80° et une inclinaison vers l'Est. 

A l'extrémité septentrionale de l'escarpement, on voitane masse 
rocheose, dans laqacll*^ un joint paraissant être de stratification 
incline fortement vers le Nord ; enfin, vers le milieu de la partie 
moyenne de la montagne, M. Lohest et Ini ont pu conKtater, lors 
du levé géologi(|ue de la feuille de V'ielsam, l'existence d'un lit 
phylladeux, intercalé dans le qiiartzite, et où ils ont pu mesurer 
rf= i5a"; 1 =66'>E. 

De ces constatations il résulte que, si l'hypothèse de l'existence 
d'un dôme dont les rorliers de llourt formeraient l'extrémité 
orientalen'est pas à l'abri des contestations, elle est. cependant, 
très vraisemblable. 

Aa delà des quartzites, on voit ensuite, dans la tranchée, des 
phyllades verts, puis des quart/ites verts, appartenant au Devillicn 
supérieur, et qui s'observent jusqu'au delà de la U.K. 1114. 

Mais la rive gauche de la Salm présente une constitution très 
différente ; un rocher de quartzite blanc {n" 7 de la fig. 6) est 
entamé au X. (n " 9} et au S. ;n" 8) par la voie ferrée. 



rnrtf ilii iiiHH-^lt lit) .]nftrtzilf 

lilam-ilu Hoiii-I. 

Kcliulle <li- t : 411 mm. 

1ms iirfli'ui-emuiiis >^o]i( iimi'- 
igiiés |inr iIch IiioIil-s noires. 
leMilébrlxileiiiiiirtxitolilHiK', 
pnr iloH (.'roix, veux lUi l'Iiyl- 
!a<lo v<Tl <lu l>c-villicn supé- 
rieur, |iar<l0K traits Uiirroiil 
les «hemiiui. 



Au Nord, on apn mesurer (/ — 116"; 
i = 4^" S. Au Sud, la tranchée d» 
chemin de fer est très intéressante ; 
presque en face de la B.K.104 de la 
route, on peut y observer, du Nord 
au Bud, 36 mètres de quartzite blanc, 
devillien inférieur :</^ 84"; (' — - 47"^-! 
40 mètres de phyllade vei-t, très altéré, 
devillien supérieur, dont les dernières 
couches sont en concordance avec les 
suivantes; enfin, 70 mètres de quartzite 
blanc, devillien inférieur : (/ — 82" ; 
i = 55"S. II y a donc ici un s.^TicIinal 
uiiiclinal très net, dont les bords sont 
formés par le Devillien inférieur et 
dont le centre est occupé par le Devil- 
lien supérieur. 



— B 125 — 

Au delà (le la B.K. 104, raecoteraeiit de la route ne montre plus 
qu'un petit affleurement de quartzite vert, près du tournant; 
mais, en face, la rive gauche fournit un magnifique exemple 
d'extrémité de dôme, photographié en 1899 (^). A première vue, on 
croirait se trouver en présence d'une voûte de quartzite blanc, 
devillien inférieur ; mais un examen plus attentif montre que 
toutes les couches inclinent vers la vallée. L'ensemble a une lon- 
gueur de 36o mètres et sa hauteur est de 55 mètres au-dessus de la 
voie ferrée; la direction y est de 32" et l'inclinaison, de 41*" SE. à son 
extrémité NE. ; au SW., au contraire, on observe d =^ 78", i -= 36" S : 
un peu au sud de ce dôme, on voit un rocher de phyllade vert, où 
la direction est de 95® et l'inclinaison vers le Sud de 48*" ; ce 
phyllade semble donc reposer en concordance sur le quartzite 
sous-jacent ; il se prolonge sur la rive droite, où son allure est un 
peu différente : c/=75", / = 56" S. et confirme l'opinion que le 
Devillien supérieur entoure un dôme de Devillien inférieur. 

En groupant toutes les données précédentes, on peut représenter 
comme suit (fig. 7) la disposition des quartzites blancs de la vallée 
de la Salm. 




FiG. 7. 
Projoi'tioli, sur un plan méridien, ilf la i*ou])i» do la vallée de la Salm. 
/>/>2. PliylladeH et quartzites verts du Devillien sujiérleur. 
Dvi. Quartzites blanchâtres du Devillien inférieur. 

Ainsi qu'on peut en juger, le massif de quartzite blanc ne forme 
pas un dôme unique, mais est du à la réunion de trois dômes 
voisins les uns des autres, et séparés, à leur extrémité orientale, 
par des golfes de phyllades et quartzites verts. 

L'affleurement de ces dernières roches au delà du tournant de la 
route n'a guère que 220 mètres de longueur; malgré les recherches 
réi>étées que Ton y a faites, depuis nombre d'années, on n'a pu y 
découvrir le fossile caractéristique du Devillien supérieur. 

(ij Voir ^iiii. Soc. géol. de Belg;, t. XXV bis, pi. III, fig. i et pi. IV, 
^g- Sf 19 uovembre 1899. 



— B 126 — 

Immédiatoment au delà du dernier banc de quartzite vert, 
entamé pour obtenir des matériaux d'empierrement, on voit une 
alternance de qnartzites etdepliyllades noirs, s'étendant jusque la 
B.K. io3. Les phyllades gris, tendres, de la base du Revinien, font 
donc défaut ici, de même que semblent manquer les phyllades et 
quartzites verts à Oldhamia radiata du sommet du Devillien. Cette 
lacune justifie Thypothèse très vraisemblable faite, depuis long- 
temps déjà, par G. Dewalque, de l'existence d'une faille en ce 
point; cette cassure paraît dirigée à peu près K.-\\'., mais l'absence 
d'affleurements devilliens à l'est et à l'ouest de ce point, rend son 
tracé fort peu précis. 

A une centaine de mètres au delà de la borne io3, le fossé et le 
talus de la route sont couverts d'une boue noire, onctueuse au 
toucher, qui parait bien n'être autre chose que le résultat de 
l'altération du pyllade très tendre et très noir, bien visible, au 
sommet de la colline, dans le vieux chemin de Vielsalm à Hourt ; ce 
phyllade s'étend très loin vers l'Kst, où il forme deux bandes se 
réunissant au S. du Chêne du Cheneux : celle de Beaufays et 
Mont-Michel et celle de Petit-Thier et du Poteau ; il est le terme 
supérieur du Revinien. La persistance de la pluie, qui tombe fine 
et drue depuis le matin, fait renoncer les excursionnistes à 
l'ascension de la montagne et à l'étude de ces phyllades peu altérés. 

Tls s'arrêtent encore quelques instants à une centaine de mètres 
au sud de la borne kilométrique 102, pour y examiner un bel affleu- 
rement de quartzophyllade zonaire, caractéristique du Salmien 
inférieur, puis ils se rendent à l'hôtel Bourgeois, oii les attend un 
repas réconfortant. 

Pendant que l'on procède aux derniers préparatifs de cette 
collation, M. M. Lohest expose sommairement les conclusicms 
auxquelles ils ont été conduits, M. II. Forir et lui, par le levé de la 
carte géologique détaillée de la région (fig. 8). 

Tout d'abord, il est à observer que, autour du massif de quartzite 
blanc de Hourt, les différents niveaux observés pendant l'excursion 
de la matinée forment des zones concentriques, dont le développe- 
ment superficiel est incomparablement plus considérable au Nord 
qu'au Sud ; chacune de ces zones reproduit et amplifie même les 



— B 127 — 

particalai'itî's de celle à laquelle elle succède. C'est ainsi que le 
luînuscule synclinal observé dan» le Devillîen inférieur, danu la 
trancliée du chemin de fer, en face de la B.K.104 de lu route, 
devient, dans le» quart/uphyl Indes /aniiirc» du Salmien inférieur, 
un bassin de plus de trois kilomètres de longueur et de lioo luètres 
de largeur moyenne. 



Carte géologique du maHsIf cuiiibriuu île Sitivclui. 
Euhell« (le i : Soo 000. 



— B 128 — 

I/abondance des quartzites noirs dans la i)artie médiane du 
Revinien et raltérabilitô <les phyllades très noirs de sa partie 
supérieure en une terre noire oara(*téristique, a rendu assez aisre 
la constatation de cette disposition, malgré la rareté de vrais 
affleurements dans cette région boisée. 

Kn second lieu, l'existence d'une deuxième bande interrompue 
de quartzites et de phyllades verts, plus étroite que la bande de 
Grand-Halleux, au milieu des roches noires, au voisinage de Trois- 
Ponts et celle d'une troisième bande, discontinue également, des 
mêmes roches, plus étroite encore, signalée par G. Dewalque à Stu- 
velot et par A. Dumont aux environs de la cascade de Coo, a attiré 
particulièrement leur attention. 

Enfin la présence d'une étroite languette de Salmien inférieur 
à Francorehamps, qui semble être le prolongement du synclinal de 
la Lienne, et la réapparition des mêmes roches, mais avec un 
développement transversal plus considérable, à 8pa, à Sart et au 
lac de la Gileppe, leur a paru appartenir au même ordre de 
phénomènes. 

Cette disposition fait penser à une succession de plis synclinaux 
et anticlinaux, s'enfonçant de plus en plus profondément vers le 
Nord, on les terrains les moins anciens prennent un développe- 
ment de plus en plus considérable. 

C'est ce qu'ils ont voulu représenter par le croquis schématique 
suivant (fig. 9), qui n'a aucune prétention 11 l'exactitude et dans 
lequel les failles ont été volontairement négligées. 




Fuj. î). 



'oupe Bchéinatiquo siiivaut la lijîiie NS de la carte précédente ffig. fi). Lï 
figuration des divei*ses subdivisions du Cambrlen est la mémo que dans h 



figurât 
fig. 8. 



La 
a 



Kchelle de 1 : 250 000 

Quoi qu'il en soit, il leur paraît que la disposition concentrique 
qu'ils ont observée est incompatible avec l'hypothèse que les roches 

14 MARS 1906. 



— B 129 — 

vertes et blanches, dont Dumoiit a fait son étage devilUen, seraient 
un faciès local des roches noires, rcviniennes. 

L'étude (h'taiUce de la région les a donc conduits à confirmer 
les vues de Dumont, et à justifier Tinterprétation qu'en a donnée 
son élève G. Dewalque, en s'ajipuyant uniquement sur des obser- 
vations de détail et sur des comparaisons pétrographiques et 
paléontologiques. 

La pluie, persistante mais fine pendant toute la matinée, avait 
augmenté sensiblement durant Theure du repas, et elle devint 
véritablement torrentielle à la fin de Texcursicm, rendant la 
marche et l'observation très pénibh^s. Cependant, aucun des 
participants ne voulut abandonni^r la partie. 

On partit de Thotel Bourgeois à treize heures précises, pour 
continuer la coupe de la rive droite, dans la direction de Salm- 
Cluiteau. 

Sans quitter les voitures, on put voir, près du chemin condui- 
sant à la chapelle Gengoux et à Neuville, une petite tranchée faite 
par des scieurs de long, tranchée où les quartzophyllades zonaires 
du Salmien inférieur étaient encore visibles ; en face du 
chemin conduisant à la station de Vielsalm, le rocher a été 
entamé sur une centaine de mètres, pour la construction de maisons, 
et ainsi ont été mis à nu des quartzites verdâtres, relativement peu 
durs, faiblement inclinés et ondulés, et présentant beaucoup 
d'analogie avec ceux du Devillien supérieur. Ces quartzites 
forment, pour Dumont, le sommet du Salmien inférieur. Puis on 
ne voit plus d'affleurement jusqu'au sentier conduisant aux ardoi- 
sières. Contre ce sentier, se trouve une petite exploitation de 
phyllade ottrélitifère, abandonnée dei)uis longtemps. 

D'après les renseignements fournis à MM. Lohest et Forir et les 
échantillons qu'ils ont vus, une galerie d'écoulement des carrières 
d'ardoises du sommet de la rive droite a recoupé, au nord du 
phyllade ottrélitifère, d'abord du phyllade violet avec coticule, 
puis du phyllade rouge. 

Tout contre l'exploitation du fond de la vallée, se trouvent quel- 
ques bancs de phyllade vert, contenant de minces lits de quartzite, 
mieux visibles au sommet de la montagne, auxquels succèdent des 
quartzophyllades zonaires, gris, surtout bien déveloi)pés dans les 

ANN. soc. GÉOL. UK BELG., T. XXXII. BULL., 9 



— li l'M) — 

ro<*hers dominant la vallée», mais dont les débris s'acciinuilent au 
pied du talus. 

Dumont a signalé que, vers le milieu (1(» la partie inférieure de 
ces rochers, la stratification est peu inclinée ou horizontale et il a 
noté, vers le sommet, dans leur partie médiane, d ^- un"; i -= 45*" 
NE. et, dans leur partie méridionale, d = 75^: i = G6'' SE. 11 en a 
tiré la c(mclusion que ces quartzophyllades ont une disposition 
synclinale ; MM. Lohest et Forir estiment, au contraire, que l'al- 
lure renseignée est caractéristique d*un anticlinal. MM. A. Renier, 
Al. Galopin et L. de Dorlodot ont déterminé, dans ces quartzo- 
phyllades, des allures comparables à celles indiquées par Dumont; 
ils ont, en outre, reconnu des pendages vers l'Est qui ne sont 
guère compatibles avec une allure synclinale. 

La largeur de la bande de quartzophyllade est d'environ 4^^ 
mètres ; au delà, se trouvent des travaux de rechendie dans un 
phyllade ottrélitifère, comparable à celui que nous avons vu pré- 
cédemment, mais moins clivable ; il ne paraît guère avoir plus 
d'une quarantaine de mètres; enfin, on voit de petites excavations 
d'où l'on a extrait du coticule accompagné de phyllade violet, 
oligistifère, et l'on arrive au viaduc du chemin de fer, après avoir 
examiné, à distance, le point du sommet de la colline où a eu lieu, 
il y a quelques années, une tentative d'exploitation de bornite, de 
malai^hite et d'azurite. 

Traversant le hameau de Salm-Château puis la Salm, on arrive 
bientôt à un rocher de quartzite vert, situé à l'endroit où la route 
de Bovigny se sépare de celle de Bouillon. Ce quartzite avoisine 
du quartzophyllade zonaire affleurant sur cette dernière route ; 
mais le contact des deux roches n'est pas visible. MM. Lohest et 
Forir considèrent ce quartzite comme correspondant à celui qui a 
été vu en face de la station de Vielsahn, c'est-à-dire comme cons- 
tituant le sommet du Salmien inférieur. 

On se rend ensuite rapidement à la i)etite exploitation de pou- 
dingue et d'arkose gedinniennes, située à une faible distance, à 
l'ouest de la route de Bovigny ; ce Gedinni(»n paraît être en discor- 
dance sur les ro(*hes salmiennes ; mais on ne peut préciser. 

On ])rend ensuite la route de Bouillon, pour se rendre à la petite 
carrière de dalles située sur la rive gauche du ruisseau de Golnay, 
carrière où un élève du cours de géologie de l'Université de Liège 
a trouvé un exemplaire de Dictyograpiua /labellifornus, Eichw., 



— B l3l — 

dans (lu (iuart/.c)i)liylla<le zonaiiv, salin ion inférieur, ayant une 
direetion de 83" et iiielinant au Sud de 4'^'*. Une dalle provenant 
d^^ f»ette carrière, et conservée au laboratoire de géologie de T Uni- 
versité de liiége, montre des traces de vers indiscutables. 

Les excursionnistes suivent ensuite, jusque la voie ferrée, le 
rbeniin longeant la rive gauche du ruisseau de Oolnay. Tout contre 
le pont du chemin de fer, le rocher a été entamé pour livrer pas- 
sage au chemin ; il est formé de phyllade violet, oligistifère, 
siihnien supérieur. 

M. LiOhest fait remarquer que, si Ton tient compte de la direc- 
ti<m mesurée dans la carrière de dalles très voisine. Ton devrait 
retrouver ici les quartzophyllades zonaires (pii y sont exploités ;^ 
i>n voit quMl n'en est rien; cette anomalie s'explique par l'existence 
d'une faille qui se prolonge très loin vers l'Ouest et qui met les 
quartzox>hyllades du Salmien inférieur successivement en contact 
avec toute les roches du Salmien supérieur. 

ï^e temps s'écoulant rapidement et la pluie devenant de plus en 
jdns abondante, les excursionnistes se hâtent d'escalader le sentier 
de chèvres qui doit les conduire au sommet de l'escarpement. 

A une faible distance du pied, ils peuvent réc(>lter quelques rares 
débris de Dewalquite et d'albite, provenant d'une petite recherche 
de ces minéraux, actuellement abandonnée; ils ne tardent pas à 
arriver à une ancienne exploitation de coticule dans le phyllade 
violet oligistifère, puis ils passent sur des tètes de bancs et des 
rochers de phyllade rouge et parviennent à l'exploitation en 
activité de coticule dans le même phyllade violet, oligistifère. De 
nombreux débris de l'exploitation sont déversés sur le terril et 
Ton peut y récolter de bons échantillons de la i)récieuse pierre à 
ra.*ioirs. 

I/un d'eux montre le passage très net d'un pli à une faille; il 
fait actuellement partie des collections de géologie de l'Université 
de Liège. Les figures lo et ii ci-contrc font voir clairement ce 
jdiénomène; la partie de droite de la figure lo montre un pli en 
S très aigu, qui s'est rompu dans l'intérieur du bloc et a dimné 
naissance à la faille visible vers la droite <le la figure ii. 

Un peu au nord de cette carrière souterraine, se trouve une 
e\ph>itation d'ardoises, ouverte dans les phyllades ottrélitifères. 
exploitation située un peu au sud de celle que nous avons visitée 
précédemment sur la rive droite. 



ii'Iie plissiti^ ilu cuticule iIhik^ ilii i>livltiiik- viulpl,iilif;i)tlirèr<-(I')ii>ii)Krii)>li 
.' M. II. F..rir). 



Filcf oplHisi-c liti iiiûnic ccluiiilillini. l.t- pli un S .le ilniilt- s'unt r<)iii]iu et u 
^{V! rt<iii|ilucc |i<iiMiiic fiiitlc I I>liolii)irH)ili<e île M. II. Fnrir. fviivei^Mèoj. 

M. Forip fait rfîinîirfjncr que toutes les i-ochos observées sur le 
veit<ant ocfidontiil de lu. vallée se trouvent juste en fa>'e du 
(luarlzophyllade zonaii-e de son versant oriental. La «iireetion des 
couches étant sensiblement E.-\\'., cette asj-métrie des deux 
rives de la Kalm ne peut s'e:cpli(iner que par l'existence d'une faille 
dans le fond de la vallée, faille signalée déjà, depuis longtemps, par 
M. GosFielet. 

Les excursionnistes redi.'seendi^nt ensuite dans le clieroin lon- 
geant le pied de l'eBrai-penient ; ils y observent encore un petit 
affleurement de pliyllade ott relit itère, puis des pliyllades verts peu 
développés, du quart/ophyllade xonaire gris, auquel siieoède, dans 
le cbemin ascendant conduisant au bois <le Bonalfa, du pli,vllad(> 
vert, puis du pliyllade ott relit ifère, tandis que, dans le chemin du 
fond de la vallée, ce quart/.ophyllade est séparé da pliyllade ottréli< 
tifére par un brouillage indiquant l'existenee d'une faille de 
refoulement, à pendage sud et à faille rejet. 



f -_ B i33 — 

La coupe, depuis ce (luartzophyllade jus(iu*à la station de 
Vielsalm, ayant mis à nu une partie du Salmien (jue l'on a rarement 
l'occiision d'observer, il peut paraître utile d*en donner une coupe 
détiiillée, en prenant comme origine des distances le (*entre du 
bâtiment de la station. 

De 729™ à 5o9"*. Quartzophyllade zonaire, dont il vient d'être 
question. 

A 509'". Brouillage C(mteuant des blocs et des débris de quar- 
tzophyllade zonaire, gris. Passiige d'une faille inverse à pied sud. 

De 509" à 4<^™- Phyllade ottrélitifère, violet foncé, dont la .s7ra- 
tification horizontale est indiquée i)ar des zones de coloration verte. 

De 4^™ **' 349'"- Phyllade violet, avec de nombreuses ccmches 
minces, blanchâtres, paraissant être du coticule, et inclinant de 
^" vers le Xord, 

A 349". Axe du viaduc (repère). 

De 349'" à 290'". Même j)hylladc violet, dans lequel les couches 
à apparence de coticule deviennent moins nombreuses. 

Au-delà, la coupe se continue dans la tranchée de la voie ferrée, 
on Ton se rend directement. On y fait les observations suivantes : 

Tout contre le via<luc, se trouvent des éboulis au milieu desquels 
on récolte du j)hyllade vert clair, à grandes lamelles d'ottrélite. 

.\u-delà, et jusque 290'", phyllade violet, avec minces lits de 
roche claire, à aspect de coticule. 

De 290™ à 270'". Couches de ])hyllade vert et rouge, bigarré, 
contenant, à 278"*, une zone de plu'llade rouge, criblé de vacuoles 
paraissant dues à la disparition de cristaux d'un minéral inconnu. 

De 270™ à 254™. Quartzophyllades zonaires, verts et violet som- 
bre, analogues à ceux qui scmt exploités pour dalles, sur les 
hauteurs de la rive gauche de la Salm ; ces quartzophyllades 
<»ontiennent des bancs, de o™4o d'épaisseur environ, de phyllade 
vert clair, à grandes lamelles d'ottrélite. 

De 254*" à 25i™5o. Bancs de cpiartzite vert, suivis de phyllade 
vert clair à grandes lamelles d'ottrélite. 

De 25i"5o à 247"'. Phyllade violet, altéré et quartzophyllade 
zonaire, de même couleur. 

De 247"* à 238'". Bancs minces de quartzite vert, à surface ma- 
melonnée, interstratifiés de quartzophyllade zonaire et de phyl- 
lade violet altéré. 



- B i34 — ^ 

De 238'" à 23o'". Qcuirtzophyllade /oiiairo, violet ot phvlladi» 
violet altéré. 

De 23o'" à 229'"4<). Gros banc de quartzite vert. 

De i229'"4<> ^ îiïi"'- IMiyllade viohwé, avec intercalations de (juar- 
tzopliyllade zonaire de môme couleur, le tout très altéré. 

De 211'" à 208'". Quaiiizophyllade zonaire, violet. 

De 2o8'" à 178"*. Quartzophyllade zonaire, gris vert. 

De 178"' à 174'". I^liyllade vert. 

De i63'" à i55'"7o. Rocher de phyllade vert. 

A 140'", à 93'":>o et à 72"'5o. Blocs de quartzite vert, dans du 
limon. 

De 72'"5o à 3i'"5o. Blocs de quartzophyllade zonaire, gris, dans 
le même limon. 

A 3i"'5o. Rigole en pierres de taille, amenant les eaux de la 
campagne» surmontaut la tranchée, dans le fossé i{\i\ en longe le 
pied (repère i. 

Au-delà, limon jusqu'aux premiers rochers de quartzophyllade 
zonaire, gris, visibles à 270'" environ au nord du bâtiment de la 
station. 

Ici se termine l'excursion du jour, et les particijiants s'em- 
pressent de gagner le café Molhan, en face de la station, où ils 
vont se sécher en attendant le passage du train qui les ramènera 
à Stavelot. 

M. Lohest profite de cette ])ériode d'attente pour exposer briè- 
vement les hypothèses que M. Korir et lui ont émises pour expli- 
quer la disposition des roches salmiennes, vues dans l'excursion 
de l'après-dîner et les objections à leur dernière manière de voir 
qu'entraînerait la comparaison de la coupe de la I^ienne que Ton 
visitera le lendemain avec celles de la Salm. 

Tout d'abord, ainsi qu'on a pu en juger, les deux rives de la 
Salm présentent des coupes qui ne peuvent se raccorder directe- 
ment. Cette constatation a (conduit, il y a longtemps déjà, M. J. 
Gosselet à ailmettre l'existence d'une faille ti*ansversale, passant 
dans le fond de la vallée ; cette faille, constituant une ligne de 
moindre résistance, a vraisemblablement permis à la rivière de 
franchir cette forte élévaticm, dont le métamorphisme a rendu les 
roches très résistantes, par suite de leur faible altérabilité ])ar les 
agents atmo8])hériques. • 



— B i35 — 

A. Duinont considérait le massif ck» qiiartzophylladeR zonaires 
situé au sud des exploitations d'ardoises de la rive droite, eomnu» 
ayant une disposition synclinale, ce qui l'obligeait à admettre 
la disposition suivante, de haut en bas. 

i 7" (iuartzophyllades et phyllades zonaires, supérieurs 
Salmien ^^' Pbyllade eoniptiet, vert 



supérieur 



Salmien 
inférieur 



5" Pliyllade ottrélitifère 
I 4" I*byllade violet, à eoticiile 
3" Pbyllade rouge 

\ '-i" (^uartzite vert et pbylUwU^ eomi)aet, de même 

eouleur 
I V Quartz()j)liyllades et phyllades zonaires, inférieurs 



M. J. (r()ssel(»t, quia plus spécialement étudié la rive gauche, 
n'y voit aucune symétrie ; il suppose l'existence de deux failles, 
l)()ur expliquer la double réapparition des roches. 

La succession de celles-ci, dans sa manière de voir, serait la 
suivante, de haut en bas : 

9" Pbyllade zonaire supérieur, exploité \nnir dalles. 

B" Pbyllade compact, verdâtre, supérieur. 

7" Phyllade violet, à coticule, supérieur. 

G*" Pbyllade nnige. 

-V' Pbyllade violet, à coticule, inférieur. 

1" I^bvllade ottrélitifère. ., .„ 

o 1*1 ' 11 1 — Paille 

,>" iMiyllade zonaire, moyen. 

2" Phyllade vert, compact, inférieur. 

1" Quartzophyllades et phyllades zonaires, inférieurs. 

('es d<Mix opinions sont, comme on le voit, très différentes. 

(Vile de Dumont peut s'appliquer aux deux rives de la Salm ; 
mais il n'en est ])as d<» même de celle de M. Gosselet, qui ne per- 
met pas d'explitpier la coupcî du versant oriental de cette rivière. 

Dans le cours de rex<»ursion, il a été montré que les arguments 
invoqués par Dumont pour justifier la disposition synclinale des 
qaartzophyllades zonaires situés sur la rive droite, au sud des 



— B i36 — 

ardoinières, serabienl mii-ux s'appliquer à riiypiitliÙRe (l'iinunti- 
rlinal qu'à eelle d'un synclinal. 

C'est à CBttc nitinière de voir que M. Korir el lui se sont ralliés 
et eela les a conduits à admettre les trui/i'-s suivants, en plan et en 
conpe. 



l'Kl. l-i. 

e néologUiuo ik'H <Miviriiiiii <le Vit-lsnltii. Ki-liell« il 
F. Arkose ^u<liit)iictiiie. 

\ 1>. l>livtla<le violet >i toth-ulc, exploiu- 

LLi'ii I (,_ [>],yi[„,[g i.l(r«lilifêre, oiploité iiim 
|Hiur rlalles el imur |iierre« à liiitir. 



SHliiiifii 

inférieur 



B. (fiiurt/iie vert et )iliyllHite verl. 

A. (jiiHrl/.u]>li(llii(le et plitllaile z>iiiiure><. cxiiloiléH |ii> 

ilalIesfA'). 
f. Fiiillea. 



— B i37 — 



ViG. i3. Coupe «k» In rive di'oite do la Salin. Echelle de i : 20 000. 





4 



.3 




FUt. 14. Coupe de la rive j^auehe <le la Salui. Echelle de i : ao 000. 



Ainsi que Ton peut en juger, cette solution est la plus simple de 
relies qui ont été préconisées, en ce sens que chaque espèce de 
roche n'apparaît ([u'à un seul niveau. Mais elle nécessite l'hypo- 
thèse de Texistence de failles longitudinales à Test et à Touest de 
la faille transversale de la vallée de la Salm, et elle ne permet pas 
d'expliquer l'absence de quartzite vert des deux côtés de Tanticlinal 
principal de quartzophyllade zonaire, alors que ce quartzite se 
trouve au nord et au sud de cet anticlinal. 

Dans cette hypothèse, la disposition des couches sur les deux 
rives est absolument la même; elles formeraient deux synclinaux 
principaux séparés par un anticlinal. 

La faille de la Salm semble avoir provoqué un affaissement relatif 
de 8a lèvre occidentale, affaissement qui, combiné avec une érosion 
plus forte sur la lèvre opposée, aurait amené l'élargissement de 
l'affleurement de l'anticlinal de la rive droite et un déplacement 
apparent de son axe vers le Sud, d'environ 270 mètres. 

L'appropriation récente de la i)artie méridionale de la station de 
V'ielsalm, fait constater l'existence d'une apparence de voûte dans 
les phyllades violets contenant une roche claire, ayant l'apparence 



- B i38 — 

de» coticule et dans les phyllades ottrôlitifères et conduisirent son 
collaborateur et lui à admettre (jue les quartzitc^s verts de la tranchée 
de la station, de mùme que ceux qui leur font face sur Tautre rive, 
surmonteraient ces phyllades à coticulc(?j et seraient, par consc- 
<[uent, le terme supérieur du Salmien. 

Mais ils ne se dissimulent ])as (jue les constatathms faites <lans 
la vallée de laLienne <^t que Vou aura Toceasion de répéter le len- 
demain, sont difficiles à concilier avec cette hypothèse. Y aurait- 
il deux ou plusieurs niveaux de quartzite vert dans le Salmien ? 
La chose est très possible ; mais tm ])eut également sui)poser que 
Texistence d'une plateure dans les ])hyllades oligistifères et d'une 
inclinaison vers le Xord dans les phyllades à (»oticulc (?), indique- 
rait simplement un sy^nrlinHl secondaire, indépendant de l'allure 
générale du nuissif. 

Quoi qu'il en soit, on ])eut voir que la (question n'est pas résolue, 
et cela (h)it engager nos jeunes confrères àpoursuivre les recherches 

dans cette direction. 

* 

Les excursionnistes reprennent à 17 h. 4 le train (pii les ramène 
à 17 h. 41 il Stavelot où les attendent le dîner et le logement. 



Excursion du lundi II septembre 1905 

Le départ de l'iiotel d'Orange a lieu, en voitures, à 7 i 2 h(»urcs 
jirécises. L'objectif de l'excursion est double : faire voir aux parti- 
cijiants la ])artic de la vallée de la Salni com])rise entre Stavelot et 
son confluent avec l'Aniblève, puis ra<lmirîiblc partie de la vallée 
de cette dernière rivière jus(|u<» Stoumont ; ensuite, leur permettre 
d'étudier le Salmien i)eumétanior])hi(4UC de la partie sei)tentrionale 
de la vallée de la Lienne. 

Malheureusement, le (mcI couvert et l'aspect sombre du ])aysage 
ont beaucoup contrarié la première moitié de ce progrannnc. 

Mentiouncms, pour mémoire, que l'ini voit, (»n passant, la caseacU* 
de Cooct la montagm» conique qui l'avoisine, montagne sur laquelle 
est bâti l(î hanu',au de Cirand-Coo; chacun ])eut se rendre comi)te de 
l'origine de cette montagne par l'accentuatlim d'un méandn* de 
l'Amblève, aboutissant finalement à la rectification du cours de 
cette rivière. 



— B i39 — 

A Stouraoïit (planche XIV), on abandonne momontanénient les 
voitures à rentrée tle la vallée de la Lienne, i)Our prendre le 
raccourci de la route en lacet de Xhierfoinont. 

Ce sentier montre d*abord, jusqu'à une certaine altitude, des 
cailloux d'uni* ancienne terrasse de TAmblève, ])uis un affleurement 
continu de phyllade très noir, du sommet du Revinien, présentant, 
au delà de la rencontre du premier tournant de la route, un plisse- 
ment très curieux et très intense, (pii retient Tattentiim pendant 
un certain tem])s. 

La partie septentrionale du troisième tronçon de la route est 
encore dans les mêmes pbyllades très noirs, dont la direction est 
oblique par rapport à celle de ce tronçon: r/ =^ 88" ; / -- 56" S. 
M. M. Lohest y recueille des traces d'organismes, intéressantes 
surtout à. cause de l'absence de fossiles déterminables dans le 
Revinien. 

Le contact du Revinien et du Salmien inférieur est visible vers 
le milieu d(» cette partie de route, on les phyllades noirs, très 
feuilletés, pass(»nt assez rapidement à un quart zopbyllade feuilleté, 
verdàtre, formant des bancs assez épais. C^'est en ce point que 
G. [)e\val<iuc a recueilli, en i885, le premier échantillon de 
f)ictyo*>'ra/)tns /hibelliformis, Eichw. du bassin de la Lienne (^ . 
M. Dondelinger ne tarde pas à trouver un bel exenqilaire de ce 
fossile caractéristi(|ue lie la base du Salmien, d(mt il fait don aux 
Collecticms de géologie de l'Université de Liège, puis on en 
découvre de nouveaux spécimens, (jue se partagent les excur- 
sionnistes. 

M. Forir attire l'attenticm sur la différence de faciès que jirésente 
le Salmien inférieur sur la Lienne et sur la Salm, ainsi qu'on le 
constatera encore i)ar la suite. Alors qnv, dans cette dernière 
région, les quartzophyllades sont z(mair(»s et gris, ici, ils sont 
feuilletés et venlâtres. 

Il rappelle (ju'un di'uxièmc gisement de Dictyo^rHpfus a H(^ 
signalé, au bord méridional <lu synclinal de la Lienne, jiar M. C. 
Malaise*, sur la rive gauche de l'Amblèvc, à Chen(»ux-du-Rivage 
(La Gleizei {-). On ne tardera i»as à en voir un troisième au bord 
septentrional. 

('; Aiiti. Sor. jféoL de litl^., t. XII, Bull., p. 12(), 17 mai iSHô. 
(*) Ibid., t. XV, p. Lxxvi, 19 février 1888. 



— B 140 — 

Les excursionnistes redescendent à la route où ils reprennent 
les voitures qui les conduisent rapidement ù une ancienne carrière 
de quartzophyllade feuilleté, gris verdâtre, située sur la rive 
gauche de la Lienne, au lieu dit Es-è-Heid (Est-Zeheid des cartes 
topographiques et géologique), un peu en aval du lieu où la route 
traverse la rivière. La direction des couches, en ce point, est de 
65*^ et leur inclinaison de 80" vers le SE. C'est en cet endroit que les 
(conducteurs de Texcursion ont recueilli un mauvais exemplaire de 
Dictyograptiia ; M. Forir ne tarde pas à en trouver un second, 
remarquablement beau, et qui fait actuellement partie des Collec> 
ti(ms de géologie de rUniversité de Liège. M. Dondelinger y 
récolte des traces d*algues dont il fait don également à ces 
Collections et M. Lohest attire l'attention sur des ondulations 
remarquables du phyllade intercalé dans le quartzophyllade. 

La berge orientale de la Lienne est dominée par des rochers à pic 
<lu même quartzoi)hyllade, jusqu'au grand coude suivant de la 
route, au delà duquel un affleurement presque continu de ro(ches 
identiques, recoupées i)resque parallélementà la stratification, longe 
le chemin au Xord.On peut y noter successivement f/=^ 87*'; d •—78'^; 
inclinaison vers le Sud. Dans le tronçon suivant, les mêmes 
(piartzophyllades, montrant des ripple-marks très nets, forment le 
talus X W. de la route : ils ont encore la même direction et inclinent 
vers le Sud de 48". 

La route s'infléchit de nouveau vers leSSE.; son accotement oc- 
cidental est formé de roches semblables, dont l'allure est d= 'j3^\ 
i ^. 5o^S., roches qui se continuent jusque 173 métrés au delà de 
la4«B. K. 

En ce point, on quitte les voitures pour étudier des bancs de 
quartzite vert, recoupés par la route presque parallèlement à la 
stratification, et que l'on peut suivre sur 89 mètres, presque sans 
interruption. On y note successivement : d = 80", / =s 5o° S.; 
(l = 75", / -= 48" S. ; r/ == 700, / = 5o" S. 

M. M. Lohest attire l'attention sur la grande ressemblance de 
ce quartzite avec celui des deux rives de la Salm près de la station 
de Vielsalm, dont Dumont fait le sommet du Salmien inférieur, et 
avec celui de Salm-Chât(»au. 

Ce quartzite forme ici la limite entre les quartzophyllades du 
Salmien inférieur et les phyllades rouges, rapportés i)ar tout le 



— B 141 — 

niondc au Salmien supérieur. Leur situation géologique ne paraît 
psis contestable ici, alors ([u'elle est discutable sur la Salm. Cette 
coupe semble donc confirmer les vues que M. Forir et lui ont 
exposées en 190 1, sur la succession des roches du sommet du Caiii- 
brien ; cependant, il raijpolle que des quartzites semblables peu- 
vent exister à plusieurs niveaux et que la coupe du sud de 
Vielsalm n*est pas assez claire pour permettre une interprétation 
indiscutable. 

A partir de 262™ au sud de la 4*' ^' ^-t <>ï^ aper<;oit d'abord de 
nombreux débris de phyllade rouge dans le talus de la route, puis 
un affleurement continu de la même roche, allant jusque la pre- 
mière exploitation de manganèse, connue sous le nom de mine des 
Ardennes, située au hameau de Bierleux (Rahier). 

Tout ctmtre la palissade limitant la cour de cette exploitation, 
M. J. Liibert fait voir une petite couche de minerai de manganèse, 
fig. 9, pi. XVI), dont la direction est de 69" et Tinclinaison, de 45'* 
vers le Sud. Il fait, à ce sujet, une très intéressante communica- 
tion, dont il a fait parvenir le texte annexé à ce couipt-e rendu. 

Un peu plus loin, on voit, au nord de la route, un monceau de 
déblais provenant de la môme mine ; les débris de phyllade 
rouge inaltéré dominent dans ce terril ; ils y sont accompagnés de 
morceaux de quartzite imprégné de manganèse et de fer, (|ui est le 
minerai exploité. 

M. H. Forir montre les différences profondes que présente le 
phyllade rouge de ce point avec celui de la rive droite de la Salm, 
dont il a recueilli la veille un échantillon caractéristique, comme 
terme de comparaison. Ce dernier est difficilement clivable et les 
joints de cliviige sont obliques j)ar rapi)ort aux joints de stratifi- 
cation ; sa couleur est rouge très foncé. Celui de la Lienne, au con- 
traire, est rouge sang et son clivage le plus facile est parallèle à 
la stratification. L'échantillon figuré ci-contre, réduit au tiers, a 
été recueilli en ce point et fait partie des Collections de géologie 
de rUniversité (fig. i5). 

Il a la forme d'un prisme très écrasé, dû à la rencontre, sous un 
angle très obtus, de deux joints de clivage. La stratification, très 
oblique par rapport à ce clivage, donne les bases du prisme, dont 



l'iiiiL' flsi. visil)l<' à H!i [»!irtifsiii>i''ri»'Tiri'. Ijil'iii, uni- iniisii-inc sort*- 
(le joiiitH lie cliviigi- peut ('trc viii" à lu jçiiiiclie de hi ))ai-lH' iiifi'- 
rii'iirc ili' la pliotof^niiiliii-. 

La mine tle MtM-t-Kon- 
taiiK' (BÛM'leux) se trouve 
sur la riv<; gauclic tie lu 
Llotine, ou favt' du poiiit 
(ti'i lu mute traverse! de 
iHinveau la riviorc. I.:» 
«■ouehedti (juartzitd fervo- 
iiiaiiKaiiôsifère a, en ee 
l»oînt, à l'affleureineiit, 
une direction de7(t"el une 
inclinaii40ii de 5ii" vers le 
Sud ; plus haut, sur la 
uiontuf^ne, à, l'œil de \n 
};'alerie d'nxploitution, la 
direetion reste sensible- 
ment la même, et l'ineli- 
naison devient <le4;>"vers 
le Had ; mais le temps 
manque ]»iiur aller vnirees 
deux points. 

La propriétaire du eafé, 
on i'ou a bien voulu nous 
préparer l'exeellente « Iii- 
«•assée » (') traditionnelle, 
arrosée d'un bon %'©rrede 
Ï^'B- '^- Hordeanx, fait don aux 

eM-ursionnistes, i|ui se les 
partaient, iréeiiantillons 
dedialiof^iti' ferrifére.d'o- 
«venant de la mine des 



l'iiyllu'k- r<>iir:<- 


•le lu mil 


iif • 


les Ai'ile 


>i IticHi'iiM 


lÎKhfcr). I-. 


«lui 


1 1111 liurï 


|l'li.ii..,(r« 


1>lue de M 


. Il, 


l-oriri. 


ligiste lamell 


airi- et 


de 


bornif. 


Ardennes (=). 









e fiiillv 1 


'CJtilUIll l« 


f.iUfhe fen 


'i»iiiiiii;iti 


à Muél 


.-F.mliiltie 


1 (Rnhierj. 


lu». .SV> 


;. i8 févi 


■ier [8Ha, 







— u 143 — 

I*«Midant les préparatifs du i*oi)as, (|ucl(iii(*s infatigables se 
rendent au eontaet méridional des deux assises du Salniien. Ils 
j)a**sent d'abord devant l'aneicMine exi)Ioitation de nian<»anèse de 
la Soeiété (^oekerill, puis arrivent à un talus, non éloigné du 
point où la route traverse de nouveau la rivière. On y observe 
eneore du pliyllade rouge, dont la direetion est de 71" et dont 
rinclinaison est forte vers le Sud ; puis apparaît du «juartzite 
verdàtre, dont les banes sont dirigés à 66" et inelinent également 
vei-s le Sud. Il en résulte que la bandi> de phyllades rouges à eou- 
elies ferro-nianganésifères de la Lienne forme bien un synelinal 
unielinal, dont l'allure est eon forme à eelle constatée au cours de 
l'exeursion de la veille, quoique moins compliquée. Ce synclinal 
repose, au Sud comme au Nord, sur des quartzites verdâtres. 

Au delà, on ne voit plus que du quartzophyllade feuilleté, gris 
verdàtre, analogue à celui du versant septentï'ional ; mais la vallée 
devenant parallèle, sur plusieurs kilomètres, à la direction «les 
(*ouches, il faut bien renonc^er à se rendre au contact méridional du 
Revinien et du Salmien, de même qu'au point le i)lus proche où le 
Dévonien repose sur le Cambrien. 

A la fin du repas, M. le président adresse les remerciements de 
l'a-sserablée aux directeurs de l'excursion et les félicite d'avoir 
rendu si intéressante la session extraordinaire de i9o5. Il déclare 
<*ette session close. 

L(»s voitures reconduisent les excursionistes à la sUition de 
Stoumont, où ils prennent le train de 17 h. 56, pendant ([u'un 
rayon de soleil émerge tardivement des nuages, sans doute pour 
leur faire regretter davantage son absence pendant ces deux 
journées. 



Les gisements ferro-manganésifëres de la Lienne, 

PAR 

JOSEPH j-IBERT. 



Planches XTV à XVI. 



Préliminaires. 

Dans deux notes publiées en 18786! 1879, dans les Annales de 
la Société géologique de Belgique ('), Adolphe Firket a appelé 
Tattention sur les gisements ferro-manganésifères de la Lienne, 
dont il avait eu l'occasion de suivre les recherches y pratiquées par 
les concessionnaires, en vue de leur mise à fruit, aussitôt que la 
section de Comblain à Stoumont du chemin de fer de rAniblcve 
aurait été livrée à l'exploitation et que la partie de route de 
Stoumont à Rahier, dans la vallée de la Lienne, aurait été 
terminée, travaux nécessaires pour tirer la région considérée 
de l'isolement complet dans lequel elle se trouvait et permettre 
ainsi l'expédition des minerais extraits, dans des conditions suffi- 
samment économiques j)our leur i)ermettre de faire la concurrence 
aux minerais étrangers. 

A partir de la fin de l'année 1886 et du conamencement de 1887, 
les diverses concessions minières de manganèse de la Lienne furent 
successivement mises en exploitation. Dans l'une d'entr'elles, 
Meuville, ai)partenant à la Société Cockerill, les travaux, n'eurent 
jamais qu'une très minime importance; dans les deux autres, 
l'exploitation se j)oursuivit pendant une dizaine d'années pour la 
mine de Moët- Fontaine et pendant près de dix-sept ans pour celle 
de Bierleux-Werbomcmt. L'arrêt de ces travaux est principale- 
ment dû à des considérations d'ordre économique. 

L'excursion faite en septembre 1903, dans la partie inférieure 

(^) Tome V, Mémoires, p. 33 et loiiie VI, Bulletin, p. CLUI. 
27 mars 190G. 



— B 145 — 

de la vallée de la Lienne, m'a amené à réunir les notes que je 
possédais sur ces gisements et que j'ai complétées d'après les 
archives administratives et les renseignements fournis par les 
concessionnaires. 

Le but de cette note est la mise au point des notices prérap- 
pelées de notre savant et regretté confrère et de mon honorable 
prédécesseur, Adolphe Firket. 

Sur la Carte militaire à réchelle de i : 20 000 (pi. XIV), j'ai fait 
figurer les limites des trois concessions minières de manganèse de 
la région, les limites des affleurements des diverses assises géolo- 
giques, d'après les levés et les tracés du professeur G. Dewalque, 
représentés sur la carte officielle au i : 40 000, ainsi que l'allure et 
les affleurements des couches de manganèse, d'ax^rès les plans des 
travaux d'exploitation et de recherche effectués et d'après mes 
constatations personnelles. Une coupe verticale nord-sud (pi. XV) 
complète les indications de la carte. 

Concessions minières . 

Trois concessions minières ont été accordées par le Gouverne- 
ment, en vue de l'exploitation de ce gisement. Au Nord-Est, 
(périmètre ABCDEA de la carte ci-jointe) se trouve la concession 
(le Moët-Fontaine, d'une superficie de i53 hectares ; au Sud-Est 
(périmètre AEFOA) est la concession de Meuville, d'une superficie 
de i63 hectares. Une légère modification est intervenue entre les 
deux dits territoires concédés ; mais elle ne figure pas sur la carte 
pour plus de simplicité. Ces deux concessions ont pour limite 
ouest, le bord, rive droite, de la rivière la Lienne. 

A l'ouest du bord, rive gauche, de cette rivière, se trouve la 
concession de Hierleux-Werbomont (périmètre ABHIKLOA), 
d'une étendue superficielle de 1 385 hectares. Les deux premières 
concessions sont séparées de la troisième par le lit de la Lienne, 
territoire conséquemment non concédé et destiné à servir d'esponte 
entre les exploitations voisines. 

Formation géologique. 

Au point de vue géologique, (m constate, dans la région consi- 
dérée, les affleurements des roches primaires ci-après : 

ASS. soc. OÉOL. DE BELG., T. XXXU. BULL., lO 



— B i46 — 

I® rétage salmien supérieur (Siwj), constitué par des phyllades 
oligisteux, avec couches manganésifères ; 

2® rétage salmien inférieur (Smj), caractérisé minéralogicjuement 
par des quartzophyllades et des phyllades ; 

3° rétage revinien, constitué par des quartzites gris bleu et des 
phyllades noirs. 

Ces roches forment un grand bassin dont Tennoyage plonge vers 
rOuest ; on les rencontre successivement, en sens contraire de 
celui qui vient d'être indiqué, en remontant le cours de la Lienne 
à partir de Stoumont ; le centre du bassin doit se trouver un peu 
au sud de la limite séparative des concessions de M oët- Fontaine et 
de Meuville, tout au moins pour l'affleurement superficiel, puis 
les versants sud se rencontrent, mais avec le même pendage que 
dans le comble nord, en continuant à remonter la rivière. 

L'allure qui précède est surtout caractérisée à Test de la Lienne, 
maisàTonest, on constate Taffeu rement de roches primaires pins 
récentes que celles du Cambrien ci-dessus renseignées et notam- 
ment de celles de rétage gedinnien (G) et de l'assise inférieure 
{Cbi) de rétage coblencien, l'un et l'autre appartenant au Dévo- 
nien inférieur. 

Le territoire de la concession de Moët- Fontaine se trouve, en grande 
partie, dans la région où affleure le Salmien supérieur ; toutefois, 
la partie orientale, s'étendant jusqu'à l'Amblève, se trouve dans 
le Salmien inférieur, soit dans une région où le gisement mangané- 
sifère n'existe pas. Il en est de même du territoire de la concession 
de Meuville ; vers la partie sud du territoire susdit, affleurent 
aussi des roches du Salmien inférieur ; il n'est cependant pus 
impossible que le Salmien supérieur et notamment le gisement 
manganésifère plonge en dessous du Salmien inférieur, à la faveur 
de l'inclinaison vers le Sud du versant méridional des strates et du 
relèvement du niveau du sol vers l'Ouest ; mais il ne peut en être de 
même vers l'Est, sens dans lequel le développement de Taxe du 
bassin à partir de la Lienne mesure environ i 800 mètres dans le 
Salmien supérieur, tandis que la limite est de la concession de 
Meuville s'étend à environ 2 5oo mètres et celle de la concession 
de Moët-Fontaine plus loin encore. 

Dans la région située à l'ouest de la rivière, à une distance 
d'environ 2 000 mètres dp point limite A et selon l'axe du bassin. 



— B i47 — 

le terrain cambrien est recouvert par les roches dévoniennes pré- 
mentionnées, sauf dans le polygone abcdefgha, situé dans la partie 
sud-ouest de la concession de Bierleux-Werbomont, où le Salmien 
réapparaît en son assise supérieure et au sud, en son assise infé- 
rieure ; le professeur G. Dewalque y a constaté deux affleui*e- 
ments de manganèse, l'un dans la partie nord-est du dit polygone, 
Tautre vers le centre, contre la route. Ces affleurements sont 
représentés sur notre carte. 

Importance du gisement. 

D'après l'examen de la carte, il semble résulter que la très 
grande partie de la concession de Bierleux-Werbomont se trouve 
en dehors du Salmien supérieur, lequel est seul métallifère, mais il 
n'est pas impossible que le gisement se poursuive, partiellement 
du moins, en dessous des roches des étages plus récents ci. quelque 
peu vers le Sud en dessous du Salmien inférieur. Quant au petit 
polygone situé dans la partie sud-ouest de la concession, il doit 
évidemment être séparé du gisement principal par des failles et il 
nous paraît avoir fort peu d'importance. 

De ce qui précède, on doit considérer que toute la richesse 
métallifère de la région est localisée sur un espace assez restreint 
suivant le cours de la Lien ne et sur un développement de 3ooo 
mètres environ, partagé en deux parties à peu près égales par la 
dite rivière dans la section nord-sud partant du point A. 

Comme le montre la coui)e (pi. XV), ce bassin s'enfoncerait pro- 
fondément et la couche principale ou inférieure atteindrait, dans la 
partie centrale, une prof(mdeur de plus de 40^ mètres en-dessous 
du niveau de la vallée. Cette couche a été exploitée en partie, en 
profondeur, dans le comble nord, tant à Test qu'à Touest de la 
Lienne : à Test, on a atteint la profondeur d'une soixantaine de 
mètres sans rencontrer aucune trace de plissement. 

Dans le comble sud, les travaux n'ont pas été poussés en-dessous 
du niveau de la rivière. 

En admettant un développement moyen, suivant la pente, de 
1 200 mètres pour l'ensemble des deux versants, en-dessous de la 
rivière, une puissance moyenne de o"'70 et une densité de 3. 5, 
on trouverait une quantité de plusieurs millions de tonnes de mine- 
rai, pour l'importance du gisement, même constitué par une seule 



— B i48 — 

couclie. En pratique, il y aurait certainement lieu d'affecter ce 
résultat d'un très fort coefficient de réduction, pour obtenir la 
quantité de minerai utilement exploitable. Le but de la i)réRente 
note étant purement scientifique, je ne m'arrêterai pas davantiigc 
sur ce point et je me bornerai à tirer la conclusion que le gisement 
minier dont il s*agit, même réduit dans une notable mesure par 
suite des conditions géologiques ci-dessus exposées et j)ar les 
dérangements nombreux (jui affectent la couche métallifère prin- 
cipale, paraît encore posséder une importance assez ccmsidérablo 
pour retenir l'attention du monde industriel et donner lieu à une 
reprise, le jour où les conditions du marché des minerais de 
manganèse et les besoins de la sidérurgie i)ermettront d'utiliser 
ceux que contient le gisement de la Lienne. 

La carte ci-annexée (pL XIV) donne l'indication de la position 
de tous les affleurements relevés. Des diverses c(mstatations et 
études effectuées, il paraît résulter qu'il n'existe, dans la région, 
qu'une seule couche bien importante, au point de vue industriel, 
d'ailleurs tant comme puissance, que comme qualité de minerai et 
comme développement ; c'est la couche inférieure, dans laquelle se 
sont concentrés pour ainsi dire tous les travaux d'exploitation 
effectués jusqu'à ce jour, (/'est à cette couche que les études de 
Ad. Firket se rapportent exclusivement, ainsi que les analyses 
auxquelles elles ont donné lieu, et encore ne concernent-elles que 
le comble nord, seul exploré sérieusement à cette épocpie. Toute- 
fois, une autre couche gît à un niveau beaucoup plus élevé que 
celui de la précédente, mais son développement est incomparable- 
ment moins important 7 j'y reviendrai dans le paragraphe consacré 
à la description détaillée du gisement. 

Nature du minerai. 

Les nombreuses analyses effectuées sur des échantillons de ce 
minerai, provenant d'un grand nombre de points, ont fourni des 
résultats assez variables, notamment en ce qui concerne la teneur 
en manganèse, le seul élément présentant un intérêt au ])oint de 
vue métallurgique et donnant conséquemment de la valeur au 
produit. 

Je rappellerai d'abord celles signalées par Ad. Firket dans sa 
première notice ; trois échantillons ont donné respectivement des 



— B i49 — 

teneurs de i4.i5 et 18.6 **^„ de manganèse et 20, 18. 3 et 19 % de fer 
et des gangues insolubles dans l'acide chlorhydrique, variant de 
•2H,5 à 38° o» dans lesquelles la siliiîe prédomine. Il a été reconnu, 
dans la suite, que ces résidus insolubles contiennent encore du 
manganèse qui a été retiré dans les analyses suivantes, en les sou- 
mettant à l'action de la chaleur en présence des carbonates alca- 
lins ; cette opération donne lieu à la formation d'un silicate double, 
dans la solution aqueuse duquel on peut doser le manganèse. 

Dans la suite. Ad. Firket fit procéder à de nouvelles analyses, 
en tenant compte du manganèse contenu dans les résidus insolu- 
bles, sur des échantillons extraits des travaux d'exploration en 
cours dans le comble nord de la couche principale ; les résultats 
détaillés de ces analyses sont consignés dans la seccmde notice 
pré mentionnée. 

La teneur en manganèse a été trouvée variant de 16.75 à 21.25 % 
et celle en fer de i5.6 à 20.75^/0, la plus forte teneur en manganèse 
<*orrespondant à la plus faible en fer et vice- versa. En additionnant 
les teneurs de ces deux métaux, on trouve, pour les cinq échantil- 
lons examinés, les teneurs totales ci-après : 36.85, 38.95, 37.30, 
I7.50 et 4o.3o " o soit une moyenne de 38 **/« environ. 

La teneur en silice et alumine a varié comme il suit, dans les 
<'c*hantilion analysés: 34.50, 22.35, 36.v35, 34.o5 et 25.70^/0, soit une 
moyenne de 3o.6"'o, ce qui est très élevé pour le traitement aux 
hauts- fourneaux. 

La chaux intervient généralement pour un peu plus de 3 "/o, 
ussociée au soufre et au phosphore. 

Kn réalité, le minerai est un mélange d'oxj^des, de carbonate et 

de silicate double de fer et de manganèse; les oxydes se remarquent 

--urtout dans les parties superficielles, par suite des altérations dues 

aux influences atmosphériques, ce qui donne une teinte noirâtre à 

'a masse. En pénétrant dans la profondeur, on trouve un minerai 

brun foncé, dans lequel la quantité d'oxydes diminue. On rencontre 

»» carbonate double de manganèse et de fer à l'état subcristallin 

lans les veinules blanc rosé, traversant la masse du minerai. 

D'après Ad. Firket, ce carbonate double contient le fer et le man- 

^'unèse au minimum d'oxydation et serait représenté par la formule 

himique : FeO, MnO) CO*, espèce connue en minéralogie, indiffé- 

-•»minent sous les noms de sidérite niangunésifère ou de diallogite 

*errifère. 



I 



i6 à 


18 Vo 


19 à 


22 o/o 


28 à 


So'/o 


3 à 


S'/o 


2 à 


4"/o 



— B i5o — 

Le minerai est assez fréquemment traversé par des veinules de 
quartz blanc, assez épaisses ; on effectuait un scheidage du minerai 
pour les enlever dans la mesure du possible et enrichir ainsi la 
masse restante, opération d'autant plus importante industriel- 
lement, que des primes étaient accordées ou des retenues 
effectuées, selon que le minerai fourni aux usines contenait plus ou 
moins que la teneur de base, soit 16 "/o en manganèse. 

Je retrouve, dans mes notes datant de 1889, les renseignements 
ci -après, relatifs à la composition du [minerai scheidé, à la suite 
d'un assez grand nombre d'analyses de prises d'essai, effectuées 
sur le minerai expédié aux usines. Ces résultats présentent plus 
d'intérêt que les précédents, parce qu'ils sont relatifs, non à des 
échantillons choisis, mais au produit courant de l'exploitation : 

Manganèse métallique .... 

Fer métallique 

Silice 

Alumine 

Chaux 

Soufre o.oi à o.o3 ^/^ 

Phosphore o.i à o.25 °/< 

Matières volatiles 8 à 11 ®/o. 

Je donnerai encore, dans la suite, quelques autres renseigne- 
ments recueillis au sujet de la richesse en manganèse du minerai 
extrait de la couche principale ou provenant des travaux de 
recherche pratiqués dans la couche supérieure. 

Description du gisement. 

Il n'est plus discutable actuellement que le minerai mangané- 
sifère de la Lienne gît en couches et non en amas ou en filons. 

On distingue assez nettement le toit du mur des couches ; le 
premier est constitué par un phyllade très régulier, très feuilleté, à 
grains violets, très fins ; le mur, au contraire, comprend une série 
de lits phylladeux et de minces couches de manganèse, le tout 
analogue à un quartzophyllade ; le grain du phyllade est plus 
grossier, les feuillets moins réguliers et plus épais. 

A la suite des premières explorations. Ad. Firket concluait déjà 
que le gîte manganésifère nord est formé par une couche à laquelle 
il attribuait une puissance de o°^75, accompagnée par une série de 



I 



— B IDI — 

petites couches de même nature, alternant avec des phyllades 
et des quartzophyllades. 

Des constatations ultérieures effectuées, il résulte que le gisement 
métallifère de la Lienne est constitué par un grand bassin formé 
par la couche principale et dont le comble sud est affecté de deux 
plissements sans importance ; la pente mo^^enne du comble nord 
est de 53" dans le voisinage de la rivière, c'est-à-dire vers le milieu 
de la longueur du bassin. En avançant vers TOuest, on trouve des 
pentes beaucoup moindres et une coupe faite à 1 5oo mètres du point 
A, dans cette direction, donne une pente moyenne de 35" seulement. 

Quand à la. branche principale du comble sud, elle plonge vers le 
Sud de 65". 

Ad. Firket attribuait à la couche principale, comme il est dit 
plus haut, une épaisseur de o™75 pour le lit exploitable. Comme 
dans tous les gisements de Tespècer, on a constaté, avec Tavance- 
ment des travaux, des variations de la composition de cette couche. 

Dans des notes reccueillies pendant les premières années 
d'exploitation, on lit que la dite couche, exploitée de part et 
d'autre de la Lienne, dans son versant nord, est formée par un lit 
d'une puissance moyenne de o""7o ; dans le mur, se trouvait une 
veinette inexploitable de o™3o, séparée du lit supérieur par un peu 
de phyllade; le manganèse contenu dans cette veinette ne dépassait 
pas 8 à lo "/o. La figure i de la planche XVI indique une composi- 
tion relevée à l'endroit de la rive gauche appelé « Heid Cossin »; 
elle a été reconnue en de nombreux autres points de la même 
région. 

La dite composition, en deux lits, dont celui du mur inexploita- 
ble, mais séparé de celui du toit seulement par a à 3 centimètres 
de phyllade, a été relevée sur la rive droite, mais cette composition 
s'est modifiée par le développement des travaux vers l'Est et la 
couche, affectée de nombreux rejets, a diminué jusqu'à ne plus 
atteindre que o™4<^, o"*3o et même 0^*20 de puissance, c'est-à-dire 
dans des conditions tout à fait inexploitables. Sur la rive droite, 
elle ne s'est guère montrée exploitable que sur un développe- 
ment d'environ 3oo mètres. Sur la rive gauche, les travaux 
d'exploitation se sont développés sur environ i 3oo mètres et ont 
été arrêtés à un important dérangement qui doit provenir de la 
rencontre du terrain gedinnien. 

Voici, à mesure de la progression des travaux vers l'Ouest, une 



— B l52 — 

série de compositions relevées pour la couche en question et en 
montrant les variations : 

Dans la galerie dite de Bierleux, au niveau de la route de la 
Lienne, la couche avait une puissance de o"*7o et une pente de 45", 
le lit du mur restant en place. 

Plus loin, je note que la couche était épaisse de o""75 ; mais, 
dans un gradin, elle atteignait i'°20, non-compris le lit du mur, 
épais de o*"3o et qu'on n'exploitait que rarement. 

Je note ensuite des puissances du lit enlevé de o"*8o et de 0^90 et 
même de i™5o au lieu dit « Heid Cossin », de o™6o, o™65 à o°»70 à la 
« Heid Julien ». 

Plus tard, je note que la couche a une puissance très variable 
d*un gradin à l'autre d'une même taille, allant de o"*4o à» 0^70 avec 
une pente de 3o" à 40**. Je relève, en un autre point, une puissance 
de o™6o pour le lit du toit, séparé du lit du mur, épais de o™2o, par 
une intercalation phylladeuse de 4 centimètres. Dans la partie occi- 
dentale, on relève des compositions inverses des précédentes, 
c'est-à-dire dans lesquelles le lit du toit est moins épais que celui 
du mur, respectivement o™3o et o°*6o avec une intercalation phylla- 
deuse de o™o5 et une autre dans laquelle le lit du mur atteint 0^70 ; 
le lit du toit est de qualité supérieure à celui du mur ; tous deux 
étaient enlevés par l'exploitation. Le teneur en minerai variait de 
14 à 16 % et même davantage pour l'ensemble, avec 20 % de fer. 

Les travaux en défoncement ont atteint une hauteur verticale 
d'environ 45 mètres, entre le Gedinnien à l'Ouest et un grand 
dérangement rencontré par la galerie de Bierleux. Parmi les dif- 
férentes compositions relevées, je note la suivante : lit du toit 
o'^SS; lit du mur 0^90 avec intercalation de phyllade dur de o°"o3; en 
certains endroits, les deux lits se séparent à une distance de i à 
3 mètres, rendant inexploitable le lit du toit. 

Par les renseignements qui précèdent, on constate que cette 
couche gît dans des conditions très variables ; elle est, en outre, 
affectée de nombreux dérangements : étreintes et rejets de nature 
à contrarier beaucoup l'exploitation ; le minerai est, de plus, d'une 
dureté rendant l'abatage difficile et coûteux. 

Le comble sud n'a été exploré et quelque peu exploité qu'à l'est 
de la Lienne. Par suite d'un petit mouvement de selle et de bassin, 
on a reconnu trois branches de couche, dont les deux méridionales 
n'ont qu'une très minime importance, à moins que l'ennoyage du 



— B i53 — 

petit bassin formé par ce plissement ne plonge profondément vers 
rOu?.st, ce qu'on ignore totalement. 

Le versant nord du comble sud, ([iii est constitué par un dressant, 
avait, dans les travaux du début, une puissance de i'"io ù i"'4^ en 
deux ou trois lits ; l'inférieur accusait une assez forte teneur en 
manganèse, se rapprochant de celle du toit de la couche du comble 
nord, ce qui (îontribuerait à identifier ces deux versants. La 
figui*e u de la pi. XVI renseigne une composition que j'ai relevée. 

Quant à la fausse plateure, intermédiaire entre les deux 
dressants, la figure 3 de la pi. XVI donne une composition relevée, 
analogue à la précédente et surtout à la couche du comble nord. 

Enfin, le dressant sud a été aussi exploré, mais seulement par 
simple galerie; la composition a été trouvée aussi très irrégulière; 
on peut lui attribuer celle figurée au croquis 4 tle la planche XVI ; 
lu teneur en manganèse y a été trouvée notablement moindre ({ue 
dans le grand dressant et dans le plat nord ; cette situation a été 
attribuée à la grande irrégularité du gisement. 

Indépendamment de cette couche principale, on a constaté 
Texistence d'une seconde couche, beaucoup supérieure à la précé- 
dente et qu'on a surtout explorée dans son dressant, sur la rive 
droite de la Lienne, notamment par une galerie de près de 200 
mètres de développement ; on y a aussi pratiqué une très petite 
exploitation. On y a constaté une composition variable. La fig. 5 
de la pi. XVI renseigne celle que j'ai relevée à l'affleurement 
voisin de la rivière. 

Vers 60 m. de sa longueur, j'y ai mesuré une puissance de o'^So 
avec une pente vers le Sud de 42** ; le lit du mur, toit géologique, 
était quelque fois séparé de celui du toit, plus épais, par une faible 
interculation phylladeuse. Vers la fin, la couche s'est montrée 
très irrégulicre ; on y avait constaté, dans une passe, une puis- 
sance de o"'95 eu 2 lits sans phyllade intermédiaire, mais le banc 
de mur ne renfermait que 11. 5 " o de manganèse, alors que celui 
du toit en renfermait i5. 5 " „, ce qui n'était pas considéré comme 
Miffisantpour opérer l'exploitation delà couche. Vers les deux 
tiers de la longueur de la galerie, j'y ai relevé la composition 
suivante : lit supérieur o'°33, minerai phylladeux 0^28 et lit 
inférieur o™i4 ; ouverture o™75. 

Une tentative d'exploitation, ci-dessus signalée, a fait recon- 



— B i54 — 

naître, pour la dite couche, une épaisseur de i™2o ; elle était sil- 
lonnée d'intercalations schisteuses et de veinules de quartz. 

La conclusion à tirer des travaux de recherches effectués jus- 
qu'à présent dans cette couche, est qu'elle est inexploitable. 

Cette branche de couche a été retrouvée dans une fouille pra- 
tiquée sur la rive gauche, avec la composition indiquée à la fig. 
G de la pi. XVI. 

Quant à la plateure de cette couche, elle n'a pas été retrouvée 
sur la rive droite, mais paraît avoir été constatée, sur la rive 
gauche, à l'endroit dit «Vieux Sart)). On y a reconnu une couche 
présentant la composition de la fig. 7, pi. XVI, gisant manifeste- 
ment en plateure. Sa teneur en maganèse est également trop faible 
pour en permettre l'exploitation, mais je ne possède aucun chiffre 
précis à cet égard. 

A la cote 341 mètres, sur la rive droite, j'ai relevé, dans une 
fouille, une couche inclinée vers le Sud de 85'^ et qui doit être le 
dressant de la deuxième couche explorée, comme il est rapporté ci- 
dessus ; sa composition est figurée au croquis n"8 de la pi. XVI. 

Une série d'autres affleurements ont encore été constatés et 
figurent sur notre carte, mais la composition n'en a pas été ou n'en 
a pu être relevée, par suite de l'insuffisance des fouilles. 

Il convient encore de signaler le j)assage de deux veinettes, l'une 
au nord de la couche inférieure et constatée dans le comble nord, 
dans la tranchée de la route de la Lienne, avec une épaisseur de 
o™26, gisant entre deux murs, fig. 9, pi. XVI. 

Enfin au sud du dressant de la couche supérieure, j'ai relevé, 
sur la rive droite, l'affleurement d'une seconde veinette, de com- 
position figurée au croquis 10 pi. XVI ; cette veinette n'a pas été 
explorée et ne paraît d'ailleurs présenter aucune importance. 

Liège, mars 1906. 



^y^^/^0 



Adolphe FIRKET, 

né à Liège le y septembre i83y, y décédé le ig février igo5. 



sa vie, son œuvre, 



PAR 



|4. fORIP,. 



Rares sont les hommes qui, j)ar une exquise bonté, par une 
irréprochable loyauté, par une vie consacrée tout entière au Travail 
et à raccomplissement du Devoir, ont laissé, dans l'esprit et dans 
le cœur de ceux qui les ont connus, un souvenir aussi ému, des 
regrets aussi sincères que ceux que tous conservent à Adolphe 
Firket. 

Né à Liège, le 9 septembre 1887, de François Firket, modeste et 
honnête commerçant et d'Elisabeth Meers, notre regretté con- 
frère apprit, dès l'entunce, la nécessité du travail et en contracta le 
goût. 

Entré, dès 1845, à Técole primaire privée, dirigée par MM. Lenoir 
et Malchair, il la quitta en i85o, pour suivre les cours de TAthénée 
royal de Liège où il ne tarda pas à briller ; il obtint, en i853, le 
premier prix de mathématiques ai concours général de l'enseigne- 
ment moyen du pays et, à sa sortie de ce collège, fut récompensé 
de la médaille en vermeil, qui n'est accordée, chaque année, qu'à un 
seul élève. 

En i855, il aborda les études universitaires et là, comme dans 
l'enseignement primaire et moyen, il continua, chaque année, à 
occuper l'une des premières places. En 1860, il en sortit deuxième, 
porteur des diplômes d'ingénieur honoraire des Mines et d'ingé- 
nieur des Arts-et- Manufactures. 

Il aborda bientôt la carrière administrative. Nommé sous-ingé- 
nieur au Corps des mines le 10 février 1861, puis successivement 



— B i56 — 

ingônieur principal le i3 mars i883, ingénieur en chef-directeur 
le t5 avril 1886 et inspecteur général le i8avril 1899, il se distingua, 
dans ces différentes fonctions, par l'étendue de ses connaissances, 
l)ar la sûreté et la promptitude de son jugement, j)ar cet esprit 
d'ordre ot de prévoyance, qui devaient en faire un des chefs les 
plus autorisés et les plus écoutés. 

Il entretenait avec les industriels de la moitié du pays, ses 
administrés, les rapports les plus cordiaux et les plus bienveillants, 
aplanissant pour eux toutes les difficultés administratives, apaisant 
tous les conflits, tout en respectant scrupuleusement, rigoureuse- 
ment même, les lois et les règlements dont l'exécution lui était 
confiée. Aussi tous, sans exception, lui étaient sincèrement, 
cordialement attachés. 

Lorsque, en 1902, les fonctions de Directeur général des mines 
devinrent vacantes, le Gouvernement les lui offrit ; par modestie, 
par attachement aux siens, il déclina l'honneur d'occuper cette 
situation, la plus élevée du Corps auquel il appartenait. 

Mais ses fonctions administratives ne suffisaient pas à absorber 
sa grande activité ; son goût le portait aux spéculations scienti- 
fiques, dans lesquelles il avait acquis une indiscutable notoriété ; 
la charge de répétiteur de minéralogie et de géologie aux Ecoles 
spéciales annexées à l'Université de Liège lui ayant été offerte en 
1866, il l'accepta et la conserva jusqu'en i883 ; en 1881, Gustave 
Dewalque ayant demandé à être déchargé du cours de Notions 
élémentaires de minéralogie et de géologie à la Faculté des sciences 
de la même Université, Adolphe Firket était tout désigné pour 
lui succéder et, en i89o, les Notions de géographie physique furent 
ajoutées au programme de son enseignement. Ici encore, il apportii 
les qualités qui l'avaient fait remarquer au Corps des mines : une 
excellente méthode, une précision remarquable, une gi'ande 
simplicité dans l'exposition et, par dessus tout, une bonté, une 
cordialité qui lui attirèrent imu)édiatement la sympathie de ses 
élèves. 

A différentes reprises, les pouvoirs publics firent appel à ses 
connaissances scientifiques; il fut désigné, en 1882, pour faire 
partie du Comité communal d'hygiène et de salubrité publique de 
la division Centre et Sud de la ville de Liège et de la Commission 
d'enquête sur l'épidémie de fièvre typhoïde qui sévit en notre ville 



^ — B i57 — 

en 1882- 1883 ; en i885, le Gouvemement le nomma membre de la 
Commission chargée de lui présenter un projet de réorganisation 
des services d'exécution de la Carte géologique de la Belgique à 
grande échelle ; en 1886, la ville de Liège lui demanda de siéger 
dans la Commission spéciale pour l'examen des égoiits ; enfin, en 
1889, il entra dans la Commission technique chargée par l'Etat 
d'études relatives aux ardoises du pays et de TArdenne française 
et dans la Commission permanente des Caisses de prévoyance. Dans 
toutes ces réunions, il apportait la conscience scrupuleuse, le 
jugement droit, qui le caractérisaient. 

Aussi, les récompenses publiques qui lui furent accordées à dif- 
férentes reprises, ne furent-elles jamais mieux méritées. En 1873, 
il recevait les félicitations et les remerciements du Gouvernement; 
en 1875, la croix (îivique de deuxième classe: en 1877, celle de pre- 
mière classe, pour actes de courage et de dévouement; il était 
nommé Chevalier de TOrdre de Léopold en 1881 ; officier du même 
ordre en i8ç)i ; la croix civique de première classe, pour bons et 
loyaux services lui était accordée en 1896 et la croix spéciale de 
prévoyance de première classe, en juillet i()o3. 

Telle fut sa vie publique. Son existence privée fut exemplaire. 
Marié en 1864 à Mademoiselle Léonie Redouté, il en eut trois fils, 
dont il fit des hommes et deux filles, qui sont des épouses et des 
mères de famille modèles. Sa femme, ses enfants, ses petits-enfants 
l'adoraient, ne faisant que lui rendre, d'ailleurs, les trésors d'affec- 
tion dont son coeur débordait pour eux. 

Intense fut sa vie scientifique. Membre de la Société géologique 
de France, du Naturhistorischer Verein der preussischen Rhein- 
lande und Westfalens, delà Société royale malacologique de Belgi- 
que, de la Société royale des sciences de Liège, dont il fut élu pré- 
sident en 1880, de l'Association des ingénieurs sortis de l'Ecole de 
Liège, dont il fut successivement trésorier pendant dix années, 
puis président de la section de Liège, de 1892 à i895, il fut, en outre, 
au nombre des fondateurs de la Société géologique de Belgique. 

Prenant une part active aux travaux de toutes ces associations 
scientifiques, c'est cependant à notre Société qu'il semble avoir 
consacré la meilleure partie de son temps et l'on ne peut apprécier 
son rôle de façon plus exacte, que ne l'a fait M. le professeur 
M. Lohest : 



— B i58 — 

« Firket eut, à son insu, une influence considérable sur la direc- 
» tion scientifique des travaux de notre Société. 

» Au cours de nos séances, il savait, d'un mot juste et toujours 
» bienveillant, mettre en relief le côté faible d'une argumentation. 
)) Ses judicieuses critiques ont été ainsi la cause denouvellesrecher- 
)) ches et d'observations plus complètes. 

» Firket fut encore pour nous un homme de bon conseil. Nous le 
» considéri(ms comme un sage auquel notre Société avait confié la 
» garde de ses coutumes, de ses traditions et le secret de sa for- 
» tune. 

)) Nous avions recours à lui dans les moments difficiles. 

» Ses avis, toujours inspirés par un esprit de ccmciliation et le 
» désir de voir prospérer Tci^uvre qu'il avait contribué à fonder, 
)) furent heureusement suivis. 

ce Kt si nous avons éprouvé la satisfaction de constater la pros- 
» péri té toujours croissante de notre Société géologique, nous 
» n'ignorons pas la part considérable de Firket dans ce résultat, w 

Nommé secrétaire-bibliothécaire à l'unanimité, dès la première 
réunion, le i8 janvier 1874, il remplit ces fonctions ingrates avec 
unzèle et une consciencequi ne furent dépassés par aucun de ses suc- 
cesseurs, jusqu'au 17 novembre 1878, où il fut nommé trésorier par 
acclamations, ('ette charge modeste, mais délicate, lui fut continuée 
jusqu'au 20 novembre 1881, date à laquelle il fut élu vice-président, 
pour être choisi comme j)résident le 19 novembre 1882. A partir 
de ce moment, il remplit alternativement les mandats de membre 
du Conseil et de vice-président jusqu'au i5 novembre 1891, où il fut 
appelé pour la seconde fois à la présidence ; choisi ensuite comme 
conseiller le 27 novembre 1892, comme vice-président le 19 novem- 
bre 1893, il continua à occuper tour à tour ces deux fonctions 
jusqu'au 16 novembre 1902,011 la i)i'emière place lui fut offerte pour 
la troisième fois. Le i5 novembre 1908, il était encore appelé à la 
vice-présidence et le 20 novembre 1904, aux fonctions de membre 
du Conseil, qu'il remplissait encore le jour de son décès. 

Pendant ce laps de temps de plus de trente-et-une années, il ne 
cessa donc pas de remplir des fonctions dans le Comité directeur 
de notre compagnie, et c'est à peine si, deux ou trois fois, il s'absenta 
de nos séances, quand il y était contraint par une impérieuse 
nécessité. 



— B i59 — 

La confianee qu'il «ut inspirer à ses confrères, et <[ui ne se 
démentit jamais, est, peut-être, Thouimage le plus éclatant qui ait 
été rendu à ses qualités morales. 

Rappeler la distinction, le tact, la bienveillance dont il fit 
preuve pendant les troisannées où il présida la Société, semblerait 
une superfétation à ceux qui le connaissaient. 

La foule nombreuse accourue à ses funérailles, le recueillement, 
la tristesse empreints sur tous les visages, l'identité d'api)réciation 
de ses cpialités, Témotion sincère qui serrait la gorge de ceux qui 
furent appelés à dire quelques paroles sur sa tombe, montrent 
mieux que Téloge qui pourrait être fait ici, la valeur intellectuelle 
et morale d'Adolphe Firket. 

* 

Il reste, maintenant, à appréfier son œuvre scientifique, tout au 
moins en ce qui concerne les sciences géologiques. (*) 

hulépendumuieut de travaux concernant spécialement la pra- 
tique de l'exploitation des mines et d'articles bibliographiques, 
d(mt on trouvera l'énumération dans la Lisle des publications, 
annexée à cette notice, on peut dire qu'Adolphe Firket a fourni 
des indications intéressantes dans presque tous les domaines de 
la minéralogie et de la géologie. 

Il a signalé l'existence de soufre dans l'argile plastique d' Andenne, 
t»n en faisant connaître le mode de formation (i6) ; celle de barytine 
cristallisée dans le terrain houiller du charbonnage du Grand- 
Ilornu, à Mons (22) ; celle de quartz pulvérulent (27) , d'anglésite 
concréticmnée et de cérusite cristallisée (53) dans le gîte métalli- 
fère du Rocheux, à Oneux ; il annonça la découverte d'un minéral 
nouveau pour la Belgique, la Millérite, au charbonnage du Hasard, 
à Micheroux (32 et 39) ; celle de la chalcopyrite au charbonnage 
des Six-Bonniers, à Seraing (38) ; il décrivit une galène pseudo- 
morphique de staurotide, de Bretagne (4o) ; des cristaux d'arséno- 
pyrite et des masses laminaires de galène, découverts par lui dans 
le quartzite devillien de Nil- St- Vincent (44) î îl mentionna la trou- 
vaille de cristaux de quartz et de calcite au charbonnage des Sarts- 
Hcrleur, à Grace-Berleur (54) et celle de la chalcocite dans la mine 

') Les numéros entre parenthèses renvoient aux numéros d'ordre de In 
Liste des publications d'Adolphe Firket, qui termine cette notice. 



— B i6o — 

d<3 manganèse de M oët- Fontaine, à Rahier (57) ; enfin, il décrivit 
un certain nombre de minéraux artificiels, produits accidentelle- 
ment dans l'industrie : zincite, mélilite, alliage de cuivre ci d'anti- 
moine (61) et Fayalite (67). 

Le gîte ferro-manganésifère de Moët-Fontaine, à Rahier, appar- 
tenant à rétage salmien du système cambrien, fit Tobjet de 
plusieurs notices importantes de notre regretté confrère (26, Mi. 
41, v>7) ; le premier, il montra que le manganèse s'y trouve sous 
forme' de couches sédimentaires, interrompues par des failles 
minéralisées, à Tétat de diallogite ferrifère dans la profondeur, 
de rhodochrosite vers la surface et il fit connaître la composition 
centésimale du minerai. 

Il signala également l'existence d*un nouveau gîte d*eurite 
traversant le Revinien, à Spa (3i). 

Dans un premier travail concernant le système dévonien, il 
classe stratigraphiquement et par bandes les gîtes fossilifères de 
rétage inférieur, mentionnés par Dumont (5). 

Plus tard, il fait connaître que des schistes gris, fossilifères, 
appartenant vraisemblablement au Couvinien, existent entre 
Gozée et Thuilies, c'est-à-dire au nord du Givetien du bord 
septentrional du bassin de Dinant îq) et peu de temps après, il 
signale l'existence de fossiles givetiens, Striiig'ocephalus et Uncites , 
dans le poudingue rouge de Fraipont, renseigné par Dumont, 
comme appartenant au Jiurnotien (18) ; enfin, il décrit la couche 
d'oligiste oolithique de Landen ne-sur-Meuse (29). 

La composition chimique des calcaires et des dolomies du 
Dévonien et du Carbonifère fait également le sujet d'une notice 
étendue, intéressante au point de vue documentaire 601. 

Mais c'est surtout le Houiller qui fui l'objet des études de prédi- 
lection d'Adolphe Firket. Nombreuses sont les publications qu'il 
y a consacrées et certaines d'entre elles sont réellement impor- 
tantes. A différentes reprises, il s'occupa, le premier, je crois, de 
la répartition des fossiles animaux et végétaux à des niveaux 
précis, dans les strates de cette formation (11, 19, 35, 47» ^9) ; 
l'altération des schistes houillers en argile noire attira également 
son attention (10 ), de même que la situation stratigraphique de 
7 AVRUi 1906. 



— B l6l — 

certains horizons intéressants, comme le grès houiller d*An- 
deu .e 25 , le poudingue inférieur de cet étage (28, 33', le conglo- 
mérat de sa partie moyenne (34 )« ceux des bassins de la Ruhr et de 
Saarbriick 37^, les bancs calcareux intercalés dans la forma- 
tion (88). Dans d'autres publications, il s'occupa de particularités 
remarquables de certains niveaux : minéraux 122, 32, 38, Sg, 54)« 
structure d'échantillons de houille et de schiste (3o), cannel- 
coal (73), cailloux roulés provenant du toit de couches de combus- 
tible du pays et couche formée de galets de houilledes Asturie8(75), 
ou bien encore il traita de l'âge de certains dépôts de charbon (45) 
et de la composition de la partie inférieure de l'étage f25). 

Les failles, qui causent tant de soucis aux exploitants, n'échappent 
évidemment pas à se^ investigations, et il fournit, à plusieurs 
reprises, des indications à leur égard (29, 69, 74, 76). 

La prolongation vers l'Ouest de nos bassins charbonniers le 
préoccupe également et il s'en explique dans deux travaux remar- 
quables, basés non seulement sur la comparaison du terrain houiller 
en Belgique et en Angleterre, mais aussi sur celle des formations 
sur lesquelles il repose et sur les accidents qui l'affectent de part et 
d'autre (55, 56). 

Mais le travail le plus important qu'il ait produit sur le sujet, 
travail qui est comme le couronnement de son œuvre, est sa 
remarquable conférence sur le mode de formation de la houille (74). 

Après y avoir exposé les diverses théories émises sur l'origine 
des sédiments houillers et indiqué les principales objections que 
Ton peut faire aux vues de M. C. Grand'Eury, de M. H. Fayol et 
de A. Briart, il ne cache pas ses préférences pour la manière de 
voir du premier de ces savants, qui suppose que les bassins 
houillers se sont formés par transport. 

II fait connaître les raisons qui ne lui permettent pas d'accepter 
Topiniou de Briart, laquelle ne lui « paraît pas suffisante pour 
> expliquer la disposition parallèle des lits formant les couches de 
» houille et surtout l'arasement de leur mur ». 

Il ne peut (c admettre, non plus, que la majeure partie des sédi- 
•» meuts, ayant formé les roches qui séparent les couches de houille 
" dans le grand bassin franco-belge, soient en grande partie des 
" dépôts marins ». 

ANS. soc. GÉOL. l>t UKI.Ci., t. XXXII. BLI.L.. II. 



— B 162 — 

Il n'admet pas davantage Tapplication de la théorie des deltas 
houillers de M. H. Fayol à notre grande cuvette. 

Le reproche fait par M. de Lapparent à la théorie de la formation 
sur place, reproche consistant en ce que les énormes affaissements 
que suppose cette théorie auraient dû immerger la plus grande 
partie de l'Europe, semble Tavoir particulièrement frappé et il 
cherche à Téviter, pour ce qui concerne la bande houillère s'éten- 
dant depuis la Westphalie jusqu'au Pays-de-Galles. 

Selon lui, la Grande faille, que l'on retrouve, avec des interrup- 
tions, depuis Angleur jusqu'au sud de ce dernier pays, aurait été 
préparée par une fracture antérieure au dépôt du Houiller. 

D'autres cassures, à pendage inverse, comme la Faille silurienne 
du Champ'd* Oiseaux, existeraient probablement au nord du long 
bassin et auraient une origine antérieure à la période houillère, 
pendant laquelle elles S(i seraient accentuées. 

Les sédiments houillers se seraient donc déposés dans une 
dépression formée par l'affaissement intermittent du claveau long 
et étroit, limité au Nord et au Sud par ces deux sortes de failles ; 
cependant, l'existence hypothétique des cassures septentrionales 
n'est pas nécessaire à sa manière de voir, l'approfondissement 
de la cuvette pouvant être dû à un simple mouvement de bascule 
autour d'un axe septentrional, assez rapproché de celle-ci. 

Une végétation florissante se serait développée sur le continent 
septentrional comme sur le méridional ; ses débris auraient été 
entraînés, en temps normal, par des cours d'eau tranquilles, vers 
la cuvette où ils auraient formé des couches de houille. Après 
chaque affaissement, un régime torrentiel se sei-ait établi de part 
et d'autre de ce long bassin de dépôt, produisant un ravinement 
énorme des parties émergées et donnant naissance aux couches 
de grès, de psammite et de schiste, séparant les lits charbonneux. 

La surface immergée du lac allongé aurait été en se rétrécissant 
de façon constante ce qui expliquerait que, en supposant la même 
activité de végétation, la zone inférieure du terrain houiller où les 
débris végétaux se seraient accumulés sur un fond de cuvette très 
étendu, est moins riche en combustible que la zone supérieure où 
ces restes se seraient amoncelés sur un espace de plus en plus 
restreint. 

Cette idée est certes ingénieuse et nouvelle et elle mérite d'être 
rappelée, malgré les nombreuses objections que l'on peut y faire.- 



— B i63 — 

Adolphe Firket s'est occupe aussi de la formation crétacée ; il 
y a signalé l'existence d'un gîte fossilifère nouveau (24) et a fait 
connaître un certain nombre de fossiles du phosphate de chaux de 
hi Ilesbaye (70). 

r^es gîtes tertiaires d'argile plastique d'Andenne ont également 
attiré son attention. Le premier, il a fait connaître leur origine 
s«'dimen taire, en indiquant que ces argiles, réputées jusqu'alors 
jjeysériennes, peuvent provenir de schiste houiller altéré, entraîné 
vers les dépressions par le ruissellement (10) et en y décelant 
l'existence de végétaux (i3) ; enfin, il y a signalé la présence de 
soufre, en en expliquant la production (16). 

Dans plusieurs publications, il a décrit des dépôts fossilifères 
(le limons quaternaires et modernes des vallées de la Meuse et de 
rOurthe, en faisant remarquer l'influence considérable du ruissel- 
lement ou du glissement sur leur mode de formation (46, 62, 
()j, 68, 71). 

Certaines particularités de gîtes métallifères d'origine interne 
>ont l'objet de plusieurs notices (27, 29, 53) ; il publie une excel- 
lente traduction d'un mémoire de A. von Groddeck sur la classi- 
fication des gîtes métallifères (64) et fait connaître, de façon 
succincte, son opinion sur l'origine des amas métallifères et d'une 
grotte profonde à Engis (92). 

Knfin, il est l'auteur de plusieurs des comptes rendus d'excur- 
sions de la Société géologique de Belgique, à Huy et Liège (17), à 
Arlon et Diekirch (28) et dans l'Eifel (42) ; ce dernier est particu- 
lièrement remarquable et constitue un excellent guide géoh)gique 
dans cette région. 

L'un des premiers, il s'occupe scientifiquement des applioations 
pratiques de la géologie. Ses cartes de la production des carrières 
de Belgique pour 1871 et 1878 (6, 7, 8, 5o, 5i), celles relatives à la 
production, à la consommation et à la circulation, pendant les 
luèines années, des minerais de fer, de zinc, de plomb et des 
pyrites en Belgique (14, i5, 4^» 49) <>"^' "^^^ utilité scientifique et 
pratique incontestable ; il en est de même de ses rapports sur la 
situation de l'Industrie minérale et métallurgique de la province 
de Liège pendant les années 1898, 1899, 1900, 1901, 1902 et 1903 



— B 164 — 

(82, 85, 87, 90, 91, 98) ; son étude sur les dégagements de grisou 
dans les mines et les dépressions barométriques (80), mérite une 
mention spéciale. 

Enfin, la question des eaux alimentaires et des eaux minérales 
fait l'objet de trois importantes notices (58, 72, 81), dont deux 
fournissent des renseignements précieux sur le mode de captage 
de ces deux sortes d*eaux. 

Si Ton ajoute à ce labeur coiïsidérable, d'autres œuvres qui ne 
sont pas destinées à être connues du public, telles que le rapport 
sur les demandes de concession du terrain houiller de la Campine, 
auquel il travaillait encore quelques jours avant sa mort, avec 
une conscience scrupuleuse et une science indiscutable, on doit 
convenir (qu'Adolphe Firket a bien mérité de la patrie, de la 
science, de l'humanité. 



— B i65 — 



Discours prononcés aux funérailles d'Adolphe Firicet. 

Discours de M. 0. Merten, 

Recteur de VUnioersité de Liège. 

Mehsieurs, 

La mort frappe à coups redoublés dans les rangs du corps pro- 
fessoral de rUniversité de Liège. Hier, c'était notre ancien admi- 
nistrateur-inspecteur François Folie, qu'une maladie courte et im- 
prévue enlevait à notre affection et à ses travaux scientifiques. 
Aujourd'hui, nous déplorons la mort presque foudroyante et non 
moins imprévue d'Adolphe Firket qui, à côté des hautes fonctions 
qu'il remplissait dans le Corps des mines, où il a fourni une très 
brillante carrière, a apporté, pendant une longue période, une col- 
laboration précieuse à notre enseignement universitaire. 

Après de brillantes études faites à T Athénée et à l'Université de 
Liège, où il brilla toujours au premier rang, notre regretté col- 
lègue qui appartenait depuis quelques années au Corps des mines, 
fut appelé en 1866 à remplir les fonctions de répétiteur des cours 
de minéralogie et de géologie aux Kcoles spéciales annexées à 
r Université de Liège. Kn i88i, il fut chargé, en remplacement de 
M. le professeur Dewalque, du cours de notions élémentaires de 
minéralogie et de géologie auxquelles vinrent s'ajouter, en 1890, des 
notions de géographie physiciue. 

Une voix plus autorisée que la mienne vousparlera, dans un ins- 
tant, de la haute valeur scientifique de notre regretté collègue et 
des travaux importants qu'il a publiés dans les nombreux recueils 
consacrés aux travaux de l'ingénieur. Je me bornerai à remplir ici 
le douloureux et pénible devoir de rendre un suprême hommage 
au dévouement dont il n'a cessé de faire preuve et aux services 
qu'il a rendus à notre enseignement supérieur. L'heure de la re- 
traite allait bientôt sonner pour lui ; il ne lui a pas été donné de 
jouir du repos qu'il avait si bien mérité. 

Adolphe Firket ne comptait que des amis. Sa nature affectueuse 
et bienveillante, son esprit de conciliation et de paix lui gagnait 
u>utes les sympathies. Toutes les mains se tendaient vers lui et 
c'est avec une profonde émotion que l'Université adresse à notre 



— B i66 



cher et regretté collègue un dernier et éternel adieu. Son souvenir 
ne périra pas dans nos cœurs. Puisse cette pensée adoucir la ])ro- 
fonde et légitime douleur de sa famille éplorée. 
Adieu, Firket, adieu ! 



Discours de M. L. ^Willem, 

Ingénieur en rhef-di rerieur des mines, h Liégr. 

Messieurs, 

Le Corps des officiers des mines est cruellement éprouvé. La 
mort fauche impitoyablement ses rangs. Nous venons à peine de 
conduire à sa dernière demeure l'un de ses membres les plus dis- 
tingués, M. l'ingénieur en chef-directeur Fineuse, cprun nouveau 
deuil nous accable : M. Tinspecteur général Firket n'est plus. Il a 
succombé, foudroyé par une de ces affections subites dont la 
science est impuissante à conjurer les effets. 

Au nom de ce Corps qui a pu apprécier ses talents, je remplis 
un devoir bien pénible en venant rendre à sa mémoire un dernier 
témoignage de sympathie, un dernier témoignage d'affection. 

Doué de qualités brillantes, d'une affabilité peu commune, dé- 
voué aux humbles, toujours prêt à accorder à ses collègues le con- 
cours de ses lumières ou l'aide de sa haute influence, se dépensant 
sans compter, Adolphe Firket avait d'emblée conquis les cœurs de 
tous ceux qui avaient le bonheur de l'approcher. On peut dire ile 
lui qu'il a passé en faisant le bien. Tel était l'homme. Messieurs ; 
l'ingénieur, le fonctionnaire, tous vous l'avez connu. 

Entré à l'Administration des mines le lo février i86i, il ne tar- 
da pas à s'y distinguer par l'étendue de ses conuiiissances, par la 
sûreté et la promi)titude de son jugement, par cet espint d'ordre et 
de prévoyance qui devait en faire un de nos chefs les plus 
autorisés. 

Je ne le suivrai pas au cours de sa longue et laborieuse carrière. 
Il n'y compta que des succès et ne contribua pas peu à mainte- 
nir l'indépendance et le prestige de notre Corps scientifique dans 
toute l'étendue de son inspection générale. 

Cette inspection lui fut confiée le i8 avril 1B99, et vous savez. 
Messieurs, avec quelle distinction, quelle ampleur de vues, il rem- 
plissait ses hautes et délicates fonctions. 



— B 167 — 

Le Gouvernement avait déjà reconnu ses mérites en lui décer- 
nant successivement les croix civiques de 2'' et de i*^ classe, pour 
actes de courage et de dévouement, la croix d'Officier de l'Ordre 
de Léopold, la croix civique de i*" classe pour les éminents ser- 
vices qu'il avait rendus au pays, et la croix de i^ classe de l'Ordre 
de prévoyance. 

Il lui réservait de plus hautes récompenses, mais la modestie 
de son caractère, l'attachement qu'Adolphe Firket portait à une 
famille qu'il chérissait et dont il était chéri, lui firent décliner 
l'honneur de présider à nos destinées en qualité de directeur 
général. 

Son activité dévorante,son assiduité au travail, ne lui laissaient 
pas de repos. Elles s'exerçaient dans toutes les branches de la 
science. 

I^a fécondité do son esprit subtil se trahissait par des publica- 
tions nombreuses, toutes palpitantes d'intérêt et d'actualité. 

Issu de notre Ecole spéciale des mines, il ne tarda pas à y rentrer 
comme répétiteur d'abord, comme chargé de cours ensuite. Une 
voix plus autorisée que la mienne pourra vous dire les services 
qu'il a rendus à l'enseignement de la géologie. 

Pour nous, il laisse un vide qui ne sera pas comblé. La mort 
nous l'a enlevé, mais son souvenir sera impérissable, il restera 
profondément gravé dans nos cœurs. 

Puisse l'expression des regrets que nous in spire sa fin prématurée 
apporter quelque soulagement à la douleur d'nne l'aniille éplorée. 
Puisse aussi la certitude qu'il jouit aujourd'hui de la récompense 
due à ses vertus, être pour elle une source de suprême consolation. 

Adieu, mon cher Firket, adieu ! 



Discours de M. A. Gravis, 

Doyen de la Faculté des Sriencps de V Université de Liège. 

Messieurs, 

Celui dont nous déplorons la perte était un ingénieur distingué, 
un fonctionnaire du plus grand mérite, en même temps qu'un 
homme de science, affable et bon. Des voix autorisées viennent de 
rappeler les services éminents rendus par Adolphe Firket dans 
le Corps des Mines. M. le Recteur a retracé la carrière universi- 



— B i68 — 

taire du défunt. Tl me reste à dire quelque mots de son enseigne- 
ment et à exprimer, au nom de mes collègues de la Faculté des 
Sciences, les sentiments de regret que nous éprouvons tous. 

Adolphe Firket fut, dès 1866, nonuné répétiteur des cours de 
Minéralogie et de («éologie aux Kcoles spéciales annexées à T Uni- 
versité de Liège. Quinze ans plus tard, il fut chargé, dans la Fa- 
cult<> des Sciences, du cours de notions élémentaires de Minéralo- 
gie et de Géologie. Pendant près de quarante ans, son dévouement 
à notre Université se manifesta par le soin scrui)uleux qu'il mit à 
remplir ses fonctions, malgré les nombreux soucis de sa carrière 
administrative. 

Les le^'ons de Firket réunissaient les qualités nécessaires à un 
enseignement élémentaire, s*adressant à des élèves de diverses ca- 
tégories ; elles étaient méthodiques et précises, simi)les et à la 
portée de tous. 

Ses publications témoignent d'une activité qui ne s'est jamais 
ralentie. Beaucoup d'entre elles se rapportent à l'art de l'ingé- 
nieur ; un grand nombi'e d'autres traitent de questions scienti- 
fiques pures ou appliquées : gîtes fossilifères, stratigraphie des 
couches de houille, découverte de minerais, carte géologique, et»c... 
Tous ses écrits reflètent la pondération de son esprit, la droiture 
de son jugement et la précision de ses idées, lisseront souvent 
consultés avec fruit. 

Nous perdons en Firket un collègue aimé pour son caractère 
serviable, plein de douceur et de générosité. Aussi, nos regrets 
sont-ils unanimes et })rofonds. Son souvenir restera honoré parmi 
nous. 

Puisse l'expression de nos sentiments de vive sympathie, appor- 
ter quelque adoucissement à la douleur d'une famille éplorée. 

Cher collègue, repose en paix ! 



Discours de M. H. Hubert, 

Président de lu Section de Liéf(e de l'Assorintion de,s ingénieurs. 

Messieurs, 

Un mois s'est à peine écoulé depuis le jour où nous rendions les 
derniers hommages à notre camarade Fineuse et voilà que nous 
nous retrouvons de ncmveau devant un cercueil, celui du chef que 



— B i69 — 

ses fonctions avaient appelé à vous retracer sa carrière adminis- 
trative. 

Personne, à ce moment, n'eût soupçonné qnc la mort allait faire 
signe à notre ami Firket qui paraissait devoir jouir pendant de 
ninnbreuses années, d:ins le repos bien mérité qu'il se disposait à 
prendre, deTamonr des siens, de l'affection et de Testime de tous 
ceux qui le connaissaient. C'est, en effet. Messieurs, je pense, un 
des traits les plus marquants du caractère si heureux <lu camarade 
dont nous regrettons la perte, que cette aménité constante, cette 
inépuisable bienveillance cpii lui conciliaient toutes les sym])athies 
et lui ont permis de parcourir une carrière que tous auraietit 
voulu plus longue encore, sans s'être fait peut-être une seule 
inimitié, ("es qualités d<î cœur, jointes à une intelligence d'élite et 
à des facultés de travail remarquables, avaient donné à Firket une 
place spéciale dans l'Association des Ingénieurs sortis de TKcole 
de Liège. 

Aussi, lorsque la modification de ses statuts eût établi l'obliga- 
tion du changement triennal de la présidence des Sectif)ns, Firket 
fùt-il un des premiers à être appelé à celle de la Section de Liège 
j)ar la confiance de ses camarades. .le ne pourrais mieux faire que 
de rappeler les paroles que lui adressait, à cette occasion, le prési- 
dent sortant en lui cédant le fauteuil : «Ktant donnés », disait notre 
camarade IL Dechamps, «les noms que le premier scrutin avait mis 
»' en présence, nous pouvions attendre avec cimfiance l'issue de 
•' l'élection, car nous savions que quel que dût être le nom qui sorti- 
•. rait victorieux de l'urne, la Section aurait en tout cas un excellent 
.» président. En portant son choix sur le camarade Firket, la Sec- 
/» tion a voulu reconnaître ses mérites et les nombreux services 
:> qu'il a rendus à l'Association. » 

Parmi ces services, il en était un, Messieurs, qui demande des 
soins et un travail considérables, sans être récompensé par l'éclat 
de la situation et pour lequel le dévouemej)t à l'Association peut 
seul inspirer et soutenir celui qui le rend : ce sont les fonctions 
de trésorier que notre camarade Firket avait remplies pendant 
dix années consécutives. 

Mais il ne s'était pas borné à ce concours administratif. 11 pre- 
nait une part active aux travaux de la Section de Liège, aux dis- 
cassions qu'y soulevaient les questions scientifiques et techniques 



— B 170 — 

et, notamment, celle à laquelle d(mna lieu les réformes du jiro- 
gramme des études de l'Ecole des mines, question pour laquelle il 
avait une compétence si particulière. Il aborda, du reste, souvent 
notre tribuue et le Mémorial du Cinquantenaire de notre Associa- 
tion a dû cousacrer plusieurs pages à la simple énumération des 
publications de Firket. 

Je me bornerai à citer la remarquable étude qu'il présenta, pen- 
dant sa présidence, sur l'histoire de la formation de la houille et 
qui fit, de l'allocution présidentielle, une œuvre de science et d'éru- 
dition remarquable. La présidence de Firket fut, du reste, une 
des plus fécondes pour la Section de Liège, par l'abondance des 
communications et l'intérêt des discussions. 

Depuis (luelques années, Firket avait dû nous donner une 
moins grande part de scm activité, réclamée par d'absorbantes 
fonctions administratives, par ses études de prédilection et par le 
rôle prééminent qu'elles lui donnèrent dans une autre Société, sym- 
pathique du reste à la notre, la Société géologique de Belgique, 
dont il fut plusieurs fois président. 

Mais il ne nous abandonna cependant jamais et bien souvent 
nous l'avons revu à nos séances et à nos fêtes, apportant à ses 
camarades l'appui de ses conseils ou la cordialité de ses félicita- 
tions. 

Aussi les regrets (|ui le suivent dans la tombe ont-ils un carac- 
tère d'unanimité et de sincérité, cpii est déjà attesté par les paroles 
que viennent de nous faire entendre les représentants de l'Admi- 
nistraticm des mines et de l'Université de Liège. 

CVest donc. Messieurs, devant une noble carrière, toute de 
travail et d'honneur, de bonté et de dévouement, que je m'incline 
en adressant, au nom de l'Association des Ingénieurs de l'Ecole de 
Liège, le dernier adieu à notre cher camarade Adolphe Firket. 



Discours de M. Max. Lohest, 

Professeur it l'Cninersite^ oice-presidcnl de hi Soricté géologique de Belgique. 

Mkssikvrs, 

S(m président, M. Stneysters, étant empêché, la Société géolo- 
gique de Belgique m'a prié de le remplacer à cette triste céré- 
monie. 

Membre du Comité organisateur d'e 1874, auquel on doit la fon- 



— B 171 — 

dation de notre Société, Firket fit sans interruption, pendant 3i 
ans, partie du Conseil soit comme président, vice-président, 
secrétaire adjoint, trésorier ou commissaire. 

11 assistait régulièrement a nos réunions mensuelles, et nous 
avons appris sa mort au moment où nous nous attendions à le voir, 
comme d'habitude, entrer en séance, en s*avan<;ant vers nous, af- 
fable, souriant, affectueux pour tous. 

En homme supérieur, Firket, après raccomplissement de ses 
absorbantes fonctionsadministratives, savait consacrer àrétudedes 
sciences, des heures de repos légitimement gagnées. 

L*étude souvent aride des sciences minérales devenait pour lui 
une distraction et une récomi>ense. 

Ijcs mémoires et notices publiés dans nos Annales furent nom- 
breux et importants. Ils se répartissent dans Tentièreté du 
domaine des sciences minérales ; la géologie, la minéralogie, 
l'hydrologie. 

Imprégné des principes et de la méthode d'André Dumont, 
Firket désirait voir la géologie avancer avec prudence, se basant 
sur des observations précises et non sur des théories insuf- 
fisamment appuyées. 

Elaborés sous l'impulsion de cette idée directrice, ses travaux 
scientifiques se distinguent par une grande précision dans l'obser- 
vation et un jugement sain et droit dans les conclusions. 

La géologie du terrain houiller fut surtout l'objet de ses préoc- 
cupations d'ingénieur et de savant. 11 sut mettre au point les 
théories vagues et contradictoires concernant l'origine de la 
houille. 

Mais si, par des recherches personnelles, Firket a contribué à 
élargir le domaine de nos connaissances, il eut, à son insu, une in- 
fluence considérable sur la direction scientifique des travaux do 
notre Société. 

Au cours de nos séances, il savait d'un mot juste et toujours 
bienveillant, mettre en relief le côté faible d'une argumentation. 
Ses judicieuses critiques ont été ainsi la cause de nouvelles 
recherches et d'observations plus complètes. 

Firket fut encore pour nous un homme de bon conseil. Nous le 
considérions comme un sage auquel notre Société avait confié la 
garde de ses coutumes, de ses traditions et le secret de sa fortune. 

Nous avions recours à lui dans les moments difficiles. 



— B 172 — 

Ses avis, toujours inspirés par un esprit de conciliation et le 
désir de voir prospérer Toeuvre qu'il avait contribué à fonder, 
furent heureusement suivis. 

Et si nous avons éprouvé la satisfaction de constater la pros- 
périté toujours croissante de notre Société géologique, nous n'igno- 
rons pas la part considérable due à Firket dans ce résultat. 

Adieu, mon cher ami, tout homme désireux de se rendre compte 
des progrès accomplis en Belgique dans le domaine des sciences 
minérales, n'ignorera point ton nom ; mais nous, tes confrères, 
nous associerons au souvenir de tes importants travaux, celui de 
ta bonté, de ton affabilité et de ta bienveillance. Reçois, de notre 
part, un dernier témoignage d'affectueuse reconnaissance. 



Discours de M. H. Lonay, 

Meinbri» de In Snviélé rnyafe des Sciences de Liégv, 

Mkssikdrs, 

Au nom de La Société royale de.s Sciences de Liège, je suis 
chargé du triste honneur de venir adresser un dernier adieu à 
riiomme éminent dont on vient de faire Téloge si mérité. 

I^^n 1^74. il y a plus de trente ans, Adolphe Firket se fit inscrire 
au nombre des membres de la Société royale des Sciences et, 
depuis lors, il ne cessa d'en faire partie. 11 en était à l'heure actuelle 
un des plus anciens membres. 

Il en fut élu président ])onr l'année 1880 : mais, de ])lus en plus 
absorbé par ses multiples occnijations, Adolphe Firket se vit forcé 
d'abandonner peu à peu nos séances, d'autant plus qu'une Société 
sanir, dont l'objet et l'activité répondaient mieux à ses aspirations 
scienfifiques, méritait, à bon droit, de lui inspirer plus d'intérêt. 

Néanmoins, la Société royale des Sciences de Liège était 
heureuse et fière de posséder l'homme savant, le professeur distin- 
gué et le ionctionnaire consciencieux, dont elle déplore aujourdhui 
la perte. 

Certes, une telle sé])aration est d'autant plus douhmreuse qu'elle 
est pins soudaine ; mais si cette amertume est susceptible de quel- 
que adoucissement, c'est dans la pensée que les hautes vertus 
exercées ici bas trouvent leur récomi)ense dans les régions 
paisibles de réternité ! 



— B 173 — 



Liste des publications d'Adolphe Firicet. 

1. Construction d'un eu voyage au puits de Piclies du charbon- 
nage de Sacré-Madame, à Dampremy. Bull, trim, Assoc, des 
Ing, sort, de VEc, de Liège, 2** série. Janvier i863, n" i, pp. 4o-4i- 

2. Cheminée en tôle à double enveloppe. Extrait d'une descrip- 
tion de brevet. Ibid,, 2*" série. Avril i863, n* 2, pp. 66-67. 

3. Eclairage des carrés de fosses, des gares, des rivages, etc., 
au moyen de Thuile de pétrole. Ibid , 2*" série. Janvier 1864, 
n* I, pp. 208-212. 

4. Rapport sur les appareils présentés par M. Gérard à la 
Section de Liège de l'Association des Ingénieurs sortis de 
l'Ecole de Liège. Ibid,, 4' série, 1869, n" 4» PP- 342-347. 

5. Note sur les localités fossilifères de TArdenne, appartenant 
au terrain rhénan de Dumont. Reu. univ, des mines, t. XXVI II, 
pp. 3x9-338, 1871. 

6. Carte de la production, par commune, des carrières de la 
Belgique pendant Tannée 1871. Echelle de i : 3oo 000. 
Bruxelles, Van der Maelen, 1873. 

7. Carte de la production, par commune, des carrières de la 

Belgique. Rev, univ, des mines, t. XXXI II, pp. 3i4-3i5, 1873. 

8. Notice sur cette carte. A nn, des trav, pubL de Belg.,%, XXXII, 
pp. 61-102, 1874. 

9. Sur rexiptence du schiste gris fossilifère au nord du massif 
anthraxifère du Condroz. Ann. Soc. géoL de Belg., t. I, 
pp. xxxvii-xxxviii, i5 février 1874. 

10. Transformation sur place du schiste houiller en argile plasti- 
que. Ibid., pp. 60-64, 21 juin 1874. 

11. Sur de nouveaux fossiles du système houiller. Ibid., pp lxxvi- 
Lxxvii, 19 juillet 1874. 

12. Lithologie du fond des mers, par M. Delesse. Ibid., Bibi., 
pp. i5-22, 19 juillet 1874- 

i3. Sur des fossiles végétaux de Targile plastique d'Andenne 
Ibid., t. II, pp. xLviii-xLix, 20 décembre 1874. 

14. Carte de la production, de la consommation et de la circula- 
tion des minerais de fer, de zinc, de plomb et des pyrites en 
Belgique, pendant Tannée 1871. Echelle de i : 3oo 000. 
Bruxelles, Van der Maelen et Mertens, 1874. 



— B 174 — 

iT). Notice sur cette carie. Ann,des trnv. puhL de Belg. ,t,^XlCiy, 
pp. 399-438, 1876 

16. Xote sur le soufre natif de Targile plastique d'Audenne, en 
collaboration avec L. Gillet. Ann. Soc, oéol, de Belff., t. II, 
l)p. 178-182, 16 mai 1875. 

17. Procès-verbaux de la réunion extraordinaire tenue à Iluy et 
à Liège du 19 au 22 septembre 1875. Ibid,, pp. ciii-CLxiv, 
19-22 septembre 1875. 

18. Fossiles du poudingue de Hurnot proprement dit ; âge de cette 
assise. Ibid., pp. cxxiv-cxxviii, 19 septembre 1875. 

19. Modiola du schiste houiller d'Angleur. Ibid., pp. clxii-clxiii, 
22 septembre 1875. 

20. Notice sur l'indicateur de niveau d'eau avec sifflet d'alarme, 
de M. A. Gerkinet-Ledent. Annuaire Ass, des Ing, sort, de 
VEc. de Liége^ 2*^ sér., t. VI, pp. 86-88, 147, 7 mai 1876. 

21. Capacité pour l'eau des vides dus à l'exploitation houillère. 
Ibid.y pp. 173-177, 25 juin 1876. 

22. Barytine cristallisée provenant du système houiller. Ann. 
Soc, géoL de Belg,^ t. IV, p. cxvi, i5 juillet 1877. 

23. Procès-verbaux de la réunion extraordinaire tenue à Arlon et 
à Diekirch du V^ au 4 septembre 1877. Ibid,, t. IV, pp. cxviu- 
i'xxxvi, i*'^-4 septembre 1877. 

24. Note sur un nouveau gîte de fossiles crétacés à Hollogne-aux- 
Pierres. Ibid,^ t. V, pp. lxxviii-lxxix, 17 février 1878. 

25. Sur la position stratigraphique du grès houiller de la station 
d'Andenne et sur la constitution de la partie inférieure du 
système houiller à Seilles. Ibid,, pp.LXXxi-Lxxxii, 17 févr. 1878. 

26. Notice sur le gîte ferro-manganésifère de Moët- Fontaine 
(Rahiorj. Ibid,^ pp. 33-4i, 17 mars 1878. 

27. Sur une variété de quartz pulvérulent. Ibid,, pp. xc-xci, 
17 mars 1878. 

28. Sur la position stratigraphique du poudingue houiller dans la 
partie ouest de la province de Liège. Ibid,^ pp. 4^*47' 
28 avril 1878. 

29. Etude sur les gîtes métallifères de la mine de Landenne et sur 
la faille silurienne du Champ-d'Oiseaux. Bull. Acud, r, de 
Belg,, 2** sér., t. XLV, pp. 618-645, 7 mai 1878. 

30. Structure de quelques échantillons de houille et de schiste 
houiller. Ann. Soc. géol. de Belg., t. V, p. cxu, 19 mai 1878. 



— B 175 — 

3i. Nouveau gîte d'eurite à la promenade de Sept-Heures, à Spa. 
Ibid,, pp. cxni-cxiv, 19 mai 1878. 

32. Découverte de la Millérite (Haarkies) au charbonnage du 
Hasard, à Micheroux. Jbid,, pp. cxx-txxi, 16 juin 1878. 

33. Sur la position stratigraphique du poudingue houiller d'Amay. 
Ibid., pp. cxxi-cxxni, 16 juin 1878. 

34. Conglomérat de la partie moyenne du système houiller du 
bassin de Liège. Ibid., pp. cxxxix-cxl, 21 juillet 1878. 

35. Sur quelques fossiles animaux du système houiller du bassin 
de Liège. Ibid,, t. VI, pp xciv-xcviii, 16 mars 1879. 

36. A propos de la rhodochrosite du gîte forro-manganésifère de 
Moët-Fontaine (Rahier . Ibid,, p. cxxvii, 18 mai 1879. 

37. Conglomérats houillers des bassins de la Ruhr et de Saar- 
briick. Ibid., pp. cxxvii-cxxviii, 18 mai 1879. 

38. Découverte de la chalcopyrite au charbonnnage des Six-Bon- 
uiers, à Seraing. Ibid., p. cxxxix, i5 juin 1879. 

39. Sur la Millérite (Haarkies) du charbonnage du Hasard, à 
Micheroux. Ibid., p. clii, 27 juillet 1879. 

40- Sur une variété de galène pseudomorphique. Ibid., pp. clii- 

cLiii, 27 juillet 1879. 
41. Ilemarques sur la composition du minerai ferro-manganésifère 

de Moët-Fontaine (Rahier). Ibid., pp. cliii-clvi, 27 juillet 1879. 
4^. Compte-rendu de la réunion extraordinaire tenue dans TEifel 

du 3i août au 4 septembre 1879. lt>i^'^ PP« clxi-ccvii, 3i août- 

4 septembre 1879. 
43. Carte géologique de la Belgique et des provinces voisines, à 

réchelle de i:5ooooo, par M. G. Dewalque. lieu, uiiiv. des 

mines, 2** sér., t. VI, pp. 267-271, octobre 1879. 
44- ^^^ Ifl* présence du mispickel (arsénopyrite) et de la galène à 

Xil-St-V^inceut. Ann. Soc. géoL de Belg.,t. Vil, pp. lih-lv, 

16 novembre 1879. 
43. Note sur le gîte de combustible minéral du Rocheux, à Theux. 

Ibid., pp Lxii-Lxvii, 18 janvier 1880. 

46. Limon fossilifère quaternaire dans la vallée de la Meuse. Ibid., 
t. Vlll, pp. cxviii-cxxii, i5 mai 1881. 

47. Documents pour l'étude de la répartition stratigraphique des 
végétaux houillers de la Belgique. Ibid., pp. cxxvii-cxxxv, 
19 juin 1881. 



— B 176 — 

48. Carte de la production, de la circulation, de la consommation 
des minerais et de la production des mé^yaux en Belgique, 
pendant Tannée 1878. Echelle de i:32o 000. Bruxelles, Institut 
cartographique militaire, 1881. 

49. Xotice sur cette carte Ann. des irav, pubL de Belg\, 
t. XXXIX, pp. 171-222, 1881. 

50. Carte de la producticm, par commune, des carrières de la 
Belgique en 1878. EcluiUe de 1:820 000. Bruxelles, Institut 
cartographique militaire, i88t. 

5i. Note sur cette carte. A /i/i. Soc. ^éol. de Bel*;'., t. IX, pp. 
Lxiii-Lxvi, 20 novembre i88i. 

52. La construction des coupes géologiques, i)ar H. Martvii 
Chanck. Traduction annotée. Reu, iiniv. des mines, 2® sér., 
t. X, pp. 576-583, pi. XIX, 1881. 

53. Note sur un échantillon d'anglésite et sur des cristaux de 
cérusite. Ânn. Soc géoL de Belg,^ t. IX, pp. xcvii-xcviii, 
i5 janvier 1882. 

54. Sur des cristaux de quartz et de calcite de Tétage houillei*. 
Ibid., pp. cxLVii-cxLix, 16 juillet 1882. 

55. Examen des études sur Texistence possible de la houille aux 
environs de Londres. /?ei;. u/u'w. des mines, 2^ sér., t. XII, 

pp. 457-474» 1^82. 

56. Sur Textention, en Angleterre, du bassin houiller franco-belge. 
Ann, Soc. géol. de Belg.y t. X, pp. xciii-xcv, 18 février i883. 

57. Découverte de la chalcocite à Moët-Fontaine (Rahier). Ibid., 
pp. xcvii-xcix, 18 février i883. 

58. Nappes d'eau souterraines de la vallée de la Meuse à Liège et 
aux environs. Rapport de ht commission d'enquête sur l'épi- 
demie de j'ièvre typhoïde de iHHu-iHHH. Liège, G. Thiriart, 
20 p., 23 mai i883. 

59. Documents pour Tétude de la répartition stratigraphique des 
végétaux houillers de la Belgique. Ann. Soc. géol. de Belg.y 
t. XI, pp. xcix-ci, 17 février 1884. 

60. Composition chimique de quelques calcaires et de quelques 
dolomies des terrains anciens de la Belgique. V/;/c/., pp. 221- 
246, 16 mars 1884. 

61. Sur quelques minéraux artificiels pyrogénés. Ibid., t. XII, 
Bull., pp. 191-196, 19 juillet i885. 

10 AVRIL 1906. 



— B 177 — 

62. Masse de fonte partiellement décarburée, rencontrée dans le 
sol à Liège. Ibid,, pp. 197-199» 19 juillet i885. 

63. Compte rendn sommaire de la troisième session du Congrès 
géologique international, tenu à Berlin en i885. Rev. iinio. des 
mines, 2« sér., t. XVIII, pp. 438-444, i885. 

64* Remarques sur la classification des gîtes métallifères, par 
A. VON Groddeck. Traduction. Ibid., t. XIX, pp. 251-272, 
1886. 

65. Observations relatives au limon fossilifère trouvé au Laveu (Liè- 
ge). AnnSoc.géoL de Be/g'.,t.XIII,pp. lx-lxi, 17 janvier 1886. 

66. Remarques au sujet de Tobservation de la déclinaison magné- 
tique à Bruxelles. Ibid., t. XIV, pp. cxxii-cxxiv, 20 mars 1887. 

67. Minéraux artificiels pyrogénés. Fayalitc. Ibid,, pp. 196-203, 

17 juillet 1887. 

68. Alluvions modernes de la vallée de la Meuse, à Liège. Ibid,,. 
pp. cLxxiv-cLxxxi, 17 juillet 1887. 

^K). Observations présentées à la suite de la communication de 
M. Max. LoHEST sur les failles de l'étage liouiller. Ibid.,. 
t. XVII, pp. 161-170, 16 février 1890. 

70. Fossiles des gîtes do phosphorite de la Ilesbaye. Ibid,„ 
pp. XLiv-XLvr, 16 mars 1890; pp. lxxviii-lxxix, 20 juillet 1890. 

71. Sur l'âge et l'origine d'un limon récent de la vallée de rOurthe. 
Ibid., pp. XLVi-xLviii, 16 mars 1890. 

72. L'eau minérale et le captage do Ilarre. Ibid., t. XX, pp. 7-41 t 
pi. I, II, 27 novembre 1892. 

73. Sur quelques roches combustibles belges, assimilées ou assi- 
milables au canneZ-coa/ anglais. Ibid., pp. 107-110, 16 juillet 
1893 (}). 

74. L'origine et le mode de formation delà houille. Rcv. iinio. des 
mines, 3*" sér., t. XXVI, pp. i-56, 5 novembrc-io décem- 
bre 1893 ('). 

75. Présentation de cailloux provenant du toit de la couche 
Crusny, du puits du Plancher du charbonnage de l'Espérance» 
àMontegnée et d'échantillons d'une couche de Turon (Asturies) , 
formée de galets de houille. Ann. Soc. géol. de Belg., t. XXI, 
pp. Lxvi-Lxxi, 18 février 1894 ; pp. lxxxviii-lxxxix, 18 mars 
1894. 

(* > Une traduction <le ce travail a été publiée dans The CoUcry Guardian, i8c):{. 
(*; Une traduction (le ce travail a été publiée dans The CoUery Guardian, iHî)4. 

-\SX. HO<'. CKOI.. DE «EIXJ.. T. XXXII. BILL., 12. 



— B 178 — 

76. Dolomie rencontrée au sud de la faille eifélieiine au charbon- 
nage du Val-Benoît. IbicL, t. XXII, pp. xxxm-xxxiv, 18 dé- 
cembre 1894. 

77. Charbonnage de Marihaye. Creusement des bacnures à la 

bosseyeuse, sans explosifs. Ann. des mines de Belg., t. II, 
pp. 750-701, 2« scm. 189G ; t m, pp. 254-258, i*^"" sem. 1897 ; 
t. IV, pp. 182-185, 2*^ sem. 1897. 

78. Charbonnage du Ilorloz. Uemi^lacement d'un guidonnage en 

fer sans interruption de Textraction. Ibid.^ t. IV, p. 186, 
2'* sem. 1897. 

79. Charbonnage de Kessales-Artistes. Puits du Xhorré. Installa- 

tion d'un ventilateur. Ibid., pp. 359-3G0, 2*" sem. 1898. 

80. Les dégagements de grisou dans les mines et les dépressions 
barométriques. Compte rendu du V'' Congr. dliydroL médic.^ 
de climatol. et de géol, Liège, pp. i59-iG5, 3o sept. 1898. 

81. Do quelques précautions à prendre dans le captage des eaux 
minérales et de leur application à la source minérale de Harre. 
Ibid,^ PI). 3i6-322, 26 sept. 1H98. 

82. Détermination de la température moyenne quotidienne de 
l'air. Ibid,, pp. 418-421, 28 sept. 1898. 

83. Rapport sur la situation de l'industrie minérale et métallur- 
gique dans la province de Liège, pendant l'année 1898. Liège, 
A. Miot, 52 pages, i tableau, juillet 1899. 

84. Kxamen de la situation des salaires dans l'industrie houillère. 
Mémoire présenté aux sections charbonnières des Conseils de 
l'industrie et du travail de la province de Liège. Revue du 
travaily IV année, pp. 794-799» juillet 1899. 

85. Rapport sur la situation de l'industrie minérale et métallur- 
gique dans la province de Liège, pendant l'année 1899, Liège, 
G Thiriart, 56 pages, i tableau, juillet 1900. 

86. Usines à zinc, plomb et argent de la Belgique. Etude sur leurs 
conditions de salubrité intérieure. Ann. des mines de Belg.y 
t. VI, pp. 21-63 et 2o5-236, 1 pi., i**^ sem. 1901. 

87. Rapport sur la situation de l'industrie minérale et métallur- 
gique dans la province de Liège, pendant l'année 1900. Liège, 
G. Thiriart, 58 pages, 1 tableau, juin 1901. 

88. Banc calcareux sous la couche Petite-Moisa, au charbonnage 
de La Haye, à Liège. Ann, Soc. géol. de Belg,^ t. XXVIII, 
p. B289, 16 juin 1901. 



— » 179 — 

8<). Rapport sur la note de M. G. Dkwalque. La fondation de la 
Société géologique de Belgique. IbicL, t. XXIX, pp. ni20-i2i, 
i6 février 1902. 

<K>- Rapport sur la situation de l'industrie minérale et métallur- 
gique dans la i)rovince de Liège, pendant Tannée 1901. Liège, 
G. Thiriart, 55 pages, i tableau, juillet 1902. 

<ii. Rajjport sur la situation de rindustrie minérale et métallur- 
gique dans la x)rovince de Liège, pendant Tannée 1902. Liège, 
G. Thiriart, 61 pages, i tableau, juillet 190.3. 

^y^. Considérations relatives à Torigine des amas métallifères do 
la mine d'Engis et de la grotte profonde du gîte du Dos, à 
Engis. Ann. Soc. géol, de Belg., t. XXXI, pp. n6o-6i, 20 
décembre 1908. 

<)3. Rapport sur la situation de Tindustrie minérale et métallur- 
gique dans la province de Liège, pendant Tannée 1903. I^iège, 
G. Thiriart, 64 pages, i tableau, juin 1904. 



12 AVRH. IQOG. 



MÉMOIRES 



AXN. SOC. GÉOL. DE BELG., TOME XXXII. MÉMOIRES, I. 



Quelques observations 
sur les champs diamantifères de Kimberiey, 

PAR 

j-1. PUTTGENBACH ( ^ ). 



Dans la séance du 19 juin 1904, j*ai entretenu la Société géolo- 
gique d'une visite que j'avais faite, peu auparavant, aux gisements 
de diamants de Kimberley et j'ai, notamment, attiré l'attention 
sur le peu de concordance qui existe, chez les auteurs, dans la des- 
cription de la roche diamantifère, ainsi que sur le peu de rensei- 
gnements précis que l'on possède relativement aux divers terrains 
traversés par les nombreux et importants travaux de la société 
exploitante. Grâce à l'obligeance de M. A. Williams, acting- 
manager de la De Beers Consolidated Mines et de M. Brigham, 
ingénieur-géomètre en chef à la même société, j'ai rapporté dô 
là-bas une série d'échantillons provenant, soit de la roche diaman- 
tifère, soit des terrains encaissants. Pendant ces derniers mois, 
j'en ai fait l'examen microscopique, et c'est le résultat de celte 
étude que je désire exposer rapidement. 

Je crois bon de résumer d'abord les faits gétiéraux concernant 
la géologie de ces intéressants gisements. Quoi(ine la description 
des gîtes de Kimberley s(5 trouve dans de nombreux auteurs 
et, notamment, dans l'ouvrage bien connu do M. de Launay ('-), j'ai 
cru bon de publier ici mes quelques observations, parce que, 
depuis que ces ouvrages ont ])aru, les travaux effectués ont <îté 
descendus à de plus grandes i)rofondeurs et qu'il [en résulte une 
connaissance plus complète du gisement. 

Les terrains de la région diamantifère api)ar tiennent à la for- 
mation permo-triasique dite du Knroo et composée surtout de 
schistes, de grès, de quart/.ites, anciens sédiments lacustres dépo- 

('*) l'oiiiinunication présentco à la séance du ao noveinhro iî)()4- 
Ç^) L. DE Laixav. Les (liamants du Cap. Paris, Baudi»}' et (.''•', i8()7. 



— M 4 — 

ses à la suite d'une émersion du continent sud-africain, datant de 
la fin du Carbonifère. Ces diverses couches comprennent, d'ailleurs, 
des intercalations de roches éruptives interstratifiées, dont nous 
décrirons plus loin quelques-unes. 

Recoupant ces divers terrains horizontaux et s'enfonçant verti- 
calement dans le sol, on trouve, entre la Hart-River (Wcst-Gri- 
qualand), Kimberley et Jagersfontein (Orange), une série de 
colonnes éruptives, à section elliptique, qui viennent s'épancher à 
la surface du sol « comme des tètes de boulons sur une plaque de 
tôle (*) ». Ces colonnes éruptives ou, suivant l'expression adoptée, 
ces cheminées^ sont composées d'une roche très altérée et jau- 
nâtre à la surface (yelloio grounil), bréchiforme, verdâtre ou 
bleuâtre en profondeur {bine groiind). Quelques-unes de ces che- 
minées contiennent des diamants à une teneur moyenne de un 
carat par load (i 245 m^). 

La découverte, en décembre 1870, de ces gisements, qui consti- 
tuaient un type tout nouveau, amena, dans ces tristes et misérables 
contrées, le flot d'aventuriers qui, se précipitant par milliers sur 
les trois seules cheminées alors connues, se mirent à les affouiller 
et y creusèrent ces formidables excavations qui, encore aujour- 
d'hui, étonnent et stupéfient le visiteur. Les difficultés, inévitables 
dans un tel genre d'exploitation, devaient fatalement amener la 
formation de sociétés assez nombreuses, qui se soudèrent 
petit à petit, jusqu'à ce que les habiles négociations de Cecil 
Rhodes eussent réuni, en 1889, toutes les compagnies sous la direc- 
tion de la De Beers (*). Pendant ce temps, les travaux s'effectuaient 
logiquement à l'aide do puits verticaux, descendus dans les terrains 
encaissants du Karoo, parallèlement à la cheminée que l'on va 
ensuite retrouver, à différents étages, par de larges galeries hori- 
zontales. 

Les cheminées actuellement exploitées sont : 

Kimberley, où l'on a atteint la profondeur de 800 mètres ; 
De Ueers, exploitée à près de 5oo mètres ; 

(ï) DKLArxAV. Loc. cit. 

(j^) A part la chominée île Jagersfontein, qui contient des diamants d'autre 
valeur et où l'on a trouvé le i)lus gros que Ton connaisse (Excelsior : 
971 carats), la De Beers possède toutes les cheminées de l'Afrique du Sud et 
détient, d'ailleurs, le marché du diamant dans le monde. 



— M 5 — 

Buiifoniein, reprise dans ces derniers temps et où Ton est des- 
cendu à 200 mètres ; 

Dufoitspan^ abandonnée pendant longtemps, pour éviter une 
surproduction et où Ton travaille actuellement à 240 mètres ; 

Wcssclion ou Premier, travaillée à ciel ouvert. 

Les sections horizontales de ces cheminées ont un surface 
variant de 7 à i5 hectares. Le contact entre la roche diamantifère 
et les couches encaissantes est toujours très net et, paraît-il, ces 
couches horizontales sont légèrement infléchies vers le haut, sur 
le contour immédiat do la colonne éruptivc. 

Je vais maintenant décrire les divers échantillons que j'ai rap- 
portés de Kimbcrley. J'emploierai les dénominations proposées 
par le Comité français de la Commission de pétrograx)hie du 
VHP Congrès géologicxue international. 

Echantillon /i« 3. 
Puits Duloitspan. — Profondeur : 37™.oo. 

Roche noii'âtre, où la loupe laisse distinguer des cristaux très 
allongés de feldspaths, dans une pâte parfois vitreuse. Au 
microscope, on observe une texture nettement ophitique : la roche 
est formée de cristaux allongés de feldspath anorthose, disséminés 
au milieu de grands cristaux de pyroxène augite, le tout étant 
entouré de serpentine provenant de la décomposition de j^éridot 
dont quelques cristaux s'observent encore çà et là. La magnétite 
n'est i)as rare. 

Cette roche constitue un bon type de dolériie anorthique à 
olivine (*). Dans tous les rapi)orts officiels de la De Becrs, elle est 
renseignée comme basalte grossier, nom qui doit être absolument 
rejeté. 

0) Dolérites ^ rocheK holocristallines, à structure ophitique, constituées 
par de» feldspaths calco-sodiques et du pyroxène, avec ou sans amphibole et 
olivine (F. Lœwixsox-Lkssixc;. Loxicpie iîétro{?raphi<iuc. Comptes rendus de 
la VIII* session^ en France^ du Congrès géologique international, a*" fasc. 
Paris, 1901, p. 1075). 



— M 6 — 

Echantillon /i® 8. 

Puils Dutoitspan. — Profondeur : 4n"'"'^o- 

Schistes noirs, très charbonneux, renfermant, dans certains 
lits, de très abondants grains de pyrite (^). 

Echantillon n^ lo. 

Puits Dutoitspan. — Profondeur: 112'". oo. 

Conglomérat de cailloux arrondis de grès, de quartzites, de 
schistes, souvent noirs. Ce conglomérat forme la base des schistes 
précédents et a une épaisseur variant de i à 4 mètres. Dans les 
rapports de la De Beers, il est indicjué comme conglomérat gla- 
ciaire, mais je n*ai pu savoir les raisons de cette dénomination. 

Echantillon n^ 11, 
Puits Dutoitspan. — Profondeur : 137'". 4o- 

Quartzitc excessivement dur, formé de grains de quartz vitreux, 
grisâtre. 

Echantillon n^' 12, 

Puits Dutoitspan. — Profondeur : i47"Mo. 

Roche verdâtre, tendre, serpentineuse, où, à la loupe, on ne 
distingue aucun élément. Au microscope, à un grossissement de 
3oo diamètres, on découvre une grande quantité de feldspaths 
en voie d'altération, ainsi que des cristaux d'un x>yroxène que je 
rapporte à Taugite. Le fer titane est disséminé dans toute la roche. 
La serpentine et la calcite y abondent également. 

Cette roche est, très probablement, le résultat de la décompo- 
sition d'une dolérite. 

Echantillons /i^* iG et j8. 

Puits Dutoitspan. — Profondeurs : 228"'. 00 et 235*". 00. 

Roches grises, assez dures, contenant de très nombreuses amyg- 
dales noires à la surface, souvent opalescentes à l'intérieur. 

(^) On a cru, pendant longtemps, «jue les diamants de la roche de Kiniberley 
provenaient de la cristallisation du carbone de ces schistes, si bien que, des 
sondages ayant traversé comi)lètement ces terrains, on ne le fit pas con- 
naître immédiatement, de peur de voir déi)réciées les actions de la mine. 
(Voir, notamment, de Lauxay. Loc, cit.). 



— M7 — 

Ces amygdales sont formées do quartz'; au mieroscope, on 
voit que ce quartz se compose d*unc agglomération de cristaux 
dont l'orientation est généralement pou différente de l'un à l'aucre, 
car, entre les niçois croisés, les plages d'une même amygdale 
montrent des teintes de polarisation très rapprocliécs les unes des 
antres. La partie externe de l'amygdale est formée de calcédoine 
dont les fibres, à extinction positive,. sont perpendiculaires à la 
surface externe. Les sphérolites à croix noire ne sont pas rares. 
Souvent, on voit la transition entre les x>lages assez larges de quartz 
interne et les fibres de calcédoine externe, en passant par de très 
petites plages de quartz, alignées comme les fibres de calcédoine 
et les continuant vers les plus grands cristaux de quartz du centre 
de l'amygdale. 

A l'échantillon n^ i8, est attaché un gros morceau de quartz 
blanc, entouré de calcédoine rose et qui n'est certainement aussi 
qu'une des amygdales précédentes, de plus grandes dimensions. 

Le reste de la roche est formé d'une pâte incolore, englobant de 
grands cristaux de feldspaths presque entièrement décomposés. 
La pâte est microlitique. Eu lumière naturelle^ elle a une couleur 
un peu brunâtre, sur laquelle tranchent de nombreux microlites 
incolores qui n'ont jamais plus de 1/2 millimètre de longueur ; en 
lumière polarisée parallèle, la pâte, qui prend des teintes de pola- 
risation très peu. élevées, se divise en une série de plages qui 

'■» 

s'éteignent nettement sous des azimuths différant de l'une à 
l'antre. Les microlites sont principalement formés d'oligoclase et 
d'augite. 

En me basant sur ces observations, ainsi que sur l'étude de ,1a 
roche suivante, qui a été recueillie à une profondeur intermédiaire, 
je crois que ces deux échantillons proviennent d'une aiidésite 
amygdaloïdule très altérée (*). 

Echantillon n^ 77. 

Puits DuloitHpaii. — Profondeur : 23i'".oo. 

t 

Cette roche n'est pas ani3'gdaloïdale ; elle se montre, au micros- 
cope, formée de feldspath oligoclasc, englobé dans une pâte grenue 

(^) Andésiten — rocheH 11 structure ni ic*ro]i tique, composées de feldspaths 
cnlco-Hodiqucs, avec ou sans niicas. amphiboles, pyroxènes ou olivinos (Aoc. 
r//., p. 1022). 



— m8 — 

do quartz, de microlites de feldepaths et de mica- magnésien en 
faible quantité. Le quartz forme souvent des traînées serpentant 
dans la roche et dont l'aspect, entre niçois croisés, ressemble fort 
à celui de la partie interne des amygdales des deux échantillons 
précédents. 
J'appelle cette roche andésite à mica noir (^). 

Echantillon n*^ 2^. 
Puits De Beers. — Profondeur ; 438™. 00. 

Echantillon n^ 27. 
Puits De Beers. — Profondeur : 474'"'00. 

Echantillon iî" 28. 
Puits De Beers. — Profondeur : 49H"».5o. 

Echantillon n^ 3y. 

. ■ • 

Puits Kimberley. — Profondeur : 46a"'. 00. 

Echantillon n*^ ^i. 

Ptiits Kimberlev. — Profondeur : 656". oo« 

Roches verdâtres ou grisâtres, dans lesquelles se voient du 
quartz vitreux, en grains souvent assez gros, des cristaux de feld- 
spatlis et des lamelles de calcite. Les minéraux sont disséminés 
dans une pâte où l'examen macroscopique ne donne aucune indi- 
cation. 

Le microscope montre que cette pâte est formée de microlites 
do feldspaths qui doivent être rapportés à l'andésine et à l'oligo- 
clase, de petits cristaux de quartz et de nombreux gi*ains d'ilmé- 
nite, le tout entouré d'une substance d'altération, verdâtre en 
lumière naturelle. La préparation montre aussi de grandes plages 
de quartz, découpées dans les grains déjà visibles à l'œil nu sur 
l'échantillon, des plages de feldspath orthose et de calcite. La 
calcite remplace très souvent les grands cristaux d'orthose. 

Cette roche est, évidemment, un porphyre quart zifère (*), les 

(^) Andésites ~ roches à structure microli tique, composées de feldspaths 
calco-sodiques, avec ou sans micas, amphiboles, pyroxènes ou olivines (Loc, 
cUyy p. 1022). 

(') Porphyre quartzifère ~ nom (général se rapportant à tous les types des 
roches porphyriques renfermant des phénocristaux de quartz et d*orthose 
(Loc, cf7., p. 1228). 



— Mg — 

grands cristaux de feldspaths et de quartz étant disséminés dans 
une sorte d'andésite quartzifère. 

Echantillon n^ 35, 
Puits Kimberley. — Profondeur : 364"™.8o. 

Schiste noir. 

Echantillon n^ 44- 

Puits Kimberley. — Profondeur : 760'". oo. 

Quartzophyllade noir. 

* 

Quelle est la succession générale des terrains traversés ? 

Les écliantillons que je viens de décrire ont été recueillis à des 
profondeurs diverses, dans les trois puits Kimberley, De Becrs et 
Dutoitsx)an; mais j'ignore si, entre les points ainsi fixés, il n'existe 
pas d'autres couches dont je n'ai pas reçu les spécimens; je ne le 
crois pas, cependant. Je ne connais pas, en tout cas, les épaisseurs 
suivant lesquelles se rencontrent les roches décrites. 

D'autre part, dans l'ouvrage cité plus haut, M. de Launay donne 
les coupes des puits Kimberley et De Beers, depuis la surface jus- 
qu'à la x>rofondeur atteinte à l'époque où il visita ces mines et il 
décrit ainsi la succession des couches, de haut en bas : 

(i) débris et sables ; 

(2) diabase à olivine ; 

(3) schistes charbonneux ; 

(4) conglomérat ; 

(5) diabase ophitique ; 

(6) quartzitc. 

La diabase à olivine (2) est identique à la dolérite anorthiqne à 
olioine que j'ai citée plus haut et qui est faussement appelée basalte 
dans les rapx^orts de la De Beers. 

Je crois aussi, quoique la description donnée par le savant fran- 
^•ais de la diabase ophitique (5) s'éloigne, en certains points, do mon 
andésite amygdaloïdale, que ces deux roches peuvent cependant 
être rapprochées : ce sont toutes deux des roches amygdaloïdales, 
dont rétat d'altération ne peut permettre une identification com- 



— M 10 — 

plète, d'autant plus qu'elles ont été prélevées dans des puits dis- 
tants de plus de trois kilomètres. 

En me basant sur ces faits, je réunis dans le tableau suivant 
toutes les observations relevées dans les trois puits, soit par 
M. de Launay, soit par moi-même, et ce tableau me semble pré- 
senter ainsi la coupe complète des terrains traversés, depuis la 
surface jusqu'à la profondeur atteinte de 800 mètres. J'y ai désigné 
par la lettre (L) les observations de M. de Launay, tandis que les 





Puits Kimberley 


Puits De Beei*s 


Puits Dutoitspan 


Dolérite 
anorthi(]ue. à oliviiie 


.- . de 11"'. Go 
'• '^ à 28"'.Go 


(L) '•? «:*!« 

^ ^ a 21"'. Oo 


(3) à 37"'.oo 


Schistes noirs, 
charbonneux 


., . (le 28"'. Go 
^*'^ à io8"».4o 


f, V de 21'". Go 
^^ à 92"'.Go 


(8) à 49'".3o 


Conglomérat 


fj V de 108"'. 40 




(10) à iia™.oo 


Quart zl tes 

• 






(11) ù i37'".4o 


Dolérite altérée 


• 




(12) à 147'". 10 


Andésite 

auiygdaloïdale, a 

nii«a noir 


.-V de m"'. 90 
^^'^ à 245"'. 90 


,, V de 92™. Go 
y^'f tt 224»'. 60 


(16) à aa8™.oo 

(17) Il a3i»".oo 

(18) à a35"'.oo 


Quartzites 
avec intercalation de 


., s de 245"'. 90 
^^'^ à 45G"».oo 


., . de 224'". Go 
^^'^ à 3(î4"'.oo 




schistes noirs 


(36) à 3G4'".8o 






Porpliyre 
(luartzifère 


(37) à 4G2"'.oo 
(41) à G5G'».oo 


(24) à 438"'.oo 
(21) à 474'".oo 
(28) à 498"'. 5o 




Quartzophyllades 


(44) à 7Go"\oo 













— M II — 

chiffres en caractères gras (3) ae rapportent aux numéros des 
échantillons que j'ai décrits plus haut. Je fais abstraction des 
débris et sables, qui forment direct<3ment la surface du sol, ainsi 
que de la différence des niveaux d'orifice des puits, différence qui 
est d'ailleurs faible. 

On voit que, dans le puits Dutoits^jan, il y a, entre le conglo- 
mérat ci l'andésite amygdaloïdale, un quartzite et une doléritc que 
M. de Launay ne renseigne pas dans les puits Kimberley et De' 
Beers. Peut-être ces couches n'ont-elles pas été renseignées à 
M. de Launay lors de sa visite aux gisements diamantifères. Peut- 
être aussi n'cxistent-elles réellement pas dans ces deux puits qui, 
assez rapprochés l'un de l'autre, sont, au contraire, assez éloignés 
du puits Dutoitspan. 

* * 

Se basant sur la présence, dans la roche diamantifère de la che- 
minée, de blocs arrachés aux terrains encaissants et trouvés tou- 
jours à un niveau supérieur à celui des mômes terrains en place, 
M. de Launa}»^ a, dans l'ouvrage cité (*), émis l'idée que le soubas- 
sement granitique de la région pourrait se rencontrer à 600 mètres 
environ de profondeur ; en effet, il a trouvé, au niveau alors 
exploité de /\:^o mètres, des fragments assez nombreux de granité 
et de granulite. Les travaux actuels, qui, jusque 800 mètres, ont 
encore traversé des roches très diverses et sont arrivés dans des 
quartzophyllades, ont infirmé ces prévisions et nous croyons, en 
un sens, la chose heureuse quant à l'avenir industriel de ces mines, 
car, contrairement à ce que suppose le môme auteur, nous ne 
sommes pas du tout persuadé que la colonne diamantifère doive 
se continuer identiquement au travers du gfanite, parce qu'elle 
est restée identique au travers des diverses roches du Karoo ; 
nous préférons voir ces terrains du Karoo se continuer à une 
profondeur plus grande que celle que nos moyens industriels 
permettront d'atteindre; s'ils faisaient place, au contraire, au 
soubassement arcliéen, nous n'avons pas de raison de croire aune 
continuité analogue du gîte et nous pouvons craindre un change- 
ment défavorable. 

(') L. UK Lauxay. Loc, cit., p. lai. 



— M 12 — 






Il me reste à parler de la roclie diamantifère elle-même, qui a 
été si souvent décrite et de tant de façons différentes, ce qui pro- 
vient de ce que cette roche de la cheminée contient très souvent, 
comme je l'ai dit plus haut, des fragments et des blocs provenant 
des terrains encaissants et qui, trouvés dans la colonne éruptive, 
ont pu être admis comme étant le minerai lui-même. 

Pour ne i)as tomber dans la même erreur, j'ai demandé, lorsque 
j'étais sur les lieux, que l'on me choisisse des échantillons prove- 
nant de la roche certainement diamantifère et je crois que les pré- 
cautions ont été bien prises à ce sujet, car l'examen microscopique 
de mes échantillons me met complètement d'accord avec M. de 
Launay qui a également étudié ces gîtes de visu et qui a certaine- 
ment i^ris des précautions analogues. Cela me dispensera même 
de trop m'étendre sur ce point. 

J'ai examiné au microscope plusieurs préparations provenant 
de :. 

Echantillon n^ ^q. 

Mine Bultfontein. — Profondeur : (>o'".8o. 

Echantillon /î° 3i. 
Mine (le Beers. — Profondeur : 9i'".ao. 

Echantillon n^ Sa. 
Mine de Beers. — Profondeur : 45a"\î)o. 

Echantillon n" 4^. 

Mine Kiniberley. — Profondeur: 766'". lo. 

La roche diamantifère est bleuâtre, parsemée de taches ver- 
dâtres(chrysotilc), on jaunâtres (serpentine), renfermant du grenat 
ronge (pyrope), en très grande quantité, de la calcite et dn mica 
noir (^). 

Dans les préparations microscoinques, on observe, en trèsgrande 
abondance, une substance brunâtre, que l'analyse chimique a fait 
rapporter à la bronzite; on trouve aussi une substance verdàtre, 
disséminée un peu au hasard dans toute la roche et qui est une 
chlorite; cette pâte renferme, çà et là, des restes de cristaux 

(') Ce mica est franchement uniaxe. 



— M i3 — 

d'aiigiie et de péridot; ou remarque également beaucoup de 
serpentine formant des noyaux disj^ersés sans ordre, mais 
qui sont les restes de plages de péridot altéré ; il n'est pas i*are, 
d'ailleurs, de retrouver des cristaux entiers, avec leur forme carac- 
téristique, de ce dernier minéral serpentinisé ; seulement, ses 
cassures sont remplies d'une matière presque incolore en lumière 
naturelle, très finement feuilletée, éclairée en lumière polarisée, et 
que, par comparaison avec des minéraux-types des roches que je 
possède en lames minces, je rapporte à la bastite, La calcite, la 
maguétite sont très abondantes dans la roche ; le mica noir et le 
grenat s'y trouvent également. Il n'y a, en résumé, aucun doute 
que cette roche ne provienne d'une péridotite (*) ayant subi une 
seorification presque complète. Comme elle se rencontre telle jus- 
qu'à une profondeur de 800 mètres et qu'elle présente le même 
aspect dans toutes les cheminées de la région; comme elle est, de 
plus, spécialement un produit d'altération ; vu enfin sa grande 
importance industrielle, je suis d'avis de lui conserver le nom 
spécial de Kimberlite, introduit par H. Carvill Lewis en 1887. Il me 
semble qu'il ne peut y avoir aucun malentendu sur sa composition, 
les divers échantillons que j'ai étudiés étant bien analogues, malgré 
les différentes profondeurs où ils ont été recueillis ; si certains 
auteurs ont décrit, sous le titre de « roche diamantifère de Kim- 
berlcy », des spécimens complètement différents et lui ont, par 
conséquent, donné différents noms, cela provient, sans aucun doute, 
de ce qu'ils ont eu en mains, les uns la roche diamantifère, les 
autres des fragments de roches des terrains encaissants, qui avaient 
été entraînés et mélangés à la roche éruptive lors du remplissage 
des cheminées. C'est ainsi qu'un échantillon remis à MM. Fouqué 
et Michel Lévy a été décrit, par ces savants, comme étant la roche 
diamantifère et n'est autre chose qu'un fragment de la dolérite 
anorthique de la surface, fragment qui aura sans doute été trouvé 
dans la cheminée même. 

* 

* * 

Or, cette péridotite primitive dont la Kimberlite n'est que le 
résultat de la seorification, je crois avoir été assez heureux pour en 

(*) Périclotites = roches holocristallhies, {grenues, composées trolivine et 
d'un spiiiellide, avec ou sans pyroxèno, amphibole et mica (Loc. cit. y p. laiS). 



— M i4 — 

trouver un spécimen dans récliantillon n*' 49» <l<>rit ^^ préparation 
microscopique montre de grandes plages de péiidot, disséminées 
dans de grandes plages d'augite, enchevêtrées avec un peu de mica 
noir, de la magnétite et du grenat p^^rope. Cette roche constitue 
un type parfait de pérulotUe nii^Uiqiie, Elle n'est guère altérée, 
les cristaux de péridot seuls montrant un commencement de ser- 
pentinisation; d'autre part, Taltération complète de cette roche 
pourra donner la chlorite et la bronzite, si fréquents dans laKim- 
berlite, et qui se formeront aux dépens de Tolivine et de Taugite. 
Enfin, et c'est, je crois, ce qui me paraît le meilleur argument en 
faveur de cette idée, les fissures du péridot, dans cette roche, sont 
plus ou moins remplies de bastite, ainsi que le sont les fissures du 
péridot de la Kimberlite. 

Il est vrai que cet échantillon n'a été trouvé qu'à 6o"*.8o de pro- 
fondeur, alors que la Kimberlite reste scorifiée aux plus grandes 
profondeurs atteintes et, à première vue, on pourrait objecter que 
les si)écimens de la roche non altérée devraient se rencontrer dans 
les pîu'ties les plus profondes du gisement. Mais je crois cette 
objection sans valeur; en effet, la scorification ne constitue pas 
ici un phénomène sui)erficiel : elle se continue jusqu'aux plus 
grandes profondeurs atteintes; ce que nous avons coutume d'en- 
tendre par phénomène d'altération superficielle est, à Kimberley, 
représenté par le yelloiv groiind, dont les 20 ou 25 mètres d'épais- 
seur recouvrent le blue grouiuL Mais la Kimberlite, roche essen- 
tiellement altérée, a été projetée telle quelle dans les cheininécs 
et peut-être même ne la retrouvera-t-on pas intacte en profondeur; 
seules, des parties ayant échappé à la scorification ont pu être 
entraînées avec le reste et l'échantillon de péridotite aiigitiquc, 
dont j'ai parlé, peut être l'une d'entre elles et constituer ainsi le 
type primitif de la Kimberlite. 

Ensival, le 3 novembre 1904. 



CATALOGUE DES MÉTÉORITES 

conservées dans les collections belges, 



PAR 



p. pEWALCJUE (^). 



Depuis uno vingtaine d*années on a publié divers catalogues 
des météorites qui se trouvent dans les musées et les universités, 
mais leurs auteurs n*ont pas pris la peine de consulter les profes- 
seurs do nos universités. De là une lacune regrettable, que des 
incidents récents, au sujet de la météorite d'Amana, ont fait 
ressortir, et m'ont engagé à combler. Le catalogue que j'ai 
l*liouneur de présenter aujourd'hui à la Société n'est guère que la 
somme des renseignements qui m'ont été obligeamment fournis 
par MM. les professeurs dom G. Fournier, pour l'Ecole abbatiale 
de Maredsous, F. Kaisin, pour l'université de Louvain, M. Loliest, 
pour celle de Liège et X. Stainier, pour celle de Gand et pour 
rKcule d'agriculture de Gcmbloux. 

M. £d. Dupont, directeur du Musée royal d'histoire naturelle de 
Bruxelles, n'a pas répondu à ma demande de renseignements. 

Indépendamment de ce que nous avons cité, nous devons dire 
quelques mots de trois autres pièces. 

L'université de Liège possède deux gros échantillons du fer de 
Bîttburg (Eifel), 1802, étudié et considéré comme météorique par 
des savants compétents. Nous n'avons rien à dire des si^ècimens 
qu'ils ont analysés; mais, ayant étudié l'un des deux échantillons 
de Liège, nous avons trouvé un fragment de charbon de bois dans 
son intérieur et cherché en vain le nickel. Nous ne l'avons pas cité. 

i 'j Coininuni('2itioii présentée à la séance du 2u novembre 1904 et dont 
riuipression a été ordonnée à lu réunion du 18 décembre 1904. 



— M l6 — 

Le 5 juillet 1868, un orage éclata à Namur et, vers 11 ^J4 h. du 
soir, un globe de feu tomba sur une maison et se brisa en tombant. 
Le R. P. Bellynck en entretint 1* Académie, mais les renseigne- 
ments qu41 donna n'ont pas paru suffisants à des spécialistes 
pour permettre de ranger cette pierre dans les météorites. D'après 
une obligeante communication de M. le R. P. H. de Greeff, elle 
est conservée au Collège N. D. de la Paix, à Namur. 

Enfin, le 24 juillet 1878, vers 9 heures du soir, pendant un orage, 
un globe de feu tomba sur le seuil d'une maison à Tongres et s'y 
brisa; on recueillit les débris. Un pharmacien distingué de cette 
ville, M. V. Laminne, adressa à ce sujet une note au directeur de 
l'Observatoire royal de Bruxelles, qui la transmit à la classe des 
Sciences de l'Académie, laquelle nous délégua, avec A. Renard, 
pour nous rendre à Tongres. Nous avons été empêché de nous y 
rendre. Il résulte du rapport de Renard que cette pierre n'est pas 
rfn aérolithe. 

Dans ces dernières années, M. P. Laminne, fils, est revenu sur 

ce sujet dans une Notice sur un aérolithe tombé à Tongres... 

insérée dans les bulletins d'une société locale, probablement dans le 

Bulletin de la Société Scientifique et Littéraire du Limbourg^ sans 

date, dont il a bien voulu nous envoyer un exemplaire. C'est par 

erreur qu'il nous représente comme ayant accompagné A. Renard 

à Tongres. Si sa pierre était une sorte de fulgurite apportée par 

un coup de foudre en boule, elle serait plus intéressante qu'une 

météorite. 

Météorites pierreuses. 




2 



4 



AjçrigtMite (Sicile) 



L'Aij^le (France, Orne) 

lia -|- II -f igr. 

Alfanieîlo (Italie) . 38 -\- 29 gr. 

Amana(Jowa Coiiut v, Jowa, Elats- 
Unis) . . . / 



j> 



i> 



» 



» 



» 



3l JANVIER 1905. 



10 II 1843 



a6 IV i8o3 



iG II i883 



la II 1875 



3.7 



la' 



67 



ao,7 



a GG3 



Liège 

Liège 
Lîége 

Liège 

Musée de 
Binixelles 



— M 17 — 



X 



Oi 



LOCALITÉS 




Collections 



(> 



îl 



lO 



1 1 



12 



i3 



i4 



i.i 



iG 



17 



Aussun, i)rèsMontrojeau (France, 
Haute-Garonne) 



» 



» 



» 



» 



M 



22,5 -}- 44 pr. 



Kandon^ (Preanger, Java) . 

Buffs Mountain (Caroline du Sud, 
Ktats-Tnis) 

Château-Renaud (rYance, Loiret). 

C'iéguérec, Kernouvé (Fraure, 



Morbihan) 



» 



» 



>} 



Daniels Kuil (Afrique australe) . 

Dendrum (Tiperarv Co., Irlande) 

3,2-f i,8gr. (1) 

Kkatherinoslaw (Russie méridio- 
nale) 

Ensisheim (Haute- Alsace . Alle- 
magne) 

Hartford fJowa, Etats-Unis) , 

Juvénas (I«'rance, Ardècho) . 

Knyahinya ( comté d'Unglivûr , 
Hou'^rie) 

Lesves (province de Namur, Bel- 
gique) 



» 



» 



» 



» 



loG I 32 )-5gr 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



9 XII i838 



10 XII 1871 



12 VI i84i 



24 V 1869 



20 III 18G8 



12 VIII i8G5 



9 V 1826 



7x1 1492 
27) II 1847 



i5 VI 1H22 



9 VI 1HG6 



i3iv 189G 



(^) Le reste se trouve à Trinity Collège, à Dublin. 

ANN. soc. GKOL. DE BELG., T. XXXII. 



52,8 
53 

a6,9 

3,2 

33 
4G 

76,1 



2,0 



o,G 



D 



1.9 



1,4 



a,7 



3.17 



«94 



2G7 



143 
432 



G 



Gand 

Gembloux 

Liège 

Liège 

Gembloux 
Liège 

(;and 
Liège 
Liège 

Maredsous 

Liège 

Liège 
Liège 
Liège 

Gand 

Gand 



IJège 



Maredsous 

Xamur 

M^ Delame 
à Liège 



MEMOIRES, a. 



Ml8 — 



Xo. 



LOCALITÉS 




Collections 



i8 Mesô - Madordsz (Transylvanie, 
Hongrie) ........ 



19 



20 



ai 



22 



23 



24 



25 



2G 



MÔC8 (Transylvanie, Hongrie) . . 

New Concord (Muskindom Co., 
Ohio, Etats-Unis). 117+ 2,3 gr. 

Orgueil (France, Tarn-et-Garonne) 

Pultusk (Pologne, Russie) 

4o3 + 98,8 + 38,8 gr. 

» (sous les noms de Sieice 
et Gostkowo, Pologne). 



n 



n 



( » 
( » 



» 



)> 



» ) 



St-Denis-Westrein (Flandre orien- 
tale, Belgique) 



» 



» 



» 



» 



Seii'es (Turquie) 



Sokobanya (Servie) 



Stannen (Moravie, Autriche) . 



n 



» 



» 



Tourinnes-Ia-Grosse (province de 
Brabant, Belgique) 12, 7-t-io, 8 gr. 



» 



» 



» 



» 



» n » 

(>(i 4- 34 -7-^7 + 2 gr. 



)) 



» 



)> 



)) 



M 



27,G + 2G,7gr. 



» 



» 



Soit 27 cliutcs, 5g fragments et 
44 collections. 



4 IX i852 
3 II 1882 

I V 18G0 
14 V 1864 

3o 1 18G8 



7 VI i855 



i3 X 1872 

22 V 1808 



7X111863 



i9»i 
i3 

119,3 
ii5 

542,G 

5oo 
52,8 
8,5 

189 

3,4 
49.9 

3,1 
32,3 

1,3 

23,5 

129 
27,9 

54,3 
58,3 



Gand 



Liège 



Liège 
Liège 



Gand 



Liège 

Louvain 

M.H.Butt- 
genbach 



Gand 
Liège 
Gand 
Liège 
Gand 
Liège 

Gand 

Liège 
Louvain 

Maredsous 
Namur 



— Mxg — 



Fers météoriques. 



N 



o^ 



LOCALITÉS 




Collections 



I 



Arva (Hongrie) 



o 



8 



9 



II 



lô 



Atacama (Chili) 

Augusta Co. (Virginie, Ktats-Unis) 

Bonanza(Coahuila, Mexique) . . 

Brcnliam (Kiowa Co., Kansas, 
Ktats-Uuis) (Quatre fragments, 
transformés en limonite) . . . 

Cap de Bonne-Espérance . . 

Cliaco Gualambo (Brésil) . . . 

Cranboui*ne (Australie) .... 

Ellbogen (Bolième, Autriche) . . 



lo Glorictta Mountain (New Mexico, 
Etats-Unis) 



Krasnoïarsk (Monts Kenia, Sibér**) 



» 



» » » 

ia5 4 i4 -f-4gr 



12 , Moenvalle (Hacienda de). . . 
i3 Seelflsgen (Brandel)ourg, Prusse) 

» (Xeumark, Prusse) . 

i4 Toluca (Mexique) . 3()i -|- i4 Rr 



» 



» 



Zacatecas (Mexique) 



Fer nickélifère terrestre 



Ovifak (Groenland) 



i84o 
1827 
i83o 
1887 



i88a 



1793 



1854 
1811 



XI i885 



3o IV 1771 



1847 



f.'' 



177G 



1792 



3i + 8 
22 

52 

36 



17 
45,8 



5o 



8,5 
4,9 

65 
48 1 

143 
96 



o 



éi 



62G 
375 

39,8 

80 



5i 



Liège 

Louvain 

Liège 

Liège 



Maredsous 
Liège 
Liège 
Liège 
Liège 

Liège 
Gand 

Liège 
Liège 
Liège 
Liège 
Gand 
Maredsous 
LouTain 



Liège 



Le Bassin du Qeer 



ÉTUDES DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE 



PAR 



Fernand KRABNTZBL 



Docteiai? ezi Gr60Gri?8bx>^io 



j 



LE BASSIN DU GEER 

St-u-des de çrêoçr2?a.x)lxie x^lx'ysiQC'u.e 

PAR 

fERNAND JCrAENTZEL (^) 
Docteur en géographie 



(Planches I a III) 



INTRODUCTION. 

Le bassin du Geer s*étend sur le lambeau principal de ce qu'il 
reste des sédiments du Crétacique supérieur du nord-est de la 
Belgique. Tout le cours de la rivière et de ses affuents s'est 
imposé à travers des couches crayeuses, de composition presque 
homogène. On s'attendrait donc, à cause de cette homogénéité, à 
trouver, dans le bassin dont nous nous occupons, un type clas- 
sique, normal, où l'orographie serait sensiblement ce qu'exigent 
les principes théoriques, à la himière desquels on recherche ce que 
devient une plaine émergeant de l'océan. 

On croirait devoir avoir affaire à une rivière au cours recti- 
ligne et conséquent au fleuve où elle sejette, possédant un système 
d'affluents qui lui seraient normaux. Nous pourrions peut-être 
prévoir des phénomènes de disparition et de réapparition des 
diverses branches du système hydrographique du Geer. 

Mais rétude attentive de la carte a vite fait de renverser ces 
déductions trop hâtives. Nous nous demandons pourquoi ces 
directions diverses delà rivière : ENE. de sa source à Lowaige, 
NNE. jusque Tongres, SE. jusque Glons, à nouveau ENE. de 
Glons à Wonck, enfin NNE. de Wonck à Maestricht. Dans cette 
dernière section, en voyant, vers Eben-Emael, la rivière s'orienter 

(^) Thèse Kouniise à la faculté des sciences de l'Université de Liège 
(doctorat en géographie), à la session d'octobre 1904. Mémoire présenté à la 
Société géologique de Belgique à la séance du 18 décembre 1904 et dont 
rimpression a été ordonnée à la réunion du i5 janvier 1905. 



— M 24 — 

de plus en plus vers l'Est, s'approcher à douze cents mètres de 
la Meuse, nous nous imaginons que nous allons trouver son con- 
fluent en ce point, d'autant plus que la craie fissurée, si sensible 
à l'action mécanique et chimique des eaux, ne doit pas lui con- 
stituer un obstacle bien sérieux; au contraire, la rivière revient 
vers rOuest et ne se jette dans le fleuve que huit kilomètres plus 
an Nord. 

Déjà, lorsque nous regardions couler le Geer de Lowaige vers 
Tongres, nous nous disions, en voyant, sur nos cartes, à deux 
kilomètres au nord de cette ville, plusieurs branches du Démer 
de direction générale NNE. : le Geer ne peut manquer de continuer 
son cours vers cette rivière. Il n'en est rien encore; le Geer 
tourne vers le SE. et reprend, à Glons, son ancienne direction 
ENE., dans le prolongement de son cours Lens-Saint-Remy — 
Lowaige. 

Puis, l'encaissement de la vallée, à partir de Sluse, attire notre 
attention et nous en cherchons la relation avec celui de la vallée de 
la Meuse. Mais l'observation directe nous fait découvrir, tant 
à ganche qu'à droite de la rivière, à partir de Wonck, des cailloux 
roulés ardennais, analogues à ceux que le fleuve tout proche a 
déposés sur ses terrasses et dans son lit. En outre, les profonds 
sillons qui, dans la partie orientale du bassin, aboutissent à la 
vallée encaissée que nous venons de signaler, nous surprennent 
autant par leur profondeur que par l'absence de ruisseau 
permanent. 

Que l'on ajoute, à ces particularités, l'asymétrie si nettement 
marquée des deux versants, la faible hauteur à laquelle court la 
ligne de partage des eaux de gauche relativement à celle de 
droite, les singularités qu'offre leur tracé, le calme régime des 
eaux du Geer avec des crues aussi rapides que violentes, et l'on 
comprendra tout l'intérêt qu'offre un essai de résolution des 
divers problèmes soulevés. 

Ainsi montré, le Geer nous apparaît comme un type de rivière 
étrangement anormal, presque bizarre, offrant, tout au moins, un 
contraste frappant avec les rivières qui coulent près de lui, au 
nord du sillon de Sambre-Meuse (^), non pas seulement au point 

(^) Nous nommerons ainsi, comme on Ta déjà fait, le sillon fluvial Lan- 
drecies-N amur-Liége . 



— M 25 — 

de vue de son évolution, mais encore quant à la façon dont les 
eaux qui s*y rendent ont sculpté la surface du sol, et quant au 
régime de la rivière. 

Nous étudierons d*abord, d'une façon succincte, la géologie 
du bassin, plutôt au point de vue de l'allure des terrains que de 
leur composition. Cette esquisse servira de base à nos idées sur 
révolution probable du Geer et, en outre, elle contribuera à la 
compréhension de l'orographie et de l'hydrographie du bassin dont 
nous nous occupons. 



CHAPITRE I. 

Esquisse géologique du bassin du Geer. 

La carte géologique au 4^ ooo^ de la région du Geer est à peu 
près entièrement publiée à l'heure actuelle. Au moyen des 
documents rassemblés sur ces cartes, nous avons tracé les coupes 
qui nous ont permis Tétude géologique du bassin. Elles nous 
ont surtout rendu compte de la stratigraphie des assises du 
Crétacique. 

Assises du Crétacique. — On constate (planche I) une inclinaison 
NNW., inclinaison qui s'accentue vers le Nord, en même temps 
que l'épaisseur des couches augmente. Le croquis ci-dessous 



CLffJt^^Amott ou ««.•vMiAMCmM^' cm -- -— • 

' C|i» r^"^^ ' ^^ / 




FlG. i. 



- M 27 — 

|fig. i) indique, en traits interrompus par des points, la direc- 
tion des assises inférieures, calculée à la base de Targilite her* 
vienne (Cp2 de la légende de la Carte géologique au 40 000®), au 
moyen de six sondages et affleurements certains. Ceux-ci sont 
suffisants, même en admettant une certaine erreur dans les pro- 
fondeurs, pour déterminer avec assez d'exactitude l'allure et les 
isoliypses principales de la base des couches crétacées. 

On voit une direction sensiblement WSW.-EXE., c'est-à-dire 
parallèle à celle des couches primaires de l'Ardenne. Rien ne 
uermet de croire à une discordance entre l'assise hervienne et les 
couches inférieures de l'assise de Nouvelles. Il n'en est peut-être 
plus de même entre la craie blanche de cette assise, Cp3b^ et la 
craie à silex noirs, régi onalement caverneux, Q>^c, qui la surmonte. 

La légende de la feuille Tongres-Herderen, levée par M. E. 
Van den Broeck, dit : « Cp3c : Craie blanche à silex noirs, avec 
» nombreux Magas pumilus; base régionalement graveleuse 
» ( Cp3c(a) ) et en discordance sur le sommet durci de Cp3b. » 

MM. Rutot et Van den Broeck (^) signalent, à la partie inférieure 
de leur ancienne assise de Spiennes, actuellement notée comme 
partie supérieure de l'assise de Nouvelles, un ce gravier ravinant 
« la craie blanche traçante ». Ils donnent une coupe schématique 
du Crétacé aux environs de Roclenge-sur-Geer, montrant ce 
gravier ravinant. 

M. XJbaghs {^) a renseigné aussi une discordance entre la craie 
blanche et la craie à silex noirs, due à ce que le fond de la mer a 
été dérangé de son assiette horizontale et à ce qu'une inclinaison du 
SW. vers le NE. s'est produite. Et, en effet, un épaississement de 
la craie à silex noirs se remarque fort bien sur la rive gauche de 
la Meuse. 

Nous indiquons, sur la fig. i, en traits interrompus, la direction 
de cette craie à son sommet, c'est-à-dire à la base de l'assise de 
Spiennes (Cp4)' On voit qu'un mouvement s'est produit dans la 
région qui se trouve sur le prolongement du bombement de Visé, 
augmentant la pente vers le Nord, sans guère affecter les régions 
que nous étudions ; ceci explique pourquoi la discordance signalée 

(') A. Rutot. Essai de synchronisme des couches maestrichtiennes et 
sénoniennes, etc. BuU. Soc. belge de géol.^ t. VIII, Mém,^ p. i45, i8<)4' 

{') C, Ubaghs. Compte-rendu de l'excui^sion de la Société belge de géo- 
logie ti Maestricht. /6iVf., t. 1, Mém., p, aoo, 1887. 



— M 28 — 

par les géologues que nous venons de citer y est peu visible et 
peut passer inaperçue. 

M. Ubaghs, dans l'article rappelé plus haut, p. 212, dit que « le 
)) tufeau maestrichtien ne semble pas suivre la même allure, car 
» son plus grand développement, avec couches à Bryozoaires se 
» montre dans la partie septentrionale du dépôt ». Nous n'avons 
pu vérifier cette hypothèse, à cause de la grande dénudation de 
cet étage. 

Quant à la composition et aux différences des diverses assises 
du Crétacique supérieur, elles sont suffisamment connues pour 
que nous n'y insistions pas. Faisons pourtant une remarque. 
L'état de fissuration de la craie est très caractérisé. Tous les 
affleurements que nous avons pu visiter montrent bien les nom- 
breuses diaclases et l'entes qui traversent la craie; elles sont quel- 
quefois, détail peu noté et cependant non sans importance, partiel- 
lement comblées par de l'argile à silex, souvent sableuse. D'autres, 
au contraire, apparaissent largement béantes, ayant deux centi- 
mètres et même plus d'ouverture. 11 est vraisemblable que ces 
fissures ne descendent pas profondément dans le sol. Il faut donc 
en conclure, et nous verrons qu'il en est réellement ainsi, que la 
nappe aquifère proprement dite ne descend pas, dans la partie 
septentrionale du bassin, jusqu'à l'argilite hervienne. 

La dénudation du Crétacique. — Ce phénomène mérite d'être 
signalé. Ainsi qu'on l'admet généralement, par dissolution de la 
craie, les bancs de silex se sont affaissés, semblant être restés en 
place. Les silex ne doivent pas, en effet, avoir été fortement 
remaniés ; leur épaisseur assez constante est un argument en 
faveur de cette idée; d'ailleurs, nous y avons trouvé maints 
nodules éclatés, dont les morceaux restaient en contact (*). 

Cette dissolution semble avoir été en relation avec l'érosion des 
sables tertiaires qui recouvraient la Belgique. Plus on s'avance 
vers le Sud, plus la dénudation se montre intense. Le conglomérat 
à silex est même enlevé, au moins partiellement, au sud de la 
Meuse. Faisons encore remarquer que les lignes indiquant, sur la 
Carte géologique au 40 000®, la limite de l'assise de Spiennes et de 

(^) Voir également K. Van dp:n Brokck et A. Rutoï. Ktude géologique et 
hyclrologique des galeries d'eaux alimentaires de la ville de Liège. Ibid,, t. 1, 
Mém.,p. 242, 1887. 



— M ag — 

étago maestrichtien non altérés, ont une direction sensiblement 
WSW.-ENE. 

On doit se demander ce qui justifie une pareille disproportion 
dans l'importance de la dénudation. Peut-être la raison en est-elle 
que les terrains du Sud sont émergés depuis plus longtemps que 
ceux du Nord. En effet, les différences de niveau , qui n'ont 
cependant fait que s'accentuer depuis la fin du Tertiaire, n'ont pu 
être suffisantes pour causer cette disproportion de l'érosion 
chimique et mécanique due aux eaux d'infiltration. 

Terrains TERTIAIRES. — Dès que l'on s'occupe du Tertiaire, on 
se heurte à l'irritante question de l'identification des lambeaux 
tertiaires notés au sud et au nord de la Meuse sur les cartes 
géologiques au 4o ooo®. L'absence de toute preuve stratigraphique 
ou paléontologique a permis toutes les assignations d'âge possibles 
aux sables Om et 0ns et aux cailloux Onx. On a surtout invoqué 
des raisons de similitude avec des dépôts analogues, raisons 
toujours discutables. 

M. G. Dewalque, par exemple, montre la possibilité de l'origine 
îandétiienne des sables, en se basant sur les cailloux de silex 
verdis, corrodés, de leur base. M. C. Malaise et V. Dormal, tirant 
argument de blocs de grès trouvés au sommet, leur donnent la 
même origine. D'autres, comme M. Van den Broeck, les disent 
tongriens^ en montrant leur aspect micacé et en y signalant des 
traces d'annélides, ce qui ne nous paraît pas suffisant pour justifier 
une telle affirmation. M. Erens croit aquitaniens ces mystérieux 
dépôts, ayant trouvé les pareils dans le golfe du Rhin. Enfin, 
M. Cornet, très récemment (M, émet l'hypothèse que les cailloux 
pourraient être diestiens. Toute séduisante que soit l'argumen- 
tation du savant professeur, elle ne nous convainct cependant pas. 

Après avoir établi la limite minimum de la transgression 
diestienne (-), suivant la ligne Noires-Mottes, Cassel, Corbeek-Loo 
et Maestricht (3), l'auteur se demande quelle en a été la limite 
maximum. Comme témoins de la dénudation du Diesticn au sud 
de cette ligne, il cite des blocs de grès ferrugineux, des cailloux 

('j J. CoRXET. Etudes sur l^cvolutiou des rivières belges. Ann. Soc, iféol. 
de Belg.n t. XXXI, p. 31259, '904- 

f*) Ibid,, pp. 398 et suiv. 

{^) Voir aussi G. Dewaix}i;e. Carte géologique de la Belgique et de» 
provinces voisines, a** é<lition. Echelle de 1 : 500 000, 1904. 



l 



~ ■■n -i On lie 
— - eLirt-ment, 

.l:;- e ^)liv du 



— M 3l — 

du Geer. L'émersion dura jusqu'au Diestien; nous ne croyonH 
pourtant pas que la mer pliocène ait dépassé de beaucoup, au Sud, 
la ligne marquée par les affleurements les plus méridionaux de 
ses sédiments et qu'elle ait donc atteint la région dont nous nous 
occupons. 

Quaternaire. — Pour l'étude des terrains rapportés à cette 
période, nous partirons du terme qui nous semble le plus net. Il est 
constitué par les cailloux ardennais qui surmontent le Crétacé ou 
le Tertiaire, dans la partie orientale du bassin du Geer. Nous avons 
buivi ces cailloux à partir de la terrasse de Pontisse, signalée par 
M. Lohest (^). Le coteau de Pontisse-Milmort, sur lequel ce dernier 
attire l'attention, borde cette nappe à l'Ouest; à l'Est, on l'observe 
au-delà de la Meuse ; elle est comprise entre 120 et i3o mètres, 
avec des épaisseurs diverses. Encore visible à Heure-le-Romain, 
elle ne l'est plus au-delà. Mais nous la retrouvons bientôt, plus au 
Nord, sur le plateau dans lequel le Geer inférieur a creusé sa 
vallée ; à gauche de la rivière, à un kilomètre en aval de Wonck, 
les cailloux parsèment les champs, au niveau d'environ 100 
mètres. Ils proviennent vraisemblablement de nappes situées 
autrefois à un niveau supérieur. 

A partir de là, on rencontre partout des cailloux ardennais, en 
nappes épaisses de six mètres et plus, tant à gauche qu'à droite; 
de ce dernier côté, le plateau séparant le Geer de la Meuse en est 
entièrement jonché jusqu'au confluent des deux cours d'eau. A 
gauche, nous les voyons, soit en nappes, soit disséminés à la 
surface du sol, occupant une bande d'au moins un kilomètre de 
largeur à partir du bord du plateau, au niveau 1 10-120 au Sud, 
93-105 au Nord, dans le ravin de Neder-Canne. Cette bande se 
relie, par des cailloux plus rares, à une autre nappe occupant les 
flancs de la vallée Eben-Sussen-Heulekom-Riempst. Nous en 
observons une autre dans le flanc droit d'un vallon orienté NE. 
et dont les eaux de ruissellement coulent vers le Geer, on un 
point dont les coordonnées, relativement à l'église de Canne, sont: 
2700 m. AV. et 400 m. N., altitude 90 m. A Sussen, le niveau 

(*) M. Lohest. Ailuvions anciennes de la Meuse. Ann. Soc. géol. de Belg.^ 
t. X\TLI, p. Lxxxii, 1890. 

H. FoRiR et M. Lohest. Compte-rendu de Texcursion de la Société géolo- 
^que de Belgique en i8(>6. Ibid^ t. XXIII, p. cxlv, 1896. 



— M 3o — 

roulés de silex, pour l'ouest de la Belgique et, pour Test, des 
cailloux roulés de quartz laiteux ou demi-hyalin et de quartzite, 
généralement de petite taille. De ce que les cailloux notés 0/iJC, à 
Test du méridien de Walcourt, se mêlent aux nappes de cailloux 
diestiens, M. Cornet conclut à leur âge pliocène; «ils sont», dit-il, 
«le faciès condrusien, famennien, ardennais même des cailloux de 
» silex patines, craquelés ». Il les considère comme le gravier 
d'émersion des sables 0ns. 

Nous voudrions faire observer que, si les dépôts Onx se mêlent 
à des nappes de cailloux dies tiens certains, cela peut provenir du 
remaniement, par les vagues du rivage de la mer diestienne, de ces 
cailloux Onx, antérieurement amenés. 

En outre, TArdenne devait déjà, à ce moment, être considéra- 
blement "surélevée ; ce qui donne à penser que la mer diestienne 
devait se trouver à une distance considérable de sa crête. 

Il nous est donc difficile de croire à 1 âge i^liocène des dépôts 
Om et On, tant dans TArdenne que dans la région que nous étu- 
dions au nord de la Meuse. Voyant toujours ces sables surmonter 
directement le Secondaire ou le Primaire, ne les ayant jamais 
observés au-dessus de sables tongriens certains, nous serions 
plutôt tenté de les dire landéniens, les cailloux Onx étant le gra- 
vier d'émersion des sables Om. 

Mais toute discussion à ce propos sera toujours possible tant 
que Ton n'aura pas trouvé un fossile ou une preuve stratigra- 
phique permettant de déterminer exactement leur âge. 

Dès lors, nous nous imaginons que les choses se sont passées 
comme suit, durant le Tertiaire, dans le bassin du Geer. 

La transgression landénienne envahit la Belgique, atteignant 
certainement la région que nous étudions ; la mer, se retii'ant vers 
rOuest, la laissa émergée; elle revint à rOligocèue inférieur et il 
serait bien difficile d'en indiquer la limite, dans l'ignorance où 
nous sommes encore de la signification des dépôts Om et On de 
la carte. Le mouvement de régression (*) se fit très lentement, 
durant l'Oligocène inférieur et moyen, vers le X., probablement lo 
XNE. A l'Oligocène supérieur, la mer se trouvait dans le golfe du 
Khin, d'après M. Rutot, ce qui indique une pente ENE. du bassiu 

(*) E.Van den Broeck. Observations préliminaires sur les blocs erratiques 
des hauts plateaux de la vallée du Geer, etc. Bull. Soc. belge degéol., t. XIV, 
Proc. verb., p. 294, 1900. 



— M 3i — 

dn Geer. L'émersion dura jusqu'au Diestien; nous ne croyons 
pourtant pas que la mer pliocène ait dépassé de beaucoup, au Sud, 
la ligne marquée par les affleurements les plus méridionaux de 
ses sédiments et qu'elle ait donc atteint la région dont nous nous 
occupons. 

Quaternaire. — Pour l'étude des terrains rapportés à cette 
période, nous partirons du terme qui nous semble le plus net. Il est 
constitué par les cailloux ardennais qui surmontent le Crétacé ou 
le Tertiaire, dans la partie orientale du bassin du Geer. Nous avons 
suivi ces cailloux à partir de la terrasse de Pontisse, signalée par 
M. Lohest (M« I^ô coteau de Pontisse-Milmort, sur lequel ce dernier 
attire l'attention, borde cette nappe à l'Ouest; à l'Est, on l'observe 
au-delà de la Meuse ; elle est comprise entre 120 et i3o mètres, 
avec des épaisseurs diverses. Encore visible à Heure-le-Romain, 
elle ue l'est plus au-delà. Mais nous la retrouvons bientôt, plus au 
Nord, sur le plateau dans lequel le Geer inférieur a creusé sa 
vallée ; à gauche de la rivière, à un kilomètre en aval de Wonck, 
les cailloux parsèment les chamx)s, au niveau d'environ 100 
mètres. Ils proviennent vraisemblablement de nappes situées 
autrefois à un niveau supérieur. 

A partir de là, on rencontre partout des cailloux ardennais, en 
nappes épaisses de six mètres et plus, tant à gauche qu'à droite; 
de ce dernier côté, le plateau séparant le Geer de la Meuse en est 
entièrement jonché jusqu'au confluent des deux cours d'eau. A 
gauche, nous les voyons, soit en nappes, soit disséminés à la 
surface du sol, occupant une bande d'au moins un kilomètre de 
largeur à partir du bord du plateau, au niveau 110-120 au Sud, 
95-io5 au Xord, dans le ravin de Neder-Canne. Cette bande se 
relie, par des cailloux plus rares, à une autre nappe occupant les 
flancs de la vallée Eben-Sussen-Heulekom-Kiempst. Nous en 
observons une autre dans le flanc droit d'un vallon orienté NE. 
et dont les eaux de ruissellement coulent vers le Geer, on un 
point dont les coordonnées, relativement à l'église de Canne, sont: 
2700 m. W. et 400 m. N., altitude 90 m. A Sussen, le niveau 

(') M. Lohest. Alluvious anciennes de la Meuse. Ann, Soc, géol. de Belg,, 
t. XVII, i>. Lxxxii, 1890. 

II. FoRiR et M. Lohest. Compte-rendu de Texcursion de la Société géolo- 
gique de Belgique en 1896. Ibid^ t. XXIII, p. cxi.v, 189G. 



— M 32 — 

supérieur des cailloux est même inférieur à 90 m. dans la ballas- 
tière à gauche de la grandVoute de Kiempst à Eben, en face de la 
borne 11 k. 4 h> 

En amont de Wonck, nous avons trouvé, dans le talus de la 
route de Roclenge à Houtain-St-Siméon, à gauche, à la cote 
I20-I25, un caillou roulé de psammite du Condroz et un autre, 
de la grosseur d'un œuf, de quartzite révinien. En outre, la carte 
géologique de M. Van den Broeck (feuille Tongres-Herderen) 
porte, dans un sondage fait à Sluse (coordonnées à partir de la 
station de Glons,.3oo m. E., 1 200 m N. et altitude 128), la notation 
correspondante à ces cailloux 92/21. Nous n'en connaissons x^oint 
d'autre affleurement. 

La conclusion à tirer de ces observations est la suivante : la 
Meuse, qui est l'agent de transport de ces cailloux, a coulé, à cette 
époque, dans cette partie du bassin du Geer. Un delta, ayant sa 
tête à Liège, à peu près au niveau 120, à bras divagants (*) a donc 
existé ; trois branches ^principales nous ax^paraissent dans la 
région que nous étudions : l'une (voir la planche II), allant de 
Liège à Wonck, Glons et Tongres ; une autre, de Wonck à Eben, 
Sussen, Heulekom; son prolongement nous est inconnu, de même 
que son extension à l'Est; une troisième va de Wonck à Maestricht, 
par la vallée actuelle du Geer. 

Comme les dépôts des terrasses de Cointe et de Pontisse sont 
rapportés au Campinien, nous pourrons, puisqu'ils sont les corres- 
pondants de ceux que nous observons, appeler ceux-ci campiniens, 
qfàtn^ en adoptant la légende actuelle de la Carte géologique. 

Surmontant ces terrasses, nous trouvons un limon argileux 
plutôt que sableux, où se voient quelquefois des Succinea et des 
Hélix ; ce qui est à noter, c'est la présence de débris montrant 
que ce limon est souvent un produit de ruissellement ou de lavage. 
Nous noterons, par exemple, à 200 mètres au nord-est du carrefour 
de l'arbre Patrolet, dans le talus du chemin allant à Bassange, là 
où, d'ailleurs, la notation de la Carte géologique se borne à q3, des 
débris de silex de la grosseur du poing, enfouis à un mètre dans 
le limon. 



{}) Nous ne disons pas que le fleuve a occupé toute cette large vallée, car 
la stratification entrecroisée des nappes est la preuve du contraire. 

7 FÉVRIER 1905. 



La coupe tû-coiitro ifijr. o) offres eiieore de rintérêt; ello indiqué 

t*e que nous avons vu dans le mvin au _____ 

nord de Hoirs, a lembrancheinent dos - r - - - * 

deux routes vers Milieu et \'^ers Fall- .'•^•^."^_rt^^^***«t 
et-Mheer. P^lle concorde avec celle que i .- -'-Irr.r T 
MM. Forir et Lohcst montrèrent à Heure- (i:ù^^;ijij^h:y:dijiu 

le-Komain (M- /ii444»>tM^- . 

Sur les hauts plateaux qui avoisinent la ^fâ^''''^^''''*\ 
Meuse, le limon nous semble nettement ^'* 

différent tlu précédent, par son aspect Kir., ^i. 

plus homogène et plus sableux et par son absence de fossiles. 

Pourtant, MM. Rutot et Van den Broeck tendent actuellement à 
ne i)lus séparer les deux limons. M. Rutot s'exprime ainsi (*) ; 

» Tous les géologues sont d'accord pour attribuer une origine 
wfluviatile au limon stratifié du Hesbayen, mais comme les 
fy limons ne se disposent pas dans les lits mêmes des fleuves, mais 
» bien sur les espaces bordant leur vallée, lors des crues et des 
» inondations, il s'ensuit que l'origine des limons stratifiés déposés 
» en nappe continue se précise encore et il faut attribuer, en toute 
» évidence, leur formation à des crues simultanées de tous les 
» cours d'eau existant dans la région où ils se sont déposés. 

» La présence de la faunule toute spéciale de ces limons, citée 
» plus haut, w Hélix hispida, Succinea ohlonga et Piipa miiscoriim 
« est, du reste, l'une des meilleures preuves que l'on puisse donner 
>> de l'origine des limons par voie de grande crue. 

M En effet, actuellement, les coquilles citées vivent dans les hautes 
I) herbes, dans la végétation qui avoisine le bord des cours d'eau. 

» Kn cas de crue, cette végét4ition est lavée par les eaux, les 
» coquilles légères sont emportées d'abord par le courant, puis, 
» les eaux s'épandant hors du lit, les coquilles sont déposées 
» avec les limons sur les étendues inondées. 

» Mais pour qu'il y ait in(mdation vaste et persistante, il faut 
» non seulement qu'il y ait longue pénode pluvieuse (M, mais aussi 
» Iras faible pente à Véconlement des eaux ». 

(ï) op. eituto, p. t'XLVi. 

'^) A. RiTOT. Origines dn Qualeniah't» en Belgique. Hall. Sor, belp^e de 
fféol., 1. XI, Afém,, p. 47» 1892. 

(^j Celle longue période iduvieiise est toujours au moins contestable. 

AXX. sot'. «ÉOL. 1)K REUi., TOMK XXXII. MÉMOIRES, 3. 



— M 34 — 

Et plus loin, p. 48 * <^ ^SL région de la Sambre et de la Mense 
» formait des élévations bien moins considérables que celles que 
» nous constatons actuellement. Seules les plus hautes altitudes 
)> de TArdonne et du Luxembourg jurassique dépassaient sensible- 
» ment la plaine, au point de n'avoir pu être recouvertes du man- 
» teau limoneux ». 

Puis, p. 81 : le dépôt limoneux ce implique une vallée de la Meuse 
» possédant déjà un tracé semblable au tracé actuel, déjà largement 
» creusée et dont l'altitude supérieure, au plateau d'Ans, par 
» exemple, pouvait dépasser à peine l'altitude des points bas 
» actuels de la grande masse limoneuse, c'est-à-dire 10 à i5 mètres 
» au-dessus du niveau de la mer, au lieu de 200 mètres comme 
V aujourd'hui. 

» Du reste, comment imaginer un dépôt de limon d'inondation 
» sur la rive gauche de la Meuse dans les conditions d'altitudes 
» actuelles ? ». 

Pour l'auteur, l'absence des fossiles des limons du Hesbayen, 
q3^ dans les limons des hauts plateaux, qi^ s'explique par ce que 
les bords escarpés de la Meuse n'étaient pas favorables à la végé- 
tation. Il rapporte pourtant les cailloux des terrasses de la Meuse 
au campinien, q2. 
Nous ne pouvons guère partager ces idées, et la fig. 3 montre 

On* qu'il est difficile d'ad- 

mettre que le limon 
d'Ans soit l'équiva- 
lent de celui qui sur- 
monte les cailloux 
ardennais du Geer et, 
*''*''• '^- par conséquent, do 

celui des terrasses de Cointe et de Pontisse, du moins dans l'hypo- 
thèse où les limons seraient le résultat d'inondations. 
Nous croyons, nous aussi (^), les limons des hauts plateaux 

(•) Conformément, d'ailleurs, aux idées émises dans : 

A Briakt. Etude sur les limons hosbayens et les temps quaternaii*es en 
Belgique. An, Soc. géoL de Belg.^ t. XIX, Mém,^ p. i5, 1891. 

II. FoRiR et M. lA)Hi:sT. Compte rendu de l'excursion de la Société géolo- 
gique de Belgique. /ôfV/., t. XXIII, p. cxliv, 1896. 

J. Cornet. Limon hesbaven et limon de la Hesbave. Ibid.^ t. XXVII, 
p. CI, 1900. 

H. FoRiR. Encore les limons. Bull. Soc. d'anthrop. de Brux.^ t. XIX, 
Mém., n^ I, pp. G-8, en note, 1900. 




— m35 — 

antérieurs aux dépôts de cailloux des terrasses. La Meuse aurait 
approfondi, après le dépôt de ces limons et avant l'apport des 
cailloux, la partie de la vallée, supérieure aux terrasses. L'origine 
du limon des hauts plateaux nous parait encore bien obscure; à 
notre avis, l'hypothèse la plus vraisemblable sur sa formation est 
celle qui le considère comme étant le résultat d'apports éoliens ; 
cette opinion se justifie par l'homogénité du dépôt et l'absence de 
fossiles. 

Nous sommes donc amené à voir trois termes dans le Quater- 
naire de la région du Geer ; ce sont, en nous basant sur leur 
superposition : 

i^* Un dépôt précédant le creusement de la vallée au-dessus du 
niveau des terrasses, le limon des hauts plateaux, antérieur, par 
conséquent, au dépôt des cailloux. 

2*^ Dépôt des cailloux, qstm, formé après ce creusement, sur les 
terrasses de la Meuse et du Geer inférieur. 

3^ Le limon hesbayen, résultant du lavage du limon des hauts 
plateaux et peut-être des sables tertiaires (^). 

Il serait bien difficile de délimiter qi et q3 sur le versant droit 
du Geer ; il est même possible que certains limons soient contem- 
porains de çâ, puisque, actuellement encore, ils sont partiellement 
remaniés par les eaux et méritent le noms de limons modernes. 
Nous ne nierons d'ailleurs pas que certains des limons notés q3n 
soient éoliens, pareils dépôts se formant de nos jours. 

Faille de Tongres. — Les sondages exécutés à Tongres et ren- 
seignés sur la feuille Tongres-Herderen, l'allure de Vassise 
de Spiennes, Cp4y bien caractérisée en cet endroit, nous permettent 
d'établir le passage d'une faille, un peu au sud de la ville de 
Tongres. Elle est indiquée sur notre coupe (pi. I) ; son rejet maxi- 
mum est de 45 m. environ, et elle est orientée N. 80° E. 

Peut-être se trouve-t-il une autre faille dans la région de Canne, 
dirigée du NNW. au SSE., c'est-à-dire précisément parallèle 
aux failles du Limbourg hollandais ; mais la dénivellation observée, 
au moyen des couches à bryozaires, entre le Maestrichtien de la 
rive droite du Geer et celui de la rive gauche est si faible, qu'il 

0) 11 nous est souvent apparu micacé. 



— Jd 36 =7- 

sei'iiit (liiiigoroux çle rouiJure que la i)n'seiife d'un tel accident est 
certaijie en ce point. 

Xous croyons ces notes sulïisîintes pour nous perinettre|d*établir 
révolution du (leer et nous (expliquer la géographie physique du 
bassin de cette rivière. 



CHAFMTRE II. 

L'évolution du Geer 

Etablir révolution d'une rivière, c'est-à-dire reconstituer ses 
cours successifs, rechercher la cause et l'époque de la formation 
des divers sillons où serpente son cours actuel, est toujours diffi- 
cile. Aussi» croyons-nous utile d'indiquer, en coramen^»ant, les 
principes sur lesquels nous nous sommes basé poui' résoudre ce 
problème quant au Geer. 

Lorsque des terres émergent de la mer, les eaux de ruisselle- 
ment y creusent des sillons conséquents, dirigés suivant la plus 
grande pente, perpendiculairement à la direction générale du 
rivage. Si cette direction change» celle de la nouvelle partie des sil- 
lons change également, devant toujours rester normale au rivage. 

Dès que ces sillons s'approfondissent, d'autres s'embranchent 
plus ou moins peri)endiculai rement sur eux, affluents subséquents. 
Mais certains des sillons de premier ordre se creusent plus (jue les 
autres, soit x>arce qu'ils se sont établis sur une zone d'une résis- 
tance moindre à l'érosion, soit parce que, sur eux, se sont greffés 
des sillons antérieurs. Dès lors, ils capturent les eaux de leurs 
affluents secondaires : le bassin fluvial s élargit. Cette extension 
latérale du bassin le long d'un de ces sillons pourrait encore 
résulter, soit de la formation ou de l'accentuation d'un synclinal, 
faille ou non, dont le fond correspond à un sillon de premier ordre, 
soit, pensons-nous, des inégalités existant à la surface du sol, 
lors de son émersion. 

Il y a donc, en face de toute vallée de quelque importance, deux 
questions à se poser : quelle est la cause de la direction, de l'orien- 
tation du cours d'eau, et pourquoi, de tous les sillons qui cou- 
raient parallèlement à cette direction lors de l'émersion de la 
contrée, est-ce celui-ci plutôt que celui-là qui a pris de l'impor- 
tance, en assurant le drainage de la région? 

La première question se résoudra i)ai- la géologie générale du 
pays, la seconde par la géologie locale. 

En ce qui concerne le Geer, Tétudc géologique des environs, 
tant sur le terrain que sur la carte, ne nous a pas laissé voir 



- ic38 — 

manifestement un accident, faille ou synclinal, permettant d'ex- 
pliquer la présence de ces sillons. En un point, cependant, vers 
Tongres, la vallée semble correspondre à une faille. 

Nous nous bornerons donc à rechercher la cause des divei^es 
directions du Geer. Il en est trois qui apparaissent nettement. 

Une première, la plus constante, est l'orientation WSW.-ENE. 
des sillons Lens-St-Remy — Lowaige et Glons— Eben; une deu- 
xième, SSW.-XXE. correspond à la partie de la vallée Lowaige- 
Tongres; une troisième est indiquée par le cours Tongres-Glons. 
Si nous comparons ces directions à celles qu'offrent les cours d'eau 
avoisinants, nous sommes immédiatement frappé par le parallé- 
lisme des sillons du Geer, Lens-St-Remj'— Lowaige et Glons — 
Eben, avec le sillon Sambre-Meuse, et du sillon Lowaige-Tongres 
avec celui de la Meuse en aval de Liège et ceux de diverses 
branches du Démer, de la Gette, de la Dyle, etc. 

On est donc autorisé à s'expliquer l'identité de ces directions 
par l'identité des causes. En appliquant au Geer la théorie expo- 
sée par M. Lohcst (^) et professée à son cours de géologie de 
l'Université de Liège, nous sommes amené à considérer la vallée 
Lowaige-Tongres comme conséquente pour le rivage en recul de 
la mer de l'Oligocène inférieur et moj-en, et celle de Lens-St- 
Remy — Lowaige, Glons— Eben, comme conséquente à la mer de 
l'Oligocène supérieur du golfe du Rhin. 

Mais les vues de M. Lohest ont été mises en doute par M. le 
professeur Cornet, dans son récent mémoire publié dans nos 
Annales : « Etudes sur l'évolution des rivières belges », qui est, 
sans contredit, la plus importante contribution à la géographie 
physique de la Belgique. M. Cornet, tout en admettant avec 
M. Lohest, que la plupart de nos rivières sont normales à un 
ancien rivage, n'adopte pas cette opinion pour ce qui concerne la 
vallée de la Meuse. Pour lui, on ne peut songer à attribuer à la 
mer de l'Oligocène supérieur du Rhin la direction WSW.-EXE. 
du sillon Sambre-Meuse; c'est, croit-il, ne pas tenir compte de 
l'extension de la mer diostienne au delà de cette ligne ('). 

(1) M. Lohest. De l'origine de la vallée de la Meuse entre Namur et Liège. 
Aun. Soc. géol. de Belg.^ t. XXVIl, p. cxiv, 1900. 

(*) J. Cornet. Op, cit, Ibid,, t. XXXI, pp. m 477-478,1904 : « M. Lohest, on 
» le voit, ne tient pas compte de l'importante transgression de la mer plio- 
» cène qui est venue effacer, jusqu'au sud de la Sambre-Meuse, toute trace 
» des systèmes hydrographiques antérieurs. » 



— m39 — 

Même en supposant cette extension démontrée, nous penserions 
encore dus aux mers de FOligocène, les sillons signalés plus haut, 
tant ceux de la Meuse que ceux du Geer. Nous croyons, en effet, 
qu'il est difficile d'admettre qu'une mer efface toute trace du 
relief des terres qu'elle envahit. 

Si le modelé du sol est quelque peu accentué, les vagues ne 
parviendront pas à niveler entièrement le sol, et la sédimentation, 
épousant les accidents du terrain, n'y réussira pas davantage, 
surtout pour des mers qui ne durent jamais être bien profondes. 
On connaît mainte vallée fluviale se prolongeant dans la mer et 
entaillant son fond; ainsi envahie en suite d'un mouvement positif 
des eaux, elle se maintient, malgré les vagues et la sédimentation ; 
lors du recul de la mer, cet ancien sillon redeviendra une voie de 
drainage ('). 

Si l'extension du Diestien a eu lieu au sud de la vallée Sambre- 
Meuse, nous ne croyons donc pas qu'elle ait suffi à masquer le 
sillon qui devait se trouver là, du fait de l'existence du golfe du 
Rhin. Nous nous permettons de douter de l'hypothèse de 
M. Cornet lorsqu'il donne ce sillon comme étant le résultat de 
l'accentuation du synclinal houiller de Namur. 

C'est surtout par analogie avec le cas de la Haine que raisonne 
le savant géologue. Cette rivière (*) occupe le fond d'un synclinal 
houiller. Il voit une preuve de l'accentuation de ce dernier, aux 
environs de Charleroi et de Namur, dans la dif lëreuce des hauteurs 
auxquelles on trouve le Bruxellien dans la vallée de la Sambre 
inférieure et sur les plateaux qui la bordent. 

Dans cette théorie, le fleuve doit occuper le fond du synclinal (^); 

(1) Au coui*s de rimpressiou de ce travail, nous venons de prendre connais- 
sance d*an article de M. J. Gossklet : Coupe du canal de dérivation autour 
de Douai. Superpositions de vallées actuelles à des vallons de la surface 
crayeuse. Ann, Soc, géol. du Nord, t. XXXIII, p. 82, 1904. Dans ce travail, 
rillustre géologue montre des exemples de phénomènes semblables à celui 
que nous rappelons. 

(') J. Cornet. Quelques remarques sur le bassin do la Haine. Anti. Soc» 
géoL de Belg,^ t. XXVII, p. LXXX, 1900. 

{}) Dans son mémoire <c Etudes sur révolution des rivières belges », 
M. Cornet dit, p. 484 : 

ce Pour nous résumer, nous admettons que la Sambre-Meuse a pu naître 
» par suite d*un phénomène d*érosion régressive procédant de TEst à l'Ouest. 
» Mais ce phénomène 8*est passé sur un manteau de terrains tertiaires. Il n'a 




— M 4^ — 

or, vers Hiiy, ainsi que le fit remarquer M. Lohest, il coule sur la 
crête silurienne. M. Cornet a répondu à cette objection, en disant 
que le fleuve s*est imposé, non sur le synclinal i)rimaire, mais sur 
le fond du synclinal tertiaire résultant de Taccentuation du 

premier. Si Ton se rappelle, pourtant, 
^ ^ que Taxe du synclinal primaire est incliné 

de 45" vers le Sud, et si Ton admet que 
les sédiments tertiaires aient une épais- 
seur de 5o mètres, le fond du synclinal 
tertiaire, au toit des couches, sera tout 
au i)lus à cinquante mètres au nord de 
"' celui du Primaire, conformément à la 

flg. 4; or, le fleuve coule sur le bord sud du synclinal primaire. 
Nous nous demandons, en outre, si Taccentuation du synclinal 
honiller dirigera l'écoulement des eaux vers TENE. Dans son 
ensemble, ce bassin est pins profond vers Mons que vers Liège; 
raccentuation d'un tel système expliquerait la formation d'une 
dépression ayant un écoulement vers l'Ouest, plutôt que vers l'Est 
comme nous le constatons. Il faut, pour produire un tel écoulement, 
qu'il y ait eu une pente générale vers l'Est, ce qui nous semble 
ne s'être présenté que lors de la formation du golfe du Rlnn(*). 
D'ailleurs, le Crétacé de la Hesbaye, dont l'allure est si bien 
connue par les exploitations de phosphate et les galeries des eaux 
alimentaires de la ville de Liège, ne montre pas, aux environs de 
la vallée de la Meuse, une pente vers le Sud, comme cela devrait 
exister dans l'hypothèse de l'accentuation du synclinal honiller. 

Comment, d'ailleurs, expliquer, dans l'hypothèse de M. Cornet, 
la direction de la Meliaigne et du Geer, nettement parallèle à celle 

» donc pu être facilité et guidé par la nature même des rocJie» houiilèress, 
» mais il a été ffitidé, fucilité et inèine provot/ué par une incurvation syncli- 
» nale, probablement très peu prononcée, des couches tertiaires, due eUe- 
» mcine, comme le synclinal tertiaire de la Haine, soit à une accentuation 
» du synclinal dovono-carbonifère du bassin de Naniur. soit à un affaisse- 
» meut d'ensemble de ce bassin. » 

(') Dans une communication non encore publiée, MM. Loliest et Forir ont 
montré que les fractures de Test de laC^ampine, ainsi que celles de Bleyberg, 
de Moi»esnet. de Battice, et peut-être certaines cassures de la Hesbaye sont 
en relation avec Teffondrement oligocène de la vallée du Rhin au noixl de 
Bonn, effondrement vraisemblablement en relation avec les phénomènes 
éruptifs de l'Eifel, 



— M 4i — 

de la Sambre-Meuse, quand, du moiuK pour hî Gecr, ou ne ^Veut 
voir aucune concordance enti'e un synclinal quelconque et le cours 
de la rivière? L'auteur se pose, d'ailleurs, lui-même cette question 
vis-àrvis de la Sanibre en amont de Marchiennes et la laisse sans 
réponse (*). 

Xous croyons donc qu'il faut attribuer la direction ENE. du 
sillon Sambre-Meuse à la faible résistance à l'érosion des schistes 
houillers et siluriens, bordés de roches dures, dévoniennes et 
carbonifères ; le sens de l'écoulement des eaux serait dû à 
l'affaissement du golfe du Rhin. Nous sommes ainsi amené à 
devoir remonter au-delà du Pliocène, i)Our nous figurer l'évolution 
du (ieer. 

Que se passa-t-il durant le Pliocène? Nous avons dit que rien 
ne nous permet d'affirmer que la région du Geer ait été envaliie 
par la mer diestienne. Peut-être émergeait-elle, et il nous serait 
très difficile de déterminer ce que fut le drainage à cette époque. 
Mais il est certain que le relèvement post-diestien se fit avec un 
axe horizontal à peu près W.-E., dans l'est de la Belgique, entraî- 
nant avec lui la formation de sillons de direction approximative- 
ment uord; la vallée Lowaige-Tongi'es, prolongée par celle du 
Dénier, put parfaitement emporter les eaux pluviales vers la 
mer (-) ; il en est de même pour la Meuse de Liége-Maeseyck. 

Le dépôt des cailloux du Campinien donne de précieuses indi- 
cations pour reconstituer le système hydrogi-aphique de l'époque 
de cett« formation. Comme nous l'avons montré précédemment, 
il existe un vaste delta caillouteux, dont la tête se trouve à Liège; 
on de ses bras, le plus occidental et vraisemblablement le plus 
récent, occupe le sillon Wonck-Glons-Tongres et celui du Démer. 

A la cessation du dépôt des cailloux, l'évolution est plus incer- 
taine. La Meuse a-t-elle continué à occuper son bras occidental? 
Rien, nous semble-t-il , ne nous permet de répondre à cette 
question. Nous croyons que la Meuse s'est retirée vers l'Est, 
repoussant en même temps la tête de son delta de plus en plus 
vers le Nord, tandis que le cours supérieur du (îeer se continue 
par celui du Démer (^). 

(*) Voir son mémoire, p. iHiî. 

{*) (""est, d'ailleurs, l'idée (pi'a émise M. Cornet, dans son mémoire déjà 
Hté. 

(•') Ainsi «iiie le fijçure M. Mourlon, comme nons le rappellerons plus loin. 



— M 4» — 

L'abaissement da niveau de la Meuse, qui s'est ensuite produit, 
a exigé Tapprofoudissement de la vallée du fleuve (^); la consé- 
quence de ce nouveau creusement est la suivante : le ruisseau qui 
occupait les anciens bras du delta de la Meuse Nederheim-Glons- 
Wonck-Canne, va creuser énergiquement cette vallée et ne tardera 
pas à venir capter le cours supérieur de la rivière Geer-Démer, 
dont Taccentuation du profil est beaucoup moins rapide. 

Le cours actuel est donc établi ; la vallée de la rivière inférieure 
s'est approfondie rapidement, en même temps que le ruissellement 
entaillait profondément tout le bassin oriental, formant ainsi les 
ravins sur lesquels nous reviendrons plus loin. 

A notre époque, on assiste à un remblayement général de la 
vallée du Geer, conséquence de celui de la Meuse; celui-ci serait 
vraisemblablement en relation avec le mouvement positif assez 
probable que l'on s'accorde généralement à voir de nos jours sur 
les côtes de la Hollande. 

Il y a un fait étrange et sur lequel nous avons déjà attiré l'atten- 
tion dans notre introduction : pourquoi le Geer qui, vers Ëmael, 
se rapproche de la Meuse de moins de i 200 mètres (') ne s'est-il 
pas jeté dans le fleuve à cet endroit? La chose est d'autant plus 
remarquable que le terrain est de la craie fissurée. En y regardant 
de près, on s'aperçoit que, précisément, la craie montre un bien 
plus grand nombre de fentes en ce point qu'en tout autre; une 
faille verticale, dont la lèvre septentrionale s'est effondrée d'un 
mètre, s'observe même sur le versant gauche de la Meuse, en face 
du minimum de largeur du plateau. A Slavante, toujours dans le 
talus de la rive gauche de la Meuse, des orgues géologiques 
sont visibles, avec de larges 'crevasses ; l'idée vient que les eaux 
du Geer ont essayé de rejoindre souterrainement le fleuve. 

Mais le remblayage de la vallée s'est alors effectué ; un revête- 
ment d'alluvions dans le lit du Geer, et de limon de lavage sur les 
versants du plateau, s'est constitué et a intercepté, par son imper- 
méabilité relative, les communications qui se faisaient pendant le 

(I) Cet abaissement pourrait peut-être s'expliquer ]mr les idées de 
MM. Rutot et Van den Broeck quant au relèvement post-flandrien que le 
premier signale dans ses « Origines du Quaternaire en Belgique »« déjà cité. 

(^) Le plateau qui sépare les deux valées a à peine 700 mètres, en y com- 
prenant les talus. 



— M 43 — 

creasement de la vallée. L'action mécanique des eaux a donc été 
arrêtée, du moins -dans sa plus grande partie. 

Cela ne veut nullement dire que la dissolution ne se continue 
pas. Toute lente qu'elle soit, elle détruirait la faible barrière 
qui arrête, à Eben, la communication du Geer et de la Meuse. 
Il y a là à dissoudre une hauteur moyenne de 3o mètres de 
craie. Les eaux de pluie qui passent à travers cette roche y 
prennent 1/4 gramme de calcaire par litre (*), c'est-à-dire qu'une 
hauteur d'eau d'un mètre, traversant le sol, dissout environ 
o.i ™/ni de craie; en trente ans, avec les pluies actuelles, environ 
I '°/m de roche est donc emporté; les 3o mètres de calcaire, en ne 
tenant pas compte des silex, seraient donc enlevés en 900 000 ans, 
par la seule action chimique des eaux. Il est d'ailleurs vraisem- 
blable, qu'avant cette époque, les conditions actuelles seront 
complètement changées ; ce calcul n'a donc aucune prétention à la 
moindre importance. 

Idées précédemment émises sur l'évolution du geer. 

On s'est peu occupé des divers stades successifs de la rivière que 
nous étudions. Nous allons^ rencontrer les idées exprimées à ce 
propos. 

Citons d'abord une carte de M. Mourlon («), sur laquelle il 
figure le Geer comme ayant été, antérieurement au Campinien, 
la branche supérieure du Démer (fig. 5). Mais l'auteur n'en parle 
pas dans son texte. Il semble, néanmoins, que nous sommes arrivé 
à la même idée que M. Mourlon. 

M. Van den Broeck, dans ses « Observations 

préliminaires sur les blocs erratiques des hauts 

plateaux de la vallée du Geer, etc. » (^) présente 

des observations différentes des nôtres. Il dit : 

(( La question des gros blocs gréseux qui 

» se présentent sous forme d'erratiques, 

Fw. 5. ), paraît assez complexe. Ces grès semblent 

)> provenir de deux régions bien distinctes. Les uns, mélangés 

(*) La teneur des eaux de Liège en CaCo^ est de 0.3748 gr. par litre. 

{*) M. Mourlon. Essai d'une monographie des dépôts marins et continen- 
taux du Quaternaire moséen, le plus ancien de la Belgique. Mém. in-4° Soc, 
géol. de Belg.^ t. I, pp. iai-177, pi. V, 1900. 

(3) Bull. Soc, belge de géol, , t. XIV, Proc-verb., pp. 294-295, 1900. 




- m44- 

» au cailloutis dit « moséeii » ('), lequel atteint parfois sur les 
)) plateaux de la région d'aval du Gcor une dizaine de mètres de 
» développement, y constituent des apports sporadiques parais- 
» sant, ainsi que les autres éléments moins volumineux dn cailloutis 
?) moséen, venir, par voie fluviale, des hauteurs de TArdenne. 

» La nature de certaines roches hétérogènes du cailloutis, la 
}) curieuse localisation et la situation de certains des alignements 
M de ce dépôt fluvial, dit moséen, font penser que la vallée de 
» rOurthe a dû naguère contribuer directement à leur formation, 
» on se x)rolongeant au Nord de son confluent actuel avec la Meuse. 
» Cette rivière aurait eu ainsi un cours d'aval Sud-Nord, dont il 
» resterait comme vestiges certains sillons, comblés aujourd'hui 
» par des éléments caillouteux d'âge moséen, mais d'origine dis- 
» tincto par conséquent de ceux que roulaient les eaux du grand 
)) sillon fluvial moséen proprement dit, qui coulait aussi du Sud 
» au Nord, mais un peu plus à l'Est. 

» Il y aura même lieu d'étudier ultérieurement si le curieux 
» tron^'on de la vallée du Geer, transversal à sa direction générale 
)) WSW-ENE, qui forme le crochet SE-NE de Glons, Sluse et 
)) Nederheini, ne constitue pas l'indication d'une des parties 
» d'aval de cette ancienne Ourthe d'outre-Meuse, qu'un phéno- 
» mène de capture aurait rattachée au Geer. Ce n'est là qu'une 
» simple hypothèse, mais elle mérite d être étudiée, au même titre 
)> que celle d'une relation possible de ce tronçon, si spécialement 
» orienté, de la vallée du Ueer, avec une faille^ dont certains 
» indices font soupçonner l'existence, tout au moins à Tongres, 
» dans le prolongement d'aïuout du dit tronçon ». 

Nous voudrions faire deux observations : 

I*' Nous avons trouvé, à Canne, des morceaux de porphyroïde 

(>) Le MosétMi (le M. Van <leii Kroeck n'est autre ehose <iue le Canipinieii 
(le la légende de la Carte gé()logi(iae de la Kelgiciiie à Téelielle du 4o o<m>*^. Il 
est, du reste, même dans la Carte géologûiue. bien d'autres anonuilies d'iii- 
terprétation. Ainsi, tandis que la léj^ende renseigne, sous la notation qim du 
Moséen, le « Limon non ossifère <les hauts plateaux de la Sanibr© et de la 
M Meuse », on no voit i)as tme seule notation qim sur les feuilles de la Carte 
géologique, avoisinant la Meuse. II est bon. eependant, d'ajouter ipie la 
feuille Alleur-Liége i>orte la menticui « Les dé]>ôts <lu haut plateau hesbaveii. 
j) renseignés, sur la earte, sous les notations r/.Vw et 7.V/1 <loivent être rap- 
» ])ortés au terme qm, H. F. w 



— M 45 — 

de Mairus, montrant claii'omeut (lue la Meuse de Diuaiit a coulé 
dans la vallée actuelle du Geer. 

2» La faille à laquelle Tauteur signale la possibilité de rattacher 
la section Glons-Xederheim n'existe qu'un peu au nord du bras 
septentrional du Geer, au sud de Tongres. 

Nous ne nous expliquons, d'ailleurs, cette vallée que par le 
raccord de deux affluents subséquents des deux sillons d'ordre 
principal Lowaige-Tongi*es et Glons-Wonck. 

M. Dollfus ( ') parle du Geer dans les termes suivants : « La sortie 
» de la Meuse du synclinal liouiller au-dessous de Liège doit nous 
» arrêter aussi un instant. On peut l'expliquer soit par un phéno- 
» mène de capture régressive d'une rivière comme le Geer, remon- 
» tant depuis Maestricht et franchissant l'anticlinal rocheux du 
» Dévonien-carbonifère de Visé pour giigner Liège, soit par une 
» autre méthode », l'accentuation d'un synclinal transversal situé 
entre les deux anticlinaux transversaux de Gemmenich et de 
Fontaine-l'Evùque. 

Nous pensons que l'existence de ce Geer est bien problématique, 
et nous ne voyons aucunement la nécessité de l'invoquer pour 
expliquer ce qui s'est passé. 

Nous avons rencontré plus haut la théorie de M. Cornet, où le 
savant professeur donne tous les cours d'eau au nord de la crête 
ardennaise comme nés après le départ de la mer diestienne. 

Dans cette hypothèse, le Geer apparaît comme un type de 
rivière transséquente, venant couper les cours d'eau à écoulement 
NN£., résultant de la régression des affluents subséquents de ces 
cours d'eau. 

a Or, cette disposition » en espalier « d'un système hydrogra- 
» phique est bien connue », dit-il (2) «. C'est celle qui se présente 
» fréquemment, dans les circonstances normales, quand un réseau 
» hydrographique se développe à la surface d'une plaine côtière 
» régulière, pendant que se fait un abaissement continu du niveau 
D de base. Des cours d'eau conséquents s'embranchant les uns 
n dans les autres à mesure du retrait de la mer engendrent un 

« *j (i« DoLLKi'8. Relations entre hi structure y:é()lojçi<iue <hi bassin de Paris 
et Hon hydrographie. Aiin. de /^K'o/i^r., t. IX, p. 'J3i, 1900. 

(*j J. CoRNKT. Aoro citato, p. 4<>î)- 



— m46 — 

» tronc important (tel l'Escaut d'Anvers engendré, par exemple, 
» parla Dendre et la Senne). Des affluents subséquents de ce 
» tronc puissant, poussant leur tête vers l'amont, arrivent à 
» capturer des rivières conséquentes primitives voisines, paral- 
» lèles au tronc principal (tel l'Escaut de Wetteren allant capturer 
» l'Escaut d'Audenarde et la Lys et, de l'autre côté, la Dyle de 
» Malines allant s'emparer de la Dyle de Louvain, de la Gette et 
» du haut Démer) . » L'auteur expliquera encore ainsi la formation 
du bassin de la haute Dyle. 

Si nous appliquons cette théorie au réseau du Geer, nous pour- 
rons concevoir son évolution comme l'indiquent les deux figures 
schématiques ci-dessous (fig. 6 et 7). L'importance prise par un de 




Fie. 6. 



FiG. 7. 



ces cours d'eau pour une raison quelconque, d' c" par exemple 
expliquera la régression de a" vers b" et la capture de b' d' a' ; une 
pente plus rapide vers a" causera le détournement debd et a, au 
profit de a b a" c", Tandis que les sillons c d^c' d, c" d" représentent 
les sillons NNE. du Démer, du Geer et de la Meuse, aba' b' a" b" 
figure les sillons WSW.-ENE. du Geer. La théorie de l'auteur 
demanderait pourtant la perpendicularité, au moins dans l'ensem- 
ble, des deux directions des courants. Il est loin d'en être ainsi; 
leur angle d'incidence est d'environ 4^^. 



CHAPITRE III. 

Orographie du bassin du 6eer. 

DÉTERMINATION DES LIMITES DU BASSIN. 

Nous entendons, sous le nom de bassin superficiel d'ane rivière, 
retendue du terrain à la sui*face duquel Técoulement des eaux se 
fait vers cette rivière. Il peut ne pas correspondre exactement au 
bassin d'alimentation^ celui-ci comprenant, en outre, un bassin 
souterrain drainé parles sources. 

Or, l'allure des nappes et, par conséquent, leur écoulement, 
dépendent non seulement du relief du sol, mais encore de la dispo- 
sition des couches du terrain. Nous aurons un cas de cette non- 
concordance des deux bassins pour le Geer ; au nord de la rivière, 
les couches inclinent vers le NNW., entraînant les eaux dans ce 
sens; une partie seulement des eaux d'infiltration du versant 
gauche profitera donc à la rivière. En outre, le bassin souterrain 
s'étendra au sud de la crête orographique du bassin superficiel ; 
toutefois, les renseignements si nombreux que l'on peut tirer du 
rapport de M. G. Dumont (^) sur l'allure de la nappe aquifère, 
laissent supposer que cette différence est peu sensible. 

Déterminer le bassin superficiel du Geer, revient à tracer la 
ligne suivant laquelle les eaux pluviales se partagent entre le Geer 
et les rivières environnantes. Le procédé seul exact consistera 
donc à remonter les vallées, sèches ou non, qui aboutissent au 
Geer et à indiquer la limite là ou la pente change de sens et mène 
les eaux vers une autre rivière. En agissant ainsi, on peut déter- 
miner la ligne de partage des eaux avec toute l'exactitude que 
permet l'emploi des cartes topographiques militaires au 20 000®. 
Deux remarques s'imposent. 

i** Il est difficile de préciser cette ligue; il est, en effet, erroné 
de s'imaginer qu'en arrivant dans ses environs, la pente augmente ; 
au contraire, elle diminue. La cause de l'erreur commise réside 

(*) G. Dumont. Les eaux alimentaires de la ville de Liège. Rapport à 
radministration communale. BuUetin administratif de la ville de Liège. 
Annexée. Liège, Redouté, i85(>. 



— M 4h — 

en ce que Ton indique tnq) étroitement la briichistochroue comme 
étant lîi courbe reprcsentunt la projection, sur un plan vertical, 
de récoulement des eaux et, par conséquent, du travail do l'éro- 
sion . ha grande facilité de la destruction de toute crête un peu 
mince par toute la séné des agents de la dénudation et le ti'avail 
de riiomme, expliquent pourquoi il ne peut en être ainsi. La ligne 
de partage des eaux court donc, non sur une crête, mais sur un 
plateau plus ou moins large, sur lequel le sens du ruissellement 
sera même variable. Les coupes que nous avons dû tracer perpen- 
diculairement au sens général du cours du Geer, montrent bien 
cette imx)récision. Xous ne pensons pas qu'on puisse fixer à moins 
de cent mètres la limite d'exactitude. 

2** Notons encore, et ceci surtout est important, que la ligue de 
partage est loin d'être la ligne joignant les plus hauts sommets 
s'élevant entre les systèmes hydrographiques. Presque toutes nos 
coupes montrent la non-concordance du passage de la ligne de 
partage avec leur point le plus élevé. On remai'que que la ligne de 
faîte se trouve, à gauche comme à droite du Geer, au sud de 
cette ligne de partage. Le fait s'exx)lique d'ailleurs fort bien. 

Soit un terrain disposé comme l'indique le croquis et la coupe 
ci-dessous (fig. 8). Des eaux vont circuler de part et d'autre de la 




.s 



Fie. 8. 



crête. Mais comme la pente est plus rapide vers le Sud que vers le 
Nord, le travail des ruisseaux de direction sud est plus actif que 
celui des ruisseaux dirigés vers le Nord. Les premiers pourront 

l4 KKVRIEU lyo,"). 



feculer rapidcnieiit leur tôte vers la crùtc et dépasser celle-ci, 
donnant aux lignes liypsoraétriques l'allure indiquée à la figure 9, 





Fh;. 9. 



et arriveront ainsi à drainer une partie du versant nord; la ligne 
de partage sera donc reportée au Nord, comme l'indique le trait 
interrompu par deux points. Une coupe faite suivant AB donnera 
ce que nous avons remarqué dans le versant droit du Geer. 

Le profond sillon de la Meuse a imprimé aux lignes de niveau 
l'allure indiquée à la figure 8 ; le ruissellement les a modifié comme 
dans la figure 9. Le cas est identique pour le versant gauche; la 
vallée du Geer joue le même rôle vis-à-vis du système du Dénier 
que celui de la Meuse auprès du (îeer. 

Dans un système plus normal, s'établissant parallèlement à la 
pente générale, et non, comme nous le montrerons plus loin pour 

le Geer , perpendiculaire- 

^ ~ ^ j — '-' '^"^ ment à cette pente, l'incli- 

î* ZZ-IT-^'SV/" — J •"""";"• liaison des versants, toutes 

choses d'ailleurs égales, de- 
ient la même de part et 

V ' ZH^ZZ'L '-'^ ^^~ -^ d'autre de la ligne de faîte. 

U -^ 4-' — — j)^^. lors, la régression se 

fait avec une égale rapidité 
de part et d'autre de la crête, 
et la ligne de partage des eaux est sinueuse autour de la ligne des 



fa 






Kh; 10. 



ANX. SOC. (iKor.. nK iiKix;., t. xxxii. 



MÉMOIRKS. 4 



M 5o 



plus liauts bommets, comme nous riiuliqucms dans, la figure lo. 
C'est, par exemple, le cas pour les ruisseaux île direction nord qui 
constituent le Démer. 

Allurk dic la ligne dk paktagk dks kaux. 

Nous avons indiqué la ligne de'partage des eaux sur la planche II. 
Nous pouvcms donc en suivi'e le développement à i)artir de son 
point le plus occidental. 

De ce point, d'altitude i55, nous voyons les eaux s'écouler dans, 
trois directions : au Sud, dans le bassin de la Mehaigne, au Nord 
dans celui de la Gette, à l'Est dans celui du Geer. I^a ligne de 
partage entre le Geer et la Gette court vers le XNK., en s'abais- 
sant doucement d'une vingtaine de mètres sur un paicours de 
lo kilomètres. Elle tourne ensuite brusquement versTEîStet, plus 
loin, vers l'ENE., laissant à gauche les eaux du Démer, courant à 
environ i3o mètres de hauteur, à la distance de un à deux kilo- 
mètres du Geer. Au nord de Waremme, la ligne s'abaisse, et ce, à 
mesure qu'elle tourne de plus en plus vers le NE. et le NNE. ; au 
nord de Tongres, sa hauteur dépasse à peine loo mètres. En s'inflé- 
chissant à nouveau vers l'EXE., elle se relève de 20 mètres 
environ, à Ilerderen. Elle s'éloigne beaucoup plus ici du Geer, 
quelquefois de plus de cinq kilomètres. A partir de Herderen, 
elle descend à environ 95 mètres ; à l'ouest de Maestricht, à 
800 mètres de la Meuse, elle s'affaisse rapidement vers le fleuve. 

A droite du (ieer, l'allure de la ligne de partage est sensiblement 
différente. Elle gravit immédiatement le plateau séj^arant le Geer 
de la Meuse, qu'elle suit, vers le Sud, à la hauteur de 120 mètres. 
En face de Lanaye, elle tourne pour prendre la direction SSW. 
jusque Liège, montant insensiblement jusque 200 mètres. Elle 
prend alors une direction générale WSW., faisant trois angles 
rentrants vers le Geer, en s'abaissant chaciue fois, pour laisser 
pénétrer la tête des ruisseaux d'Ans, de Ilollogne et de Hozémimt, 
au nord d'une ligne de sommets de 200 mètres, orientée WSW. 
Près de Verlaine, la ligne tourne vers l'ENE., pour revenir au point 
de départ, en s'abaissant de 200 à i55 mètres, avec la même allure 
qu'à partir de Liège, reculant vers le Geer et s'abaissant plusieurs 
fois devant des ruisselets qui se jettent dans la Mehaigne. 



— "M 5l — 

Kn schématisant cette ligne de partage, nous pourrions repré- 
senter le bassin du Geer comme l'indique la figure ii. 



Tta 



Xl« 



_^ 







y 



XOm 



y i 



C«l 



/ 



/ 



I 

I 

I 

/ 



/ 



/ 



/ 



/ 



/ 






\ 



/ 



/ 






FlG M 



^%am 



Ce qui frappe, dans ce croquis, c'est : d'abord la ligne de partage 
AB, tangente à la ligne de faîte à la hauteur de 200 mètres; la 
direction générale de ces deux lignes est WSW.-ENE. D'autre 
part, la section JI, de direction WSW.-EXE. également, se main- 
tient à la hauteur de i3o mètres. Dès que la ligne de partage recule 
vers le Nord, elle s'abaisse: il en est ainsi pour les sections KJ, 
m, BC, CE. Le plan tangent à AB et IJ, ctmiprendrait les lignes 
AKet JK. 

(iue conclure de ces faits d'observation ? Le système du Geer 
s'est imposé sur un plan incliné, dont les lignes hypsométriques 
sont actuellement dirigées ENE.-WSW., avec pente NNW. Quant 
aux angles rentrants compris entre A et B, nous avons expliqué 
plus haut leur raison d'être. Les sections qui limitent la paitie 
orientiile'|du bassin se trouvent en dessous du plan incliné dont 
nous parlons. Nous pressentons déjà là un effet de l'érosion. 

Importance de l'érosion. 

Altitude moyenne du bussin — Pour calculer l'importance de 
l'érosion, il faudra, tout d'abord, établir l'altitude moyenne. La 



— M 52 — 

solution de ec dernier probième consistera doue à mesurer le 
volume des terres au-dessus do o ; le nombre exprimant ce volu- 
me, divisé par celui de la superficie, donnera Taltitude moyenne. 

Superficie du bnssin. — A défaut de planimètre, nous avons 
recherché la surface du bassin du (Jeer au moyen de papier 
quadrillé au demi-centimètre et par la division en trapèzes et 
triangles, sur les planchettes au 20000*'. La moj^enne des résultats 
de chaque planchette a été prise. L'écart maximum n'a été que de 
six hectares. L'erreur d'opération est donc beaucoup moindre que 
celle qu'entraîne l'imprécision de la ligne de partage. 

Les résultats obtenus sont : 
pour la Belgique : 

Versant gauche. Versant droit. Bassin 

i3 098 hectares 34 604 47 7^2 

pour la Hollande (^) : 

6o5 3oo 905 



Total: i3 7o3 34904 48607 

En rapportant à 100 la surface totale, on trouverait, pour le 
versant de gauche 28.2, et pour celui de droite 71.8, c'est-à-dire 
que celui-ci est 2 12 fois aussi grand que celui-lti. L'asymétrie 
des deux versants paraît donc frappante. On doit se demander 
quelle en est la cause. Nous y reviendrons dans la suite. 

Notons encore que la superficie que nous venons d'indiquer ne 
doit pas subir de modification du chef du système de projection 
employé pour le levé de la carte; cette projection est la projection 
conique sur le parallèle moyen du pays et, étant équivalente, 
donne les surfaces en vraie grandeur. 

Volume, — I** Le procédé le plus exact serait le suivant : on 
mesurerait au planimètre la surface comprise entre deux courbes 
de niveau successives, distantes d'un mètre, en partant de la 
courbe la plus basse pour finir à la plus élevée; chacun des 
nombres ainsi trouvés serait multiplié par celui qui exprime la 
hauteur de la courbe inférieure augmentée de o.5o m. La somme de 
tous ces produits donnerait le volume demandé. 

('; Les nombres ont été obtenus sur la feuille de Maestricht de la carte de 
la Hollande au 5o ooo*'. 



— M 53 — 

On coii<j;oit rimx>raticabilité du procédé, eu égard à sa lougueur 
et à la difficulté de suivre assez exactement les courbes de niveau; 
d'ailleurs, les erreurs de la carte rendraient illusoire la j^récision 
obtenue. 

2** Pour procéder à Tétude de Torograpliie, nous avons effectué 
des coupes transversales à la direction générale du Geer; elles 
nous ont x^ei'mis de calculer le volume d'une façon assez précise. 

Xous avons mesuré, sur chacune d'elles, la surface comprise 
entre la ligne o et la ligne d'intersection de la surface du sol avec le 
plan vertical, tant sur le versant gauche que sur le versant 
droit (M. Connaissant, en outre, les longueurs horizontales des 
versants sur ces coupes, nous i)ossédons les éléments nécessaires 
au calcul. 

Soient A, B, C, D... les surfiices des coupes i, 2, 3, 4--- sur le 
versant gauche; a, b, c, d... les longueurs horizontales corres- 
pondantes. Le volume compris entre deux coupes successives peut 
être considéré comme celui d'un tronc de x)risme quadrangulaire ; 
pour calculer sa mesure, il faudra connaître la surface de sa base 
et la demi-somme des altitudes moyennes, calculées sur chacune 
des deux coupes. Soient a, [3, y, 0... ces hauteurs. Quant à la base, 
elle sera donnée par le produit de la distance séparant deux 
eonpes, soit 2 000 mètres, i^ar la demi-somme des longueurs hori- 
zontales de ces deux coui)es. 

Le volume du premier prisme s'exprimera donc comme suit : 

X îiooo X 

2 2 

Celui du deuxième prisme, par : 

b -\- c |i + y 

X 2 000 X — ' — - 

2 2 

En ajoutant à la somme des volumes ainsi obtenus, celui des 
deux prismes triangulaires terminaux, on obtiendra le volume du 
versant de gauche. Le même procédé sera employé pour celui' do 
droite. 

Les éléments du calcul figurent aux pages m 54 et 55. 

{^ ) l't»lto mesure îmuis était i)eniiise pur reiii])l()i de païuer ininiiuétré. 



— M 54 



lVr.Hii/i/ (le f(Hurhe. 




Ji 3" 


Surfaee 
en 


Loii^'ueur 


Altitnde 


Moyennt' 
(les 


Moyenne 
des altitudes 


Vdlintie 
en 


r ? 




en 




de 


uinvennes 




"•'s 


mètres 
e.arrés 


mètres 


moyenne 


2 roupes 

suc- 
cessives 


de 'l coup4*s 
successives 


décamètre» 
cubes 


I 


268 380 


I 800 


149. 1 


I 590 


144.3 


458 874 


2 


192 648 


I 380 


139.6 


2 220 


Ï37-2 


609 108 


3 


412 488 


3 060 


134.8 


3 780 


133-6 


I 010 016 


4 


595 800 


4 500 . 


132.4 


4 630 


128 5 


l 189 910 


5 


593 096 


4 760 


124.6 


3 980 


124.5 


991 020 


6 


397 760 


3 200 


124.3 


2 430 


120.6 


586 116 


7 


194 054 


I 660 


1 16.9 


I 400 


119. 1 


333 480 


8 


138 168 


I 140 


121. 2 














• 


I 050 


118. 2 


248 220 


9 


1 10 592 


960 


I 15-2 


1 030 


II6.2 


239 372 


10 


128 920 


I 100 


I 17.2 


990 


I 17. 1 


231 858 


1 1 


102 960 


880 


117 
















I 240 


114 


282 720 


12 


177 600 


1 600 


I 11 


I 650 


108.6 


358 380 


13 


180 370 


I 700 


106. I 


I 780 


102.4 


364 544 


14 


183 582 


I 860 


98.7 


I 410 


96.4 


271 848 


«5 

• 


90 432 


960 


94.2 


I 040 


95.8 


199 264 


16 


109 200 


1 120 


97.5 


2 710 


98 


531 160 


ï7 


423 550 


4 300 


98.5 


4 950 


I 10.4 


I 092 900 


18 


684 880 


5 600 


122.3 


5 970 


118 


I 408 920 


19 


720 858 


6 340 


113. 7 


5 860 


108.6 


I 272 792 


20 


557 368 


5 380 


103.0 


5 940 


103.2 


I 226 016 


21 


668 200 


6 500 


102.8 


4 090 


103.9 


849 902 


22 


176 400 


1 680 
59 740 


105 









bîise 
o 82 800 ni- 

23 336 000 



Prismes teriuiiuiiix 



hauteur niovcuiie 

»5i 

63 



12 502.8 
21 x68 



Total 13 790 210,8 



— M 33 — 



VersttiU fie droite. 



i 
1 


Surfacr 






Moyenne 

1 


« ■ 


Vol mue 


«Il 


on 


I^Mi^neiir 


AltitmU^ 


(les 
loitgiiours 


Moyenne» 
des altitudes 


en 


^^ '^ 1 




cil 




iii> 


moyennes 




y^ 


iiu'»tn«s 


môtn^s 


IIKiyClllH' 


2 <'Oll|M>S 


de 2 «•<ni|j«'s 


défainètres 




carri^s 






siio- 
cessivL's 


sucsessives 

1 


cubes 


I 


2o6 892 


I 260 


164.2 












.^ 




2 320 


156. 1 


724 304 


2 


499 902 


3 3«û 


U7.9 


4 390 


145-7 


I 279 246 


3 


774 9^ 


5 400 


143-5 
















4 «30 


151. 8 


I 466 388 


4 


082 452 


4 260 


160.2 


5 130 


»55-7 


I 597 482 


« 

3 


907 200 


6 000 


151. 2 


9 2 20 


154. 1 


2 841 604 


6 


I 951 836 


12 440 


156.9 


12 850 


151. 2 


3 885 840 


t 


I 930656 


13 260 


145.6 


11 750 


144.9 


3 405 150 


8 


I 475 584 


10 240 


144. 1 


10 !20 


142.3 


2 880 152 


9 


I 406 000 


10 000 


140.6 


9 700 


143-3 


2 780 020 


lO 


I 372 400 


9 400 


146 


10 680 


146.6 


3 Ï31 376 


II 


i 760 512 


1 1 960 


147.2 


II 680 


144.6 


3 377 856 


12 


I 619 940 


II 400 


142. 1 


I I 560 


144 


3 329 280 


i3 


1 709 948 


II 720 


U5-9 


12 560 


146.5 


3 680 080 


14 


I 969 800 


13 400 


M7 


13 550 


142.8 


3 869 880 


15 


I 898 820 


13 700 


138.6 


ï3 390 


138.9 


3 7»9 742 


10 


I 820 736 


13 oSo 


139.2 
















10 220 


139-3 


2 847 292 


17 


I 026 720 


7 360 


«39-5 


5 5<>o 


136.2 


I 514 544 


i8 


499 704 


3 V'^ 


132.9 


2 890 


126.2 


729 436 


'9 


241 592 


2 020 


1 19.6 


2 1 10 


iï7.3 


495 006 


20 


253 000 


2 200 


Ï15 


I 630 


108. (y 


355 014 


21 


108 968 


I 060 


102.8 


3 300 


99 


653 400 


22 


527 408 


5 540 


95-2 










172 840 





base 

o 579 600 

21 I I 080 000 



Prismes teriiiiiuuix 



liaiiteiir iiioveiiue 

161. i 93 373.56 
80 886 400 



49 542 805.56 



M 56 — 

Le versiuït gauche donne : i3 790 210 8<k) m' 
Le versant droit donne : 49 ^4- ^^ ^^o 

Le bassin entier donne : 63 333 076 36o. 

La surface sous-jacente à chacun de ces volumes peut être 
obtenue à Taide des tableaux des pp. m 54 et 55. 
Elle est, en effet, pour le versant gauche : 

-^ X 2 000, 

^22 2 / 

somme à laquelle il faut ajouter les bases des prismes terminaux. 
La première partie de cette somme sera le total des cinquièmes 
colonnes multiplie par 2 000. On a donc : 

versant gniiche ; 

prismes quadrangulaires ; 119480000 m- 

prisme o 82 800 

prisme 23 336 000 

119 898 800 119 898 800 m' 

versant droit 
prismes quadrangulaires : 338 880 000 m' 

prisme o 579 600 

prisme 23 11 080 000 

35o 539 600 35o 539 6(K) 

bassin entier 4;^ 4^^ 4^^^ 

Nous remarquons une différence assez sensible et d'ailleurs 
compréhensible avec les surfaces trouvées par la mesure directe, 

gauche : i3 703 hect. 
droite : 34 904. 
bassin entier : 4^ ^>^>7- 

Nous employerons, dans le calcul que nous faisons, les nombres 
que nous venons d'établir. 

Nous i)ouvons maintenant rechercher l'altitude moyenne. Les 
nombres qui l'exprimeront seront : 

versant gauche : i3 790 210 800 : 119 898 800 = ii5 
versant droit : 49 -^4^ ^^^ -^^^^ • ^^^ ^^9 ^^*^> = 14 1. 3 
bassin entier : 63 333 0-76 36o : 47<> 4^^^ 4^*** ^^ 134.6, 



— M 37 — 

•JnsquVi quelle limite peut-on garantir l'exactitude de ces nom- 
bres? Cotte limite ne peut être évidemment plus petite que celle de 
la carte elle-même; en la fixant à deux mètres, on se rapproche 
de la vérité. 

3** Généralement, dans un calcul de Taltitude moyenne d'une 
région, on se contente d'assimiler le volume ii mesurer à une série 
de ijrismes ayant pour hauteur l'altitude moyenne de chacune de 
t'cs coupes , pour longueur et largeur de la base, la longueur de la 
coupe et la distance séparant deux coupes successives, ce qui 
revient à faire la somme des surfaces de chacune des coupes et à 
les multiplier par la distance entre deux coupes successives. La 
superficie par laquelle il faudra diviser ce volume s'obtiendra par 
la somme des longueurs des coupes, multipliée par la distance entre 
deux coupes. 

On aura ainsi : 

versant gauche ; 7 107 3o(> : 61 480 = ii5.() 

versant droit : 24 644 97^^ • ^7^ ^^^ =^ 1^*2.6 
bassin entier : Si 732 276 : 237 760 = i33.5 

L'écart observé entre les résultats obtenus par ces deux pro- 
cédés est donc moindre que la limite d'erreur provenant de la 
carte. 

4" Ayant pensé que des coupes transversales à la direction 
générale du (ieer auraient pu ne pas être influencées par les vallées 
secondaires, nous avons été amené à rechercher l'altitude moyenne 
par un autre procédé. Sur les cartes au 20 ooo*-, nous avons relevé 
l'altitude de i3oints situés de deux en deux centimètres sur des 
méridiens tracés à deux centimètres l'un de l'autre. La moyenne 
arithmétique des observations faites donne les altitudes suivantes : 

versant gauche : 97 328 : 876 = m. 3. 
versant droit : 319 338 : 2 223 «= 143.7. 
bassin entier : 416 661 : 3 099 =- 134. 5. 

Ce sont les nombres que nous adopterons, ce dernier procédé 
nous paraissant le plus sensible ; il écarte , en effet , la cause 
d'erreur résultant du tracée des coupes. Ces nombres diffèrent 
peu, néanmoins, de ceux que nous avons obtenus plus haut. 



- M 58 — 

Si nous avons insisté plus qu'il ne le faudrait peut-être sur le 
ciilcul de l'altitude moyenne, c'est que nous avons jugé curieux de 
confronter les divers procédés employés; on voit que l'écart des 
résultats obtenus est à peine plus grand que la limite d'erreur de 
la carte. 

Xous pourrons, maintenant, apprécier l'importance de Térosion. 

Les collines qui constituent la crête au nord du bassin s'élèvent à 

i3o-i35 mètres de hauteur. Au sud, la ligne de faîte est environ 

à 2o5 mètres. L'érosion s'est donc effectuée sur une plaine qui, 

actuellement, sans la dénudation, s'étendrait de la ligue i35 à la 

i35 + îio5 
ligne 2o5. Son altitude moyenne serait de -— — — 170. L'éro- 

sion a donc emporté plus de 35 mètres de terres. 

Ce nombre, qui nous paraît énorme, n'a d'ailleurs rien d'éton- 
nant. Un coup d'œil jeté sur la coupe géologique jointe à ce tra- 
vail, montre vite combien peu il est resté des sables tertiaires et 
avec quelle intensité les couches crétacées ont été dénudées. 

Eu supposant la force d'érosion des eaux du Geer égale à celle 
des eaux de la Meuse actuelle, c'est-à-dire telle que, pour enlever un 
mètre cube déterres, matières en suspension et en solution réunies, 
il faudrait 6 000 mètres cubes d'eau (\), il serait aisé de se faire 
une idée du temi)s nécessaire pour effectuer l'érosion constatée. 
Fixons à 200 mètres cubes le débit moyen du (Jeer par minute. 
Pour une année, ce débit atteindra : 

200 M I 44^) X 3G5 — io5 120 000 m^ 

ce qui détermine l'érosion annuelle de : 

io5 120 000 : 6 000 =-=17 520 nv* de terres. 

Sur une su[)erficic de 4^^^ <**^^^ ^^^^^ ^^^ mètres carrés, il serait 
donc enlevé, chaque année, une épaisseur de terrain de : 

17 520 : 4^5 000 000 — 0.000 o3i> I m., ou 1/28 mm. environ. 
L'enlèvement d'une éi)aisseur de 35 mètres exigerait donc 970 000 
ans. Il est évident que nous ne disons pas que c'est là le temps 
qu'il a fallu pour achever le travail (pie nous voyons accompli, 
car la vitesse avec laquelle il s'effectue est essentiellement 

(M W. Spui\(i 1*1 K. l'KosT. KiiuW sur los cjuix do la Mouso, An. Soc. g^oi, 
(te lielgr.. t. XI, .Vém., p. 128, 1SK4. 



— m59 - 

vai'iable. D'ailleurs, la forte teneur en calcaire des eaux du Geer, 
indiquant un pouvoir d'érosion plus grand, devrait déjà faire 
diminuer ce nombre; nous avons dit plus haut que les eaux 
l)Iuviales enlèvent actuellement i /So mm. de craie par an. 

Si grand que nous j^araisse, à i)remière vue, le travail de Téro- 
sion, il est cependant loin d'être achevé, ou, plus exactement, ce 
(jue Ton ai^pclle l'état d'équilibre d'un S3'stème hydrographique 
n'est pas atteint ; en d'autres termes, le bassin n'est pas devenu la 
pénéi>laine, dans le sens où l'entendent M. de Lapparent et les 
géographes français. C'est ce que nous allons nous efforcer de 
montrer dans ce qui va suivre. 

OllOGRAPHIK DU HASSIN DU GkëR KT SURFA(^E THÉORIQUE 

d'Équilibre. 

L'eau qui s'écouh? à la surface du sol tend à donner au i)rofil du 
Ht qu'elle se creuse la forme de la courbe brachistochrone. 

Toute variation dans le rapport de la longeur des deux axes de 
cette courbe, c'est-à-dire la projection horizontale du cours d'eau 
et la hauteur de sa tète au dessus du niveau de base, entraînera 
une modification de son allure. Si le rapport de l'axe vertical à 
l'axe horizontal augmente, le rayon de courbure de la brachi- 
stochrone diminue et la courbe accentue sa concavité vers le ciel. 
Si ce môme rapport diminue, le contraire se produit. Dans le 
premier cas, la rivière creuse son lit; dans le second, elle le 
remblaye. 

Or, ce rapport est essentiellement variable. En supposant la 
longueur de l'axe horizontal invariable, celle de l'axe vertical peut 
changer, parce que le sol où est établie la tète du cours d'eau se 
soulève ou s'affaisse par suite d'une cause interne, ou parce que le 
niveau de base s'abaisse ou s'élève, pour une raison analogue ou 
par suite d'une variation dans la hauteur d'eau du fleuve dans 
lequel la rivière so jette. Ce sont là autant de raisons, déjà, pour la 
modification du « profil d'é(iuilibre » du cours d'eau. 

Si l'axe horizontal se modifie en grandeur, par suite du retrait 
on de Tavancement du niveau de base, ou par suite d'un mouve- 
ment de la tète du cours d'eau par régression ou par capture, le 
profil s'accentue ou s'atténue encore. 



— M 6o — 



Si enfin le munie mouvement orogénique 
affecte la grandeur des deux axes, le sens de 
la variation de leur rapport indiquera le sens 
du changement du profil. 

Ce qu*on appelle le « profil d'équilibre » 
sera-t-il jamais atteint? Nous ne le pensons 
pas. En effet, cet état d'équilibre exigerait la 
formation d'une véritable crête, à angle très 
aigu, sur le pourtour du bassin. Or, les autres 
actions érosives que colles de l'eau de ruissel- 
lement la feraient bientôt disparaître et, modi- 
fiant ainsi la grandeur de l'axe vertical de la 
courbe, feraient varier le rapport des axes et 
atténueraient le profil. Cette rais(m seule, en 
supposant que le sol i)uisse être immobile, 
empêchera la cessation du travail de l'eau, 
érosion dans le cours supérieur de la 
rivière et alluvionnement dans son cours 
inférieur. 

Mais il n'en est pas moins vrai que la foi'me 
vers laquelle tend un terrain sous l'action des 
eaux courantes est indiqué par une coupe 
longitudinale axiale, présentant l'allure d'une 
brachistochrone et par des coupes transver- 
sales de même aspect. C'est donc ce que nous 
devrions trouver dans le système du Geer. 
Cette tendance se manifestera le mieux suivant 
le lit de la rivière et celui de ses affluents 
normaux. 

Nous avons dressé, en nous servant de la 
carte topogra])hî(iue militaire au 20 000^*, le 
profil du (ieer et ceux de deux de ses affluents 
supérieurs. Ces coupes sont évidemment inex- 
actes, mais en l'absence de renseignements 
plus nombreux que ceux que nous avons 
obtenus sur la hauteur des ponts du (ieer, 
nous avons dû les faire au moyen dos lignes 
hypsométriques. Comme les erreurs de la 
carte ne dépassent pas deux mètres, on con- 



-•Wi 



«•Wi 



l^i^vl 



a< 



3 


1 




1 


C) 




. 


1 


,^ 


1 


• 


1 


^ 


1 

r 


•% 







1 


S) 


1 


^~ 


1 


a. 


1 


c 


i.<.L 





1 


(0 


■ 


^ 


1 



UKmr 



M (h — 

roit qu'ellcfc; ne modifient pas, iriine fa^'on bien appréciable, Talliire 
jçénérale de hi courbe. 

Xous avons ajouté, au profil du (ieer, celui de son prolongement, 
marqué par le thalweg de son vallon jusqu'à la ligne de faîte. 
Xous avons figuré, de cinq en cinq kilomètres, de combien s'est 
abaissé le fond de la vallée, par une droite tracée à Téchelle 
des hauteurs. L'épaisseur des alluvions n'est pas indiquée : les 
renseignements sont peu nombreux et les sondages n'indiquent 
pas l'épaisseur maximum. 

Le dessin (fig. 12) permet immédiatement de se rendre compte 
de ce fait : le Geer ne présente l'allure de la biachistochrone que 
dans sa partie supérieure; le cours inférieur, au contraire, offre 
manifestement la convexité de sa courbe vers le ciel. Le point 
d'inflexion de la courbe se trouve vers Sluse, entre 80 et 85 mètres 
de hauteur. Cette anomalie se nmnifeste encore dans les diffé- 
rences de niveau de lieue en lieue. La pente kilométrique est 
même plus forte entre Sluse et Maestricht, qu'entre la source du 

4i 
(jieer et Sluse; ces x)entes sont respectivement — r^- — = 1.72 "00 

44 
(eiTeur maximum en plus ou en moins 0.08 ** o,,) et ,^ J; = 1.28 "/„o 

• 35 600 

terreur maximum en plus ou en moins 0.06 "/„«). Kn prenant les 
erreurs positives et négatives, on aurait 1.64 ° 00 et i.3o ° oo« 

On doit donc immédiatement conclure à une anomalie extraor- 
dinaire dans ce profil ; or, la vallée encaissée de la rivière com- 
mence précisément à Sluse ; il faut donc se demander s'il n'y a pas 
une relation entre ces deux faits. 



Fig. 13, Profil de la Yerne. 



Le profil de la Yerne (fig. i3i paraît i)lus normal ; observons 

qu'elle se jette dans le cours supérieur de la rivière. Le ruisseau 

qui a sa source à Fresin, dénommé, sur la carte, Longue-Beek 

fig. i4) et qui appartient aussi au bassin supérieur, est également 

normal. 



tac 



— M 64 — 

Xoiis avons calculé raltitmlo nioyeime à gauche et à droite du 
Geer, sur des coupes orientées suivant les méridiens et tracées de 
4oo en 400 mètres, au moyen des nombres obtenus dans le dernier 
procédé employé pour calculer l'altitude moyenne des versants. 

Nous avons reporté, sur un diagramme, les résultats de cette 
opération; puis nous l'avons généralisé (fig. 16 et 17). 



A-... 



A 



/ 



j^ 



iSo 



/ 



/ 



/ ! "- 






/ 



V 



y ^■ 



4oe 



y 



So 



Fie. 17. 



projection du (ieer. 

projection de la ligne de partaf;:e. 



l)rojection de hi Ii{;ne d'altitude moyenne du versant 

• projection de la lijçne d'altitude moyenne du bassin. 

17 FÉVRIER iyo5. 



— M 65 — 

Versant de gauche. On voit la courbe de Taltitude moyenne 
descendre d'abord normalement; elle s'abaisse brusquement en 
face de Tongres, avec la ligne de partage des eaux. On est tenté 
de se demander si cette chute n'est pas due à la proximité du 
Démer; nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser. La courbe 
de l'altitude moyenne remonte et coupe la ligne de partage ; ceci 
confirme absolument la remarque que nous avons faite précédem- 
ment, x>P' ^ 47'^^* ^ propos de la distinction à faire entre la ligne 
de faite et la ligne de partage. Nous terminons les courbes au 
moment où le Geer tourne au Nord, dans sa dernière section. 

Versant de droite. La discordance entre la ligne de partage et la 
ligne d'altitude moyenne s'accuse mieux ici. Cette dernière reste 
sensiblement parallèle à l'horizontale, même dans le cours infé- 
rieur du Geer. Remarquons encore que la ligne de partage s'élève 
d'abord, tout au contraire de celle de gauche, qu'elle tombe sous 
l'action de la régression du ruisseau de Hozémont, ot qu'elle 
descend à partir de Liège, entraînant en même temps la ligne d'alti- 
tude moyenne. La conclusion à tirer de cet examen est toujours la 
même : le bassin supérieur est plus normal que le bassin inférieur. 

Lignes d'krosion maxiaïum et minimun. 

Pour mieux apprécier la façon dont s'est effectuée l'érosion, 
nous avons recherché ce qu'on pourrait appeler les lignes d^éro- 
sion maximum. Nous avons fait passer une ligne tangente ex/e- 
rieurement à chacune des courbes de niveau de 90, 100, iio, etc. 
Ces tangentes déterminent bien le maximum actuel de l'érosion, 
comme l'indique le schéma ci-dessous (fig. 18). Nous pouvons 
ainsi nous figurer la forme vers laquelle les eaux do ruissellement 
tendent à sculpter le sol. 




«30 



c4d 



FiG. \S. 
ASK. soc. GÉOL. DE BËLG., T. XXXU. MÉMOIRES, 5. 



— M 66 — 

Les ligues d'érosion maximum sont marquées par un trait inter- 
rompu, sur la planche II. Ce procédé d'étude va nous expliquer 
bien des faits qui nous paraissaient étranges. 

Nous voyons la ligne de 140 mètres naître sur le bord de la 
partie occidentale du bassin et tourner d'abord vers l'Est, ensuite 
vers TENE., en s'infléchissant un peu vers le Sud, sous l'influence 
de la vallée de la Yerne. Au nord de Liège, son allure devient 
difficile à saisir; elle tourne vers le Sud, venant vers le coteau 
signalé par M. Lohest. La ligne de i5o mètres commence plus au 
Sud que la précédente, suit la même direction, s'en éloignant pour- 
tant de plus en plus; elle aussi vient border le coteau de Pontisse 
à Milmort. Il en est encore ainsi des lignes de 160 et 170. Remar- 
quons en outre que ces lignes, lorsqu'on va vers la ligne de faîte 
au sud du bassin, sont à une distance de plus en plus petite l'une 
de l'autre. Les lignes 180 et 190 sont interrompues deux fois, 
par les ruisseaux de Hozémont et de HoUogne, tout en conti- 
nuant à suivrela même allure que les précédentes. 

La ligne de i3o m. 'naît au nord de Waremme; elle contourne le 
Geer et se dirige parallèlement à la rivière vers l'ENE. ; au sud de 
Tongres, on la voit pousser des diverticules vers le Nord; l'érosion 
semble donc s'être faite là sur une plus grande largeur, à partir 
du niveau i3o. Remarquons qu'en prolongeant le bord nord de 
ces diverticules, on vient rejoindre cette même ligne de i3o au 
nord du Geer; le bord sud nous mènerait sur la ligne i3o de la 
vallée encaissée du Geer, sans revenir au coteau signalé. La ligne 
120 donne lieu aux mêmes remarques. La ligne iio enferme une 
surface beaucoup ijlus restreinte; elle s'interrompt, néanmoins, 
dans la région anormale de Tongres. Les lignes inférieures n'in- 
téressent que la vallée du Geer inférieur. 

Examinons maintenant les lignes d'érosion minimum, tracées 
comme l'indique M. Van Overloop, dans (c Les origines du bassin 
» de l'Escaut » tangentielleraent et intérieurement aux courbes 
de niveau. Remarquons la ligne interromi)ue de i3o au nord du 
Geer, laquelle indique nettement la ligne de faîte Geer-Démer. 
Le parallélisme des lignes d'érosion maximum et minimum est 
remarquable; elles divergent, les unes comme les autres, vers 
l'Est et se rapprochent l'une de l'autre en allant vers le Sud. 

Mais ce qui ressoi*t surtout, dans ce dessin, c'est le contraste 
de la partie occidentale et de la partie orientale ; là, les lignes 



— M 67 — 

d'érosion, tant maximum que minimum, supérieures à 120, pré- 
sentent un aspect régulier ; ici, au contraire, les lignes inférieures 
à i3o dessinent une vallée profondément entaillée. En outre, au 
niveau de i3o, le bassin inférieur s'ouvre sur la vallée de la Meuse, 
le long du coteau Milmort-Pontisse déjà signalé. 

Si Ton se rappelle que M. Loliest disait qu'à l'est de celui-cî, on 
trouve des cailloux nrdonnais, invisibles à l'ouest, on aura immé- 
diatement l'explication de la forme du terrain dans le bassin qui 
nous occupe. 

Le bassin supérieur nous apparaît comme normal pour un 
fleuve suivant le coteau indiqué; la Meuse ayant été rejetée à 
l'Est, le Geer a dû, pour continuer à s'y jeter, s'imposer un lit sur 
l'emplacement ancien du delta du fleuve; la proximité du nouveau 
niveau de base et sa grande profondeur expliquent, dès lors, l'exis- 
tence de la vallée encaissée ; l'augmentation du rapport de l'axo 
vertical à l'axe horizontal a nécessité l'accentuation du profil 
d'équilibre. Pour le bien faire voir, nous aurons simplement à 
montrer la concordance presque absolue que présente le dessin 
des courbes d'érosion maximum avec le tracé de la planche III. 

Dans cette dernière, nous avons cherché à représenter ce que 
deviendrait, sous l'action d'une rivière coulant perpendiculaire- 
ment à la ligne de plus grande pente, une surface inclinée de 200 à 
i3o, coupée, en son coin SW., par un autre bassin, en supposant le 
niveau de base à 120, c'est-à-dire au niveau du sommet des cailloux 
de la Meuse, dans la région du Geer inférieur. On retrouve, dans 
ce dessin, l'allure dos lignes de niveau de la planche II, du moins 
dans sa partie occidentale. 

Les lignes d'érosion minimum s'expliquent par la même théorie. 
Le prolongement de la ligne 140 jusqu'au nord-est de Glons, indique 
rexistence d'une île en cet endroit : on n'y trouve, en effet, aucun 
caillou ardennais. 

Nous avons voulu arriver à ces conclusions, eu nous passant de 
ce que nous avait enseigné la disposition des nappes de cailloux 
ardennais ; il est assez intéressant de voir les faits démontrés en 
partant de méthodes bien différentes. 

Il reste à s'expliquer les chutes si anormales que Ton observe au 
nord de Tongres et vers Sussen-Bolré. Pour cette dernière, les 
dépôts de cailloux campinicns que M. Yan den Broeck signale, 
8OU8 la notation du Moséen, sur sa carte de Tongres-Herderen et 



u68 — 

ceux que nous renseignons nous-même au nord de Sussen, comme 
indiquant un passage ancien de la Meuse, en donnent peut-être 
une explication suffisante. Mais la faible altitude à laquelle nous 
avons observé ces cailloux, nous surprend, et nous ne pouvons 
nous l'expliquer. Faut-il y voir l'action d'une faille post-campi- 
nienne, un simple phénomène de dissolution, ou un remaniement 
peu probable de ces cailloux? Nous serions plutôt tenté d'admettre 
la seconde hypothèse. Il est à noter que la simple érosion de la 
Meuse ne peut être donnée comme étant la raison du fait; sur un 
parcours de moins de trois kilomètres, il faudrait admettre une 
pente minimum de 20 mètres ! 

Quant à l'ouverture de Tongres, le passage de la Meuse pourrait 
l'expliquer.ToutefoiSyComme lefleuve a dû remblayer sa vallée avant 
de la quitter, au moins jusqu'au niveau de ia5 mètres ; comme, 
d'autre part, ce niveau est à peine dépassé sur la ligne de partage 
des eaux de gauche en amont, et comme la proximité du Démer 
ne suffit pas à rendre comx^te de la brèche, puisque, en amont, 
d'autre affluents du Démer approchent d'aussi près la ligne de 
partage et n'ont pas un débit et une i)ente moindres, il reste un 
point obscur dans le phénomène. 

Nous pensons qu'il constitue la preuve de la capture du Geer- 
Démer par le Geer de Glons-Maestricht ; la vallée du Démer 
prolonge mieux celle du Geer supérieur que ne le fait celle du 
Geer inférieur; la capture daterait donc du moment où la rivière 
atteignit le niveau 100, pendant sa dernière période de creusement. 

Peut-être, pourrait-on i)enser à faire intervenir la faille de 
Tongres. Ce bras occidental de la Meuse, un peu anormal et dont 
il reste si peu de traces, n'aurait-il pas eu pour cause l'existence 
de la faille de Tongres, ou son accentuation? Celle-ci a-t-elle en 
lieu? Nous l'ignorons et il nous semble bien difficile de le prouver. 
Se continuerait-elle de nos jours? On serait tenté de le penser, en 
se rappelant que M. Van den Broeck (M, signale la région de 
Tongres comme étant sujette aux tremblements de terre. Pour- 
tant, la liste si soignée des 106 phémonènes de [l'espèce, Vqu'a 
publiée M. Lancaster (2), ne permet nullement de constater ce 
maximum de sismicité. En outre, le plus grand nombre des trem- 

(1) E. Van dex Broeck. Observations préliminaires, etc. 

(2) A. Lancaster. Les tremblements de terre en Belgique. Ciel et Terre 
t.VIlI, p. 25, 1887. 



- Môg — 

blementB de terre agitant la Belgique, semblent avoir leur origine 
au nord d'Aix-la-Chapelle. 

Asymétrie des versants. 

Il est difficile de s'expliquer l'asymétrie si bien marquée des 
versants du Geer; rien ne permet de montrer la correspondance 
de la rivière avec un synclinal quelconque. Nous pensons que le 
cours d'eau est né dans des conditions de pente tout autres que 
celles d'aujourd'hui. 

On peut, cependant, faire une remarque curieuse. Le tableau 
ci-dessous donne la pente des versants dans chacune de nos 
coupes. 



Ut coupe. 


versant 
gauche 




versant 
droit 


N' de la coupe. 


versant 
gauche 


vei*sant 
droit 






2.22 o/oo 




0.95 ^/oo 


12 




1.44 ^'oo 


0.85 «/oo 






1.09 




0.9S 


13 




1.35 


0.84 






0.71 




0.80 


14 




0.9X 


0.79 






0.31 




I.I9 


15 




1.77 


0.80 






0.25 




J.08 


16 




3.12 


0.84 


6 




0.84 




0.67 


17 




0.60 


1.19 


7 




I.I5 




0.65 


18 




0.80 


2-34 


8 




2.01 




0.71 


19 




•.66 


5-51 


9 




2.40 




0.75 


20 




0.74 


3.81 


10 




2.72 




0.83 


21 




0.89 


6.60 


XI 




3.52 




0.79 


22 




1.66 


1.05 






versant 


gauche 




versant droit 






moyenne : i. 


,42 


/oo 






1.45 :/oo. 





On constate que la pente moyenne est sensiblement la même 

dans les deux versants. Nous pouvons fixer à 85 mètres le niveau 

moyen du Geer ; la même pente vers Tune et l'autre ligne de faîte 

exigera donc que les largeurs des deux versants soient dans le 

ii5 
rapport de aoo — 85 à i3o - 85, c'est-àrdire -7^- « 2.5. C*est préci- 

45 

sèment là le rapport trouvé en mesurant lés surfaces des deux 

versants. Il est bien entendu que nous ne voulons pas voir, dans 

ce calcul, la cause de la dissymétrie des versants du Geer. 

La vallée encaissée du Geer inférieur. 

L'encaissement de la vallée du Geer ne se montre qu'en aval de 
Tongres, lorsque la rivière a pénétré dans l'ancien bras de la 
Meuse. Il ne faut pas s'exagérer le degré d'inclinaison des versants 



— M 'TO — 






.;$ 



KT-r 



1 



de ce petit canon, A Boirs, où sa profondeur est d'environ 

5o 
5o mètres, l'inclinaison à gauche est de = 4^ V®* Ci-contre 

se trouve la coupe de la vallée en ce i>oint, à 
la même échelle pour les longueurs que pour 
les hauteurs (fig. 19). A peine ce maximum 
se continue-t-il sur un kilomètre. A droite, 
la pente y est de beaucoup inférieure. L'in- 
clinaison moyenne des versants est d'en- 
viron 20 °/o. 

La Meuse offre, dans la même région, sur 
son versant gauche, avec le même terrain, 
une pente moyenne beaucoup plus forte ; elle 
est d'environ 35 *»/o ; elle atteint même quel- 
quefois 58 ®/o. Ceci peut s'expliquer par la 
puissance plus grande du débit du fleuve. 

La loi des méandres peut se constater dans 
la vallée du Geer inférieur. La coupe ci- 
dessous (fig. 20) est faite un peu en aval 



I 
I 

f 



Ll_lJ 



«n 

'S 

■es 



t. 

0) 
O 

a 

> 



ta 
« 

G. 
9 
O 



U 




! * 



Fig. 20. Coupe de la vallée du Geer, à Eben-Emae). 

d'Eben; à l'escarpement de droite, situé le 
long de la rive concave, est opposé un versant 
de gauche en pente douce. La loi pourra 
encore se constater en amont d'Eben. Le fait 
est trop connu pour y insister. 

Un ancien bras du Geer. — 11 y a un point 
remarquable et sur lequel il importe d'attirer 
l'attention. C'est la colline qui s'élève au 
SW. d'Eben (fig. 21). Un véritable col s'est 
produit entre la vallée du Geer et celle de 
Sichen-Eben, Sa formation s'explique par 



— M7I — 

l'étroiteBse de l'isthme. Mais poorquoi cette vallée d'un type 
nniqae parmi toutes celles qui aboutissent au Geer? Pourquoi, 
après avoir pris la direction NNW.-SSE., totime-t-elle brusque- 
ment à angle presque droit vers In gauche? Xous pensons pouvoir 
en donner l'explication suivante. 
On remarque que le versant gauche de la dernière section de la 



Fk. Jl. Curie iIfs enviruiis d bberi-Kinacl 
(Extrait île la cnrte tupu|^rHphi<iue militaire 



_ M74 — 

Ce travail se continue. Nous avons vu, par une forte pluie 
d*orage, les eaux dévaler du ravin qui débouche à Roclenge-sur- 
Geer, à droite ; leur aspect boueux nous explique immédiatement 
pourquoi, à la sortie de ce ravin, on voit les courbes de niveau 
s'avancer vers le Nord, en formant un épanouissement dans la 
vallée (fig. 23). Il y a là comme un véritable cône de déjections 










I i 
i / 



I 



• 



\ 



>^ 



Fig. 23. 

qui repousse la rivière devant lui. La carte topographique mili- 
taire montre encore iln épanouissement analogue, au ravin de 
Houtain-Saint-Siméon à Grand-Brou, et surtout à Canne. Elle 
n'en fait pas voir ailleurs, et l'observation du terrain ne fait que 
les laisser deviner. 

Mais une curieuse remarque doit être faite ; au débouché de 
chaque ravin, le Gcer est rejeté vers l'autre bord. C'est le cas en 
face des ravins suivants : 

Dalle à Glons (droite) Grand-Brou (droite) 

Boirs » Bassenge (gauche) 

Anze » Eben » 

Roclenge-sur-Geer » Canne » 

Ce phénomène ne s'observe que dans le Geer inférieur. D'ail- 
leurs, dans le cours supérieur surtout, il y a toujours à compter 
avec les déplacements de la rivière dûs à l'homme. C'est ainsi 
que, dans les environs de Tongres, le Geer a été détourné 
pour alimenter les fossés des anciennes fortifications. Il serait 
dangereux d'aller y rechercher la confirmation de l'idée que nous 
présentons. 

Nous croyons donc qu'il y a, entre les ravins encaissés du bassin 



— M 75 — 

oriental et les larges vallées du bassin occidental, la même diffé- 
rence que celle qui existe entre le canon du Geer inférieur et la 
vallée du Geer supérieur. Notons encore qu'en descendant la 
rivière, le bassin se rétrécit; le profil en longueur des vallées 
secondaires prend de plus en plus les allures d'un torrent par sa 
pente rapide. C'est ainsi que, tandis que la pente moyenne de la 

Yeme est de -^ = 6.6 ®/oo, celle du ravin de Boirs, rive 

i6 ooo ' ' 

droite, est de -^ = 21 »/oo, et celle du ravin de Canne, rive 

3 100 ' ' 

eauche, est de = in ®/oo. 

I 200 ^ ' 

Nous nous permettons d'émettre un doute relativement aux 
idées émises, à propos de ces ravins, par M. Van den Broeck, dans 
son mémoire si intéressant : « Observations préliminaires sur les 
blocs erratiques des hauts plateaux de la vallée du Geer ». Il 
s'exprime ainsi, p. 299 : 

c< On a la sensation que les eaux sauvages qui ont commencé leur 
» modelé et que les eaux courantes qui l'ont continué n'ont pas eu 
j> le temps d'achever leur œuvre en surface. Seul le phénomène 
» d'approfondissement a pu s'exercer avec ampleur et s'est bientôt 
» arrêté pour faire place, dans la plupart des cas, sans doute, à un 
» parcours souterrain des eaux sous le niveau actuel du thalweg 
» des vallons. Ce parcours souterrain, qui eût été impossible dans 
» des roches argileuses et même sableuses, s'est évidemment 
» trouvé favorisé par la nature spéciale de la roche crayeuse, dont 
» les fentes et crevasses peuvent agir comme drain et apporter 
» au Geer leur tribut invisible pour le promeneur. Mais à quelle 
j> cause fiiut-il rapporter le fait que les eaux sauvages et courantes 
» n'ont pu avoir le temps d'achever leur œuvre ordinaire de mise 
» au x>oint du gabarit normal des vallons et du sillon principal du 
» Geer? 

« Si Ton admet que la vallée du Geer coïncide avec un anti- 
» clinal, dont l'accentuation se continuerait sous l'influence multi- 
» séculaire do forces encore agissantes aujourd'hui, on obtient 
)» aisément l'explication de tons les caractères physiques de la 
» contrée, tant du sillon du Geer que de ces vallons secs si curieux. 
» C'est donc dans cette voie qu'il conviendrait d'entreprendre des 



- M76 — 

» recherches confirmatives, ou du moins des éclaircissements au 
» problème. » 

Nous voudrions x)ré6enter deux observations. Les ravins en 
question sont-ils bien des vallées sèches ? Prenons, par exemple, 
celui de Canne, à gauche. La surface qu'il draine n'est certaine- 
ment pas supérieure à \o hectares ; au débit moyen de 4«S n^' P^^ 
hectare-jour, le ruisseau souterrain qui s'y trouve aurait un débit 
de i6o m^ par jour, pas même deux litres par seconde. Que les 
ravins en aval de Wonck soient courts, il n'y a là rien de bien 
étonnant ; tandis que le versant de droite est réduit à sa largear 
minimum, le versant de gauche est drainé par une vallée plas 
large, au profil transversal bien ouvert. Cette vallée semblerait 
montrer un phénomène de disparition, si l'on s'en tenait à l'examen 
de la carte topographique militaire, qui renseigne des morceaux 
de ruisseaux à Bolrée, à Heulekom et à Sichen. Nous n'y avons 
jamais vu d'eau ; ces ce rigoles » n'en contiennent que lors de la 
fonte rapide des neiges et lors de très grandes pluies. 

En outre, il nous semble peu admissible, pour expliquer cet 
inachèvement du modelé ordinaire, d'invoquer le plissement d'un 
anticlinal. Comment, d'ailleurs, un tel phénomène, que nos coupes, 
tracées tant au moyen de nos observations sur le terrain qu'à 
l'aide des cartes de M. Van den Broeck, ne nous ont pas montré, 
comment un tel phénomène provoquerait-il la cessation du travail . 
des eaux-pluviales. 

Nous pensons que ces ravins s'expliquent aisément par le simple 

ruissellement des eaux, simultané au creusement de la vallée. Les 

ravinements que l'on observe partout le long des versants de 

celle-ci, en constituent comme la première ébauche. 

Effondrements latéraux. — On peut constater, dans ces ravins, 

_ ^ - un mode d'élargissement 

^ de leur profilj qui est au 

moins curieux. Lorsqu'on 
les regarde suivant leur 
longueur, on est forte- 
ment intrigué par de 
légères saillies en encor- 
/ \ bellement, qui y parais- 

^ — — — ^ * sent comme des sentiers 

FiG. S4. gravissant , par lacets 




u^^ - 




tfo- 



successifs, les flancs escarpés du ravin. En coupe transversale, 
ces sortes de terrasses pourraient se figurer ainsi (fig. 24)- 

Rien ne pouvait, au moyen de l'érosion par les eaux, permettre 
de comprendre le phénomène. Nous en avons eu l'explication dans 
la ballastière do Sichën, en face de la borne 11.4 km. de la route 

vers Eben, à gauche. Nous 
avons pu y observer, dans 
la paroi SE., la curieuse 
coupe ci-contre (fig. 25). 
Elle montre un effondre- 
/ I ment latéral de la paroi, 

Fig. T6. effondrement ne se conti- 

nuant pas, par suite, peut-être, de la résistance des cailloux. 
Le modelé que nous signalions y trouve donc son explication. 
Déplacement du confluent des vallées vers Vaual, — En examinant 
les cartes, on aperçoit bien vite que les vallées latérales, quelle que 
soit leur orientation, ont une tendance très nette à se tourner 
vers l'aval du Geer. 

On le constaterait pour presque tous les ravins du Geer infé- 
rieur et pour les vallées du bassin supérieur. Notre carte des 
lignes d'érosion indique d'ailleurs également cette allure. C'est là 
une confirmation de la loi bien connue du déplacement des 
confluents des rivières vers l'aval. 



Hydrologie du bassin du Geer. 

RÉPARTITION DES PLUIES. 

Il y a peu de postes pluviométriques dans le bassin dont nous 
nous occupons. Nous prendrons les résultats de ceux de Bierset, 
Les Waleffes, Longcliamps, Waremme. Nous pourrons également 
nous servir de ceux de VVasseiges, car bien qu'appartenant au 
bassin de la Mehaigne, ils sont très près de celui du Geer. 

La moyenne annuelle de ces postes est (^) : 





■ 


f.' 


m. 


a. 


m. 


• 


• 


a. 


s. 


o. 


n. 


d. 




Bierset .... 


48 


3o 


5o 


36 


54 


8i 


94 


7a 


6- 


;8 


65 


69 


749 


Les Waleffes . . 


5o 


4o 


5i 


4a 


56 


73 


86 


8i 


6o 


-e 


60 


59 


726 


Longehamps . . 


43 


35 


5i 


38 


5i 


75 


î)7 


87 


G6 


77 


59 


65 


;4a 


Waremme . . . 


45 


32 


5o 


4o 


53 


76 


94 


79 


68 


76 


61 


7a 


737 


Wasseiges . . . 


5i 


4G 


4a 


38 


44 


71 


94 


95 


-6 


83 


63 


8a 


783 



Pour pouvoir comparer, ramenons à 1000 la moyenne annuelle : 
nous aurons : 



Bierset .... 


65 


41 


67 


48 


72 


109 


127 


96 


90 


io3 


88 


93 


999 


Les Waleffes . . 


«9 


55 


70 


58 


77 


io3 


119 


III 


83 


91 


83 


81 


I 000 


Longehamps . . 


58 


47 


69 


5i 


69 


lOI 


i3o 


117 


89 


io5 


79 


88 


I oo3 


Waremme . . . 


61 


44 


68 


54 


7a 


104 


128 


108 


93 


104 


84 


84 


I 004 


WaAseiges . . . 


65 


58 


53 


48 


56 


9" 


120 


121 


97 


io5 


80 


104 


997 


• 
Le bassin du 




























Geer . . . 


65 


48 


66 


52 


70 


102 


125 


IIO 


90 


102 


85 


89 


I 004 



Liège donnera, avec une moyenne sensiblement plus exacte, à 
cause de la plus grande durée des observations : 



En nombres absolus 



En nombres relatifs 



53 


49 


5o 


52 


60 


7ï 


74 


81 


63 


69 


63 


64 


71 


66 


67 


69 


80 


96 


99 


109 


84 


93 


84 


86 



749 
I 004 



(^) A. Lancaster. La pluie en Belgique. 



— M. 79 — 



Ces chiffres permettent les conclusions suivantes. La quantité 
de pluie annuelle du bassin du Geer pourra être fixée à 750 mm. 
Nous avons cru pouvoir forcer le nombre ; le pluviomètre n'enre- 
gistre qu'un minimum, puisqu'on ne peut empêcher l'évaporation 
d'une façon absolue et que l'on ne tient ordinairement pas compte 
des jours de pluie inférieure à o.i mm. Dans cette quantité, est 
comprise la hauteur d'eau provenant de la fonte des neiges. 

Tl se peut que la quantité des pluies diminue en allant vers le 
Nord : la moyenne annuelle de Hasselt est 647, celle de Wasseiges 
783, celle de Waremme 737. Cette présomption est d'ailleurs 
conforme aux idées courantes quant à l'influence de l'altitude sur 
la quantité des précipitations aqueuses. 

Ce qu'il importe de remarquer, c'est la régularité presque par- 
faite que l'on observe dans la répartition des pluies. Les maxima 
et les minima se prononcent peut-être mieux dans le bassin du 
Geer qu'à Liège. Tandis qu'ici, c'est en août que l'on observe les 
chutes d'eau le plus abondantes, là, c'est en juillet qu'elles se 
remarquent. Nous ne disons pas que ces deux mois soient les plus 
pluvieux ; ces grandes quantités sont surtout dues aux orages. 
Le maximum du bassin du Geer est légèrement supérieur à celui 
de Liège ; nous pensons que la cause en réside en ce que les orages 
sont moins fréquents à Liège que dans les campagnes environ- 
nantes ; c'est un fait d'expérience. 

Il résulte de ces observations que, si l'on ne possède pas les 
nombres exprimant les quantités de pluie tombée dans la région 
du Geer, on pourra les établir au moyen des nombres donnés pour 
Liège. Les multiplicateurs à emploj^er seront : 

d. 



• 


f. 


m. 


a. 


m. 


• 


• 

J- 


a. 


s. 


0. 


n. 


0.9 


0.75 


I 


0.8 


0.9 


i.o3 


i.a 


I 


i.o5 


i.o3 


I 

• 



Sachant que les pluies à Liège, se sont réparties depuis octobre 
igoS, de la manière suivante (') : 

1903 1904 



0. 


n. 


d. 


• 


f. 


m. 


a. 


m. 


• 

J- 


• 

J- 


a. 


89 


5- 


ag 


43 


67 


Gi 


iS 


44 


4a 


46 


4: 



S. 



5d 



(>) BaUeiin météorologique quotidien de VObseroatoire de Bruxelles. 



— Bf 8l) — 



la plaie tombée dans le bassin da G^r doit être : 



1903 








1904 






0. 


n. 


d. 


• 


f. 


m. 


a. 


m. 


• 


• 

J- 


a. 


95 


57 


a3 


39 


3o 


61 


i5 


39 


45 


55 


47 



s. 



58 



En i855, année où M. G. Diimont fit dos mesures da débit du 
Geer, les chiffres furent : 



Liège .... 
Le bassin du Geer. 



• 


f. 


m. 


a. 


m. 


• 

J- 


• 

J- 


a. 


8. 


0. 


n. 


56 


38 


47 


44 


84 


76 


96 


70 


8 


i39 


19 


5o 


29 


48 


35 


-5 


80 


ii5 


70 


9 


i46 


19 



d. 



96 

96 



Autres sources d'eau. 

Nous aurions peut être à tenir compte, x^our obtenir le total dos 
eaux qui vont concourir à Talimentation du bassin du Geer, de 
celles qui sont abandonnées au sol par le fait de la circulation de 
l'air toujours chargé d'humidité dans les couches supérieures du 
revêtement limoneux de la Hesbaye ; aucune expérience n'a été 
faite pour en calculer l'importance. Toutefois, il est vraisemblable 
qu*à cause de la grande lenteur de la circulation et du peu de 
profondeur qu'elle doit atteindre dans les limons, la quantité d'eau 
en provenant ne doit pas être bien grande. Faisons remarquer 
encore qu'en hiver, le phénomène est d'ordre inverse et fournit de 
l'eau à l'atmosphère, puisque le sol est plus chaud que l'air. ' 

On parle encore souvent de la part due à la condensation qui 
s'opère à la surface du sol. Le calcul permet cependant de voir que 
cette part est assez minime. En passant de 120^ à 100® C, l'air, tout 
en restant saturé, perd 17.12—9.33 = 7.79 gr. par m'. En supposant 
que tel soit le refroidissement de l'air sur 40 mètres de hauteur, il 
se déposerait par m* de surface du sol : 7.79 x 4^ ^= 3ii. 6 gr. 
soit un peu plus de o.3 mm. d'eau. 

Voici ce que dit, d'ailleurs, M. Angot à ce sujet (^) : 

)) On n'a jusqu'ici que peu de mesures exactes de la quantité 
» d'eau qui correspond à la rosée ; cette mesure est, du reste, 
» soumise à une grande incertitude, puisque l'abondance de la 

(^) A# Anoot. Traité élémentaire de météorologie, 1899, p. a53. 
sa FÉVRIER 1905. 



— m8i — 

» rosée dépend de la nature du corps sur lequel elle se dépose. 
» Dans nos contrées, les rosées ne correspondent guère qu'à des 
» x^luies de quelques centièmes de millimètre ; c'est tout à fait par 
» exception qu'elles peuvent atteindre un dixième de millimètre. » 
Nous pourrons donc, quelles que soient les idées qui oiit été 
émises au sujet de la provenance des eaux q^ui alimentent les 
nappes aquifères, nous borner aux chiffres fournis par les pluvio- 
mètres et dire que, par an, le bassin reçoit 7 Soom^ par hectare, 
ou 20.5 m^ par hectare-jour. 

RÉPARTITION DE L'eAU DE PLUIE. 

De ces 20.5 m^ il faudrait pouvoir retrancher la quantité d'eau 
directement évaporée sous l'action du vent et de la température et 
celle qui est employée par la végétation, soit pour sa transpiration, 
soit pour sa nutrition. Mais ces nombres sont difficiles à établir, 
à cause de la difficulté de l'expérimentation. 

On a indiqué (^) des chiffres qui nous semblent exagérés, du 
moins pour l'évaporation directe. L'erreur doit provenir de ce que 
l'on a supposé avoir affaire à des terres constamment mouillées. 
Une prairie évajDorerait de i 200 à i 800 mm. d'eau. Or, la quantité 
d^eau qui s'évapore, en un an, d'une surface libre, est de 600 mm. à 
Paris, d'après M. Angot, et de 85omm. à Bruxelles, d'après la revue 
climatologique mensuelle de Ciel et Terre, On ne pourrait même 
pas dire que l'évaporaticm de la surface du sol est i)roportionnelle 
à celle d'une surface libre, et que, pour la calculer, on peut se 
servir des nombres indiquant cette dernière quantité, soit mensuel- 
lement, soit quotidiennement. En effet, l'eau n'arrive à la surface 
du sol, que par ascension capillaire ou môme superficielle: ce 
phénomène ne se fait plus sentir à partir d'une certaine profon- 
deur et, par conséquent, à partir de l'épuisement des couches 
supérieures. L'ascension de l'eau n'est donc pas indéfinie; le fort 
considérable qu'a fait aux cultures la sécheresse de cette année, en 
est une preuve ; on n'a donc i>as affaire à une surface libre, cons- 
tamment soumise à l'évaporation. 

Quant à la quantité d'eau transpirée par les plantes, nous i)Our- 

(*) M. Worré, d'après A. Hitot et K. Vax dkx Broeck.. Bull. Soc. belge de 
géol.^ t. X, Proc-verb., p. 97, i8î)(>. 

AhTi. SOC. OÉOL. DE BELG., TOME XXXH. MÉMOIRES, 6, 



— m82 — 

l*ons employer le nombre indiqué par M. Worré. Un hectare de fro- 
ment, plante à grande surface d'cvaporation, exigerait 24^0000 
kgs. d'eau par hectare, c'est-à-dire 240 mm. d'eau. Pour le bassin du 
Geer, en tenant compte des surfaces nues et des cultures à trans- 
l)iration moindre, on ])Ourra abaisser ce chiffre à iSomm. Nous ne 
jiensons donc pas donner un chiffre très inexact, en évaluant à 
600 mm., c'cst-à-dirc à 16 m^ par hectare-jour, la quantité d'eau 
qui, dans le bassin du Ocer, ruisselle, pénètre dans le sol pour 
alimenter les nappes aquifcres, ou s'évapore. 

Xous pourrons encore évaluer une des parties de cett<3 somme : 
le débit des galeries des eaux alimentaires de la ville de Liégo 
permet de fixer à 4 m" l'eau x)éiiétrant dans le sol pour alimenter 
les nappes aquifcres. Le ruissellement et l'évaporation devront 
donc employer les 12 m^ restants. 

Il restera à établir ce qui ruisselle. Le débit du Geer nous 
permettra peut-être de le faire. 

Le ul'issellement. 

Avant de passer aux mesures que nous avons effectuées, 
essayons de nous rendre compte de Tinfluence du ruissellement 
sur le régime du Geer. Les pluies normales sont peu abondantes 
et ne déi)assent guère, ordinairement, le maximum d'eau que peut 
absorber le limon. Tant que la phiie est lente, Teau descend par 
imbibiiUm superficielle. Pour peu que la pluie soit forte, le 
maximum est dépassé et l'eau coule à la surface du sol. A cause 
de la déclivité assez grande, le ruissellement sera rapide et 
possédera un pouvoir érosif intense. (Test ce qui nous explique 
la soudaineté des crues du (îeer, lors des grands orages et de la 
fonte rapide des neiges. Xous avons pu observer, à Roclenge- 
sur-Gecr, un de ces brusques gonflements du Geer. Le matin du 
x5 juin 1904, le débit de la rivière atteignait I25 m^ à la minute ; 
à 5 lunii-es, deux heures après la fin d'une très forte pluie, nous 
notions 170 m^ ; le lendemain, nous assura-t-on, le débit était 
redevenu normal. 

On conçoit que cette rapidité d'écoulement, due à la déclivité 
r.ssez forte, n'amène pas un drainage permanent par ruisselle- 
mont, et Ton comprend la pauvreté du système hydrographique 
du Geer, que notre planche II montre bien, et qui frappe tant, lors- 



— m83 — 

qu'on examine les cartes hydrographiques de nos rivières, telles 
qu'elles sont représentées dans le mémoire de M. Cornet : « Etudes 
M sur révolution des rivières belges w. 

On pourrait dire que d'autres rivières belges, coulant sur du 
limon hesbayen, ont un drainage permanent beaucoup plus déve- 
loppé. Faisons remarquer que nous sommes dans la région de 
l'épaisseur maxinmm du revêtement limoneux; qu'en Brabant, le 
réseau hydrographique est à grandes mailles, bien que plus serrées 
que pour le Geer, comme on i)eut le voir, par exemple, par le 
bassin de la Dyle, dans le mémoire qui vient d'être cité. Mais 
notons surtout la grande profondeur à laquelle se trouve la surface 
de la nappe aquifère ; les sillons qui sont creusés par le ruisselle- 
ment, ne sont pas assez profonds pour faire affleurer cette nappe 
et ainsi Être alimentés par des sources dont la constance permet- 
trait l'établissement d*un régime permanent. 

Seul, le profond sillon du Geer fait naître de nombreuses sources, 
et ce sont elles qui constituent son régime normal. Les coupes 
faites par G. Dnmont dans son « Rapport sur les eaux alimen- 
)> taiies de la ville de Liège » montrent fort bien cette allure de la 
nappe aquifère. 

Donc, l'imperméabilité relativement grande du limon hesbayen, 
la déclivité du sol, la profondeur delà nappe aquifère ncms appa- 
raissent clairement comme étant les causes de la pauvreté du Geer 
en affluents permanents. Le bassin supéi'ieur du Geer, en amont 
du confluent de la Yerne, ruisseau bien minime, dont le débit 
n'est, d'ailleurs, pas en relation avec son bassin, pourrait déjà être 
pris comme une transition vers le système de la Gettc, voisin ; les 
sédiments tertiaires modifient, en effet, l'état de choses signalé. 

M. Van don Broeek a été frappé aussi par la pauvreté du Geer 
en tributaires. Mais le savant géologue y voit une cause bien diffé- 
rente. Il dit, dans ses ce Observations préliminaires sur les blocs 
erratiques des hauts plateaux de la vallée du Geer», p. 298 : 

« En résumé, le Geer, tant dans sa région d'amont que dans sa 
» région escarpée, se montre pour ainsi dire systématiquement 
» dépourv^u d'affluents. Certes, on peut y voir Tinfluence partielle 
3) du massif crayeux dans lequel coule le Geer, et admettre que 
» des affluents souterrains coulent, les uns dans les réseaux de 
» diaclasses et de fissures de la craie, les autres au fond des amas 



- M 84 — 

» de cailloutis, » d'âge moséeii (^), qui remplissent certains sillons 
» quaternaires comblés du massif crétacé. » Mettant ensuite, à 
côté de cette rareté d'affluents, l*allure en calïon du Geer et les 
ravins de l'Est, l'auteur veut encore expliquer ces phénomènes 
de la façon dont il a été parlé plus liant, c'est-à-dire, par le plis- 
sement d'un anticlinal. 

Nous répondrons encore parce que nous disions plus haut; 
nous ne voyons pas bien comment un tel mouvement rendrait 
souterrains tous les affluents du Geer et pourquoi « l'extrême 
» rapidité des eaux du Geer montre qu'un relèvement, non ter- 
» miné, s'oppose encore à l'établissement du régime, général 
» ailleurs, d'équilibre de l'érosion fluviale et d'apaisement des 
x> eaux dans cette vallée. » 

« L'impétuosité » des eaux du Geer ne nous paraît d'ailleurs 
que très relative : le maximum que nous aj^ons observé, à Canne, 
a été i.o5 m., le 7 novembi*e 1908. Une remarque encore : le Geer 
coule sur 6 à 10 mètres d'alluvions modernes; il nous semble 
qu'une telle épaisseur de ces sédiments est incompatible avec la 
thèse de l'auteur. 

Nous ne pensons donc pas que les ravins du Geer soient des 
vallées sèches ; beaucoup d'entre eux draineraient une surface trop 
petite pour qu'ils aient un écoulement constant. Ajoutons que les 
sources auxquelles s'alimente le Geer sont nombreuses dans le 
canohy mais elles ont toujours un débit très faible ; en outre, 
elles ne paraissent pas en relation de position avec les ravins. 

La nappk aquifkrk. 

Les sources dont il vient d'être question proviennent surtout de 
la nappe aquifère de la craie; la grande épaisseur de celle-ci, l'état 
fissuré dans lequel on la voitdans tous ses affleurements, justifient 
sa puissance. Son éj^aisseur ne doit x>onrtant pas être exagérée ; 
les fissures de la craie superficielle ne doivent pas faire croire à 
un tel état sur toute l'épaisseur du Crétacé ; la compacité du tufeau 
de Maestricht et les travaux complémentaires de la ville de Liég^e 
dans de la craie peu fissurée, en sont des preuves suffisantes. La 
réserve aquifère se trouve plutôt dans les parties supérieures du 

(*) Lire « cainpiiiieu ». Voir la note \, p. m. 44- 



— m85 — 

massif que vers sa base ; eu d'autres tenues, comme le dit d'ailleurs 
G. Dumont, rinelinaisou de la nappe aquifere est moindre que 
celle de la smectique lierviennc. Si Ton admettait que la nappe 
aquifere augmente d'épaisseur, qu'elle se dispose sur toute l'épais- 
seur de la craie au-dessus du Hervicn, une grande quantité d'eau 
serait perdue pour le Geer. L'importance de son débit permet 
d'affirmer qu'il n'en est rien. 

Notons encore que la nappe aquifere de la craie n'est pas la seule. 
Lie conglomérat à silex, un peu argileux, constitue un niveau, 
d'ailleurs assez peu important. Enfin, dans la vallée du Geer, 
quelques uns des puits s'alimentent à une nappe surmontant le 
gravier de base des alluvions du Geer. 

Lk débit du Geer, 

Nous avons effectué nos mesures à Glons, au pont d'Oborne, à 
Roclenge-sur-Geer, au pont situé à quelques mètres en aval de 
l'école et à Canne, près de l'église. La surface du bassin super- 
ficiel^ en amont de chacun de ces ponts est : à Glons, de 870 km*; 
à Roclenge, de 43o km-; à Canne, de 470 km*. 

Nos observations ont été faites de la manière suivante : nous 
mesurions la vitesse du courant en son milieu, au moyen d'un 
flotteur en bois, attaché à un fil de 20 mètres; la vitesse par 
minute obtenue était multipliée par 0.7, pour obtenir la vitesse 
moyenne ; multipliée par la section du courant, elle donnait le 
débit du Geer à la minute. Les résultats obtenus sont consignés 
dans le tableau de la page m 86. 

Le débit à l'hectare-jour a été calculé au moyen du bassin 
superficiel. 

Si peu nombreuses que soient ces mesures et malgré la séche- 
resse de Tannée 1904 ('), on pourra remarquer : 

I® que le débit total moyen du Geer est d'environ aoo m^ à 
Maestricht. 

2** que la sécheresse de la saison ne s'est fait sentir qu'à partir 
de juin. 

Nous attirerons, on outre, l'attention sur les deux nombres notés 

(^) Taudis que hi iiioveiiiK* <k*s pluies, de mars à aoùl, est, pour hiége, de 
4aîi niin., la elnili» d'eau a seulement atteint, durant ees six mois, âGomiu. 
en 1904. 









— M 


86 












Gloks 


ROOIiENGE 


Canne 






Débit 


Débit 


Débit 


Date 


















à la 


à rhec- 


à la 


À rhec- 


à la 


À rhec- 






minute 


tare-jour 


minute 


tare-jour 


minute 


tare-jour 


1903 Octobre 


3t 










194 


5.9 


Novembre 7 










202 


6.2 




9 


162 


6.3 


188 


6.3 






)> 


18 


170 


0.6 




• 






1904 Avril 


as 


i85 


7.2 










» 


24 


170 


0.6 










» 


29 


i64 


0.4 










Mai 


I 










170 


5.2 


M 


14 










l52 


4.0 


)> 


17 


ia5 


4.8 










Juin 


i5 






125-170 


4.2-5.7 






Juillet 


29 


84 


3.3 


92 


3.1 




• 


Août 


1 


89 


3.5 


lOI 


3.4 






M 


3 


93 


3.0 










» 


7 






IIO 


3.7 






)) 


9 










l32 


4.0 


» 


II 


112 


4.4 

1 











Les nombres de ce tableau, qui expriment le débit à Thectare-jour, 
donnent, en même temps, en dixièmes de millimètres, Tépaisseur de la 
nappe d'eau gui s'est écoulée. 



le i5 juin; le premier a été augmenté de J^S ra^ après une pluie 
d'environ 10 mm. 

La moj'cnne journalière des pluies fut, en dixièmes de milli- 
mètre. 

gSo 



octobre-novembre 1908 : 
avril 1904 



mai (i""^ quinzaine) 



o = 3o. 
3i 

i5o 

-30-/"^ 



i5 



= 12.7 



ao7 


■= 


i3.8 


55 1 
3o" 


= 


18.5 


179 
lu 




17-9 


• • 

JUI 


Ilct 


aont 


18 


0' 
,0 


24 "/.. 



— M 87 - 

juin (i*'*' quinzaine) 
juillet 

août d"" décade) 

Il s'écoula donc, de ces quantités, en : 

novembre avril mai juin 
22% 1440/0 38 «o Soo/o 

MM. Spring et Prost avaient trouvé : 

^7°/o 74°/o 24 "/o 14.5*^/0 5.7 «/o i8 0/„ 

L'uniformité des nombres trouvés pour le débit du Geer montre 
bien que le régime de la rivière est assuré surtout par la nappe 
aquifére. On le constate surtout par les mesures faites, en sep- 
tembre i855, par G. Dumont et reproduites ci-dessous, et par les 
nôtres, faites en avril 1904; ces deux mois furent particulièrement 
secs. 

septembre i855 9 mm. contre 55 de moyenne 
avril 1904 i5 mm. contre 40 de moyenne 

Il est curieux de rapprocher nos chiffres de ceux qu'a trouvés 
G. Dumont en i855 : 

20 mai après les pluies, 29 septembre 

Moulin de Russon 118 70 

Moulin de Glons 226 116 

Le moulin de Glons est légèrement en aval du pont d'Obornc, 
oïl nous avons mesuré le débit du Geer; en évaluant à 270 km' le 
bassin superficiel en amont du moulin de Russon, on obtient : 

20 mai 29 septembre 

Russon 6.3 3.7 

Glons 8.8 4.5 

Une question peut être posée. Le captage des eaux de la craie 
par la \iUe de Liège n'a-t-il pas diminué le débit du Geer? 11 est 
certain qu'il en est ainsi et (iiic la diminution atteint environ 12 m^ 
par minute, c'est-à-dinj environ iio du débi( à Glcms. Le fait est, 
cependant, resté innperçu des riverains. 



— m88 — 

Un débit moyen de 200 m^ à la minute, correspond, pour le 
bassin superficiel du Geer, à Gm^ à Thectare-jour. Peut^tre 
pourrait-on croire qu'en retranchant de ces 6 m^ les 4 m^ que nous 
avons admis pour le débit à riiectare-jour de la nappe aquifère, 
nous obtiendrions la part due au ruissellement. Mais la non-concor- 
dance du bassin superficiel et du bassin souterrain nous empêche 
de procéder ainsi. En évaluant à 87 5oo hectares la surface du 
bassin souterrain drainée par le Geer, on pourra fixer à i5o 000 m^ 
par jour ce que fournit à la rivière la nappe aquifère ; il reste 
donc environ i38 000 m^ dûs au ruissellement, c'est-à-dire envi- 
ron 2.8 m^ à rhectare-jour. 

Les nombres que nous venons d'établir montrent tout l'intérêt 
que présenterait une étude du débit du Geer, suivie sur une lon- 
gue période; elle nous donnerait des indications précieuses sur le 
l^roblème, toujours si discuté, des variations du débit des nappes 
aquifères. 



- m89 - 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Introduction a3 

Esquisse géologique du bassin du Geer a6 

Assises du Crétacique a6 

La dénudation du Crétacique a8 

Terrains tertiaires 99 

Quaternaire 3i 

Faille de Tongres 35 

Véoolution du Geer 37 

Notre théorie 37 

Idées précédemment émises sur révolution de cett« rivière. 43 

Orographie du bassin du Geer 4? 

Détermination des limites du bassin 47 

Allure de la ligne de partage des eaux 5o 

Importance de Térosion 5i 

Orographie du bassin du Geer et surface théorique d'équi- 
libre 59 

Lignes d*érosion maximum et minimum . 65 

Asymétrie des versants 69 

La vallée encaissée du Geer inférieur 69 

Vallées secondaires 72 

Hydrologie du bassin du Geer 78 

Répartition des pluies 78 

Autres sources d'eau 80 

Répartition de l'eau de pluie 81 

Le ruissellement 82 

La nappe aquifère 84 

Le débit du Geer 85 



Contribution à l'étude 

de quelques petites sources alimentant un affluent du Geer, 

dans le sud de la province de Limbourg, 



PAR 



5J. JwACOMBLE ET f. ^CHOOFS (^). 



M. F. Kraentzel vient d'exposer un travail très documenté et 
très intéressant sur la géologie et la géographie physique du 
bassin du Geer. 

Nous pensons pouvoir contribuer à l'étude de l'hydrologie de 
cette région, en raj)portant les résultats des analyses d'eaux de 
sources et de puits que nous avons eu l'occasion de faire. 

A Heur-le-Tiexhe, existe une source située au pied d'une 
colline (Striekelberg); elle donne naissance à un ruisseau qui, 
après avoir traversé les villages de Freeren et de Nederheim, va 
se jeter dans le Geer; le débit de cette source est assez considé- 
rable, et jamais le ruisseau qu'elle alimente n'est à sec. 

Cette source fournit une eau d'une grande limpidité. Le tableau 
des pages 92 et 98 renseigne les résultats qui nous ont été fournis 
par les analyses de cette eau, faites à des époques différentes. 

Ces résultats nous montrent que l'eau de cette source présente 
une grande uniformité de composition. Cette constance est indi- 
quée, notamment, par le résidu d'évaporation, par la teneur en 
chlorures, en calcium, en magnésium et eu matières oxydables 
par le permanganate. 

Gustave Dumont (*j a montré que la nappe du Crétacé est 
inclinée vers le Geer et donne lieu aux sources qui alimentent 
cette rivière. 

(*) Coitiinunieatiou préseiitéo à la séance du 18 décembre 1904. 
(-) (vustave DuMOXT. Les eaux alimentaires de la ville de Liéj;e. HuUetin 
administratif de la ville de Liège. Annexes, Liège, Redouté, 1850, p. 38. 



M92 — 



u 

9 

S ® 



ei 



80 

^ M 



o tfi 

•^ "S 



o 
O 



6 



10 
^ s .S ® ^ 

o 






M 

O 

o 



CI 

X 

o 

o 
o 



co 

M 

o 

o 



œ 






^ te 



)A 



MM 



CO 






I 

-SI 

In 

a 



In 

3 

m 

N 



S 
S S 



co 



es 



O) 



o 

H 



en 



s 

F4 





Frf 







CD 


»^ 


»^* 


cr 


S 


® 


&i 



e A 

O S 



5® 

S5 



h es 






00 
co 



CI 

ce 

M 

o 
o 




o 



ce 






'^ O 



X 

o 
o 



^ 




9 




X 





'T. 




^«> 





wm 





S 


M 


<D 





p< 

a 





h 














s 






•E 


(4 

es 




a< 






o 
co 



co 

o 
o 



9 



ce 
9 

es 



X 



9 

ES 



0) 



9 ^ 






f- O .S ^ p ^ 



o 



cfi 



o 

o 



a 






»n 

M 

O 



9 
9 



ce 
« 

es 
u 



I I 






©.2 
-=9 



s es 



9 



SI 

co 



KO 

o 

■ 

o 



9 






*?*■ 



o 

"o 
u 
o 



X 






es 



9 



eS 



9 



a s. 



H 



en 



9 

> 
es 



S) 

o 



a 
o 

es 



50 

3 et 

en ^ 
.3) - 



ce 



tf es 



o 

ce 



X 

9 



S 



o 

08 



o 

en fiS 
es «r 



y. 



o 



a 

es 

?5 



— M93 — 



CIS 



ai 



Ci 

*«^ 

o 
o 



a 

CIS 

•2 



O 


O 


• 


® 


V 


O 


V 


o 


a 





A 


â 


ià 


® 


« 


« 


09 


« 


OQ 


en 


U3 


.a 


U3 


^ 


e3 


g8 


Ci 


es 






O 



Cfi 






X 



o 
o 






o 


« 


O 


9 


o 


V 


V 


W 


â 


a 


a 





« 


9 


« 


O 


09 


m 


oo 


« 


^ 


^ 


pS 


^ 


es 


es 


es 


es 



CI 

co 



« 
09 

09 



o 

es 
U 



9 

Cl 

09 



O 


9 


« 


9 




u 


çj 


o 


ZJ 




{13 


Si 


a 


p* 

w* 


00 
CI 


« 


9 


9 


9 


09 


09 


03 


OS 


.a 


U3 


,3 


^ 




es 


es 


es 


es 





GC 

es 
-«A 

Cfi 



cfi 

9 



09 

o 



09 



es 






o 


9 


9 


« 




o 


u 


C> 


&« 







^4 


a 




C^ 


S 


O 


C) 


9 


e« 


(fi 


Cfi 


09 


eo 


ua 


ua 


^ 


.a 




es 


es 


es 


es 







Cl 


« 


9 


O 


O 


X 


N+ 


tj 


O 


V 


Cl) 


Cl 

g 


i 

• 


■2 



03 




S 




Cfi 

pS 







es 


es 


es 



9 

09 

pS 
es 



Cl 



09 

03 

9 







&4 



« s 2 S 
^ ^o ^ « 

♦? "O es s 



6h 



09 

« 09 

S «5 



9 





pQ 







es 

•a 

o 

a 
s 

< 



09 



09 

es 

Pi 

Cfi 

O 

A 



es S 

P, î^ 

en 9 

9 u 

S ^ 
9 



•1-4 

es es 

"*- Pi 

9 09 

Cl) Q) 

Cfi S 

S s 



& 

fl 
o 



— M94 - 

La source d*Heuv-le-Tiexlie paraît être Tune d'entre elles ; en 
effet, en comparant son eau à celle de la distribution de la ville de 
Liège, qui, comme on le sait, x^^'ovient du Crétacé, on est frappé 
imr l'analogie de composition : 

Composition chimique de l'eau de la distribution de lu ville de Liège. 



Anaivse de 

» 

M. le professeur 
Arm. Jorissen(l) 

(1897) 



Analyse de 
M.A.WaleiTe(2) 

(1900) 



Analyses faites à l'Institut 
d'hygiène de Liège par : 



les D" Laromble le D' Grenson 
et Schoofs 

(1901) (1903; 



Résidu crévaporation 
séché à loo** C. 

Chlorures (Cl.) . . 

Sulfates (S03) . . . 

Nitrates (N'O'') . . 

Oxvde (le calcium 
(CaO) 

Oxvde de ma<^uésium 

(Mé?0) 



0.372 
0.014 2 

O.OIO 

o.oi3 

0.147 ^ 
0.018 






o.3i4 I o.36o 

I 

0.014 ^ I 0.012 3 

o.oi3 I 



o.oi5 98 



0.370 
0.014 2 
0.014 8 



traces 



0.140 5 



o.oi5 33 



0.14G 



0.018 o4 



De même que Teau de notre source, celle de la distribution de 
la ville de Liège est exempte de nitrites, d'ammoniaque, de sulfidc 
hydrique et de phosphates. Elle contient des carbonates et des 
bicarbonates, ainsi que des traces de fer. 

La composition chimique qualitative et quantitative de l'eau de 
la source d'Heur-le-Tiexhe confirme l'origine de cette eau ; c'est- 
à-dire qu'elle provient de la nappe du Crétacé du plateau de la 
Ilesbaye. 

Nous avons, voulu comparer également cette eau à celle d'un 
puits de la Hesbaye, de 43 mètres de profondeur environ, creusé 
dans la même nappe. 



(^) Armand Jorissen. Journal de pharmacie de Liège, 1897, p. G7. 
(2) Armand Waleffe. Annales de la Société médico-chirurgicale. Liège, 
1900. 



— mqS 



L'eau de ce puits présentait la composition suivante : 

Composition chimique de Veau du puits d'une ferme, ù Wihogne. 



lo mars 1901 i3 novembre 1901 



16 janvier 1902 



Asjieot 



trouble, 



trouble, 



jaune rougeâtrej jaune rougeàtre 



trouble, 
jaune rougeàtre 



(Meiir et saveur . . 

Teiiii>érature. 

I 

Réaction 1 

I 

Matières en suspension I 

I 
Résidu d'évaporation . 1 

! 
Chlorures (CI) 

Sulfates (SO^) 

Nitrates (N'O^) 

Ni tri tes 

Phosphates . 

Ammoniaque 

Sulfide hydrique . . 

(*arbonates et bicar- 
bonates 



rien rien rien 

de imrticulier de particulier de particulier 



• • 



Oxyde de calcium . . 
()xy4le de magnésium . 



Fer 



Matières organiques 



Germes 



alcaline 

o.oo5 7 

o.5i3 

o.o35 4 

traces 

pi'ésence 

absence 

absence 

absence 

absence 

])résence 

O.KJ3 



beaucoup 
o.ooô 4B 



290 



j)resonce 



0.174 



beaucoup 



io»5 C. 



alcaline 


alcaline i litre » 
o.a64 6 gr. H^SO^ 


0.595 


0.544 


0.087 

1 ' 


0.087 17 


i traces 


0.027 4^ 


présence 


0,820 98 


absence 


absence 


absence 


absence 


absence 


absence 


absence 


absence 



présence 
0.170 7 
0.029 16 

beaucoup 
0.008 8 
I 63o 



Quoique cette eau provienne de la même nappe, nous constatons 
ici une ricliesse plus grande en éléments minéraux ; le fer, notam- 
ment, y existe en proportion beaucoup plus considérable; sa 



— M96 — 



Dates 



Aspect 

(le 
l'eau 



Tempé- 
rature 
de Teau 



Réaction 



Résidu 

d'évapo- 

ration 



Chlorures 1 
(Cl) i 



N** 2. Source située à Free- 
ren, entourée par un large 
tuyau en béton qui pré- 
sente, d*un côté, une fente 
permettant Técoulement 
de Teau dans une rigole. 



N» 3. Source située à Free 
ren, près du moulin ; rive 
gauche du ruisseau. 



1 8-1 -02 
27-1-02 
24-2-2 

18-1-02 
27-1-02 
24-2-02 



(rouble 
trouble 
trouble 



9"C. 
8"C. 
80 C. 



alcaline — 1 peu 

; I 

' alcaline ' 0.484 0.027 4 

! ' ! 

alcaline — o.o35 4 



limpide 
trouble 
limpide 



80.5 C. I alcaline | — 

8°C. alcaline! 0.448 

i I 

80C. alcaline — 



peu 
0.017 7 
0.021 2 



N° 4" Source située à Free- 
ren, près du moulin ; rive 
droite du ruisseau. 



18-1-02 
27-1-02 
24-2-02 



légèrem' 
trouble 
légèrem* 
trouble 

limpide 



90 C. ; alcaline 

I 
I 

90 C. I alcaline 
90C. alcaline 






0.37G 



o.oioG ! 



o.oioG 



N^ 5. Source située près du 
moulin de Nederheim , 
protégée par une maison- 
nette en maçonnerie. 



18-1-02 
27-1-02 
24-2-02 



limpide I 9^.75 C. 
limpide 8o.5C. 
limpide 9*C. 



alcaline — 



alcaline 
alcaline 



0.378 : 0.0106 



o.oio 6 



N® 6. Source située à Xe- 
derheim, près de Técole. 



18-1-02 
27-1-02 
24-2-02 



limpide 
trouble 
limpide 



9^.5 0. I alcaline 



lo^C. 
90.5 G. 



alcaline 
alcaline 



o.38i 



0.01062 
o.oio 62 



N* 7. Source située à Ne- 
derheim, près du pont, 
protégée par une maison- 
nette en maçonnerie. 



1 8-1-02 
27-1-02 
24-2-02 



légèrem' 
trouble 

trouble 
trouble 



9*. 5 C. ' alcaline 
90.5 c. alcaline 
90.5 c. alcaline 



o.5i3 (1)' 0.041 59{î'. 

I ' 

— , 0.046 02(!; 



No 8. Source située à Neder- 
heim, le long du ruisseau, 
en aval de la précédente, 
protégée par une maison- 
nette en maçonnerie. 



1 8-1-02 



limpide 



27-1-02' limpide 



9*. 75 c. 



alcaline 



loo C. , alcaline 



24-2-02' limpide 



1 



90. 5 c. I alcaline 

I 



0.385 



o.oii 5 
0.014 16 



i 



(^} Ce résidu était jaune brunâtre, tous les autres étaient blancs. 
28 FÉVRIER X905 



— M97 



Sulfates 1 Nitrates ' Nit rites I Aiiiino- 
S03 N^O" , X^QS niaque 



^'•"*- Oxvde Oxyde | Matières; Germes 



bonates 



de 



de 



orga- par 



et bicar- ealcium | i»afîné- ^iq^^s c3 



bonates 



c. 



sium 



— présence présence 
0.020 3G o.oiG uH ])résence' 



liréseiice [présence o.i85 381 — ' — 

' . . I 

l>rcsence j»résence 0.191 78, 0.0244 o.oao 4 



0.019 3(), présence 0.004 présence — 



I 



— 0.028 ' innom- 

I ■ brables 



I 



peu traces < absence , 
0.023 24 0.012 4 ' absence 
peu o.oii3 absence 



absence | présence 0.1G6 7 ! — 



absence 1 présence o.iSq i 0.022 G 



0.00.) présence — 



0.022 I 

— 157 



I 



traces . absence beaucoup .présence o.i5i 9 — — 

absence iirésence' o.i45 7 | 0.018 i 0.0170 

I 

t ; ! 

0,002 8 jn'ésence — — — 



n.oi8 8 0.0182 absence 

I I 

— 0.014 3 absence 



— traces absence > absence présencei o.i33 3 ' — 



0.0109 0.0187 absence 

I 
I 

— 0.012 o traces 



absence .|n"ésence' o.i53 8 ! 0.021 o ' 0.017 



absence [présence, 



I 



73 



— traces al>sence absence :])résence 0.159 i — ^ — 
o.ou 3 0.01G8 absence absence j)résence 0.1481 0.0222 I o.o25 5 ' — 

— 0.010 87 absence absence présence - — — 47^ 



— traces absence beaucoup présence i).iGo5 — — 
U.01329 0.0 1 G 29 0.000 744 o.oo5 5 jn'ésonce o.iG5 8 o.o3i 9 o.o3o G 

— 0.009 2 absence beaui'oup présence — — — 



270 



— ' traces absence absence jn'éseiice 0.1700 — — 

0.0124 0.OJ90 absence ubsiMice présence 0.147 3 0.0217 traces 

' I ; 

— 0.0119 absence absence ]»résence — , — — 



10 



ANN. soc. G^:OL. DE BEIXÏ., T. XXXII. 



MEMOIRES, 7. 



— MgS — 

présence pourrait s'expliquer par le mode de puisage ; en effet, il 
s*agit d*nn puits ouvert, maçonné, situé dans la cour d'une ferme, 
à Wiliogne ; on y puise Teau à l'aide de seaux suspendus à une 
chaîne en fer. 

* * 

Outre la source d'Heur-le-Tiexhe dont il a été question jusqu'à 
présent, il existe, tout le long du ruisseau auquel elle donne nais- 
sance, un véritable cordon de petites sources, à débit beaucoup 
moins considérable. 

Nous résumons, dans le tableau des pages g6 et 97, les résultats 
de l'examen physique et de l'analyse chimique et bactériologique 
de l'eau de ces sources. 

Ces résultats montrent que toutes ces eaux ont sensiblement la 
môme composition chimique. 

Elles servent aux besoins alimentaires de la population des 
villages cités. 

Que faut-il penser de leur valeur hygiénique ? 

Les résultats des analyses de la source d'Heur-le-Tiexhe 
montrent, sauf à deux moments, un nombre de germes relative- 
ment peu élevé ; rien, dans les caractères chimiques, ne permet de 
faire condamner cette eau. 

En visitant les lieux, on constate que des eaux souillées de la 
surface, notamment du purin provenant des fermes voisines, se 
déversent dans le ruisseau au niveau même du point d'émergence 
de la source. Le débit de cette dernière suffit, en temps normal, 
pour refouler ces eaux superficielles et pour s'opposer au mélange; 
en temps de pluie, cependant, l'abondance des eaux de ruisselle- 
ment est telle, que la source est contaminée. 

On voit à quelle cause d'erreur on peut s'exposer, en déclarant 
une eau bonne, en s'appuyant uniquement sur quelques données 
analytiques, par exemple les analyses du 3 novembre et du i5 
décembre 1901 et celle du 27 janvier 1902. 

Les autres sources ne sont pas mieux protégées ; les eaux 
pluviales, qui ruissellent à la surface du sol, y ont libre accès ; 
certaines d'entre elles sont même en rapport direct avec des 
rigoles où circulent des eaux sales. 

A Nederhcira, ou a voulu prendre un peu plus de précautions ; 
depuis un grand nombre d'années déjà, les trois sources princi- 



— M99 — 

pales, qui se trouvent dans cette localité, ont été entourées, de 
trois côtés, par une maçonnerie; le quatrième côté restait ouvert 
et permettait aux habitants do puiser Teau au moyen do seaux. 

En igoo, à la suite d'une épidémie de fièvre typhoïde qui a fait 
uu grand nombre de victimes, la Commission médicale (M a prescrit 
des mesures dans le but de remédier aux défectuosités constatées 
dans le système de puisage de Tcau. 

L'Administration communale de Xederheim a fait fermer com- 
plètement les maisonnettes, au moyen d'une porte, et a fait placer, 
à l'intérieur, une i>ompe dont la brimbale se trouve à l'extérieur. 
Ces prescriptions n'ont guère été observées ; à différentes reprises, 
lors de la récolte de nos échantillons, nous avons constaté que les 
pompes ne fonctionnaient i)as, que le piston était enlevé pendant 
toute la durée de l'hiver, et que les habitants puisaient avec des 
seaux comme auparavant. L'enquête et les instructions de la 
Commission médicale n'ont donc porté aucun fruit. 

Faisons même abstraction de cette négligence; le mode de 
protection paraît être insuffisant, tout au moins pour la source 
n** 7, dans laquelle nous avons constaté la présence d'ammoniaque 
d'une façon permanente, pendant les années 1902, igoS et 1904, 
alors que les sources voisines n'en contenaient pas. 

CONCLUSIONS. 

1. Les analvses dont nous venons de faire connaître les résultats 
confirment la manière de voir des géologues, qui attribuent l'origine 
des sources que nous avons examinées, à la nappe de la craie 
hesbignonne. 

2. En ce qui concerne la valeur hygiénique de ces eaux, nous 
devons les déclarer toutes suspectes, parce qu'elles ne sont pas à 
l'abri des souillures de la surface. 

Nous attirons particulièrement l'attention sur l'importance, 
dans le cas présent, que présente l'inspection des conditions 
locales. 

Laboratoire d'hygiène de VUniiyersité. 
Liéj^e, le la janvier i<)o5. 

(^) \oiv Rapports des Commissions médicules provinciales, i883, p. 224 et 
1900, p. 43i. 



L'allure des nappes aquifëres contenues dans des terrains 
perméables en petit, au voisinage de la mer. 



Résultats des recherches faites en Hollande, démontrant 

l'exactitude de la thèse soutenue par l'auteur, 

en ce qui concerne le littoral belge, 



PAR 



P.ENÉ d'^NDRIMONT (^), 
Ingénieur des mines, ingënieur-géo'ogue. 



Nous avons été parmi les premiers qui s'occupèrent d'étudier 
rationuellement les nappes aquifères contenues dans les terrains 
perméables en petit, avoisinant la mer et, lors de la publication 
de notre premier mémoire à ce sujet («), nous n'avions pour toute 
base que la formule préconisée, en 1887, par un hollandais, M. le 
capitaine Badon Ghyben, et reprise, dans la suite, par M. 
Herzberg qui avait reconnu son exactitude en ce qui concerne une 
nappe d'eau douce contenue dans le sous-sol de l'île de Nordeney. 
Nous tenons donc à revendiquer la priorité de toutes les déductions 
et applications tirées de cette conception extrêmement simple 
d'une nappe d'eau douce flottant sur l'eau de mer plus dense. 

Nous avons étudié complètement les relations existant entre les 
nappes d'eau du continent et les eaux de la mer et nous avons 
communiqué à la Société géologique et à l'Association des ingé- 
nieurs sortis de l'Ecole de Liège, les développements successifs 
que nous avons donnés à ce sujet, en ce qui concerne le littoral 
belge (3) i^j. Enfin, dans un dernier travail paru en 1904, nous 

(^) Mémoire présenté à la séance du nj février iî)()r>. 

f') Notes sur l'hy^lrologie du littoral belj^e. A un. Soc. géoL de Belg.^ 
t. XXIX, p. M 129, 25 mai 1902. 

«^) Contribution à l'étude de riivdroloj^ie «lu littoral hel^e. //)/W., t. XXX, 
1>. M 3, 18 janvier i()o3. 

(*) Étude hydrologique du littoral belge envisaj^é au point do vue de 
raiim«ntation «n eau potable. Reoue universelU des mineg. \* sér., t, II, 1908, 



— M I02 — 

avons fait connaître les premières recherches expérimentales 
entreprises en Hollande par M. Eugène Dubois et qui confirmaient 
déjà en partie notre manière de voir (i). 

Nous avons, dès le début, trouvé un contradicteur en notre 
honorable collègue M. O. van Ertborn, lequel n'admit en aucun 
point nos idées et communiqua deux travaux à la Société belge de 
géologie (*). 

Notre dernière note, publiée en 1904 et basée sur les observations 
de M. Dubois en Hollande, réfutait la plupart des arguments 
présentés par M. van Ertborn pour combattre notre thèse. 

Néanmoins, notre honorable contradicteur, dans une notice 
bibliographique parue en novembre 1904 (^), au sujet d'un très 
intéressant travail de M. Penninck, d'Amsterdam, sur lequel nous 
reviendrons dans la suite, tout en reconnaissant le bien fondé de la 
plupart des points de la thèse que nous avons toujours soutenue, 
met encore en doute, cependant, certains faits dont nous avons 
maintes fois fait ressortir l'évidence. 

Sa manière de combattre nos idées sur quelques points est d'au- 
tant plus curieuse, qu'elle invoque certaines constatations expé- 
rimentales faites par M. Pennincken Hollande, alors que, ration- 
nellement interprétées, ces dernières démontrent, d'une façon 
absolue, l'exactitude de toutes les conclusions auxquelles nous 
avaient conduit nos études. 

Nous croyons donc très utile de résumer, en quelques mots, 
notre manière de voir et les objections qui nous ont été faites. 
Nous parlerons ensuite des travaux et des observations sur le 
terrain, entrepris en Hollande par M. Eugène Dubois et M. J.-M.-K. 
Penninck, et nous montrerons comment elles confirment entière- 
ment les conclusions que nous avons été amené à formuler. 

* 

* * 

L'argile yprésienne constitue la première assise imperméable 
que l'on rencontre dans le sous-sol du littoral belge. Tous les 
terrains qui la surmontent sont plus ou moins perméables; l'eau 
peut circuler librement d'une assise à l'autre. M. Dubois a 

(*) Xoto coinpléiiientaire à l'étiulo hydrologique du littoral belge. Ann, 
Soc. géol, de Belg.^ t. XXXI, p. m 1U7, ai février 1904* 

(2) Bull. Soc. belge de géol., t. XVI, Pr,-verb., p. 517, et t. XVII, Mém,, 

(») Ibid.. t. XVllI, Pr.-oerb., p. 217. 




d'ailleurs étudié des ter- 
rains qui peuvent être 
aseîmilés, bous le rapport 
de la perioéabilité, à ceux 
du sous-Bol de nos Flan- 
dres. Les nombreux faits 
qu'il a observés démon- 
trent (') qu'une pression 
se tranamet presque ins- 
taiitauêment depuis la 
partie suiiérieure de ces 
najtpes aquifères libres, 
jusqu'à une profondeur 
de 34 mètres. 

Nous devons donc ad- 
mettre que ces terrains 
perméables contiennent 
de l'eau sauniùtre, au 
moins jusqu'à la ligne du 
rivage à marée basse. 
Maie quelle est la nature 
des eaux du sous-sol, 
lorsque l'on s'avance vers 
l'intérieur des terres? La 
figure I m outre clairement 
notre manière de voir à 
ce sujet. 

Les flèclics indiquent 
la direction dans laquelle 
s'écoulent les eaux et les 
dimensions de celles-ci 
donnent une idée des 
vitesses relatives. 

S'il ne s'infiltrait pas, 
dans le sol, de l'eau douce 
provenant des précipi- 

f) .\iiii. Stir. fféoL de Belg.. 
I. XXXl, p. .11 Hi7. 



— M 104 — 

tations atmosphériques, Teau saumâtre renfermée dans ce sol lors 
(lu dépôt des terrains plus récents que TYprésien, s'y serait 
maintenue. 

Cependant, au fur et à mesure du retrait de la mer, il est tombé 
de l'eau douce à la surface du sol, et celle-ci, moins dense, a flotté 
sur Teau de mer, exhaussant, par le fait même, le niveau de la 
nappe aquifère douce. La théorie des vases communiquants 
indique qu'il faut, en effet, une épaisseur H d'eau douce moins 
dense, pour faire équilibre à une épaisseur 7i d'eau de mer, plus 
dense. 

Peu à peu, l'eau douce s'est accumulée et a refoulé l'eau de mer 
jusqu'à ce qu'il se soit établi l'équilibre plus ou moins stable que 
nous constatons de nos jours et qui est représenté par la figure i. 

En chaque point voisin du littoral, la profondeur à laquelle 
l'on rencontre de l'eau salée est proportionnelle à la hauteur de la 
nappe d'eau douce au dessus du niveau mo^-en de la mer. 

Telle est la loi dans sa plus simple expression, au point de vue 
statique seul. La surface de séparation théorique entre les deux 
liquides de densité différente, affecte l'allure que nous avons 
représentée, sur la figure i, par la courbe inférieure. 

En réalité, cependant, la limite entre les eaux saumâtres et les 
eaux douces n'est pas aussi nette et il existe une zone de transition, 
dont l'épaisseur varie avec les circonstances. C'est ici que le 
problème se complique, car nous avons à tenir compte de la diffu- 
sion et de la circulation en divers sens des masses d'eau douce et 
d'eau salée. 

La diffusion aura pour effet de saler les couches d'eau douce 
immédiatement en contact avec les eaux saumâtres sous-jacentes 
et l'on serait, à première vue, tenté de croire que ce fait aura pour 
effet de faire remonter la zone de la salure maximum. 

Il n'en est rien, cependant, car il est aisé de comprendre que le 
liquide superposé gagnant en densité, la zone de salure maximum 
est refoulée plus profondément et que, d'autre part, la différence 
d'altitude entre la nappe d'eau douce et le niveau moyen de la 
mer, tendra à décroître. L'eau salée rongera, en quelque sorte, 
l'eau douce qui la surmonte ; elle se substituerait ainsi à l'eau 
douce, si celle-ci n'était sans cesse renouvelée. 

Nous verrons, dans la suite, combien est juste cette conception. 



— H io5 — 

car elle explique une perte d'eau « m^^stérieuee », observée par 
M. Fenninck dans les dunes hollandaises. 

Voyons maintenant si les eaux douces et salées sont animées 
d'un mouvement de circulation, et dans quel sens. L'eau saumâtre 
sous-jacente doit avoir un lent mouvement de circulation vers la 
mer, car il n'existe pas d'autre direction pour éliminer l'eau 
« rongée ». 

Les eaux de la zone de transition et même celles de toute une 
partie de la nappe d'eau douce qui les surmonte, doivent égale- 
ment être en mouvement vers la mer, car l'eau qui s'infiltre dans 
le sol sur toute une zone littorale de lo à i5 kilomètres de largeur, 
ne peut trouver à s'écouler que souterrainement vers la mer et 
l'absorption de l'eau douce par l'eau saumâtre se fera durant tout 
le trajet. Le mouvement sera donc de plus en plus lent au fur et à 
mesure que l'on se rapproche du rivage de la mer, et il est évi- 
dent que la zone de diffusion aura une épaisseur maximum au 
voisinage immédiat de celui-ci. 

11 est maintenant facile de comprendre comment toute cette 
masse d'eau continentale peut être absorbée par la mer, sans que 
nous puissions l'observer directement, et les sources d'eau plus 
on moins saumâtre que nous verrons sourdre le long du rivage ne 
donneront, en aucune manière, une mesure exacte de toute l'eau 
continentale ainsi absorbée. Au voisinage de la mer, l'eau de la 
nappe libre aura un mouvement ascensionnel, parce que la plage 
constitue le point le plus bas du pays et qu'il s*y produit un appel 
d'eau. 

De toutes ces considérations, nous avons déduit que la nappe 
d'eau douce des dunes belges offre des ressources d'eau potable 
beaucoup plus considérables qu'on ne l'avait cru jusque-là, car : 

i^ elle est dotée d'une réserve d'eau douce accumulée dans le 
sous-sol des dunes mêmes, par le fait de la différence de densité 
entre l'eau douce et l'eau salée; cette réserve pourrait permettre, 
pendant un temps assez considérable, de capter plus d'eau qu'il 
ne s'en infiltre annuellement dans les dunes elles-mêmes; 

2** au fur et à mesure que cette réserve s'épuisera, l'affluence 
d*eau venant de l'intérieur du pa^^s deviendra plus considérable 
et suppléera à celle-ci. Cette seconde conclusion s'impose, car le 
niveau de la nappe continentale est supérieur au niveau moyen de 
la mer. 



— M io6 — 

Quant à la qualité de l'eau dunale, nous n'avons jamais pensé 
qu'elle pût être sujette à caution, alors même qu'une captation 
continue y attirerait de l'eau polluée du continent. Nous avons, en 
effet, toujours estimé qu'une circulation à travers une épaisseur de 
30 à 3o mètres de sable des dunes pur, devait suffire pour rendre 
potable une eau, quelque mauvaise qu'elle soit. 

Telle est, en résumé, la thèse que nous avons toujours soutenue. 
Nous en avons un peu développé certains points, à cause de 
l'obstination que nos contradicteurs ont mise à ne pas vouloir 
comprendre l'exposé que nous en avions fait précédemment. 

Nous y ajoutons encore quelques détails, parce qu'ils montreront 
à quel point les observations faites en Hollande, confirment, à 
tous égards, nos idées. 

1° La nappe d'eau douce montera et descendra avec les marées. 
Ce mouvement sera d'autant moins sensible qu'on s'éloignera 
davantage du rivage. 

2^ Si l'on épuise une certaine quantité d'eau, assez notable pour 
qu'il se forme, dans la nappe, une dépression appréciable, le cube 
d'eau douce « rongé » par l'eau de mer sera momentanément 
diminué en cet endroit; la diffusion se fera sur une épaisseur plus 
considérable et il se formera une « protubérance » dans la surface, 
précédemment unie, de l'eau saumâtre sous-jacente. 

3" Nous avons dit, dans notre « Note complémentaire à l'étude 
hydrologique du littoral belge », que la direction dans laquelle 
s'écoule une nappe libre, ne dépend pas uniquement de sa forme 
extérieure et que, par conséquent, l'eau de la partie superficielle 
d'une nappe, peut s'écouler, en certains endroits, dans un sens 
opposé à celui de l'écoulement général. 

« 
« » 

Nous reprendrons maintenant les diverses objections qui ont 
été présentées par M. van Ertborn, à la suite de nos travaux, et 
nous montrerons jusqu'à quel point les observations faites en 
Hollande nous ont donné raison. 

I. — M. van Ertborn a prétendu que l'eau douce ne peut 
flotter sur l'eau salée. Il a été jusqu'à nier les résultats d'un calcul 
basé sur la théorie des vases communiquants. Les calculs auxquels 



— Il 109 — 

il s'est livré, l'ont conduit à une différence insignifiante, 0.087 m., 
entre le niveau de l'eau douce du continent et le niveau moyen 
de la mer ('). 

Ce calcul n'est exact qu'à condition de méconnaître la loi de la 
pesanteur ! Il nous a suffi de quelques mots pour réfuter ces 
erreurs dans notre précédent travail. 

II. — Nous avions toujours prétendu que, si l'on venait àrompre 
l'équilibre hydrostatique, en pompant de l'eau dans les dunes, un 
nouvel équilibre ne tarderait pas à s'établir et que, par conséquent, 
l'eau d'une nappe libre reposant sur une base mobile peut remonter 
parce fait. M. van Ertborn a nié la possibilité d'un pareil phéno- 
mène et il a même cru « que le caractère fondamental de toute 
nappe libre est de ne pouvoir remonter » ('). 

III. — M. van Ertborn a soutenu que le cube d'eau que pour- 
raient fournir les dunes serait tout au plus suffisant pour alimenter 
de toutes petites stations balnéaires. 

A son avis, il manque, à la nappe des dunes, un bassin compen- 
sateur (3). M. van Ertborn ne croit pas que l'eau du sous-sol de 
la zone littorale puisse s'écouler souterrainement vers la mer, en 
passant par les dunes (*), Il partage, en ce point, les idées de 
M. Penninek. Les observations de ce dernier démontrent, en effet, 
que, en Hollande, il existe un courant d'eau saumâtre en profon- 
deur, s'écoulant de la mer vers l'ancienne mer de Haarlem. 

M. van Ertborn en déduit que, en Belgique, il en est de même et 
que pas une goutte d'eau venant de l'intérieur des terres ne 
s'écoule souterrainement vers la mer. Nous montrerons, dans la 
suite, que le fait de l'écoulement des eaux vers la dépression que 
constitue la mer de Haarlem démontre précisément la possibilité 
de l'écoulement, dans des conditions identiques, des eaux du 
continent vers le point le plus bas qui se trouve être, en Belgique, 
la Mer du Nord. 

IV. — Nous avons estimé à 4 mètres cubes au minimum par 
hectare et par jour, le cube d'eau absorbé par le sol sableux des 
dunes. Nous nous basions, pour cette estimation, sur ce fait, 
que la perméabilité du sable des dunes est, en tous cas, supérieure 

0) Bull, Soc. belge de géoLy t. XVII, Mém.y p. 299, 1908, 

r*) Ibid,, p. 3ia. 

(*) /6i</., pp. 3oo-3oi. 

(*) Ibid.-, t. XVIII, Proc.'verb.^ pp. 218-319, ^9^^, 



— Mio8 — 

à la perméabilité du limon de Hesbaye, lequel permet de compter 
sur un rendement de 4 mètres cubes par hectare et par jour. 

Quant à M. van Ertborn, il estime le rendement de la nappe des 
dunes à 2 ou 3 mètres cubes ('). 

V. — M. van Ertborn croit que, si Ton établissait une prise d*eau 
quelque peu importante dans les dunes, l'eau mauvaise des 
polders s'y infiltrerait et contaminerait la nappe aquif ère. 

Telles sont, résumées, les objections qui ont été présentées à la 
thèse que nous avons toujours «outenue. 

Nous allons voir maintenant comment les observations faites en 
Hollande, nous ont donné raison. Xous répondrons, dans l'ordre 
établi plus haut, aux objections que Ton nous a faites. 

I. — M. Penninck, dans l'important travail qu'il vient de publier 
à ce sujet (^'), démontre, par une série d'observations très com- 
plètes, et d'une façon indiscutable, que la théorie de l'eau douce 
flottant sur l'eau de mer est vraie. 

Les chiffres donnés par la formule correspondent partout à la 
réalité. 

M. van Ertborn lui même reconnaît que la théorie de l'eau 
mobile est vraie (^). Comme nous l'avions toujours prédit, il existe 
une zone de transition, épaisse de 10 à 20 mètres, contenant des 
eaux mélangées, saumâtres. 

II. — Les observations faites le long du littoral hollandais par 
M. E. Dubois (*} et par M. Penninck montrent que la nappe libre 
a un mouvement ascensionnel dans les polders bas. Il se produit, 
de même, un mouvement ascensionnel de la nappe des dunes, 
lorsque l'on y fait un appel d'eau. On voit, par là, quelle a été 
l'erreur de M. van Ertborn, lorsqu'il a posé comme un principe 
fondamental, que l'eau d'une nappe libre ne peut remonter. Dans 
son dernier travail de 1904, M. van Ertborn admet enfin ce mou- 
vement ascensionnel. 

(') Ibid., t. XVI, Proc.'oerb., p. 52i, 1902. 

(*) De <f pHse d'eau » flei'AnisterdaiiischeDuinwateiieiding. Institut royal 
des Ingénieurs. La Haye, 1904. 

(^) Bull. Soc. belge de géol.. t. XVIIÏ, Pror.-verb., p. aai. 1904- 

(*) K. Dubois. Étude sur les eaux soiiteiTaines des Pavs-Bas. I/eau dourc* 
du sous-sol des dunes et des imlders. Archives du Musée Teyler^ sér. ti, t. IX, 
i^* part., f9o4. 



— iciog — 

Chose étonnante, il annonce même comme une découverte de 
M. Penninck, ce phénomène dont nous avons déjà parlé dans notre 
travail paru en 1902. 

III. — Le fait que l'eau de la nappe libre des dunes remonte 
lorsque Ton y établit une prise d'eau assez importante, permet de 
compter sur le bassin compensateur dont nous avons révélé 
l'existence et dont M. van Ertbom n*a jamais voulu entendre 
parler. 

Nous avons soutenu, de plus, que toute une zone littorale de 
i5 à 20 kilomètres de largeur sert, en Belgique, de bassin compen- 
sateur et nous avons donné les arguments suivants à l'appui de 
notre manière de voir. 

I** Absence presque complète de sources et d'exutoires super- 
ficiels. 

2^ L'argile yprésienne est la base imperméable de la nappe libre 

des polders et des dunes; elle s'incline régulièrement vers la mer. 

3" La Mer du Nord et la plage étant les régions les plus basses 

et le niveau de la nappe aquifère des polders étant supérieur au 

niveau moyen de la mer, l'eau doit s'écouler vers cette dernière. 

Nous en avons conclu que les eaux qui s'infiltrent dans le sol de 
toute la zone littorale s'écoulent souterrainement vers la mer et 
que, par conséquent, toute cette zone peut servir de bassin com- 
pensateur, dans le cas où l'on établirait une captation dans les 
dunes. Les observations faites depuis nous donnent entièrement 
raison. 

M. Penninck démontre, en effet, d'une façon indiscutable, qu'en 
Hollande également, les eaux de la nappe libre se dirigent vers le 
point le plus bas de la région, l'ancienne nrer de Haarlem, qui se 
trouve en dessous du niveau moyen de la mer. Cette dépression 
joue donc exactement le même rôle que celui que nous avons prévu 
pour la dépression formée par la plage et la Mer du Nord en 
Belgique; au surplus, pour mieux faire comprendre les mouve- 
ments qui affectent ces différentes parties de la nappe libre en 
Hollande, nous reproduirons, dans ses grandes lignes, la coupe 
établie par M. Penninck (fig. 2) ; cette coupe est basée sur les 
observations des niveaux de l'eau dans les puits profonds et super- 
ficiels et sur la teneur en chlore des différentes parties de la nappe. 

Si nous comparons cette figure à celle que nous avons donnée 
plus haut pour la Belgique, nous remarquons : 



— M 110 — 



1° Que les zones d'égale teneur en 
l'autre au fur et à mesure que l'eau se 
à laquelle elle aboutit. La raison en 



% 



\ 



\ 



\ 



Î! i 



i\ 



^ 



ri 



î 



\ 
\ 

\ 



W I 



\ I 



T 

î 
i 









» \ I 

I • I 

,'• < 

I I ' 

' / 



I 



t 






I 

I 
I 



' 't 

I r 



î 



I ( 

I 

1 ^ 



t 






; 




chlore s'écartent Tune de 
rapproche de la dépression 
est que Teau salée est ici 
« rongée » en route, 
par Teau douce et que 
sa vitesse diminue, en 
s*approchant du but à 
atteindre. Il en résulte 
que la diffusion se fait 
sentir avec d'autant 
plus d'intensité, que le 
liquide surnageant de- 
vient plus dense et que 
la zone de teneur maxi- 
mum en chlore est 
refoulée plus profondé- 
ment. 

La diffusion lente de 
l'eau douce par l'eau 
salée produit une perte 
d'eau douce, qualifiée 
de « mystérieuse » par 
M. Penninck ; cette 
perte se produit de la 
même manière en Bel- 
gique. Comme nous 
l'avons toujours dit , 
elle est nécessaire, car, 
si elle était supprimée, 
par suite d'une capta- 
tion d'eau plus intense, 
la diffusion l'emporte- 
rait et gagnerait les 
couches supérieures , 
comme cela se produit 
pour la mer de Haar- 
lem. 

2® La couche d'eau 
douce et l'eau salée 



m 

o 



— M III — 

sous-jacente sont animées également d'un mouvement vers la 
mer de Haarlem. On voit donc que, si Ton avait appliqué à la 
Hollande la théorie que nous avions donnée pour la Belgique, on 
aurait parfaitement pu prévoir ce que M. Penninck y a trouvé. 

Cette constatation démontre, d*une façon absolue, la justesse 
de nos vues, en ce qui concerne le littoraJ belge. 

IV. M. Penninck a trouvé un rendement, dans les dunes, de 
8à lo mètres cubes par hectare et par jour en moyenne. M. van 
Ertbom avait trouvé exagéré le chiffre de 4 mètres cubes que nous 
donnions comme un minimum. 

V. M. van Ertborn croit enfin qu'il y aurait danger à attirer 
dans les dunes l'eau impropre à la consommation, qui est contenue 
dans les polders. Nous nous sommes efforcé, mais en vain, de lui 
démontrer que cette eau circule, avant d'arriver à l'endroit de la 
captation, au travers d'une couche de sable des dunes suffisamment 
épaisse pour qu'elle soit complètement purifiée. 

Pour terminer la série des arguments de M. van Ertborn et pour 
donner une dernière idée de leur valeur scientifique, nous dirons 
que cet auteur ne croit pas que l'équilibre soit établi entre l'eau 
douce et l'eau de mer, selon le processus que nous avons indiqué 
plus haut. Il croit, au contraire, que les eaux douces contenues 
dans le sous-sol, en contrebas de la mer, sont des eaux fossiles 
qui ont imprégné les couches avant leur affaissement et sont des- 
cendues avec elles jusqu'à ce niveau, à première vue insolite. Il 
appuie son argumentation sur les considérations géologiques 
suivantes : le sol s'est affaissé au fur et à mesure que la sédimen- 
tation lui faisait compensation pour le maintenir au-dessus de la 
mer. Nous avouons que nous ne comprenons pas comment une 
formation sédimentaire marine aurait pu se former au-dessus du 
niveau de la mer. Au surplus, nous ferons remarquer : 

i^ que les sédiments marins étant actuellement saturés d'eau 
douce, celle-ci ne peut que s'être substituée à l'eau saumâtre 
contemporaine de la sédimentation des couches. Il n'y a donc 
guère moyen de considérer ces eaux douces comme « fossiles » ; 

2** que M. Penninck, dans le travail que M. van Ertborn a lui- 
même analysé dernièrement, dans le Bulletin de la Société belge 
de géologie, démontre, par des observations concluantes de 
niveaux piézométriques à diverses profondeurs, que les eaux 



— M 112 — 



douces et même les eaux saumâtres sous-jacentes circulent avec 
une vitesse appréciable; par conséquent, elles ne peuvent pas être 
des eaux « fossiles » stagnantes. 



* 

* * 



En résumé, nous ne voyons pas pourquoi le sous-sol des dunes 
belges ne donnerait pas autant d'eau que les dunes hollandaises 
et Ton sait que celles-ci alimentent les 5oo ooo habitants de la ville 
d'Amsterdam . 

Nous avons montré que la nappe d*eau douce du littoral belge 
est tout aussi étendue qu'en Hollande. 

La surface recouverte par les dunes ne change en rien l'étendue 
de la nappe et la vitesse des eaux du sous-sol. 

Il suffit que cette superficie des dunes soit suffisante pour y 
établir une prise d'eau. Le point important est de savoir si l'eau 
capturée pourrait se renouveler. 

Sans vouloir chercher à apprécier la vitesse de circulation de 
l'eau dans les sables, nous pouvons cependant affirmer, à ce point 
de vue, que le littoral belge se trouve dans des conditions plus 
favorables que le littoral hollandais : 

i^ Notre sol est de plusieurs mètres plus élevé que le niveau 
moyen de la mer. 

2° Il ne s'y trouve guère de dépression analogue à l'ancienne 
mer de Haarlem et constituant, comme elle, une zone où l'eau 
saumâtre peut faire irruption et diminuer ainsi le cube d'eau douce 
disponible. 

3"^ La base imperméable se trouve à une beaucoup moins grande 
profondeur et elle penche vers la mer. 

Nous citerons encore quelques observations de M. Penninck qui 
confirment nos idées jusque dans les moindres détails. 

1° M. Penninck a trouvé que le niveau de la nappe d'eau douce 
oscille avec les marées, conformément à nos i)révîsions ; cette 
oscillation est maximum au voisinage de la mer et se fait sentir 
jusqu'à une distance de i 55o m. du rivage. 

2° Lorsque l'on établit un pompage intense au voisinage du 
littoral hollandais, la proportion en chlore de l'eau augmente en 
cet endroit. Comme nous l'avons prévu, il se forme une protubé- 

ao MAEs 1905. 



— M Il3 — 

rance dans la surface précédemment unie de Teau saumâtre 
sous-jacente. Comme nous Tavons dit depuis longtemps déjà, il ne 
faut donc pas exagérer l'intensité du pompage, si Ton veut éviter 
l'invasion de Teau saumâtre. 

3° Les observations que M. Penninck a faites en repérant le 
niveau de Teau dans les puits profonds et les puits superficiels, 
démontre un phénomène dont nous avons prévu l'existence. 

L'eau de la partie supérieure d'une nappe libre peut, en certains 
endroits, s'écouler dans un sens opposé à l'écoulement général des 
parties profondes. 

Nous sommes convaincu que c'est avec la meilleure foi du monde 
que M. vanErtborn a combattu notre thèse sur l'allure des nappes 
aqiiifères dans les terrains perméables en petit, au voisinage de 
la mer. 

Nous n'aurions certes pas prolongé ce débat, par déférence pour 
notre vénérable contradicteur, si ce dernier ne nous avait opposé, 
dans un article bibliographique (/), certaines des observations de 
M. Penninck, alors que celles-ci nous donnent entièrement raison, 
pour peu que l'on ait une notion nette des lois de la pesanteur. 

Nous sommes donc extrêmement reconnaissant à notre hono- 
rable adversaire de nous avoir fourni l'occasion de publier un 
travail qui démontre, par des observations détaillées sur le terrain, 
l'exactitude de notre thèse, jusque dans ses plus petits détails. 

(') Bull, Soc. belge de géoL, t. XVIII, Proc-verb,, pp. ai7-aa5, 1904. 



ANN. SOC. (JKOI.. DK HKL(i.. T. XXXII. MKMOIKKS, 8, 



Note préliminaire sur une nouvelle méthode pour étudier 
expérimentalement l'allure des nappes aquifêres dans les 

terrains perméables en petit. 



Application aux nappes aquifères qui se trouvent en relation 

directe avec les eaux de la mer, 



PAR 



flENÉ d'^NDRIMONT (^), 
Ing(?nieur des mines, ingénieur g(^ologue. 



M. (le Heen, professeur de physique à l'Université de Liège 
ayant gracieusement rais à ma disposition son laboratoire, j'ai 
entrepris une série d'expériences sur la perméabilité des terrains 
et sur la circulation de l'eau dans la nappe aquifère. J'ai, notam- 
ment, cherché à reproduire, dans une cuve en verre de o°^.6o de 
côté et de o'".3o de haut, l'allure des nappes aquifères au voisinage 
de la mer, telle que je l'ai toujours conçue. 

Je demande, d'ailleurs, à mes collègues de bien vouloir m'accom- 
pagner au laboratoire de M. de Ileen et je reproduirai devant eux 
Texpérience que je vais décrire ("). 

La cuve a été remplie de sable des dunes; j'ai donné au sable un 
profil se rapprochant, le plus possible, de celui du littoral belge. J'ai 
incliné légèrement la cuve, de telle sorte que le terrain et la base 
imperméable soient légèrement inclinés vers le point le plus bas 
du profil, qui représentait la Mer du Nord. J'ai d'abord versé, dans 
la dépression marine, une solution de bichromate j^otassique, de 

(^) Mémoire présenté à lu séance du ly février iyo5. 

(*) Les rapporteurs, MM. A. Hall eux. P. Questienne et H. Fpnr ont 
assisté il ces expériences et déclaré qu'elles sont exaetement décrites dans 
cette note. 



— M Il6 — 

densité équivalant à celle de la mer, jusqu'à ce que tout le sable fût 
imbibé capillairement et coloré en jaune orange jusqu'à Thorizon- 
tale correspondant au niveau de la mer. J*ai ensuite versé régu- 
lièrement de l'eau douce incolore sur la partie représentant le 
continent. J'avais eu soin de disposer, en divers endroits le long 
des parois de verre, des grains de permanganate potassique, 
afin que les traînées coloriées, émanant de ceux-ci, donnent 
des indications précises sur le chemin pai'couru par une goutte 
d'eau, à partir du moment où elle atteint la nappe aquifère. 

Voici les phénomènes que j'ai observés : 

L'eau saumâtre colorée en jaune a été refoulée au fond de vase. 
La profondeur à laquelle se trouvait la zone de transition était 
partout proportionnelle au niveau de la nappe d'eau douce. La 
forme de la surface de séparation entre les eaux douce et saumâtre 
était exactement celle (fig. i) que j'ai indiquée dans le premier 
mémoire (^) que j'ai publié à ce sujet, le 25 mai 1902, alors que. 




* ■ * * ■ û 3^^^^ •'•■1 *« l^m * ^ ■•. **■ ^ 



■4": 







FiG. i. 

pour tout« donnée, je ne possédais que les observations faites à 
l'île de Nordeney et qui démontraient qu'une lentille d'eau douce 
peut flotter sur l'eau salée, plus dense. 

Une zone de diffusion très peu importante s'est formée. Après 
huit jours de repos, la distinction entre l'eau saumâtre et l'eau douce 
rtnit eiicoïc très nette. J'ai fait concurremment l'expérience 
L'oiitiuire, c'ebt-a-dirc que de l'eau saumâtre a été versée sur de 
l'eau douce ; au bout de très peu de temps, l'eau salée s'est mélangée 



{}) Note sur riiydrologie du littoral belge. Ann, Soc» géoL de Belg,, fig. 5, 
p. M i36> 



— M 117 — 



à Tean douce. Durant tout le temps de l'alimentation en eau douce, 
il s'en écoulait le long de la plage artificielle. Les eaux avaient 
un mouvement ascensionnel le long de la plage. 

Lorsque l'on produit artificiellement un appel d*eau à la partie 
supérieure de la nappe d'eau douce, il se forme une protubérance 
dans la surface de séparation entre l'eau douce et l'eau salée. 

Si l'on provoque une oscillation équivalant à une marée, la 
surface de délimitation entre les eaux douces et salées oscille 
également. 



* * 



La méthode expérimentale, qui vient d'être décrite et appliquée 
au cas d'un rivage marin, pourrait servir à déterminer la direction 
d'écoulement des nappes aquifères, quelles que soient les conditions 
spéciales où elles se trouvent. Nous pourrons, notamment, étudier 
les relations qui existent entre la forme extérieure de la nappe, 
le profil du sol et celui de la base imperméable. Mieux encore, les 
traînées rouges que l'eau engendre à son passage sur les grains de 
permanganate, sont tellement nettes, quelles permettent de déter- 
miner, pour ainsi dire exactement, le chemin parcouru par une 
goutte deau^ depuis le moment où elle entre dans la nappe aquifère, 
jusqu'au moment où elle en sort par un exutoire quelconque. 

Nous pourrons, de même, étudier l'influence drainante d'une 
dépression, d'une galerie ou d'un puits, atteignant une nappe 

aquifère. 

Cette méthode s'annonce donc comme devant être féconde en 

résultats pratiques. Dès sa première application, elle nous a permis 
de déterminer quelques notions d'hydrologie restées, jusqu'à 

présent, assez obscures : 

i^ Dans le cas le plus simple d'une nappe aquifère dominant 

une vallée et drainée par celle-ci, la trajectoire décrite par une 

molécule est une courbe régulière, dont la concavité est dirigée 

vers le haut. Nous nous réservons de reprendre les calculs qui ont 

été faits à ce sujet, et nous comparerons la courbe calculée avec 

la courbe réelle. 

2® La plupart des hydrologues ont admis, sansy faire d'objection, 

que l'on peut distinguer, dans une nappe libre, une partie active 

et une partie passive. 



— M Il8 — 

D'api'ès la définition adoptée, la partie active ou mobile d'une 
nappe serait au-dessus du i)lan horizontal j)assant par le point le 
plus bas, x)ouvant servir d'exutoire à la napi)e. 

La imrtie passive, ne participant pas au mouvement général de 
la nappe, serait donc située en-dessous du même i)lan (fig. 2). 



l'IG. "2. 

Notre expérience a démontré que la notion de la partie passive, 
telle qu'elle a été proposée et généralement acceptée est fausse. 
En effet, les grains de i)ermanganate situés en des points diffé- 
rents, comparables aux points de départ des flèches, ont dégagé 
des traînées de permanganate, très importantes, dans le sens 
indiqué. 

Il résulte de là, qu'il faut reporter beaucoup plus bas la zone non 
influencée par la dépression drainante. 

L'aj)pellation active pourra être conservée à la partie de la 
nappe située au-dessus du plan MN, car c'est le poids de cette 
partie qui donne la charge nécessaire pour mettre en mouvement 
la partie passive qui subit l'action de bipartie active. 

Il existe alors, cn-dej-sous de la partie passive, une troisième 
zone, où les eaux ne seront plus soumises à l'action drainante de 
la dépression et, dans le cas de la fignie 2, par exemple, elles 
pourront, pour ainsi dire, être stagnantes. Cette zone jouira des 
propriétés que l'on avait attribuées à tort à la nappe passive. 

liemarquons, en passant, que la circulation de l'eau est possible 
à une certaine i)rofondeur en-dessous du niveau de drainage d'une 
région, et qu'il est facile ainsi, d'expliquer les altérations de' 
certains gîtes métallifères et la dissolution des calcaires en-dessons 
du niveau de drainage d'une région, sans devoir faire appel à 
des soulèvements et des affaissements du sol. 



— M 119 



* 
* * 



Voyons maintenant s'il est possible de déterminer la j)rofondeur 
de la zone non influencée par une dépression drainante déterminée. 
Nous savons (fig. 3) que la surface qui limite une nappe aquifère 




X0ne 



FiG. 3. 



est une courbe, s, ayant une forme plus ou moins i)arabolique. 
Cette forme peut avoir été reconnue par une succession de puits 
tubes, I, 2, 3, 4) 3. Supposons que nous approfondissions ces 
mêmes puits jusqu'à un niveau marqué par Thorizontale /i'. Si 
ces puits ne sont en communication avec la nappe que par la 
base, l'eau montera jusqu'aux hauteurs i', 2', 3', 4 > 5'. Nous 
pourrons faire passer, par ces points, une courbe s', analogue à la 
courbe s, mais généralement plus aplatie. De même, les puits 
approfondis jusqu'en h donneront une courbe .s". 

H arrivera un moment où les puits auront atteint une profondeur 
telle, que la courbe s* se confondra avec l'horizontale. La profon- 
deur des puits, à ce moment, correspondra à la limite entre la 
partie passive et la zone des eaux non influencées par la dépres- 
sion drainante. 

Cependant cette zone, non influencée par une dépression déter- 
minée, peut contenir des eaux circulant, en profondeur, dans un 
sens différent de celui de la circulation des eaux des parties 
active et passive. Nous pourrions, en effet, trouver, pour des 
eaux contenues en-dessous de /i*, une courbe telle que s^, indi- 
quant une circulation en sens inverse, vers un exutoire situé à 
droite et à une plus grande profondeur que la dépression. 



— M 120 — 

Les exi)6riences que nous avons faites i)Our reproduire les 
conditions hydrologiqucs du littoral belge ont démontré la possi- 
bilité de CCS circulations d'eau dans des directions différentes, en 
ce qui concerne le versant continental des dunes. Pour celui-'^i, en 
effet, des eaux circulent, superficiellement vers le continent, et en 
prof(mdeur vers la mer. Nous avions d'ailleurs déjà parlé de ce 
lîhénomène dans une de nos précédentes communications ('). 

Xous rej)roduison6 ci-après \fig. 4U ^^ figure 4 qwe nous avons 
publiée dans ce travail, p. m 182, et que nous avons obtenue exacte- 
ment dans notre expérience. 




Z'tcr// 



-"«^^'c*/^ 




Fie. 4. 

Il ressort de tout ce qui précède, qu'il ne faut x)as toujours se 
baser sur la position des crêtes de i)artage des eaux souterraines?, 
l)our calculer l'étendue de leur bassin alimentaire. 

Xous dirons, pour terminer, que cette connnunicaticm est forcé- 
ment incomplète, à cause du petit nombre d'expériences que nous 
avons pu faire jusqu'à ce jour. 

Xous nous réservons d'étudier tous les cas qui peuvent se pré- 
senter dans la nature et nous espérons compléter ainsi les idées 
émises aujourd'hui. Xous chercherons à concilier les résultats 
d'expériences avec le calcul et à en tirer des lois générales sur la 
circulation de l'eau dans les nappes aquifères contenues dans les 
terrains perméables en petit. 



(') Note foiii])lémeiitah*o sur rhy<h*()lojrie du littoral beljye. .I///1. .S'or. 
freol. (le BeJg., t. XXXI. 



Essai de Carte tectoiYique de la Belgique 
et des provinces voisines, 



PAR 



(Pr^ANCHE IV). 

La carte qiic*iioiîs avons riioiiiieiir do présenter à la Société, a- 
été entreprise à Toccasion de la confection de notre Carie géolo- 
gique au I : 5oo ooo, dont elle reproduit la topographie et les 
contours géologiques; sur ce canevas nous avons figuré en rouge 
à peu près toutes les failles, avec leurs inclinaisons quand elles 
étaient connues. Nous avions pour nous guider la Tektonische 
Karte SiKhoestdeiitscIilands de Regelmann, publiée par VOberrhei- 
nischer geologischer Verein pour faciliter les études relatives 
aux tremblements de terre. Nous avons cherché à faciliter en 
outre Texamen des questions de tectonique, dont Timpoi^tance 
devient prépondérante. 

Des circonstances personnelles, notamment Taffaiblissement de 
notre vue, ont retardé rachèvement de notre travail, mais elles 
nous ont permis de Taméliorer vers Test et le nord du pays, et d'y 
tracer les anticlinaux et les synclinaux que M. le professeur 
M. Lohest a i)résentés à la Société et qu'il a eu Tobligeance de 
revoir et de compléter pour notre travail. 

Nous avons aussi à le remercier pour les deux coupes figurées 
à droite et à gauche de la carte. Nous aurions voulu placer la 
coupe N.-S. un peu plus à TOuest, de manière à montrer la struc- 
ture du massif cambrien de Rocroy, mais cela ne nous aurait pas 
permis de représenter la géologie souterraine de la province 
d'Anvers. 

O ) Commuuictitioii faite à lu séance <lii 19 mars 1905. 



•^ M 122 — 

Ces deux coupes sont à l'échelle de la carte, i : 5oo ooo, la même 
pour les hauteurs que pour les longueurs. 

Nous espérons que ce travail sera accueilli favorablement, 
comme Ta été la carte de Regelmann, par tous ceux qui s'inté- 
ressent à la question des tremblements de terre. Nous n'attendons 
pas un accueil moins favorable de la part des géologues qui 
s'intéressent particulièrement aux questions de tectonique, car 
nous espérons qu'elle facilitera leur travail. Nous n'entrerons pas 
dans des considérations théoriques à ce sujet; il faudrait com- 
mencer par distinguer les dislocations produites par mouvements 
tangentiels de celles qui sont dues aux mouvements radiaux. Cela 
nous semble hasardeux pour beaucoup de ces accidents, et 
impossible pour d'autres. 

Nos jeunes géologues verront plus loin que nous« 



Complément de la faune des psammites du Condroz 

(Famennien), 



PAR 



p. Pestinez (^). 



J*ai riioniienr de présenter un complément à mon travail « Faune 
» et flore des psammites du Condroz (Famennien) » (*). 

Depuis la publication de ce travail, en 1904, l'occasion m'a été 
fournie d'étudier, outre ce que j'ai récolté moi-même dans le 
courant de l'année dernière, différentes collections particulières, 
dans lesquelles j'ai constaté plusieurs nouvelles espèces, non 
encore décrites et un bon nombre d'autres, que j'ai pu déterminer 
et qui sont nouvelles pour la Belgique. 

J'ai pensé qu'il serait utile de signaler ces espèces qui sont au 
nombre de 61 ; ajoutées aux 194 déjà mentionnées, elles forment 
un total de 255 espèces pour le Famennien supérieur (Faa). 

Ces fossiles sont répartis, dans la liste suivante comme dans 
le travail susmentionné, dans les cinq assises de l'étage; j'ai 
réservé, en outre, une sixième colonne pour les espèces dont le 
gisement n'est pas clairement désigné et enfin, une septième, 
renseignant les localités d'où proviennent les espèces. 

Avant de donner communication de cette liste, je désire attirer 
l'attention sur les deux gîtes fossilifères du Condroz, celui de 
Bois-de-Mont (Clavier) et celui de Méan, que l'on considère avec 
raison, je pense, comme appartenant au niveau le plus supérieur 
du Famennien, assise de Comblain-au-Pont (Faud). Tous les deux 
sont particulièrement intéressants, d'abord par les nombreux 
lamellibranches rares ou nouveaux pour notre pays qu'ils m'ont 
fournis, ensuite par l'abondance d'un petit ostracode. Ce crustacç 



<'> Communicntion faite à lu séance du 19 Tnai*8 iç)o5. 
'-) Ann. Soc. géoï. de Bclg., t. XXXI, p. M 247. 



— M 124 — 

que, d*abord, j'avais considéré comme appartenant au genre 
Beyrichia, semble plutôt se rapprocher d'une espèce nouvelle 
décrite et figurée par Rupert Jones, en 1890 ('), sous le nom de 
Ulrichia Conradi, provenant du Hamillon-Groiip de Thedford, 
Canada. Comme celle-ci, la carapace de l'espèce du Condroz 
est chargée de petites ponctuations ou granulations ; elle possède, 
en outre, deux assez gros tubercules aux extrémités du bord 
cardinal, tubercules qui semblent même dépasser un peu ce 
bord. Sur le moule interne de l'espèce belge, on remarque, entre 
ces deux tubercules extrêmes, une petite dépression centrale, qui 
semblerait provenir d'un troisième tubercule; mais je n'ai pu le 
voir en relief sur aucun exemplaire; il se peut que ce ne soit là 
qu'une impression musculaire. 

Ulrichia Conradi paraissant être rare, il est probable que le 
savant spécialiste anglais qui Ta décrite, n'a pas eu connaissance 
de l'intérieur des valves. Quoi qu'il en soit, sauf cette dernière 
circonstance, et la taille qui est un peu plus forte dans l'espèce 
belge, je ne crois pas me tromper en l'assimilant à Ulrichia 
Conradi, Rupert Jones. 

Les dimensions de l'espèce belge sont : 

longueur du bord cardinal 2.5 m/m. 
hauteur i.5 m/m. 

Les dimensions de l'espèce canadienne sont : 

longueur du bord cardinal 0.8 m/m. 
hauteur 0.45 m/m. 

Quant aux brachiopodes famenniens, les quelques rares espèces 
que j'ai encore rencontrées dans les deux gisements en question, 
principalement Spirifer disjiincius, y sont de très petite taille, 
sauf Strophalosia (Prodiictus) Murchisoniana, De Koninck, qui 
atteint de grandes dimensions. 

Voici la liste des espèces nouvelles : 



(') T. RupKRT JoxKs. (^)iitribalionrt to Canadian Micro- Pal îiMmtolojjv, 
part. III, pi. XI. fiy. i3, p. î)5. Geol. and yattir.-Hist. Survey of Canada, 
Montréal, i8<)i et Quart, Jour, Geol. Soc. London , vol. XLVI, 1890. 
p. 544, fig. î2. 



— M I2D — 











• 
























»■ 
























0» 


















X 






'S 


















,',■• 






^■4 


















•*« 






*^. 


















^ 

^ 
























f^ 






„— . 










































*^ 






w 




/-iy 




• • 




• • • . 


■ 




• 






> 




& 




Tir . 




'îT « . "T ^ 


? 




'O^ 






•W 




^« 




s s -^ 




a a :^ a s 


*M 










^ 




EL 




it tc^ 




tt tt^ tt tt 


te 




'. 






>l^ 




c 




o r 




. o o p o o . 







^^ 


















0» .a .a b ^ X « 
.a o a c a 

2 ^ H O H ^ '3 












. ^ 




^ 




O &) S) 


. 


;: o 9 ® a> Çf a 


1> 










M 1 




T, 




X -X Js 


t^ 


»a X ao .2 « « 


T. *- 

X U 










:^ .S ii 




•X 




t. X " 


u 


r^ 'X X - » X «-1 














^ 




^ ^ 'X 


^ 
«# 


^ a* a> X 4> 4^ "^ 


ii • 












.a« 




••« »a« .sa 


•-m 


o >-. — ji -< — g 


*-^ a *— 










•» r*k X 




1 




• 1 ^ 


rm 


.— «-i «-i y» m^ tm» 2 

•* <-< '^ «^ «^ «^ 












.^ .p» %^ 




v« 




.«.«<« 




. •<• M '«' S« Sw ..M 










<^> MA <V* 




^ 




-* ^ «V» 


to«a 


J- CH ^^ «-^ H^ «-i^ x^ 


^ «r4 »^ 










^^ »^ ^1 




^^ 




*^ ^^ «-i 


<"-, 


•-H <^ 1»^ 




•asnaino(i 




• • • 




« 




• • X 


. 


.< ■ • >: • • X 


. . • 






n 




y • '^ 




• 




' 






. \ . 








* r\ • 










- 










- - 








c 
















■^ 


•vn^i.Vij 


n 




• rf « 




^ 












f. 

s. 


fi 




/\ 






•• • 


- 




M 


• 


JJtfJUOJ^ 


5 




• • ■ 




« 






^' 




^ / 




A 




, * , 


X 




k 




















•• 




1 




• • • 








X \ • 


• 


• X \ • X X • 


\' • • 


'VDÔUS'J 














• • • 










,« 




• • • 










■ 




• • • 






b. 




























• • • 




« 


















• 














ru 




























^ 










• 






• • • 








• • s 


• 




• • • 




é-^ 










y> 




N«4 




















*• 




k^N 
















• • • 

* ■ * 




5Ç 




• • 

a: 


• 


. . .... A 






r- ^ 










?* 










>«H 




•^^ 






^^ 




*«• 


• 












► 






^" • 






« 




• 








<«« 






V x 


■ 


^ 


ji 


— "S - 










• 






e ^ 


X 


w 


^ 








ç- 








• 


^ . — 


'•* 


« 


• 


MM *^ *«^ 


• 




• ^ 














1 




• '-:: ^ 

•« ^ ^ 

=: :r i. 


• 




• 
** 




•a 




• 

X 

* 


^ m» 


r 

C5 


1^ 


* 


w 


"^ "^ "C! •^ y s» 

S w 5. r '^ ^, 

S 2 ? 2S 5 5 
. ., c: C = i 

os '5 .*! s ~ 5 5 


• 

• = .5- 




X 










• 

2 


>-l 


■h 

• 

Il ; 

•M 


> 

•■». 
:^ 

•«« 

M» 

5 

•-• 


"^ 2_ "" at ■■ ^ *- 

:2 :? -S: -S ""' "5 

•2 >9 S C 

=: ï 5 5 












îs; - 




:i^ 




^ 


Si» 


;;; c c c 


^ 



— M 12(3 — 



ce 



1-^ 



sS es 

•1^ -«d 



® 

S 



O 






;3 

O . 

O î3 
C_j «^ •■* 

« fi s 

«00 

ci es 
00 



S fi 

O o . 
X ,fi Q 
O O fi 
Ch Ch '5 



te 

. o . 

« pfi ® 
s o fi 






a> ® S 

» X o 



fi 
o 



T? "^ — "*^ 
X 

© rz 

^ ci 

es ji 



ce 



© 

a 

fi 
o 

«M 
%^ 

e3 

5 





-© 














t^4 














r< 
















• 












fi 


fi 




























toH 


bH 












<**; 


^. 












© 


© 














|BMrt 












^ 


^^ 












• 


1 












X 


X 












•w4 


■^4 




























5Q5Q 










• 


#v 


w^ 


■ 


■ 


• 


• 


^—■^ 


k X'^X 


^^V 


^"^ 


/*^V 


^^^ 


^^•*\ 


© 


© 


© 





© 


© 


© 


1^ 


fi 


fi 


fi 


g 


^4 


fi 


te te t£ te 


%c te 



















c 




^ 


^ 


rfi 


pfi 


«^ 


pfi 


^^ 





C 








c 


c 


^ 


H 


r- 


^ 




HH 



© © © © © o © 

X X X X X x X 

X X X X X X X 

©©©©©©© 



3 

i 

X 



© © a< 

fi '" S 

te te te 

o c c 

^ ^ ^ 

^ ^^ <«rf 

C^ E-i E^ 



© © a> 

X X X 

X X X 

© © %» 



X 



• .r: 



8ec3rtc3<scs^fi5Scsc;^ 



•asnsînoQJ 



■}U0d-u« 1 
-uiBiquioo '£ 



•xnoiAg a 



o 

I 



■oJd 3 

-urejaAnoij; ;^ 



•xnîïusg 



u 

â 



XX • XX 



XX • XX 



X 



X 



XX 



XX 



X 



XX 



X 



xxxxxxx -XXX 





H 



-^ 



^ 



M 

* 



•K 






«6 



ma 

l! 



^ . • ?* ^ »§ ^* ci W ^ . .il . . . . '^ . .* . • ^ • ^ 

£ :: g g^S §,-§2 ^^-§5 « = • ^r-^^^silSl^^-^ 
'-5 S gi ^ = ^ ^ rSi "- -2 £-5 g 'H 'S i5 I è = "S .Sf ^ ^ g 



•8 

C 



4r 



es 



c: 



es 
O 



s ■» 

1^. 



" = 2 « 

c = 



•■« 



C8 

a * 

SX' t. 



t. 



& c; 

s- '^ 



.,1 

"«M « e 

« .5 -2 ' 

2 c* 0» , 

•««^ ^1- "fc- ' 

3*1 *^ S, i 



(« 

C 



— K 127 — 






*osna)no(x 






o 

es 



bc 
o . 

o X 



fi 

t. 









}< 



® fi w - - 

NH J; rr ^ hU ^ ® 

• w CD 9 I h .*i« 

eS . S C « O > 

H^ ce 1-9 P^ 1^ 0Q ps; 



M s a> oD ;j 



te 

O 

O 

® ?5 ?8 

^ if ^ 







S 


s 






1^ 


S) 


• • 




}? 


. 


03 06 te 







fl 


de Combl 
de Combl 
ulseur, r. 




9 


it 






fi 9 
« 




0* 


«M Ht) 




1 


ga 


. , 


fl 


.4 08 


ce ce PhO Q 


O)^ 



XX 



• XXXXX • X 



X 









1 



ce 



i 



'xndUfig ^ 



;< 
u 



d« 






ce 






X 



• X • 



■ o 



X 



I 






^ es 



es 



r , 'iw 






S Se 



as 

ae 

s: 



9^ «- 



•a 

■§ 



* 



X 



• • • r^ • 

-. = S « 

* NI NI '-^ es 



03 

S 

S 

.S: 

•S 



T* 

U 

c 
o 



aJ^ NH r>« 

G Si, -5 



e3 ^ 
oc Q 

> - 



^^ 



q 



►^ >^ ^08 N. 

«. • ••• '"^ "^ 

«8 08 s , * 

B a F 90 S 

'■»• ^ •* »• ^^ 

<^ «c I? C «^ 

es e ^ Q * 



5 Ǥ 



OS 



••^ ^ o C; s 






90 

S 

.22 o 

es ■" 



es 

e 
o 

s 

■e; 






•§ S 

«as 
« § 



I I 



00 
a 

g: 
o 



es ® 

CD 

O 



X 



N 

O 

1= .s 



^ 



C3 

e: 
« 

8 

••M (C 

5:S 



Laboratoire de géologie de VUnioersiié de Liège, le ig février ipoS. 



Sur une cause de variation de rinciinaison de l'axe terrestre 

sur le plan de l'écliptique, 



PAB 



^D. ^ECRENIER, 
Docteur en sciences (*). 



MM. Lœwy et Puisseux ont présenté à 1* Académie des sciences 
de Paris (') une étude des photographies lunaires et des considé- 
rations sur la marche de la solidification dans l'intérieur d'une 
planète. Dans cette étude, les auteurs rappellent qu'une école 
scientifique considère la solidification de la terre comme à peu 
près achevée ; les phénomènes volcaniques manifesteraient seule- 
ment l'existence de poches liquides isolées, insignifiantes par 
rapport au volume total. Dans ce système, la solidification a 
commencé par le centre et s'est propagée jusqu'à la surface. 

La plupart des géologues admettent, au contraire, l'existence 
d'une écorce relativement mince, enveloppant une masse incan- 
descente. Ici, la solidification a débuté par la surface et progresse 
lentement vers le centre, en opposant aux épanchements volca- 
niques un obstacle de plus en plus efficace, mais non encore 
insurmontable dans le cas de la terre. 

L'analyse des faits présentés par les auteurs les conduit à 
donner la préférence à la théorie de l 'écorce mince. Le passage 
à l'état solide serait encore inachevé pour la lune, et très loin de 
son terme pour la terre. 

J'ai pensé que la méthode expérimentale pourrait fournir 
quelques indications pour la résolution de ce problème,et certaines 
observations que j'ai eu l'occasion de faire en verrerie, m'ont 

(1) Communication faite à la séance du 19 mars igo5. 
(') Séance du a3 janvier igoS. 

AHM. soc. OiOL. DE BELG., TOMB XXŒ. MÉMOIRES, 9. 



— M i3o — 

donné le moyen d'établir des expériences et de faire des consta- 
tations qui me semblent intéressantes. 

Prise dans son ensemble, la terre est composée de deux parties 
distinctes : 

I** Une partie extérieure, composée de roches siliceuses de 
densité 2.3 environ, et dont la teneur en silice va en décroissant 
depuis la périphérie vers le centre, direction dans laquelle on 
trouve des roches de plus en plus basiques et magnésiennes. 

2° Une partie centrale métallicpie, probablement composée de 
fer, et d'une importance telle que la densité globale de la terre 
monte à 5.6. 

D'après les idées admises par la presque totalité des géologues, 
la terre s'est trouvée, à un moment donné, constituée par une niasse 
sphéroïdale, complètement liquide. Eu égard à sa compositi<m, 
nous pouvons dire, qu'à ce moment, la terre n'était rien autre chose 
qu'une énorme boule de verre fondu, entourée de gaz et de vapeur, 
et dont le centre était constitué par une sphère métallique assez 
importante. 

L'examen des phénomènes qui se passent lors du refroidis- 
sement, à l'air libre, d'une sphère de verre liquide, pourra donc 
nous donner dos indications sur les phénomènes qui ont pu se 
produire à certaine période du refroidissement de la sphère 
terrestre. 

Lorsqu'une masse de verre quelconque, ou d'autre matière 
analogue, laitier métallurgique ou lave volcanique, se refroidit, on 
observe une solidification assez rapide de la partie extérieure, 
tandis que la paj'tic centrale conserve longtemps, parfois, sa chaleur 
et sa fluidité, par suite de la faible c(mductibilité calorifique de 
la matière. C'est ainsi qu'on observe, au voisinage des volcans, des 
coulées de lave sur lesquelles la végétation a pu s'établir et qui 
sontencoje incandescentes à quelques pieds do profondeur. 

Dans le cas si)éeial du verre, j'ai observé le phénomène suivant : 
J'ai fait cueillir par un verrier une masse de cristal (inm soufflée) 
de lo centimètres de diamètre environ. Cette masse a été rapide- 
ment façonnée en si)hère assez régulière et abandonnée au refroi- 
dissement à l'air, pendant que le verrier faisait tourner constam- 
ment sa canne pour l'empêcher de céder à l'action de la pesanteur. 
A un moment donné, la couche de verre extérieure était suffi- 
sanîment solidifiée pour ne plus prendre, par impression, la trace 



— M l3l — 

iea corps durs et, cependant, l'iutérietir était encoi-t nicaadescent. 
A ce raoment, la sphère vtnit encore coustltuce par une niosBO 
rontinue de cristal pur ; maiB, quelques iustauts après, au moment 
où l'incandescence centrale n'était plus que faiblement perceptible, 
en différents endroits se sont montrées de petites bulles qui ont 
frrandi rapidement jusqu'à occuper un volume assez considérable, 
par rapport au diamètre de lasplière, ainsi qu'on peut en juger par 
les reproductions photographiques ci-dessous (fig. i). 



— if i32 — 

A quoi est due la production de ces vacuoles? Evidemment à ce 
fait, que la couche extérieure du verre s'étant figée et ayant pris on 
degré de rigidité presque absolu , la masse centrale n'a pu opérer 
son retrait qu'en créant, dans son sein, des espaces vides d'un 
volume en rapport avec le coefficient de dilatation du verre 
employé. 

La masse centrale de la sphère est évidemment caractérisée, à ce 
moment, par un état de dépresssion très grand, tandis que les 
molécules de la couche extérieure sont soumises à une compression 
énorme. Je me suis assuré expérimentalement que les vacuoles 
produites de cette façon constituaient réellement des espaces 
vides et non remplis de gaz qui se seraient dégagés de la masse du 
verre. A cet effet, j'ai fait user une des sphères jusqu'au voisinage 
d'une bulle, x^uis j'ai fait percer sous Peau la couche mince qui 
restait; au moment où la communication a été établie, l'eau s'est 
précipitée en sifflant et a rempli instantanément et complètement 
le volume de la vacuole. 

Ces vacuoles prennent généralement naisssance sur des bulles 
d'affinage (^) très petites, mais aussi, parfois, en des endroits 
qui en sont exempts, du moins pour autant qu'on puisse en juger 
à l'œil nu. 

Des vacuoles semblables s'observent aussi, généralement, dans 
les larmes bataviques et sont dues à la même cause. 

Si le verrier avait voulu obtenir, après refroidissement complet, 
une sphère homogène et sans bulles, la chose lui aurait été possible, 
évidemment, mais à condition de rendre à la couche extérieure 
un peu de plasticité par des réchauffements successifs, ou en 
plaçant la sphère dans un four à recuire porté, au commencement, 
à une température voisine du point de ramollissement du verre et 
dans lequel la chute de température aurait été suffisamment lente 
pour permettre un refroidissement égal des parties internes et 
externes et, par conséquent, un retrait homogène du solide. 

La rapidité du refroidissement doit, dans ce cas, être réglée sur 

(^) On ap])elle bulles (raffinage, de petites bulles cranhydride carbonique 
provenant de la déconi])usition des carbonates employés pour la formation 
du verre et qui, par suite de leur volume très réduit ou d'une température 
un i)eu trop faible, n'ont pas eu une force ascensionnelle suffisante pour être 
éliminées du verre fondu. 



- K i33 - 

la masse de la pièce à recuire et sur la conductibilité calorifique 
du verre employé. 

Si parva licet componere magnis^ on peut se demander si, lors 
du refroidissement de la terre, des phénomènes analogues ne se 
produisent pas et si le processus de la solidification ne peut pas 
être fixé de la façon suivante, ainsi que se le représentent à peu 
près la plupart des géologues (^): 

Lorsque la sphère liquide a commencé à se refroidir suffi- 
samment à l'extérieur, pour permettre à certaines parties de se 
solidifier, il s'est formé, à la surface, des îlots composés des 
matières les moins fusibles. Ces croûtes partielles ont été englou- 
ties dans la masse centrale, où elles se sont refondues par le 
contact des parties plus chaudes; d'autres se sont reformées et 
ont disparu à leur tour, jusqu'à ce qu'enfin, le refroidissement 
étant suffisant, les croûtes de solidification partielles, ayant pris 
une importance plus grande, se sont rencontrées par leurs bords 
et ont formé une première écorce continue autour du no^^au liquide 
ou pâteux. A ce moment, il a dû y avoir un moment d'arrêt dans 
la diminution du diamètre de la terre. Mais, la sphère continuant 
à se refroidir, le noyau central se rétractant encore, il s'est formé, 
sous la croûte solide, une dépression énorme, à laquelle celle-ci 
u'a pu résister et il s'est produit des effondrements et des submer- 
sions partielles des parties solides dans les parties liquides, puis 
des resolidifications des couches externes. Les mêmes phéno- 
mènes ont dû se produire périodiquement, jusqu'à l'époque où la 
croûte terrestre a acquis une épaisseur et une cohésion suffisantes, 
pour résister à toute déformation, par suite de la dépression 
intérieure. 

A partir de ce moment, le diamètre du globe a dû cesser définiti- 
vement de diminuer et les contractions du noyau central n'ont 
plus été possibles que proportionnellement à la production de 
vacuoles immenses, comme dans le cas de la boule de cristal. Ces 
vacuoles ne se sont pas produites vers le centre de la terre, mais 
plutôt dans la partie peu fluide et pâteuse qui doit former la 
transition entre le noyau liquide et la croûte extérieure. 

Si l'on suppose ces vacuoles en relation avec les crevasses 
ossibles de la croûte solide, surtout dans les parties recou\eites 

a 

(}) Voir, entrç autres : A. de Lapparent. Traité de géologie, 3™« édition, 



— H i34 - 

par les eaax, on peut y trouver l'explication de phénomèDes 
sismiques et volcaniques; mais si leur existence était admise, elle 
prendrait nue importance coneidôrable pour l'éclairuisficment du 
phéiiomène,encoroinQxpliqué, des variations des climats terrestres 
dans les temps géologiques. 

En effet, si nous examinons les boules de cristal et les cavités 
qu'elles renferment, nous remarquons qu'aueunc de ces dernières 
n'occupe de position centrale; toutes sont placées excentriquemeut 
par rapport à la sphère, et à des distances très variables les uues 
par rapport aux autres. Il en résulte que, lors de leur formation, il 
y a en déplacement du centre de gravité primitif de la sphère. 
Or, d:uis le cas do la sphère terrestre, tout déplacement du centre 
de gravité doit correspondre à une modification de l'inclinaison 
de l'axe terrestre sur le plan de l'écliptiquc et, par conséquent, à 
une modification de climats pour les mêmes points géographiques. 



Note. — Il est peu probable que le refroidissement de la croûte 
terrestre soit suffisamment aviuicé, à l'époque actuelle, pour 
avoir atteint le noyau métallique 
central. 11 était, cependant, inté- 
rcssont de déterminer expéri- 
mentalement la marche des phé- 
nomènes ipii se passent lors du 
refroidissement lent d'une masse 
composée d'une partie vitreuse et 
d'une partie métallique. A cet 
effet, j'ai fondu, dans un creuset, 
un mélange deplomb et de cristal; 
puis, après fusion complète, j'ai 
laissé refroidir le tout dans le 
four. 

A}irèH refroidissement, j'ai re- 
o<uiuu. en brisant le creuset, qu'il 
s'était formé, à la zone de sépa- 
ration entre le cristal et le plorob. 
une très grande vacuole, conimc 
on (levait, d'ailleurs, s'y attendre 
(fig. 2). En effet, le cristal s'est 




— M i35 — 

solidifié bien longtemps avant le plomb et celui-ci, à un moment 
donné, s'est trouvé emprisonné dans une enveloppe rigide, formée, 
d'une part, par les i)arois du creuset et, d'autre part, par la couche 
de cristal solidifiée. 

Val-Saint-Lambert, février iqoS. 



Sur les faciès de la Craie phosphatée de Clply, 



PÂB 



^. pOF^NET (^). 



La grande carrière à phosphate de MM. Hardenpont, Maigret 
et C*®, à Saint-Symphorien près de Mons, permet en ce moment 
l'observation d'un fait très intéressant, le passage latéral de la 
craie phosphatée brune à la craie phosphatée bleuâtre. 

On sait que la craie phosphatée des environs de Mons (Cp^b 
de la Carte géologique) a été, dans le principe, dénommée Craie 
brune phosphatée de Ciply, nom qu'elle a conservé dans la Légende 
de la Carte géologique, à cause de la teinte gris brun clair qu'elle 
présente dans la région où elle a été d'abord étudiée et où les 
exploitations sont restées pendant quelque temps confinées, c'est- 
à-dire à Cuesmes, Ciply, Mesvin et Spiennes et même sur une 
grande partie du territoire de Saint-Symphorien. 

En 1884, des recherches industrielles effectuées par MM. G. 
Lambert et Denys, vers la lisière sud-est du Bois-d'Havré et à la 
limite nord de SaintrSymphorien, mirent à découvert une craie 
phosphatée d'un aspect tellement différent, qu'il avait totalement 
trompé certains prospecteurs de gîtes phosphatés. C'était la 
Craie de Ciply sous son type gris bleu verdâtre plus ou moins 
foncé, telle qu'on l'exploite aujourd'hui dans la grande carrière de 
Saint-Symphorien. 

Ces mêmes recherches montrèrent que le phosphate riche résul- 
tant de la décalcification naturelle de la craie phosphatée, est 
bleu verdâtre foncé dans la région du Bois-d'Havré, c'estrà-dire 
quand il repose sur la craie phosphatée bleuâtre, alors qu'il est 
jaune brun ou brun rougâtre quand il dérive de la craie brune du 
type de Ciply. 

(>) Communication faite à la séance du 21 mai 1905. 



— M i38 - 

Enfin, le tufcaii nuiestriclitien ou montiez, qui est blane jau- 
nâtre ou jaune dans la région de (^lesmes, (Mply, Spiennes et 
jusque Saint-Syniphorien, présente une teinte gris bleu clair aux 
environs du Bois-d'Ilavré. 

Ces questions do eouleur peuvent paraître assez fui iles au pre- 
mier abord. Je vais montrer, au contraire, qu'elles conduisent à des 
déductions d'un certain intérêt. 

L'examen mieroseo])ique de la Ch*ai(^ de (Hply montre que la 
teinte brune ou bleue de la roelie dépend de celle des grainî- de 
phosphate de <diaux et non de la partie calcaire de la craie. 

(juant à la nature chimique de la différence de coloration, elle 
a été reconnue dejuiis longtemps par les chimistes qui ont fait des 
analyses des différentes craies phosi)hatées. A Ciply, etc., le fer 
qui entre dans la conq)osition des grains jdiosphatés est au maxi- 
mum d'oxydation ; au Hois-d'Havré, il est au minimum. 

Mais quelle est la cause de cette différencie dans Tétat d'oxyda- 
tion? F.-L. (V)rnet donnait celle-ci : la craie phosphatée est gris 
bleu quand elle se trouve sous le niveau de la nappe aciuifèi'c et 
gris brun (piand elle est au-dessus, c'(»st-à-dire quand elle est 
soumise à l'action oxydante des eaux météoriques. 

Cependant, peut-on objecter, à (^uesmes et à (^iply, notamment 
dans les i inmenses carrières sout(*rraines de la Société de la Malognc, 
on exploite» la roche bien au-dessous du niveau hydr()statit|iie cl 
pourtant, elle y est gris brun comme dans les ai'fleuremeuts. 

J'ai répondu en i8îM) (^) à cette objection, en faisant remarquer 
(jue l(»s parties d(^ la craie phosphatée gris brun cpii se trouNcnt 
aujourd'hui sous le niveau de la napi)e aquifère ont pu être 
au-dessus autrefois, à réj^xine, relativcnu^nt récente, où les 
rivières du pays coulaient au fond de leurs vallé(»s irérosion. 
aujourd'hui colmaté(»s <le couches épaisses d'alluvions. 

^ïais cette cause est cerlainenuMit insuffisante. 11 faut attribuc^r 
l)lutôt la dépression de la napx)e à une altitude plus grande de 
reusemble de la région par rapport au niveau de la mer. 

(•^) Coiniito rendu de la session extraordinaire do la Sodété {;éolo};hpie de 
Belgique, tenue à Mons du a3 au 27 septembre 1899. Ann. Soc. géol. de Bel^., 
t. XXVII, p. ccxxxv. 



— M iSg — 

Aux exploitations de la Société de la Malogne, à Ciiesmes, on 
constate que la eraie phosphatée, qui est gris brun au-dessous 
comme au-dessus du niveau des eaux souterraines, se montre 
cependant gris bleu dans la profondeur du gîte. 

11 semble qu'il faille admettre que la teinte normale de la Craie 
phosphatée de Ciply est le gris bleu. La teinte gris brun est une 
teinte ((^altération qui s'observe quand la roche se trouve, ou s*est 
trouvée, au-dessus du niveau hydrostatique, c'est-à-dire dans la 
zone d'oxydation (*). Telles sont les hypothèses que Ton peut faire 
a priori. 

8 3. 

Décrivons maintenant la coupe de la carrière de Saint-Sympho- 
rien et voyons si les faits qu'elle présente sont d'accord avec les 
suppositions qui précèdent. 

J'ai donné, dans le Compte rendu de la session extraordinaire 
de j8()(j, une description de cctti» carrière et en ai figuré une coupe 
transversale. Le croquis suivant (fig. i) représente une portion de la 
coupe longitudinale, tout près de l'extrémité sud de l'immense 
tranchée, dans l'état actuel des travaux (i8 mai i9o5). 

La craie phosphatée, dont la stratification est bien marquée par 
des zones remj)lics de rognons de silex assez espacés, est inclinée 
de 8 à lo" vers l'Ouest quelques degrés Nord. Nous sommes ici 
sur le bord oriental de la cuvette incomplète formée i)ar la craie 
phosphatée autour du Mont-Panisel. 

Cette coupe montre que le passage latéral du facics bleu au 
facics brun n'a pas lieu d'une manière tout-à-fait brusque, mais 
qu'il ne se fait pas non plus d'une façon graduelle. La craie brune 
pénètre par de larges indcntations dans la craie bleue. On observe, 
en outre, plus bas, au sein de la roche bleue, des zones colorées en 
brun, dont l'une s'avance jusqu'à la faille, sans la dépasser. Ces 
zones, de même que les indcntations que l'on voit plus haut, 
coïncident avec les zones de rognons de silex. Au contact, il y a 
séparation assez nette entre les deux colorations ; c'est à peine si 
l'on peut dire qu'il existe, à la limite, une zone j)artiellement 
décolorée d'un décimètre d'épaisseur. 

(^) On peut ajouter que la présence de la pyrite est fréquente dans la craie 
l^ris bleu, alors que ce minéral fait constamment défaut quand la roche est 
gris brun. 



— M l4l — 

LÉGENDE DE LA FIGURE I 

La figure montre, de haut en bas : 

I. — Pleisiocène, limoneux vers la surface, sableux plus bas (pour le 
détail, voir le compte rendu de 1899). 

NN. Niveau approximatif de la surface de la nappe aquifère, aujour- 
d'hui abaissée par l'épuisement. 

a. — Landénien. Sable très glauconieux, un peu argileux, mais assez 
perméable, vert noirâtre, avec cailloux peu roulés et verdis de silex gris 
foncé et petits galets bien roulés et polis de silex noir à la base {Lib et Lia). 

3. — Tufeau de Sainl-Symphorieny à thécidées, de teinte jAU/ie, taché de 
roux, avec gravier de nodules phosphatés à la base (Mb et Ma). Plus à l'Ouest, 
le tufeau est à l'état gris bleu. 

4. — Phosphate riche , gris verdâtre foncé. 
4'. — Phosphate riche, brun foncé. 

5. — Craie phosphatée, gris bleu. 
5'. — Craie phosphatée, brune. 

FF. — Faille ayant abaissé la craie phosphatée et le tufeau à gauche 
de la coupe. Elle est orientée Nord-Sud. 

§4. 

. L'on voit, par ce qui précède, que, dans la carrière de Saint- 
Symphorien, la partie bleue et la partie brune de la craie phos- 
phatée sont aujourd'hui dans une situation absolument équivalente 
relativement à l'eau souterraine, dont le niveau, avant l'établisse- 
ment des pompes, arrivait jusqu'à la ligne NN, à environ un mètre 
du sol. 

De plus, il n'est pas possible de supposer des conditions 
physiques ou tectoniques telles que la région bleue se soit trouvée 
dans l'eau alors que la région brune était au-dessus du niveau. La 
rég^arité du gisement exclut toute hypothèse de ce genre. 

La manière dont les deux craies s'engrènent l'une dans l'autre 
montre que la décoloration de la craie bleue ne peut pas être 
attribuée à des infiltrations verticales d'eaux oxydantes. On ne 
s'expliquerait d'ailleurs pas pourquoi ces infiltrations n'auraient 
pas eu lieu dans la droite de la coupe où toutes les conditions sont 
les mêmes qu'à gauche. 

La décoloration semble s'être effectuée sous l'influence d'eau 



— M i44 — 

que la décalcification ne s'est pas continuée depuis le dépôt des 
sables pleistocènes. 

A Cuesmes, Ciply, Mesvin, etc., on a partout exploité le pho8- 
phatc riche au-dessus de la nappe aquifère et, dans cette région, 
renrichissement semble s'être poursuivi aj^rès le dépôt du 
Pleistocène. 

A la grande carrière de Saint-Symphorien et dans la région du 
Bois-d'Havré, le phosphate riche est, comme à Baudour, noyé dans 
la nappe aquifère et pourtant, il semble, d'après certains faits, 
que le phénomène de décalcification se soit continué après le 
Pleistocène. Mais ici, il est probable qu'il faut attribuer, en partie 
du moins, la décalcification aux produits de l'altération du sulfure 
de fer contenu dans le sable noir landénien. Le phosphate riche 
du Bois-d'IIavré renferme près de 7 ^/o de sulfate calcique et 
partout où le sable landénien de la carrière Hardenpont repose 
sur une roche calcaire, on observe au contact une grande quantité 
de fines aiguilles de gypse. Les premiers sondages qui aient atteint 
le phosphate riche « ont livré passage à des soufflards de gîiz 
» acide carbonique qui ont parfois duré près de 48 heures, s'échap- 
» pant par l'orifice avec violence et avec un bruit semblable à celui 
» que produit l'échappement de la vapeur à haute pression » (M- 
Tous ces faits viennent à l'appui de notre h,\^othèse. 

On expliquerait ainsi que le phosphate riche du Bois-d'Havré, 
quoique décalcifié par des eaux d'origine météorique, n'ait pas 
subi d'oxydation et ait conservé sa teinte verdiitre, ces eaux ne 
lui étant parvenues qu'après avoir traversé le milieu réducteur 
formé par les sables pyritifères. 

En résumé, l'étude de la coupe figurée plus haut montre nette- 
ment la succession des phénomènes suivants : 

1° Dépôt de la Craie phosphatée ; 

2** Dépôt du tuf eau maestrichtien et du tuf eau montien, séparés, 
en réalité par un long intervalle ; 

3" Formation des silex dans la craie et les tufeaux ; 
4" Décoloration de la Craie phosphatée et des tufeaux ; 
5° Production de la faille ; 
6*^ Dépôt du Landénien ; 

(^) E. Denys, in Afém. de VUnion des Ingénieurs de Louvain, i885, p. 27. 
17 JUUJiET 1906 



— M 145 — 

7" Décalcification de la craie phosphatée aux endroits ot\ le 
tiifeau avait été dénudé (^). 

Pour se faire une idée des circonstances qui ont amené le phéno- 
mène de décoloration, il faudrait entrer dans le domaine de Thypo- 
tliése. 11 faudrait se représenter le pays tel qu'il était à l'époque 
de la période continentale correspondant au Montien supérieur. 

.le ne crois pas nécessaire de faire ici un tel essai de reconsti- 
tution. Il suffira d'admettre que les faits semblent indiquer que la 
décoloration s'est faite sous l'influence d'eaux provenant des parties 
extérieures du bassin et circulant dans la masse de la Craie 
phosphatée et du tufeau, garantie, peut-être, des infiltrations 
verticales par un revêtement d'argiles ou de marnes d'eau douce 
du Montien supérieur, qui subsistent encore dans les parties les 
j)lus déprimées de la surface du massif calcaire crétacéo-montien. 

Il est évident que l'eau ne pouvait circuler dans le tufeau et la 
craie i)hosphatée qu'à la condition d'en sortir quelque part, pro- 
bablement vers rOuest. ' 

La pénétration a dû se faire très lentement. En effet, la sépara- 
tion de la roche décolorée et de la roche normale est, en somme, 
très nette, sans zone mixte et nous savons, d'autre part, que le 
phénomène de décoloration demande un temps très long, puisque 
des tas de craie bleue, extraite des carrières et exposée à l'air 
depuis plus de dix ans, ne présentent aucun indice de décoloration. 

Il est clair que je ne fais appel à une circulation suivant les 
couches que pour expliquer le passage latéral qui s'observe dans 
la carrière de Saint-Symphorien, La décoloration a parfaitement 
pu se faire ailleurs par infiltration verticale, mais les renseigne- 
inents que je possède sur les gisements de la Malogne semblent 
montrer que, là aussi, c'est-à-dire au bord sud du bassin phos- 
phaté, le passage de la craie brune à la bleue se fait par des 
indentations analogues à celles de la coupe donnée plus haut. 

(*) Kii certains points où Ton trouve du phosphate riche, le tufeau ne 
manque que parce qu'il a été dénudé chimiquement sous le Landénieu« en ne 
laissant comme vestige de sa présence que ses silex. A Saint-Symphorien. 
uù le tufeau est légèrement phosphaté, une partie du phosphate riche peut. 
par place, lui être attribuée. 

ANX. soc. OÉOL. DE B£I^., t. XXXU. 3flM0IR£S, lO. 



— M i46 — 

Ces phénomèneH n'ont pu se passer dans les conditions hydro- 
logiques actuelles. 

§ 7. 

Je désire, pour finir, ajouter quelques mots à propos de la date 
de la formation des silex et de celle de l'ouverture des failles du 
Crétacé des environs de Mons. 

J'ai plus haut, n'envisageant que l'explication des faits présen- 
tés par la coupe de la carrière de Saint-Symphorien, placé 
l'époque de la formation du silex et de la production de la faille entre 
le dépôt du tufeau montien et l'arrivée de la mer landénienne. 

En réalité, il s'est formé du silex à plusieurs époques et des 
failles se sont ouvertes dans la craie à diverses reprises. 

Certaines failles sont antérieures au dépôt du tufeau. Telle est 
celle dont j'ai donné autrefois une figure et qui est encore visible 
dans la grande carrière de Ciply (^). 

D'autres failles sont postérieures au tufeau, qu'elles recoupent 
de haut en bas. Je citerai celle de la carrière de Saint-Symphorien 
(voir plus haut) et celle de la carrière des Gaillies, à Ciply (*). 

Toutes ces failles, quel que soit leur âge, coupent et rejettent 
les bancs de silex des assises qu'elles intéressent, mais il existe 
des failles, postérieures au tufeau, qui se sont remplies de véri- 
tables veines de silex, épaisses de quelques millimètres à plusieurs 
décimètres. J'ai aussi figuré une de ces failles à silex (^) et j'en 
ai signalé d'autres dans la craie de Spiennes, à Ilarmignies. 

Enfin, j'ai constaté que, dans le gisement phosphaté de Baudour, 
il faut admettre qu'il y a eu une remise en mouvement de la 
silice, postérieurement à la formation du phosphate riche. On y 
trouve des oursins, écrasés par le tassement qui a accompagné la 
décalcification et, dans cet état, recimentés par la silice. 

En outre, je possède, provenant du même gisement, un silex eu 
boule, creux à l'intérieur et à parois épaisses, renfermant du 
phosphate riche, lequel le remplissait complètement, ce qui exclut 
l'idée d'une décalcification de la craie faite au travers des parois. 

(^) Compte rendu de la session extraordinaire de 1899. Loc. ci7., fig. 9. 
(«) Ibidem, fig. 5. 
(3) Ibiilem, fig. 6. 



LES AFFLEUREMENTS 



du terrain tertiaire dans le Limbourg, 



PAR 



p. yELGE (^). 



L'attribution définitive à la faune du Forest-bed de CVomer, 
des bois de cervidés recueillis à Merxplas, a remis en question 
tout« la géologie tertiaire de la Campine. 

Je vais essayer de compléter ce qui a déjà été dit à ce sujet, en 
examinant quelques-uns des principaux affleurements du terrain 
tertiaire qui ont servi de base au tracé de la carte géologique du 
Limbourg. 

J'ai choisi comme exemples les trois sommets d'un grand 
triangle qui englobe la partie la plus inconnue de la Campine, 
savoir : Grenck, Helchteren, Houthaelen et Opitter-Gruitrode. 

Bien que la carte indique, en ces trois points, des superpositions 
de terrains identiques : le sable diestien sur le sable boldérien et 
celui-ci reposant à son tour sur le sable rupélien inférieur, et 
répartisse ces trois formations en larges nappes sur toute la 
contrée environnante, je pense, au contraire, que l'observation 
directe permet de dire que, dans tout le triangle en question et 
même à une gi*ande distance autour de ce triangle, le sous-sol 
n'e8t jamais constitué ni par le Diestien, ni par le Boldérien, ni 
par le Rupélien. Ces formations, an lieu d'y remonter à la sur- 
face, n'existent qu'à de très grandes profondeurs et leur ordre de 
superposition n'est pas même celui indiqué, car la succession 
directe du Boldérien au Rupélien inférieur impliquerait la non 
existence du Rupélien supérieur ou argile de Boom, alors que 

(M Communicatiou faite à la aéanoe du 16 juillet igoS. 



— M i4ô — 

cette dernière semble avoir été réellement rencontrée sous «ne 
épaisseur de 70 à loo mètres dans la plupart des grands sondages 
liouillers, forés postérieurement à la publication de la carte. 

Je considère ce qui a été i>ris, aux endroits susdits, pour le sous- 
sol diestien, comme étant du Poederlien, le soi-disant Boldérien 
comme du Scaldisien et le soi-disant Rupélien comme étant égale- 
ment du Scaldisien, tout au moins à Gruitrode et à Helchteren. 
Quant au prétendu Tongrien du sondage de la station de Genck, 
il pourrait bien être le Boldérien véritable. 

Comme point de comparaison, je ferai remarquer qu'il existe, 
entre ces assises supposées et les assises réelles, une distance 
verticale équivalant à celle qui sépare, à Bruxelles, les phyllades 
siluriens qui sont au fond (^u puits artésien de la gare du Midi, 
des formations éocènes supérieures qui sont au sommet de 
l'avenue Brugmann. Pour faire cette démonstration, je constate 
d'abord que le Diestien supposé des trois localités susdites, est 
surmonté directement par le sable de Moll : 1° à Genck, ce que 
personne, je pense, ne contestera ; 2** à Gruitrode et à Houthaelen 
où je l'ai constaté également. 

Depuis que l'âge tertiaire des mammifères fossiles de Merxplas 
est établi ^t étant donné la superposition de l'argile de ce nom 
au sable de Moll, . ce dernier devient incontestablement tertiaire 
lui-même. Par conséquent, devenant membre de la série tertiaire, 
il y a de fortes présomptions pour retrouver, sous ce sable ter- 
tiaii*e, dans les parties inexplorées du Limbourg, à peu près les 
mêmes assises que l'on est habitué à rencontrer dans les parties 
mieux connues de la province d'Anvers. 

Or, le sable de Moll se trouve à proximité du moulin de 
Gruitrode, non en contrebas du Diestien supposé, ainsi que cela 
résulterait de l'interprétation publiée du grand sondage géolo- 
gique d'Opitter, mais légèrement en contre- haut, au Niesenberg et 
dans les beaux affeurements à l'ouest de cette colline. 

A Houthaelen, j'ai trouvé le même sable au sommet de la colline 
de Ten-Hout et dans des rapports de superposition identiques. 
Si l'on examine la composition minéralogique, il est bien certain 
que l'aspect du sable glauconifère du sommet, au moulin de 
Gruitrode, quoique rappelant un peu celui du Diestien, en diffère 
pourtant notablement. C'est plutôt de l'argile sableuse et les 



— M i49 — 

grains de glauconie n'y sont pas en proportion comparable à celle 
du Diestien ordinaire. 

L'épaisseur de l'ensemble, 4"* à 5" à Gniitrode, une dizaine de 
mètres à Honthaelen, concorde aussi très peu avec la puissance 
considérable que Ton connaît au Diestien situé à proximité, vers 
l'Ouest. 

Il est possible qu'il y ait quelque ressemblance avec le coralUne- 
crag anglais, mais le fait est difficile à contrôler et aussi peu 
concluant que l'air de parenté que l'on dit exister entre les sables 
inférieurs de Gruitrode et ceux extraits des sondages du canal de 
Willebroeck. 

Ces derniers, du reste, sont situés sous Vargile de Boom, alors 
que ceux du Limbourg reposent sur cette môme argile. 

L'argument tiré de la faune du moulin de Gruitrode est encore 
moins démonstratif, car, contrairement ii ce qui a été publié, 
cette faune n'est pas diestienne. 

Elle se compose de Ostrea ediilis, Cyprina islandica, Cardinm 
decorticatum et Cerithiiim tricinctiini. 

Or, les trois premières espèces, qui ont fait leur première appa- 
rition dans les mers miocènes, tmt continué à exister jusque dans 
les mers actuelles. Elles sont donc loin d'être caractéristiques 
pour l'époque diestienne, que l'on prenne celle-ci pour miocène ou 
pliocène. 

Quant à la quatrième et dernière espèce, Cerithinni iricinctnni, 
elle n'a été signalée jusqu'ici que dans le crag jaune d'Anvers et 
démontre plutôt que son gisement serait scaldisien lui-même, ce 
qui confirme les observations stratigraphiques précédentes. 

Je rappellerai aussi les résultats des forages liouillers du 
Limbourg qui, quoique peu précis, si on les prend isolément, sont 
unanimes cependant à renseigner à grande prof(mdeur et bien 
au-dessous du soi-disant Rupélien de Gruitrode et de Iloutliaelen, 
non seulement des sables diestiens et, d'après un renseignement 
inédit. Isocardia cor du Scaldisien, mais l'argile du Rupélien 
supérieur elle-même. 

A titre d'anomalie, je ferai remarquer encore que la carte de 
Houthaelen, près de la station de cette localité, figure du Diestien 
à la cote -j- 4^» ^^ sable boldérien supérieur, Bdd, entre -f 4^ 
et + 6o, du sable boldérien inférieur, Bdb, dans les parties plus 
élevées de la colline de Ten-Hout. 



— M i5o — 

Pour dissiper un autre malentendu, je crois devoir insister à 
nouveau sur Fordrc de superposition des assises tertiaires de 
Casterté^ où ce que je considère comme seul sable de Moll, se 
trouve non sous la base du Poederlien, c*e8t*àrdire sous la cote 
-f 20, mais au-dessus du Poerderlien, dont le toit est vers -f a5. 

Je considère, d'autre part, le sable blanchâtre de Casterlé, 
inférieur au Poederlien, comme correspondant au sable scaldisien, 
improprement rangé dans le Boldérien à Houthaelen et au moulin 
de Gruitrode. Quant au sable fossilifère trouvé par sondage, souh 
le sable de Moll, à Wortel et à Strybeek, il me paraît probable 
qu'il appai*tient aux bancs supérieurs du Poederlien, dont on no 
connaît, à Casterté et dans le Limbourg, que les bancs inférieurs. 



Le sud-est du Limbourg néerlandais 



(«'. 



PAR 



p.-p. JJhlenbroek 

Inoéniiur-obologub. 



PUiNCHES V et VI. 



Avant- propos. 

La région dont j'ai cru pouvoir entreprendre l'étude, a fait, à 
diverses reprises, l'objet de publications cartographiques et le 
sujet de nombreux mémoires descriptifs. 

Parmi les premières, il y a lieu de citer, en toute première 
ligne (*), la Carte géologique des couches crétacées du Limbourg 
en dessous des assises quaternaires et tertiaires^ à l'échelle du 
100 000% de J. BiNKHORST VAN DEN BiNKHORST, paruc cu i858 ; 
puis vinrent successivement la Geologische kaart van Nederland, 
à l'échelle du 200 000®, de W. Starino, éditée de i858 à 1867, 
VEpreuve d'une carte géologique d'une partie de r arrondissement 
de Maestricht, duché de Limbourg hollandais^ à l'échelle du 
75 000®, par H. Labry, sans date d'impression, et la Geologische 
Karte der Rheinprovinz und der Provinz Westfalen, Sect. Aachen^ 

(*) Mémoire présenté à la tséauco du ig février 1905 et dont la publication 
a été ordonnée à la réunion du 19 novembre jgoS. 

(*) D'après une récente notice de M. le prof. G. Dewalque, Ann. Snc, 
géoL de Belg , t. XXXIl, p. B 5(3, le général néerlandais Van Panhuijs aurait 
dres.se, en i85o, par ordre du Gtmvernenient, une carte géoloffi<|uo de la 
partie méridionale du LimT)ourg hollandais, qui serait vraiseniblablonient la 
pins ancienne, et Taurait présentée à la réunion des naturalistes et médecins 
allemands, qui se tint à Bonn en 1857, 



— M l52 — 

à l'cchelle du 80 000®, de H. von Deciiën, dont la seconde édition 
fut publiée en 1866. 

Tous ces essais, effectués à l'aide de cartes à petite échelle, 
dont le canevas topographique était insuffisant et ne donnait pas 
<r indications de niveau, étaient forcément peu détaillés; TeziA- 
tence d'importantes failles ne pouvait que très difficilement 
s*cn déduire ; Ton ne parvenait pa« à se rendre compte des causes 
qui ont pu déterminer les très notables variations d'épaisseur de 
toutes les couches crétacées. 

La lecture de divers ouvrages descriptifs, parmi lesquels il faut 
mentionner ceux de W. Staring (*), Triger (*), J. Binkhorst {^), 
J. Bosquet (^), J. Ubaghs (•'^), H. von Declicn (*'), A. Dumont(~), 

(M W.-C.-II. Staring. De Bodem van Nederland. llaarlem, I, i856; II, i8Gt). 

(') Trigkr. Sur la craie de Maestrîelit. BttlL Soc, géoL de France, t. XV, 
pp. jio5-20(), i85--i858. 

— Observations au sujet d'une communication de M. Binkliorst sur la 
craie de Maestricht. Ibiii., t. XVII, pp. 104-107, 1859-1860. 

(-') J.-J. BiNKHORST VAN DEN BiNKHORST. Geologlsche und palipoutolo- 
};ische Skizze des lierzog^thums Limbui*};. RheinL à. Westfal. Verh, Bonn, 
Pl>. 307-4a5, 1839. 

— Ksquisse géologique et paléontologique des couches crétacées du Lim- 
bourg, et ]>lus 8])écialemeut de la craie tuffeau, première pai*tie. Maastricht, 
Van Osch-America et CM, 1859. 

— - Sur la craie de Maestricht. Bull. Soc. géol. de France, t. XVII, pp. Gi- 
66, 1859-1860. 

— Sur la découverte d*un grand nombre do gastéropodes dans la craie de 
Maestricht. Ibid,. t. XX, p. 6o3, i862-i863. 

— Relation de Texcursion faite par la Société géologique de Franco, à 
(rueulhenetà Fauquemont, le 2 septembre i863. Ibid., t. XX, pp. 804*810, 
1862-1863. 

— Coupe du terrain crétacé entre Ileunsberg et Fauquemont. Ibid,, t. 
XXÏ, pp. 16-19, i863-i864. 

(*) J. Bosquet. Recherches paléontologiques sur le terrain tertiaire du 
Limbourg néerlandais. Sederlamh geol. Kaari Vcrhandelingen, VII. Ams- 
terdam, 1859. 

(') J.-C. rRAGHS. Beobachtungen ueber die diemische und inechanische 
Zersetzung der Ki'eide Limburgs und dei'en Kinwirkung. Loewen, 1859. 

— Die Bryozoen-Schichten der Maastrichter Kreidebildung, nebst einigen 
neuen Brvozoen-Arten aus der Maastrichter Tuff-Kreide. VerhandI, y ai.- 
hist. Ver.. Bonn, Bd. XXII, pp. 3i-62, i865. Zeitschr. d. Oen. fikr ge»unttnl 

Xaturoias. Halle, Bd. XXVII, pp. 344-346, 1866. 

— Kssai sur les couches de bryozoaires du tuf f eau de Maestricht. PubL 
Soc. archéoL du Limbourg', 1866. 

— Sur les cailloux roulés des dépôts quaternaires et sur les antiquités 



— M i53 — 

R. Lepsius (*) et A. Erens (^), permet de sappléer» en partie, à 
cette infioffisance de renseignements. 

Ainsi, le premier de ces auteurs, s'il n'indique pas sur sa carte, 
ù cause vraisemblablement de la petitesse de son échelle, les 
points d'affleurements observés, les précise cependant, dans son 

préhistoriques» du duché de Limbourg. Conyjte rendu du Congrès préhisto- 
rique, VI, pp. i44~i49f 187a. 

— Description i^éolof^ique et paléontologique du sol du Limbourg. Ruro- 
inoiide, 1879. 

— Connaissances actuellement acquises sur les assises crétacées du 
Limbourg. Ann. Soc r, malac. de Belg., t. XVII, pp. 57-66, i88a. 

— Quelques considérations sur les dépôts crétacés de Maestrichl, dans 
leurs connexions avec les couches dites maestrichtienues deCiply. Bull. Soc, 
belge de géoL, 1. 1, Proc.-oerb,^ pp. 58-66, 1887. 

— Compte rendu général des séances et excursions de la Société belge de 
géologie, de paléontologie et d'hydrologie à Maestricht, les 17, 18 et 19 
septembre 1887. Ibid,, t. I, Mém,^ pi). aof>-a34, 1887. 

— Sur Torigine des vallées du Limbourg hollandais. Ibid., t. VI, Mém,, 
pp. 150-169, 1892. 

— De geologische aardvorming van Limburg. Naluur.-en geneesk. Congres 
ifan Xederland, 1887. 

— Het alluvium en maasdilnvium in Limburg en de meor zuidelijko 
vei-spreiding der skandinaafsche gesteenten. Ibid.^ 1889. 

— Eenige nieuwe belangrijke vondsten voor de limburgsche krijtvorming. 
Ibid., 1891. 

('') H. VON Dkchkn. Krliiuterungen zur geologischen Karte der Rhuin- 
provinz und der Provinz Westphalen sowie eîniger angrenzenden Gegenden. 
Bonn, A. Henry, Bd. i, 1870; Bd. II, 1884. 

(') A. -H. DuMONT. Mémoires sur les terrains crétacés et tertiaires, i)ré- 
paréK par feu André Dumont ]K)ur servir à la description de la carte géolo- 
gique de la Belgique, édités pur Michel Moi'RIX)N. Bruxelles, K. Hayez, 
t. I, Terrain crétacé, 1888. 

(^) R. Lepsius. Géologie von Deutschland und den angrenzenden Gebieten. 
I. Theil. Das westliche und sûdliche Deutschland. Stuttgart, Ëngelhom, 
1887-1892. 

(^) A. £rkks. Note sur les roclies cristallines recueillies dans les dépôts 
de transport du Limbourg hollandais. Ann. Soc. gëoL de Belg., t XVI, p]). 
•^95-444, 1888-1889. 

— Recherches sur les formations diluviennes du sud des Pays-Bas. 
Archin. du Mus. Teyler, Haarlem, 1891. 

— Le courant normano-breton de Tépociue glaciaii*e et le trans])ort des 
roches originaires des côtes occidentales de la France, jusqu'au sud des 
Pays-Bas. Ibid., 189a. 

— Observation sur l'Oligocène supérieur dans le Limbourg hollandais et 
en Belgique. Bull. Soc. belge de géol., t. IX, Proc-verb., pp. Ii-i5, 1895. 



— M î54 — 

mémoire descriptif, avec une exactitude telle, qu'on les retrouve 
sans difficulté. Ce savant avait également connaissance de Texis- 
tence de plusieurs failles dans la région considérée, ainsi que Ta 
fort exactement fait remarquer M. C. Schrœder van der Kolk (*) ; 
mais les renseignements qu'il donne sur leur parcours sont trop 
vagues pour que celui-ci puisse être retrouvé. 

Dans le travail que je présente à la Société géologique, c'est à 
la détermination de ces cassures que je me suis le plus attaché; 
les limites et les affleurements de la partie belge de la carte m'ont 
été obligeamment communiqués par M. l'ingénieur H. Forir, 
auquel j'exprime ma gratitude. 

J'ose espérer que, quelque imparfait que soit encore mon essai, 
à cause surtout de l'absence d'une carte topographique à courbes 
de niveau, il pourra rendre certains services. 

Bloemendaal, le lo mars igo5. 



(*) J.-L.-C. Sghrokder van der Kolk. Staring en het steenkolenvra- 
genstuk in Zuid-Llmburg. Verslag. n. d. K, Akad, u, Wetenachappen, te 
Amsterdam, Deel X, pp. 781-735, i pi., 190a. Hev. unw, d, mines, 3« série, 
t. LVIIl, pp. 118-117, 190a, 



— M i55. — 
CHAPITRE I. 

Aspect physique de la contrée. 

La partie méridionale du Limbourg néerlandais, Ui « Petite 
Suisse », comme on rappelle souvent, forme une transition natu- 
relle entre la partie septentrionale, moins accidentée, de cette pro- 
vince et le Pays de Hervé, dont elle diffère cependant aussi par 
rabondance des cours d'eau qui la traversent de toutes parts. 

Le principal de ces cours d'eau est la Geule, petite rivière prenant 
sa source sur le territoire allemand, si l'on considère, à cause de 
sa direction, le Hohn-Bach, petit ruisseau provenant du Lontzen- 
Baseli, comme étant sa première partie. La Geule proprement 
dite passe par Moresnet (territoire neutre), Bleyberg et Sippena- 
ken (Belgique) et pénètre en Hollande au nord de ce dernier vil- 
lage ; sa direction générale est d'abord SE.-NW. jusque Epen; elle 
devient ensuite S.-N. jusque Mechelen, puis SSE.-NNW, jusque 
Schin-op-Geulle, où elle s'infléchit vers le WNW., pour traverser 
Faoquemont (Valkenberg) et aller se jeter ensuite dans la Meuse. 

Ses affluents orientaux sont d'abord le Lomberg-beek, prenant 
sa source à Vijlen, où sa direction est SE.-NW., et ne tardant pas 
à se tourner vers l'W., pour se réunir à la Q^ule à Mechelen ; 
vient ensuite le Selzer-beek, naissant à Vaals, traversant Lemiers, 
Mamelis, Niswijlre et Wahlwijlre, du SE. au NW., puis se cour- 
bant vers rW., pour rejoindre la rivière principale à Wittem. 

Le troisième et dernier de ces tributaires est l'Eijser-beek, 
apparaissant à Overhuizen, se dirigeant, comme les autres, vers le 
XW., jusque Simpelveld, où il s'infléchit vers l'WSW. jusque 
Over-Eijs, pour prendre ensuite son cours vers l'W. et atteindre la 
Geule à Capolder, après avoir traversé Eijs. 

Il n'existe qu'un seul affluent occidental, c'est la Guipe, petite 
rivière à cours d'abord SE.-NW., prenant sa source en Belgique, 
traversant Teuven (Belgique) et Slenaken, puis se recourbant 
vers le NNE., un peu au sud de Beutenaken, enfin vers le NE., à 
Pesttken, jusqu'un peu au N. de Galoppe (Gulpen) où elle rejoint 
la rivière principale. 

Tous ces cours d'eau sont très sinueux et ont un courant rapide; 
leur pente, par kilomètre, peut être évaluée comme suit : 



— M i56 — 

La Geule, de la frontière belge à Galoppe, S'^So 
de Galoppe à Schin-op-Geulle, 4"^^ 
La Guipe, de Slenaken à Galoppe, 4™^^ 

L'Eijser-beek, de Simpelveld à Capolder, 7'"5o 
Le Selzer-beek, de sa source à Wittera, S'^So 
Le Lomberg-beek,de sa source à Mechelen, 9"»oo, 

Les vallées sont très larges, si l'on considère la faible importance 
des cours d'eau ; leurs A'^ersants, généralement en pente douce, ont 
été mis en culture jusqu'à une assez grande hauteur ; leur partie 
supérieure seule est boisée. On observe rarement des terrasses, 
et celles-ci n'existent qu'aux endroits où le versant est tourné vers 
le Sud. 

Des pentes abruptes sont visibles au sud d'Epen, sur la rive 
droite de la Geule, et un peu aussi sur la rive gauche; on en 
remarque presque partout le long de la rive droite de la Guipe ; 
les ruisseaux en montrent de temps en temps également, sur la 
rive droite. 

liCs plateaux sont plans ou peu ondulés ; d'une façon générale, 
ils sont faiblement inclinés vers le Nord-Ouest. 

Les points culminants de la région se trouvent près de la fron- 
tière belge, dans les bois de Holzet -f- 274 m., de Harles + ago 
m., et dans l'Aachener-Wald, -f 32a"\5o ; entre la G^ule et la 
Guipe, le point hollandais le plus élevé est à la cote -f" ^^^ 01- 
Plus au Nord, au-delà de l'Eijser-beek, on observe des altitudes 
de -|- 200 m. et davantage, exceptionnellement de + 240 m. 

L'aspect du pays est riant ; il est composé de collines à formes 
arrondies, dont les parties supérieures sont couvertes de bois 
dans lesquels dominent le noisetier, le chêne, le hêtre et le bou- 
leau ; sur les parties sableuses des plateaux, croissent des 
conifères. 

Les pâturages sont nombreux dans les vallées et sur les ver- 
sants, plus rares et peu étendus sur les sommets compris entre la 
Geule et la Guipe ; cependant l'élevage du bétail n'a qu'une impor- 
tance secondaire dans la région. 

La culture des céréales est très importante : l'avoine, le froment, 
l'orge sont très cultivés, de même que la luzerne, la pomme de 
terre, la navette, etc. 



— M i57 — 

Les travaux miniers se réduisent à très peu de chose. Ancienne- 
ment, on a fait des recherches de houille et de minerai de zinc qui 
n'ont pas donné lieu à des exploitations, si l'on en excepte quelques 
charbonnages. 

La pierre de Maestricht et de Fauquemont, quoique constituant 
un bon matériel de construction, ne se transporte pas à grande 
distance et n*est utilisée que dans le voisinage des oArrières, où le 
travail est irrégulier et intermittent. La craie ou marne, au con- 
traire, s*extrait un peu partout et est utilisée en grand, à Vijlen, 
pour la fabrication du ciment. 

Enfin, on trouve, de-ci de-là, des ballastières et des sablières. 



— M i58 — 
CHAPITRE II. 

Description des couches. 

Le sol de la partie sud-est du Limbourg néerlandais se compose 
d'une assez forte épaisseur de terrains horizontaux, ou plutôt, 
légèrement inclinés vers le Nord-Xord-Ouest, et qui appartiennent 
au Crétacé supérieur, au Tertiaire et au Quaternaire. 

Houiller. 

Ils reposent, en stratification discordante, sur le terrain houiller 
redressé, ainsi que Ton a pu s'en convaincre par des sondages, car 
ce terrain n'affleure que dans la vallée de la Geule, entre la fron- 
tière belge et le village d'Ei>en. Partout ailleurs, il s'enfonce sous 
les sables de l'assise d'Aix-la-Chapelle. 

A son tour, il doit surmonter le Calcaire carbonifère. D'après 
C. Ubaghs (*), les couches supérieures du Dévonien doivent avoir 
été rencontrées, sous le Houiller inférieur, dans un forage exécuté 
à Bommerig (Epen), et sur l'emplacement duquel je n'ai pu obtenir 
aucun renseignement. 

C'est à Terziet (Epen), que l'on observe le mieux les schistes 
houillers ; ils sont bleuâtres et se divisent en baguettes sous le 
choc du marteau, ce qui, d'après les observations de M. H. Forir, 
doit les faire rapporter à l'assise inférieure, sans houille (Hib) : 
plus haut, sur la colline, ces schistes sont altérés en une argile 
noire, très plastique. 

Assise d'Aix-la-Chapelle. 

L'assise d'Aix-la-Chapelle est formée de sable quartzeux, blanc, 
quelquefois coloré en rouge par de l'oxyde ferrique et contenant 
quelques lentilles d'argile bleuâtre ou violette. 

Il n'affleure, dans cette région, que dans la vallée de la Geule, 
à Kuttingen (Epen), le long du Selzer-beek, de Vaais à Lemiers 
(Vijlen) et dans le vallon du Zievers-beek, aboutissant à cette der- 
nière localité, où se trouve une grande sablière, qui mérita d'être 
mentionnée. 

(^) C. Ubaghh. Description géologique et paléontologique du sol du 
Limbourg. Ruremonde, Romeu et fils, 1879, p. 180. 



— M i59 — 

Coupe de la sablière de Lemiers (Vylen). 
Niveau du sol -(- 178.75. 

Limon, sans silex à la partie supérieure, avec silex 

fragpsientaires à la base (a/e) on*.75 

Craie glauconifère, altérée, contenant, vers la base, 

des nodules peu altérés de la même roche (Cp3a) . a"^.oo 

Couche verte, graveleuse, diminuant d'épaisseur vers 

le SW. (Cpaa) o«.a5ào".io 

Lignite, disparaissant vers le SW. (Cpi) o^.oS à o™.oo 

Sable blanc, avec tubulations verticales de sable 

rouge (Cpi) i™.oo 

Sable blanc (Cpj) 8«.5o 

La surface de la nappe aquifère se trouve à la cote -f- 162.00. 

Dans cette exploitation, le sable aachénien est incolore ; ses 
grains sont roulés et deviennent, parfois, assez volumineux pour 
recevoir le nom de cailloux pisaires ; on y remarque quelques 
zones ligniteuses de deux à trois centimètres. 

La partie supérieure de ce sable contient de nombreuses tubula- 
tions verticales, de la grosseur du doigt, s'arrêtant brusquement à 
la surface d'une couche de sable très blanc ; ces tubulations sont 
vraisemblablement dues à l'infiltration d'eau qui s'est chargée 
d'oxyde ferrique en traversant la couche graveleuse, glauconifère, 
supérieure. 

Ce qui frappe, dans cette coupe, c'est l'épaisseur minime à 
laquelle se trouve réduite l'assise de Hervé, qui est constituée 
uniquement par cette couche graveleuse, glauconifère, dans 
laquelle j'ai trouvé deux silex noirs, de la grosseur du poing, qui 
ne peuvent y être en place. 

Cette assise graveleuse est recouverte de craie glauconifère, 
ayant, en grande partie, perdu, par dissolution, son carbonate 
calcique, sauf en quelques nodules, mieux conservés, situés à sa 
partie inférieure. Cette craie contient de nombreuses Belemnitella 
mucronata^ Schl. sp. et des cailloux peu abondants, semblant 
provenir du dépôt qui la recouvre. Pas plus que les silex précé- 
dents, la craie ne paraît être en place ; elle pourrait avoir été 
entraînée, par glissement, du sommet de la colline^ avant que 
l'érosion ne l'eût débarrassée de son manteau crayeux. 



— M i6o — 

Le sable d'Aix-la-Chapelle est aqiiifère et alimente les x>nits 
domestiqaes de Vaals. Il s*étend très loin en Allemagne et on le 
suit également au delà de la frontière belge, dans les vallées de la 
Geule et de la Guipe ; dans cette dernière, il s'enfonce sous 
rassise de Hervé au sud de la frontière hollandaise. Plus au Nord, 
on le retrouve, en sous-sol, à Epen, à Hurpesch (Epen) et proba- 
blement à Partij (Mecheleri), où Ton a exécuté un sondage dont je 
n'ai pu, non plus, me procurer la coupe. 

On ne le mentionne pas, dans la région que j'ai étudiée, à l'ouest 
de la Geule ; mais à l'est, on l'a rencontré dans des forages à 
grande profondeur exécutés, le premier à Froschenhauschen ou 
Vrusschehueske (Heerlen), en i856 ou 1867, et le second, à Doi"p 
(Boclioltz). Staring donne la coupe suivante du premier : 

Sondage n^ i de Vrusschehueske, d'api^s W.-C.-H. Staring. 

Niveau du sol + 176.00. 

Epaisseur Profondeur 

Limon (ç^m) 7'*.5o 7™.5o 

Diluvien (q2m) 11". 5o i9™.oo 

Marne de Kunraede (Cp3) 16". 00 35". 00 

Sable hervien (Cp^h) 69".oo io4"'.oo 

Gravier vert, hervien (Cpaa) .... i™.io io5™.io 

Sable aachénien (Cpi) 82"».90 i88"*.oo 

Houiller (Hu) i2".oo 20o™.oo 

Comme on le voit, l'assise d'Aix-larChapelle y est ti'ès déve- 
loppée, 82".90, et est surmontée de la couche caractéristique de 
gravier vert, que, ainsi que nous venons de le voir. Ton trouve 
aussi dans les environs de Yaals et qui est la base de l'assise de 
Hervé. 

Une coupe sommaire du sondage de Dor]) (Boclioltz) a été publiée 
par F.-L. Cornet en 1877 (*). M. H. Forir a bien voulu me commu- 
niquer les renseignements plus développés qui suivent. 

(*) F.-L. CoRSKT. Notice sur le bassin houiller limbourgeois. Ann. Soc 
e^ol. de Belg,, t. IV, p. i3G, 187;. 

18 OCTOBRE 1905. 



— M l6l — 

Sondage du village de Bocholtz, d'après M. H. Forir. 

Niveau du sol + 177.00 

Epaisseur Profondeiu* 

Limon (q3m) 7™.95 7"*. 95 

Sable jaune, avec gravier (r/a.s/n). . . i4™.95 22™. 90 

Assise compacte de silex,avec urgile(S\v i™.9o 24"^. 80 

Sable gris (C/)2fc) ^'".So 3çf^,6o 

Sable vert {Cp'jb) i'".90 4^'"-^^ 

Sable avec pjTite (Q)26) 11"*. i5 52™.65 

Sable bigarré, avec pyrite (Cpsb) . . 2™. 20 54™.85 

Sable gris (C/ii) 3™.35 58"».2o 

Sable noir (Cpi) o"\95 59"'. i5 

Argile grise (C/>r) 3'". 80 62"^95 

Sable compact (Cpi) i3™.35 76™.3o 

Argile grise, compacte (Cpi) .... 7™. 00 83"*. 3o 

Sable avec pyrite et lignite (Cpi). . . 4'"-'5 S']^\^5 

Grès avec silex (?) (Cpi) o™.3o 87"».75 

Ilouiller (H2) 8™.6o 96™.35 

L'épaisseur des sables d'Aix-la-Chapelle se trouve donc réduite 
ici à 32"*. 90 ; elle est moindre encore dans rextrème sud du Lim- 
bonrg néerlandais, où elle n'a plus qu'une quinzaine de mètres. 

Assise de Hervé. 

Comme nous venons de le voir, l'assise de Ilerve débute par une 
oouche de fin gravier, ordinairement vert foncé et extrêmement 
glauconifère (Cp2a). Nous l'avons montrée réduite à quelques 
centimètres dans la sablière de Lemiers (Vijlen) ; à une faible 
distance à l'W. de ce point, elle a été rencontrée par sondage à 
Hurles, où elle a un mètre ; nous l'avons vue également, en affleu- 
rement, avec une puissance égale, derrière le château de Vals- 
broek ; et le forage de Vaals, de môme que celui de Vrussche- 
hneske, a démontré son existence, sous la même épaisseur. 

Son aspect change dans la vallée de la Geule, où elle se compose 
de sable graveleux, jaune, peu glauconifère, visible à Kuttingen 
(Epen). 

ANS. soc. GÉOL. DE BEIiG., T. XXXII. MKMOn{E.S, II. 



léi 



Au dessus de ce cailloutis, se trouve une assise de sable fin, 
jaune ou verdâtre, contenant de la glauconie en quantité relative- 
ment minime, et souvent plus ou moins ligniteux (Çpab). Son 
épaisseur est variable : à Vaals, elle atteint vingt mètres ou même 
un peu plus ; à Cottessen, sur la rive droite de la Geule, elle n'a 
plus que treize mètres. Vers le haut, le sable devient argileux et 
renfenne des nodules arénacés, dépourvus d'argile ; plus haut 
encore, il prend une teinte plus brune ou verdâtre sale, et se 
charge de plus -de glauconie, ainsi qu'on le voit très bien sur la 
colline située au sud de Vaals, où il passe insensiblement à une 
alternance de fortes couches de sable et de bancs d'argilite ayant 
une puissance variant de o'".i5 à o*".6o ; cette alternance constitue 
un faciès que Ton ne rencontre pas habituellement. 



Z60 



*V 






U6.S 



xiû. 



. 



}6Û' 



1 ice'^^ 



Séud. 



Salit. OToiAaac, 



/W«#yik^ ^1»»» pefi 




âtA 



sÀé.y 
léSj 



lié 



n 



'/' 






Fi«. 1 



Comparaison de la coupe de deux puits, distants de 36o m., forés au sud de 

Vaals. Echelle de i : 5oo. 



L'argilite fraîche est bleu verdâtre, très glauconif ère et très mica- 
cée ; elle est ordinairement très dure et remplie de fossiles ; par 
altération, elle devient limoniteuse, rouge ou brune, et elle est, 
d'habitude, moins fossilifère : le sable intercalé entre les bancs de 
cette roche contient parfois aussi des coquilles à l'état d'empreinte. 



— M i63 — 

mais qu'il est presque impossible de récolter, à cause de leur 
manque de cohérence. A l'état frais, les grains de glauconie qu'il 
contient sont grands et verts ; altérés, ils deviennent petits et 
bruns, et toute la masse du sable prend alors une teinte brune. C^es 
iliffêrences s'observent dans deux puits (fig. i) distants l'un de 
l'autre de 36o m., forés au sud de Vaals. 

La comparaison de la coupe de ces deux puits montre que les 
bancs d'argilite sont lenticulaires, discontinus ; ils forment, 
généralement, la base imperméable de nappes aquifères, produi- 
sant des sources sur les flancs des escarpements. A Vaals, la 
source la plus élevée se trouve à la cote 277. 

Staring dit avoir trouvé du sable glauconifèreà Overs-Eijs ; 
Dumont parle également de sable glauconifère en affleurement 
dans cette localité, mais ne se prononce pas sur son âge. Je n'ai 
pu retrouver ce ou ces gisements, malgré les forages que j'ai tenté 
deffectuer, mais sans résultat, à cause de l'abondance des silex. 
Par contre, j'y ai constaté, à la cote iii*", l'existence de sable glau- 
conifère, dans une source aujourd'hui captée. 

Dans la vallée de la Geule, et déjà un peu plus vers l'Est, la 
partie supérieure de l'assise de Hervé se compose d'argilite fossi- 
lifère {Cj)2<'), dans laquelle on trouve, à plusieurs endroits, des 
niveaux de smectique à BaciiUtes vertebralis, Lmk. et Cuciillœa 
siibglabra^ d'Orb. 

Les fossiles suivants ont été trouvés à ce niveau, d'après les 
déterminations de M. H. Forir. Ceux qui sont marqués d'un 
astérisque (*) font partie de ma collection ; les autres se trouvent 
dans la Collection de géologie de l'Université de Liège. 

Actinocamax quadratus, Blainv. sp. Galoppe, 

Scaphites aquisgranensi», Schliît. Galoppe, Aix-la-('hapelle, 

Voluta remota, de Ryckh. sp, Limbourg hollandais, 

VoliitiUthes subsemiplicata, d'Orb. np. Vaals, 

Volutoderma fenestrata, Roem. Galoppe, 

Semifiisus coronatus, Roem. sp. Galoppe, 

Rostellaria papilionacea, Gdf . Galoppe, 

Chenopus granulosus, Miîll. Sondage de Langenveld (Simpol- 
veld), 

Lispodesihes Schlotheiwi, Roem. Bois d'Aix, *Cottessen, Fau- 
quemont, Galoppe, *IIolset, sondage de Langenveld (Simpelveld), 



*— M 164 — 

Helicaulax graniilata^ Sow. «p. Galoppe, 
Cerithiiun binodosuniy Roem. Galoppe, 
Tnrritella multilineata, Mûll. Galoppe, 

— scalaris, Miill. Galoppe, 
Amauropsis exaltata, Gdf. sp. Vaals, 
Pleiirotomaria supracretacea, Favre, Guloppe, 
Entalis sp. Sondage de Langenveld (Simpelveld), 
Ostrea armata, Gdf. *Aix-la-Chapelle, 

— laciniata^ Nilss. sp. Aix-la-Chapelle, 

— semiplana^ Sow. Galoppe, 

— vesicularia, Lamk. Entre Mechelon et Galoppe, 
Lima Hoperi, Mant. Galoppe, 

Pecten Ifpois, Nilss. Sondage de Langenveld (Simpelveld), 
Vola quadricostata, Sow. sp. Sondage de Langenveld (Simpel- 
veld), 

. Inoceramus Cripsii, Mant. *Cottessen, Galoppe, Vaals, 
Cnculsea rugosa, Holzapfel, Vaals, 

— subglabva, d'Orb. Galoppe, Nieuwborg (Galoppe), 
Peciiincidus Geinitzi, d'Orb. Sondage de Langenveld (Simpel- 
veld), 

Trigonia yaa/siens/.s, Bohm, *Harde-laag (Vaals), 

Venericardia Beneàenij Miill. sp. Galoppe, 

Erlphy'la lenticiilaris, Gdf. sp. Galoppe, 

Crassatella arcacea, Roem. *Bois de Vijlen, Galoppe, *Raren, 
Vaals, 

Venilicardla rostrata, Sow. sp. *Camerig, 

Merci rix oualis, Gdf. sp. (ialoppe, Nieuwborg (Galoppe), sondage 
de Langenveld (Simpelveld), 

Cypvimeria Geiniizii, Miill. .%/>. *C'ottessen, Galoppe, 
-^ monetay Hlz. sp. Galoppe, 

Tapes faba, Sow. sft. *Cottessen, *lIolset, *Overgeul, 

Leptosolen triincaiiilus, Reiiss sp. *Hommerig, *Raren, 

Corbiila angiisiaia^ Sow. *Kpen, 

Glycimeris Goldfiilssi, d'Orb. sp. *Cottessen, 

Tellina strigata, Gdf. Vaals, 

Liopistha lequivalvis^ Gdf. sp. Galoppe, sondage de Langenveld 

(Simpelveld), * Vaals. 

« 

A Vijlen et à Vaals, le sommet de l'assise est formé d'une 

j 

eouehe de sable graveleux, brun, d'une épaisseur de quelques 



— M i65 — 

déeiraètres à deux mètres, surmontée de sable crayeux, glaueoni- 
fère, à BelemniteUa niiicronata, Schl. .s'/i., de un mètre à un mètre 
et demi de puissance ; ce sable constitue xxu horizon géologique 
constant dans tout le sud du Limbourg. 

Assise de Nouvelles. 

L'assise de Nouvelles débute par quelques mètres de craie glau- 
oonifère {Cp3a), reposant directement sur le sable dont il vient 
d'être question, et surmontée par de la craie blanche, sans silex 
(Cp3b). Tantôt, il y a passage insensible de l'une de ces craies à 
l'autre, tantôt, elles sont séparées par une couche composée exclu- 
sivement de glauconie rénifonne, épaisse d'un mètre au maximum, 
que j'ai observée à Vaals (Allemagne), et sur le versant occidental 
du même plateau, à la rive droite de la vallée de la Génie, dans le 
sentier montant vers le lieu dit Les sept chemins (De 7 Wegen). 
Cette couche pourrait être le témoignage d'une dénudation anté- 
rieure au dépôt de la craie blanche. 

La craie glauconifère existe en face de Vaals, sur le Schneeberg, 
en territoire allemand, au sud de Lemiers, où elle se trouve à un 
niveau assez bien moins élevé, à cause de la faille du Selzer-beek, 
dont il sera question plus loin ; enfin, on l'observe encore dans les 
vallées de la Geule et de la Guipe. 

La craie blanche est très développée sur le plateau séparant les 
deux rivières ; sa i)uissance est réduite à une vingtaine de mètres 
dans le massif séparant la Geule du Selzer-beek ; puis elle forme 
entièrement le Schneeberg allemand, à Test de ce dernier ruiss(^au, 
et son épaisseur y est d'environ cinquante mètres. Elle est souvent 
grise et sableuse dans sa partie inférieure, ainsi qu'on l'observe 
surtout à Galoppe, où se trouvent les trois horizons de l'assise de 
Nouvelles (^). 

Cette craie grise est exploitée activement, dans les («nvircnis de 
Vijlen, pour la faln'ication du ciment : les excavations que l'on a 
pratiquées, dans cette localité, ont une vingtaine de mètres de 
profondeur ; la craie y est très uni Forme, homogène et sans fos- 
siles (fig. 2, p. 173). 

{*) Il est cependant possible que la craie plus ou moins glauconil'ère que 
l'on observe sur le versant sej)(entrional appartienne à la craie jjrisc, étant 
donnée sou altitude supérieure à celle de la craie inférieure, très reconnais- 
••ble un kilomètre jilus au Sud. 



— M i66 — 

La partie supérieure est de la craie sans silex, plus dure et 
plus blanche ; elle sert de pierre de construction, bien qu'elle se 
détruise rapidement par les intempéries. Mais, à Tabri des agents 
atmosphériques, elle est inaltérable et résiste à de très hautes 
températures, ce qui a permis de Tutiliser pour la confection de 
fours de boulangers; c'est de là que lui est venu le nom de 
bakouensteen, pierre à fours. 

Sous l'influence de la pluie, les escarpements de cette craie 
prennent, au bout d'un certain temps, l'aspect de vieux murs, 
composés de pierres plus ou moins équarries, séparées par des 
fentes ; aiï contraire, la craie glauconifère devient friable et 
s'éboule en formant des talus au pied des affleurements. 

Entre la craie blanche sans silex et la craie à silex noirs (CpHcj cjui 
la surmonte, existe, en Allemagne, sur le Schnceberg, une couche 
très dure, épaisse de o™4o ^ o™6(), composée presque exclusivement 
de débris de coquilles et de petits grains roulés de phtiinito et de 
quartz. Cette même couche affleure encore dans la vallée de TEij- 
sor-beek, à l'est d'Over-Eijs, où elle permet de tracer la limite 
entre les deux craies, avec et sans silex. A l'Ouest, à Orsbach 
(Allemagne), on observe la coupe suivante : 

Niveau du sol 4- 175 m. 

Limon o™io. 

Craie blanche à silex noirs {Cp3c) .... o"'3o. 
Craie blanche sans silex, à grains disséminés 

deglauconie o"'4*^. 

Couche de coquilles brisées ..*... o"'4o. 

Craie blanche sans silex fCpSb) o'"5o. 

On peut suivre la craie coquillière depuis cette dernière localité 
jusqu'à la frontière hollandaise, vers l'Ouest, où elle est rempla- 
cée par une roche ])articulière, composée de grains de quartz, de 
débris de fossiles et de particules charbonneuses, cimentés par de 
la craie. Cette roche, désignée par Staring sous le nom de crstie 
graveleuse^ est surtout bien caractérisée dans la grande carrière 
de Wahhvijlre, où elle a une épaisseur de i'"5o; elle n'est plus visi- 
ble plus à l'Ouest. Je l'ai encore retrouvée beaucoup plus au Sud, 
dans une carrière, au voisinage d'Epen ; son épaisseur y est d'un 
mètre ; elle surmonte la craie blanclie sans silex ; l'assise à silex 



— M 167 — 

noirs n'est pas visible en cet endroit, où un revêtement de silex, 
éboulés du conglomérat à silex, masque le sommet de l'escarpe- 
ment ; il est même assez probable qu'elle n'y existe pas, la hau- 
teur du sommet de la carrière au-dessus de Targilite her vienne 
étant sensiblement égale à celle de l'assise de craie au voisinage. 
En effet, Targilite se trouve ici à la cote -\- 164, le sol de la carrière 
à la cote -}- 182, et le sommet de la craie blanche à la cote |- 191. 
Fait remarquable, cette craie graveleuse paraît faire défaut entre 
VVahlwijlre et la frontière allemande, et son équivalent, la couche 
coquillière, y est représentée sous une assez grande épaisseur. 
Dans un puits creusé récemment à l'endroit dit Kçrensgracht, 
ài i5o m. environ à l'ENE. de Wahlwijlre, j'ai relevé la coupe 
suivante : 

Niveau du sol -f i35 m. 
Craie blanche à silex noirs (Cp3cJ .... 8™oo. 

Craie gris bleuâtre 2™oo. 

Poudingue dur, composé de petits cailloux et 

de débris de fossiles , non percé. 

Niveau aquifère i3™oo. 

La craie graveleuse a donc, en cet endroit, une épaisseur supé- 
rieure à i3 mètres : elle est surmontée de craie gris bleuâtre, deve- 
nant gris clair par exposition à l'air, et contenant des grains dissé- 
minés de glauconie verte, dans la même proportion que la craie 
qui, à Orsbach, surmonte la couche coquillière. 

La différence d'épaisseur de cette couche coquillière, en deux 
endroits aussi peu distants que le sont Orsbach et Kerensgracht, 

ê 

conduit à se demander si, dans la première de ces localités, il 
n'existe pas en profondeur, comme dans la seconde, une alternance 
de bancs coquilliers et de lits minces, irréguliers, de craie blanche 
ou bleuâtre, dont on n'apercevrait que le sommet. En tous cas, il ne 
faut pas oublier qu'entre ces deux endroits, la couche coquillière 
est remplacée, à la frontière, par de la craie graveleuse, décrite 
plus haut (*). 

Q) Un 8<>iideui* m*a affirmé avoir rencontré, dans un forage à Xiswljlre. 

en un point qu'il n'a i>u me désigner exactement : 

Craie 4'"oOi 

Couche dure 6"oo, 

Craie bleuâtre i™oo, 

ce qui mcmtrerait que la craie bleue existe sur une certaine étendue. 



— M i68 — 

Au sud de Seffent, la couche coquillière montre une déni vella- 
tion d'une dizaine de mètres, ce qui fait penser à une faille; mais, 
ici encore, il serait possible d'y voir un dédoublement. 

Staring admettait que cette craie graveleuse est un horizon géo- 
logique assez constant, dont il retrouvait un équivalent dans des 
couches plus ou moins glauconifères, contenant des rognons dur- 
cis, entre SchuUer et Galoppe (Gulpen), au sud de ce dernier vil- 
lage et au raidi de Wittem. Il annonce également qu'elle a été 
rencontrée, lors de la construction de la voie ferrée, à laquelle il a 
assisté, dans la gare de Simpelveld, où elle est surmontée de 
Maestrichtien inférieur. La coupe des puits de cette gare (^) serait 
alors : 

Maestrichtien inférieur d: i-^ i^.. 

Craie graveleuse + i.5 m., 

Assise de Hervé. 

Je l'ai retrouvée dans des carrières situées en face du château de 
Goedenraad, dans la vallée de l'P]ijser-bcek, où elle paraît se trou- 
ver sous la craie dure, maestriclitienne, chose difficile à vérifier 
exactement, parce que la coupe est presque entièrement masquée 
par des éboulements. 

Il paraît donc probable <jue, comme le ])ensait Staring, cette 
couche graveleuse constitue un horizon géologique, tout au moins 
diins le massif crayeux compris entre rEijser-beek et le Selzer' 
beek. 

La craie à silex noirs {Cp3c) se voit sur les hauteurs comprises 
entre la vallée de la Guipe et celle de la Geule, ainsi qu'à l'ouest 
de Galoppe (Gulpen), à Beritzenhoven et enfin à Strucht. A l'est 
de la Geule, on ne la trouve pas au sud du Selzer-beek ; mais 
en Allemagne, elle apparaît sur le Schneeberg, où son épaisseur, 
faible au Sud-Est, augmente vers le Nord-Ouest. A la frontière, 
elle surmonte la craie graveleuse, puis on l'aperçoit derrière 
l'église de Niswijlre et un peu plus au Nord, dans l'escarpement ; 
elle affleure également entre Wittem et Eijs, ainsi qu'à Carthils ; 

(^ Diaprés ces indications, la craie à silex noirs et la craie sans silex 
feraient défont à Simpelved et le sous-sol du village serait formé de sable ou 
d'arjfilite liervieune. plutôt d'arjçilite à cause de la grande quantité d'eau 
que l'on y observe. Je n'ai i>a8 figuré l'assise de Hervé sur la carte, mes 
sondages ne m'y ayant donné aucun résultat. 



— M i69 — 

dans un puits rreusé près du château de Capolder, on a trouvé, à 
7 mùtres de profondenr, de la eraie qui semble appartenir à ce 
niveau. 

Nous avons récolté, dans l'assise de Nouvelles, les fossiles sui- 
vants, déterminés par M. H. Forir: 

Ostrea seniiplana, Sow. C/a?. Aix-la-Cbapelle, Gteloppe, 
Pecten inilchellum, Nilss. CpHb, Galoppe, 
— spurius ? Muenst. Cp3b. Galoppe, 
(iranocardiuin prodiictum, Sow. sp. Cp3a. Aix-la-Chapelle, 
Liuina aqiieiisis ? IIlz. Cp3b. Galoppe, 
Tcrebratula carnea^ Sow. Cp3b. Galoppe. 

Assise de Spiennes. 

L'assise de Spiennes se rencontre, sur la rive gauche de la Guipe, 
à Kuvereni et à (raloppe, sur la rive gauche de la Geule, à Stokliem 
vi ù Ktenaken ; sur la rive droite de cette rivière, on raper(;oit à 
Wijlre ; elle forme de beaux affleurements sur les deux rives de 
l'Eijser-beek, aux environs d*Eijs, et on Tobserve sur la rive droite 
(le ce ruisseau, à mi-distance entre Over-Eijs et Simpelveld. On y 
trouve encore des silex noirs à un niveau supérieur à celui où 
apparaissent les silex bruns. Cette assise est peu développée dans 
la région étudiée, où elle est pres([ue exclusivement composée de 
fraie grossière. 

L'assise de Spiennes nous a fourni les esi)cces ci-dessous, dont 
la détermination est due à M. H. Forir : 

Ostrea uesiculariSf Lamk. Schaasberg (Fauquemont), 

Lima muricata^ Gdf. Galoppe, 

Pvvien livvis, Nilss. Schin-op-GeuUe, 

Tcrebratula varixva^ Sow. Galoppe, Schin-op-(jeulle, Vaals. 

Etage maestrichtien. 

L'étage raa<*strichtien inaltéré affleure, sur la rive gauche de la 
Geule, de Fauquemont à Galoppe ; sur la rive droite de cette 
rivière, il est visible à la partie inférieure du Schaasberg, colline 
située en face de Oud-Valkenburg et on peut le suivre depuis là 
jusque Seffent, au N\V. d'Aix-la-Chapelle (Aachen). 



— M 170 — 

Dans la région que nous avons étudiée, cet étage présente des 
différences notables avec la même formation aux environs de 
Maestricht. 

A la montagne St- Pierre, près de cette dernière localité, le 
Maestrichtien débute par la craie à coprolithes, bien connae, 
surmontant la craie à silex bruns. Cette couche à coprolithes fait 
complètement défaut dans le sud-est du Limbourg néerlandais, où 
la base du Maestrichtien (A/a) est formée par une alternance de 
couches de craie durcie contenant parfois un j)eu de glauconie, à 
silex gris jaunâtres, et de craie très sableuse, renfermant aussi des 
silex gris, souvent grands et plats et, en outre, des débris char- 
bonneux et des dents de poissons ; Lam/ia, Corax, etc. 

La caractéristique de cette série de couches est la grande abon- 
dance des stylolithes, formations cylindriques, ayant tout au plus 
l'épaisseur du doigt, et dont l'origine organique n'est pas certaine ; 
on ne les rencontre jamais entiers, de sorte que l'on ne peut déter- 
miner leur longueur ; je n'en ai trouvé qu'un seul échantillon se 
terminant en pointe ; ces formes mystérieuses ne sont connues à 
aucun autre niveau de la craie. 

Au Schaasberg, cette alternance de couches a une épaisseur de 
vingt-cinq mètres environ et est surmontée de tufeau à Terebratella 
pertinifonnis. Entre Fauquemont (Valkenkerg) et Sibbe, la craie 
sableuse est visible en un point du chemin creux et paraît y former 
la base du tufeau inférieur, affleurant un peu plus haut, dans le 
même chemin. Plus vers l'Est, elle repose sur la craie à silex noii's, 
à Piepert et à Eijs, sur l'assise de llerve dans les environs de 
Simpelveld. Elle est recouverte par le tufeau à Terebratella 
pectiniformis, sunnonté lui-même, au Scluiasberg, par la couche à 
Deniallum, qui forme, sur la rive gauche, le sol des carrières de 
Fauquemont. 

Dans ces dernières, une faille, visible dans trois galeries, met 
en contact la craie à silex gris et le tufeau exploité. Un puits de 
recherche, creusé dans cette dernière roche, a, d'après Staring, 
traversé 18 mètres de tufeau à Terebratella pectiniformis av^ant 
d'atteindre une craie sableuse, identique à celle du Schaasberg : 
on doit en conclure que la craie à silex gris se trouve à un niveau 
encore inférieur. 



— M 171 - 

Le synchronisme exact de la craie sableuse a stylolithes (*) n'est 
pas aisé à déterminer. Comprise entre la craie grossière à silex 
g^ris et le tufeau maestriclitien, elle ne contient guère de fossiles 
caractéristiques. Belemnitella mucronata, des dents de squales et 
parfois des échinides s'y trouvent fréquemment. Près de Vetschau, 
à l'ouest de Richterieh (Allemagne), on y a rencontré des 
Hemipnenstes, d'après M. le professeur E. Holzapfel ; ces échinides 
caractérisent, dans les carrières de la montagne St- Pierre, un lit 
mince, situé à trois ou quatre mètres au-dessus du sol ; sous ce lit, 
se trouve une couche à bryozoaires qui, àFauquemont, forme le toit 
des carrières ; mais ce n'est guère là qu'une présomption en faveur 
(le l'assimilation de la craie sableuse au Maestriclitien. Obligé, par 
des nécessités cartographiques, de me prononcer dans un sens ou 
dans l'autre, j'ai cependant cru devoir adopter cette assimilation. 

Les couches qui surmontent la craie sableuse à stylolithes se 
composent de tufeau jaunâtre (Mb) à Terebratella pectinifornis, 
contenant des silex caverneux ou tubulaires, ramifiés ; elles ne 
sont guère exploitées, sauf à Sibbe, au sud de Fauquemont, à 
cause, vraisemblablement de leur facile altération à l'air, qui les 
rend très friables, et à cause du grand déchet de l'exploitation. 

Au dessus, repose un banc fossilifère, dit couche à Dentalium 
(Me) qui, à Fauquemont, forme le sol des carrières à la cote 4 93. 
Kn face du village, sur le Schaasberg, on le retrouve à la cote | 119, 
ce qui indique qu'une faille, d'un rejet de 26 mètres environ, passe 
par le fond de la vallée. 

Le tufeau sans silex (Me), exploité à Fauquemont, est compris 
entre ce banc et une seconde couche fossilifère, contenant surtout 
Ostrea (Gryph&pa) vesienlariSf et qui, par sa position, semble être 
l'équivalent de la couche à échinides, épaisse de vingt centimètres 
environ, de la montagne S t- Pierre. 

(*) Stariko donne à cet étage le nom de rrm'c ijuartzeuHe des rives de 
la Génie et y fait deux .sul)divisions, dont il nomme la supérieure crttie 
quart zeuse proprement dite et Tinférieure craie sableuse; cette dernière est 
composée d'une alternance de bancs durs et friables. Je ne vois pas de 
raison dé maintenir cette subdivision. Le même savant dit que cette forma- 
tion renferme des fossiles maestrichtieus, mais il n'en cite pas un seul. 



— M 172 — 

Sous cette seconde couche fossilifère, se trouve la première 
couche à bryozoaires (Md) ; la deuxième et la troisième couches à 
bryozoaires sont situées respectivement sept et seize mètres plus 
haut. 

Entre ces deux dernières, se trouve encore un niveau de tufeau 
qui a été exploité jadis à Geulem et aux environs, à l'ouest de 
Fauquemont, mais dont Texploitation a cessé à cause de la qualité 
inférieure de la pierre. 

Faciès d'altération. Le conglomérat à silex. 

Dans le sud de la région envisagée, il n'existe pas de dépôts 
d*âge maestriclitien, pas plus que de couches appartenant à l'assise 
de Spiennes, présentant le faciès normal; mais, en revanche, on 
y observe des amas de silex surtout gris, entiers et brisés, non 
roulés, cimentés par de l'argile sableuse, brunâtre. 

Il faut attribuer ce phénomène à une émersion de la région 
méridionale, antérieure à celle de la partie septentrionale, émer- 
sion pendant laquelle s'est produite une dissolution lente de la 
craie par les eaux atmosphériques. 

Le conglomérat à silex auquel cette dissolution a donné nais- 
sance montre, vers l'Ouest, son affleurement le plus septentrional 
à l'est de Reijmerstok ; il couvre le plateau compris entre Sleuaken, 
Waterop, Pesaken, Landraad, Epen, et s'étendant au-delà de la 
frontière belge, celui que surmontent les bois d'F]lzet et de Vijlen, 
le Kerper-bosch,les bois de Harlcs et de Holset,le Malens-bosch et 
le Schimper-bosch, enfin celui qui occui)e l'angle SE. du Limbourg, 
à l'est de Wolfhang. 

J'ai fait faire, dans ce conglomérat, une coupe d'un mètre et 
demi de profondeur, qu'il n'a pas été possible de pousser plus loin, 
à cause de sa dureté ; des silex blonds, bruns et noirs y étaient 
associés, ce qui montre que cette roche est le résidu de l'altération 
de couches m aestrich tiennes et sénoniennes. 

C'est cette assise que Staring a dénommée improprement Vnur- 
steendiliwlum ou diluvium à silex ; Debey l'a appelé, inexactement 
aussi, Hornstein in Diluuiiim c/f.s7or/r/, silex disloqués en diluvium. 
Cependant, le premier de ces auteurs annonce (^) que Ubaghs a 

(^) De bodein van Netlerlainl, t. II, p. 3î2y. 



— M 1:3 — 

démontré que ce conglomérat n'est autre chose que le résidu d'une 
craie à silex dissoute par les eaux d'infiltration, ce qui montre que, 
nonobstant la dénomination qu'il lui a donnée, il interprétait exac- 
tement son origine. 

Indépendamment de cette formation produite par dissolution de 
la craie maestrichtienne et de celle de l'assise de Spiennes, prin- 
cipalement, on observe, en certains endroits, des dépôts de silex 
(le l'assise de Nouvelles, surmontant directement la craie blanche 

sans silex. Le plus bel exemple que 
l'on puisse en voir se trouve dans 
les exploitations de craie grise de 
Vijlen (fig. 2). C'es silex sont noirs 
l)Our la majeure partie et anguleux ; 
le dépôt qu'ils constituent, d'une 
éi)aisseur variant de o™io à i"U)o, 
suit exa<*tement la surface de la 
<!raie sans silex, qui a, elle-même, 
été fortement érodée par l'action 
dissolvante des eaux météoriques, 
de telle sorte que son sommet affecte 
une forme très irrégulière, où des 
bosses, parfois très étroites et très 
élevées sont séparées par de pro- 
fondes dépressions. La disposition 
de cette couche de silex et l'absence 
FiG. a. -- Coupe crune fosse de complète, dans son sein, d'éléments 
reehorclie de marne, a Vijleu. * , » 

J.Limon. fi. Silex noirs, angii- roul es, démontre qu elle est égale- 
leux. C. Craie grise. D, Niveau de ment le résidu en place de la disso- 

l'«au. lution, par les eaux d'infiltration, 

Krhelle de i : aoo. , , ,. . . 1 1» • 

de la partie supérieure de 1 assise 
de Nouvelles. Au-dessus des silex, s'observe du limon quater- 
naire qui a complètement nivelé la surface du sol. 




ïM:^m^i'^mm 



Groupe tertiaire. 

Les formations tertiaires sont peu représentées dans la région 
que j'ai étudiée, et n'y présentent pas de fossiles, ce qui ne m'a pas 
permis de déterminer leur âge. Elles prennent, plus au Nord, 
un développement considérable. 



— M 174 — 

Mentionnons d'abord Texifit-ence de cinq dépôts de sable blanc 
(OmJ et de cailloux avellanaires de quartz blanc fOnx), analogues 
à ceux de Rocour, couvrant les points culminants de la région. 

Le plus occidental d'entre eux se trouve à l'est de Slenaken ; il 
forme, en partie, le sol des hameaux de Heijonraat et de Kper- 
heide, et c'est sur lui qu'a été construite la ferme de Giveld 
(Belgique). 

Un petit dépôt du même sable se trouve à la lisière du bois 
d'Elzet ; un troisième, plus étendu, de sable et de cailloux, couvre 
la plus grande partie du bois de Ilolzet et du Malens-bosch, contre 
la frontière belge ; un autre lambeau de sable est visible dans l'an- 
gle sud-est de la province, aux confins de la Belgique et de l'Alle- 
magne : ces quatre amas reposent sur le conglomérat à silex. Enfin, 
le cinquième lambeau de sable, surmontant la craie blanche de 
l'assise de Nouvelles, se remarque sur le Schneeberg, au nord de 
Vaals. 

Il semble vraisemblable que ces sables et ces cailloux formaient, 
autrefois, une nappe unique, directement reliée aux dépôts de 
même nature s'étendant très loin en Belgique, et que cette nappe a 
été presque entièrement démantelée i)ar les eaux de ruissellement. 
Leur âge n'a pu être déterminé avec certitude, ni en Belgique, ni en 
Hollande. 

Il paraît vraisemblable que l'on doive rattacher à la même forma- 
tion les blocs de grès blanc (O/i/j*), visibles en de nombreux points, 
sur les hauteurs, notamment sur le Schneeberg, près de Vaals et 
sur le plateau compris entre cette localité et Epen. 

Dans la partie septentrionale de la l'égion étudiée, le Maestrich- 
tien est entièrement recouvert par un dépôt continu (Tg) de sables 
et de graviers tertiaire, un peu différents des précédents, dépôt 
qui paraît s'être étendu jadis plus loin vers le Sud, ainsi qu'en 
témoignent quelques îlots isolés, reposant sur le Maestrichticn, 
encore visibles à l'est et à l'ouest de la route de Fauquemont à 
Sibbe, au XW. de Banerheide. 

Lu dépôt principal s'étend de Kasteel-Oost, à l'est de Fauque- 
mont, à Trintelen, Roodeputs, Prickart et Overhuizen, dans la 
région envisagée, pour se continuer au-delà de la frontière alle- 
mande. Sur la colline d'Ubaglisberg, on y observe du sable blanc, 
homogène, ayant à peu près l'aspect de celui d'Aix-la-Chapelle ; il 



^- M I7S — 

devient jaune et ferrugineux à sa partie inférieure. Il s'étend, 
vers le Sud, au-delà de Trintelen, tant à l'Est, où il se trouve à la 
côte -r 172, qu'à l'Ouest, où il est au niveau -|- 182 ; son contact 
avec le Maestrichtien y est visible. Entre Trintelen etEijs, j'ai 
trouvé le même sable à la cote + 168, dans un sondage arrêté sur 
une roche dure, probablement maestrichtienne. En descendant 
vers Eijs, on observe le Maestrichtien à la cote + 164 ; plus vers 
rOuest, il affleure au niveau -j- 169. 

A Huis, le sable tertiaire est visible sur la hauteur ; àKoode- 
puts, on trouve, à la cote 4- 162, un sable graveleux, plus ou moins 
glauconifère, formant une éminenco d'une dizaine de mètres et 
appartenant vraisemblablement à un niveau géologique un peu 
inférieur ; un sondage tenté en ce point a échoué, à un mètre de 
profondeur, grâce aux silex existant sous le limon. 

A Simpelveld, à la cote -f 157, on observe un sable analogue, 
épais de 4 mètres, surmonté de 4 mètres de cailloutis composé, 
pour la majeure partie, de quartzite roulé, puis de grès gris bleu et 
de quartz blanc ; au-dessus, se trouvent un peu de sable blanc, 
quelques silex et enfin du limon. Dans le chemin creux condui- 
sant de ce village à Molsberg, à 5o mètres environ de distance 
du dépôt précédent, j'ai pu relever la coupe suivante, dont la base 
se trouve à la cote -j- 162 : 

Limon avec silex à la base 2"oo. 

Sable jaune, peu glauconifère i"*oo. 

Argile grise o™2o. 

Sable graveleux et blocs de quartzite. . . . i"*oo. 
Ce dépôt forme la base du sable s'étendant vers l'Est. 
A Broek, j'ai observé la succession suivante, dont la paiiiie 
inférieure est à la cote H- 160. 

Limon o°*20. 

Cailloux et silex o™4o. 

Sable ferrugineux . ' o"3o. 

Cailloux et silex plus ou moins roulés . . . o°*5o. 

Cailloux roulés 2"oo. 

Ce dernier dépôt renferme de gros blocs de quartzite de 
toute couleur, des cailloux de quartzite bleu, revinien, à cubes 
de pyrite altérée, des cailloux de quartz blanc et quelques lits 
minces de petits éléments roulés de grès et de quartzite, dont la 



— M 176 — 

surface est noircie par des matières charbonneuses. J'y ai trouvé 
un caillou de quartzophyllade altéré, mais très reconnaissable. 

Le même dépôt se retrouve à Bocholtz, à la cote | 176, surmonté 
d'un mètre de sable jaune; on observe enfin, au lieu dit Zandberg, 
dans la même localité, du sable brun et des cailloux roulés de 
quartzite, reposant sur le Maestrichtien inférieur, qui s'étend vers 
rOuest. 

A Vieux-Fauquemont (Oud-Valkenburg), dans le chemin de 
Sibbe, on voit, sur la hauteur, une couche de sable jaune à grains 
de lignite, contenant aussi quelques silex noirs et devenant tout-ù 
fait blanc au sommet. 

L'aspect de ces roches, dans lesquelles je n'ai trouvé aucun 
fossile, rappelle le Tongnen ; à Bocholtz et à Broek, les sables 
sont fort peu glauconifères ; ils le sont davantage à Simpelveld ; 
cependant, étant donné les cotes respectives de tous les affleure- 
ments, ils semblent appartenir tous à la même assise, sauf peut- 
être ceux de Trintelen qui pourraient se rattacher au Rupélien 
inférieur. 

Groupe quaternaire. 

Les formations quaternaires observées dans la partie méridio- 
nale du Limbourg hollandais appartiennent à quatre types diffé- 
rents : 

I" un dépôt de cailloux et de blocs erratiques, d'origine glaciaire, 
occupant, en général, des points élevés, mais descendant parfois 
jusque dans le fond des vallées ; 

2^ un second dépôt de cailloux roulés, d'origine flu\iale, se 
trouvant ordinairement à un moindre niveau ; 

3" des débris de silex, éboulés sur les versants et parfois juscjne 
dans le fond des dépressions ; 

4" des limons de diverse nature, couvrant les sommets des 
plateaux ou entraînés le long des pentes où ils atteignent parfois 
une épaisseur assez importante, ou bien encore (îharriés par les 
cours d'eau sous forme d'alluvions modernes. 

Cailloux glaciaires ^q2g), — J'en ai observé en douze points 
différents, que je mentionnerai en notant approximativement 
leur altitude : à Schuller ( j 161). à Berghoven ( | i63 à i 17G), 

a3 OCTOBRE 1905. 



— M 177 — 

au Bergenboseh à Test de Reijmerstok (+ i8o), à l'ouest de 
HoubeBtraat (4-179), à Crapoel -Landraad-Schwijbergerboscli 
( f 189 à + 2o5), au NW. d'Overgoul (?), à Kosberg (+ 190 à -f- aoi », 
à Mcchelen ? (+ io3), à Thiene ( -f 190?), au nord de Mellischet? 
(4- iio), au Platteboselien, à l'ouest de Niswijlre (i- aoo) et à 
Orsbach en Allemagne (+ i95}. Les dépôts observés à Mecbelen et 
au nord de Mellischet pourraient bien ne pas appartenir à cette 
formation, mais avoir une origine fluviale. 

Les cailloux se composent; en majorité, de quartz blanc et de 
([uartzite revinien, à cubes de pyrite altérés; leur volume diminue 
vers le haut, où ils sont presque toujours associés à des silex 
anguleux ou peu roulés, d'origine voisine et ils passent insensible- 
ment au limon qui les surmonte; on y trouve parfois des inter- 
calatious de sable quartzeux à gros grain. 

J'y ai rencontré, à Orsbacb, un caillou de schiste grossier à 
Cyaihophyllum. On y remarque aussi, fréquemment, du basalte 
rhénan et des roches Scandinaves et bretonnes (*). 

Pour donner une idée de la structure des gisements, je repro- 
duirai quelques. coupes que j'ai observées dans ce dépôt. 

Coupe du Quaternaire près de CrapoeL 

Cailloux roulés et sable graveleux i™.oo. 

Sable quartzeux, jaune o".6o. 

Oailloux roulés et sable. 

Autre coupe au même lieu. 

Silex non roulés et cailloux de quartzite, contenant une 

lentille de sable graveleux de o'^.ao '. . i™.oo. 

Cailloux roulés de quartz, de grès et de quartzite. 

Coupe d*une ballastière à Kosberg. 

Limon des pentes et silex o^.ao. 

Gros sable et petits cailloux o".4o. 

Sable o™.io. 

Cailloux et silex peu ou point roulés . . . . . . o"».2o. 

(M M. Ërens y a signalé 24 échantillons de roches irorigine bretonne 
certaine et 10 autres pouvant avoir la même provenance, d'après M. Ch. 
Barrois. Archives du Musée Teyler, sér. 2, vol. III, 1 891-1892. 

ANN. soc. OÉOL. DE BKLG., t. XXXII. MÉMOIRES, 12. 



— k Î78 — 

Sable et cailloux, contenant un lit irrégulier, 
charbonneux, de o°.o3 . . . i".io. 

Gros cailloux o™.20. 

Cailloux plus petits o°».4o- 

Gros cailloux. 

Le lit charbonneu* et toutes les couches inférieures ont une 
faible inclinaison du NE. vei-s le SW. 

Coupe du Quaternaire à Eperheide. 

Terx'e végétale o™.20. 

Sable quartzeiîx o".4o. 

Cailloux de quartz et débris anguleux de silex blond. 

Parfois, le dépôt de cailloux renferme des blocs erratiques 
volumineux; j'y ai noté, à Crapoel, deux masses énormes, non 
roulées, de quartzite bleu, revinien ; deux autres, de même nature, 
se sont éboulées au fond du Kerensgracht (NW. de Niswijlre], 
ancienne exploitation de marne. 

A Crapoel, la formation considérée a une épaisseur d'une 
vingtaine de mètres, et elle repose sur la craie à l'Ouest, au Nord 
et à TEst ; au Sud, elle paraît surmonter le conglomérat à silex, 
que recouvrent également les amas de cailloux de Houbestraat et 
du Bergenbosch. 

Cailloux fluviaux (qan). — Ils ne présentent rien de remar- 
quable; leur origine rhénane est incontestable. On y trouve 
parfois également des blocs volumineux plus ou moins roulés, 
notamment, dans la vallée du Selzer-beek, où ils sont composés 
de quartzite brun. 

Eboulis des pentes. — Les silex anguleux, éboulés le long des 
pentes et descendus même jusque dans le fond des vallées, ont 
parfois une épaisseur notable, qui rend les sondages très difficiles, 
impossibles même dans certains cas II ne présentent non plus rien 
de particulier. 

Limons. — Ainsi que MM. Lohest et Forir Tout montré pour le 
plateau de la Hesbaye, la composition du limon varie avec l'alti- 
tude; très sableux sur les hauts plateaux, ce que l'on constate 
aisément par le résidu de sable fin formant des dessins dans les 



— M 179 - 

ornières des voitures après les pluies, il devient de plus en pins 
argileax à mesure que l'on se rapproche du fond des vallées, ce 
qui, nous semble-t-il, indique clairement que le limon des versants 
et du fond des vallées provient du lavage du limon des hauts 
plateaux. 

Parfois aussi, on trouve, dans ce limon, des blocs erratiques. 
Citons, entre autres, deux masses pesant de cinq à six mille 
kilogrs, que l'on a dû enlever récemment, à Vaals» lors de la cons- 
traction d'une route. Ils étaient aussi formés de quartxite bleu 
foncé, veiné de blanc. 

Une bonne coupe dans le limon peut être observée dans les 
exploitations de craie grise de Vijlen (fig. a, p. I73). 



— k i8o — 



CHAPITRE II.' 



Epaisseur des assises crétacées. 

'' Nôufi avons déjà» vu précédemment (pp. i58 à iGi) que la puis- 
sà/tice (ie'*Y^ssise ci' Aix-la-Chapelle est* très variable. Dans les 
«ifflëiltementd de» deux rives de la Geulé, elle ne- dépasse guère 
douze à quinze mètres. A Lemiers, cette puissance est inconnue ; 
lé siiblê étant très aquifère, la tarière ne peut guère y pénétrer 
qu'à un ou deux mètres de profondeur. 

h' assise de Ileroe possède, elle aussi, une épaisseur variant 
beaucoup d'un point à un autre. On ne peut guère la déterminer 
sur les deux rives de la Guipe, où les terrains sur lesquels elle 
repose n'affleurent nulle part. Sur la rive gauche de la Geule, 
cette épaisseur ne dépasse pas trente mètres; sur t(mte la rive 
droite, au contraire, elle atteint cinquante-six mètres, dont 
quatorze de sable glauconifère et quarante-deux d'argilite. A 
Vaals, la puissance de l'assise de Hervé est de quatre-vingt-dix 
mètres ; mais elle diminue rapidement vers le Nord-Ouest, où elle 
se réduit à cinquante-cinq mètres; dans la vallée du Selzer-beek, 
près de Lemiers, l'assise ne comprend qu'une couche de gravier 
glauconifère de vingt-cinq centimètres; mais, ainsi que nous 
l'avons vu (p. i59), cela peut être dû à une cause exceptionnelle, 
postérieure à la sédimentation. 

Enfin, dans la vallée de l'Eijser-beek, des puits y ont pénétré à 
neuf mètres. 

En Allemagne, entre Aix-la-Chapelle et Laurensberg, l'assise 
fait entièrement défaut; la craie y repose directement sur l'assise 
d'Aix-la-Chapelle. Elle réapparaît plus à l'Est, à Laurensberg, où 
elle est immédiatement surmontée de Maestrichtien, et dans la 
Thurmstrasse, à Aix-la-Chapelle, où l'on voit, de nouveau, la base 
de l'assise reposant sur les sables d'Aix-la-Chapelle et recouverte 
de craie altérée. 

1j' assise de Xoiineïies présente également des différences 
d'épaisseur notables. 



— M l8l — 

Sur la rive gauche do la Guipe, ver8 la frpiwkiôre belge, da^s* la 
colline comprise^ entre cette rivière et. la Geule, dan» le mamelon* 
séparant ce dernier.cour» d*eau.du Lombétsg-bcek étdan» Bonpror. 
longement . jusqu'au • point de rencontre des quatre frontières de^ 
Hollande/ d'iVllemagne, du Territoire neutre et de Belgique^ la- 
craie sans silex, y compris ies deux à trois naètre». de'î^eraie 
glauconifore, ne dépasse guère quinze à vingt mètres. 

Elle s'épaissit rapidement vers le Nord, sur le versant occi- 
dental de la Guipe, et atteint, à Galoppe, soixante mètres au 
moins, en y comprenant la craie à silex noirs; cette même épais- 
seur se constate sur le Schneeberg, eu face de Vaals, et aux environs 
(rOrsbach, où le niveau à silex noirs a une vingtaine de mètres. 

Le Maestrichtien inférieur ne se prête pas à des mensurations, 
]>uisqu'on ne le voit reposer nulle part sur le Sénonien ; mais il 
est certain qu'au Scliaasberg, en face de Vieux-Fauquemont, il 
atteint au moins vingt-cinq mètres, même si l'on considère sa 
partie inférieure, à silex gris, comme appartenant à l'assise de 
Spiennes. 

Le niveau à Terebratella pectiniformis a dix-huit mètres dans le 
puits de recherche des carrières de Fauquemont et neuf mètres 
au Scliaasberg (*), où il n'est plus visible pour le moment. 

Le tuf eau exploité atteint une puissance de douze mètres. 
Les couches qui le surmontent : i**'' couche à bryozoaires, tuf eau, 
exploiti» jadis à Geulem, 2** couche à bryozoaires et niveau kOstrca 
lama ont une faible épaisseur qui, d'après Staring, ne dépasse 
pas quatorze mètres (2). 

Ainsi que l'on peut en juger par ce qui i)récèdc, le manciue de 
constance dans la puissance des divers niveaux du Crétacé est 
remarquable dans le Ijimbourg hollandais. Il est en relation directe 
avec les failles normales qui, ainsi que nous allons le voir, mor- 
cellent cette région, et il prouve que raccentuation de ces failles 
pendant le Crétacique, a été différente pour chacune d'elles et 
même variable dans l'étendue d'un même accident. M. Forir a fait 
la même observation à l'occasion de l'étude des sondages de la 

I*) Staring. De bodem van Xoderland, t. II, p. 333. 

(-' II ne fait pas eonnaitre l'en<lrolt où il a constaté cette superposition. 



— M i8a — 

Campine, du Limbourg hollandais et de la partie avoisinante du 
territoire allemand ; selon lui, les failles se sont produites après le 
dépôt des couches houillères et ont continué à s'accentuer, diffé- 
remment pour chacune, pendant les périodes crétacée, tertiaire et 
et quaternaire, ainsi que le montrent les différences d'épaisseur 
de toutes les couches de part et d'autre de chacun de ces accidents. 



H i83 — 



CHAPITRE III. 

Les fetilles normales. 

Faille de la Oeule. 

La présence d'un filon de galène, transversal aux couches 
primaires, à Bleyberg, filon figuré sur la Carte géologique de 
Belgique comme reconnu jusqu'aux environs de Sippenaeken, non 
loin de la frontière hollandaise, faisait prévoir l'existence d'une 
faille dans la vallée de la Geule; la différence d'épaisseur de 
l'assise de Hervé sur les deux berges de cette rivière, dès son 
entrée en Hollande, confirme cette prévision, de même que le 
changement d'altitude du contact des sables d'Aix-la-Chapelle sur 
le Houiller aux deux rives (fig. 3, pi. VI). 

Le diagramme de la figure 4 (P^- VI) donne une idée assez 
nette de l'allure des assises d'Aix-la-Chapelle, de Hervé et de 
Nouvelles des deux cotés de la faille. Cette figure, de même que 
la suivante, a été obtenue en projetant sur le plan de faille, 
parallèlement à la direction des couches, les affleurements 
observés. 

Le tracé de ce grand accident géologique que nous avons fi'^iirc 
sur la carte, ne doit être considéré que comme approximatif ; on 
ne peut le suivre exactement sur le plateau séparant la vallée de la 
Geule de celle de la Guipe; sur le versant oriental de cette dernière 
vallée, on observe à Pesaeken, à la cote io3, le contact de la base 
de l'assise de Nouvelles sur l'argilite hervienne ; un peu au Nord- 
Est, à la cote io5, on note le passage de la craie glauconieuse à la 
craie blanche, alors que l'on devrait s'attendre à rencontrer, à ce 
niveau, les roches de l'assise de Hervé, si les couches se conti- 
nuaient normalement. Plus au Nord-Ouest, les traces de la 
continuation de la cassure font défaut à Taffleurement. M. Forir 
estime cepend^^nt qu'elle se continue jusqu'en Campine, en 
s appuyant sur les forages faits dans cette région. 

Un fait mérite d'attirer l'attention; tandis qu'à Pesaeken, la 
lèvre nord-est de la faille semble être descendue i)ar rapport à la 
lèvre sud-ouest, c'est le phénomène inverse que l'on observe à 
Epen. 



— M i84 — 

Un autre fait est également intéressant, c'est la différence 
notable d'épaisseur des différentes assises des deux côtés de la 
cassure; la puissance de celles-ci est partout plus considérable 
au NE. qu'au SW. ; cependant, la faille ne semble pas avoir 
continué à s'accentuer pendant le Quaternaire, car le cailloutis 
glaciaire de Landraad ne semble pas avoir subi son influence. 

Les exemples d'accentuation de failles pendant le Quaternaire 
ne sont cependant pas rares dans la région. Au nord-est d'Escb- 
wciler, notamment, entre Mariadorf et Hongen, le cailloutis 
campinien a subi une dénivellation de quarante mètres, alors que, 
dans le Houiller situé en-dessous, on a constaté un rejet de quatre 
cents mètres. 

Faille de Vijlen. 

Comme pour la faille de la Geule, nous avons cru utile de 
montrer, par un diagramme à éclielle des liaut-eurs exagérée dix 
fois, la disposition probable de la base des assises de Hervé et de 
Nouvelles aux deux lèvres de la faille, en projetant sur cet acci- 
dent géologique, parallèlement à la direction des couches, les 
affleurements observés (fig. 5, pi. VI). Ce diagramme, à défaut de 
courbes de niveau sur la carte topographique, rend évidente 
l'existence de la cassure. 

Ce qui frappe immédiatement, par l'examen de cette figure, 
c'est la forte différence d'épaisseur que présente l'assise de Ilerve 
dans les régions du NE. et du SW. iVlors qu'au SW., cette assise, 
composée des trois niveaux que nous avons décrits, a une puis- 
sance d'une quarantaine de mètres au moins, dans la région NE., 
au contraire, elle n'est représentée que par son gravier de base, 
CfrjHf et son épaisseur ne dépasse guère un mètre. 

Cependant, dans cette dernière région, la pente vers le NNW. 
de la base de l'assise de Nouvelles, déterminée à l'aide de l'affleu- 
rement de Yalsbroek et des forages de Vaals et de Harles, semble 
augmenter au NW. de ce dernier forage, sans quoi cette assise 
passerait au-dessus de la surface du sol au grand sondage de 
Parti j (AVitten) (n'* i6), dont la cote superficielle est de 97 m. (*). 

(M Les cotes renseignées dans tout ve travail ont été déterminées à l'aide 
du baromètre altimétrique Goulier, par conséquent, avec une exactitude 
suffisante, mais non parfaite ; on peut a<lmettre que les erreui*s sont de deux 
métrés en plus ou en moins, au maximum. 



M i85 — 



ci 
'fi 

T. 



> 



o 
o 

in 



C 






Malheureusement, les renseignements sur la coupe des morts- 
terrains de ce sondage nous font défaut, malgré nos recherches ; 
tout ce que Ton on sait, c'est que la surface du terrain houiller y 

est à une altitude de 66'". A5 au- 
dessus du niveau de la mer. Nous 
devons donc nous en tenir aux 
indicati ons fournies par les affleu- 
rements du voisinage. 

Bui* la rive gauche de la Geule, 
en face de Partijjla craie blanclie 
sans silex se trouve au niveau de 
loo m.; sa base est invisible. 

Un peu au Sud, au bord du 
Ijomberg-beek, à Hilleshagen, la 
même craie est à la cote f iio et 
Ton n'en voit pas non plus la partie 
inférieure. Il semble donc que 
cette craie doive avoir été traver- 
sée par la partie supérieure du 
sondage, ce qui indiquerait une 
inclinaison de l'assise de Nou- 
velles plus grande au NAV. qu'au 
SE. 

On peut cependant faire deux 
autres hypothèses encore : i'^) Une 
dénudation aurait suivi le dépôt 
de l'assise de Hervé et précédé la 
sédimentation de la craie de l'as- 
sise de Nouvelles; mais cette 
hypothèse est peu admissible, car 
elle nécessiterait une émersion du 
sol pendant le Sénonien, émersion 
dont il n'existe aucun indice dans 
le voisinage. 2") Il se serait pro- 
duit, au nord de Harles, une 
fracture orientée SW.-NE., com- 
parable à celles de direction analogue, connues dans les bassins 
houillers exploités au S. et au N. d'Aix-la-Chapelle. La lèvre NAV. 






À 



^^ 



.2 » 



- CD 

^ m4 '-' 

'" te S W 



r:^ <-• 






o 

o 

= a ® 
^ ^ o 
•-^ nu « 



i 



o 



o 



ce 



5" 






9 



— M i86 — .■ 

de cette cassure se serait affaissée pins que la lèvre SE. Cette 
supposition n*est pas improbable. 

La question ne pourrait être résolue qu'à Taide de forages plus 
profonds que ceux que nous pouvons faire, effectués au fond des 
carrières de craie de Vijlen ou dans Tafflenrement de craie de 
Hilleshagen. 

Que devient la faille de Vijlen auNW.deMechelen?Seraccorde- 
trclle à la faille 8E.-NW. de Pauquemont dont il va être question, 
ou vient-elle se terminer à cette faille qui se prolongerait dans la 
faille du Selzer-beek ou, ce qui paraît moins probable, dans la faille 
de la Geule. C'est ce que ne nous permet pas de dire l'étude des 
affleurements qu'il nous a été donné d'observer. 

Le tracé de la faille de Vijlen au SE. de Holset est aussi très 
difficile à établir. En tous cas, le rejet de la cassure semble dimi- 
nuer notablement dans cette direction, ainsi que le montre la 
coupe WSW.-ENE. de Cottessen à Vaals (fig. 6, pi. VI). 

Ainsi qu'on peut le voir par cette coupe, ce rejet serait tout au 
plus d'une dizaine de mètres au voisinage de Valsbroek, alors 
qu'il atteint près d'une trentaine de mètres à Harles et à Vijlen 

(fig- 7). 

Failles de Fauquemont. 

Dans les galeries orientales, appelées Quaadvliegsberg, des car- 
rières souterraines de tuf eau de Vieux-Fauquemont (Oud-Valken- 
burg), on voit nettement, en trois endroits, une cassure mettant en 
contact le tufeau maestricbtien (Me) exploité, avec la craie gros- 
sière {Cp4) de l'assise de Spiennes, à silex gris en bancs subeonti- 
nus. Celte cassure a une ouverture d'une dizaine de centimètres et 
est remplie de silex ; sa direction est Est-Ouest, différente donc 
de celle des fractures examinées jusqu'à présent. C'est une faille 
transversale, comparable à celles qui, ainsi que nous l'avons dit 
précédemment, affectent les bassins houillers exploités au sud et 
au nord d'Aix-la-Chapelle (voir p. 170). 

Indépendamment de cet accident, déjà signalé par divers auteurs, 
il existe une seconde fracture, à parois dénivelées d'environ 26 
mètres, dans la vallée de la Geule, en face de Fauquemont ; son 
orientation est voisine de celle des cassures analogues étudiées 
précédemment, c'est-à-dire SE.-NW. (fig. 8). 




*'-'r"«*4V™;f/| 






ïli 

s .i 
s \% 
1 = 1 

^ s • 
si' 



1 1 1 ^ : -5 ï.i ? 



'Il 



13 o Sa» 



— M i88 — 

Au NE. de Fauquemont se trouve le Scliaasberg, colline dont la 
partie inférieure est formée de craie durcie à stylolitlies (3/a), 
très épaisse en cet endroit et encore visible à la cote -f loo. Je n*ai 
pu constater son contact avec le tufeau (Mb) qui le surmonte ; 
mais, à la cote |- 119, se trouve un banc à Dentalium reposant sur 
du tufeau jaune, et surmonté également de tufeau, visible jusqu^à 
l'altitude de i33 mètres, où il est surmonté de sables tertiaires. Ce 
banc à Dentalium de la rive droite de la Geule semble différent de 
celui qui, sur la rive gauche, repose, à la cote p 98, sur le tufeau à 
Terebratella pectiniformis, Mb, et est recouvert par le tufeau 
exploité (3/c), visible jusque l'altitude de 97 mètres. Cette dernière 
couche à Dentalium n est pas observable sur la rive droite, où elle 
doit se trouver à un niveau supérieur à 119 mètres. Sur la rive 
gauche, existent encore un certain nombre de couches qui ne 
paraissent pas représentées sur le versant oriental de la vallée : le 
tufeau (Mc')f s'élevant jusque la cote ^ io5, ayant à sa base un lit 
renfermant de nombreuses Ostrea yes/c/z/ari* et le tuleau contenant 
des niveaux à bryozoaires, atteignant la cote |- 122, où il est 
surmonté de sable tertiaire. 

De ceci, il résulte que le rejet vertical de la faille est de vingt- 
six mètres environ ; Torientation et la' position de cet accident 
géologique peuvent être observées dans une carrière ouverte au 
pied du flanc occidental du Schaasberg, où le tufeau à silex gris, 
Mb, et la craie durcie à stylolithes. Ma, sont en contact. Ainsi 
que nous t'avons dit précédemment, le prolongement SE. de cetto 
faille de FauquemOnt n'est pas connu ; c'est l'une des cassures de 
la Geule, de Yijlen ou du Selzer-beek. 



,1 ' 



Faille du Selzer-beek. 

« 

L existence d'uue-faille dans la vallée du Selzer-beek se manifeste 
nettement aux environs de Vaals. Sur la rive droite du ruisseau, 
en territoire allemand, en face de l'angle de la frontière hollan- 
daise, on apercevait, avant la construction de la nouvelle roule, 
une couche de cailloux roulés, surmontée de quelques mètres 
de craie glauconifère de l'assise de Nouvelles, passant, vers 
le haut, ù la craie blanche, dure, de la même assise ; un peu à l'est, 
à Weingartsherg, le talus septentrional de la chaussée montre une 
mince couche de la mcrnc craie reposant sur le sable de Hervi*. 



Sur la rive gauche, au contraire, le sable glauconifére de Tassise 
de Hervé affleure et surmonte le sable sans glauconie d'Aix-la- 
Cliapelle, ainsi que nous l'a fait voir un sondage effectué en ce 
point. 



yV. 




FiG. 9. 

Coupe transversale de la vallée du Selzer-beek le long de la frontière 

de Hollande et d*AIIemagne. 
Kchelle des longueurs, i : 20 000. Echelle des hauteurs, i : 5 000. 

En suivant la rive droite vers le Xord-Ouest, on observe succes- 
sivement la craie blanche sans silex, la craie graveleuse à Tangle 
de la frontière et la craie à silex noirs, à XisAvijlre ; sur la rive 
gauche, en marchant dans la même direction, on constate du sable 
d*Aix-larChapellc, i)uis du sable de Herv^e, enfin de la craie mar- 
neuse aux environs de Yijlen ; à Mamelis, cette craie parait repo- 
ser sur de la craie glauconifére, dont on trouve des fragments, 
mais ceux-ci peuvent avoir été entraînés par le ruisseau. 

La faille ne peut être suivie bien loin en Allemagne vers le Sud- 
Est ; vers le Nord-Ouest, dans la vallée de la Geule, les couches 
crétacées des deux rives se trouvent à la même altitude, ce ({ui 
semble indi(xuer que la dénivellation des deux lèvres avait cessé 
de s'accentuer, en cet endroit, pendant la période maestrichtienne ; 
ainsi, à Stockhem, le contact du Maestrichtien inférieur sur la 
craie blanche sénonienne se montre, sur les deux rives, à 
l'altitude f- ii5. 

La faille de Fauquemont mentionnée, notamment, par Staring, 
Biukliorst, Bosquet et Ubaghs, ne peut être considérée comme le 



— M 190 — 

prolongement de celle que nous envisageons ; c'est une cassure 
transversale de direction sensiblement Est-Ouest. 

Failles entre OrsbaCh et Vetschau. 

m 

L'assise de Hervé, cachée sous la craie, sur la rive droite du 
Selzer-beek, affleure directement sous l'étage maestriclitien, aux 
environs de Laurensberg, ce qui fait présager, entre ces deux 
points, l'existence d'une faille cachée sous le limon et les roches 
maestrichtiennes. Examinons les preuves de son existence. 

Quant on se rend d'Orsbach Prusse) à l'ancien moulin a vent de 
Vetschau, on traverse un plateau couvert de limon, s'étendant, 
vers le Nord-Ouest jusque Simpelveld. En quittant Orsbach» on se 
trouvait sur la craie sénonienne ; en arrivant au moulin, on 
aperçoit d'anciennes exploitations de tufeaumaestrichtien inférieur 
(Ma) d'une profondeur de trois à quatre mètres ; ce tuf eau est 
bien visible dans une petite coupe au sommet du chemin creux 
conduisant au moulin. 

Quelques mètres plus bas, on voit le sable de l'assise de Hervé 
affleurant le long du même chemin, dans la direction de Nierstein ; 
on peut en constater une épaisseur notable. Entre l'assise de Hervé 
et l'étage maestrichtien, l'on n'aperçoit pas la craie, qui semble 
faire défaut ici. En cet endroit, le sable de Hervé s'élève jusque 
210 mètres, alors que, suivant la direction des couches, la craie à 
silex noirs est visible, à Orsbach, à la cote f 200 et descend jusque 
celle de -j- 17^, où se trouve son contact avec la craie sans silex. 

Il paraît donc indiscutable qu'une faille existe entre Orsbach et 
Vetschau ; cherchons à préciser son emplacement. 

L'absence de l'assise de Nouvelles, constatée à Vetschau, est 
indiscutable aussi à Simpelveld et à Bongaardhof , près de Bocholtz. 
Un puits creusé dans la gare de la première de ces localités, à la 
cote -f iSi'^.Go a montré que, sous trois mètres de craie maestrich- 
tienne, se trouve du sable glauconifère de l'assise de Hervé, dont 
le sommet est donc à i48'".6o -d'altitude (*). Un puits creusé au NE. 
de Bongaardhof a également rencontré le même sable sous le 
Maestrichtien, à la profondeur de 16 mètres, et un forage exécuté 
dans le voisinage, en i856, par la Nederlandsche Bergiverkveree- 
niging, y a pénétré de 9 mètres sous 22 mètres de tufeau 3/a, puis 

(*) Starino. Aoc. cit,, t. II, p. 357. 



— k i9i — 

a été abandonné. Les cotes de Torif ice du puits et du forage et 
leur emplacement exact ne sont pas connus, mais on peut estimer 
approximativement les premières à i6o m. et 170 m., de telle sorte 
que le toit de l'assise de Hervé s'y trouverait respectivement à 
144 T^' 6t à 149 m. d'altitude. 

Les affleurements et les sondages connus ne peuvent rien 
apprendre de plus sur le contact de l'assise de Hervé et du Maes- 
trichtien, mais quelques forages de reclicrche de houille nous font 
connaître le niveau de la tête du Houiller, qui pourra nous guider. 

Le toit du Primaire se trouve, au sondage n** ^1, effectué à 
Bosschenliuizen (Simpelveld), à la cote — o™.43; alors qu'aux 
forages n** 23 et 45, voisins l'un de l'autre, à Weg Bocholtz 
(Simpeldveld), il est respectivement aux niveaux -}- 29".4i et 
1 27™.8o et qu'à la recherche n° 7, dans le village de Bocholtz, il 
se trouve à une altitude de -\ 89™. 55. Ces quatre travaux accusent 
donc une pente de 3o mètres par kilomètre, environ, pour le toit 
du Houiller. 

Plus au Sud-Est, sur le territoire allemand, trois puits ont été 
effectués contre le chemin d'Orsbach à Vetschau, au niveau de 
210 m., et ils ont atteint le terrain houiller à 120 m. de profondeur, 
soit à la cote -j- ^^ ni» î ^^ admettant, pour la surface de ce terrain, 
le pendage que nous venons d'indiquer, on aurait dû la rencontrer 
à la cote -f 120 m. au moins. 

Il en résulte qu'une faille passe entre ces trois points, d'une part 
et les forages n°* J[i, 23, 45 et 7, d'autre part. Par erreur, elle figure 
sur la carte comme passant au NE. du n^4^î ^^ réalité elle se 
trouve au SW. de ce point. 

Plus vers le SE., son emplacement peut être exactement indi- 
qué, entre Wildbach et Seff ent, sur le territoire allemand ; car, 
sur la rive gauche d'un ruisseau, en face du moulin à huile, on 
voit un contact du sable d*Aix-la-Chapelle et de la craie blanche 
de l'assise de Nouvelles, et ce contact correspond à une dépression 
SE.-NW., suivant laquelle nous avons fait passer la faille. 

Il est probable, qu'une autre cassure se trouve entre celle que 
nous venons de mentionner et le Selzer-beek. 

En effet, la craie graveleuse, étant à la cote + I25 environ à 
Goedenraad, se montre au niveau de ~\- i5o m. à la gare de Simpel- 
veld, dans le puits. On pouri'ait en conclure que la faille que 
nous venons de décrire passe à l'ouest de cette dernière localité. 



— M 192 — 

Mais, étant donné le parallélisme relatif des cassures connues, on 
peut supposer qu'il se trouve encore un accident géologique entre 
Goedenraad et Simpelveld, orienté comme les autres failles de 
cette contrée. Un fait déjà mentionné confirme cette manière de 
voir. La dénivellation qu'a subie la couche coquillière au SW. de 
Seffent, est due, très probablement, à cette faille. 

A ce dernier endroit, son rejet n'est plus que de quelques 
mètres ; elle paraît donc se terminer vers le SE. L'observation que 
m'a faite M. Forir, que cette faille se continue toutefois jusqu'à 
Neue-IIaus, sur la chaussée d'Aix-la-Chapelle à Vaals me paraît 
très fondée. En effet, on trouve à AVeingartsberg le faciès normal 
du sable de l'assise de Ilerve, Cpab, tandis qu'à la gare de 
Templerbend, cette assise est réduite à une couche très mince de 
gravier de base Cp2a, A Neue-Haus, la craie repose sur le sable 
de l'assise d'Aix-la-Chapelle, le gravier Cpua est réduit à rien en 
ce point. La faille devra donc passer à l'ouest de (îct endroit. 

Faille de l'Eijser-beek. 

« 

Quoique je sois convaincu de l'existence d'une faille dans la 
vallée de l'Eijser-beek.au SE. de Simpelveld, je n'ai pas cru devoir 
la figurer sur la carte, la présence de cet accident ne me parais- 
sant pas suffisamment démontrée. 

Examinons sur quelles probabilités j'étaie ma manière de voir. 

L'étage maestrichtien a été exploité à la cote -j- 176 dans une 
carrière située à l'ouest de Molsberg. A l'est de cette localité, à 
Roodeputs, au contraire, le Tertiaire s'observe à une altitude 
inférieure à f- 162 m., vraisemblablement à f- 160 m. et cette même 
formation descend, à Simpelveld, à la cote -(- 167, sans qu'on puisse 
en apercevoir la partie inférieure. 

La dénivellation constatée entre le Tertiaire et lie Maestrichtien 
semble bien due à une faille qui serait exactement dans le prolon- 
gement de la partie SE. de la vallée de l'EiJHer-beek. 

A Vlengeldaiil, le tufeau maestrichtien inférieur se trouve à la 
cote -\- 199; vers le NE., le Tertiaire affleure déjà au niveau 
de : 175 m. 

Si l'on prolonge vers le SE. la direction supposée de la cassure, 
on s'aperçoit que celle-ci passerait entre Seffent et Wildbaoh, 
en Allemagne, c'est-à-dire en un point où un accident de l'espèce 

27 OCrOBUE JL^OÔ. 



— M 193 — 

est rendu indiscutable, d'une part par le eontaet de l'assise d'Aix- 
la-Chapelle au NE. avec rassise de Nouvelles au S AV., d'autre 
part par le eontaet de l'assise de Hervé, existant dans la région 
septentrionale, avec le Maestrichtien visible dans la région méri- 
dionale. Il est donc possible que le raccordement que nous avons 
figuré de l'accident de ce point avec la faille septentrionale 
comprise entre Orsbach et Vetschau soit erroné et que cet accident 
doive être raccordé avec la faille hypothétique de rEijser-beek. 

S'il en est ainsi, la dite faille septentrionale vient à disparaître 
et la méridionale peut être supposée suivre la trajectoire suivante: 
passant entre (ioedonraad et la gare de Simpelveld, elle se dirige 
vers le SK., entre Bocholtz d'une part, Vlengeldaal et remplace- 
ment des trois puits à la frontière d'autre part, ensuite par le point 
où la couche coquillière montre la dénivellation signalée près de 
Seffent, pom* continuer dans la direction du Neue-Haus ou à peu 
près. 



ANX. soc. GÉOL. DE BEI.G., T. XXXII. MÉMOIRES, l3. 



— M 194 — 



CIIAPITRJ1: IV. 

Hydrologie. 

Le sable de Tassise d'Aix-la-('liapolle est très aquifère; la sonde 
ne doit y pénétrer (lue de quelques mètres pour atteindre la 
surface de Teau. Lorsque, connue dans la région méridionale de 
la vallé(^ de la Geule, i)rès de la frontière belge, le contact de ce 
sable sur le terrain houiller se trouve au-dessus du f(md de la 
vallée, on voit des sources se produire à la rencontre des deux 
terrains. 

Le sable inférieur d(^ Tassise de Ilei've est généralement pauvre 
en eau; cependant on y l'cncontre de Teau ferrugineuse aux envi- 
rons de Vaals, où elle semble ne former qu'une nappe unic^ue avec 
celle du sable sénonien inférieur. 

L'argilite de la même assise peut être ccmsidérée comme un 
niveau très imperméable ; lorsque, comme au sud de Vaals, elle 
alterne avec des niveaux de sable un ])eu argileux, ceux-ci d<mnent 
naissance à quelques suintements sans grande importance, à flanc 
de coteau; cependant, leur insignifiance paraît due à la résistance 
qu'elles rencontrent dans la couche de limon très argileux recou- 
vrant le flanc de la (*olline, car, dans les ])uits du voisinage, l'eau 
jaillit généralement juscju'à une certaine hauteur quand on perce 
la couche d'argilite qui la retient captive. La forme lenticulaire 
des bancs d'argilite intercalés dans le sable glauconifère est 
vraisemblablement la cause à laciuelle il faut attribuer la varia- 
bilité du niveau de Teau dans tous les puits de la région. 

La craie qui surmonte Targilite de l'assise de Hervé constitue 
partout un important niveau aquifère, donnant naissance à de 
nombreuses sources dans la vallée de la Geule, notamment au nord 
d'Epen, à Hommerig, à Thiene, à Ilurpesch, à Schwijberg, àl)al: 
on en rencimtre également au même niveau dans la vallée du 
Lomberg-beek, à Gunsterberg. 

Un puits foré au château de Capolder, au nord de Galoppe 
((jruli)en), a renc<mtré une napjie jaillissante sous 4 ni. de limon et 
3 m. de craie blanche. 



- M i95 — 

Enfin, Tétage maestriehtien est aussi un excellent réservoir à 
eau, donnant naissance à des sources à Simpelveld et entre ce 
village et le hameau de Broek. A Schin-op-GeuUe, un puits a été 
creusé dans les terrains suivants, d'après les renseignements qui 
m'ont été communiqués par le puisatier. 

Cotp du sol 4- 79. Limon 11 mètres, ('raie dure à silex blonds. 
Craie grossière à silex, avec source jaillissante. Il s*agit certaine- 
ment ici de couches appartenant au Maestriehtien inférieur, Ma, 
qui, comme nous Tavons dit, est formé d'une alternance de craie 
ii silex, dure et friable. 

Le niveau de Teau n'est pas constant dans les carrières de 
tuf eau de P'auqueraont. Les variations sont très lentes et la diffé- 
rence d'altitude de la surface de la nappe serait de deux mètres. 
D'après une légende que nous n'avons pu contrôler, la périodicité 
des hauts et des bas niveaux serait de sept années. D'après des 
inscriptions visibles dans la carrière, au dire du propriétaire, le 
niveau aurait été maximum en 1816 et en 1848; il était ascendant 
en i9o4. 



M 196 



CHAPITRE y. 



Mouvements du sol. Géographie physique. 

Ainsi que nous l'avons vu dans les chapitres précédents, Torien- 
tation générale des failles de la région est SE.-NW. Ces cassures, 
ainsi que l'ont fait remarquer MM. M. Lohest, H. Forir et A. 
Habets, font partie d'un vaste système de fractures de même 
orientation, «'étendant, vers le NE., au delà de la plaine du Rhin 
et semblant avoir, dansjla direction opposée, des représentants 
jusque dans la partie oceident^ile de la Campine. 

Le territoire enclavé entre les failles extrêmes de ce svstème 
s'est effondré continuellement pendant les périodes comprises 
entre la sédimentation des couches houillères et la formation des 
dépôts quaternaires les plus récents. Il est possible que cet effon- 
drement ait commencé pendant la période houillère même, et il 
semble se continuer encore de nos jours; mais les éléments 
d'appréciation que nous avons pu recueillir n'étant pas suffisants 
pour résoudre cet important problème, nous nous bornerons à 
l'étude des mouvements relatifs des différentes parties du terri- 
toire que nous envisageons. 

En tenant compte de l'épaisseur relative des dépôts appartenant 
à l'assise d'Aix-la-Chapelle, on peut dire que l'affaissement de la 
région située au NE. de la faille de la Geule a été plus considé- 
rable, pendant la sédimentation de cette assise, que celui de la 
région située au SW. ; le terrain houiller n'affleurant, dans le 
Limbourg hollandais, nulle part au NE. de la faille de Vijlen, nous 
ne pouvons rien présager en ce qui concerne l'accentuation des 
failles pendant le Sénonien inférieur, dans cette région. 

Pendant la période hervienne, la descente du paquet de terrain 
situé au SW. de la faille de la (ieule continue à être moins impor- 
tante que celle du pacjuet du NE. Par contre, c'est le phénomène 
inverse qui se produit pour la faille de Vijlen, dont la lèvre SW. 
présente une notable épaisseur de dépôts de l'assise de Hervé, 
alors que celle du NE. ne montre que deux mètres environ de 



— M 197 — 

sédiments de cet âge, c'est-à-dire son gravier de base et, par 
places, un peu de sable glauconifère. La faille du Selzer-beek, de 
même que la faille méridionale entre Orsbach et Vetschau, ne 
semblent pas s'être accentuées pendant cette période, les sédi- 
ments de l'assise de Hervé ayant la même importance de part et 
d'antre de ces accidents. Par contre, il paraît s'être produit un 
effondrement de la lèvre NE. de la faille septentrionale entre 
Orsbach et Vetschau, l'épaisseur dos roches glauconifères y étant 
plus considérable qu'au SW. 

L'époque de la sédimentation des assises de Nouvelles et de 
Spiennos ne parait pas avoir été marquée par une modification 
sensible des failles de la Geule et de Vijlen ; mais la craie étant 
beaucoup plus épaisse au NE. de la fracture du Selzer-beek qu'au 
SW., on peut en conclure que c'est pendant le dépôt des couches 
de cet âge, que cette faille s'est le plus accentuée, sa lèvre NE. 
s'affaissant plus que sa lèvre SW. Il semble môme que la région 
située au SW. ^ été émergée, partiellement tout au moins, vers la 
fin de l'ère sénonienne et que sa désagrégation, soit par la mer, 
soit par les eaux de ruissellement, a fourni les matériaux de la 
craie remaniée que l'on observe au NE., c'est-à-dire de la craie 
coquillière du Schneeberg et de Wahlwijlre (craie graveleuse de 
Staring). Ce sont vraisemblablement des vestiges presque en 
place des couches désagrégées que l'on retrouve également au 
voisinage d'Epen. L'absence de craie entre le Maestrichtien et 
l'ossise de Hervé dans la série des couches du NE. de la faille 
septentrionale passant entre Orsbach et Vetschau, ou de celle de 
rEijser-beek, dénote également un affaissement du territoire du 
SW. et vraisemblablement une éraersion du paqucît de terrain 
du NE. 

Les périodes maestrichticnne et tertiaire ont vu s'accentuer cette 
dernière faille de rEijser-beek, dont la lèvre NE. s'est affaissée 
par rapport à la lèvre SW"., à en juger par l'altitude respective des 
formations tertiaires de part et d'autre. 

Enfin, il existe des indices que certaines des fractures de la 
région, sinon toutes, ont continué à s'accentuer pendant le Quater- 
naire; nous n'en donnerons comme preuve que la dénivellation du 
cailloutis campinien entre Mariadorf et Hœngen, au nord-ouest 



— M 198 — 

d'Eschweiler, ce cailloutis se trouvant à un niveau de quarante 
mètres plus élevé dans la première de ees loealités que dans la 
seconde, alors que la surface du terrain liouiller est dénivelée de 
quatre cents mètres entre ces deux points. 

C'est vraisemblablement à Texistence des cassures que nous 
avons signalées qu'est due la direction générale SE.-XW. des 
cours d*eau de la région. Quant à la direction E.-W., dominant 
après la précédente, elle est peut-être due également à des fra<*- 
tures secondaires, analogues à celle que Ton voit dans les carrières 
souterraines du sud de Vieux-Fauquemont; il en est peut-être de 
même aussi de la portion du cours de la Guipe (U'ientée SW.-XE. 
Mais il semble que les cassures secondaires, transversales, ont une 
étendue moindre que les failles i)riucipalcs, contre lesquelles elles 
I>araissent se terminer. 

Les plateaux sont la forme dominante du sol dans la région. 
Cette disposition semble avoir été favorisée par riiorizontalitéou la 
faible inclinaison des couches et par leur résistance presque égale 
à Taction érosive des agents atmosphériques, (^es plateaux sont 
généralement couverts de silex et ne supportent que de très faibles 
épaisseurs de limon ; (^ette formation fait même entièrement défaut 
sur de grands espaces. Dans ce cas, les cultures disparaissent, la 
végétation devient rabougrie; les arbres n'existent plus, à l'excep- 
tion de maigres bouleaux; les fougères sont très abondant^îs, mais 
de petite taille et la bruyère envahit le pays. 

L'aspect change encore quand les plateaux sont couverte de 
sable tertiaire, favorable au développement des conifères, (|ui y 
forment des bosquets ou même de véritables forêts. 



Quelques observations sur le levé géologique de la région 

traversée par la faille eifélienne, 
entre Chokier et Hermalle-sous-Huy, 



l'AR 



j^ENÉ d';(^NDRIMONT (*). 



(Planche VII). 



Introduction. 

A la demande de M. Max. Loliest professeur de géoloj^ie à TUni- 
vprsité de Liège j*ai fait, dans le courant de Tannée 1904, le levé 
géologique de la région traversée par la faille eiféli(»nne entre 

diokier et Hermalle-sous-lluv. 

« 

La communication sur ee sujet, que j'ai l'honneur de vous 
présenter, se rattache au travail qu'il vient de publier tout récem- 
ment dans nos Annales, en collaboration avec M. V. Fourmarier, 
sur le raccordement du Calcaire carbonifère de Chokier avec celui 
«h» la Vesdre. 

Je ferai ressortir, dans le cours de cet exposé, les observations 
(pii ne concordent pas avec celles de M. X. Stainier, l'auteur du 
levé de la feuille i33 correspondante de la Carie géologique de 
Belgique au 4<>ooo'. Mou interprétation diffère également quelque 
peu de la sienne. 

Description des terrains rencontrés. 

Silurien. — Il nous parait impossible d'y établir des subdivi- 
sions appréciables. Nous n'avons pu retrouver aucun affleurement 
«•ntre ceux de llermalle-sous-Huy et celui de l'ouest du ])ont 
d'Kngis. Encore, celui-ci est-il loin d*étre caractéristique. 

Gedinnien du nord du baKsin de Dimuit. — 11 n'v a rien de 
particulier à en dire. La succession l)ien connue se retrouve 
partout: poudingue, grès et psammites noduleux, interromijus par 
«pielques assises de schistes bigarrés. 

'•» Commuiiication faite à la séance du ijj mars 1900. 



— M 200 — 

Cobleiicien du nord du bassin de Dînant. — Le premier étage 
est nettement gréseux. Le second est beaucoup plus schisteux. 

Il existe, à la limite de ces deux étages, une zone de schistes et 
de grès violacés, très caractéristique pour la région étudiée, et qui 
peut servir d'horizon géologique sur toute l'étendue de ce levé. 

('es roches violacées se retrouvent au tournant de la route du 
Bois-Madame, le long de celle qui descend de Haponry vers 
Clermont, et au tournant de celle-ci avant d'atteindre cette localité. 

Ce dernier affleurement avait été pris par >J. Stainier pour du 
Couvinien. 

Comme c'est le seul que j'ai pu retrouver, parmi ceux indiqués 
comme Couvinien sur la feuille géologique au4o ooo'', je ne crois 
pas qu'après avoir attiré l'attention sur la présence de ces roches 
violacées dans le Coblencien de cette région, il soit encore pos- 
sible d'admettre la présence si anormale du Couvinien au bord sud 
du bassin de Namur. 

Ces roches rouges se retrouvent d'ailleurs encore au hameau des 
Granges et le long de la route d'Engis à Plainevaux, avant 
d'arriver à Sart-le- Diable. 

Calcaires du Dévonien moyen et supérieur du sud du bassin de 
Xamur, — Ceux-ci se trouvent dans toute la région, avec les 
mêmes caractères. 

Le calcaire gris à polypiers, qui constitue la base de cette 
masse calcaire, passe au calcaire schisteux dans la partie moyenne 
et ensuite aux schistes noduleux à la partie supérieure. Vers le 
milieu, se trouvent des bancs de calcaire argileux à stromatopores, 
qui constituent un horizon canictéristique. Quelquefois, certains 
massifs de calcaire sont dolomitisés. 

Fainennien. — On retrouve presque toute la succession des 
couches d(» la vallée de rOurthe,mais les assises sont plus réduites. 

Elles sont <le mieux en mieux représentées, lorsqu'on s'avance de 
l'Ouest vers l'Est, c'est-à-dire en allant de la Mallieue à Clennont, 
en passant par la Nouvelle-Montagne, Engis, Chokier et le bois 
d'Engihoul. On reconnaît bien les schistes de Mariembourg à 
Rhynehonella Dumonti, l'assise stratoïde d'Esneux, les macignos 
et. les schistes de Souverain- Pré. Ces derniers sont nettement 
caractérisés au tournant de la route qui descend d'Attine sur 



— M aoi — 

Engihonl. On observe également les psammites gris et rouges de 
l'assise de Monfort en bancs peu épais, avec nombreuses intercal- 
lations schistenses, enfin ]es psammites et schistes d*E vieux. 

Nous avons considéré comme Famennien le petit lambeau de 
poussée qui se trouve vis-à-vis du pont d'Engis. Nous y avons 
retrouvé des blocs de grès nodulcux et nous sommes plutôt portés 
à croire qu'il rei>résente un lambeau de Tassisc de Souverain-Pré 
broyé au contact d'une faille. 

Calcaire carbonifère, — La base est presque exclusivement 
composée de dolomies; celles-ci passent insensiblement au calcaire 
vers le milieu de l'étage. 

Il est cependant possible de considérer comme tournaisicnnes 
les premières assises du Calcaire carbonifère. Voici, en effofc, la 
succession que Ton rencontre : 

Dolomies à crinoïdes. 

Calcaire à crinoïdes, en quelques points seulement, notamment 

dans le bois d'Engihoul et le long de la route d'Engis à 

Plainevaux. 
Dolomies à cnnoïdes. 

Il est impossible de délimiter le Tournaisien et le Viséen. Le 
faciès dolomitique et crinoïdique diminue peu à peu. Les bancs 
supérieurs de cette assise peuvent être considérés comme 
dolomies viséen nés. 

Les subdivisions du calcaire viséen sont très peu nettes et très 
peu constantes. Tout au plus peut-on dire que la partie inférieure 
est plus cristalline. On y rencontre des Prodiictiis cora et beau- 
couj) de crinoïdes. 

La partie moyenne est composée de calcaire gris brun, d'un 
grain serré et fin. On y trouve quelques intercalations schisteuses. 
Les calcaires de la partie supérieure sont grenus. Au nord de la 
Meuse, on y rencontre quelques bancs de cherts noirs et quelques 
veinules d'anthracite, dans la carrière au nord de la Xouvellc- 
Montagne. 

Failles. Structure de la région. 

La faille de Seraing ne peut-être suivie au delà du Famennien, 
qu'elle met en contact avec les calcaires du Dévonien moyen et 
supérieur. Plus loin, elle se perd vraisemblablement dans le 
Silurien, caché par les alluvions modernes. 



— M 202 — 

La faille d'Ivoz met en regard, à Toiiest du pont d'Engin, le 
Calcaire ear])onifère et h". Silurien. La présence du lambeau de 
Famennien du pont d'Kngis indique qu'elle se bifurque; puis les 
deux branches se perdent sous les alUivions moderneH. 

Il est probable, cependant, que la branche méridionale longe 
Tesearpement qui limite la vallée. 

• 

La faille eifélienne peut être suivie en ligne droite depuis la 
route d'Kngis à Plainevaux jusqu'au chemin de Clermont aux 
Granges ; à i)artir de là, une inflexion la ramène vers le Nord. 

La direction du Gedinnien semble indiquer qu'elle repren<l sa 
direction primitive lorsqu'elle atteint la vallée de la Meuse. 

On pourrait également supposer que nous avons affaire, aux 
environs de (^lermont, à un lambeau de jxmssée, à une écaille <jui 
est venu recouvrir la faille eifélienne. Aucune observation ne 
permet cependant de confirmer cette hypothèse. 

En deux endroits de la faille eitelienne, à la rencîontre de la route 
d'Engisà Plainevaux et au-dessus du bois de Ramioulle, la faille 
est d(mble et l'on peut observer un lambeau de Viséeu de quelques 
mètres d'épaisseur, enclavé entre deux lambeaux de ('oblenoien. 

Quant à la faille de Clermonl, renseignée sur le levé de >L 
Stainier, nous n'avons fait aucune observation (pii justifie scm 
existence. 

Si nous examinons maintenant renscmble des accidents géolo- 
giques, nous verrbns qu'il semble (exister des déplacements dans 
deux directions différentes. 

Une poussée a amené les terrains plus anciens du Sud vers le 
Nord (faille eifélienne). Une autre a déplacé les lambeaux suivant 
un plan parallèle à la direction de la Meuse. La direction et 
surtout l'inclinaison des couches du lambeau de Uhokier, du 
Famennien du pont d'Engis et du bois d'Engihoul, montrent nette- 
ment un décrochement horizontal. 11 semble même que le dépla- 
cenumt d'un lambeau par rapport à l'autre ait été légè reaient 
ascensionnel. Ue mouvement expliquerait la disparition du 
Famennien supéiieur vis-à-vis du j)ont d'Fngis. 

La faille eifélienne est (hmc seule une véritable faille inverse. 
Nous avcms tout lieu de croire*, ({ue celle-ci s'applatit en profondeur, 
comme il a été observé pour d'autres accidents de ce genre et 
comme l'a notamment nKmtré M. Fourmarier à l'est de Liéj^i». 



— M 2o3 — 

Xous tenons encore à faire observer que les inclinaisons et 
les directions de tonte la succession des terrains depuis Clermont 
jusqu'à la route d'Engis à Plaine vaux et au delà, indiquent nette- 
ment une selle qui se prolonge vraisemblablement à TEst sous la 
faille eifélienne. Cette allure laisse supposer Texistetice d'un 
second i>etit bassin houiller au sud du premier, comme Font fort 
bien fait ressortir MM. Loliest et Fourmarier. 

Géographie physique. 

Ce qui frappe à première vue, c'est que la Meuse suit exactement 
la direction de la selle du Silurien et ensuite celle de la faille 
eifélienne. C.^e fait n'a rien de surprenant. Les schistes siluriens 
ayant offert moins de rtMsistance à la désagrégation, la Meuse a 
fatalement suivi la direction de la déi^ression produite. 

I^a vallée est limitée au Xord et au Sud par les premières rocLes 
résistantes qui succèdent au Silurien. Elle conserve à peu près la 
même largeur jusqu'au delà d'Engis, et c'est la raison qui milite 
en faveur de la présence du Silurien jusqu'en cet endroit. 

La vallée se rétrécit ensuite à Cliokier et, fait remarquable, 
r'est en cet endroit qu'elle atteint peri)endiculairement et traverse 
un massif rejeté par la faille de Seraing, massif i)lus résistant, 
composé de grès et de calcaires. En aval de Cliokier, la vallée 
s'épanouit de nouveau à son contact avec le Houiller plus tendre. 

Si l'on examine quelques détails du relief de la région, on 
remarque d'autres particularités encore. 

I*') Dans toutes les vallées secondaires qui aboutissent au nord 
de la vallée de la Meuse, les déi)ressions du sol, marquées par les 
inflexions des courbes de niveau, indiquent le passage des schistes 
du Famennien supérieur. 

'2^) Entre Cliokier et la Fesnière, une brusque inflexicm des 
courbes de niveau vers le Xord, c()rres])ond aux schistes du 
F*ameiinien inférieur. 

3^) Le bois d'Engihoul constitue un plateau surélevé de Famen- 
nien supérieur, composé en majeure partie de grès. 

4^^) A ce plateau succède au Sud une vallée courte et lar^e; la 
vallée de Clermont. Cette vallée se sup(M*pose exactement aux 
srliistes du Famennien inférieur. 



— M 204 — 

Trois ruisseaux aboutissent à cette dépression. Leurs vallées se 
rétrécissent bruscxuement lorsqu'en les remontant, on pénètre 
dans le Famennien supérieur et dans le Coblencien. 

Au point de vue liydrologique, on peut également faire quelques 
observations. 

1°) Tout le long du conti».ct entre les calcaires viséens et les 
schistes alunifères, le Viséen est rongé par la circulation de l'eau 
qui est plus intense au contact entre ces deux assises, à cause de 
rimperméabilité des schistes. 

2^) Le contact entre le Gedinnien, gréseux et perméable en grand, 
et le Silurien, schisteux et imperméable, est marqué par une 
ligne de petites sources. 



Les dislocations du Bassin du Congo. 

I. Le Qraben de l'Upemba, 



PAR 



^. pORN^ET (^) 



Planches viii et IX. 



INTRODUCTION 

§ I. 

Si Ton en excepte le pays de TAtlas, qui est comme un fragment 
de la région plissée du sud de TËurope accolé à la grande table 
saharienne, le Continent africain tout entier se distingue par un 
caractère négatif important : absence complète de plissements 
de date tertiaire. 

Dans la plus grande partie de la région désertique, les forma- 
tions paléozoïques elles-mêmes ont généralement conservé des 
positions peu dérangées* alors qu'elles sont presque partout nette- 
ment plissées dans les portions plus méridionales du continent, 
depuis le Soudan jusqu'au Cap de Bonne-Espérance. 

La constitution géologique du bassin du Congo et d'une grande 
partie des contrées qui s'étendent sous les mêmes latitudes peut 
se résumer comme suit ('). 

(') Mémoire présenté àlaHénncedu 17 juillet 1904 et dont riinpresgion a 
été ordonnée à la séance du ig novembre igoS. 

{'} Vo3'ez : J. Cornet. Observations sur les terrains anciens du Katauga. 
Ann, Soe. géoL de Belgique, t. XXIV, i8g6-i8g7. 

— Les formations post-primaires du bassin du Congo, Ibidem^ t. XXI, 

i893-i8g4. 

— Les dépôts superficiels et Térosion continentale dans le liassin du 
Congo. Bull, Soc, belge de géoL, t. X, i8g6. 

— Etudes surla géologie du Congo occidental entre la côte et le confluent 
du Ruki. Ibidem^ t. XI, i8g7. 

— La géologie du bassin du Congo, d*après nos connaissances actuelles. 
Ibidem, t. XII, 1898. 



— M 206 — 

Des portions de ces régions sont occupées par des terrains 
rattachés à rArchéen, accompagnés de massifs granitiques parfois 
très étendus. Sur des espaces considérables, surtout dans les 
parties périphériques du bassin du Congo, règne un ensemble de 
formations primaires divisible en plusieurs systèmes en discor- 
dance entre eux et d'autant plus fortement plissés qu'ils sont plus 
anciens. Vers le haut de cette série, les plissements s'atténuent 
et le Primaire se termine par des grès et des schistes rouges, avec 
des conglomérats et des calcaires, en épaisses assises relativement 
peu dérangées. Ce sont mes Couches du.Kiindeliingu, 

Les massifs primaires, qui ont dû constituer autrefois des 
reliefs prononcés, ont été réduits, comme les régions archéennes et 
granitiques, à des plateaux surbaissés, œuvre de longues érosions 
continentales. 

En discordance sur tous les terrains plus anciens, depuis 
l'Archéen jusqu'aux Couches du Kundelungu, s'étend une forma- 
tion puissante de grès peu cohérents, accompagnés, dans certaines 
régions, de schistes argileux, tendres. Ces assises, que je consi- 
dère comme d'origine continentale et dont j'ai fait mon Système 
du Lubilache, occupent d'immenses étendues dans le bassin du 
Congo et présentent une allure relativement très régulière. 

Les formations secondaires et tertiaires d'origine marine font, 
dans l'état actuel de nos connaissances, absolument défaut dans 
l'Afrique équatoriale et australe, en dehors de la région côtière, 
où elles sont représentées par des dépôts jurasiques, crétaciques 
et tertiaires. Ces couches ne s'étendent pas, du côté occidental, 
au-delà de la bordure basse péricontinentale, mais elles jjénètrent 
assez loin dans l'intérieur de l'Afrique orientale. 



i^ 3. 



A cette absence de bassins de sédimentation marine <i'âge 
se(*ondaire ou tertiaire, correspond, dans toute cette partie de 
l'Afrique, une absence pour ainsi dire absolue de plissements 
post-primaires. 

Depuis les mouvements orogéniques qui ont, au sud du Sahara, 
disloqué les terrains primaires les plus récents, le sol de l'Afrique 



— M 207 — 

n'a plus subi de plissements proprement dits (^). Il a résisté aux 
tensions tangenti elles de Tépoque tertiaire qui, dans TEurasie et 
les Amériques, se sont traduites par Térection d'énormes bourrelets 
montagneux. 

Par contre, les déplacements verticaux se sont manifestés en 
Afrique, avec une puissance remarquable, depuis Tépoque secon- 
daire jusqu'à des temps très rapprochés de nous. 

Les plus importants de ces mouvements sont ceux qui ont isolé 
l'Afnque dans ses contours actuels. Le continent montre, en 
maints endroits du pourtour, les cicatrices laissées par Teffon- 
drement de la plus grande partie de Tancion Continent austral. 
(*es phénomènes se sont répartis sur une période très longue. Aux 
latitudes de la Cohmie du Cap, ils ont eu lieu après le dépôt des 
(,'onches de Stormberg, et des dépots marins néo-jurassiques sont 
connus le long de la côte orientale, depuis la Colonie du Cap 
(Couches de Sunday River à Trigonia ventricosa) jusqu'en 
Abyssinie. D'autre part, la mer secondaire n'est arrivée sur le 
littoral du Gabon qu'à l'époque de Schlœnbachia infîatu. 

Sur la surface même du plateau africain, de vastes régions se 
sont affaissées, amenant la formation de dépressions destinées à 
devenir les grands bassins hydrographiques de l'intérieur. 

Une troisième catégorie de dislocations dues aux tensions 
radiales consiste dans la production de gigantesques fractures, 
orientées dans des directions voisines du méridien et déliinitant 
des zones allongées qui sont descendues entre les lèvres de failles 
sensiblement verticales. Les unes se rapprochent de la forme 
schématique du a Graben » simple; les autres sont plus compli- 
quées, tout en ne cessant pas d'affecter une disposition en zone et 
one direction méridienne. 

En 1891, M. E. Suess, utilisant les résultats acquisàcette époque 
et particulièrement les documents rapportés par M. L. von Hohnel 
de l'expédition du comte S. Teleki, a donné, de ces dislocations 
dans l'Afrique orientale, une admirable description et une synthèse 

1') Dans la Colonie du Cap, les Couelios de Hoaufort, raiiportées au Trias, 
Haut intéressée» par les plissements du Systî'uie <lu Cap, antérieurs, en tous 
eas, aux Couches de Stormberg, qui sont liasiques (Voir S. Passarcîk. 
Die Kalahari^pp. 57 et suiv.). 



— k 208 — 

lumineuse ('). Les explorations plus récentes et des levés détaillés, 
tel que celui du chemin de fer de l'Uganda, ont confirmé d'une 
façon éclatante les vues d'ensemble de Tillustre géologue de 
Vienne et ont montré leur application intégrale au grand Graben 
de l'Afrique centrale, où s'alignent les lacs Tanganyika, Kivu, 
Albert-Edouard et Albert (-). On sait aujourd'hui que, du voisi- 
nage de la région côtière jusqu'au Tanganyika, le sol du vieux 
plateau africain est traversé dans le sens nord-sud par une série 
de dislocations grandioses dont les plus importantes sont précisé- 
ment celles du Graben central ou du Tanganyika et le grand 
Graben est-africain que la mer rouge, le golfe d'Akaba, la vallée du 
Jourdain, etc. prolongent vers le Nord jusqu'au contact des 
premiers plis tertiaires du système eurasiatique. 

Il semblerait donc, d'après ce qui précède, que le morcellement 
méridien du sol de l'Afrique se soit arrêté au Tanganyika et que 
la région qui s'étend à l'Ouest, c'est-à-dire le bassin du Congo, ait 
été exempte de ces dislocations qui ont découpé toute la partie 
orientale du continent. 

Nous allons montrer, au contraire, que l'on trouve dans Tinté- 
rieur du bassin du Congo, à l'ouest du Tanganyika, des disloca- 
tions du type des Graben qui le cèdent à peine en importance 
transversale, sinon, en extension nord-sud, aux accidents ana- 
logues situés sous les longitudes plus orientales. 

§ 6. 

Si Ton jette les yeux sur une carte du bassin du Congo et que 
Ton examine la direction générale des cours d'eau, on ne peut 
manquer d'être frappé par l'orientation que présentent les rivières 
dépendant du bassin hydrographique du Kassai, depuis leKwango 
à l'Ouest jusqu'au Luembe à l'Est. Sur une étendue de 760 kilo- 
mètres en longitude et une distance de 65o kilomètres du Sud au 
Nord, on voit douze ou quinze rivières importantes, dont plusieurs 

(*) E. SuESS. Die Bruche des ostlichen Afrika. Denks, d. k, k. Ak, d. H'. 
Wieii, 1891. 

(^, M. Ij. ZelH publiera ])rochiiinement une étude sur les progrès qu*out 
faits nus connaissances sur les dislocations de TAfrique orientale, depuis 
Tapparitiou du célèbre travail de M. E. Suess. 

27 OCTOBRE 1905. 



— M î>()9 — 

n*ont que peu de rivaux parmi les fleuves d'Europe, couler vers le 
Nord, en présentant dans l'ensemble un remarquable i)arallélisme, 
puis tomber dans un trône de direction générale est-ouest, qui 
mène leurs eaux vers le Congo. 

Ce riche faisceau des tributaires du Kassai est sensiblement 
parallèle aux dislocations du Tanganyika et de l'Afrique orientale: 
il est aussi, fçrosso modo^ parallèle à la côte orientale du conti- 
nent. Si l'on se bornait à l'examen des cartes {}), on serait tenté 
de considérer l'orientation de ces rivières comme étant en rapport 
avec un sj'stème de fra(*turcs disposées dans le même sens, sys- 
tème qui continuerait, vers l'Ouest, la série des grandes failles 
de l'Afrique orientale et du Tanganyika. 

On se tromperait étrangement. 

Les études géologiques que j'ai eu l'occasion de faire le long des 
rives du Luembe, de la source au confluent, de celles du Lubichi et 
du Lubilaclie, de même que les renseignements que j'ai pu 
rassembler sur la région qui s'étend plus à l'Ouest, jusqu'au 
Koango, ne confirment pas cette hypothèse, si séduisante a priori. 

La plupart de ces rivières coulent dans des vallées d'érosion 
bien accusées, parfois assez fortement encaissées, ouvertes dans 
un plateau légèrement incliné au Nord, formé par les couches 
réjçulières du Système du Lubilache. Les vallées arrivent parfois 
jusqu'au substratum ancien, le plus souvent granitique, d'autres 
fois constitué par les Couches du Kundelungu ou les terrains 
paléozoïques. Nulle part, nous ne trouvons d'indices de disloca- 
tions du substratum ni du revêtement discordant, pouvant être 
mises en rapport ave<^ l'emplacement des vallées. 

On ne doit voir, dans l'orientation uniforme de ces rivières, qu'un 
effet de la pente du terrain sur lequel elles ont pris naissance à 
mesure du retrait vers le Nord des eaux du bassin où se sont 
déposées les Couches du Lubilache. En d'autres termes, les 
affluents du Kassai et le Kassai lui-même sont dés rivières 
rftnséqnentes qui doivent leur orientation identique à des condi- 
tions communes, dans lesquelles les fractures du sol n'inter- 
viennent pas. 

(') Dont, «railleurs, les levers deruveiiir iruxli fieront ])eut-ètre beaucoup 
rasi)ect. en ve <iui concerne le parallélisme <les rivières du Kassai. 

ANN. soc. Oi^:OI.. DK BKIXi., T. XXXH. MÉMOIRES, l^. 



Je reviendrai plus tard sur une dislocation d'une certaine impor- 
tance qui existe dans le bassin du Kassai, mais dans une direction 
perpendiculaire à celle des rivières. 

§7- 

Les accidents sur lesquels je voudrais d'abord attirer l'attention 
se rencontrent dans la partie sud-est du bassin du Congo, dans 
la région, à limites peu définies, que l'on appelle le Katanga. 

On peut donner, de cette partie du bassin, une définition nette, 
en disant qu'eUe répond aux territoires de l'Etat indépendant du 
Congo, constituant le bassin hydrographique du Lualaba, en 
amont du conlluent de la Lukuga (la rivière émissaire du 
Tangan^àka.) 

Le Katanga ainsi compris est la partie du bassin du Congo dont 
la composition géologique est la plus variée et celle où le relief du 
sol est le plus tourmenté. 

Ce relief contraste singulièrement, tant par le caractère acci- 
denté que par les altitudes absolues, avec la région qui s'étend à 
l'Ouest et forme les bassins du Lomami et du Kassai. 

Les grands traits topographiques du Katanga se relient direc- 
tement à ceux qui bordent le Tanganyika à l'Ouest. Les rivières 
(Luapula, haut Lualaba, Lufila, etc.) y subissent, dans leur cours, 
d'énormes dénivellations, descendant pour ainsi dire en escalier, 
de leur bassin supérieur dans la dépression où coule le Lualaba- 
Kamolôndo (^). 

Tous ces faits donnent au relief et à l'hydrographie du Katanga 
une apparence de jeunesse qui ne se retrouve nulle part dans le 
bassin. Et cependant, comme les Couches du Lubilache, qui 
couvrent les contrées du Nord et de l'Ouest, ne se sont pas 
étendues dans le Katanga proprement dit ('), cette région est une 
des parties de l'Afrique qui sont livrées depuis le plus longtemps 
aux érosions continentales. On devrait donc s'attendre à y trouver 
les pentes et les thalwegs parfaitement régularisés. 

// faut que des causes étrangères aux agents externes soient 
intervenues, pour rendre à ce pays un relief accidenté que /a 

(') Cf. A.-J. Wauters. Le relief du bassin du Congo et la genèse du 
fleuve. Mouv. géogr,, i3 mai et *2^ juin 1894. 
(^) Je n'en ai, du moins, trouvé aucun vestige. 



— M 2ÎI — 

marche régulière de Vérosion non contrariée aurait dû aplanir 
depuis longtemps. 

Ces causes ne peuvent être que des phénomènes de dislocation. 

Les explorations géologiques auxquelles je me suis livré dans 
ces régions et dont les résultats ont été publiés dans les Annales 
de la Société géologique de Belgique (^), jointes aux documents 
relevés par divers explorateurs, permettent aujourd'hui de recon- 
naître l'existence, dans le Katanga, d'une série de dislocations 
importantes. 

§8. 

Les plus remarquables, sans conteste, sont celles qui ont créé la 
large et profonde dépression où coule le Lualaba-Kamolondo, 
dans la région des lagunes fluviales, entre le confluent du Lubudi 
et celui du Luapula. 

C'est ce que j'appellerai le Graben de VUpemba, du nom de la 
plus importante de ces lagunes. 

Je vais en donner une description qui aura pour base mes 
propres observations, auxquelles je rattacherai les données 
fournies par quelques autres explorateurs, MM. P. Reicliard, 
P. Briart, Cl. Brasseur, etc. 

Le relief et l'hydrographie de cette partie du bassin du Congo 
ont déjà fait l'objet de plusieurs études excellentes de M. A.-J. Wau- 
ters (') et nous pouvons dire ici que notre ami a admirablement 
compris les grands traits de la géographie physique de ces régions. 
Il a, le premier, mis en évidence la continuité du relief remar- 
quable qui borde, du côté de l'Est, la vallée du Lualaba danq la 
région des lagunes (monts Mitumba). 



(*) Voir la noto de la page 3o5. 

(^) A.nJ. Wauters. Le relief du bassin du Congo et la genèse du fleuve. 
Moud» géogr.^ i3 mai et 24 j^^^ 1^94* 

— L'Urua, pays des Balubas. Ibidem, ai mars et 4 avril 1897. 

— L*état indépendant du Congo, chapitres X et XII. Bruxelles, 1900. 



— M 2t2 — 



EXPOSÉ DES FAITS. 

Je commencerai par décrire les faits constatés sur notre itiné- 
raire à travers le Graben de TUpemba et les massifs qui le limitent 
à rOuest et à TEst (voir profil et coupe géologique fig. i, pi. IX). Je 
l'envoie à la carte qui accompagne» mon travail sur les formations 
post-primaires (t. XXI de nos Annales), pour ce qui concerne cet 
itinéraire. Pour Tensemble de la région étudiée, on j)oiirra con- 
sulter une carte récente telle que la feuille Congo de TAtlas de 
Stieler (9*- édition), la Carte de l'Etat indépendant du Congo 
de M. A.-J. Wauters (i9oo) ou la Carte du Katangn de 
M. Droogmans (i9o3), dont je reproduis un extrait (pi. VIII). 

Les cotes d'altitude données dans ce qui suit se rapportent à la 
surface du lac Kabélé, située à 620 mètres au-dessus du niveau 
de la mer. La même surface est prise comme plan de comparaison 
dans le profil (fig. i, pi. IX). 

Le 7 janvier 1892, nous quittons notre campement situé sur la 
rive droite du Luvoï (') et nous nous mettons en roul« vers le 
Sud-Est. 

Quittant les alluvions du Luvoï, à l'altitude relative (au-dessus 
du la<î Kabélé. de -]- 5om., nous marchons d'abord sur un plateau peu 
élevé au-dessus du niveau de la rivière ; puis nous passons à des 
collines un peu plus hautes. Sur ces collines, on rencontre des 
blocs de schistes noirâtres ou altérés en rouge et de grès à grain 
fin, rouge foncé, cohérents. Je range ces roches dans mon 
Système du Kabélé, 

Bientôt, nous nous élevons rapidement, en marchant à flanc de 
coteau sur un des côtés de la vallée d'une rivière torrentielle qui 
descend vers le Luvoï. C'est le versant nord-ouest des monts 
Hakansson. Dans le lit du tcn^rent, on trouve de nombreux blocs 
de granité à biotite et quelques blocs de diabase. Le granité est 
quelquefois de structure nettement gneissique. Certains blocs 
présentent un granité pauvre en mica. 

(^) Le Luvoï se jette dans le Lualabii iiiniiétUatemeiit en aval du lac KLsale. 



- M 2l3 — 

La route aboutit à un haut platcHii, accidenté, mais horizontal 
dans rensemble^ couvert d'une argile gris clair et d'une arène 
grossière ('), per<;ées ça et là de bosses granitiques. On continue 
à rencontrer des blocs isolés de diabase. Près du village de 
Mumpassi, on voit cette roche intercalée dans le granité à biotite 
en un dyke vertical, dirigé exactement Nord-Sud et d'un mètre 
environ d'épaisseur. Mumpassi est à l'altitude relative de 278 m. 

Au sud de Mumi)assi, le plateau continue de régner, couvert 
d'argile et d'arène ; le granité y aiïleiire en grosses masses arron- 
dies, recouvertes souvent d'épaisses écailles concentriques ('). 
Près du village de Lubombo (altitude relative 378m.), il forme des 
rochers élevés, visibles de loin, consistant en accumulations de 
gros blocs arrondis. La roche est à grain plus ou moins fin ; des 
blocs de quartz, souvent tourmalinifère, sont abondants à la 
surface du sol ; on en voit affleurer des veines épaisses intercalées 
dans le granité. 

Au sud du village de Lubombo, on pénètre dans le bassin 
hydrographique du lac Kabélé. p]n même temps, le caractère 
topographique et la nature géologique du pays changent brus- 
quement. Le plateau granitique mamelonné fait place à une région 
très accidentée, constituée par une série de crêtes alignées à 
l)eu près du Nord-Ouest au Sud-Est, offrant un versant escarpé 
vers le Nord-Est et un versant en pente plus douce vers le Sud- 
Ouest. L'altitude des crêtes s'accroît d'abord jusqu'à la cote 
relative de ^10 mètres, puis diminue rapidement à mesure qu'on 
s'avance vers le lac» Kabélé. 

Ce pays est constitué par une formation primaire dont j'ai fait 
le Système du Kabélé. Les roches que l'on rencontre d'abord con- 
sistent en schistes noirâtres, rougeâlres, ou décolorés en jaunâtre, 
tantôt exclusivement argileux, tantôt gréseux et psannnitiques, 
en grès cohérents, rougé foncé, les uns à gros grain, les autres à 
grain fin, passant à des quartzites très cohérents, gris ou gris 
blanc. D'une façon générale, les roches schisteuses et les grès 
rouge brun prédominent vers le Nord-Ouest, tandis que les 
quartzites gris clair deviennent plus abondants vers le Sud-Est. 

(^) Ce sont là les produits ordinaires de l'altération du granité. 

{'i Ces écailles des affleurements granitiques, dues aux variations dç 
température, ont été fréquemment signalées en divers jiavs. 



— M 214 — 

Ces roches sont en couches dirigées environ N. 40^ W. et incli- 
nées selon des angles voisins de 3o^ vers le N. ou vers le S. La 
réapparition fréquente des mêmes roches indique qu'il existe là 
une série de plis répétés. 

Dans la partie sud-est des monts Hakansson, la .direction des 
couches se rapproche davantage de nord-sud et l'inclinaison, très 
forte, tan tôt E., tantôt W., est souvent voisine de la verticale. Dans 
cette région, la roche dominante est un quartzite gris clair ou 
blanchâtre, très cohérent, se débitant en parallélipipèdes irrégu- 
liers, et les schistes argileux disparaissent. A l'endroit où notre 
itinéraire aboutit au lac Kabélé, le quartzite est gris blanc ou 
blanc bleuâtre, à gros grains hyalins ou opalins ; les couches sont 
verticales et orientées Nord- Sud. 

Dans la région où dominent les quartzites gris ou blanchâtres, 
on rencontre sur le sol un grand nombre de gros blocs de diabase 
dont je n'ai pas vu le gisement. Les veines de quartz blanc sont 
nombreuses dans cette région. 

Comme je viens de le dire, les monts Hakansson présentent, 
non loin du village de Lubombo, dans la partie constituée par les 
couches du Kabélé, une altitude de 4^0 mètres au-dessus du lac 
Kabélé. C'est la cote la plus élevée qae nous ayons constatée dans 
le massif situé à l'ouest du Graben du haut Lualaba (^). Plus loin, 
nous avons observé une hauteur de 4<^3 mètres, puis une autre 
de 398 mètres. 

Ce dernier point est très intéressant. C'est celui qui est désigné 
sur le profil par les mots : vue du Kabélé. Il marque le com- 
mencement de la pente rapide que présente vers l'Est la partie 
principale des monts Hakansson. 

Un panorama grandiose est visible de cet endroit. Regardant 
vers l'Est, nous avions devant nous l'immense dépression da 
Graben, dont le fond est occupé par la plaine alluviale du Lualaba- 
Kamolondo. Nous voyions au loin le fleuve y décrire ses 
méandres, soulignés par les palmiers des rives. Au bas de la pente 

(^) Au nord et au sud de notre itinéraire, on aperçoit des sommets beau- 
coup plus élevés. On comprend que les sentiers indigènes que nous suivions 
ne passent pas par les points culminants, mais cherchent, autant qae 
possible, les ools. C'est ))ourquoi notre coupo ne peut avoir la prétention 
de représent43r le relief des monts Hakansson. Elle ne figure que le profil 
de notre itinéraire. 



— M 2l5 — 

que nons dominions, s'étendait la surface du lac Kabélé ; plus 
loin, de l'autre côté du fleuve, on distinguait celle du Kabué ; vers 
la gauche miroitait la vaste nappe du lac Upemba et son annexe, 
le Molenda, plus proche de nous. L'horizon était borné au loin, 
vers l'Est, de l'autre côté de la grande vallée, par les hauteurs 
bleuâtres du versant orienta) du Graben, dont les premières 
pentes semblaient distantes de 5o à 60 kilomètres du point d'où 
nous dominions la plaine basse. 

De ce point, une pente rapide mène au village de Mukiyombo 
(altitude relative i38 m.). J'ai eu l'occasion de faire, en route, une 
observation que je n'ai pas mentionnée plus haut, parcequ'elle ne 
concerne pas la géologie proprement dite des monts Hakansson, 
mais qui a une grande importance au point de vue de l'histoire 
du Graben. A l'altitude d'environ 248 mètres au-dessus du Kabélé, 
au point indiqué sur le profil, se présente un conglomérat, très 
cohérent, de volumineux galets bien roulés des roches qnartzeusos 
de ces collines. Les galets uniformément arrondis, atteignant le 
volume de la tête, n'ont pas les caractères' d'un cailloutis fluvial. 
Ils ne se présentent en masse cohérente que sur une zone très 
limitée en altitude, mais paraissant, d'après ce que j'ai pu voir, 
continue dans le sens des courbes de niveau. 

A partir de Mukiyombo, nous marchons sur un plateau, acci- 
denté de ravins, formant une sorte de plateforme entre le fond de 
la vallée et l'escarpement principal des monts Hakansson ; puis 
une pente rapide nous mène au fond de la dépression du Graben et 
nous atteignons la rive du Kabélé au village de Kisanga. 

§ 2. 
Les nappes d'eau que l'on désigne sous les noms de lacs Kabué, 
Kabélé, Upemba, etc., appartiennent au type des lagunes fluviales; 
mais ce sont des lagunes fluviales d'un genre particulier. On 
donne habituellement ce nom à des restes d'anciennes boucles 
séparées du cours d'une rivière par l'évolution naturelle des 
méandres (*). Dans le cas qui nous occupe, il s'agit des restes d'un 
lac envasé par les allu viens du Lualaba et de ses affluents. Si 
Ton désire absolument leur trouver une place dans la systéma- 
tique des la<5s, on pourra les ranger parmi les Einschwem- 
mungsseen (*). 

(*) voN RiCHTHOFEN. Fuhrer, 5^ 116. 
(«) Ibidem, § 117. 



— M 2l6 — 

Autant que j'en puisse juger par mes observations personnelles 
sur le Kabélé et le Kabué, les lagunes sont, même aux eaax hautes, 
séparées du cours du fleuve par une bande de terre d'origine èillu- 
viale, traversée de chenaux qui mettent le cours du Lualaba en 
communicaticm avec ces réservoirs latéraux. Ces bandes de terre, 
formant, le long de chaque rive, un bourrelet saillant continu, ont 
peut-être joué un rôle dans le maintien des lagunes, en s'opposaut, 
dans une certaine limite, à l'arrivée dans le fleuve des eaux des 
affluents. Ces lagunes auraient ainsi, à Torigne, participé de la 
nature de ce que von Riehthofen a])pe11e les bestUndige Seen fier 
Xebenfliiase (^). Maisactnellement, en ce qui concerne du moins 
le Kabélé et le Kabué, la communication par les chenaux paraît 
se faire facilement et l'équilibre s'établit très vite des deux cotés 
des bourrelets alluviaux. 

Les lagunes m'ont paru en voie de comblement rapide sous 
l'influence des aj^ports de sédiments limoneux déversés par le 
Lualaba lors des crues, ou amenés directement par les affluents. 

Une autre cause, de nature organic^ue, tend à combler les 
lagunes, non moins rapidement peut-être que le déj)ôt de limon. 
Sur toute la périphérie de chacunes d'elles, là où la profondeur est 
le plus faible, régne une large zone de Papyrus, constituant des 
roseliéres très denses. Les débris de ces ])lantes, s'accumulant sur 
le fond, y constituent un dépôt de terreau noir qui augmenta* san^ 
cesse en épaisseur, tandis que la forêt de Papyrus envahit de plus 
en plus la nappe d'eau. La profondeur des lagunes est très faible 
et l'on voit, sur les hauts fonds, pousser des Papyrus qui, par 
l'accumulation de leurs débris, en arriv^ent bientôt à former des 
îlots qui activent encore l'envahissement de ces nap]>es d'eau. 
Tous ces débris de végétaux, mêlés au limon apporté par les 
rivières, tendent à constituer un sol i)eu ferme d'abord, mais qui 
acquiert de la consistance avec le temps. 

.le n'ai pas eu l'occasion de voir, sur le Kabélé, les tics /lottanies, 
formées de végétation, qui existent, plus au Nord, sur le la<* 
Kisale (•-'). 

(') Ibidcnu ^ ii() 

(-) Cameron n'eu jiniie que «rajn'ès des racontars île iièj;res. Mais 
M. Laites, qui a étudié le cours <lu haut Lualaba au i)oint de vue de la 
navigation, «lit cjue « à la sortie du lac Kisale. le coiu'sdu Lualabu, aux eaux 
» hautes, est encombré d'Iles flottantes de Papyrus. On en trouve uu ^ran<I 
» nombre sur le lac lui-même ». Mouo. géogr.. lo avril 1904. col. 17a et 17 
avril 1904, t'ol. i85'. 



— M 217 — 

Xous n'avons constaté, clans le lac Kabélé, que des profondeurs 
de 3 à 4 mètres ; en plusieurs points très éloignés des rives, les 
pirogues raclent le fond. La i)rofondeur du lac Kisale, d'après 
M. Lattes, varie, aux hautes eaux, de 3 à 4 ^t jusque 5 mètres (*). 

8 3. 

Xous allons passer à la description de notre itinéraire, d'un bord 
de la plaine alluviale à l'autre, depuis Kisanga, sur le lac Kabélé, 
jusque au-delà de Kisambi {^), sur la rive droite du Lualaba. 

Jusqu'au village de Béna- Ponde, nous marchons, dans la plaine 
maréciigeusc, au pied des collines escarpées qui constituent le 
flanc occidental du Graben ; on y voit, par place, des portions de 
falaises verticales tournées vers la plaine. En certains endroits, le 
terrain se relevé légèrement et forme des collines basses, bien 
dist Indes de reacurpement extérieur , montrant des affleurements 
rocheux ; ce sont des grès, des psammites et des schistes rou- 
geâtres, des quartzites blancs, (»tc., dépendant du Système du 
Kabélé. 

Près de Bénji- Ponde, on trouve des collines très i)eu élevées, 
également indépendantes du massif qui borde la plaine d'un cscar- 
l)ement continu, mais arrivant jusqu'à hou pied. Elles offrent un 
grand nombre d'affleurenunits de roches du Système du Kabélé : 
quartzites blanchâtres, grès, psammites et schistes rougeâtres, 
seliistes argileux noirâtres et schistes noirâtres, durs, feuilletés. 
Ces roches sont en couches verticales, ou peu s'en faut, et orientées 
à j)eu j)rès Xord-Sud. Ija réapi)arition fréquente des mêmes 
roclies montrv» la présence de plis isoclinaux ou de failles à répé- 
tition. 

A partir de Béna-Pondé, ntms nous éloignons de rescarpement 
occidental et cheminons exclusivement dans les marais de la 
plaine, jus(iu'au-delà de la rivière Luilu, le plus important des 
affluents du Kabélé. Au village de Moakulu, le sol se relève 
légèrement, mais ne montre aucun affleurement. Ce point est situé 
non loin d'une anse du Kabélé, occupée i)ar des Papy^rus. 

Entre Moakulu et Muchimuna, où nous touchons le Lualaba, 

(»• Ibidem, col. i83. 

{") Le profil (lui acc()ini)rtp:ne ce» travail (i)l. IX, fij?. \^ est mené en lif^ne 
droite à ti'avers le Kabélé. 



— M 2l8 — 

s'étend une plaine horizontale, à sol de nature alluviale, inondée à 
la saison des eaux hautes. En amont de Muchimuna, la rive 
gauche du fleuve est bordée d'une colline très surbaissée, isolée au 
milieu des alluvions, présentant des affleurements de quartzites et 
de schistes rouges, inclinés vers le Sud-Est. 

Nous avons franchi le Lualaba au village de Kisamba. De ce 
point, on aperçoit nettement, à l'Est comme à l'Ouest, les collines 
qui bordent, comme deux remparts escarpés, la basse plaine allu- 
viale où le Lualaba coule presque à pleins bords, en décrivant de 
larges méandres. De la plaine alluviale, font saillie, en tranchant 
nettement sur sa surface, des collines déprimées, formées de 
quartzites et de schistes rouges du Système du Kabélé. 

A l'est du village de Kisamba, se trouve la lagune du Kabué^ 
reliée au fleuve par une série de chenaux. A l'époque de notre 
passage (i4-i5 janvier), l'eau y coulait du fleuve vers la lagune (*). 

Sur la rive droite, un peu en aval de Kisamba, se voit une 
colline déprimée montrant, par places, des affleurements d'un 
conglomérai à éléments volumineux. Un peu plus en aval, près du 
dernier des chenaux du Kabué, se trouve un amas de blocs colos- 
saux du même conglomérat. Il est formé de fragments de toutes 
grosseurs, les uns bien roulés, les autres plus ou moins anguleux, 
de quartzites, grès, psammites et schistes du Système du Kabélé, 
réunis en une masse très cohérente. 

La suite de notre itinéraire, d'abord parallèle au Lualaba, croise 
une série de chenaux du Kabué, en terrain très marécageux, puis 
se recourbe vers le Sud, en s'écartant du fleuve. Près de ce point, 
se trouve une colline^ haute d'une centaine de mètres, émergeant 
de la plaine non loin du Lualaba. Elle est entièrement formée du 
conglomérat décrit plus haut ('). 

(') En i8<>3, je disais que ce le Kabélé, le Kabué, et sans doute les lagunes 
» voisines constituent, pour le cours du Lualaba, une sorte de régulateur^ 
» qui tend à modérer, en aval, la rapidité et Tintensité des crues et des 
}) baisses de niveau ». {Mono, géogr., la novembre 1893, p. los.) Cette 
opinion a été confirmée par M. Lattes : « Le retard dans la baisse des eaux 
» doit être attribué exclusivement à l'existence des innombrables lacs qui 
» bordent le Lualaba ; ces lacs fonctionnent comme des réservoirs immenses 
» et retardent, eu les rendant moins sensibles, la baisse et la crue des eaux 
» dans le fleuve ». (/6/rf., 10 avril 1904, col. 171.) 

{*) Entre cette colline et le village do Kisamba, se trouve le village de 
Balunga, dont la position nous servira plus loin à relier les observations de 
M. Lattes aux nôtres v 



— M 2l9 — 

§4- 

Ce paragraphe concerne les observations faites depuis le fond 
du Graben du Lualaba jusqu'au plateau delaManika, c'est-à-dire 
sur le massif délimitant le Graben du côté de l'Est. 

Quittant la plaine alluviale du fond du Graben, nous nous éle- 
vons sur les collines qui le séparent de la vallée du Fungwé. Ces 
hauteurs sont peu importantes ; le long de notre itinéraire, on n'y 
trouve pas d'altitude supérieure à 140 m. au-dessus du Kabélé. On 
y voit affleurer les quartzites gris clair du Kabélé. 

Après une longue marche vers le Sud, sur un plateau peu élevé 
(20 m. à 3o m.), ne montrant aucun affleurement, on voit apparaître 
d'autres roches, d'un caractère tout différent. 

Elles constituent ce que j'ai appelé le Système du Fungwé et sont 
de faciès, sinon d'âge nettement archéen. 

En traversant une longue crête (ait. 140 m.) qui borde, vers 
l'Ouest, la vallée du Fungwé, on trouve, sur le sol, des blocs de 
micaschistes dont certains échantillons sont pétris de grenats, de 
micaschistes fortement tourmalinifères, de quartzites blancs, etc. 

Au pied du versant oriental de cette crête, on arrive, à la cote 
relative de i3 mètres, aux sources thermales sulfureuses de 
Kafangwé (70° C). 

Ces sources donnent naissance à un ruisseau portant le même 
nom et allant rejoindre, non loin de là, la rivière Fungwé. Aux 
alentours des sources, on observe plusieurs affleurements d'un 
quartzite noirâtre, très dur, disposé en bancs épais alternant avec 
des couches très feuilletées passant au micaschiste ; la roche est 
plus ou moins micacée et renferme un peu dé tourmaline. Ces 
couchessontorientéesN. 45®E. et inclinées de ôc* vers le Sud-Est. 

A un endroit, on voit, assez peu nettement, un pointement d'un 
granité à mica blanc, pegmatoïde. On trouve, en outre, près des 
sources, des blocs de tourmalinite, de quartzite à tourmaline, de 
quartzite micacé grenu et non schistoïde, etc. 

Au-delà des sources thermales, nous entrons dans la plaine allu- 
viale du Fungwé (*) et nous rejoignons cette rivière au village de 

(M Cette rivière, dans sa partie inférieure, coule parallèlement au Lua- 
laba et va se jeter dans rextréniité sud du lac Upembaet non dans le lac 
Kahué, comme je Tai indiqué sur ma carte de 1894* ^11® semble cependant 
envoyer une branche latérale vers le Kabué. 



- M 220 — 

Kibanda (cote relative 8 mètres). Elle coule, en aval, dans une 
large vallée parallèle à celle du Lualaba, dont elle est séparée par 
les collines traversées à Touest des sources thermales. 

Le Fungwé descend de la région élevée de TEst et nous on 
remontons la vallée à partir de Kibanda. Nous pénétrons ainsi 
dans le système de hauteurs auquel nous avons donné le nom de 
monts Bia et qui forment le flanc oriental du Graben de TUpeniba. 
Elles sont adossées au haut plateau de la Manika et forment, avec 
ce plateau, le massif important qui sépare le Graben de TUpemba 
de la grande dépression de la Lufila. Ce massif répond aux monts 
Mitumbii de M. P. Reichiird et de M. A.-J. Wauters. 

Dans les monts Bia, nous rencontrons d'abord, entre Kibanda 
et Kamukiclii, des blocs de gneiss et de micaschiste très altérés, 
puis de granité ci mica noir, de tourmalinite et de diabase. 

En amont de Kamukiclii, le Fungwé coule, au fond d'une gorge 
l)r()f()nde, sur du granité à mica noir. La l'oclie affleure, le long d<» 
la route, en énormes bosses d*où se détachent de grandes écailles 
concentriques ; on en trouve, en outi'e, de gros blocs arrondis, 
accumulés sur les collines. 

Bientôt, la route s'écarte du Fungwé et Ton i)énètre, en mar- 
chant vers l'Est, dans de hautes collines escarpées, constituées 
surtout par une roche plus ou moins feuilletée, formée de mica rt 
de quartz mêlés d'oligiste et rappelant Titacolnmite ; elle est diri- 
gée X. 45" E. et montre de fréquentes réapparitions de granité à mica 
noir et de tourmalinite. Nous atteignons, dans ces collines, l'alti- 
tude relative de 388 mètres. 

Au-delà du village de Wambnbé, qui est dans une vallée (ait. 
relat. i58 m.), nous marchons vers le Sud-Est et la route s'élève 
raj)idement sur des collines où affleure exclusivement le granité à 
mica noir. P]lle mène à un platxnxu élevé et accidenté (ait. relat. 4^8 
à 538 m.), où Ton trouve sur le sol des bloc^ de scJiistes cristallins 
divers, de granité gneissique et de tourmalinite. On s'élève ensuite 
jus([ue 598 mètres. 

Hi(»ntôt, le pays devi(»nt moins accidenté et Ton arrive brus<ino- 
ment devant un escai'pement peu élevé, conduisant à un immense 
plateau à peu près horizontal, la Maniku, formé par les couelies 
horizontales de schistes argileux, grès et calcaires dépendant <lii 
Système de Kiindeliin^ii, Nous avons observé sur lu Manika les 
altitudes relatives de 688 mètres. 



Le plateau de la Manika se termine par un liant escarpement du 
côté de la grande dépression où coule la Lufila et ses affluents. 
La route y descend par le ravin delà Luvilombo. Comme on peut le 
voir sur le profil {i)l.IX,fig. i),rescarpement est, en réalité, divisé 
en deux parties par une sorte de palier intermédiaire, à Taltitude 
d'environ 35o mètres au-dessus du Kabélé. Notre itinéraire a 
rejoint, dans la plaine, la Luvilombo près de Kalalangombé, à 
178 mètres et la Dikulué à Musanga (t58 métros). Bunkea se trouve 
à 40 kilomètres au BISE, de ce point, à l'altitude relative de 218 m. 

Ce dernier chiffre exprime donc à peu près la différence de 
niveau existant entre le fond du (îrabcn de rupemba et celui de la 
dépression de la Lufila moyenne. 

J'interromprai ici le récit de mes observations personnelles, 
pour revenir plus tard, dans un autre travail, à l'étude de la grande 
dépression où coulent la Lufila moyenne, la Dikulué et la Bunkea 
inférieure. 

§ 5. 

Le profil (pi. IX,fig i) résume les observations topographiques et 
géologiques exposées dans les quatre paragraphes précédents. Il 
montre nettement l'existence, entre le massif des monts Hakansson 
et celui des monts Bia et de la Manika, d'une large et profonde 
dépression dont le fond est occupé, en grande partie, par la plaine 
alluviale du Lualaba. C'est à cette dépression bordée, à l'Ouest 
comme à l'Est, par les remparts élevés des collines, que je donne le 
nom de Graben de VlJpemba. 

Nous allons voir que les documents raj^portés par plusieurs 
explorateurs qui ont croisé la vallée du Ijualaba ou qui en ont 
exploré les abords, s'accordent avec ceux qui précèdent en ce qui 
concerne la disposition générale du Graben et des massifs qui le 
bordent. 

§6. 

Au mois de janvier 1884, M. Paul Keichard et le 1)^ Bolim, 
agents allemands de V Association internationale africaine, partis 
de Kagoma sur la Dikulué, parvinrent à la rive orientale du lac 
Upemba (*). La localité de Kagoma est située à environ 20 kilo- 

(M P. Reichard. Bericht ueber die Relse nach Urua undKatanga. Mitt. 
d, Afrik. Ces. in D., Bd. IV, Ht. 5, p. 3o3, i885. 



— M Îi2a — 

mètres en aval de Musanga où nous avons traversé la Dikulué, sur 
notre itinéraire de la Manika à Bunkéa. 

MM. Reichard et Bohm suivirent une route qui, le long de la 
Luvilombo supérieure, coïncide en partie avec la nôtre, puis ils s'en 
écartèrent vers le Nord-Nord-Ouest. Il traversèrent, entre la 
Dikulué et la dépression où se trouve TUpemba, un relief très 
prononcé que M. Reichard désigna sous le nom de Mitumba, 

La figure 2 de la planche IX donne, d'après M. Reichard (*), le 
profil en travers de ces hauteurs, où se trouvent indiquées des 
altitudes absolues de i 400 à i 58o mètres, c'est-à-dire de 780 et 960 
mètres au-dessus du niveau de l'Upemba. 

On remarquera l'analogie frappante qui existe entre le profil de 
M. Reichard et le nôtre en ce qui concerne, notamment, le palier 
que présente le versant oriental des Mitumba. 

Près du pied du versant occidental des Mitumba, non loin de 
Katapena, M. Reichard mentionne la présence de sources thermales 
sulfureuses. Ces sources thermales se trouvent donc dans une 
position correspondante à celles de Kafungwé, rencontrées sur 
notre itinéraire. C'est là un fait du plus grand intérêt. 

Le voyageur allemand signale en outre, près de Katapena, vers 
la partie inférieure du versant des Mitumba : « ein niedriger 
vulkanischer Kegel, der Sambalulu » {^). Nous reviendrons plus 
loin sur ce point. 

§ 7. 

En août-septembre 1891, l'expédition de M. Alex. Delcommune, 
dont faisaient partie MM. P. Briart et N. Diderrich, traversa la 
région du Graben de TUpemba, du Luvoi à la Lufila, en contour- 
nant par le Nord le lac Kisale et traversant le fleuve près de 
l'endroit où il débouche du lac. 

Entre le Luvoi et le lac Kisale, M. Delcommune et ses adjoints 
traversèrent une chaîne de collines dominant de 3oo mètres le 
niveau du lac et auxquelles M. Delcommune donna le nom de 
monts Hakansson. Ce sont les hauteurs que nous avons recoupées 
plus au Sud, où elles présentent un relief beaucoup plus accentué. 

(«) Ibidem, Bd. V, Ht. 9, Taf. 3. 
(«) Afrik. Ges., Bd. IV, p. 3o4. 



Xous ne possédons pas les éléments nécessaires poar construire 
un profil des monts Hakansson à Touest du lac Kisale. 

Pour ce qui concerne la partie orientale du Graben, c'est-à-dire 
les Mitumba, il existe une coupe dressée par M. A.-J. Wauters 
d'après les données de M. P. Briart et dont nous donnons la 
reproduction (fig. 3, pi, IX), d'après un travail de M. A.-J. 
Wauters (*). 

Encore une fois, nous ferons remarquer l'analogie que présente 
ce profil avec celui de M. P. Reichard et avec le nôtre. On y 
remarque aussi, sur le versant oriental, le palier intermédiaire déjà 
signalé. 

m 

Le plateau formant la partie la plus élevée des Mitumba atteint, 
dans la coupe de M. P. Briart, des altitudes de i 080 mètres au- 
dessus du lac Kisale. 

Ce profil est pris dans la région où la Lufila traverse les 
Mitumba par une gorge étroite, pour se jeter dans le lac Kisale 
(voir § suivant). 

§8. 

En i896, M. Cl. Brasseur, officier de l'Etat indépendant, a fait 
une intéressante exploration le long de la rive droite du Lualaba, 
depuis les environs du lac Kabué jusque près du confluent du 
Lualaba avec le Luapula. Marchant dans la plaine alluviale, entre 
le fleuve et la paroi orientale du Graben, il a ajouté de nom- 
breuses données géographiques à celles des explorateurs dont les 
itinéraires n'avaient fait, jusque là, que couper la vallée en travers. 

M. Brasseur nous apprend d'abord qu'il existe encore une 
lagune fluviale en amont du Kabué, sur la rive droite ; c'est le 
Kajibajiba. Il a dû être frappé par la colline conique déjà signalée 
par M. Reichard, car il l'indique sur son croquis sous le nom de pic 
Kambululu, On lui doit la reconnaissance de la rive orientale du 
lac Upemba, dont il a découvert les rapports avec la Lufila (*). 

Nous reviendrons plus loin sur la suite des observations de M. 
Brasseur jusqu'au confluent du Luapula. 

U résulte de l'étude hydrographique de M. Lattes, à laquelle j'ai 
déjà fait allusion plus haut, qu'en remontant la Lufila à partir du 

(1) A.-J. Wauters. Le relief du bassin du Congo, etc. 
(') Mouv. géogr^.y 31 mars, 4 avril et 29 août 1897. 



— M 224 — 

oonfhient, on rencontre les premiers rapides à 5 kilomètres en 
amont de Kayumba. C'est là que la rivière, qui vient de tra- 
verser les Mitumba en subissant une dénivellation d'environ 
280 mètres, cesse de couler dans un lit rocheux et pénètre dans la 
l^laine alluviale (^). 

§ 9. 

Après avoir décrit, autant qu'on peut le faire dans Tétat présent 
de nos connaissances» la large dépression bordée par des reliefs 
escarpés dans laquelle coule le Lualaba depuis les environs du lac 
Kabué jusqu'au confluent de la Lufila, je vais essayer de déter- 
miner son extension vers le Sud d'abord, vers le Nord ensuite. 

En amont de Kisamba, où nous avons traversé le Lualaba sur 
notre itinéraire décrit plus haut (§ 3) le fleuve est barré par les 
rapides de Kalenga qui, d'après les cartes récentes, se trouve à ^o 
kilomètres en amont de Kisamba. Mais, d'après M. Lattes (^), lu 
navigabilité est déjà interrompue à 25 kilomètres plus bas, par 
les rapides de Koiidé, où la largeur du fleuve se réduit à 3o 
mètres (-). En ce point, dit M. Lattes, les collines qui les bordent 
se sont rapprochées du fleuve et semblent Tenserrer. Le cours 
continue, vers l'aval, à être accidenté et le lit, rocheux jusque l'île 
de Katonga. Ce n'est qu'en aval de Katonga que le cours du 
Lualaba se régularise et que les rochers disparaissent du lit ; 
mais des collines sont encore proches des rives jusqu'au village 
de Balunga. 

De ce nombre doit être la colline formée de conglomérat que 
j'ai signalée un peu en amont de Balunga (voir § 3i. 

De quelle nature sont les roches qui forment les rapides de 
Kondé et les écueils qui se voient en aval V Sont-ce des terrains 
anciens en place, ou sont-ce les conglomérats de Kalenga et de 
Balunga ? Cette donnée aurait de l'importance au point de vue 
([ui nous occupe, mais elle nous manque. Nous n'avons non plus 
aucun renseignement sur la nature géologique des rapides de 
Kalenga où, d'après M. A. Jac(iues (3), la largeur du fleuve est 
réduite à 20 mètres. 

(•) Monn. géogr.y 10 et 17 avril ii)o4. 

(2) A Halongn, elle est de i5o à 200 mètres (Lattes). 

(^) Moud, géogr., aS avril igoô. 

4 NOVKMHRK igoS. 



— M 2a5 — 

§ lO. 

Pour ce qui concerne le prolongement du Graben au nord du 
lac Kisale, nous possédons quelques données dues à M. Cl. 
Brasseur. 

Après avoir franchi la Lufilaprès de son confluent, M. Brasseur, 
partant de Kaiumba, a continué de marcher vers le Nord entre le 
Lualaba et le pied des monts Mitumba (= Kibala). Il a bientôt 
reconnu le lac Lubamboy lagune de la rive droite du fleuve, de 
l'autre côté de laquelle il aperçut les « montagnes de la rive gauche 
du Lualaba )>, continuation des monts Hakansson. 

Il a trouvé ensuite la Kaluméngongo, importante rivière descen* 
dant des monts Kibala. Dans cette région, les hauteurs bordant 
le Graben sont très écartées et (c la plaine s'étend à perte de vue». 
M. Brasseur découvrit ensuite le lac Kalamba, lagune de la rive 
droite, entourée de marais, dans laquelle se jette la Kalumén- 
gongo. (c Le lac Kalomba », nous dit-il, a se déverse dans le Lualaba 
» par un chenal d'une centaine de mètres de largeur. Une bande 
» de terre de 3 à 4 mètres seulement sépare le lac du fleuve sur 
» une longueur de plusieurs centaines de mètres (^). Pendant la 
» saison des pluies, le lac et le fleuve se confondent en une grande 
» nappe d'eau ». 

C'est au Kalomba, dit M. Brasseur, que «finit la série des lacs». 
La plaine qui entoure la lagune est « resserrée entre les monts 
« Kibala à l'Est et les monts Mombwé au Xord. » Sur son croquis 
de route, il indique ces monts Mombwé comme des collines 
situées sur le fond de la grande dépression que limitent les monts 
Kibala et les collines de l'Ouest. 

Entre le lac Kalomba et le confluent du Luapula, M. Brasseur 
signale encore, sur la rive droite du Lualaba, de petites collines, mais 
l'escarpement des Mitumba-Kibala, à partir de la latitude du 
Kalomba, s'est détourné vers le Nord-Est. 

A Touest du Lualaba, le voyageur mentionne, àplusieurs reprises, 
des collines. Ce sont, à l'ouest du Kalomba, les monts Mayumbe; 
plus au Nord, les monts Kassongo, Mulela et Kassongolula (^). 

(1) C'est le bourrelet alluoial dont il est question plus haut (§ u). 

f>) Voir la Carte de IT rua et du Kutanga, avec ses itinéraires, dressée 
par le lieutenant Clément Brasseck. Mouv» géogr,^ 39 août 1897. 

AXN. soc. UKOL. D£ BELG., T. XXXII. MÉMOIRES, l5. 



— M 22e — 
§ II. 

La reconnaissance hydrographique de M. Lattes (*) nous fournit 
encore quelques observations intéressantes. 

En aval du lac Kisale, le fleuve coule dans une plaine unie et 
inonde ses rives à la saison des pluies; le fond est vaseux et 
parfois sablonneux ; parfois, près des rives, on rencontre un fond 
de gravier. Jusquie Mulanga, au débouché du lac Kalomba, le 
Lualaba décrit de larges méandres dans sa plaine alluviale. 

Mais à partir de Mulanga, les rives commencent à s'élever et en 
même temps, les sinuosités sont plus rares et moins accentuées. 
Ceci confirme donc les observations de M. Brasseur ; c'est bien ù 
hauteur du lac Kalomba que se termine la large plaine alluviale de 
la région des lagunes. 



(*) Moud, géogr,^ 10 et 17 avril 1904. 



•^ il 2a9 — • 



CONCLUSIONS. 



§ I. 



La plaine alluviale où coule le Lualaba entre les rapides de 
Kondé et le confluent de la Kaluméngôngo et sur le fond de 
laquelle se trouvent les lagunes latérales Kajibajiba, . Elabué, 
Kabélé, Upemba, Lubambo et Kalomba, ainsi que Texpansion 
fluviale appelée lac Kisale, occupe le fond d*une dépression, en 
forme de tranchée ou de fossé (Graben) qui ne peut pas être envi- 
sagée comme une vallée d'érosion, mais qui se présente avec tous 
les caractères d'une région affaissée entre deux lignes de frac- 
tares sub-parallèles. 

La longueur du Graben de TUpemba compris, comme il est dit 
plus loin, du nord du lac Kalomba aux rapides de Kondé, est 
d'environ 200 kilomètres. La largeur, d'après les données que nous 
possédons, varie de 3o à ^5 kilomètres. 

La direction générale du Graben est approximativement, d'après 
les cartes récentes, de N. 3o** E. 

Les levers cartographiques de l'avenir amèneront certainement 
des modifications de ces données numériques. Je crois, notam- 
ment, que la détermination exacte de la longitude de quelques 
points, le long du cours du Lualaba, aurait pour effet de donner 
au Graben une orientation plus voisine du méridien. 

§3. 

Le Graben est déterminé, du côté de l'Est, par les pentes 
rapides qui mènent sur les plateaux élevés appelés Manika, 
Viano, Biano, etc. Aux collines accidentées qui se trouvent 
entre les plateaux et la dépression, nous avons donné le nom 



de monts Bia, en mémoire du chef de Texpédition du Katanga de 
1891-1893. 

§4- 

Les massifs élevés couronnés par les plateaux de Manika, 
Viano, etc. sont les monts Mitumba de M. Reieliard et de 
M. Wauters ; ils présentent vers l'Est des pentes rapides, parfois 
des falaises presque verticales tournées vers la dépression où 
coulent la Luf ila en aval des sources thermales salées de Moaehia, 
la basse Dikulué et la Lofwa. Sur notre itinéraire (voir 2®partie, § 4)* 
sur celui de MM. Bohm et Reichard et sur celui de M. Delcommune 
(fig. 3, pi. IX), ces pentes présentent un palier intermédiaire 
très net. 

§ 5. 

La dépression, limitée à l'Ouest par Tescarpement des monts 
Mitumba, est bornée à l'Est par la falaise du Kundelungu et an 
Sud par les pentes rapides auxquelles on peut donner le nom de 
Kiinii et qui mènent au plateau du sud du Katanga. 

§6. 

Je considère l'escarpement oriental des monts Mitumba, les 
pentes du Kunii et la falaise occidentale du Kundelungu comme 
correspondant à des fractures et les territoires intermédiaires 
comme une région affaissée. 

Je me propose de revenir sur ce point dans un travail ultérieur. 
Je me borne à faire remarquer en passant que les sources ther- 
males salées de Moachia semblent se trouver sur la fracture du 
pied du Kunii. 

§ 7. 

Le Kundelungu se termine, du côté du lac Muéro et de la vallée 
du Luapula en amont de ce lac, par des escarpements qui paraissent 
également correspondre à des failles avec rabaissement de la 
région située à l'Est. 

§8. 
La paroi occidentale du Graben de TUpemba est constituée par 



— M 229 — 

rescarpement des monts Hakansson, Sur notre itinéraire, cet 
escarpement présente un palier intermédiaire (voir 2^ partie, § 4). 

§9. 

Le fond de la dépression, comprise entre l'escarpement du 
Mitumba et celui des monts Hakansson n'est pas exclusivement 
occupé par des alluvions fluviales ou lacustres. On y voit des 
collines basses constituées par les formations primaires du Système 
du Kabélé. Telles sont celles que nous avons signalées sur notre 
itinéraire autour du lac Kabélé, de Kisanga à Kisamba (voir 
2« partie, § 4). 

§ 10. 

Entre la plaine alluviale du Fungwé inférieur et celle du 
Lualaba au voisinage du Kabué, s'étend une ligne de hauteurs pou 
importantes formées, à l'Ouest, par le Système du Kabélé et à 
l'Est, par le Système du Fungwé. Ces collines sont, comme les 
précédentes, situées au fond du grand Graben. 

ff 

§ II. 

C'est à la limite entre la plaine alluviale du Fungwé et les 
collines qui la séparent de celle dn l^ualaba, que se trouvent les 
sources thermales sulfureuses de Kafungwé, situées par consé- 
quent sur une ligne où l'on peut admettre l'existence d'une 
fracture. 

§ 12. 

A l'est du lac Upemba, au pied de l'escarpement des monts 
Mitumba, M. P. Reichard signale l'existence de sources thermales 
sulfureuses, dont l'craplacemeut correspond par conséquent aux 
fractures principales du flanc oriental du Graben. 

§ i3. 

Non loin de là, le même voyageur a signalé, vers la partie 
inférieure du versant des Mitumba, une colline appelée Sambalulu, 
qu'il considère comme un cône volcanique (voir 2« partie, § 6). 



— M 23o — 

Je n'ai pu me procurer sur le Sambalulu, que M. Cl. Brasseur 
a remarqué et noté sur ses croquis de route, aucune donnée 
confirmant la manière de voir de M. Reichard. Mais on compi*end 
aisément que la présence d'un appareil volcanique en cet endroit, 
le long d'une des fractures principales du Graben, n'a rien d'invrai- 
semblable. 

§ i4- 

Vers la latitude du lac Kalumba, l'escarpement occidental des 
monts Mitumba s'écarte du Lualaba et se dirige vers le Nord-Est. 
Du côté de la rive gauche du Lualaba, la plaine alluviale est 
bordée à l'Ouest par des collines peu élevées. La fracture orientale 
du Graben semble donc se . prolonger au-delà de la région des 
lagunes et aller croiser le Luapula près de Kalombo, oi\ M. Cl. 
Brasseur a signalé des sources salées. Cette fracture est séparée 
des collines de l'ouest du Lualaba par une région relativement 
basse d'où s'élèvent, cependant, quelques hauteurs de peu d'impor- 
tance et qui est vraisemblablement une région affaissée. 

11 est difficile, dans l'état très rudimentaire de nos connaissances 
sur ces parages, d'indiquer quels sont les rapports du Graben de 
rUpemba avec cette dépression voisine du conflueut des deux 
grandes branches du Congo. Ils semblent être en continuité 
directe. 

Quoi qu'il en soit, provisoirement je considère comme s'arrêtant 
aux monts Mombwé, au nord du lac Kalomba, ce que j'ai décrit 
sous le nom de Graben de VUpemba^ mais non le système des 
dislocations dont il constitue un tronçon. Le Graben ainsi compris 
correspond exactement à la région des lagunes ^ depuis le Kaji- 
bajiba jusqu'au Kalomba. 

§ i5. 

En amont de la région des lagunes, nous rencontrons des 
conditions comparables à celles qui se présentent en aval. 

Le versant occidental des monts Mitumba se continue vers le 
Sud-Ouest, sous forme d'un escarpement signalé pour la première 
fois par M. P. Le Marinel (^), reconnu plus récemment par la 

(^) Mouvem. fféogr.^ ai mars 1897, oolonne 137. 



— M a3i — 

mission Jacqnes {^) et qui va couper le haut Lualaba (Xzilo) vers 
ICatolo, sur l'itinéraire du retour de l'expédition dont j'ai fait 
partie (*). 

Je renverrai ici à deux croquis déjà publiés dans nos Annales, 
et représentant, en plan et en coupe, la transition brusque du 
versant ouest des monts Mitumba, constitué ici par les couches 
métamorphiques de la Lufupa, au plateau régulier formé par les 
couches du Lubilache dans lesquelles le Lualaba s'est creusé une 
vallée d'érosion dont le fond entame le substratum primaire 
(t. XXIV, p. 145, fig. 27 et p. 146, fig. 28). 

Au nord de cette région, près du confluent du Lubudi, nous 
avons trouvé la rive gauche du Lualaba bordée par de hautes 
collines qui sont vraisemblablement le prolongement des monts 
Hakansson. 

Nous ne possédons aucun document géologique sur la région 
qui s'étend entre le confluent du Lubudi et le commencement de 
la région des lagunes. Nous ne pouvons dire jusqu'où s'avancent, 
dans cette direction, les grès du Lubilache entre l'escarpement 
des Mitumba et celui des monts Hakansson. Mais je ne puis 
m'abstenir de signaler l'analogie existant entre les conglomérats 
qui forment la base du Système du Lubilache sur le haut Lualaba 
en amont du confluent du Lubudi {^) et ceux que nous avons vus 
former des collines émergeant de la plaine alluviale, dans le 
voisinage du Kabué(voir 2® partie, § 3). Il n'est pas invraisemblable 
que les Couches du Lubilache se soient étendues entre les deux 
escarpements, jusque dans la région des lagunes. De même, je 
serais peu étonné d'apprendre l'existence de cette formation dans 
la région basse voisine du confluent du Lualaba et du Luapula. 

§ 16. 

Il résulte de ce qui précède que les premières dislocations 
qui ont créé la région déprimée où coule aujourd'hui le Lualaba 
depuis Katolo jusque vers le confluent du Luapula sont de date 
très ancienne. Elles sont antérieures aux couches du Lubilache, 

(^) Ibidem y 23 avril 1906. 

(2) Ann. Soc. géoL de Belg,, t. XXI, p. a46 (II); t. XXIV, p. 40. 

(3) Ibidem, t. XXI, p. 246; t. XXIV, p. 169. . 



— M 232 — 

puisque Ton voit, vers le Sud-Ouest, cette formation s'avancer 
entre rescarpement du Mitumba et le prolongement des monts 
Hakansson. 

§ 17. 

Mais, dans la zone du Graben de VUpemba restreint, comme 
il est dit plus haut, à la région des lagunes, il s'est fait un affaisse- 
ment à une époque récente. C'est l'affaissement qui a amené, à 
Kisamba et au niveau de la plaine alluviale, les conglomérats 
cohérents que, sur le versant oriental des monts Hakansson, nous 
avons observés en place à environ 248 mètres au-dessus du lac 
Kabélé et a, en même temps, rabaissé les massifs primaires ou 
archéens dont font partie les collines intérieures du Graben. 

C'est à cet affaissement récent qu'est due l'origine du lac dont 
les lagunes représentent les vestiges en voie de disparition par 
suite de Talluvionnement intense et de la régularisation croissante 
du profil du Lualaba. 

§ 18. 

Les sources thermales de Kafungwé et de Katapena doivent 
être en rapport avec la phase récente de ces dislocations. Ainsi 
que la montré M. L. De Launay (^), dans les pays de plissements 
anciens, on ne trouve de manifestations thermo-minérales que là 
où des dislocations beaucoup plus récentes sont intervenues pour 
faire jouer d'anciennes fractures ou en ouvrir de nouvelles. 

S'il est un jour démontré que le Sambalulu (voir 2^ partie, § 6 et 
3'* i)artie, § i3) est réellement un volcan, il constituera un argument 
de plus en faveur de notre théorie. 

§ i9. 

Si Ton compare l'orientation générale du Graben (N. 3o® E.) avec 
les directions que j'ai pu relever dans les assises des Systèmes do 
Kabélé et du Fungwé (voir 2^ partie, § § i, 3 et 4), on constate qu'il 
n'y a pas de rappoi*t fixe entre ces orientations. Dans les monts 
Hakansson, au ^W. du Kabélé, j'ai trouvé des directions variant 

(') L. De Launay. Recherche, captagre et aménagement des sources 
thçrmo-niinérales. Paris, Béranger, 1899, pp. 21 3, etc. 



— M 1x33 — 

de X. 40° W. àN.-S. ; au sud du Kabélé et sur l'itinéraire duLualaba 
à la Manika, la direction des couches est en général voisine de 
X. 45*^ E., c'est-àrdire qu'elle se rapproche de celle que les cartes 
récentes donnent au Graben de TUpemba. 

§ 20. 

Comme il a été dit dans le texte et comme on le constate par 
Texamen du profil fig. i, pi. IX, le massif des monts Hakansson et 
celui des monts Mitumba sont surmontés de plateaux très réguliers, 
flanqués de part et d'autre de régions à relief accidenté. Il en est 
de même du massif du Kundelungu. 

11 faut en conclure qu'antérieurement aux dislocations qui ont 
mis ces trois horsts en évidence par affaissement des parties 
intermédiaires, le pays du Katanga était réduit à un état voisin 
de la pénéplaine. 

L'érosion a laquelle sont soumis les horsts, depuis l'effondre- 
ment des massifs qui les séparaient, les a déjà sculptés profondé- 
ment dans leurs parties extérieures, mais n'a pas encore eu le 
temps de leur enlever leur caractère de plateau dans leurs parties 
centrales. Elle n'est pas encore parvenue, non plus, à faire dispa- 
raître le caractère escarpé des versants tournés vers les Graben. 
Mais elle s'est attelée vigoureusement à cette besogne. Partout, 
nous avons pu constater avec quelle énergie s'exerce l'érosion 
régressive dans les cours d'eau torrentiels qui descendent des 
flancs des Graben. La haute vallée du Luvilombo et celles de ses 
affluents sont de véritables can«)ns qui s'accroissent sans cesse 
vers l'amont et menacent l'intégrité du plateau de la Manika. Les 
mêmes faits s'observent, de l'autre côté du plateau, dans le bassin 
du Fungwé. Ils sont particulièrement frappants dans les rivières 
qui descendent du Kundelungu vers la Lufila et qui subissent 
parfois^ sur leur cours, des chutes verticales importantes. 

§ 21. 

Comme je le disais au début de ce travail (i'"® partie, § 7) des 
causes étrangères aux agents externes sont intervenues pour 
rendre à ce pays un relief accidenté que la marche régulière de 
r érosion non contrariée aurait dû aplanir depuis longtemps. 



— M 234 — 

Il résulte de tout ce qui précède, que ces causes sont des phéno- 
mènes de dislocation. 

Ces conclusions peuvent être étendues et s*appliquer à tout le 
bassin du Congo et mêmey d'une fa(,*on plus générale, à l'ensemble 
de l'Afrique tropicale et australe. Elles expliquent la contradiction 
existant entre Papparence de jeunesse qu'y présente, en certaines 
régions, l'érosion fluviale et la baute antiquité de l'émersion da 
Continent. 



EXTRAIT DU RAPPORT DE M. 



M. BUTTGBNBACM C) 



SUR LE TRAVAIL DE M. J. CORNET 



LES DISLOCATIONS DU BASSIN DU CONGO 

I. — Le Qraben de l'Upemba. 



L'histoire des fleuves africains est encore loin d*être écrite ; 
mais, cependant, les divers documents rapportés par toutes les 
explorations, scientifiques et autres, qui se sont succédées et se 
oontinuent encore de nos jours, permettent déjà de résoudre un 
grand nombre des problèmes qu'elle soumet à Tattention des 
géologues. 

M. Cornet qui, depuis ses' voyages au Congo, a élucidé bien des 
points obscurs de la géologie de l'Afrique centrale et qui a publié, 
dans les Annales de notre Société, les plus importants de ses 
ti'avaux, nous présente actuellement la première jysartie d'un 
nouveau mémoire intitulé : « Les dislocations du bassin du Congo » 
et dans lequel il projette d'établir les preuves d'une série de 
dislocations qui auraient intéressé, notamment, les territoires 
sud de ce bassin. 

Cette première partie tend à prouver un affaissement qui se 
serait produit -sur plus de 200 kilomètres de longueur, entre les 
parallèles 9°i5' et 7°45' sud, dans la direction approximative du 
SW. au NE., et suivant lequel le fleuve Lualaba, abandonnant 
sa direction générale du Sud au Nord, se serait créé son chemin. 

(*) Rapport dont rimpression a été ordonnée à la séance du 19 novembre 



— M 236 — 

Entre ces parallèles, en effet, le Lualaba coule dans une dépres- 
sion de plus de ^o kilomètres de largeur, au milieu de lagunes peu 
profondes, parfois très étendues et communiquant d'ailleurs avec la 
rivière par de nombreux bras. Cette dépression longe, à l'Est, une 
série de collines accidentées, appelée monts Bia, qui la séparent 
du haut plateau de la Manika, s'élevant à 700 m. au-dessus de la 
plaine. A l'Ouest, les monts Hakansson bordent également la 
dépression dont ils semblent séparés par un palier intermédiaire, 
analogue des monts Bia de l'Est. 

Telle est la vallée que M^ Cornet ne peut attribuer à l'érosion 
et qu'il considère comme due à un affaissement d'époque relative- 
ment récente ; cet affaissement aurait provoqué la formation 
d'un lac dont les lagunes actuelles ne seraient que des vestiges en 
voie de disparition. C'est cette grande dépression qu'il appelle 
Graben de lUpemba, du nom d'une de ces lagunes ; j'aurais 
préféré lui voir donner le nom du fleuve lui-même ou celui d'un 
des postes fixes de l'Etat qui s'y trouvent installés. 

Les preuves apportées par notre confrère à l'appui de cett« hypo- 
thèse sont les suivantes : 

1°) La marche régulière de l'érosion aurait dû aplanir depuis 
longtemps ce pays dont le relief présente, au contraire, une appa- 
rence de jeunesse absolument frappante. Il faut donc que des 
causes étrangères à des phénomènes extei'nes soient intervenues, 
causes qui ne peuvent être que des agents de dislocation. 

2**) La forme même du profil transversal de la dépression montre 
que les flancs ont un caractère accidenté tout particulier et carac- 
téristique de ces mouvements que M. Cornet affirme s'être produits 
suivant ces directions. 

3**) La présence de conglomérats caractéristiques à 248 m. 
au-dessus de la plaine, sur le versant occidental, conglomérats que 
M. Cornet a retrouvés au milieu même de la plaine alluviale, dans 
de petites collines bordant le fleuve, apporte un argument de très 
haute valeur à l'hypothèse d'un affaissement et semble indiquer 
aussi que les terrains archéens et primaires retrouvés dans ces 
mêmes petites collines intérieures sont les équivalents affaissés 
des massifs analogues rencontrés sur les monts Hakansson. 

4°) Les manifestations hydro-thermales qui se voient sur le flanc 
oriental de la dépression, dans les monts Bia, sont en accord avec 
l'hypothèse de fractures dues à des dislocations. M. Cornet cite 



— u 287 — 

deux de ces sources, à Kaf ungwé et à Katapena ; à l'appui de ces 
observations, je mentionnerai que de nouvelles sources viennent 
d*ètre signalées, à Kasonso, sur la direction môme des deux pré- 
cédentes, et entre elles. 

M. Cornet développe longuement, dans son mémoire, tous les 
faits d'observation qui lui permettent d'apporter ces preuves à 
l'hypothèse d'un affaissement. La longueur de ce Graben serait de 
200 kilomètres, sa largeur de 3o à 4^ kilomètres M. Cornet lui donne 
la direction générale N. 3o° E. et ajoute que la détermination plus 
exacte de quelques longitudes lui fait croire que la direction du 
Graben se rapprochera, sur les cartes futures, de la direction 
méridienne; je dois dire ici qu'une carte, actuellement en confec- 
tion dans les bureaux de l'Etat du Congo, écarte au contraire 
encore la direction du Graben de celle du méridien et lui donne 
X. 5oo E. 

L'auteur dit également, dans son mémoire, que M. Reichard a 
signalé à l'est du lac Uperaba, c'est-à-dire sur la direction des 
sources thermales, un pic, le pic Kambululu, qu'il considère 
comme un cône volcanique. Malheureusement, aucune donnée ne 
confirme jusqu'ici cette manière de voir de l'explorateur allemand. 
Ayant immédiatement utilisé ce renseignement que j'ignorais 
précédemment, j'ai prié les agents du Comité du Katanga qui se 
trouvent aux environs de cette montagne, de me faire parvenir 
tous les renseignements qui pourraient éclaircir la question, ainsi 
que de récolter des échantillons de roches. Je communiquerai 
ultérieurement à la Société les résultats de cette enquête qui, si 
elle conclut à l'existence d'un appareil volcanique, confirmera les 
idées de M. Cornet. 

Je ferai ici une observation qui me parait déjà confirmer les 
idées de l'auteur, qui suppose que des premières dislocations, très 
anciennes, antérieures au dépôt des Couches de Lubilache, permo- 
triasiques, ont créé une région déprimée s'étendant depuis le 7*^ 
parallèle sud jusqu'au 10®, tandis que le Graben principalement 
étudié dans le mémoire, beaucoup plus récent, n'a intéressé que 
les 200 kilomètres qui se succèdent entre le 8*^ et le 9®, approxima- 
tivement. Or, si les sources thermales signalées plus haut se 
trouvent sur le versant oriental de ce Graben, le long de cet 
affaissement récent, il faut noter que des gisements d'étain sont 
actuellement reconnus, sur la même direction que les sources 



^^ M 



aâô- 



therixiaies, non seulement du 8^ au 9^ parallèle, mais encore pliis 
au Sud, jusqu'au 10®. Il est donc probable que les venues d'étain 
ont utilisé les fractures dues aux premières dislocations ; le second 
affaissement, qui a produit le Graben de TUpemba, a réouvert 
quelques unes de ces fractures et a pu ainsi donner naissance aux 
sources thermales actuelles, s'étendant sur une longueur moindre 
que les gisements stannifères. 

Les figures jointes au mémoire de M. Cornet pei*mettent au 
lecteur de suivre ses démonstrations et de se faire une idée de la 
dépression. 

Bruxelles, le 16 août igoS. H. Buttgenbach. 



Description et interprétation de la coupe de Calcaire 
carbonifère de la Sambre, à Landeiies, 



PAR 



Planche X. 



J'ai eu rbonneur de diriger, en août 1904, avec le concours de 
mon confrère et ami M.L. de Dorlodot, une excursion de la Société 
géologique aux environs de Landelies, excursion qui avait pour 
but principal l'étude de la belle coupe de Calcaire carbonifère de la 
Sambre. 

Cette coupe ayant été précédemment décrite et figurée, notam- 
ment par Briart, il n'entrait pas tout d'abord dans mon intention 
de donner un compte rendu de cette course, organisée surtout 
dans un but de vulgarisation. Cependant, mes observations et 
surtout mon interprétation différant assez bien de celles de mes 
devanciers, M. le professeur M. Lohest m'engagea vivement à 
publier les idées que j'avais développées de vive voix. J'ai cru 
qu'effectivement, il pouvait être de quelque intérêt de tracer à 
nouveau, d'une façon tout à fait rigoureuse et précise, la coupe 
dont il s'agit et d'indiquer la manière très simple dont elle se peut 
interpréter. C'est ce qui constitue le but du travail que je présente 
aujourd'hui à la Société. 



♦ 
* * 



Quand on descend la Sambre, sur la rive gauche, à partir de 
Landelies, on rencontre de hauts escarpements situés sur la partie 
convexe d'un méandre décrit par la rivière. Ces escarpements 

(') Communication faite à la séance du 19 mars igo5. 



— M 240 — 



sont d'abord occupés par des calcaires frasniens, qui se voient 
près du lieu dit Trieux des Beaux, puis par des schistes de la 
Famenne et des psammites du Condroz; au point où la vallée, qui 
était d'abord dirigée sensiblement vers le Nord, s'infléchit dans la 




X 



X 



X 
9 



0) a 

-3 o 

^ o 

© -. 

I*. 

> 

il 

Si & 
^1 
« S! 

6 « 
g « 

« u: 

9 



9 

"Se 
o 

o 






direction EXE., elle recoupe obliquement toute la série carboni- 
fère; puis la Sambre coule vers TESE. et suit à peu près la direc- 
tion des couches qu'elle retraverse ensuite dans le méandre sui- 
vant (fig. i). Ce dernier méandre est lui-même coupé par la ligne 

l4 NOVEMBRE I905. 



— M 241 



^T _ 






o 



du chemin de fer du Nord qui, entre les deux ponts jetés sur la 

rivière, passe dans une haute tranchée très 
accessible aux observations géologiques. 
Tous les escarpements calcaires de la vallée, 
tant sur la rive droite que sur la rive 
gauche, ont fait ou font encore l'objet d'ex- 
ploitations plus ou moins importantes. On 
peut donc, sur un espace très considérable 
et pour ainsi dire sans interruption, étudier 
avec grande facilité la série comi>lète des 
couches de notre terrain dinantien. Aussi 
cette coupe, qui est une des plus belles que 
nous ayons en Belgique et qui mériterait de 
devenir classique, a-t-elle déjà été étudiée 
avec plus ou moins de soin et de détail par 
divers géologues. 



-'. 



r- 



4. j« 



- » 



•>j, 




»v« 



on 

06 






es 

1 







*s 

o 



S3 



r ^ *r* 



5* 



En 1860, dans son Mémoire sur les terrains 
primaires de la Belgique, des environs 
d'Avesnes et du Boulonnais, M. J. Gosselet 
a décrit et figuré, d'une fa(;on assez som- 
maire du reste, la partie de la coupe qui 
avoisine la brèche. 

Plus tard, en 1875, dans le Bulletin de 

VAcadémiv des sciences de Belgique (^), 

M. Ed. Dupont publia la coupe complète du 

^^^, , ^ Calcaire carbonifère de Landelies, que 

^^5 * ' ^ M. Mourlon reproduisit dans sa Géologie de 

la Belgique, p. 116. J'ai cru intéressant, à 
titre documentaire, de la publier à nouveau, 
à une échelle un peu réduite (fig. 2). Comme 
on le voit, elle diffère très sensiblement du 
tracé de Briart et du mien propre. Publiée 
à une époque où l'étude du Calcaire carboni- 
fère était beaucoup moins avancée que de 
^ nos jours, elle n'est plus aujourd'hui défen- 

dable. Sans parler des « lacunes )> qu'avait aperçues M. Dupont, 

(i) Séries, t. XXXIX, p. a86, pi. I, fig. 4, 1876. 

ASN. soc. GÉOl.. DE BF.LG., T. XXXII. MÉMOIRES, iG. 



— \f 24^ 



l5 



C3 

•t 



et dont Texistence ne serait plus à présent 
admise par personne, elle contient un certain 
nombre d'inexactitudes de tracé, d'erreurs 
évidentes d'interprétation et même d'impos- 
sibilités stratigraphiques. Il n'y a, évidem- 
ment, pas lieu de les relever en détail ; c'est 
une besogne que le lecteur pourra faire aisé- 
ment lui-même, s'il le désire. 

La coupe publiée en 1894 par Briart, dans 
son mémoire sur la Géologie des environs de 
Fontaine-VEvêque et de Landelies (*), et que 
j'ai également reproduite à une échelle réduite 
(fig. 3), serre de beaucoup plus près la réalité 
et serait tout à fait excellente, si elle ne 
cont>enait quelques erreurs de détail que j'aurai 
soin d'indiquer dans le cours de ce travail et si 
certaines interprétations n'apparaissaient 
aussi comme manifestement incorrectes. 

Mais avant de discuter les observations et 
les idées de Briart, il convient d'indiquer tout 
d'abord comment j'ai moi-même opéré pour 
écarter le plus possible les chances d'erreurs. 
Comme je l'ai dit plus haut et comme le 
montre la fig. 4 de la planche X, la coupe de 
Landelies n'est pas droite et ne traverse, en 
aucun point, les couches perpendiculairement 
à leur direction. Cela ai^porte beaucoup de 
difficultés dans la représentation des allures et 
surtout dans rai)préciation des épaisseurs des 
différentes assises. Il est, en outre, assez 
délicat de raccorder convenablement deux 
parties de coupes de directions très diffé- 
rentes, telles que la tranchée du chemin de fer 
du Nord et la partie de la coupe de la Sambre 
à laquelle elle fait suite. Pour résoudre la 
question d'une façon x)récise, j'ai cru que le 

illeur moyen serait de tracer d'abord 

;') Aiin, Soc.géol. de Belg., t. XXI, Mém., pp. 35 et 8uiv.,pl. U, fig. 3, 1894. 




< 
0; 



03 
U 



9 

"S 

oS 



u 

d 
o 

u 

a> 

u 

od 



eu 

O 



CO 

6 



-^ M 243 — ^ 

une vue en plan à assez grande échelle. J^ai donc fait le levé 
topographique des escarx)ements de la rive gauche de la Sambre 
et des excavations qui y sont creusées, de la tranchée du chemiil 
de fer du Nord et des carrières situées sur la commune de Moil- 
ceau-sur- Sambre au NE. de cette tranchée. J'ai figuré sur ce plaik 
la nature et l'allure des différentes couches géologiques, puis j'ai 
effectué une coupe brisée AB. CD. EF. GH. IJ. KL., de façon à 
ce que les tronçons AB, CD, etc. restent constamment perpendi- 
culaires aux couches rencontrées. Je suis ainsi arrivé au tracé de la 
figure 5, planche X, qui permet de déterminer assez exactement la 
puissance des différentes assises et qui, comme premier résultat, 
montre que la coupe de Briart contient des eiTCurs d'échelle assez 
importantes. 

Le Calcaire carbonifère de Landelies présente un certain nombre 
de particularités fort intéressantes et il mérite d'être décrit avec 
([uelque détail. Cette description a déjà été faite autrefois par 
Briart dans le travail dont j'ai parlé, mais comme j'aurai, en un 
assez grand nombre de points, à modifier ou à compléter les 
données de ce géologue, je crois utile de publier à nouveau, et 
d'après mes propres observations, la description complète de la 
coupe. 

Un des points qui frappe le plus l'observateur qui voit pour 
la première fois le Calcaire carbonifère de Landelies, c'est le déve- 
loppement très inégal des deux étages qu'on y distingue généra- 
lement : alors que la puissance du Tournaisien n'est que de 75 m., 
celle du Viséen est de 5oo à 55o m. Le petit-granite n'existe pas à 
Landelies, ou plutôt on le retrouve avec une faible puissance, 25 
ù 28 m., et dolomitisé, Tsby. Les calcaires construits waulsortiens, 
le calcaire violacé font aussi complètement défaut dans la région ; 
on peut dire qu'il en est de même du marbre noir de Dinant ou 
que, tout au moins, ce niveau est fort mal représenté, et de façon 
très douteuse, par quelques bancs de calcaire noir à cherts, inter- 
calés dans la dolomie viséenne. Celle-ci, qui fait suite directement 
à la dolomie tournaisienne, est elle-même surmontée par une 
assise extrêmement puissante de calcaires oolithiques, de calcaires 
gris clair en gros bancs et de calcaires blancs, massifs, d'une 
grande pureté ; ces calcaires, dont la texture lithologique est par- 



— M 244 - 

fois fort curieuse, contiennent, surtout vers le haut, des Productus 
cora abondants et je les ai rangés dans l'assise Taa, base du 
Viséen supérieur. Les couches supérieures à ce niveau sont égale- 
ment très bien caractérisées et très puissantes ; citons notamment 
les célèbres brèches à ciment rouge ou gris, souvent exploitées 
comme marbre, et qu'on trouve, dans la coupe de la Sambrc, fort 
bien caractérisées et avec une épaisseur d'environ 60 m. Mention- 
nons enfin les calcaires dits à Productus giganteus et à lits d'an- 
thracite, qui ondulent amplement dans toute la région et qui ne 
sont nulle part mieux représentés en Belgique. 

Voici, du reste, la description détaillée de la coupe ; les nota- 
tions sont celles de la légende de la Carte géologique officielle au 
40 oo(r. 

I. Toumaisien (7'). 

A. Assise inférieure, dite assise de Ihistière (Tj), 
Tia, Calcaire à crinoïdes, dit à S/^Vz/i?/' ^Waôer. Puissance 10 m. 

Ce calcaire est fort peu visible dans la coupe; on en trouve quelques bancs 
verticaux au haut des escarpements, en contact avec les schistes de rassise 
Tib, Vers le Sud-Ouest, on voit également quelques bancs d*allure hori- 
zontale, sur la sif^nification sirati^raphi(iue desc^uels je ne suis pas encore 
fixé. 

Tih, Schistes vert sombre, jaunâtres en altération, assez 
fissiles, à Spiriferina octoplicata. Puissance 3 m. 

Ces schistes forment, comme on le sait, un horizon géologique (Vune grande 
constance. Briart déclare n'y avoir pas trouvé le fossile caractéristique; 
celui-ci n'y est cependant pas rare. On rencontre, en outre, un assez grand 
nombre d*autres fossiles, en général bien conservés. Ces schistes constituent 
la paroi SW., légèrement surplombante, de la première caiTière, dont ils ont 
rendu rexx)loitation impossible. 

Tic, Calcaire à crinoïdes, dit de Landelies, à Spirifer torna- 
ceiisis. Puissance 18 m. 

Ces calcaires ont été exploités pour pierres de taille. Outre le fossile cité, 
ils contiennent do grands polypiers Amplexus, Zaphrentis, etc., iissez abon- 
dants et qui permettent souvent de les reconnaître à première vue. Ils ne 
renferment pas de chéris. Les intercala tious schisteuses y sont rares. 



— M 245 — 

Tich, Calscliistes et calcaires à chaux hydraulique, dits de 
Tournai. Puissance 8 à 10 mètres. 

Ces couches sont bien visibles dans la paroi NE. de la carrière précé- 
dente. Elles sont surtout formées de schistes calcareux grossiers, extrême- 
ment fossilifères. Malheureusement, les fossiles y sont assez mal conservés. 
11 y a aussi quelques bancs de calcaire impur qui seraient jieut-ètre propres 
à la fabrication de la chaux hydraulique. Une partie de cette assise est 
cachée i)ar la végétation. 

B. Toiirnaisien supérieur, AsHise des Ecaussines 

ou de Waulsori (7a*. 

T'ja» Calcaire à crinoïdes, dit d'Yvoir. Puissance 6 à 8 m. 

Cette assise n^est visible qu'à mi-hauteur et à la partie supérieure des 
escarpements. Elle est généralement caractérisée par Texistonce de bandes 
continues ou subcontinues de cherts noirs, parallèles à la stratification ; 
malgré des recherches attentives, je n*ai pu y découvrir une seule de ces 
concrétions siliceuses. C'est le seul point de notre Calcaire carbonifère où 
j'aie constaté l'absence de cherts 51 ce niveau. 

Tsby* Dolomie claire à crinoïdes. Puissance 25 à 28 m. 

Cette dolomie est incontestablement l'éciui valent du petit-granito (lui, sur 
rOurthe notamment, surmonte immédiatement le calcaire d'Yvoir. Elle est 
assez nettement stratifiée, sauf vers le haut où les bancs deviennent plus 
épais et où la roche prend, ])ar endroits, une apparence massive. Elle est 
de couleur j)lutôt claire et contient assez bien de tiges de crinoïdes. On y 
trouve aussi des Syringopora, Hriart, sur la foi de De Koninck, considère ce 
fossile comme caractéristique du Tournaisien et sa ju'ésence lui parait un 
argument de plus en faveur de l'assimilation de la dolomie à crinoïdes au 
petit -granité. De fait, les Syringoporn se rencontrent le plus souvent dans 
les couches inférieures de notre Calcaire carbonifère. Il n'est pas fort rare 
cependant d'en trouver dans le Viséen et je me souviens, pour ma part, 
d'avoir, aux environs de Boulogne, trouvé ce fossile dans le calcaire à 
Productus cora et même <lans les couches supérieures à ce nivcîiu. Quoi qu'il 
en soit, et par analogie avec ce qui se voit ailleurs dans notre Carbonifère, 
il ne parait i>as douteux qu'il faille ranger la dolomie à crinoïdes au 
sommet de l'étage tournaisien. 

II. Viséen (r). 

A. Viséen inférieur ou assise de Dinant (V/). 

Vi. Dolomie noire, non crinoïdique, dite de Namur, stratifiée ou 
massive, avec intercalations de bancs calcaires, à cherts, 
contenant Chonetes papilionacea. Puissance 100 m. 
Cette assise comprend d'abord 40 à 45 m. de dolomie noirâtre, non cri- 



— M 246 — 

uojdique, stratifiée, avec nombreuses géodes remplies de calcile spathique et 
quelques rares iutercalations de calcaire dolomitique ; puis viennent 28 m. 
de calcaire gris noir dont les premiers bancs, assez minces, contiennent des 
cherts en lits subcontinus, ainsi que d*autres concrétions siliceuses fort 
bizai*res ; les bancs suivants sont plus gros, de couleur plus daii'e ; ils sont 
fossilifères et on y trouve notamment, en assez grande abondance, Chonetes 
papilionacea. Un certain nombre de ces bancs calcaires sont légèrement 
dolomitisés et ils contiennent quelques intercalations de dolomie noire bien 
caractérisée. Enfin, l'assise se termine par de la dolomie noire, massive ou 
mal stratifiée. Vn caractère qui distingue cette dolomie de la dolomie tour- 
naisienne, c'est qu'elle devient pulvérulente par altération. Je n'ai point 
retrouvé avec certitude les quelques bancs minces de calcaire à texture com- 
pacte et à cherts que Briai*t dit exister à la base de l'assise (*), au contact de 
la dolomie tournai sienne et qu'il considère, assez arbitrairement du reste, 
comme l'équivalent du marbre noir ( Via), 

Il ne me parait pas utile de tenter de subdiviser cette assise ; tout ce 
qu'on peut dire, c'est que les bancs calcaires à Chonetes papilionacea devraient 
plutôt être rangés dans le niveau supérieur, désigné sous la notation ¥26 
X>ar la légende de la Carte officielle. 

B. Viséen supérieur (V2) ou assise de Visé. 

Vua, Calcaire oolithique ; calcaire gris blanc en gros bancs et à 
nombreux clivages ; calcaire blanc, massif, d'une grande pureté. 
Productus cora. Puissance 225 m. 

Immédiatement sous la dolomie viséenne, apparaissent des calcaires fort 
nettement oo]ithiques,en gros bancs, à nombreux clivages; il s'y ti'ouve quel- 
(jues bancs de dolomie claire, dans laquelle la texture oolithique reste visible. 
Ils sont suivis de calcaire gris clair, en assez gros bancs qui sont parfois 
légèrement et irrégulièrement dolomitisés. Us présentent souvent une texture 
fort intéressante, que j'ai rencontrée maintes fois dans les roches de ce niveau 
et à des endroits fort distants les uns des autres, par exemple aux environs 
de Namur, jirès de Verviers, etc. ; la roche ressemble, par endroits, à une 
brèche à petits éléments entourés d'une ]>âte calcaire, ])arfois oolitliique : 
ces éléments, qui sont toujours subanguleux ou même arrondis, no parais- 
sent pas provenir de1a<lésagrégation de rochers préexistants ; ils ressemblent 
]>lutôt il des concrétionnements irréguliers autour de certains centres d'at- 
traction ; dans certaines plages de la roche, cette appai*ence est fort nette et 
cotte origine semble indéniable ; ailleurs, le caractère détritique de la roche 
semble prédominer. 

(^) Lo(\ cit., p. 82. 



— M 247 — 

Au-delà, ou trouve, sur une épaisseur de plus de 100 m., un calcaire massif 
d'une blancheur éclatante, parcouru par de nombreuses cassures qui, par 
endroits, simulent à s'y méprendre la stratification (^). Il contient de nom- 
breux Productus cora. Il est d*nne grande pureté et est activement exploité 
poui* servir notamment en verrerie et en glacerie. Bien que le calcaire de ce 
niveau revête souvent une apparence massive, je n'ai constaté nulle part 
ailleurs cette absence complète de stratificatljzi. 

Je range tous les calcaires que je viens de décrire dans le niveau qui 
forme la base du Viséen supérieur, Vsu. Je ne me dissimule pas qu'il serait 
possible de faire rentrer toute la partie inférieure, contenant les calcaires 
oolithiques et les calcaires gris à apparence détritique ou vaguement bréchi- 
fornie, dans le Viséen inférieur. La paléontologie fournirait peut-être des 
arguments en faveur de cette dernière manière de voir. Mais en réalité, 
j'attache à cette question de limites d'assises assez peu d'importance et je 
crois qu'au point de vue pratique et pour la région qui nous occupe, il est 
plus commode de ne pas séparer des calcaires qui ont entre eux d'assez 
grandesressemblances au point de \n^ ::.iiiéralogique. 

V^b. Calcaire gris, souvent grenu, bien stratifié, parfois tra- 
versé par des veines blanches de calcite. Puissance 65 à 70 m. 

Ce calcaire appan.it déjà à Ki ;)aroi est de la grande caiTière de calcaire 
blanc Vk Productas cou:. Il est surto.it visible dans l'excavation suivante, le 
long de la Sambre, où il a fait Tobjct d'une exploitation actuellement 
abandonnée. Il est généralement gris, grenu ou subgrenu; quelques bancs 
contiennent d'abondante; li^îcs noires de crinoïdes; il est parfois, surtout 
vers le sommet de l'assis .\ ]>arC'Ouru par des veines de calcite blanche qui le 
font ressembler (luelquo pou au marbre dit bleu-bel^; Briart a le tort de 
désigner l'assise Vsb sous ce nom de bleu-belge, alors qu'il conviendrait, 
lM>ur éviter toute confusion, de réserver cette appellation au marbre bleu 
noir, veiné de blanc, appartenant au niveau Vscj qui s'exiiloite surtout à 
Bioulx et à Warnant (*). 

Vers le milieu de l'assise, on trouve, dans la coupe de la Sambre, une 
sorte de cassure d'allure verticale, de 12 à i5 m. de large, contre laquelle 
les couches viennent buter fort nettement (voir pi. X, fig. 5) ; elle est remplie 
par une brèche à éléments assez homogènes, parmi lesquels on distingue 
surtout des fragments des bancs encaissants et, notamment, du calcaire 

(^) Il y a une erreur dans le plan et la coupe qui accompagnent cette 
notice : le calcaire blanc massif commence une quarantaine (\e mètres avant 
la carrière où il est exploité. 

(*) L'expression, purement commerciale, de bien-belge s'applique aussi à 
un marbre frasnien qui s'exploite notamment à Merlemont et qui a une 
grande analogie avec le marbre de Bioulx. 



— M 248 — 

^renu à crinoïdes noii*es ; le ciment est peu apparent ; il semble parfois 
argileux et rougeàtre, mais il est le (ilus souvent spathique ; la ealeite est, eu 
tout cas, fort abondante et remplit tous les joints et toutes les cavités de la 
roche. Il est difficile de préciser l'âge et le njode do formation de cette fraetui-e ; 
si elle est accompagnée d'un rejet, celui-ci est à coup sVir fort peu important, 
les bancs calcaires ne paraissent guère différents de part et d'autre de la 
cassure et celle-ci ne semble affecter en rien la régularité et la continuité 
de la coupe. Quoi qu'il on soit, je pense que la brèche qu'elle contient n*a 
rien de commun avec la puissante assise de brèche que nous allons voir 
quelques mètres plus loin et cpi'on a simplement affaire A une brèche de 
remplissage. 

V'jcx, Brèche massive, à éléments calcaires, hétérogènes, de 
volume très variable, à ciment gris ou rouge, argileux ou argilo- 
calcaire. Puissance 60 m. 

Le passage des bancs précédents à la brèche se fait insensiblement ; la 
stratification devient de plus en plus confuse et le caractère bréchiforme. 
d'abord indistinct, apparait jïetit à i)etit; quelques bancs de l'assise précé- 
dente, visibles au bas de l'escarpement, ne se prt)Iongent pas vers le haut et 
viennent buter contre la brèche. Les éléments de la brèche sont a^sez 
hétérogènes ; ils sont de volume variable; les ]>lus gros éléments semblent 
se trouver au voisinage des bancs du calcaire Vab ; cependant il faut l'emarquer 
(lue, même près du contact de ces bancs, on trouve des plages de brèche à 
éléments fort petits. Le ciment, d'abord gris et calcareux, devient de ]dus en 
plus argileux et rougeàtre. C'est vers le haut de l'assise, que se trouvent les 
meilleures qualités exploitables pour marbre. La brèche n'est nulle part 
stratifiée; par endroits ce]>endant, on distingue de vagues apparences de bancs 
assez bien parallèles à la stratification générale; i>arfois, on trouve quelques 
petits bancs bien nets de calcaire non I)réchiforme, entourés de toutes parts 
par la brèche massive contre laquelle ils viennent buter. 

J'ai trouvé dans la brèche deux cailloux fort nettement roulés, deux vrais 
galets calcaires aplatis ; ils n'étaient ]ms englobés dans le ciment rouge, ils 
semblaient plutôt se trouver au milieu d'un gros élément calcaire de la 
brèche. 

L'assise se termine à un gros banc calcaire de 4 mètres d'épaisseur, sm* 
lequel la brèche repose en stratification renversée et qui contient, par 
endroits, de véritables accumulations de petits brachiopodes. Immédiate- 
ment sous ce banc, existe un autre banc d'environ 2 m. d'épaisseur, constitué 
par une brèche grise à petits éléments et à ciment spathique. 

Briart se refuse à considérer la puissante masse de brèche que je viens tie 
décrire comme une assise jïroprement dite et lui attribue une origine dyna- 
mi()ue. Au contact de la brèche et des couches sur lescpielles elle repose 



— M 249 — 

eu stratification renversée, ce savant croit, en effet, reconnaître le passage 
d'une faille importante, ou plutôt de deux failles^ les failles de Leemes et de 
Fontaine-rEvèque, dont les plans de poussée coïncideraient précisément eu 
ce point de la coupe de la Sambre ; ce serait pendant le mouvement de 
transport dû à ces failles, que les calcaires du toit se seraient brisés et 
désagi'égés et que se seraient formées les accumulations de brèches obser- 
vées. Ce n'est pas ici le lieu de discuter cette théorie ; je me bornerai à dire 
qu'une étude attentive de la brèche de Landelies et, eu général, de toutes 
nos brèches carbonifères, m'a convaincu que la théorie de Briart est absolu- 
Dieut insoutenable et que ces brèches ont une orijçine détritique ou sédi- 
meutaire ; elles forment une assise distincte, qui petit même être considérée 
comme un bon horizon géologique et qui doit recevoir une notation distincte 
et non une sim]>Ie notation de faciès; si j'ai, dans ce travail, noté la brèche 
Vacx^ c'est simplement pour me conformer aux indications de la légende 
officielle actuellement admise. 

V'j(\ Calcaire noir, eomi)act, dit à Prodiictiis giganteus, eontc- 
nant, vers la base, des bandes de cherts noirs et vers le sommet 
des lits de schistes charbonneux. Puissance 70 à 80 mètres (?). 

Ces bancs, compacts ou subcompacts, ont parfois une texture rubannée 
due probablement à l'existence d'organismes (stromatoporoïdes). Je n'y ai 
l)0!nt rencontré le fossile que la légende officielle considère comme carac- 
tcristi<iue de celte assise et qui y est, du reste, assez rare. Les cherts que 
contiennent les bancs inférieurs n'existent pas fréquemment à ce niveau ; 
au contraire, les lits de schistes charbonneux, dits à tort lits d'anthracite, 
sunt d'une grande constance dans tous le pays. C'est surtout au voisinage 
ilu Ilouiller qu'ils se rencontrent. II n'est pas possible de déterminer exacte- 
ment la puissance de cette assise. Les bancs exploités dans les carrières de 
Monceau-snr-Saïubre ont une épaisseur de 5o m. ; comme on ne voit ni le 
contact avec la brèche ni le contact avec le If ouiller, je crois qu'on peut, sans 
exagérer, évaltier la puissance totale de l'assise î\ 70 oti 80 m. (^î. 

Au-delà des carrières de Monceau-sur-Sambre, on voit quelques 
affleurements de schistes et de phtanites houillers, qui semblent en 
concordance de stratification avec les bancs calcaires. 

Les premières couches rencontrées dans la coupe sont voisines 
de la verticale (/ ~ 80" SW.'^; puis, au fur et à mesure qu'on remonte 
la série, elles se renversent de plus en plus vers le Sud, au point 
qu'à partir des couches à Productus cora, on croirait avoir 
affaire à une série de plateures régulières. La coupe de Briart et 



f^' La puissance figurée dans la coupe est trop forte. 



— M aSo — 

la mienne sont identiques, sauf en ce qui concerne les épaisseurs 
d*assises, depuis les premières couches tournaisiennes jusqu'à la 
brèche. Mais au contact de cette formation et des couches sur 
lesquelles elle repose en stratification renversée, Briart, comme je 
l'ai dit plus haut, fait passer les deux failles de Leernes et de 
Fontaine-l'Evêque (fig. 6), dont il suppose que les deux plans de 




FiG. 6. — Coupe verticale jtassant par la ligne A A de la figure i, page 240, 

d'après A. Briart. 

poussée coïncident en ce point. Comme je suis, au contraire, 
convaincu que ces failles ne passent i^as dans la coupe de la Sambre 
et comme il s'agit, en somme, d'une question assez importante au 
point de vue de la géologie de la x'égion, je me permettrai d'insister 
quelque peu sur ce point. 

Voyons sur quels arguments Briart se base pour soutenir son 
opinion. Il apparaît clairement, à la lecture attentive de son 
mémoire, qu'il s'appuie surtout sur l'origine dynamique de la 
brèche. Cette hypothèse et celle de l'existence des failles dont il 
est question sont tout à fait inséparables dans son œuvre et .se 
prêtent un mutuel appui. J'ai déjà dit mon opinion sur la brèche 
de Landelies : mais, si môme la théorie de Briart était admissible, 
il est évident qu'on ne pourrait l'invoquer pour démontrer l'exis- 
tence d'une faille qu'au prix d'une véritable pétition de principe. 

« En résumé, » dit Briart (*), « la structure bréchiforme, d'abord 
» nulle et indécise, s'accentue de plus en plus jusqu'à la faille où 
» elle se termine brusquement. En dessous^ les bancs recom- 
» mencent en stratification régulière. Par cela même, la faille 
)> nous parait incontestable ». J'avoue ne pas bien saisir l'argu- 
ment. « Mais il y a plus, » continue notre auteur, « son plan de 
» poussée recoupe successivement plusieurs bancs, depuis son 
» apparition à la base de la carrière, jusqu'à son arrivée au 

(1) Loe. cil,, p. 88. 



— M 2DI — 

» sommet ». Ceci serait, évidemment, une raison plus sérieuse, 
pas encore très probante cependant pour établir l'existence d'une 
grande faille; malheureusement, j'ai en vain cherché à vérifier le 
fait et, lors de l'excursion de la Société, j'ai appelé sur ce point 
l'attention des membres présents, sans que l'espèce de discordance 
signalée par Briart parût évidente à personne. 

Disons encore que Briart, pour mieux faire ressortir l'absence 
de signification stratigraphique des brèches, classe, de façon tout 
arbitraire du reste, dans son assise Ve {Vab de la légende 
actuelle), quelques couches qui se trouvent sous la brèche et qu'il 
convient évidemment de réunir aux calcaires Tg-, à Productus 
giganteua {Vue). 

Ainsi donc, aucun fait positif tiré de l'examen de la coupe de la 
Sambre ne démontre la réalité du passage des failles de Lcemcs 
et de Fontaine-l'Evêque. En revanche, la parfaite régularité de la 
coupe de part et d'autre de la brèche est un argument très puis- 
sant en faveur de l'opinion contraire. C'est ce qu'a très bien 
compris M. le chanoine de Dorlodot qui s'est fait le défenseur des 
idées de Briart et qui, dans son mémoire sur la Genèse de la crête 
du Condroz et de la Grande Faille (*), explique le mouvement du 
lambeau de Landelies par une rotation « autour d'un axe passant 
» vers rintersection de la ligne de la faille de Leernes avec la 
» Sambre. » Pour diverses raisons, je ne suis guère partisan de 
cette manière de voir, mais il faut reconnaître que, à première vue, 
elle semble bien confirmée par la carte de Briart (voir fig. i, p. 240). 

De cette façon, on pourrait dire que, dans la coupe de la Sambre, 
c'est-à-dire au voisinage de l'axe de rotationf, la faille de Leernes 
existe, mais qu'elle a un rejet nul ou négligeable. Mais cette expli- 
cation elle-même, pour ingénieuse qu'elle soit, n'est pas satisfai- 
sante, car il faut bien remarquer, toujours d'après Briart, que la 
partie des escarpements qui se trouve au sud-ouest des prétendues 
failles, appartient au massif de Landelies, c'est-à-dire au troisième 
lambeau refoulé et que le reste de la coupe fait partie du massif de 
la Tombe, c'est-à-dire du premier massif refoulé. En d'autres 
termes, le rejet qu'on devrait constater entre ces deux parties de la 
coupe est égal à la somme des rejets des failles de Leernes et de 
Fontaine-l'Evêque. Nous avons vu comment il est possible d'expli- 

(^j Ann, Soc, scient, de Brux., page !^i du tiré à part, note (**), i8g8. 



— M 252 — 

quer que le rejet de la faille de Leernes soit nul. Pour que la 
régularité de la coupe ne soit pas rompue, il faut donc que le rejet 
de la faille de Fontaine-rEveque soit également nul. 

Ainsi donc, si Von s'en tient au tracé de Briart, il faut admettre 
qu'à son tour le massif de Fontaine- l'Evêque ait accompli un 
mouvement de rotation, qu'aucun fait ne démontre, et cela 
jjrécisément autour du môme point que le massif de Landelies. 
Ou bien, il faut se résoudre à nier résolument Texistence de la 
faille de Fontaine-FEvêque, même en dehors de la coupe de la 
Sambrc. Pour ma part, et bien que je n'aie pas achevé l'étude de 
la région, je n'hésite pas à admettre dès à présent cette dernière 
opinion. 

En résumé, il résulte de la présente discussion que les obser- 
vations faites dans la seule coupe de la Sambre semblent difficile- 
ment compatibles avec certains tracés de failles figurés i>ar 
Briart sur sa carte. 

Au delà de la brèche, comme l'indique la vue en plan, les 
couches décrivent un anticlinal, d'abord peu accentué, dont Taxe 
est à peu x)rès i)arallèle à la direction de la Sambre. On suit très 
facilement cet anticlinal dans les excavations qui se voient depuis 
la carrière de brèche jusqu'à la tranchée du chemin de fer du 
Nord ; près de cette tranchée, on remarque une disposition de 
couches qui i)araît, à première vue, assez singulière ; le haut de 

l'escarpement est occupé par des plateures incli- 
nant légèrement au Sud, tandis que la partie 
inférieure est formée de dressants à pondage 
nord ; la chose s'explique très simplement par le 
Hono seul fait que l'axe du pli est incliné vers le 
Sud (fig. 7). 

' Dans la tranchée du chemin de fer du Nord, 

on voit d'abord affleurer les plateures du haut 
de l'escarpement, suivies immédiatement par les couches en 
dressants ; bien qu'on ne puisse voir ces allures se raccorder Tune 
à Tautre, il me paraît évident que c'est le pli de la coupe de la 
Sambre qui réapparaît. Le crochon de tête de cet anticlinal que 
j'ai figuré, en XX', par des traits interrompus (pi. X, fig. 4) 
plonge visiblement vers l'Ouest ; l'espèce de rejet vers le Nord 
subi par ce crochon, au passage dans la tranchée du chemin de fer 
du Nord, n'est qu'ajjparent et tient simplement au fait que la coupe 




— M 25â — 

(lu chemin de fer est à un niveau supérieur à celui de la coupe de 
la Sambre et que Taxe du pli incline au Sud. 

Il est donc bien évident qu'il n'existe pas deux anticlinaux 
distincts, comme semble le laisser supposer le tracé de Briart, 
visiblement incorrect, au surplus, en ce qui concerne la façon de 
raccorder la coupe de la Sambre et celle de la tranchée. Ajoutons 
que rien ne me paraît démontrer Texistence des trois petites 
failles que Briart croit avoir reconnues dans la tranchée et que, 
selon moi, les couches décrivent, dans cette tranchée, une série de 
plis parfaitement réguliers : après l'anticlinal dont je viens de 
parler, les calcaires à Prodiictus giganteiis dessinent un synclinal 
contenant, au centre, de la brèche; puis vient un large anticlinal, 
suivi lui môme d'un nouveau synclinal, dont le bord nord n'appa- 
raît que dans les carrières de Monceau-sur-Sambre et au centre 
duquel se voit également de la brèche. Mais il ne faut pas perdre 
de vue que nous sommes en stratification renversée et que ces 
divers plis sont des plis retournés ; les couches formant le bord 
nord des anticlinaux ont donc subi une rotation très considérable : 
après avoir été redressées, puis renversées vers le Sud jusqu'à 
l'horizontale, elles ont continué la rotation jusqu'à devenir à peu 
près verticales, tournant ainsi sur elles-mêmes d'environ 270**. La 
présence de brèche an centre de synclinaux formés par des 
couches plus récentes démontre bien, du reste, que ces synclinaux 
sont en réalité des voûtes retournées. 

Après ce qui précède, il est à peine besoin de dire que je 
considère comme tout à fait inadmissibles les idées exprimées par 
Briart au sujet des brèches de la tranchée ; pour ce géologue, la 
surface de contact entre ces brèches et les couches de calcaire à 
Productus giganteus, où elles sont enclavées, serait constituée 
également par une faille, mais par une faille remaniée. « Quelle 
» serait donc », (^) dit-il, «. cette faille de la tranchée dont 
)) le mouvement a été suffisamment grand i)our produire des 
» brèches aussi considérables et dont il n'a pas été parlé dans la 
» description que j'ai donnée des failles du pays de Landelies? 
» Il me paraît parfaitement rationnel d'y voir la première mani- 
» festation de la faille de Leerncs qui se serait produite en deux 
y* i)ériodes distinctes. Le mouvement suivant le plan x>rimitif de 

(*) Loc. cit,, p. 97. 



— M 254 — 

)> poussée aurait été suspendu, pour une cause quelconque, pendant 
» un temps plus ou moins long et le mur remis en mouvement 
)> avec le toit qu*il supportait : des plissements en auraient été le 
» résultat et ils auraient affecté le mur, le toit et le plan de la faille 
)) lui-même dans leur partie la plus septentrionale. Plus tard, ce 
» mouvement se serait arrêté à son tour et le cheminement du 
)) toit sur le plan primitif de poussée aurait repris, mais pour la 
» partie méridionale seulement et en se créant un nouveau plan de 
» poussée, pour la partie septentrionale, au-dessus des brèches 
» plissées et arrêtées définitivement. 

» On doit reconnaître dans cette dernière poussée qui a produit 
» la faillç de Leernes définitive, une analogie frappante avec la 
» poussée qui a produit la faille de Fontaine-rEvêque aux dépens 
» de la faille de la Tombe et la faille primitive de Leernes elle- 
)) même aux dépens des deux premières. Il y a, peut^tre, un peu 
» plus de complexité dans le cas actuel en ce sens que le mur s*est 
» remis en mouvement. 

)) X'est-ce pas à ce double mouvement, d'où est résulté une 
» double trituration des roches, que nous devons demander la 
» différence marquée entre l'aspect des deux brèches, celle de 
» Landelies étant plus multicolore quant aux fragments et à 
» la pâte cimenteuse que celle de la tranchée. 

» Il en résulte, comme première conséquence,^ que les brèches 
» rouges de la région, bien que de même âge originel, appartiennent 
» réellement, par le fait de (*e remaniement, à deux époques 
» distinctes, très rapprochées évidemment et séparées seulement 
» par la formation des plis de la tranchée... ». 

On voit, par ce passage, à quelle hypothèse compliquée et impro- 
bable Briart devait avoir recours pour expliquer la formation des 
brèches de la tranchée et leurs relations avec celle de la Sambre. 
Au contraire, si on fait abstraction des idées théoriques, touchant 
l'origine des brèches, qui causèrent l'erreur de Briart, il suffit 
d'un simple coup d'œil jeté sur ma coupe verticale et surtout sur 
la vue en plan, pour se convaincre que toutes les brèches rencon- 
trées constituent une seule et même formation, se comportant 
absolument comme les autres formations sédimentaires et qui se 
trouve ramenée plusieurs fois au jour par des plissements. 

Pour ce qui est de l'interprétation générale de la coupe, il est 
visible que les couches dessinent un pli couché. 



— M 255 — 

Dans Itt figure 8, j'ai représonté ce pli de façon à serrer 
d'aussi près^que possible la réalité. J'ai tracé à petite éclielle 
la eoupo de Calcaire carbonifère telle que l'ai dressée ; j'ai 
donné au Famennien la puissance que lui attribue la carte de 
Briart et je l'ai représenté en dressants à peu près verticaux, 
d'après mes propres observations et celles de M. le chanoine II. 
de Dorlodot (') ; j'ai figuré les deux voûtes décrites par le Frasnien. 
Quant au terrain houiller, je l'ai représenté, avec M. J. Smeyters, 
affectant une série de plis normaux, c'est-à-dire non retournés, à 
axe incliné vers le Sud. J'ai tracé également, d'après les travaux 
de ce dernier savant, l'allure de la faille de la Tombe, dont le 
parcours souterrain a pu être déterminé assez, exactement par les 



Fiu. 8. — Coupe verticale, de Laudellea ù, Monceau-sur- Sam bre. 

montrant l'allure ilea coui^hes du massif île la Tombe. 

Echelle appi-oxlmatlve da i ; 5o oou. 

ti-avaux de charbonnages; vers le Xord, j'ai fait coïncider son 
plan de poussée avec celui de la faille du Carabinier. Enfin, me 
conformant en cela aux idées théoriques jusqu'à présent admises, 
je l'ai raccordée souteirainement avec la faille du Midi; je dois 
dire cependant qu'à mon sens, il serait également possible d'ad- 
mettre que les plans des deux failles se coupent. 

J'ai fait abstraction, dans la coupe, de la faille plate de Forêt, 
qui, d'après M. Smeysters, se raccorderait également à la faille du 
Carabinier et délimiterait un petit lambeau de terrain houiller 
superposé au Houiller du massif de la Tombe, (juant aux deux 
failles de Leemes et de Fontaine l'Evcque, je n'ai naturellement 
pu les figurer, puisque je considère comme démontré qu'elles 

(') Loe. cil., I». Oe du tii-c à pari. 



— M 256 — 

n*existent pas dans la coupe de (^alcaire carbonifère et que rien ne 
m'autorise à les faire passer hypothétiquement au travers du 
terrain liouiller. Est-ce à dire que, contrairement aux idées de 
Briart et abstraction faite du petit lambeau de recouvrement de 
Forêt, les i)hénomènes de charriage des environs de Landelies ne 
se sont effectués qu'en deux phases cori'espondant à la production 
de la faille de la Tombe et à celle de la faille du Midi ? Il serait 
téméraire d'oser l'affirmer dès à présent, et il faudrait, en tout 
cas, pour cela, faire à nouveau le levé complet de la région. 
Mais, cette question mise à part, la coupe que je publie et qui, j'y 
insiste, n'est pas une coux)e théorique, mais une coupe réelle, me 
paraît donner lieu à quelques observations intéressantes. Elle 
montre que les couches qui composent le massif refoulé dessinent 
un pli en S renversé ou a pli couché » assez important ; que la 
branche moyenne de TS, ou flanc inférieur de l'anticlina], n'a subi 
aucun étirement et que la faille limitant inférieurement le massif 
coupe les couches suivant leur tranche et très probablement en 
allures à inclinaison nord ; qu'elle ne passe pas suivant la branche 
moyenne de l'S, mais qu'au contraire, elle recoupe sa branche 
inférieure ; que, par conséquent, cette faille ne peut être assimilée 
à un pli-faille et que la théorie de Marcel Bertrand ne semble pas 
applicable au cas de Landelies. Ce n'est là, du reste, que la confir- 
mation d'une idée défendue avec un grand luxe d'arguments, par 
M. le chanoine de Dorlodot, dans le travail que j'ai déjà cité. 
Pour ce qui est du mécanisme des phénomènes de charriage, la 
coupe que j'ai tracée ne laisse pas d'être assez suggestive, en ce 
sens qu'elle montre de fa^»on tout à fait manifeste, qu'elle rend, en 
quelque sorte, tangible la poussée sud à laquelle on attribue 
justement ces phénomènes; elle fait assez bien ressortir que c'est 
à une pression et non à un étirement que sont dues les failles de 
refoulement. Le premier effet de cette pression a été la formation 
du grand pli couché ; il semble donc bien que celui-ci ne soit pas 
intervenu directement dans la genèse des grandes failles de trans- 
port, mais qu'il en fut en quelque sorte le prélude, qu'il fut produit 
pendant une phase préliminaire du phénomène. 



l4 NOVEMBRE 1905. 



Observations relatives au travail de M. V. Brien: 

DKSCKIPTIOX KT INTKRFRKTATION 1>K LA COIPK I)K 

Calcaire carbonifère de la Sambre, a Landelies, 

PAR 
IVI. (^OHEST (1). 



.le ne suis pas d'aceord avec» M. Brien sur l'interprétation de la 
faille delà 'Pambe. M. Brien admet que eette cassure nei)eut être 
un pli-faille ; son principal argument est que Ton n\v constate pas 
d'étirement dans le (*alcaire carbonifère. J*estime que cet étirement 
n'est pas nécessaire. Il existe des roches de nature différente : 
^chistes, grès et calcaire ; les schistes, flexibles et compressibles, 
peuvent s*étirer ; il n'en est pas de même des grès et des calcaires, 
cjui sont cassants et qui se brisent au lieu de s'allonger. 

La coupe figurée (pi. X, fig. 2) est, comme le dit M. Brien, une 
coupe réelle. J'ai eu l'occasion de la vérifier en compagnie de 
l'auteur et je me plais à rendre hommage à la précision «t à 
l'exactitude apportées dans son levé. D'autre part, sur la coupe de 
la figure 8, p. 255, M. Brien a eu soin de distinguer l'hypothèse 
(le la réalité. Or, au lieu de continuer, en profondeur, les allures du 
Famennien et du Carboniférien, de manière à leur donner une 
inclinaison vers le Xord, on peut tout aussi bien admettre» un 
retour de l'inclinaison vers le Sud au-dessus de la faille de la 
Tombe. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que les grands plis 
couchés sont toujours compliqués d'ondulations secondair(»s, 
modifiant continuellement les allures et il serait incorrect d'affir- 
mer que les inelinaiscnis ol)S(»rvées à la surface vont se poursuivre, 
en profondeur, sans modification. Or, si l'on fait cette modifica- 

(^) ('omiuiiiiii'iitioii fuite à la séance du i() inar.s 1905. 

AN\. soc. «KOI.. DE BKIXi. T. XXXII. .MKMOIKKS I7. 



— M 258 — 

tion à la figure 8, on s'aperçoit de ce que la coupe observée vient 
alors confirmer la tliéorie du pli-faille, proposée par M. Marcel 
Bertrand. 

Los gi-andes lignes de oette théorie dite de M. Marcel Bertrand 
ont, d'ailleurs, ét« indiquées, en Belgique, par divers ingénieurs: 
Cornet et Itriart, Arnould, antérieurement :i la i)ublic«tion du 
savant frant^ais (')• Oette théorie pcmiot l'explication des allures 
les plus compliquées observées tant en Belgique que dans le nord 
de la France, Il serait assez facile de répondre aux objections 
qu'on lui a faites. Elle rend parfaitement compte du retournement 
des terrains anciens sur le système houiller, fait très difficile 
à expliquer par une autre hypothèse. Par les figures schématiques 
ci-jointes (fig. i, a, 3), analogues à celles ]iubliées par M. Marcel 
Bertrand pour la France, on peut voir (lUc, si l'on suppose 
enlevé par érosion tout ce qui est supérieur aux lignes poïntillées 
II", 22', 33', 44' de la figure 3, la partie supérieure restante cor- 
respond remaninablement aux coupes nord-sud faites à travers le 
terrain houitler belge, 

La partie inférieure à la ligne ii' reproduit exactement l'allure 
d'une coupe uord-sudpassantparBouss», où, au Xord. un lambeau 
de Silurien, suivi de Dévonien moyen et supérieur et de Calcaire 
carbonifère, se trouve retourné sur le terrain houiller, tandis qu'au 



VVi. 1. 

Coupe rerticate dans un pli eu S, unalu^ue à L-elui invo<tu« pardiverii 
luteui'H belges doiib l'expliuatiun de l'uvirideiit de Buussu. 

Four la fai^ilité dv riuterprêtallun des (iKin-es a et 3. ce pli est supi>osé 
ii'ieiité Sud-Xoril. le Sud étniil il ta ituuche du lecteur. Les tiKurea a et It 
inl la même nHentiitiuu. 

(I) Voir Ann. Snr. géol. <If Bel/f.. t. XXXiï, pp. 6 8a-83 et B 90-93. 




Ai-<-eiilualji>ii lie I» |ioiiiw«e mu(1 sui- lu (ili du la fleure i. KIi'liiikIl'IIkmiI 
et (létncliemeni il'uii noirnu ftiitiuUnftl : )ir>iilufiiiiii de fitillu el du l'IiiiiiiaKo. 
Vuir. MU Hujet de ces figurex iliCoriiiueN : Ileiiii el ilii Margei-ie. Uea iliNtiit.-u- 
liuus lie l'éciii-ce teire^tre. pp. (in el U-. 

Sinl. (■emômeteiTain.enstratifii-ationronvei'vi'p, eut mis on coiiUu-t 
avec le Dévonien inférieur. 

La partie inférieure à la ligne aa' l•ep^é^en(e la disiiositidn 
générale d'une Pimpe passant par Landelies. 



VUi. 1. 
A|>|ilicatfon de la 11t;iii-e ihé<)i'ii|iii^ ^ à re>>]>lii'aliciii de l'alhire ilii ici 
hciiiiller Iwitre, degitiin Ruuhhu, >\ roiiPHl. jiih<]ii à l.i^t;e, ii l'KsI. 

//. irouiiler. ItK Dév.inieii iiit<-i-ieui-. 

C. Cnli^aire i-aplioiiiféit'. S. Silurien, 

/y. Dévuiileu Hii]iérieiir el iiiuveii. 
On sait <|U'll y a disHymi-lHe iiriKiiielle île pai-t el d'auti-e de in ci-éle 
i-ienne du ('oiidruit, le Dévonien inféi-leur n'vtoul i'e|>réHeuté i|U'hii su 



— M 260 — 

La partie inférieure à la ligne .'î3* est eon forme aux grands 
traits de Tallure du terrain houiller de Liège. 

Enfin, la partie inférieure à la ligne 44' i*^pi'oduit Tarrange- 
meut des eouehes dans une coupe méridienne passant par Huy. 

On voit done que la théorie d'un pli en S rend parfaitement 
compte, dans leurs grandes lignes, de toutes les allures observées 
depuis l'extrémité ouest de la bande houillère jusqu'à Liège. 

Cette théorie est-elle vraie dans tous ses détails? J'en doute. 
Xous sommes bien forcés, dans ces hypothèses de tectonique, d«» 
supposer un parallélisme entre les allures superficielles et les 
allures profondes. Or rien n'est, vraisemblablement, plus inexact. 

L'allure en zigzac, pour ainsi dire caractèristiciue du terrain 
houiller, ne se retrouve pas avec sa comi)lication dans les calcaires 
et grès dévoniens et dans les calcaires carbonifères. Ces derniers 
sont parfois très chiffonnés dans leurs assises supérieures et très 
régulièrement stratifiés dans l'assise inférieure d'une même coupe. 

("est le cas habituel dans le Condroz et la coupe de Comblain-au- 
Pont en offre un exemple remanjuable. 

A la suite de nombreuses expériences de plissement, je suis 
porté à admettre <iue les allures plus on moins compliquées des 
couches, dépendent de leur èpaisstuir et de hnir plasticité relative. 
Des couches molles, comprimées entre des masses résistantes 
donnent naissance à d(\s fail](»s venant mourir en profondeur ('). 
Telles sont les queuvées des couches de houille, ducs à la ])las- 
ticité relative de la houille. Kt, dans cet ordre d'idées, on ixuirrait 
considérer la faille eifélienne comme une immense queuvéi* des 
schistes siluriens, comi)rimcs entre des roches dures qui les con- 
tiennent : les quartzites cambricns à la base et les grès dévoniens 
au sommet. 



i') Voir M. Lohkst. Kxpérieiu*es relatives à lu situation ^éolo^iquo «les 
gisements de pétroh*. Proccs-nerhutix des séances de In Section de Géologie 
appliquée du (.'ouffrés internntionul des Mines^ de la Méialhir^ie^ de lu Mèctt- 
nique et de la (iéolo^ie appliquées» Lié^, lyo^K pp. PV. 3'{-37, :2G juin i()o5. 



OBSERVATIONS PALÉONTOLOGIQUES 
sur le mode de formation du terrain houiller belge, 



PAR 

^, [Renier {}). 
(Planche XI). 



Cette note, présentée à la séance dn 21 mai 1903 de la Société 
{géologique de Belgique, n'a pu être rédigée que cinq mois après. 
Telle que je l'avais exi)osée, elle ne comportait qu'une simple 
description de quelques observations sur les Stigmaria. Mais je 
me suis vu amené à lui donner ici une portée plus générale, afin 
(le tenir ccmipte des remarques que M. M. Lohest a bien voulu me 
faire en cette séance, et encore afin de pouvoir utiliser, d'une part 
les données complémentaires (]ue j'ai eu l'occasion de recueillir 
depuis la i)résentation de num travail et, d'autre part, certains 
mémoires développés au Congrès de géologie applic^uée tenu à 
Liège en juin dernier. 

Je dois dire i(»i tous mes remerciements à M. Kemna, professeur 
à l'Athénée royal de liiége, (pii a bien voulu se charger si gracieu- 
sement de jdiotographier quelques échantillons remarquables, 
ainsi qu'à MM. les ingénieurs des Charbonnages Réunis de 
Charleroi, qui m'ont facilité souvent la bonne marche de mes 
études, (ît enfin à M. Julien Fraipont, professeur à l'Université de 
Liège, pour ses aimables encouragements. 

Chapituk 1. 
Xoit et m.\ir« 

Une description détaillée dn terrain houiller belge, (pii seule 
pourrait servir de base à l'édification d'une théorie sur s(m mode 
de formation, débuterait utilement par la définiticm des deux 

(M Communication faite îi hi séance du 21 mai h)(m. 



— M 262 — 

variétés de roches <iue le mineur distingue sous les noms de toit 
(ît de mur. L'examen approfondi des caraetèrcs du toit et du mur 
permet, en effet, de déduire des conclusions capitales sur le faciès 
du terrain liouiller. 

Je m'attacherai donc, dans ce premier chapitre, à établir la 
distinction géologique de ces roches. Je n'ignore pas que de 
nombreux travaux ont déjà été écrits dans ce but, notaniiuent 
pour ne parler que de ce qui a été fait en Belgique, Tessai publié, 
il y a quelques années, par M. G. Schmitz(l). Mais le fait 
nouveau que j'apporte, m'oblige à reprendre l'ensemble du sujet. 

* 

Si, par couche de houiUe, nous comprenons non seidement les 
veines exploitables, mais encoiT les veiniats ou veinett<?s, et 
même les simples passées de veine qui, à un point de vue absolu, 
sont identiques aux veines, nous constatons, en étudiant en de 
nombreux points le t(»rrain houiller belge, que, en règle généi'ale, 
c'est-à-dire dans le cas de loin le ])lus fréquent, toute couche de 
houille en position normale repose sur un mur et est recouverte 
par un toit. De là, le nom donné à ces variétés de roches. 

On connaît cependant des couches qui ont pour toit immédiat 
une roche de mur, telle Petiie-Piense à l'étage dé 700 m., bouveau 
à 750 m. Ouest, du puits n" 4 des charbonnages de Monceau- 
Fcmtaine, et d'autres qui ont pour mur une roche à empreintes de 
toit, telle Mcre-des-Veines au puits n" 7 des Charbonnages Réunis 
de Charleroi. 

Aussi, importc-t-il de remarquer que c(» qui, aux yeux du 
mineur, constitue la base de la distinction du toit et du mur, ce 
n'est pas la position stratigraphique, mais bien les caractères 
pétrographiques et paléontologiques de (»es roches. 

On dit couramment en langage minier : a c'est un beau toit », 
d'un schiste fin, l)ien stratifié, parfois rempli de débris végétaux 
couchés à plat suivant la stratification. 

On dit de même : u c'est un vrai mur », d'un schiste gras, argileux. 
mal stratifié, que parcourent en tcms sens des appendices et des 
axes de Stigmuria. 

(Ij Voir, pour ces chiffres jjras entre imreiithèKes, la nui lux îrapiuk ter- 
minant ce travail. 



— M 263 — 

Il semble néanmoins évident que, si la base de la distinction de 
ces roches est pétrographique ou mieux paléontologique, leur 
position stratigraphique soit d'une importance capitale au point 
de vue géologique. Le fait que, dans la plupart des cas, on retrouve 
en série ascendante la succession : mur, couche de houille, toit... 
mur..., est, pour le moins, rindice qu'on a affaire à un cycle de 
phénomènes dont il faudrait élucider le mécanisme. La solution 
du problème résulte, pour une grande part, ainsi que je viens de 
le dire, de la notion nette de la nature intime du toit on mieux de 
celle du mur. 

Avant de pousser plus avant, je rappellerai la méthode de 
distinction pratique de ces importantes variétés de roches. 

C'est principalement à l'allure de la cassure que le mineur 
distingue le mur du toit. Dans un toit, la cassure est généralement 
régulière ; elle est au contraire irrégnlière ou peu régulière dans 
les murs. 

Toutefois, le mineur ne se contente pas, en général, d'examiner 
l'allure de la cassure; il apprécie également, de façon sommaire, les 
caractères paléontologiques. La caractéristique des murs est la 
présence de ces petits rubans noirs, appendices de Stigmariaf qui 
traversent la roche en tous sens. Par contre, le toit ne renferme pas 
de fossiles caractéristiques ; on y rencontre souvent des débris 
étalés de végétaux, parfois encore des restes d'animaux : coquilles 
de lamellibranches, écailles de poissons, débris de crustacés, etc. ; 
mais il se peut qu'il soit absolument stérile. Ce qui le distingue 
surtout, c'est sa stratification régulière ou mieux, c'est l'absence 
de Stigmaria. 

Telle est la règle pratique du mineur. 

Il faut, d'ailleurs, remarquer qu'il existe une relation directe 
entre l'allure de la cassure de la roclie et la présence des fossiles. 
Les végétaux fossiles sont, en général, transformés en une pellicule 
charbonneuse qui constitue, dans la roche, une surface de moindre 
résistance. Or, il est évident que c'est suivant les zones de 
moindre résistance que la roche a une tendance à se rompre, que ce 
soit sous le choc du marteau ou sous la tension qu'y développe le 
plissement. 



— M 264 — 

("est (*e qui expli(j[iie que le schiste de mur, eneombré d'aiipeii- 
diees de Sti^iuarin^ ne se débite pas parai lèleuiont à la strati- 
fieation. La eassure produite par le pic, le luai'teau ou l'explosif , 
court tantôt suivant l'un, tantôt suivant l'autre de ces petits 
rubans ài)ellicule (diarbonneuse. Elle est, dans son ensemble, irré- 
gulière, parce que la disposition de ces rubans n'offre elle-même 
aucune régularité. La même allure s'observe d'ailleurs dans les 
glissements du mur, qui suivent généralement des radicelles de 
StigmHria. 

Le phénomène complémentaire se remarque dans les toits où les 
végétaux (rouchés à plat facilitent le débitage suivant des plans de 
stratification, et orientent certîiins glissements naturels qui, 
lorsqu'ils sont très dév(»loi)pés, donnent au schiste rasj)ect dit 
« ii liittias )> dans le bassin de Charleroi. 

En examinant la cassure d'un schiste», le mineur se base donc 
toujours, mais jiarfois incimsciemment, sur les caractères paléon- 
tologiques de la roche. »S'iI rechei'che souvent, pour i)lus de sûreté, 
les radi<»elles de Sti^inaria, c'est qu'il arrive que, dans certains 
toits compacts, la cassure soit irrégulière, et que dans certains 
murs, elle affecte au contraire une certaine régularité. 

* 
* * 

De tout ceci, il résulte que, ce qui distingue le mur, c'est laprê- 
sen(*.e de Sii^maria. 

A vi'ai dire, cei'tains mineurs ont tendance à restreindre la 
ilénomination de mur à la roche dont j'ai donné i>lus haut la des- 
cription, (''cst-à-dire au schiste gras, argileux, Vundcrclay des 
bouilleurs anglais. Des géologues partiigent, d'ailleurs, cette ma- 
nière de voir. 

Elle doit cependant être considérée comme erronée ; car une 
étude attentive dénumti'c que la notion de mur ne peut être liée à 
la nature de la roche. Le mur est souvent argileux, mais ce peut 
être aussi un schiste ])sammitique, voire un grès. C'est là un fait 
d'expérience bien connu. M. G. Schmitz nous déclare qu'à la 
suite d'observations nombreuses, il a acquis la conviction que « le 
mur des veines est aussi bien du grès que du schiste » (2, p. 89). 
Mon collègue, M. Bertiaux, a, de son côté, signalé au charbonnage 
de Bonne-Espérance, à llerstal, des exemples suffisamment nom- 
breux i)our me disi)ensei- d'en fournir de nouveaux (3, p. I73), 



— M 265 — 

M. X. Stainier a d'ailleurs rapporté un cas réellement typique 
(4, p. 70). Détaillant les variations latérales des roches sur les- 
quelles repose la veine Liimbiotte au charbonnage de Falisolle, il 
rapporte y avoir (constaté partout la présence de Siigmaria. 11 note, 
certes, que ces fossiles sont i)lus rares dans les grès que dans les 
roches argileuses, fait qui a été signalé par d'autres observateurs, 
notamment par M. Grand'Eury. Mais faut-il conclure, comme il 
le fait, (pie, parce que « ce grès, môme lorsqu'il se trouve directe- 
)> ment sous le charbon ('), ne renferme que de rarissimes radicelles 
') de Stif^maria, ... on ]>eut dire que, dans ce cas, la veine n'a 
n pas de mur » ? C'est là, je pense, une conclusion à laquelle 
aucun paléobotaniste ne pourrait souscrire. 

Car, ainsi que nous le verrons, la présence de Stiginaria empê- 
trées dans la roche, constitue un fait d'ordre spécial. Ce sont ces 
Stigmaria qui font do la roche un mur, quels que puissent être les 
antres caractères niinéralogi(pies ou paléontologiques de cette 
roche. 

Revenons un instant à la notion du toit. 

Tout comuK* l)our le mur, plus que pour le mur, le mineur a 
tendance à ne considérer comme toit que la roche que j'ai définie 
ei-dessus. 11 qualifie, en conséipunice, de jnerrc de stampc touti^s 
les roches q!ii ne sont, à son sens, ni mur, ni toit. 

Une étude des variations latérales d'un toit, t(d celui de Strapetie 
au puits n" 2 MB. des Charbonnages Réunis de Charleroi permet 
i'ei)endant de constater qu'un schiste argileux recouvrant la vein(î 
peut se transformer en un schiste psammitique, et finalement en 
un psammite ou (mi un grès, dans UMpiel on ne rencontre i>lus de 
stratification régulière. Ces observations nous amènent à consi- 
<lcrer comme toit, un banc de grès ou de psammite reposant direc- 
tement sur la veine. 

I/étudc d'une coupe normale aux bancs, conduit d'ailleurs à une 
ei)uclusion analogue. Lors(iue l'on examine la stampe conq>rise 
entre deux couches ou passées de veine, oji ccmstate, en effet, de 
profondes variations de (»omposition minéralogi(iue des roches. 
J'ai eu l'occasion de noter nraintes fois ce fait, om étudiant des 

',') Il se pourrait, toutefois, comme il s'agit de terrains en liressants, (pril 
V ait. par endroits, des lacunes résultant du laminage. A. K. 



— M 266 — 

séries très complètes de témoins provenant des sondages exécutés 
en Campine, pour lesquels le rapport de la longueur développée 
des carottes à la longueur forée atteignait jusque 90 et 96 "/o. Ces 
observations concordent, d^ailleurs, avec celles que Ton peut faire 
dans les bassins exploités. Les variations de composition mlné- 
ralogique sont profondes, mais elles sont généralement progres- 
sives ; on note un passage plus ou moins rapide, mais régulier, 
du schiste au grès et inversement, de telle sorte qu'au point de 
vue pétrographique, il est malaisé de définir la limite du toit. 

Aussi puis-je conclure que, à ce point de vue, stampe et toit sont 
synonymes. 

* 

La notion de toit, tout comme celle de mur, doit donc être 
considérée comme indépendante des caractères minéralogiques. 
Toute roche, schiste, grès ou psammite peut aussi bien être un 
toit qu'un mur. 

C'est donc que la distinction de ces deux variétés de roches, 
considérée comme étant de grande importance par les praticiens, 
résulte de leurs caractères paléontologiques. 

Examinons de plus près ce côté de la question. 

On parle souvent d'empreintes de toit et d'empreintes de mur. 
Les empreintes de mur sont principalement, pour ne pas dire 
exclusivement, des Stigmaria ; les empreintes de toit sont des 
débris d'organes aériens, des frondes de fougères, etc. 

Cette distinction est très réelle ; elle est basée sur la différence 
des états de conservation de ces empreintes. 

Les végétaux de toit sont des fossiles désintégrés ; ceux de mur 
sont des fossiles complets. 

C/crtains paléontologistes, notamment M. Potonié (5% font grand 
état de la découverte, constante dans les schistes de toit, de frondes 
de fougères (/a^o sensu), étalées à la façon des plantes d'un herbier. 
Je dois à la vérité de dire que, de l'examen des toits fossilifères, 
tant du terrain houiller des plateaux de Hervé que du bassin 
de Charleroi, j'ai acquis la conviction que ces exemplaires do 
frondes sont excessivement rares et réellement exceptionnels. 
C'est à un point tel que M. Hector Deltenre, qui explore depuis 



— M 267 — 

un grand nombre d'années le bassin du Centre, me déclarait ne 
pas comprendre la richesse des musées on échantillons de grande 
taille. Cctt^ constatation a, d'ailleurs, été faite et rapportée par 
d'autres observateurs (L. Cremer, in 2, p. 91 '. 

(^e qu'on rencontre surtout dans les toits, ce sont, je le répète, 
(les végétaux désintégrés. liCs S'curopteris et les Linopteris sont 
souvent représentés i)ardes pinnules isolées; il en est de même 
de certains Sphenoplt^ris ; les fragments de pennes sont fréquents 
dans le cas de genres à pinnules soudées i)ar toute la base : Pecop- 
teris, AIcthopteris, Lonchopteris ; mais ils sont généralement 
déformés. Les lépidodendrées ont souvent perdu leurs feuilles ; 
il en est de même des sigillaires ; leurs cônes de fructifications 
sont parfois entiers, plus souvent tronqués ou encore désagrégés 
on leurs bractées ; les écorces sont, dans bien des cas, déchirées, 
suivant les lignes de soudure des rhombes chez les Lepidodendron, 
suivant les soudures des côtes chez les SigillariH ; les troncs 8<mt, 
chez ces espèces et plus encore chez les Calamités, irrégulièrement 
rompus ; les feuilles de Cordait es sont généralement froissées ou 
fendues, etc. En un mot, la division des débris est poussée à 
l'extrême ; toutes les connexions naturelles sont détruites. 

Les ax(»s des Sti^mai'ia des murs portent, au contraire, de nom- 
breux et délicats appendices en liaison intime avec eux. On ne 
peut douter, après avoir examiné de près les échantillons, que 
les connexions existent (Micore : chaque» appendice se détache 
régulièrement d'une <*icatrice ombilitpiée et la mince pellicule de 
charbon qui le recouvre, se prolonge sur l'axe. 

Ce contraste est d'autant plus frappant, qu'il arrive de rencon- 
trer, dans des toits incontestables, des débris de Si iff maria. Les axes 
sont alors fragmentés et dépourvus de leurs radicelles (6). Ils 
gisent au milieu de débris d'organes aériens désintégrées. Je n'ai, 
cependant, pas eu l'occasion, jusqu'à présent, de constater sem- 
blable fait dans le Mouiller productif. M. C.-Eg. Bertrand a signalé 
des Sti^maria charriés en pleine veine Marquise, à Hardinghen 
;7, p. 18). Je n'en connais d'exemples, en Belgique, que dans 
l'étage inférieur, Hib de la Carte géologique au 4^ ooo'' ; ainsi, 
dans la tranchée du chemin de fer du Nord, entre la station de 
Marchienne-Zone et l'arrêt de la Jambe-de-Bois, près de la rotonde 
de l'arsenal, on rencontre, dans un schiste compact, des écorces 
d'axes et des débris isolés de radicelles de À7i^/7iaria, en compagnie 



— M 268 — 

de Sphenophylliim tenerriinum, Xenropteris antecedens, Sphe- 
nojtteris sp., et<î. 

* * 

L'état de conservation des Stigmaria de mur est d'ailleurs plus 
parfait encore que celui que je viens de décrire ; la piui)art, je 
pourrais même dire la totalité de leurs axes possèdent une macro- 
structure conservée ; on y retrouve non seulement l'étui médul- 
laire, mais encore la trace de l'endoderme, ainsi que Ta signalé 
M. Zeiller (8) ; c'est le cas pour récliantillon représenta» i)ar la 
figure 1 de la planche XI ; on ^leut y voir, en outi'c, la trace des 
cordons vaseulaires (r. y.), des appendices traversant la masse de 
l'endoderme (en,) à l'épiderme. 

Mais ces exemples de macrostructuiv conservée ne se retrouvent 
pas seulement chez les Stigmnrui entiers; ils existent aussi dans 
les végétaux désintégrés. On retrouve fréquemment, dans le> 
débris de troncs de sigillaires, la trace de Tempreint^ de l'étui 
médullaire, qu'a décrit l'an dernier M. W erner Kœline (9). Je 
crois même pouvoir dire que tous les échantillons de troncs <-oin- 
plets de sigillaires que j'ai étudiés justiu'ici, possédaient cette 
empreinte. On en voit la trace en m sur l'échantillon représenté 
par la figure 2 de la planche XI. ('et échantillon est prcscpie 
entièrement dépouillé de son écorce qui n'est plus visible qu'en 
quelques points, notamment en c, sous forme d'une lame charbon- 
neuse. 




F»î. ^. — Lepùlodendroii oboiutiunu Steriiber^;. 

l)(»ssin, à (pnii't (le {înimUnir, de lu coupe transversale (ruii échantillon dont 

la ])OKition est inconnue, mais certainement couché à plat. Il est oriente 

il'après d'autres exemi>Iaires. 
/. Lame cliarlionneuse à ornemontution extérieure de Lepidotienrlron. 
b. Face extérieure du premier anneau schisteux, à emjïreinte «le Herfrerin. 
Kn. Fraction de la lame charbonneuse intermédiaire à ornementation inti*- 

rieure de Kiiorriii. 
m. Lame charbonneuse- entourant Tétui médullaire. 
Toit do Duchesse à 200 ni. Puits des llamendesdes Charbonuajîes Keuni«^ 

«le rharleroi. 
Collections de i)aléontologie de rVniversité de Lierre, 

On retrouve des faits semblables chez les Calamités, les Cordai- 
cladiis, et les Lepidodendron. J'ai même été assez heureux pour 



— M 269 — 



retrouver, chez c*es derniers, Tempreinte jusqu'ici peu connue de 
l'étui médullaire (fig-, 3 et 4) (0- Klle existe probablement aussi chez 
les Lepidophloios, 




y m. 4- — Lcpidodendron cf» nculeittuiu. 
Vues <le face et de dessus au "jy. 

Fragment d'un troue debout, emi)é(ré daus un schiste quelque i»eu ])samuii- 
tique à uii-stanii>e entre Crùvecœur et Môre-dcs- Veines en dressants 
renversés à ^o** Sud. dans le bouveau nord à^ao ni. du i>uits n^ 12 MH. des 
Charbonnages Réunis de Cluirleroi. 

.Y.v'c. Trace horizontale et xyz. Trace verticale d'une cassure. 

/. Pellicule charbonneuse, avec fonrrure de calcite fibreuse, portant des 
cicatrices déformées de coussinets foliaires : L. cf. uculeutuni. 

asp. Ëin])rehites d'Aspidiopsis. e. m iCimt médullaire. 

m. Miroh» de glissement avec pJi. Pholérite. 

Daus le plan z, 

r. Débris de CalumUes sp. n. IMnnule de \europ(eris sp. 

Kii dehors de l'arbre : 

si. Kadicelles de Sti^iuarin. 

H) Klle a déjà été signalée ])ar divers anteurs, notamment par (jeint/ (|ui 
en a figuré la trace sur des coupes de Lepidodetulroii» dans son mémoire 
Darstellung der Flora der Ilainichen Kb'ersdorfev, n. s. w.» pi. Vil, VIII etX. 



— M 270 — 

Les échantillons 2, 3 et 4 nous démontrent que la uiacrostruc- 
ture conservée se rencontre aussi bien dans les végétaux a plat 
que dans les troncs debout, fait également visible sur les illustra- 
tions du travail de M. W. Kœhne. 

L'échantillon représenté par la figure 3 mérite de retenir encore 
un instant notre attention. Ce croquis 3 est une figure vraie. Nous 
le compléterons par la pensée, d'une part en lui restituant son 
enveloppe en charbon brillant, détruite en grande partie durant 
les manipulations, et d'autre part en y supposant continue la pelli- 
cule charbonneuse Kn. que le burin n'a miso à nu qu'en un endroit. 
D'autres échantillons montrent, en effet, que cette pellicule forme 
une gaine qui, enveloppée par l'écorce / (et b), enveloppe à son tour 
rétui médullaire ni. 

11 n'y a donc que trois assises de tissus, trois membranes plus 
ou moins épaisses, originellement concentriques l'une à Tautre, 
qui ont été conservées et fossilifiées. Tout le reste a disparu et a 
été remplacé par de l'argile. 

La cause de cette disparition est simple. M. C'.-Eg. Bertrand Ta 
établie de façon indiscutable par l'étude des nodules à structure 
conservée de Hardingheu (7j. « A structure conservée », le tc'rine 
est juste, mais il n'est pas vrai. Car ces végétaux saisis par le 
calcaire, étaient si profondément altérés que M. C.-Eg. Bertrand 
eut grand'peine à les débrouiller. 

Cette cause est une tourbification ; c'est une pourriture avan<*êc, 
qui, à Hardinghen, avait dissocié profondément les lièges de Lepi- 
dodendron aculeatum et les avait transformés en « une gelêt^ 
moins consistante que la confiture de groseilles |7, p. 10). 

Dans cet état, les tissus conservés, plus denses que le reste de 
la masse, ont cherché à prendre la position statiquement la plus 
favorable (7, p. 18). Ils sont descendus ; et c'est ainsi que nous 
retrouvons toujours l'assise intermédiaire à Knorria et Tétui 
médullaire des Lepidodendron dans le voisinage, parfois même au 
contact de la face inférieure. Des faits analogues s'observent chez 
les sigillaires ; la dis symétrie existe dans l'échantillon représenté 
par la figure 2, pi. XI. Mais je ne puis dire si l'étui se trouveau bas 
plutôt qu'au haut, la face supérieure de l'échantillon n'ayant pas 
é^é distinguée lors de la récolte. 

Les échantillons de Hardinghen étudiés par M. C.-Kg. Bertrand 
étaient complètement minéralisés, même dans les parties où touti» 



— M WJl — 

structure avait disparu. Dans les nôtres, les membranes conser- 
vées ont été transformées en des pellicules charbonneuses sur 

lesquelles on peut encore lire, à la loupe, les moindres détails 
d'organisation. Tout le reste a été envahi par de Targile. Le 
processus de formation de cette roche est mis en évidence par 
les corps étrangers qu'elle renferme. Ceux-ci établissent^ sans 
conteste, l'origine alluvionnaire. La cassure déterminée dans le 
sigillaire représenté par la figure 2, pi. XI, suit un plan intermé- 
diaire, dans lequel on retrouve des macrospores et des Lepido- 
phyllum triangulare, Zeiller (/). Ce fait est également mis en 
évidence, pour les troncs debout, par la figure 4* Il est d'ailleurs 
bien connu (12 et encore 22, p. 8 du tire à part, etc.). 

Je n'ai pas encore pu étudier de façon complète les Stigmaria 
empêtrés des murs, au point de vue des conclusions à tirer de 
lears caractères différentiels. Mais j'ai, dès à présent, acquis la 
conviction que, si la plus grande partie de leur substance a, tout 
comme chez les fossiles de toit, été remplacée par de l'argile ou du 
sable, le processus de cette substitution doit avoir été différent. 
Car l'étui médullaire se trouve parfois x^lacé non au bas, mais à la 
partie supérieure de la section «fig. 10) et souvent au centre 
(fig. I, pi. XI). 

Quoi qu'il en soit, si j'ai tenu à rappeler ces faits, c'est d'une 

part pour établir le degré de désagrégation des végétaux de toit, 

(|u*on peut être porté à exagérer et, d'autre part, pour rappeler, 

fait dont j'aurai besoin par la suite, que quelque grand que puisse 

avoir été le degré de pourriture de ces végétaux, les empreintes 

que nous retrouvons aujourd'hui, représentent la trace ultime de 

membranes consistantes, et généralement transformées en une 

pellicule charbonneuse. 

* 
* * 

Les dénominations d'empreintes de toit et d'empreintes de mur 
sont, comme on le voit, justifiées. Leur distinction est basée 
sur une différence capitale entre les états de conservation. 

La solution de la question qui nous occupe, va nous être fournie 
par l'examen du mode de répartition de ces deux grandes classes 
de fossiles dans le terrain houiller. 

Etudions, à cet effet, les roches comprises entre deux veines de 
houille ou passées de veine, et notons-y, d'une part, la présence de 
végétaux désintégrés et, d'autre part, celle des fossiles entiers qui 



— M 272 — 

sont reprêsoiités j)r(»sque exchisivoinont par les Sti^maria. Apivs 
avoir répété ces observations sur de mtiltiples cas, nous en arri- 
verons à eonehire ce qui suit. 

Procédant de bas en haut, on cesse, à un certain niveau sous la 
veine, de rencontrer des Sti^marin, L'épaisseur de cette zone <^si 
variable ; réduite parfois à 3o centimètres, elle atteint, dans 
certains cas, 3 et 4 mètres, voire même davantage. Elle dépend 
souvent de la nature de la roche. Mais, dans les schistes comme 
dans les grès, ce sont les mêmes Stifi'maria munis de radicelles 
étalées en tous sens<iue nous découvrons (8, p. 173). Nous notons 
en outre que les Stif>^maria, excessivement abondants dans la 
région en contact immédiat avec la couche de houille, se f(ml 
progressivement de plus en plus rares, jusqu'à disparaître 
définitivement, à mesure qu*on pénètre dans des couches de plus 
en plus profondes. On n'en retrouve plus en dessous d'un cei*tiiin 
niveau, jusqu'à ce qu'on arrive à la couche de houille suivante (fig. 5'. 

Il arrive, certes, de découvrir, entre deux couches exploitables 
successives, une zone à Sii^inaria ; mais elle est toujours sur- 
montée d'une passée de veine, mince filet charbonneux, épais 
])arfois et souvent localement, de quelcpies millimètres seulement. 
Selon la convention faite au début de ce chapitre, cette passée de 
veine est assimilable à une veine. Le cas ne constitue donc pas 
une exception. Et l'onpeut dire que, en thèse absolument généitile, 
toute stampe entre deux couches de houille est couronnée par une 
zone à Stigmaria entiers. 

IVlle est la loi de répartition des fossiles de mur ; tout autre 
est celle des fossiles de toit. 

11 faut évidemment, en outre des végétaux désintégrés, com- 
prendre sous cette dénomination les fossiles animaux. Ces derniei's 
sont généralement localisés dans des schistes, souvent de nature 
spéciale, dont les végétaux ne sont toutefois pas exclus, ccmtrai- 
rement à ce qu'a écrit M. Boulay (14, p. 58) {'). 

(1) Tel est le cas pour les schistes de (oit de : Prctnirre-M ivrmont au cliur- 
bonna^e de Qiiatre-Jean, à Héliniie : Lvpidodendrun obovtitum et Gnsfrioceras 
Lis ter i \ Coquelet au i>uits 11" 1, ctaj^e de 4**'^ *"• <h*** niarl>uiiiiages Uéuiii^ 
de Churleroi : Curhonicoin cf. onttiis, Le/ndojthyllunt iniiceolittunu Cunlùt- 
varjniH sp. etc. ; Droit-Jet à 207 m., au puits n"* 12 SK. des inèuies cbarbou- 
uajîes : Cnrhoiiiroln sp., Anthrticoniyti s/i., etc., avec Xeitropferis psentlo- 
^i^unteu^ Seuropteria tenuifoliu. Sphenopteris sp,, etc. 

27 DÉCEMBRE I903. 



— M 273 — 

({uant aux végétaux, ils se rencontrent également dans les 
roches sableuses et les roches argileuses. Mais on note des diffé- 
rences de nature, d'attitude et de fréquence qui ont été signalées 
depuis longtemps (13, p. 762). 

Les schistes sont de loin les roches les plus fossilifères. On y 
rencontre surtout des débris de frondes de fougères et de ptéri- 
dospermes, des fructifications, des écorces, des feuilles de calamités, 
de lepidodendrons, de sigillaires, parfois encore d'énormes troncs 
ou des planches d'écorces. Les végétaux sont presque tous couchés 
à plat (Masse à 260™, Crêvecœur à 600"* du puits n" 2, Sacré- 
Français, I)ix-Paiinies aux Hamendes, Duchesse au n" 12 des 
Charbonnages Réunis de Charleroi, etc., etc.). 

Les grès et les psammites sont moins fossilifères. On y remarque 
surtout des troncs et des planches d'écorces ; les frondes de 
fougères y sont extrêmement rares. Les végétaux y sont jetés en 
tous sens, parfois très redressés (ex. haut toit de Six- Pau mes au 
puits n^ I des Charbonnages réunis, etc.). 

De ces quelques mots, résulte un fait qu'il importe de mettre en 
évidence, à savoir que, tandis que les mêmes Stiginnria entiers 
se rencontrent dans toutes les roches, les fossiles de toit varient, 
au contraire, suivant la nature minéralogique des sédiments où ils 
sont renfermés. La loi qui relie la nature des fossiles de toit à 
celle de la roche, est, en ce qui concerne les végétaux désin- 
tégrés, d'ordres édimentaire, car leur attitude est conforme aux 
lois mises en lumière par M. Fayol (15). 

Mais ce n'est là qu'un point de détail, puisqu'il s'agit, aussi bien 
dans les grès que dans les schistes, d'empreintes de loit. Ce qui 
nous intéresse surtout, c'est la loi générale de répartiticm de ces 
empreintes à travers la stampe. C'ette répartition se fait très régu- 
lièrement par bancs. Le fait ressort clairement, en ce qui concerne 
les fossiles animaux, des travaux de M. X. Stainier sur les bassins 
de Charleroi et de Liège (10 et 11). Je pourrais, pour ce qui est des 
végétaux, citer de nombreux exemples; mais ils sont si fréquents, 
que je crois inutile d'insister. 

Xon seulement l'abondance, mais encore la nature des débris 
varient, sur un espace plus ou moins développé, très régulière- 
ment par lits. 

ANN. soc. 6^:OL. DE BEIXi., T. XXXII. MKMOIUKS, iK. 



— M. 274 



>î — 



Toutefois, la répartition suivant la verticale est inégale et très 
variable. 

Il est des bancs, non seulement de grcs, mais même de schiste, 
qui sont entièrement dép(mrvus de fossiles, ainsi qu'on Va déjà 
fait remarquer (8, p. 171). Ce sont souvent des schistes com- 
pacts, sans stratification apparente au premier abord, mais qui 
laissent voir, par altération, une succession de lits bien réguliers, 
qui, plus ou moins carbonates, prennent par oxydation des tcinte.s 
différentes, telle Vescaille de Broze au i)uits Sacré-Fran<;ais. 

Cette zone stérile repose parfois directement sur la veine, alors 
que, dans le haut-toit, abondent les débris végétaux. 

Par contre, il arrive que dans le mur d'une couche, on découvre, 
au milieu des Stigniaria entiers, des empreintes de toit. Ce eus 
est loin d'être rare ; il a souvent été signalé (1 et 4). 

L'abondance des empreintes de toit peut même se faire plus 
grande quand on approche de la veine, comme c'est le cas pour 
Mâre-dcs-Veines au puits n"" 7 des Charbonnages Réunis de ('liarle- 
roi. Les Calamités u ml niai us n'y montrent surtout au haut du mur. 

De toutes ces constatations, 
tn^r^^^err^ ^^^^ M ^ résumécs schématiqucment 

dans la figure 5, il résulte (pie 
le seul caractère paléontolo- 
gique différentiel qu'on peut 
reconnaître entre les roches 
du terrain houiller, est la pré- 
sence ou l'absence d'empreintes 
de mur. Ces Siiffinaria entiers 
se retrouvant principalement 
dans la roche que tous, géolo- 
gues et mineurs, sont d'acconl 
pour considérer comme le mur 
type ; il y a donc lieu d'étendre 
cette dénomination à toute 
roche renfermant des Sti^- 
maria entiers, puisque <*etw 
l)résence constitue un caractère 
distinctif qui paraît bien être 




Fui. 5. 

Diafrranime de lu loi <Ie répartition des 

fossiles dans le terrain houiller. 

Les abaisses sont proportionnelles à 
l'abondance des fossiles. 



en relation avec la veine. Pour le surplus, tout ce qui n'est jkis 
mur sera dénommé toit, puisque, tant au point de vue paléontolo- 



— M 275 — 

gique qu'au point de vue minéralogique, on ne peut saisir la limite 
entre le toit et la pierre de stampe. 

Telle est laeonelusion qui se dégage d'une étude systématique 
dos caractères paléontologiques du terrain liouiller. 

* 

Arrivé à ce point, nous pouvons rechercher la signification de 
ces Stigmaria entiers qui caractérisent les murs. 

Les végétaux désintégrés témoignent, par leur attitude et leur 
répartition, qu'ils ont subi un transport ou tout au moins un flot- 
tage, ainsi que je l'ai dit ci-dessus. Ils sont parfois jetés en tous 
sens dans la roche, mais, le plus souvent, ils sont étalés à plat 
(fig. 6). 

Les Stigmaria entiers conservent, au contraire, la même atti- 
tude dans toutes les roches. D'axes plus ou moins forts, souvent 
légèrement plongeants dans le banc, s'échappent, tant vers le 
haut et vers le bas que latéralement, des appendices tubnlaires de 
section ronde ou ovale (fig. 7, />) qui, d'abord normaux aux 
axes, 'sont souvent courbés vers l'avant (fig. 10). (>ette attitude 
témoigne d'une fossilification sur place. Il suffit d'examiner atten- 
tivement un de ces fossiles pour avoir l'impression nette de ce 
fait. Cette impression est d'ailleurs confirmée par l'étude des 
échantillons à structure conservée, qui a pleinement établi que 
ces appendices ne possédaient aucune rigidité. 

C'est là un fait proclamé depuis longtemps. 

Mais les Stigmaria émettant des appendices verticalement et 
obliquement vers le haut, il est évident que les sédiments qui les 
recouvrent devaient être déposés avant que ces appendices ne se 
développent, puisque ceux-ci réclamaient un support, ou tout au 
moins qu'ils se sont déposés au fur et à mesure du développement 
des Stigmaria, Toutefois, comme les axes sont plongeants sur la 
stratification et que, d'autre part, les appendices sont aussi bien 
développés vers le bas que vers le haut, il est plus logique d'écarter 
la seconde hypothèse et d'admettre en conséquence que les Stig- 
maria sont des végétaux qui se sont insinués dans une boue déjà 
déposée, dans un sol, à la fa(;on de rhizomes ou de racines, et y 
ont été, par la suite, fossilifiés sur place. 

Le mur représente donc, suivant l'expression reçue, un sol de 
végétation. 



— M 276 — 



* 
* * 



Géologues et paléobotanistes sont complètement d'accord pour 
admettre que les Stigmaria sont des végétaux fossilifiés sur place. 

Mais tous ne se rallient pas également à Topinion que ces Stig- 
maria se soient insinués dans une boue déjà déposée. M. G. Schmitz 
semblait admettre» dans son mémoire de i895, que le mur s'est 
formé d'une pièce, c'est-à-dire que la boue a progressivement 
enlisé les Stigmaria. 

a La présence constante de Stigmaria au mur des couches et 
» leurs conditions de gisement, accusant un in situ manifeste, 
» nous avaient fait conclure », écrivait-il, « à la formation sur 
» place des roches qui les contiennent. » (1, p. 14). 

.le reviendrai bientôt sur l'argumentation que notre confrère 
produisit pour renverser une objection grave à cette manière de 
voir, et j'ajouterai immédiatement que M. G. Schmitz se ralliail, 
peu après, à l'idée opposée, car il écrivait, en 1897 : 

« Ijc mur des veines est aussi bien du grès que du schiste. Nous 
» y voj'ons un sédiment comme tout autre sédiment de l'horizon 
» houiller, mais dans lequel une végétation est venue s'établir sub- 
)) séquemment, La croissance et les diverses opérations qu'elle a 
» produites ont donné à ce sédiment un faciès cai*actéristique, plus 
» ou moins boueux, qui est le résultat et non la cause du dévelop- 
» pement des végétaux et partant aussi la raison de l'imperméa- 
» bilité relative de la roche. » (2, p. 89). 

Rarement, les auteurs ont plus nettement défini le mode de 
formation des murs. Toutefois, M. G. Schmitz ne cite qu'un 
seul fait à l'appui de son opinion : c'est que les sédiments du mur, 
bien que possédant un faciès caractéristique, ne diffèrent pas 
des autres sédiments du terrain houiller. La remarque est exacte ; 
il y a, entre la stampe et le mur, (^ontinuit« parfaite des caractères 
minéral ogiques et paléontologiques, en ce qui concerne les végétaux 
désintégrées. Cette continuité est du même ordre (|ue celle qui 
existe entre la pierre de stampe et le toit. De telle sorte qu'on 
peut dire qu'il existe une zone de fusion entre le toit et le mur, 
ainsi qu'il ressort de descriptions de coupes détaillées (4,pp. 72-73). 

Toutefois, cette remarque ne suffit pas. Il faut encore faire 
observer que la limite inférieure de la zone à Stigmaria^ donc du 
mur, varie constamment et ne coïncide nullement, même sur un 



— • M 277 - 

espace restreint, avec un plan de stratification. De telle sorte que 
la continuité du toit et du mur est indéniable. 

J'ai fait remarquer plus haut que l'attitude des appendices 
plaide également en faveur de la surimposition des Stigmaria. 

Malgré la force de ces arguments, il peut néanmoins subsister 
des doutes dans Tesprit de certains géologues. Le fait nouveau 
(lue j apporte est, je pense, de nature à les dissiper complètement. 
Vq fait n'est, toutefois, que relativement neuf. Il a été depuis long- 
temps signalé par divers x^aléontologistes (16, p. 336), notamment 
pur M. C. Grand'Eury, à Saint-Etienne; mais il est, jusqu'ici, passé 
inaperçu en Belgique. Ce fait, c'est le taraudage des empreintes 
de toit contenues dans les murs, par les radicelles de Stigmaria. 

L'importance de ce fait est telle, que j'ai cru, comme je l'ai dit 
en débutant, devoir reprendre l'ensemble de la question. Les 
notions que nous avons acquises par les développements qui pré- 
cèdent nous permettent, en effet, de saisir de façon rapide et nette 
l'intérêt et la x)ortée de ces phénomènes de taraudage. 

Si les Stigmaria sont des fossiles qui se sont introduits tardi- 
vement dans la roche ou, en un mot, sont des fossiles surimposés, 
la roche dans la-cpielle nous les retrouvons était originellement un 
toit, puisque la pierre de stampe ne diffère en rien du toit. 

La continuité existant entre le toit et le mur, ou entre la stampe 
et le mur, s'accorde bien avec l'hypothèse. Celle-ci exi)lique encore 
pourquoi nous retrouvons, dans les murs, des fossiles de toit. 

On pourrait toutefois admettre que ces fossiles ne sont que les 
débris des organes aériens des végétaux dont les Stigmaria repré- 
sentent les parties souterraines, comme l'avait un instant avancé 
M. (L Schmitz(l). 

Cette interi)rétation tombe évidemment d'elle-même, si les Stig- 
maria perforent les empreintes de toit qui, conservées sous forme 
d'une pellicule charbonneuse, ne sont, ainsi que je l'ai dit plus 
haut, quela trace ultime de membranes primitivement consistantes. 
Or, c'est ce qui existe en fait, non seulement, dans les bassins du 
sud, mais même dans le bassin du nord de la Belgique. J'en ai, en 
effet, retrouvé des exemples sur des Ca/a//ï /7c.s- provenant des son- 
dages n° 10 et n® 14, que j'ai réexaminés à l'occasion de l'Exposition 
de Liège. 



— M 278 — 

Ces i)liénomèncs n'ayant pas, jusqu'ici, fait Tobjet de description 

détaillée, je crois devoir rapporter ici l'exemple que j'ai exposé à 

la séance du 21 mai igoS de la Société géologique, afin de rendre 

plus aisées les observations de contrôle. 

* 
* * 

L'exemple que je prendrai est celui du veiniat du toit d'.ln//- 
noise au puits n" 7 des Charbonnages Réunis de Cliarleroi. 

A l'entrée du niveau à 41^ ^^-t ^c veiniat est séparé de la veine 
l)ar 5 métrés environ de stampe, d'après les renseignements que 
j'ai pu recueillir, car la galerie à travers bancs est actuelleiucnt 
inaccessible au-delà d'Jrrf/noise. Quoi qu'il en soit, le toit d'Ardi- 
noise est constitué, en cet endroit, par un schiste gris psammi- 
tique, finement micacé, peu fossilifère, où j'ai rencontré Paleos- 
ialhyasp., Sphenophylliun sp., c'est-à-dire tous fossiles désin- 
tégrés, mais pas de Stignmria, 

A 600 m. au levant de ce point, la coupe des terrains est la 
suivante (fig. 9) : 

Toit (schiste) — 

Veiniat ()'"20 

Schiste i"»3o 

Faux toit o™o5 

Sillon (houille) o'"4o 

Schiste charbonneux ()'"ii \ Ardinoise, 

Sillon (houille) 0^24 

Faux mur o™oi 

Mur (schiste) — 

Le banc entre le veiniat et la veine est fait d'un schiste argileux, 
de couleur brunâtre, avec rognons de sidérose. Il est très fossili- 
fère et renferme : 

Xcnropicris ^i^HiiteH, Sternbcrg. 
Xcuroplcris rarincrnis, Bunbury. 
Cyclojfterls orbicularis, Brongniart. 
Ciilamilcs undiilaius, Sternbcrg. 
Aslcrophyllite.s sp. 
Anniilaria radiai a, Brongniart sp, 
Annularia sphenophylioides, Zeiller, 



— M 279 — 

Radicites coliimnaris, Artis sp, 
Sphenophyllum cf. myriophylliinif Crépin. 
Sphenophylliim ciineifoliiim, Sternbergsp. 
Aspidaria sp, 

Lycopoditcs carbonarius, O. Feistmantel. 
Sitffinaria ficoidcs, Steriiberg sp. 

Les Stiffinaria se font de plus en x>lus abondants à mesure 
qu'on se rapproclie du vciniat. Ils taraudent les Calamités iindu- 
hiiiis^ les Neiiroptvris gigantoa, les Cy^rlopteris, etc. Les échan- 
tillons que j'ai figurés sont spécialement choisis pour rillustra- 
tion. 

Onvoitsurlepremier(fig.6,pl.XI)quelesperforations(/i)sontloin 
cVètrc rares. On y remarque, comme sur les suivants, que les 
appendices de Stigmaria {st,) cherchent cependant à éviter le 
travail supplémentaire du taraudago et se développent de préfé- 
rence dans les parties libres. 

Dans les figures 7 et 8 de la planche XI, est reproduit le détail 
d'une perforation. On remarquera que Tappcndice traverse de 
part en part Tétui médullaire dont (fs) est la face supérieure, (//) 
lafaee inférieure ; il y a donc, en fait, deux perforations. La tnice de 
l'appendice est visible en tr sur toute l'épaisseur de l'étui. L'appen- 
dice ax)paraît en section (ronde) dans le plan de la face inférieure 
i/i) de l'étui médullaire, à l'endroit nicme (p) de la perforation. 

On peut admirer, sur ces échantillons, la perfection de l'état de 
(conservation des débris végétaux renfermés dans les schistes 
liouillers. La radicelle verticale '/r. />), soustraite au tassement, a 
conservé sa forme originelle, tandis que les radicelles horizon- 
tales ls/ ) ont, tout comme le calamité, été fortement comprimées. 

Mais l'on doit aussi admirer, sur ces reproductions, l'art consommé 
(le M. Kemna qui a su saisir et fixer, de fa(;on aussi remarquable, 
sur lax)laque jdiotographique, tous les détails de ces échantillons. 

* 

Il est tenq)S de conclure. 

De tout ce qui précède, il résulte cjue tout(3s les roches stériles 
(lu terrain houiller sont du toit. Le toit ne possède donc aucun 
caractère minéralogique spécial ; il n'a pas de caractères paléon- 
tologiques essentiels, mais il contient souvent des végétaux 



— M 280 — 

désintégrés, des empreintes de toit. Ce toit peut avoir été 
niétaraorpliosc, au sens large du mot, par la surimposition, par 
rimplantation de végétaux et principalement de Stigmaria. Le 
toit, ainsi métamorphosé, est appelé mur. On peut, par antithèse, 
réserver la dénomination de toit aux roches non métamori^liosées. 
c'est-à-dire ne renfermant pas de Stiffmaria entiers. 

Dès lors, toutes les anomalies si souvent signalées disparaissent. 

Le mur peut contenir des empreintes de toit, puisque cette roche 
n'est autre qu'un toit métamorphosé. Et, pour la même l'aison, 
le mur peut servir de toit à la veine. 

Ces deux cas sont représentés sur le croquis 5, p. m 274 i veines 
2 et 4)» swr lequel figurent également deux cas normaux (couches 
I et 3^. 

On y voit clairement, fait déjà évident dans l'exemple d'Ardi- 
noise cité plus haut, qu'une couche ne peut avoir pour toit un 
mur, que quand la stampe qui la sépare de la suivant-e est faible, 
c'est-à-dire quand cette stampe est inférieure à l'épaisseur de la 
zone métamorphosée. 

C'est ce que les observateurs ont souvent signalé. 

Chapitre II 
Troiics cLolDOix-t- 

L'étude des troncs d'arbres debout va nous permettre de faire 
un nouveau pas dans cette recherche des conditions de formation 
du tem^ain houiller. 

Cette étude a, de tout temps, attiré fortement l'attention de^ 
géologues. Les dé(*ou vertes se sont même multipliées au delà 
de toute espérance dans les bassins houillers belges, durant 
ces dernières années, et ont réduit à néant cette opinion, assez 
courante en dépit des affirmations de spécialistes (17, p. 170) et 
de i)raticiens (18, p. 162), cpie les troncs debout sont rares dans 
notre Westphalien. 

M. G. Schmitz en a décrit un riche gisement aux (Charbon- 
nages de Bois-d'Avroy (18 et 19) et a signalé un autre cas au puits 
delà Houle des Charbonnages du Rieu-du-Cœur «SOi : puis c'est 
M. X. Stainier qui a fait connaître un gisement de troncs d'arbres 
debout au charbonnage de Falisolle (4), et un autre au Charbonnage 
d'Oignies-Aiseau (21), qui a également fait l'objet d'une note de 
mon collègue, M. A. Bertiaux (22). Enfin, M. Smeysters a détaillé 



— M 281 — 

les découvertes faites aux Charbonnages de Moneeau-Bayemont 

23). 

J'ai, pour ma part, rencontré des cas de troncs debout on de 
nombreux points, notamment : 

Dans le Borinage, aux Charbonnages du Rieu-du-Cœur, puits 
St-Florent : toit de Renard, plat à 329'» ; aux Charbonnages du 
Couchant-du-Flénu, puits n" 2 : toit de Grand-Franois, plat à 387'". 

Dans le bassin de Cliarleroi : aux Charbonnages Réunis de Chai'- 
leroi, puits n° i: toit de Duchesse, plat à 532™; mur de Six- 
Paumes, droit; puits n" 2 MB. : toit de Crènecœur, droit à 52o"' , 
toit de la Strapetie, plat à 4^4'" ; puits n" 12 : toit de Duchesse; 
r''et2' plats à 685"» ; puits n« 2 vSF. : toit de Broze, plat à65o»» ; 
toit de Crêoecœur, plat à 600™ ; toit de Querelle, plat à 65o"* ; puits 
u" 7 : mur de Folleniprise, plat à 4r^>"^ ; aux Charbonnages de 
Masses-Diarbois, puits n° 5 : toit de Grosse-Masse, plat à 32i™. 

Mon intention n'est pas de détailler ici tous ces cas. Beaucoup 
d'entre eux n'ont d'ailleurs x>as pu être étudiés de façon suffisam- 
ment complète pour me permettre d'arriver à des conclusions 
certaines. Je me bornerai à en faire connaître deux qui sont 
réellement typiques. Mais, afin d'éviter toute confusion dans les 
développements ultérieurs, je demanderai à pouvoir reprendre la 
(luestion d'un peu plus haut. 

On comprend, sous le nom de « tronc^s debout w, les débris 
d'arbres fossiles qui, empêtrés dans les roches du terrain liouiller, 
ont leur axe dirigé sensiblement suivant une perpendiculaire aux 
strates. 

En admettant que les strates aient été originellement horizon- 
tales ou à peu prés horizontales, on rappro(*he tout naturellement 
cette attitude des troncs fossiles de celle des arbres actuels, dont 
la majorité a tendan(»c à croître verticalement, et Ton est aisément 
porté à croire qu'on se trouve en présence de vestiges des forets 
carbonifères, qui auraient été fossilifiés au lieu même de leur 
croissance. ('etteidéei)araît,ài)reniièrevite, assez admissible, alors 
môme que les troncs debout seraient quelque peu inclinés sur la 
perpendiculaire aux strates, soit que l'on veuille supposer que les 
sédiments qui les encaissent se soient déposés sur un talus (16) où 
croissaient ces arbres, soit qu'on se rappelle que si, de nos jours, 



— M 282 — 

les arbres ont une tendance à croître verticalement, nombreux 
sont les spécimens dont le tronc est incliné. 

Mais, ainsi qu'on le sait, cette attitude ne peut suffire pour 
entraîner une conviction ; elle n'est qu'un indice, mais non une 
preuve (4, p. 74). M. Fayol a achevé de démontrer, par ses expé- 
riences sédimentaires (6), ce fait important que les géologues 
avaient pour le moins pressenti plusieurs années auparavant, à la 
suite de leurs observations directes, à savoir, que des troncs 
charriés peuvent parfaitement se trouver debout. 

J'ai rappelé ci-dessus, que l'attitude des végétaux désintégrés 
qu'on rencontre dans les roches, schistes, psammites ou grès, du 
Westphalien belge, se trouve en rapport avec la nature des sédi- 
ments dans lesquels ils sont enrobés. C'est dire que la loi établie 
par les expériences de M. Fayol peut certainement être applicable 
à certains de nos troncs debout. 

Lors donc que nous rencontrons un tronc debout, nous ne devons 
considérer son attitude que comme un indice, mais comme un 
indice d'autant plus sérieux d'une fossilisation sur place, que la 
roche dans laquelle se trouve engagé ce tronc, et surtout la base 
de ce tronc, est d'un grain plus fin et d'une nature plus argileuse. 

La grande preuve de la fossilisation sur place, sera toujours 
la présence de racines nombreuses et délicates, en connexion avec 
la base du tronc. Mais, ainsi que nous le verrons bientôt, la 
constatation de l'existence de ces racines n'est pas toujours pos- 
sible, en raison du mode de fossilisation. Et c'est pourquoi il 
fallait préciser la valeur des indices qui, faute de mieux, consti- 
tuent des preuves de second ordre. 

Remarquons encore que, même dans le cas où le chevelu des 
racines se trouve conservé, il importe de constater que la roche 
qui les encaisse, ne diffère pas, par sa nature, du banc dont elle fait 
partie, afin d'écarter l'hypothèse qu'on se trouve en présence d'une 
souche qui aurait été arrachée d'un bloc à son sol de végétation. 

* * 

Ceci dit, j'aborde la description des deux cas annoncés ci-<lessus. 

Le premier est celui d'un ai'bre debout rencontré dans le mur 
(Wirdinoise^ au niveau levant à l'étage de 410 mètres du puits n** 7 
des Charbonnages Réunis de Charleroi. Cette voie avait été 
ouverte en enlevant la couche ainsi qu'une i)artie de son mur, dont 
la section irrégulière était visible sous la paroi nord de la voie. 



I,e oroqnîs {fig. 9) détaille de fiiron mi peu iscliénmtiinie 



Vu:. .). 

■imuis iiiieliiuc peu schémiitiitË île la cuiipe des t 
niveau de 410 m., nu pied du uioiiUKe à <>oi) mètres levant, iIhiik 
ArilinniM. l'uils 11" 7 des ChuihuiiunKUR KéuniBile Charleroi. 
K<.'lieUed-eiivimii''7-,. 



l'otupositioii de» ten-îiins ainsi mis à iiii an pied dn montage creusé 
à rexti'cniité do ce niveau, endroit où le tronc debont dont il est 
Unestion a été déeonvert. Le toit de la couelie était accessible, en ce 
point, jusqu'au veiniat. Jj'eiitaille faite par le bosseyeinent uu cou- 
page de hi voie, dan» le mur, était irrégnlière; ù sa surface, appu- 
niissaient, près d«rextrémitê thi niveau, deux s(meliew peu impor- 
lantes et peu nettes d'ailleurs, d'importants inii-oirs de glissement 
affectant le plan d'étalement de leurs racines majeures. Mais nous 
3VOUR découvert, en .1, une souche plus importante, mieux 
développée et surtout mieux conservée, dont quelques racines ont 
pu être rapidement mises à nu. 

Il fut, malheureusement, impossible de dégager plus complète- 
ment la base de cet arbi'c, dont le ti-onc était d'ailleurs cisaillé à 
()™35 de hauteur par un miroir de glissement (fig. 9). 

La base du tronc se trouvant engagée, à u mètres environ en 
dessous du niveau de la veine, dans un schiste gris, compact, fine- 



— M 284 — 

tuent micacé, (iiii, au niveau de» dernières radicelles, contenait de 
nombreuses tiges feuillues de .V;j/ie/io/>/ij//iim ciinvifolium, Stcmb. 
(s/*/(, f ig. lo) et des pinnules isolées de Ncuroi>ierla giganfea, Sternb, 



<'ri»|iiis île la piirliu iiiftirieiiro ilu Inmi' .1 . (flfî- il-) 

Kihello <le '!„,. 

['our 1)1 téKeiide, voir le t«xte. 

Vers le haut, il passait progressivement à un mur plus argileux. 

Le tronc, déformé en section, de fa<;on assez semblable à celui 
représente pur la fig, 4- mesure o'"3o de diamètre ; il était 
recouvert d'une pellicule de houille brillante par endroits, ailleurs 
schisteuse, épaisse de 3 à 4 millimètres. Extérieurement, cette 
croûte était glissée et enduite de pliolérite. Intèrienremeut. elle 
présentait, par endroits, une ornementation indécise, même dans 
la partie supérieure du ti-onc, sortes de côtes flexucuscs, tn'-s 
froissées, larges de s ù -3 mm,, sur lesquelles on entre lesiiuelles je 
n'ai pu découvrir la trace de cicatrices foliaires. 

II ne peut donc être décidé s'il s'agit, en l'eKpèce, d'un lepido- 
dendron ou d'un sigillaire('). Le remplissage ne montrait, d'ail- 
leurs, pas la présence d'un étui médullaire ; il était fait d'un 
schiste grossier, très micacé, mal stratifié, analogue à celui des 
roches encaissantes, dans lequel on retrouvait, vers le haut, des 
appendices de Stigmaria dirigés en tous sens. La surface de la 
colonne de remplissage était complètement glissée et enduite de 
pliolérite. 

(') CeUo oniuinentatloii i'a|>|iollo i-ello de Sligmario/igi» angUra, KUlsIuii. 
l'n nouvel eMinien me ]>orlc h rroiit; iju'elle n'enl Butre que i^elle d'aue 
empreinte sous-i'orticale très déformée de LcpidiHlendron. 



— M 285 — 

Vers la base, elle était traversée par une série de miroirs de 
glissement, plus ou moins horizontaux et incomplètement déve- 
loppés. 

La surface inférieui*e de la base était en forme de cupule qua- 
(Irangulaire, ainsi que j*ai pu en juger par Texamen de la contre- 
empreinte. De la base, se détachaient donc quatre maîtresses 
racines qui se bifuniuaient vraisemblablement assez rapidement, 
à ce que j*ai pu conclure de l'examen des débris qui ont, par la 
suite, été rapportés à la surface. Ainsi que je l'ai dit, il a, en effet, 
été impossible de dégager tout l'appareil radiculairc, qui avait, 
d'ailleurs, été détruit en partie avant la découverte. 

(iuoi qu'il en soit, deux fortes racines encore en connexion avec 
1p tronc ont pu être parfaitement étudiées et dégagées de fa<;on 
satisfaisante. L'une et l'autre sont légèiemont aplaties ; toutes 
deux, couvertes depuis leur naissance d'ornementations nettes de 
Stifi^maria, montrent remi)reinte de l'étui médullaire (m). L'une 
d'entre elles, de profil conique (S7i/^7îiar£o/>.si.s"? (Irand' Eury), se 
bifurquait rapidement en deux axes d'un diamètre moitié moindre 
(3 et 4 centimètres), cisaillés à leurs extrémités par un miroir de 
glissement. Cette imeine était très i)longeante, comme le montrent 
les croquis. L'autre, de diamètre assez constant(5 à G centimètres), 
s'étendait horizontalement sur plus de 70 centimètres de longueur. 

De l'une et l'autre de ces racines, s'échappaient régulièrement de 
nombreuses radicelles lardant la roche tant vers le bas et le haut 
qu'horizontalement. Elles étaient, comme le montre la figure 
10, légèrement courbées vers l'avant. 

Le remplissage des axes était de même nature que celui du tronc. 
L'étui médullaire y était reporté vers le haut. 

Le second exemple est d'un autre ordre. 

Il a été découvert dans Vescaille de la couche Broze, chantier 
levant, à l'étage de 65o mètres du x)uits n^ 2, Sacré-Fran^»ais, des 
('harbonnages Réunis de Charleroi. La couche ^i-05;e forme, dans la 
région déhouillée par ce chantier, une vaste plateure faiblement 
ondulée. Dans la taille 2 bis, oii le tronc a été découvert, la pente 
des bancs est de moins de 10". 

L'escaille s'abat, en général, avec la veine, de telle sorte qu'elle 
apparaît en section sur le front. C'est à cette circonstance excep- 



~ M 286 — 

tionnelletjne je dois (l'avoir pu ôtadicr ce eau très remarquable. 
J'ajouterai qu'il me fut signalé, an passage don» la taille, par M. 
\t. Bastin, délégué à l'inspeetion des mines. 

La figure 12 reproduit fidèlement le croquis que j'ai levé rapidi'- 
mcnt de cet intéressant éelinntillon, dont la figui'e 11, pi. Xî donnt 
la photographie. 




Cniquis il'un ti'oiiv i1el>i>iil <lni)8 le luit île lirozf. Puits Sncré-Pmnçais Aev 
Charboimui;es Réunis de Charlerui. Kdielle <le ' '„■ 

L'arbi'e se poursuivait sur tonte la iiauteur du banc d'escaille. 
épais d'un peu plus de 3o centimètres et qui n'était autre qu'un 
schiste noir, très fin, à rayure plus 011 moins brune, renfermant 
des débris, d'ailleurs i-ai-es, de Carboiiicola, et barré par une partit- 
dureie «clou 1) qui soulignait la stratîtication . 

L'arbre se trouvait encore engagé dans la roche ot n'apparai!=- 
sait que par une partie de son pourtour dans la cassure de Vea- 
cHille. Ha surface, couverte de côtes assez plates, se prolongeait 
vers le bas au dessous du plan de la veine par une surface inclinée 
vers l'avant et plus ou moins conique. Une pellicule de charbon 
brillant, épaisse de i à a centimètres, entoarait complèt^'ment 
l'arbre. Elle se prolongeait vers le bas en se courbant et se pei'dail 
dans la couche. 

Celle-ci se relevait, ainsi iiue le montre le croquis, à l'ondroit du 
tronc en une sorte de cône. 



— M 287 — 

On remarquait dans Vescaille, à peu près à nii-liauteur, un 
retroussement qui correspondait à des miroirs de glissement de 
surface irrégulière, sur lesquels je n'ai pu découvrir aucune trace 
d'empreintes. 

L'arbre put être enlevé de façon satisfaisante ; sa base fut quelque 
peu abîmée ; mais on put y conserver adhérent le bloc de houille 
sur lequel il reposait. Une cassure produite durant l'enlèvement, 
sectionna le tronc suivant un plan sensiblement diamétral. 

Le tronc, de section à peu i>rès ronde, mais quelque peu 
déformé verticalement, mesurait 17 centimères de diamètre à la 
base et i3 au sommet. Sa surface, presque entièrement polie et 
couverte, par endroits, de pholérite, montre de vagues cannelures 
longitudinales, plus ou moins régulières, de 7 à 8 mm. de largeur, 
(|ui se prolongent sur la partie supérieure de la face inclinée, 
visible sur la figure. L'enveloppe charbonneuse a été détruite 
I>ar les travaux d'enlèvement et je n'ai trouvé, comme contre- 
empreinte dans la roche encaissante, qu'un miroir de glissement, 
de telle sorte que ce n'est qu'avec doute que l'on peut con- 
sidérer cette souche comme la trace d'un tronc de Sigillaria. 

La figure i3 est un dessin à mi-grandeur de la coupe inté- 
rieure du tronc, telle qu'on peut la voir dans la cassure irré- 
gulière du fragment de base, auquel adhère encore un bloc de 
houille. 

C'ette coupe, sans être plane, est presque perpendiculaire à la 
direction du front de taille visible sur la figure précédente; elle 
est prise du côté opposé; on voit, en effet, à gauche, la partie supé- 
rieure de la face inclinée, tandis qu'à droite, la base du tronc est 
en fonne de bulbe, résultat d'un glissement déterminé par le 
plissement. Le plan de coupe est d'ailleurs très irrégulier. 

Le bas de l'échantillon est constitué par une houille rubannée, 
dont les lames brillantes ont été fortement soulignées sur le dessin. 
On y remarque quelques amas de fusain ; les lames brillantes pré- 
sentent un léger bombement vers le haut ; elles plongent sous la 
face inclinée, constituée elle-même par unelame de charbon brillant, 
mais sous un angle beaucoup) plus faible que la pente de cette face. 

La zone charbonneuse s'élève jusqu'à la partie inférieure du 
tronc proprement dit. Elle se termine de façon rapide, quoique 
peu nette; on remarque encore un grand nombre de fines lignes 
charbonneuses horizontales, à la base du schiste gris qui remplit 



Kclicllc.io ",.. 
le trône. <V schiste imsso progrcssi veinent, vers le haut, û uu schiste 
ïoneé, dp niyiii'P brunâtre. Le cliaiigemeiit est pavtieulièremiMit 
net au dessus de la hinie eharbonueuse {rli) indi«|uée sur le ei-ociuis, 
fig, i3, à mi-hiiiiteur de la partie seliisteiisc. 

La stiiitifieation de eette masse, soulignée par des filets 
charbonneux, épais de i[uelques dixièmes de millimètre, ainsi que 
l>ar divers mirwirs de glissement, est remarquable. Le rem]diss>ige 
est, en fait, formé par l'empilement de lentilles eoneaves vers le 
haut, ainsi qu'on |>eut le reuiar(|uer sur la figure, à l'allure de 
certaines lignes de eassure {<■). 



— M 289 — 






Il y a, je pense, tout lieu d*ail mettre que nous avons affaire, 
dans ces deux exemples, à des arbres fossilifiés au lieu même de 
leur croissance. 

La chose . ne peut faire de doute pour les troncs debout du mur 
lYArdinoise ; la seule hypothèse de transport possible est écartée, 
tout au moins pour le tronc que j*ai étudié de façon détaillée, du 
fait que la roche qui enrobe le chevelu de ses racines est de même 
nature que le mur normal, auquel elle est d'ailleurs intimement 
liée. 

Mais cette conclusion n'est pas évidente pour le tronc* debout 
découvert dans le toit de Broze^ cai* on ne peut guère, dans ce cas, 
fournil' la preuve directe. La base de l'arbre se perd dans la 
houille ; c'est donc dans cette roche qu'il faudrait rechercher les 
racines et le chevelu. Je n'ai pu me livrer à cette recherche qu'il 
eût, d'ailleurs, été très malaisé de conduire à bonne fin. S'il s'était 
rencontré, à cet endroit, dans les parties supérieures de la' couche 
de houille, des nodules à structure conservée, j'aurais pu espérer 
démontrer qu'il y existait des Stigmaria. Mais on sait que, jusqu'ici, 
ou n'a pas renctontré, dans le Westphalien belge, de nodules à 
structure conservée du type de ceux de la couche Caiharina du 
bassin de la Westphalie et de la couche Eugène, à Peterswald 
(Moravie). Quoiqu'il en soit, il importe de remarquer, d'une part, 
([u'un amas de végétaux peut parfaitement servir de sol de végéta- 
tion, ainsi que M, Potonié l'a surabondamment prouvé dans ses 
études sur les marais tourbeux (5) et que, d'autre part, l'étude 
microscopique des nodules à structure conservée, faite, notaïuuient, 
par M. C.-Eg. Bertrand, a établi, sans conteste, l'existence, dans 
la houille westphalienne, de racines de plantes aquati(|ues fossi- 
lifiées sur place (24, p. 369). 

Néanmoins, il existe des présomptions graves en faveur d'une 
fossilification sur place de l'arbre en question, car la gaine de houille 
brillante qui entourait le tronc et qui représente une partie de 
récoree, se fondait av(*c la veine, où je n'ai malheureusement pu la 
suivre. On n'aper^'oit certes pas distinctement sur la coupe (fig. i3), 
]>armi toutes les larmes brillantes qui traversent le bloc, celle 
qui correspondrait à la base de l'arbre. 11 faut, cependant, consi- 

ANN. soc. OKOL. UK BKIX.Î., T. XXXII. MKMOIUKS. 1(). 



— M 290 — 

dérer rincurvation vers le liant de ces lames, comme Tindice 
qu'une ou plusieurs d'entre elles représentent cette base. On se 
rappellera, en effet, que la surface d'assise du tronc du mur dWr- 
dinoise est en forme de cupule. Il resterait, toutefois, à expliquer lu 
transition de la masse de houille au schiste de remplissage. Cette 
transition est assez brusque et c'est pourquoi je suis- porté à ad- 
mettre que ce tronc n'a pourri que jusqu'à un certain niveau ; ainsi 
qu'il arrive dans les marécages tourbeux, sa base a été tourbifiée. 
Le reste du tronc s'est putréfié par le cœur, puis a été, à un certain 
moment, envahi par l'argile. Celle-ci a pénétré plus ou moins dans 
les tissus supérieurs de la base, incomplètement tourbifiés. Et c'est 
pourquoi nous ne trouvons pas une limite absolument nette. 

Il y a, d'ailleurs, lieu d'observer qu'à défaut de preuve directe 
absolue, nous avons, outre les indices (|ue je viens de rappeller, 
une preuve indirecte. Ij 'arbre se trouve engagé, par sa base, 
dans une roche de nature argileuse et organic^ue, plus ou moins 
sapropéleuse, dont le grain est d'une finesse telle, (ju'on peut dire 
que toutes les autres roches du terrain liouiller sont plus grossières 
que celle là. Il y a donc toute chance qu'il soit fossilifié sur pla<*e. 

Il ne reste, pour se rallier définitivement à cette hypothèse, qu'à 
écarter une dernière objection, celle de rexistence des retrousse- 
ments au contact du tronc. 

« Il y a longtemps », écrit M. de Lapparent (25, p. 952), « que le fait 
» du relèvement des couches encaissantes au voisinage des tiges a 
» été observé. La figure 878, empruntée à rExplication de la carte 
» géologique de France, représente une tige de Calamités, longue 
» de plus de 5 mètres, trouvée en i836 dans l'exploitation de la 
)) fosse Bleuse-Borne, à Anzin, et où ce relèvement est très accen- 
» tué. Or cette circonstance, inexplicable dans l'hypothèse d'un 
)) déi)ot lentement opéré autour d'une tige en place, concorde au 
» contraire avec l'idée d'un transport. » 

Le fait comme on le voit, mérite considération. 

Il est toutefois impossible d'admettre que le banc d'escaillc de 
Broze soit le produit d'une sédimentation rapide. C'est un dépôt 
de v^ase, où l'action de courants violents est inadmisible ; il faut 
donc chercher autre chose pour expliquer le retroussement. 

L'étude du remplissage du tronc est, à cet égard, très suggestive. 
Le remplissage, surtout dans les parties supérieures où le schiste 
devient assez semblable à celui de l'escaille, est stratifié ; mais les 



lits de stratification, qui forment des lignes de cassure facile, 
parce qu'ils sont souvent couv^erts d'une patine grasse, les lits de 
stratification ne sont pas plans. Ils affectent la forme de calottes 
sphériques, concaves vers le haut, ainsi que le montrent les lignes 
(ce) de la figure i3 (*). Il y a donc retroiissement des lits sur les 
deux faces de Técorce. La figure intérieure est celle d'un ménisque. 
Aussi, suis-je porté à croire qu'il s'agit, en Tespèce, de phénomènes 
de capillarité. 

Il se peut, d'ailleurs, que le tassement ait été moins fort aux envi- 
rons de récorce, ainsi qu'on l'a déjà suggéré (13, p. 766). L'attidude 
des végétaux à plat des toits, témoigne de ce tassement (fig. 2, 
6 et 7, pi. XI). 

Quoi qu'il en soit, je pense que le relèvement des bancs ne peut 
être, de fa^*on générale, considéré comme une preuve formelle du 
transport d'un tronc debout, car il peut s'expliquer par d'autres 
liypotèses que celle de courants violents. Mais, en admettant même 
que celle-ci soit la seule accex^table, on ne voit pas quelle différence 
il pourrait y avoir entre l'action exercée sur le dépôt de sédi- 
ment, d'une part par un tronc enlisé sur place, et d'autre part 
par un tronc charrié, qui, engagé par sa base, se tiendrait debout. 

Aussi, doit-on admettre qu'il s'agit vraisemblablement, dans le 
cas qui nous occupe, d'un tronc fossilifié au lieu même de sa 
croissance. 

La conclusion qui se dégage de ces observations sur les 
troncs debout, étant diamétralement opposée à celles que divers 
géologues belges ont été portés à accepter pour tous les cas étudiés 
jusqu'ici, j'ai cru devoir serrer de plus près la question et entre- 
prendre une étude approfondie des travaux antérieurs. 

Il est certain qu'il peut y avoir, dans notre W'estphalien, des 
troncs debout charriés par des courants, puisque, ainsi que je 
l'ai rappelle plus haut, nous y constatons, dans les toits, des atti- 
tudes de végétaux désintégrés, conformes aux lois sédimentaires 
démontrées par M. Fayol. Mais il semblait bizarre que, dans tous 
les exemples décrits jusqu'ici, il se fût toujours agi de troncs 
charriés. 

A vrai dire, M. G. Sehmitz a signalé un cas analogue à celui 

(^) Semblable fait a été relevé sur un des arbres dont parlent Dufrênoy et 
Klie de Beaumont (13, p. 7OG). 



— M agi — 

du tronc debout du mur d'Ardinoise dans le mur de la veine 
Deux-Laies, en plateure à Tétage de 4^5 mètres du puits n** 3, dit* 
la Boule, des Charbonnages de Rieu-du-Cœur, à Quaregnon, sans 
cependant en donner d'autre description qu'une figure d'ailleur» 
schématisée (20). M. G. Schmitz semblait bien convaincu de la 
croissance sur place de cet exemplaire, bien qu'il ne dise, ni ne 
montre y avoir constaté l'existence du chevelu des racines. 

Mais ces cas n'apportent guère d'éléments nouveaux, puisque 
ces troncs se trouvent dans une roche qu'il faut considérer comme 
un sol de végétation pétrifié. Ils nous apprennent, certes, que les 
Stigmaria ne représentent pas une végétation spéciale et qu'ils 
ont donné naissance à des tiges aériennes. Mais cette constatation, 
capitale pour la paléobotanique, peut être considérée comme secon- 
daire au point de vue géologique. 

Le gisement classique des troncs debout, c'est le toit. Or, de 
tous les troncs constatés dans les toits, aucun de tous ceux qu'on 
a étudiés jusqu'ici dans les bassins houillers belges, n'a été consi- 
déré comme étant en place. Dans le bassin houiller du Pas-de- 
Calais, M. Ch. Barrois a rapporté avoir vu, au toit de la veine 
n" £6, à la fosse 5bis des mines de Bruay, « un gros troni' de 
» SigUlaria debout, qui paraissait en place, avec ses racines 
» rampant àla surface de la veine»; M. Barrois ajoute: « le 
» schiste de ce toit, très fin, est rempli de fougères étalées, 
» délicatement conservées, parmi lesquelles dominent les Nevrop- 
» teris et Alethopteris, et leurs pinnules sont chargées de coquilles 
» de Spirorbis piisiUus, Martin sp, » (26, p. 5i). C'est, à ma 
connaissance, le seul cas où on ait conclu à la fossilification sur 
place d'un tronc debout conservé dans le toit d'une couche du 
bassin franco-belge. 

Nombreux sont, cependant, les doutes qui se sont élevés dans 
mon esprit, au sujet de l'origine sédimentaire de la position 
« debout w des troncs signalés jusqu'ici en Belgique. Je ne crois 
pouvoir mieux terminer ce chai)itre qu'en les soumettant au 
lecteur. 

Des trois troncs debout étudiés par M. X. Stainier au (Miarbon- 
nage de FalisoUe (4), le seul qui ait pu faire l'objet d'un examen 
approfondi, était un tronc de forme conique, de gninde hauteur. 



M agS - 



qui se trouvait empêtré dann un 8cliit*tegris, dur, compact, on les 
joints de stratification étaient peupei'ceptiblea. 

Sa base, i^ur laquelle on distinguait, »nr lafaceest-uitest, deux 
moignons de nvcinus « nettement terminés par une surface lisHC 
)i arrondie mémo sur les arêtes », était enfoncée de 2 à 3 centi- 
mètres dans une couclie de schiste charbonneux avec lits minces 
de chai'bon brillant. Cette couche qui avait o"ao à o™a5 de puis- 
sance sons les arbres, s'amincissait en s'en écai'tant et finissait 
par ne plus constituer qu'une ligne noire cLarbonneuse, ou passée 
de veine. 

La Btampe, épaisse de 8 mètres entre cette passée de veine et la 
couche I/tunbiotle sous-jacente, était constituée, au haut, par une 
roche un peu grossière, rappellant le mur et contenant, en 
outre, des radicelles de Sligmuria, dos frondes de fougères et des 
débris de tiges de (^alatniiex, disposés ù plat. Plus bas, la roclie 
devenait plus feuilletée et présentait, contre ta conche, les ctirae- 
t*'rcs d'un toit. Le tronc debout ne possédait pas d'enveloppe 
charbonneuse. 

,ïc complète ce résumé par la reproduction d'une partie des 
figures originales (fig. 1,4 et i5i ('). 

B, « ^ 




S (fin. i4) Cl B11 long ifiji. i5) <lu l>mi\eiiii où fiiiiMit 
leH tiMiK-H ileboiii au Cliiirbiiiiniige clc FiilisoUe. 
ii-o (lo M. X. Stitiiiiei-, fij;. a el 3, pi. IV . 



( ' ( I-'iirlu* flBuri? il «li-oile ilii liimc t'iiiiic|iie. niiinil visible i|ue ]iHr la 
Ifi>int«. lurs (le lu vmite <le M. Siaiuler. Lu prolontiiitlon de la Kulerte néces- 
aitasa desM'iK.'tioii. 



- M 294 — 

Voyons, à présent, les raisons qui font admettre à M. Stainier 
(j[ue « ces arbres ne sont pas en place », mais qu'au contraire, 
» arrachés de leur sol natal i)ar la violence des eaux, ils ont été en- 
» traînés au loin et sont venu s'enliser là où nous retrouvons au- 
» jourd'hui leurs débris ». J'examinerai successivement chacun des 
arguments présentés. 

Je reproduis textuellement l'exposé du premier : 

« a. Tout d'abord, » dit M. Stainier, «si ces arbres étaient en pla^'c, 
» ils se trouvent, pour nous montrer les caractères de troncs en 
» place, dans une situation bien plus favorable que ne le sont la pla- 
» part de leurs congénères que l'on découvre dans les charbon- 
» nages. » 

On ne peut que partager cet avis. Les figures reproduites ci- 
dessus montrent combien grandes ont pu èti'e les facilités d'obser- 
vation ( 4, p. 69) . 

ce Dans l'immense majorité des cas, en effet, » continue M. Stainier, 
(( les troncs que l'on découvre se trouvent dressés immédiatement 
» sur la couche de charbon qui, on doit en convenir, ne devait pas 
» présenter un sol bien favorable au développement d'un arbre ». 

Cette affirmation est fortement mise en. doute, pour ne pas dire 
réduite à néant, par les observations faites dans les marécages 
tourbeux. Des végétaux en voie de tourbification peuvent parfaite- 
ment servir de sol de végétation à des arbres de grande taille. 

« Tel n'est pas le cas ici :Nos troncs», i)oursuit M. Stainier, « re- 
)j posent sur un banc de cette roclie que les partisans de la formation 
» de la houille sur i)lace considèrent comme le sol dans lequel se sont 
» implantés les végétaux hou i 11ers. Si nos arbres étaient en place, 
» on devrait dcmc voir ici leur souche émettre en tous sensdopuis- 
» santés racines en rapi>ort avec les dimensions des arbres et s'insi- 
» nuant de tous côtés dans le banc sous-jacent. Ici, rien de tout cela. 
» A peine quelques petits moignons de racines n'ayant aucune rela- 
» tionavec les fragments is(»lés etépars de radicelles qui se trouvent 
» dans le même banc, fragments qui se montrent bien aussi comme 
» étrangers à la roche ({ui les renferme. Dans ce prétendu sol, nous 
» voyons, sous Tarbre lui-même, des végétaux disposés à plat comme 
» ceux qui se déposent au milieu d'un sédiment en voie de forma- 
» tion ». 

J'ai établi ci-dessus que la présence d'empreintes de toit dans 
un mur, ne modifie en rien le caractère essentiel de cette roche. 



— M agS — 

li'argumentation de M. Stainier ))araît, d'ailleurs, être en contra- 
diction avec la description rappellée ci-dessus et avec ses croquis. 

L'arbre reposait, non directement sur le mur, mais sur une cou- 
che épaisse de 20 à 25 centimètres de schiste charbonneux, dans 
laquelle il pénétrait de 2a 3 centimètres ',4, p. 78^. Mais M. Stainier 
u (*ru pouvoir rattacher cette couche au mur dans son argumen- 
tation. De là, ainsi qu'il a bien voulu me le dire, l'apparence de 
(contradiction. 

Il me parait, cependant, que le mode de fossilisation de végétaux 
peut avoir été très différent dans un schiste charbonneux et dans 
un schiste franc et que, dans ces conditions, la recherche des 
prolongements des racines est tout aussi délicate que quand le 
tronc repose sur la couche de houille. 

« h. Le fait de voir nos troncs bien perpendiculaires aux bancs, 
»> comme le seraient des arbres réellement en phice, ne constitue 
» nullement une preuve, comme on l'a dit tant de fois. On sait, en 
» effet, que de nos jours encore les arbres emportés par les courants 
» flottent les racines en bas, étant donné que le centre de gravité se 
)> trouve très près de la souche. Ce qui est vrai de nos jours était 
» encore plus vrai à répo([ue houillère, avec des troncs coniques 
» comme les nôtres, troncs, eu outre, presque creux, n'ayant qu'une 
>i mince écorce ligneuse. » 

Cet argument se borne à rappeller des faits généraux, mais il ne 
rappelle qu'une partie des faits : ceux relatifs au flottage. M.Fayol 
a recherché si cette attitude debout se (»onserve lors du dépôt ; 
et il a constaté, ainsi (pie je l'ai rapi)clé ci-dessus, que l'arbre a 
d'autant plus de tendance à se coucher, (pie le grain de la roche 
(*st plus fin. Or, d'après la h'^gende de la fig. 2 de la planche IV, 
Tarbre, engagé faiblement par sa base dans une « couche de schiste 
» charbonneux avec lits minces, brillants, de charlxm » (n" 11 des 
croquis), était enrobé dans un «schiste gris dur bien stratifié vers 
» le haut, devenant plus compact au voisinage des arbres, où les 
» joints de stratification sont p(ni perceptibles )> (n" 10 des croquis, 
fig. 14 et i5) . 

Le fait que ce tronc soit debimt dans un schiste, ne plaide-t-il 
pas plutôt en faveur de sa fossilification sur place ? 

« t\ On ne peut guère se figurer)), écrit encore M. Stainier, « com- 
♦> nient tm pourrait concevoir des arbres grandissant sur place dans 
» des conditicms générales de gisement comme celles que nous avons 



— M 296 — 

» dans ce gîte de FalisoUe. Il faudrait admettre pour cela que la sur- 
» face de la eou(^he Lanibiotte fût venue à un moment donné à la 
» surface des eaux, puis, tout à coup, il y aurait eu un envahissement 
» rapide de la mer, puisque dans le toit du veiniat de LambioKe on 
» retrouve, non seulement dans tout le charbonnage de Falisolle, 
» mais dans tous les charbonnages voisins, une abondante faune de 
» poissons marins. Une telle transformation de conditions : passage 
» d'un état ccmtinental à un état marin, devrait être accompagnée de 
» ravinements, de transformations lithologiques dont on ne retrouve 
» pas la moindre trace ici. » 

La première remarque qu'il importe de faire ici, est que les ca- 
raetères de la formation houillère sont essentiellement locaux, 
li'ensemble est formé, sauf de très rares exceptions, par un 
iiiibriquement de lentilles plus ou moins développées. La régi<m 
en questicm semble bien avoir été le théâtre de phénomènes spé- 
ciaux à cette époque, car voici en quels termes M. X. tHiii- 
nicr, partant de la notion du transport, explique ce qui s'est 
l)assé: (4, p. 75.) « (L La sixième plateure de la veine Lambioftc 
» se trouve dans une région où il y a eu un apport plus considé- 
» rable de matériaux. En effet : 

» V Dans cette sixième plateure, la veine Lambiotte, dont 

» nous avons donné plus haut la composition (*), n'a que o™6o de 

«charbon (abstraction faite du veiniat). Ici, dans les tailles de 

» la voie de niveau de 328'"3o (-^ notamment, la composition est 

* » la suivante : 

» Charbon i"*(H) 

» Ilavage dur o"*o2 

» Nulle part dans le charbcmnage, la veine n'a été si belle ni si 
«puissante (une veine de i mètre de charbon sans aucune inter- 
» calation est fort rare en Belgique). 

« 2° Immédiatement après la formation de la veine, il s'est pn>- 
« doit un nouvel apport de matières végétales caractérisé sur- 
» tout ])ar la présence de ti'oncs do grandes dimensions. C est à 
» la présence de ces nouvelles matières qu'est due la formation de 
)) cette petite couche charbonneuse ({ui n'est connue nalle part 

t'i » Veiniat : Charbon o"'î2(). 

» — Schiste tîharboyneux o'"20. 

» Veine : Cliarhon o'"()0. 

(■-) Peu au-clesKUs <ln ]>oint où furent rencontrés les arbres. 



— M 297 — 

»ailleui-s dans cette région. Il est fort probable que cette eouehe 
») mince charbonneuse n'est pas autre chose que le résidu de la 
)) décomposition de toutes les parties végétales arrat»hées pendant 
») le transport et surtout pendant l'enlisement à ces troncs et à 
» d'autres qui existent peut-être aux alentours. Ainsi s'explique- 
» rait l'épaississeraent de cette couche charbonneuse dans les 
» envirtms du tronc. 

» 3® Il s'est ensuite produit dans cette région une accumula- 
» tion inusitée de sédiments qui a provoqué l'écartcment insolite 
» du veiniat d'avec la veine. Gnice aux coupes des bon veaux c et 
»/", on voit que cet accroissement de sédiment est surtout de 
» nature sableuse. 

» Dans le bouveau /*('), on ne. voit entre le veiniat et la veine 
» qu'une mince couche de psaminite, tandis que dans le bouveau e, 
)i situé dans une région où le veiniat est encore plus écarté de 
» la veine, on voit s'intercaler un horizon épais de grès. » 

La région est donc spéciale. Il y a éi)aississement de la 
stampe entre le veiniat et la veine Lambiotte. 

Cet épaississement n'est nullement une conséquence du plisse- 
ment, bien que l'on se trouve ici dans le voisinage du crochon de 
tète, car la coupe du travers-bancs f montre une succession 
régulière de bancs, entre la veine et le veiniat; en outre, les troncs 
ne sont pas déformés. (\»s i)hénomènes sédimentaires locaux sont 
caractérisés surtout par Tapparitiim d'une passée de veine, schiste 
charbonneux, peu au-dessus de Luinbioite. 

M. X. Stainier peut-il, dansées conditions, faire état d'un fait 
qu'il dit être normal, pour écarter l'hypothèse d'un enlisement sur 
place ? Peut-il, d'ailleurs, conclure que parce que le toit du veiniat 
de Lambiotte renferme une faune marine, le mur de ce même vei- 
niat, c'est-à-dire riutereahition entre le veiniat et la passée de veine 
dans laquelle furent découverts les troncs debout, est, elle aussi, 
d'origine marine t 

La chose ne me paraît guère admissible, puisqu'il s'^igit d'un 
dépôt très local. Serait-il enfin besoin de supposer, pour pouvoir 
admettre <iue (»es arbn»s stmt en placée, (juc la couche Lumbiotic 
fut venue, à un moment donné, à la surfa(»e des eaux ? Non, car les 
Stifçniaria, de même que la prescpie totalité des plantes houillères, 
avaient un habitat marécageux. 

s}) Celui où furent découverts les arbres. 



— M 298 — 

Se basant sur les faits acquis, voici quelle est l'idée qu'il me 
semble possible de se faire, sans théorie préconçue, de la suite des 
phénomènes. 

Après la formation de la couche Lambiotte, tandis que, dans la 
plus grande partie de la région, se déposait une couche de schiste 
charbonneux, il y a eu ici un important apport de sédiments terri- 
gènes. Cet apport a, cependant, subi un instant d'interruption, car 
il s'est implanté, dans cette boue, une végétation de Siigmaria qui, 
ainsi que nous l'avons vu ci-dessus à prox)os du cas dW rdinnise, a 
pu être en relation avec des troncs debout. Il s'est déposé, sur ce sol 
de végétation, une mince couche de schiste noir, charbonneux, avec 
des lignes minces de charbon brillant. En examinant de près ces 
lignes brillantes, dit M. Stainier (p. 78), on voyait qu'elles étaient 
formées de végétaux houillifiés, spécialement de grands morceaux 
paraissant être des morceaux d'écorccs. Puis la sédimentation t<*r- 
rigène a repris avec une intensité plus grande. Ces argiles et sables 
déposés, le veiniat de Lambiotic s'est constitué, ici, comme dans 
le reste de la région. Une invasion marine mit fin à sa formation. 

Dans ces conditi(ms, le tronc n** i peut-il être considéré comme 
fossilifié sur place ? 

Peut être oui ; car ses conditions de gisement sont très analogues 
à celles de l'arbre découvert dans rescaille de liroze.ïiii puits Sacré- 
Français. 

P]n tous cas, il n'existe, ce me semble, en faveur de son apport 
par flottage, aucun argument décisif. Qu'il repose sur le mur on 
sur la couche schisto-charbonneuse, le tronc se trouve sur un soi 
propre à la végétation. Il n'est, d'autre part, pas prouvé qu'il y a 
lieu, après la formation de la passée de veine, à un retour rapide et 
offensif de la mer, qui aurait fauché tout arbre (lui se serait trouvé 
encore debout. Ce retour n'est établi que pour le veiniat de Lani- 
biotte. 

Le fait que le tronc est renfermé dans un banc schisteux est, 
d'autre part, une objection sérieuse à l'hypothèse d'un charriage. 
La présence d'un cône de charbon à la base du tronc est, d'ailleurs, 
difficile à éclaircir dans l'hypothèse d'un transport. 

M. Stainier explique « l'épaississement de la couche charbon- 
» neuse aux environs du tronc, en a<lmettant que cette mince ct>u- 
» che charbonneuse n'est pas autre chose que le résidu de la décom- 
» position de toutes les parties végétales arrachées pendant le trans- 



— M 299 — 

» port et surtout pendant renlisemcnt, à ces troncs et à d'autres qui 
1) existent peut être aux alentours. » 

L'explication me paraît difficilement acceptable, car la base 
(lu tronc n'était enfoncée que de 2 à 3 centimètres dans Tamas 
charbonneux. Si l'on admet que le tronc a été amei^é par flottage, 
il est évident que les matières qui ont constitué l'amas charbon- 
neux étaient, pour la plusgrandc partie, déposées avant que le tronc 
ne vienne à s'échouer. Mais alors, pour quelles raisons le tronc 
se serait-t-il arrêté au beau milieu de ce cône charbonneux ? C'est 
00 que je ne saisis pas. 

X'est-il pas plus simple d'admettre que ce cône représente les 
racines qui, se trouvant sous le niveau des eaux, se sont tourbi- 
fiées ? On peut certes objecter que deux moignons de racines 
sont conservés, non en charbcm, mais en pierre. Ce fait signifie 
simplement que ces racines, tout comme le tronc, se sont putré- 
fiées. jGrrace à leurconnexion avecle tronc, elles ont pu être plus pro- 
fondément atteintes. Mais cette attaque s'est, ainsi qu'il se passe 
dans les tourbières modernes, limitée à un certain niveau. L'ex- 
plication se concilie, d'ailleurs, parfaitement avec le fait que ces 
moignons étaient nettement terminésparunesurfacelisse, arrondie 
même sur le's arêtes, car les mouvements produits dans les roches 
parle plissement doivent avoir entraîné la destruction de la liai- 
son entre les parties carbonifiées et les parties pierreuses. 

Il importe encore de remarquer que, parlant du second tronc 
très fruste, découvei't contre le premier, M. Stainier (lé(*lare que 
« sa base se fondait aussi insensiblement avec la couche charbon- 
i» neuse ». 

N'est-ce pas là un argument important en faveur de la fossilifi- 
cati(m sur place ? 

* 
* * 

Le gisement d'Oignies-Aiseau a fait l'objet de deux descriptions. 
Tune de M. X. Stainier (21), l'autre de mon collègue, M. A. 
Bertianx (22). 

Les troncs ont été rencontrés dans une galerie à travers bancs à 
l'étage de 32o mètres du puits n** 5, dans le toit immédiat de la 
couche Grand-St-Martin, aux points de recoupe de deux dressants 
de cette veine. 



— M 3oo — 

Il y a lie» de distinguor. dans ce gite. ti-ois parties bien diffi-- 
rpntes : 

i" La première décrite par M. Stainier ot par M. Bvrtiaiix, com- 
prend un Kcal troue long de (> mètres, placé hori/.nntulement, mais 
géolo}ciquemovt deliont. 

Son profil est visible surla fignrc 16, dctiwliée du travail de 
M. titainier. 



Ffft. 16 

Vue un Ioiif; lie In ]>uri>i ilu bituvoau il ^lun m. «lu |>ults n" Ti ■le> 

('linrliininiiRe» (1'()if;i)îeN-AiMenii. K\tnitt ilu mémoire <le 

M. Mtaiiiiei-. ti({. i, pi. VI). 

Il était empêtré dans un schiste psammitique (silifcux) niicaci', 
cbai'gé de débris de végétaux, Culuiiiilea, et pénétrant, par son 
extréniité arrondit;, dans Ip mur d'une veinette. 

Il otail cisaillé du ct'ité de la base par une petite faille; d'aprc- 
une communication faite au\ autcnrs par M, Tbirian. directeur 
des travaux, on aunilt recoupé, en creusant une galerie de niveau 
dans la eoucbc, à »i"'5o de la paroi du travers- bancs, un débris de 
ti-one, <'ompris entre le plan de faille et la couebe, et qm paraissait 
bien être la base du tronc de6 mètres. Ni M. Stainier, ni M. Itcr- 
tiaux n'ont pn étudier les conditions du gisement de cette base. 

Nous sommes donc privés, ainsi que le remar«iue M. Stainier. 
des éléments les plus intéressants pour trancber la question 
d'origine. 

I,a seule remarque que l'on puisse faire, est que le sédiment 
encaissant étant une roelie argileuse, il y a moins de probabilité 
en faveur d'un cbarriage que pour une fossilifi cation sur place. 

2",M. Stainier renseigne qu'iiau dessus du trône principal, il y a 
»un arbre plus mince, tjui, lui, se trouve de l'autre côté de la]failli' 
» et nous montre ses relations avec la eoucbe. Ce petit arbre ne 



— M 3oi — 

)» vient pas en contact avec la veine, mais on le voit en quelque 
» sorte se fondre et disparaître dans une couche de schiste forte- 
yy ment rempli de débris végétaux charbonneux. II est impossible de 
M rendre exactement par le dessin (fig. i6)la fa<^'on dont se fait cette 
» terminaison inférieure de Tarbre ( ), mais l'impression que 
» l'observation nous a laissée est qu'il n\v a pas là d'apparence d'im- 
)> plantation naturelle d'un végétal dans son sol nourricier. Un 
» arbre bien implanté se montre sous le sol étendant, en tous sens, 
n son système de racines de plus en plus divisé, mais on ne voit pas, 
n comme ici, l'arbre passer, en quelque sorte, par transition insen- 
)i sible au sédiment voisin » (21, p. 542). 

La seule remarque que je me permettrai de présenter est qu'il 
eut été intéressant de savoir si le schiste voisin renfermait des 
radicelles et plus particulièrement des Stigmaria et que, d'autre 
part, certains végétaux, tels les (^Hlumites, ne possédaient pas un 
système radi(»ulaire aussi déveloi>pé que, par exemple, les Lepido- 
(lendron. Il eut donc été intéressant de savoir à quelle espèce 
(m avait affaire dans ce cas. 

3" M. Bertiaux a étudié, outre l'arbre de 6 mètres, deux troncs 
situés dans le toit du deuxième dressant de Grand-Saint-Martin, Ces 
tnmcs, longs de i'"2o, s'étendaient du faux-toit de la veine à un 
même plan de stratification ce qui n'était pas très nettement 
» marqué ». 

Le seul d'entre eux qui ait été examiné en détail, se terminait 
par une surface de fracture assez compliquée, ne présentant aucune 
trace de branche ou de racine. Ce tronc montrait, à la base, quel- 
ques fines lamelles de calcite et des taches blanches de pholérite. 

Son sommet finissait par une surface légèrement arrondie, sa 
sui-face étant presque entièrement glissée. Il était rempli d'un 
schiste psammitique avec débris de ( Calamités et se trouvait empâté 
dans un schiste également psammitique avec débris de (Jalamites 
Suckowi et de Sphenophyllum. 

M. Bertiaux conclut que « les conditions de gisement de ces 
i> troncs debout ne paraissent pas décisives pour permettre de se 
» prononcer en faveur de l'une ou l'autre théorie ». 

Je me bornerai à faire remarquer que les probabilités sont, 
dans ce cas encore, plutôt en faveur d'une fossilification surplace. 

(*) A en juger par le croquis, un le croirait implauté. 



— M âoa — 

La liaison de l'arbre et du faux-toit (schiste charbonneux) a 
vraisemblablement été détruite ici par un glissement qui s'est 
produit à la limite des schistes et des roches charbonneuses. C'est 
là un fait courant sur lequel je reviendrai bientôt. 

4^ M. Stainier a, à l'occasion de la découverte de ces troncs 
debout, rappelle une observation qu'il avait eu l'oc^casion de faire 
au puits n° 14 des Charbonnages de Monceau-Fontaine. Il s'agit 
d'un fragment de tronc de Calamités. « Ce tronc se trouvait au toit 
» de la première veinette, que l'on observe dans ce boiiveau sous la 
» veine Grande- Pieuse. Ce tronc, d'environ o™6o de long, était coupé 
» en deux par un rejet produit par une faille empruntant vraisem- 
» blablement un joint de stratification. Mais la chose importante, 
» c'est que ce tronc venait dans le bas se terminer brusquement et 
» nettement contre im petit banc de grès, alors que la roche encais- 
» sant le tronc est du schiste psammitique bien différent. La 
» séparation entre les deux roches est très nette et il n'y a à la base 
)) du tronc aucune trace de racine. Il s'agit bien ici d'un arbre 
» emporté et brisé par les courants, emporté plus ou moins loin de 
» son sol natal et mêlé ultérieurement aux sédiments. » (21, p. 543). 
L'évidence de cette conclusion ne me pai'aît pas s'imposer, à s'en 
rapporter à cet exposé. En fait, il s'agit, ainsi que le montre le 
croquis reproduit ci-contre (fig. 17), d'un débris de tige debout, 

limité àdeux joints de stratification et cisaillé. 

en son milieu, par un joint intermédiaire. Ce 

joint est affecté d'un rejet; c'est là chose assez 

courante. Le plissement des cou<*hes entraîne 

forcément des déplacements relatifs des lits. 

Ces déplacements ne sont pas toujours des 

mouvements suivant l'inclinaison ; ils sont, 

peut-on dire, généralement gau<*hes. L*arbre, 

I^Kj j-, limité par deux joints de stratification, peut 

Vu© en long de la paroi parfaitement s'être primitivement prolongé 

du bouveau p^p (je|.\ ^*Qf^ deux joints. Les portions extrêmes, 

ùGHSm.dupuitsn" i4 ^^ ^^,^^^ notamment, peuvent, comme celle de 
de Moneeau-l'ontaine. ^ ^ *, 

(Extrait (hi mémoire l'^ii'^re de 6 mètres d'Oignies-Aiseau, avoir été 

de M. Stainier déplacées latéralement de (|uelques centimè- 

fig. 3, pi. VI). très et, partant, n'ctrc pas visibles sur la paroi 

du travers-bancs. 




— M 3oâ — 

M. Stainiera, cependant, bien voulu me faire remarquer qii^ayant 
examiné spécialement cette objection lors de l'étude sur pla(»e, il 
avait acquis la conviction qu'il n'y avait pas eu glissement entre le 
banc de grès et celui de schiste. 

Je ne puis, évidemment, rien objecter à cette remarque, sinon que, 
pour pouvoir conclure franchement qu'il s'agit d'un débris charrié, 
dans le cas de pareille découverte, dans des terrains soumis à des 
plissements intcnises, il faudrait trouver la terminaiscm du tronc 

en plein banc. 

* 
* * 

Le gisement de troncs debout du puits St-Charles des Charbon- 
nages de Monceau-Baycm ont, décrit par M. Smeystcrs (23) com- 
prend deux parties. 

La première ne comporte qu'un seul tronc découvert dans la ]>a- 
roi d'un travers-bancs, peu en-dessous de la couche Crèoccœiit\ 
("est un Sigillaria de o™3o de diamètre, assez déformé, ciui, 
visible sur toute la hauteur de la paroi, 2"*5o, se prolongeait tant 
vers le haut que vers le bas. Xi sa tête, ni sa base n'ont été ex])lo- 
rées. Le tronc, sensiblement vertical, était engagé dans un psam- 
mite nettement stratifié, dont les bancs inclinaient de 20** au Sud. 
Son écorce charbonneuse entourait un moule de psammite dans 
lequel on a retrouvé des débris végétaux étrangers. 

Comme on le voit, il n'y a guère moyen de décider s'il s'agit d'un 
arbre charrié ou d'un tronc en place. 

Un groupe de quatre troncs a, d'autre part, été mis à découvert 
par l'ouverture d'une voie dans les remblais de Crèvecœiir, 

Ces quatre troncs, sensiblement perpendiculaires aux strates, 
étaient engagés dans un schiste franc. Ils s'évasaient progressi- 
vement vers le bas; l'und'eux, pénétrant dans le faux-toit, montrait, 
à sa partie inférieure, des traces de racines à ornementation de 
Stig^maria. La dislocation des terrains et la disparition de la couche 
n'ont pas permis de pousser plus loin les constatations. M. Smeys- 
ters a, d'ailleurs, fait remarquer que les figures qu'il adonnées des 
«conditions de gisement de ces troncs étaient des reconstitutions. 

Ces dessins donnent, certes, l'impression qu'wonnesetrouve pas 
» en face d'arbres fossiles ayant cru sur place, mais bien d'épaves 
» charriées et échouées à l'endroit où Texploitation les a fait dé- 
i) couvrir w. Mais i^eut on considérer cette impression comme 
devant entraîner la conviction ? 



— M âo4 — 

Il a été impossible, les terrains étant disloqués, d'étudier les 
relations existant entre la base des troncs et la houille schisteuse, 
faux-toit, qui surmontait immédiatement la couche. L'absence de 
racines complètes ne peut donc être considérée comme si^nifi- 
<*ative. Quant à la preuve indirecte, elle est en faveur d'une 
fossilification sur place, puisque la roche encaissante est un roc, 
schiste, bien caractérisé. 

De tous les cas signalés jusqu'ici en Belgique, le plus important 
est, sans conteste, celui du dressant vertical de la couche Gramlv- 
Veine^ à l'étage de 4^)9 mètres du siège du Grand-Bac de la Société 
anonyme du charbonnage du Bois-d'Avroy, étudié et décrit par 
M. G. Schmitz (19). 

Il s'agit de trente trois troncs debout, empêtrés dans un «schiste 
» gréseux » et répartis sur une longueur de95 mètres, dans la pan»i 
nord de la voie de niveau qui, ouverte dans la couche, mesurait 
2 mètres de hauteur. 

Presque tous possédaient une gaine (dmrbonneuse. Un grand 
nombre d'entre eux étaient des sigillaires. Leurs bases appai'ais- 
saient comme des circonférences sur « la paroi lisse et brillante du 
» toit ». La planche jointe au mémoire original, montre que ces 
troncs étaient assez régulièrement répartis. 

Le banc immédiatement sous-jacent était un faux-toit, schis- 
teux et noir, contenant, surtout à la partie supérieure, de nom- 
breuses empreintes à plat. En -dessous venait la couche Grande 
Veine en un lit. 

La répartition de troncs paraît être une circonstance « plutôt 
» favorable à l'idée d'une trouvaille in loco nalali. 

» Mais »,' écrit M. G. Schmitz, « deux autres conditions s'y oppo- 
» sent absolument, et c'est sur celles-ci qu'il nous faut insister. 

» La pi'emière, c'est que les souches sont nettement arasées à 
» l'approche de la couche de houille. La plupart vont, de plus, en 
» accentuant très fort l'évasement qui est naturel aux troncs près de 
» la naissance des racines. Cet épanouissement est si accusé que 
)> M. l'ingénieur Bogaert n(ms fit obscrver,avec raison, qu'il serait 
» contre nature d'attribuer au végétal une progression de cette 
» allure pour lui faire atteindre le mur de la couche. 

» On ne i>ourrait pas davantage songer à enraciner les souches 

» dans le toit lui-même. La transition normale de la roche stérile à 
9 JANVIER 1906. 



— >f 3o5 — 

» ia houille, qui sépare la base du tronc du sorumet delà i*ouehe,est 
» à peine de quelques centimètres de scliiste charbonneux. 

» Nous n'avons rien remarqué de ce que figui'c souvent M. 
w Grand'Eury. Nulle part, dans notre gisement, le tronc ne se 
» trouve à la distance voulue pour permettre aux racines de pren- 
» dre leur développement, tout en respectant, avec un soin scru- 
» puleux, le domaine du lit houi lieux. 

» Ces scrupules seraient d'ailleurs ici superflus, comme va le 
» montrer la seconde circonstance, de loin plus grosse en consc- 
» quences. I^es souches i, i5, 26 et 3 1 de la planche v(mt la mettre 
») en lumière. 

M Malgré leur faible épaisseur, les feuillets du fa.iix-ioit, qui font 
». passer le schiste psammiteux du toit au charbon de la couche, 
» contiennent des empreintes assez variées. Entre autres, nous y 
« avons relevé la présence de nombreuses tiges de Lycopodinées et 
»> d'Equisétinées aplaties et couchées « plat. Or, parmi ces tiges, 
« quatre sont appliquées dans la position horizontale sur la base 
» même des quatre troncs-debout eu question. Elles se trouvent 
» tellement appliquées sur les troncs que leurs empreintes passent 
» comme une sécante à travers la base du cylindre ai*asé. L'em- 
» preinte, bien marquée de part et d'autre sur les l'oches encais- 
» sautes. Test tout aussi bien sur la base même du tronc; sa netteté 
» se trouve un peu compromise là où passe r(»empreinte en creux» 
» de M. Briart. 

» Impossible donc de prétendre que ces souches soient in loco 
)i natali et qu'elles aient poussé leurs racines malgré la présence de 
» tiges qui s'appliquent sur la surface même de leur base arasée ». 

Cette argumentation repose, enpremier lieu, sur une hypothèse. 
Elle suppose, en effet, que les arbres en question ne peuvent avoir 
été enracinés dans la couche de houille. 

Il parait y avoir là une idée précon^'ue. Pourquoi les racines 
des arbres debout devraient-elles respecter la couche de houille ? 
Si cette houille résulte de l'accumulation sur place des forets fos- 
siles, pourquoi se refusera admettre que, primitivement, les arbres 
n'aient pu se développer à la surface de cette i< tourbe » ainsi qu'il 
aixive dans les tourbières boisées (16, p. aSS). Vouloir que ces 
arbres aient leui*s racines enfouies dans le mur au-dessous d'une 
épaisse couche de végétaux en voie de tourbificatiou, serait d'ail- 
leurs méconnaître les conditions végétatives des plantes. Il n'est 

ANN. soc. GKOL. DK BELU. T. XXXH. .MKMOniES, !20. 



*— M 3o6 — 

donc que très naturel que la plupart des troncs affectent Tallare 
de souches au contact du faux-toit. Ce fait plaide, tout comme la 
répartition des troncs, en faveur d'une fossilifieation surplace. 

M. G. Scliinitz fait, en second lieu, abstraction d*une des prin- 
cipales circonstances de gisement : la couche, à l'endroit où les 
arbres ont été découverts, est en dressant. C'est chose bien con- 
nue (|ue, dans les terrains en dressants, les phénomènes de lami- 
nage des couches sont fréquents. L'examen des coupes de nos 
charbonnages, de même que l'étude de celles des Alpes, par 
exemple du massif du Bantis que j'ai eu la bonne fortune de par- 
courir, Tan dernier, sous la conduite do M. Heim, permet de 
saisir toute rimx)ortance et toute la généralité du fait. Or, il y a 
certainement eu, dans la région où furent découverts les troncs, 
d'importants glissements entre le toit et le faux-toit. Car la surface 
de celui-là était « lisse et brillante ». 

Quelle import«.nce peut-on donc, dans ces conditions, attribuer 
au fait (pie les souches étaient nettement arasées à l'approche de 
la couche de houille, au point que leurs bases apparaissaient comme 
des cîrconféren(îes sur la paroi lisse et brillante du toit ? 

Aucune, je pense. Si la couche Broze ava;it été soumise à on 
plissement intense, dans la région du puits Sacré-Français, où fut 
découvert le tronc debout décrit ci-dessus, il y aurait eu glisse- 
ment relatif de l'escaille et de la couche, suivant la surface de se 
l)aration la plus facile, c'est-à-dire suivant la dernière lame de 
charbon. (*elle-ci affectant une allure convexe vers le haut, nous 
auricms pu remaniuer, dans le toit, après enlèvement de la veine 
cette « empreinte en creux qui circonscrit une surface grossière- 
» ment circulaire », que Briart a signalée (87, p. 838) comme cara- 
ctérisant la base des troncs debout. 

Une souche en liaison étroite avec la veine peut donc avoir vu 
cette liaison détruite par suite des plissements ultérieurs. 

Le premier argument ne porte donc pas. Il en est de même du 
sc(*ond. Nous savons, en effet, que laprésence de végétaux à plat en- 
dessous d'un tronc n'est paslapreuvequele tronc aété amené en ce 
])oint par flottage. T^e fait est du même ordre que la présence 
d'emi)reintes de toit dans un mur. 

Mais il y a plus ; les ])ositions relatives actuelles du tronc debout 
et des végétaux à plat, peuvent n'être que le résultat du plissement. 
Car il y a eu glissement relatif du toit et du faux-toit, glisse- 



— M âo7 — 

ment accompagné, du reste, de laminage, qui peut avoir fait 
disparaître une partie du faux-toit et avoir amené les débris à 
plat en contact avec le remplissage sehistenx du tronc. 

Il est d'ailleurs à remarquer, tant à propos de ce cas, que des 
précédents, que les conditions générales de gisement renseignées 
par nos confrères, ne sont nullement celles du ce banc des ro- 
») seaux » de Commentry (15, pi. XIV). Puisque les terrains en- 
caissants sont des schistes, il devrait y avoir, si ces troncs 
étaient charriés, à côté des tiges dressées, de nombreuses tiges 
inclinées et plus encore de tiges à plat. 

Telles sont les remarques que m'a suggérées la lecture de ces 
divers travaux. Elles me portent à croire que, pour aucun des 
cas signalés jusqu'ici, hormis peut être celui de Monceau-Fontaine, 
on ne possède un fait établissant à l'évidence qu'il s'agit détrônes 
charriés. Dans ces conditions, l'opinion que j'ai été conduit à 
admettre pour expliquer l'origine de l'arbre du toit de Broze, 
n'est pas en contradiction avec les faits observés jusqu'ici. 

Xie lecteur remarquera cependant que, bien que basées sur les 
descriptions originales, ces remarques n'ont évidemment pas 
la même valeur démonstrative, que si elles résultaient d'obser- 
vations directes. Il appartiendra donc aux travaux ultérieurs 
d'élucider plus complètement cette question. 

CHAPrrRK m 
Xie zxiocLe cLe forzxiisi'bion. d.vL tei?i?siirL li.o-ULillei? 



Ce n'est pas après ces prémisses, quelque détaillées qu'elles 
puissent être, que j'oserais tenter de donner une théorie complète 
de la formation du terrain houiller belge. Mais cependant, les 
indications fournies par les constatations exposées dans les deux 
premiers chapitres, sans être neuves, sont trop nettes pour ne pas 
les signaler ici. 



* 
♦ ♦ 



Il résulte de ce qui a été dit au chapitre I et, notamment, de 
la figure 5, que la formation du terrain houiller résulte de lu 
répétition du cycle: mur, couche de houille, toit... mur... 



— M 3o8 — 

Il importe toutefois de dire couche de houille et non couche 
de charbon. Ce n'est, en effet, que sous les charbons présentant 
des alternances de lames brillantes, d'épaisseurs variables, débris 
incontestables de planches, d'écoroes, de feuilles, etc., que l'on ren- 
contre des roches à Stigmaria entiers. Les quelques observations 
que j'ai pu faire jusqu'ici, me portent à croire que les charbons 
compacts, à faible teneur en matières volatiles, dénommés an^/ira- 
cites à Charleroi, possèdent également un mur. Mais il n'en serait 
pas toujours de même desca/ineZ-cpa/proprement dits.agayets» de 
l'horizon des Plénus, à ce qu'a bien voulu m'en dire M. l'ingénieur 
R. Cambier. Ce point mérite donc d'être étudié plus amplement. 

Remarquons cependant que les variétés danthracite et de 
cannel-coal ne constituent que l'exception dans le teiTain houiller 
et que, partant, nous aurons examiné de fa^'on générale le mode 
de formation de ce dépôt, quand nous aurons étudié le cas des 
couches de houille. 

A vrai dire, nous n'avons analysé, au chapitre I, quedeux termes 
du cycle: le toit et le mur. Il faudrait encore porter nos investi- 
gâtions sur les couches de houille, pour arriver à une solution 
complète. Ne voulant donner ici qu'une esquisse, je me conten- 
terai de dire quelques mots des couches de houille au cours même 
de cet exposé. 

* 

Examinons donc un cycle complet, et commenç<ms cet examen 
par celui du terme toit. Le toit est un dépôt formé en eau courante, 
généralement, par accumulation d'argile et de sable; les poudingues 
sont, en effet, très rares dans le terrain houiller. Le toit n*e«t 
pas nécessairement fossilifère. Les débris végétaux qu'il renfer- 
me, sont désintégrés. Cette désintégration est vraisembla- 
blement, tout au moins en partie, le résultat d'une pourriture 
avancée. Toutefois, Tattitude et le mode de répartition des végé- 
taux dans les toits conduisent à admettre qu'ils ont été charriés. 
Ils auraient, néanmoins, continué à se tourbifiera près leur dépôt, 
à en juger par l'examen de certains débris, tel celui du Si^illarùi 
représenté dans la figure 2, pi. XL 

La formation du mur a précédé, dans la plupart des cas, lu 
formation de la couche, ainsi qu'en témoigne la coupe (fig. 9) 



— M 3o9 — 

du mur d'Ardinoiae, Le mur est caractérisé par la surimposition, 
par rimplantMion dans les roches de toit, dans les sédiments, de 
végétaux dont les organes souterrains sont principalement des 
Stigmaria. 

Cette surimposition a, dans beaucoup de cas, coïncidé avec la fin 
de la sédimentation stérile. Mais elle Ta parfois précédée, ainsi 
que le montre le cas d*Ardinoise, oi\ nous trouvons une souche 
ensevelie à près de 2 mètres sous la veine (^). 

Cette surimposition ne semble pas avoir produit de modifica- 
tions appréciables dans la composition des roches ; c'est du moins 
la conclusion à laquelle m'a conduit l'examen de murs remplis 
d'empreintes de toit, tel que ceux du veiniat d'Ardiiwise, de 
Mêre-des-Veines, etc. 

La nature terreuse des murs typiques doit être considérée 
comme étant plutôt en relation avec la sédimentation stérile: les 
boues fines qui se trouvaient en suspension dans la nappe d'eau, 
se sont déposées lorsque l'action des courants a cessé de se faire 
sentir. 

Les sols de végétation qui, fossilifiés, forment des murs, ont 
jïorté des arbres importants, ainsi que le montre le cas ûWrdi- 
noise. Ce cas n'est d'ailleurs pas isolé: j'aurais pu en citer de 
semblables, mais moins nets dans le mur du dressant de Six- 
Paumes, au puits n** i des Charbonnages Réunis. D'ailleurs, une 
fois l'œil fait à ces observations, on rencontre très souvent des 
ti-oncs debout dans les murs en parcourant les travaux de nos 
charbonnages (*). 

Semblables observations ne sont, toutefois, possibles que dans le 
cas de murs assez développés. Il faut que la sou(»he soit à un certain 
niveau sous la couche de houille, pour que le tronc soit conservé 
en roche. On remarque, en effet, que les troncs sont arasés au 
niveau de la veine. Ce peut être là un résultat du glissement des 
baniîfl qui a accompagné le plissement des terrains. 

^M Ce fail est du plus haut intérêt, car il dôniontrc que la formation d'une 
couche de houille, si elle a toujours nécessité riniplantation de forets, a 
réclamé, en outre, des circonstances s])éciales, ])riiici])alement la ju'ésence de 
nappes d'eau relativement tranquilles. 

(*) J'ai, t<>ut récemment, vu un exemple prescjne aussi remarquable que 
celui à' Ardinoi9e^ «lans le mur de Six-Ptiumes, ï»lat au puits des Haniendes 
des Charbonnages Réunis <le Charleroi, 



— M 3io — 

Je suis, toutefois, porto à croire que ve fait est la coiiséquenre 
des conditions de foriuati(m de la couche de houille. 

Quoi qu'il en soit, la végétation a continué à x)rospérer avec le 
déi)ôt des végétaux qui ont formé la partie inférieure des lits 
de Iiouille, car on retrouve des Stigmaria entiers dans les nodu- 
les à structure conservée qui l'eprésentent des pai*ties de veine 
minéralisées, ainsi qu'en témoignent les superbes échantillons de 
Stur que j'ai vus Tan dernier au musée du Service géologique 
irAutriche, à Vienne. 11 m*a, en effet, paru qu'il 3* avait continuité 
des débris végétaux entre la partie carbonatée et la partie 
charbonneuse. 

Cette végétation a continué à prospérer jusqu'au haut de la 
couche. Ses derniers représentants enracinés dans les débris en 
voie de tourbification, ont été saisis par les sédiments terreux qui 
sont venus former le toit .suivant, et y s(mt rest<'*s debout; c'est 
le cas pour l'arbre du toit de Broze et, probablement, pour bien 

d'autres encore. 

« 

La couche de houille résulterait donc de la i)utréfaction sur 
place et sous l'eau de plantes variées et, probablement cncoi'e, 
d'animaux, mais pour une moindre part. L^étalement à plat des 
lames brillantes, débris de feuilles, d'écorces, etc., qui donnent 
à la houille son aspect rubauné, ne peut, ce me .semble, être 
considéré comme une objection à cette fa<;on de voir. 

Les arbres et les plantes diverses des marécages houillers, tombes 
par suite de décrépitude et pour toute autre cause, devaient natu- 
rellement avoir une tendance à se poser à plat. D'ailleurs, Thori- 
zontalité <lcs lits brillants est loin d'être parfaite et ce n'est qu'en 
gros, qu'on constate cette stratification. 

11 ne faut pas s'étonner d'avantage de ne pas percevoir, sur la 
tranche des couches, le pjissage des Stigmaria, Leurs axes sont 
faiblement i)longeants (ît quant à leurs appendices, ils doivent 
tendre, comme dans les murs à empreintes de toit, à s'insinuer 
entre c(^s dernières. 

11 est d'ailleurs hors de doute que, si les couches de houille ont 
été constituées par surimposition continue de forêts sur des dépôts 
en voie de tourbification, une partie de leurs constituants a subi 
un flottage. La meilleure preuve qu'on en puisse fournir est la pré- 
sence de cailloux roulés au sein même des couches de houille. Ces 



— M 3ll — 

galets contrantent tellement, par leurs dimensions, avec la grosseur 
des sédiments du terrain houiller, qu'il faut bien admettre que leur 
apport à la place où nous les découvrons, est dii à des eirci)n- 
stances exceptionnelles. Comme il se fait qu*on les trouve enrobés 
au milieu de restes de végétaux, riiypothèse la plus simple, 
est de supposer qu'emprisonnés par ceux-ci, ils ont vu leur poids 
spécifique réduit à un point tel, qu'ils ont pu être emportés par les 
eaux courantes. M. Potonié a, d'ailleurs, montré que cette hypo- 
thèse se concilie parfaitement avec la théorie des marais tour- 
beux (5). 

Telles sont, à grands traits, les conclusions sur Tallure du cycle 
houiller, qui se dégagent des observations paléontologiques expo- 
sées ci-dessus (M. 

* 

* * 

Les régions belges où se sont déposés les sédiments houillers, 
devaient, à cette époque, présenter un relief presque^ nul. Nous 
retrouvons, en effet, de fa^-on continue au-dessous de toutes les 
couches de houille, des sols de végétation iiSiifi;mnriu, C'est là un 
fait bien connu que M. G. Schmitz s'est attaché à mettre en 
évidence, en exposant à Bruxelles, en 1897 (28), une série d'échan- 
tillons de murs provenant de divers points choisis sur l'étendue du 
bassin belge. Or, d'ai)rès les botanistes qui s'occupent spéciale- 
ment des végétaux houillers, et notamment d'après M. C.-Kg. Ber- 
trand, les Siif^maria n'ont pu végéter sous une profondeur d'eau 
de plus de 5 mètres. Ces ccmditions géograi)hiqu(»s si» sont vrai- 
semblablement maintenues durant les périodes de sédimentation 
stérile, au moins durant le Houiller moyen, (uir nombreux sont les 
exemples de roches à stratificati(m entrecroisée, tant dans les grès 
que dans les schistes psammi tiques. 

Dans ces conditions, l'application de la théorie des deltas devient 
illusoire, au sens où M. Lemière a tenté de la faire tout récem- 
ment (29). Les modifications topographiques n'ont, d'ailleurs, pas 
été simultanées dans l'ensemble,, car l'épaisseur des intercalations 
stériles et leur composition varient fortement. 

Il est intéressant de remarquer à ce sujet que, de la comparaison 

(') Il y aurait lieu, à oet égard, de compléter le <liagraninie, fij;. 5, en 
indiquant qu'on rencontre, dans les couclves de liouille, et des empreintes de 
mur. et îles empreintes de toit, 



— 3iîi — 

du Westphalien inférieur ot du Westi)halien moyen, il résulte (lue 
rubondanoc en empreintes de toit est, toutes choses égales d'ail- 
leurs, en relation directe avec l'abondance des murs on encore la 
faible épaisseur des stampes. 

Ce fait constitue une preuve de plus des phénomènes de char- 
riage. La présence, dans les toits et dans les couches, de Sii^maria 
désintégrés, tels ceux rencontrés par M. (\-Eg. Bertrand en 
pleine veine à Ilardinghen, témoigne enfin de la réalité des phé- 
nomènes d(^ ravinement, dont M. X. Stainier a pu observer des 
exemples remarquables au Charbonnage de Monceau-Fontaine (21). 



— M 3i3 — 



BIBLIOGRAPHIE 

» 

1. G. ScHMiTZ. Le mur fies coaches de houille et sa flore. Ann, Soc, géoL 

de Belfc^, t. XXII, pp. 13-17. Lié^e* 1895. 

2. G. SrMMiTZ. La signification géogénique des Stifcmaria au mur des 

couches de houille. Ann, Sor, scientif, de Bruxelleii^ XXI* année, 

Bull,, pp. 86-î)a, i8r)6-î)7. 
8. A. BKRTiArx. Ksquisse d'une étude paléontologique sur le charbonnage 

de Bonne-Espérance, à Herstal. Ann, Soc, géoL de Belg,^ t. XXVI, 

pp. 1G1-177, 1899. 
4. X Stainier. Un gisement de troncs d'arbres debout au charl)onnage de 

Falisolle. Bull, Soc, belge degéol, t. XVI, J/e/ii., pp. 69*76, pi. lil 

et IV, 1902. 
6. H. PoTONi^:. Die Entstehung der Steinkohle, etc. Berlin, Bomtraeger, 

i()o5.Formation de la houille et des ix>ches analogues, y com])i*i8 les 

pétroles. Mémoires du Congrén de géologie appliquée. Liège, 1905. 

6. H. PoTONiK. Silur-und Cului-Flora des Harzesund des Magdeburgischen. 

Abhand, sur geol, Karte oon Preuêtien, neue Folge, Ht. XXXVI. 

7. C'E». Bkrtraxd. Le boghead d'Autun. Bull, Soc, ind, minérale de Saint- 

Etienne, 3« série, t. VI, 189a. 

8. R. Zeillrr. Le bassin houiller de Valenciennes. Description de la flore 

fossile. Texte, p. 617. Paris, 1888. 

9. H. FoTONiK. Abbildungen und Beschreibungen fossiler Pflanzen-Reste, 

Lief. 11. Berlin, 1904* 

10. X. Stainier. Stratigraphie du bassin houiller de Charleroi. Bull. Soc. 

belge de géol,, t. XV. Bruxelles, 1901. 

11. X. Stainier. Stratigraphie du bassin houiller de Liège. Bull. Soc. belge 

de géol.y t. XIX, il/^/n., pp. i-iao, 1905. 

12. M. LoHEST. Tronc d'arbre debout au charbonnage de Gossou-Lagasse. 

Ann. Soc. géol. de Belg,, t. XXXI, p. B ia6. Liège, 1904. 
18. Di'FRKNOY et E. DE Bkaumont. Explication de la carte géologique de la 

France, t. I. Paris, 1841. 
14. Hori.AY. Recherches de paléontologie végétale dans le terrain houiller 

du nord de la France. Atut. Soc, scientif. de Bruxelles. 4^ année. 

si^ partie, i88o* 
16. II. Fayoi.. Le bassin houiller de (^ouinientry. Strutigrapliie et lithologie. 

Bull, Sor. ind. minérale de Saint- KUenne, a*' série, t. XV. 

16. IL PoTONi^:. Lehrbuch der Pflanzenpahuontologie. Berlin, 1899. 

17. A. Briart. Principes élémentaires de paléontologie. Mons, i883. 

18. G. SciiMiT/. Découverte de troncs debout dans un charbonnage. .4ii/i. 

Soc. géol. de Belg., t. XXIII. pp. Xî.vii-xi.viii. Liège. 1895-1896. 

19. (L ScHMiTZ. Un banc à troncs debout aux charbonnages du (irand-Bac 

(Sdessin-Liége). Bull. Acad. r. des se de Belg., 3^' série, t. XXXI. 
pp. a6o-a66, i planche. Bruxelles. 1896. 

20. G. ScHMiTZ. Une souclie d'arbre au mur d'une couche. Ann. Soc. scientif, 

de Bruxelles^ XIX« année, pp. ai-24. 1 fig.. 1895. 



— M 3i4 — 

21. X. Staixier. Découverle de troncs (Varbres debout au char hou na^^c 

d'Oi^nies-Aiseau. Bull. Soc. belge de fféol., t. XVII, Mém., pp. 53î)- 
344, pi. VI, igo3. 

22. A. Bertiavx in L. Dei^acuvelleuie. Chnrbonnaj;e d'Oi^înies-Aiseau à 

Aiseau. Rencontre de tiHincs d*arbres liouillers. Ann. des mines de 
Belg,^ t. IX, 1904. 

23. J. Smeysters. Note sur les troncs d'arbres fossiles <lécou verts dans les 

travaux souteiTains du cbarbonna^^e de Monceau - Bayemoiit. 
Ann, des mines de Belg., t. X. 1905. 

24. C.-Ea. Bertrand. Ce ([ue les coupes minces des charbons de terre nous 

ont appiis sur leur mode de formation. Mém. du Congrès de geol. 
appliq. Liège, 1900. 
26. A. DE Lapparent. Traité de géologie, 4*^ édition. Paris, 1900. 

26. Ch. Barrois et A. Malaquin. Sur les spirorbes du terrain houil 1er de 

Bruay (Pas-de-Calais). Ann. Soc. géol. du Sorti, t. XXXIII, pp. 5o- 
75, 1904. 

27. A. Briart. La formation houillère. Bull. Acad. r. de Belg.. S' série. 

t. XVUI, pp. H15-849. 

28. G. SciiMiTX. Le musée géologique des bassins houillers belges. Xamur. 

A. Godenne, 1897, broch. de 72 pj). 

29. M. Lemière. Formation et recherche des combustibles fossiles. Menu 

Congrès intern. de géol. appliq. Liège, 1905. 



EXPLICATIOX DE LA PLANCHE XI. 

P'iG. I. Stigmnria ficoides ^ Sternb. Kchelle a/*?. Charbonnage <lu Xord du 
Rieu-du-Cœur , à Quaregnon. Collections de ])aléontologio de ITni- 
versité de Liège. La légende est dans le texte, j). m 2(>H. 

FiG. 2. Syringodendron sp., couché à plat, vu par sa face 8Ui>éricure. 
Echelle 1/2. Toit de Duchesse H 685"*. Puits n** 12 des Charbonnaf;c> 
Réunis de Charleroi. Collections de paléontologie de l'Université de 
Liège. La légende est dans le texte, p. m 2()8. 

FiG. G. Kchantillon provenant du mur du veiniat dM/7/i/ioi«p (loro ciluto 
et montrant de nombreuses perforations d'appendices de StigmartH 
à travers la jiaroi de Tétui médullaire d'un Ciilamites undulatus. 
Kchelle 2/3. Collections de paléontologie de ri'niversité de Liège, 
lia légende est dans le texte, p. m 279. 

FUt. 7. Détail d'une x»erforalion sur un échantillon de même provenance 
que celui représenté dans la figure 6. Echelle 11. Collections de 
I)aléontologîe de ITniversité de Liège. La légende est dans le texte, 
p. M 279. 

FiG. 8. Même échantillon grossi. Echelle 4 3. Collections de paléontologie 
de rUniversité de Liège. La légende estdans le texte, j). M 279. 

Fi(î. II. Photograiïhie d'un tronc debout dans le toit de Broze. Puit.s Sacit*- 
Fran(;ais des Charbonnages Réunis de Charleroi. Echelle 1 t>. 
Collections de iialéontologiede l'Université de Liège. Voir p. M281;. 



Observations géologiques fiiites au Marungu (1904), 



PAR 



fi. ^UTTGENBACH (*). 
(Planches XII et XIII) 



Lorsque je revins du Katanga, en 1904, je me rendis au lac Moéro 
et de là, avec M. le commandant L. Tonneau, je gagnai le lac 
Tanganykaoù nous fîmes une excursion rapide de quelques jours 
vers le Xord, à l'aide du SS. « A. Delcommune », mis à notre dis- 
position. Pendant ce voyage, je réunis assez bien d'observations 
géologiques, que la rapidité de notre marche et la mauvaise saison 
pendant laquelle elle se faisait, m'empêchèrent cependant de rendre 
aussi complètes que je le désirais. Ayant, de plus, perdu dans un 
sinistre maritime un grand nombre des échantillons récoltés, on 
comprendra que j'aie retardé jusqu'ici la publication de mes notes. 
Si je me décide à les présenter, après deux ans presque de retour 
en Kurope, c'est dans l'espoir que ces notes de voyage — car je 
regretterais que Ton recherchât autre chose dans ce mémoire dont 
le titre seul montre que je n'ai pas voulu faire une description 
géologique du Marungu - serviront ultérieurement à ceux qui, 
parcourant la région suivant d'autres itinéraires, compléteront 
les données déjà acquises et pourront relier leurs études à mes 
observations. 

On désigne sous le nom de Marungu^ le pays compris entre le lac 
Tanganyka, la frontière sud de l'Etat indépendant depuis ce lac 
jusqu'au lac Moéro et une ligne reliant le poste de Pwéto à la mis- 
sion de Baudouinville : cet espace triangulaire, représenté au mil- 
lionième sur la planche XII annexée à ce mémoire, a une superficie 

(*) Mémoire ]>ré8enté à la séance du iH avril 1905 et dont Tlnsertion a été 
ordonnée ti la réunion du 17 dérenibi«e 1905, 



— M 3i6 — 

de 3o ooo kilomètres carrés et n'a guère encore été parcouru que 
suivant quelques itinéraires. C'est une région principalement gra- 
nitique, présentant ça et là, des lambeaux isolés des couches hori- 
zontales du système du Kundelungu (grès rouges). 

Ce- ihémoire compreiKlra simplement, la description des itiné- 
raires que j'ai suivis (I, Il et III), à laquelle j'ajouterai quelques 
observations faites par d'autres voyageurs et dont j'ai trouvé des 
notes dans les archives mises à ma disposition ji^^i' l'P^tat du 
Congo. * 

I 

Itinéraire de Kisabi à Vua 

Le village dQ^ATûsab/ se trouve sur la rivière Liifonzo et le cho- 
Uîin que j'ai suivi entre ce village et la baie de Vhh (ïanganyka) se 
confond parfois avec l'itinéraire de M. le capitaine Lemaire, suivi 
en sens inverse de Moliro à Kisabi, ainsi qu'on peut le voir sur la 
carte^ (pi. XII). Mes observations sont réunies sur le profil de la 
planche XXII. 

2^ janvier i(p^. — La route remonte le cours de la Liifonzo^ en 
suivant la rive gauche de cette rivière. A droite du sentier, se 
trouvent quelques qollines où se reconnaissent les couches hori- 
zontales du sy^stênie du Kundelungu, dont je parlerai plus loin 
(III). Cependant, le fond de la vallée semble avoir atteint la série 
de roches que je désigne sous le nom, de fc couches de la Liifonzn » 
et dont il sera aussi parlé dans un autre paragraphe. A la fin de 
rétax)e, nous traversons la rivière Lusipii, où nous campons, non 
loin d'une falaise qui, au milieu dès brumes de la saison, semble 
former, vers le Sud-Est, une barrière infranchissable. 

'M) janvier. — Une heure de marche nous amène au pied même de 
ces monts que l'on gravit presque à pic, en s'élevant de 973 ni. li 
I 475 m., pour redescendre ensuite assez rapidement à i 41^^ ni., où 
l'on traverse la L II .s/ii/iffa, affluent du lac Moéro. 

La roche qui forme cet escarpement est une roche rouge, 
porphyrique, qui, au microscope, laisse voir une pâte microgranu- 
litique de quartz avec grands cristaux corrodés de feldspatlis 
plagioclases et renfermant £),ussi quelques qristaux- de horubleude. 



— M 3i7 — 

le tout parsemé de produits d*altératioii. CéBt'unmikregranite de 
>1. Rosenbusch (^). Je Tai désigné, sar.Ie profil dé l'itinéraire, pàor: 
le signe (n i ), réservant la lettre y aux granités non porphyriqaes». 
qui alternent jusqu'au Tanganyka avec des porphyres analogue^, 
à celui qui forme la falaise des Monts Kasere;. Du sommetde Èettû. 
fiUaise, la vue s'étend sur tout le pays dur Nord-Ouest^ où, e^r^ 
l'autre rive de la Lufonzo, se montrent également de hauts plaiieank» 
qni, d'après quelques renseignements, d'ailleurs très vagues (lY)^ 
seraient foimé de granités et de micaschistes. . , 

Dès que l'on a traversé la Lushinday on s'élève sur le plateau 
dont la falaise escaladée précédemment forme la limite occidentale* 
L'altitude maximum atteinte est de i 685 m. La maréhe s'effectue 
au milieu de formidables blocs de granité (yi), blocs arrondis, 
écaiileuxv qui donnent au paysage l'aspect typique des. terrains 
granitiques. Ce granité (^ i) est un granité syénitique à gros 
éléments de quartz et d'orthose rôiigeâtre, Tenfermant, visibles, 
au microscope, quelques lamelles de ,miç^ ainsi que de, la 
hornblende assez abondante. Lé somtnet de .ce plateau des Kasere 
est peu boisé, plutôt herbeux et recouvert de l'arène^ caracté-; 
ristique. , 

26 janvier.^ De l'altitude de i ôaS m., où le campement avait été 
établi, on redescend, en pente assez douce, jusqu'au vilïagé 
Kintola, à i 385 m. La plaine recouverte d'herbes a fait place â. un 
pays plus boisé; l'arène a disparu et les affleurenients visibles 
pendant toute l'étape montrent que le mikrograhite (t: i) a 
reparu ; son étude microscopique donne le même résultât que 
celle du mikrogranite de la falaise précédente. , 

37 janvier. — Le sentier remonte sur le gî^nite (y i) auquel sut;- 
cède de nouveau le porphyre rouge (tt i), qui se voit jusqu'au 
ruisseau Kambala^ avec cependant une interruption, pei^dant 
4 ou 5 kilomètres, due à une roche analogue, porphyrique, mais 
où la teinte verte prédomine, roche dans laquelle les cristaux ÙA 
feldspaths forment des taches blanches, trèis nettes. Ce porphyre 
vert est aussi un mikrogranite (tî 2). ^ . « 

{}) Porphyre quortzifère duBt la pâte est un assemblage Uolocristalliu. 
d'orthose et de quartz (Lexique pétrographique de M. Loewison-Lessîng, 
publié par le Congrès fféologique înternèiiionhl, 8" Session. Paris, 19Ô0).' 



— M 3i8 — 

Au ruisseau Kambala (i o85 m.), on se trouve à la limite occiden- 
tale de la plaine de la Shoma. La Shoma que nous devrons traver- 
ser le lendeniain,est une rivière assez importante qui s'écoule vers le 
Sud, en drainant une région de plus de i 5oo kilomètres carrés; elle 
aboutit, en territoire anglais, dans le marais dit du Moéro» où elle 
se perd après s'être même divisée en plusieur3 ruisseaux. A l'en- 
droit où nous le traversons, le ruisseau Kambala coule sur une 
roche excessivement dure, parsemée de fissures verticales, faisant 
entre elles des angles de 60*^, roche grisâtre, compacte, où la loupe 
distingue parfois des grains violets de quartz ; le microscope y 
décèle une pâte microgranulitique de feldspaths divers, où 
l'orthose prédomine, avec très peu de mica noir et qui englobe des 
grains plus gros de quartz. Cette microgi*anu1ite, désignée par (e) 
sur les planches XII et XIII, se rapproche peut-être des api lies et 
des eloans et pourrait bien, où nous l'avons vue, ne former qu'une 
apophyse d'un massif granulitique. 

Dès que le ruisseau Kambala a été traversé, on ne voit plus de 
roche en place, jusqu'au village de Kikong'o; parfois, quelques 
cailloux de la même roche (e). 

Dans le village même (i 070 m.), j'ai trouvé deux cailloux de 
roches que je n'ai pas vues in situ, qui peuvent avoir été apportés 
de loin, mais dont la présence doit cire signalée. La première est 
un grès rouge brun, un peu argileux, kaolinisé, d'ailleurs très 
altéré, mais qui provient certes d'une des couches du système 
des Kundelungii. La seconde, non déterminablc à la loupe, mon- 
tre, au microscope, de grandes plages de quartz et de feldspath 
orthose, avec un peu de mica noir, englobés dans une pâte nette- 
ment fluidale,où j*ai pu seulement discerner les mêmes minéraux, 
allongés et se succédant en files suivant les bandes de la pâte. 

a8 janvier, — Au village de Kikongo, notre itinéraire se relie à 
celui de M. le commandant Lemaire, qu'il suivra jusque A'fïe/ein 21. 
Le sentier se dirige d'abord vers la rivière Shoma dont les rives 
sont formées d'une argile noirâtre. A quelques kilomètres de la 
rivière, se dresse une nouvelle falaise que nous allons gravir 
suivant la ligne de plus forte pente et qui nous amènera, à i a4<> 
mètres, sur le plateau Kulumbulwa. De la plaine, on voit, vers 
le Nord et vers le Sud, la falaise précédée de quelques haut<^s 



— M 3i9 — 

collines elliptiques, qui la bordent de très près. Suivant le sentier 
(jui escaladait cet escarpement, j'ai trouvé une roche brune, dure, 
dont l'étude microscopique m'a montré des pliénoeristaux de 
quartz et de feldspaths, au milieu d*une pâte dans laquelle trois 
types différents sont très visibles: i" une pâte microgranulitique 
de quartz ; 2" une pute microgranulitique à éléments un peu plus 
grands de quartz et de feldspaths; 3° des cristaux allongés de 
feldspatlis, formant quelques traînées entre les deux types précé- 
dents. Cette roche, désignée par (t: 3), est encore un porphyre 
quartzifère. 

Dès que l'on est arrivé sur la crête de la falaise, on redescend 
d'abord en pente douce vers le lit d'un petit ruisseau, jusqu'auquel 
se rencontrent les mêmes roches (7: 3) et où elles disparaissent. 

Le plateau des Kiiliimbiiliva, que nous traversons ensuite en 
nous dirigeant vers l'Est et en nous maintenant à une altitude 
moyenne de i 240 mètres, ne nous montre qu'une argile rouge et 
sans aucune roche en place. J'y trouve quelques échantillons de 
grès, les uns blancs, assez durs, non-micacés, les autres rouges, 
tendres, finement stratifiés, parsemés de quelques paillettes de 
mica. Mais un peu avant la descente, d'ailleurs en pente faible, qui 
aboutira au village de Kitetema { i 070 m.), le sol change d'aspect et 
on retrouve, pendant 3 ou 4 kilomètres, un mikrogranite por- 
phyriqne vert, absolument analogue à celui (jz 2) que nous avions 
rencontré la veille entre Kintola et le Kambala, Puis les argiles 
réapparaissent avec les cailloux de grès {g) disséminés ça et là, 
quelques-uns à aspect de jaspe. 

'Mj janvier. — Du village de Kitetema, la route remonte, par des 
ondulations successives, jusqu'à l'ultitude de i 225 mètres, en ne 
laissant voir que ces dalles de limonite scoriacée, qui sont si com- 
munes en Afrique. J'ai trouvé aussi, le long du sentier, mais non 
en place, de nouveaux échantillons de grès colorés en brun, sou- 
vent très altérés, ainsi qu'un jaspe violet. C'est après avoir traversé 
la rivière ATo/i^'o^e dont j'ai donné le nom à ce plateau, que l'on 
monte vers l'altitude de i 225 mètres, après quoi l'on redescend 
assez brusquement et l'on trouve alors, avant d'arriver au village 
de Kasamvn (i 175 m.), une roche porphyrique (tt 4) où, au milieu 
d'une pâte violette très foncée, on voit des cristaux de quartz vi- 
treux et de feldspaths. Au microscope, ce porphyre quartzifère 



— M 320 — 

montre, dans la pâte, beaucoup de lamelles de mica noir ; les cris- 
taux de feldspaths, qui sont de Torthose, sont très altérés. 

3o janvier. — En quittant le village de Kasanivu, le même por^ 
phyre quarizifère se remarque pendant quelques kilomètres; puis. 
Ton trouve de nouveau, sans rien voir en place, quelques cailloux 
des mêmes grès que précédemment ; cependant j'ai aussi trouvé un 
autre porphyre qiiartzifère, que je n'ai pas vu in situ et qui forme 
un beau type de cette roche : pâte microgranulitique de quartz et 
feldspaths, englobant des phénocristauX de quartz et d*orthose. 

On marche ensuite, jusqu'au village de Mikunga (i 225 m.), sur 
un granité (y 2) pauvre en mica. 

3j janvier. — Durant cette dernière étape, le plateau se ravine 
de plus en plus ; on atteint l'altitude de i 3oo mètres, en restant sur 
le même granité (y 2), auquel succède le même porphyre niikrogra- 
nitique (tî i), rouge, que nous avions trouvé sur l'escarpement 
occidental des monts Kaserc. Ce porphyre est interrompu par des 
couches de quartzite (q) qui sont très plissées ; ce quartzite, vert, 
est très peu micacé et on le retrouve, aussi plissé, après le même 
porphyre (n i ). Viennent ensuite deux autres roches analogues, qui 
rappellent le mikrogranite (1: 2) trouvé précédemment entre HCî/i- 
tola et le Kambala et le mikrogranite (tz 3) qui forme le versant 
ouest des monts Kulumbuhva. La descente vers le lac Tanganyka 
(854 m.) se fait sur ces deux roches, dont la dernière (n 3) forme la 
rive occidentale de la baie de Vua, 

II 

ObtervatioiiB faites au lac Tanganyka 

Pendant notre voyage sur le lac, nous avons touché différents 
points de la côte occidentale ; malheureusement, le mauvais temps 
m'a forcé à borner mes observations aux points mêmes où nous 
abordions. Je n'ai donc à apporter ici que de très faibles rensei- 
gnements. 

Vua. 

La baie de Vua, qui forme un port de toute sécurité, est entourée, 
de toutes parts, de collines hautes de deux à trois cents mètres. J'y 
ai recueilli les échantillons suivants : 
la JANVIER 1906. 



— M 321 — 

QUartzite trouvé à la pointe sud-est dé la baie ; quartzite vert, 
peu micacé,* analogue aux quartzites (f/) trouvés dans Tétape pré- 
cédente. 

Schiste très quartzeux, compact, feuilleté, à cassures planes, 
blane-jauqâtre, se rapprochant du coticiile et trouvé sur le ver^^nt 

sud de la baie, en blocs disséminé^ sur le l'ivage. 

... ■ / . . . . 

Granité rose, à éléments as^ez gros, contenant peu.de mica, 
trouvé égalep\ent en blocs disséminés sur la rive nord de la baie. 

Kàpampa. 

Au sud de la baie, j*ai ti'Ouvé des galets d'une roche porphyriqué 
(-;, très dure, verdatre, analogue aux différents mikro^'mnites 
rencontrés sur la route de Kisnbi à Vua : pâte microgranulîtiqué 
de quartz et de feldspaths, englobant des phénocristaux d'orthose 
et de quiVtz. 

La colline qui ferme la baie vers le Xord, est formée d'Un beau 
granité rouge, pauvre en mica. 

' Rumbi (Port-St-Loiiis). 

La rive est bordée de collines granitiques à mica noir et felds- 
paths rouges. Nous verrons plus loin que, suivant M. (^uestiaux, 
on y trouve aussi des diorites. 

Tempuye. 

Une -foi-mation moderne très intéressante se rencontre sur la 
rive de. cette baie ; c'est un agglomérat de débris de roches grani- 
tiques, qui B^ cimente en formant des couches très faiblement incli- 
née» vers rOuest ; la première de ces formations se trouvait en 
pai*tie sous les eaux duilac; en s'acheminant vei*8 Tinterieur, après 
avoir dépassé un monticule sablonneux, formant dune, on trouve 
une nouvelle série de ces couches agglomérées^ épaisse de i mètre 
et, après de nouvelle» dunes, une troisième série de môme épais- 
seur, que d'autres dunes encore f^éparent d'une plaine recouverte 
d'eau dans la saison des plnies. . . . . 

Parmi les échantillons divers que j'ai récoltés sur les rives de la 
baie, et qui sont formés de granités et de porphyre analogues à 

ANN. SOC\ UÉOL. UK BKUi., T. XXXH. MKMOIKES, UI. 



ceux décrits précédemment, se trouve un beau spécimen de gneiss 
{V) rose, à mica noir ; ce gneiss forme les collines qui bordent la 
baie de toutes parts. 



Il semble résulter de ce qui précède, que Tassise inférieure du 
Marungu est composée de massifs granitiques divers, parmi lesquels 
on peut distinguer les granités proprement dits des granités por- 
ph>Tique8 ou mikrogranites, dont l'étendue meparaîtmoins grande 
que celle des granités proprement dits et qui forment peut-être des 
intrusions au milieu de ces derniers. Je n'ai malheureusement 
pas trouvé, dans les notes que j'ai eues à ma disposition, de rensei- 
gnements géologiques sur la route suivie par la mission de M. le 
commandant Lemaire de Kiietema à Kubwebive, Biiln et Moliro 
(voir la carte) non plus que sur la route de Kikongo à Kitope et 
à la rivière Lusipu et cela est regrettable, car nous aurions pu 
ainsi avoir une idée sur l'allure de ces massifs. Comme je l'ai dit, 
d'ailleurs, au commencement de ce mémoire, je ne suis pas en 
situation de faire une desciîption géologique de la contrée et je 

dois me borner à relater les diverses observations que j'ai faites 
ou dont j'ai eu communication. 

III 
Le lac Moéro et la Lufonzo. 

Si, ù Shienje, sur la rive orientale du lac Moéro, on trouve un 
gi'anite analogue à celui que nous avons rencontré aux monts Ksisere 
(yi), la rive occidentale est bordée par les couches du Kandelungu, 
principalement par des schistes et des grès rouge brun, qui 
forment, au bord même du lac% une falaise de loo à 200 mètres de 
hauteur, que les divers cours d'eau descendent en se jetant décou- 
ches en couches, de dalles en dalles, en séries de cascades dont le 
pittoresque a été signalé par tous les voyageurs. 

La succession des assises formant le sy^stême du Kandelungu 
et relevée sur la falaise sud de ces monts, à la latitude de Bunkeia, 
par M. Cornet, est la suivante, de haut en bas : 

6. Schistes argileux noirâtres. 

5. Schistes calcareux grisâtres. 



-- M 323 — 

4. Calcaire compact, gris ou brun marron, alterné de bancs 
schisteux. 

3. Grès à très gros grains, unis par un ciment kaolineux, 
passant au poudingue. 

2. Schistes alternant avec des bancs de grès à grains fins, souvent 
feldspathiques, micacés ou plus ou moins argileux, rouges, avec 
bancs de calcaire gris vers le haut. 

I. Schistes argileux, rouges, finement micacés, généralement 
peu durs. 

Sur la carte (pi. XII), j'ai représenté par la lettre (A') les 
diverses assises de ce système, en distinguant, cependant, les 
calcaires 4 pai* la lettre (c). 

Les falaises de la rive occidentale du lac Moêro sont formées 
des assises 2 et 3, qui inclinent faiblement vers le Xord-Est. 

Je mentionnerai ici une observation que j'ai eu très souvent 
l'occasion de faire sur les dalles de grès mises à découvert par les 
torrents affluant vers le lac. Beaucoup de ces dalles, notamment 
aux environs de L/iA'o/iso/ioâ, sont parsemées de cavités longues 
de trois, ([uatre et cinq décimètres, larges de quelques centimètres 
et profondes de quatre ou cinq centimètres au plus ; ma première 
idée fut que ces cavités avaient été produites par un mouvement 
de va-et-vient de cailloux, qui avaituséles dalles, et qu'elles étaient, 
par conséquent, comparables, en tant que mode de formation, 

aux marmites de géant. Mais certaines de ces dalles sont parse • 
mées de cavités dirigées en tous sens, comme le montre la figure i. 
Il est à remarquer qu'elles ne s'entrecroisent jamais. J'ai dû aban- 
donner mon hypothèse. M. Cornet, à qui je signalai cette obser- 
vation, m*a dit qu'elle lui avait déjà été faite et qu'on les avait 
attribuées au polissage de leurs couteaux par les indigènes. J'ai 
difficile de me rallier à cette explication. 

La route que j'ai suivie de Pweto à Kisnbi (voir i)l.Xll), se pour- 
suit tonte entière sur les mêmes couches du Kundelungu et prin- 
cipalement sur les assises 3 de grès à gros grains et feldspa- 
thiques, recouverts parfois de conglomérats. Il en est de même 
de la route suivie, plus à l'Ouest, via Kasama, par la mission 
de M. le commandant Lemaire ; mais, suivantcet itinéraire, les cal- 
caires 4f surmontantcesgrès et ces poudingues, n'ont pas toujours 
été enlevés et subsistent, restant visibles sur les falaises qui regar- 



— M 324 — 







•V 






PiG. I. ' 

dent la Liiviia et la Liifonzo, comme l'indiquent lès bandes (c) dé la 
carte (pi. XIT). D'après certaines notes de M. E. ICemper-Voss, que 
j'ai trouvées dans les archives de TEtat du Congo, les mêmes cou- 
elles se poursuivent an nord de la Lufonzo, où certaines èollme?* 
non-dénudées montrent aussi les calcaires [c) qui seraient sur- 
montés de schistes et de grés. CVest d'a[)rès le même géologue quo 
j'ai indiqué, dans la vallée de la même rivière, à; l'ouest du vît- 
lage de Kisabi, un calcaire métamorphique (c/, dont des échantil- 
lons n**^ I o53 et i o55 du musée de Tervueren) sont imprégnés 
de trémolite. Ce calcaire formerait une bande est-ouest cntou- 
rée des mêmes schistes décrits ci-dessous, Inais redressés, con- 
tournés et entrecoupés de failles. Dans le reste de la vallée etj 
notamment là où je les ai vus, entré Kisabi et la Lusipu, ces 
schistes sont, au contraire, horizontaux et paraissent donc 
f?n concordance de stratifi (nation avec les schistes et les grès 
du Kundelungu qui les surmontent et forment les collines bof- 
dant la vallée. ( -es schistes sont gris noir, complètement im- 
prégnés de micas blancs en très petites paillettes ; au 'micro- 



— M 3a5 — 

scope, on y décèle, en pliife, de petits cristaux de microcline et 
d'orthose,' d;ailleurs relativement peu nombreux. Je leur ai don- 
né le nom de schistes de /a Lufonzo, sans d'ailleurs avoir la pré- 
tention d'en former un système spécial ; car il faut noter que, 
dans la vallée de la Lufira (0« les roches du Kundelun^pi reposent 
sur des schistes argileux, gris, formant une partie du système de 
Katete 'ûe M. Cornet ; mais dans cette vallée, ces couches sont 
quelquefois verticales et ordinairement inclinées selon des angles 
supérieurs à 45° ; cependant, M. Cornet les signale aussi, vers le 
nord des monts Kunii, comme ayant une inclinaison de 10". 11 est 
donc possible que mes sr/n*.s'/e« de. la Lufonzo appartiennent à ce 
système de Kateie, 

IV 
Itinéraire de Kisabi, à Baudouinyille 

La plupart des observations suivantes ont été faite par M. 
Questiaux, lors de rexj>édition de M . le comuuindinit Lemaire (i899). 

Après avoir traversé la Lufonzo, la route se continue, pendant 
plus de 100 kilomètres, jusque près Kalolo, sur les grès et schistes 
dniKundelunifii (K). Cependant, d'après M. Kcmper-Voss, une 
colline située près de la rivière et non loin à Test du sentier, 
montre des roches granitiques (y) sur lesquelles s'appuient des 
micaschistes (jji^ fortement redressés et plissés. Le même géolo- 
gue a remis au musée de Tervueren des spécimens de gneiss 
ffranitoïde provenant aussi de la Lufonzo, mais sans que j'aie pu 
en déterminer l'endroit exact. 

A Kalolo^ on trouve un massif de granité rose à mica noir (y), 
renfermant d'importants gisements de magnétite, notamment au 
/wc Foula, où ils sont dirigés N. 25<* W. 

Après une intercalation de diabase (0), on trouve des schistes 
gris, très micacés (.S), que suit un porphyre quartzifère (?:) de teinte 
claire. 

Des calcaires apparaissent ensuite, calcaires cristallins, gris 
bleuâtre, métamorphiques (c), fortement redressés (^j, recouverts 

(')J. Cornet. Observations sur ten l-ermins anciens du Katanpi. ^4/1//. 
Sor, géol. de Belg.y t. XXIV, iH9«-<)7, pp. 46 et 182. 

(■-) Ce» calcaireH renferment, près «le St- Lambert, de beaux petits cristaux 
rouge» de (grenats pyro])es De la pyrophyllîte m*a aussi été remise au Tan- 
ganyka, mais je n'en connais pas la provenance e:cacte, 






— M 3a6 — 

liliiKloîn \>av des grés horiznntaas 'K) àasy»tèmBdaKiindelnnffii. 

De litmissinn des Fùres blam'if, à Baadoninoille, jusqu'à Part- 
Sainl-I.ouis, la route descend brusquement de i vto mètre» au 
nivenn du ]av, (854 m.) sur des roches granitiqueB (y), où s'inter- 
calent de nombreux filons de diabases (Qnestiaux). 

Le mont Riiinbi{t 800m.) qais'élève au «ad-est de Haudoii inville, 
est formé de grés horizontaux, rongeâtres, micacéB, avec ooncbos 
de conglomérats feldspathiiiues et i-eposant sur nn granité rose â 
mica noir, 

\- 

Itiaéraire de Baudouinville k Lusaka et k Pala 

De Uamloiiinuille à Lusaka, la ttucccssion des roches rencon- 
ti-ées est la suivante; 

Grès horizontaux du Knudelungtt {K)i- 

Caicaii-es cristallins (c): i 

OranitCB (y). 

Les granités forment le substratum de la région, tandis que les 



■ Ci)Ui>i: si-liéiiintii|Ui; entre le Ino Taiit'uii.vl 

fl'iipri'H le K. P. Hchmiill. 
'. Oniiiiii!s el len-iiIiiH i^rimitifH tivei- iik'Iii-: 
r. Ciik-&irL-s i-rUtalIiiiH, iiiétaiiii>i'pliii|ueK. 
r. Hochert ilti ajxlèiiie du Kuii<loluti^, 



— M 327 — 

grès horizontaux sont des lambeaux plus ou moins isolés de ces 
couches qui recouvraient autrefois la région et dont les monts 
Rumbi (1800 m.) et Kukive (2100 m.) forment les principaux 
témoins. 

La figure 2 représente une coupe schématique ouest-est de la 
région, d'après le R. P. Schmidt, supérieur de la mission de 
Baudoiiinville^ qui a bien voulu nous la communiquer. Je la repro- 
duis, en faisant toutefois mes réserves en ce qui concerne l'allure 
des calcaires. 

De Lusaka à PalaRubanda, la composition géologique de la 
région reste la même, comme on peut le voir sur la carte 
tpl. XII); la route traverse de nouveau la bande de calcaire (c) (0, 
ainsi que, par place, les grès du Kundelungu et, à Pala, les roches 
granitiques (y) forment la rive du lac. 

VI 
ConcluBions 

La classification, d'après l'ordre d'ancienneté, des diverses 
roches rencontrées au Marungu et décrites précédemment est, à 
mon avis, la suivante : 

I** Les gneiss de Tembwe et de la Lufonzo (?) ; les massifs 
divers de granités, avec leurs intercalations de porphyres quartzi- 
fères (mikrogranites de M. Rosenbusch) et, vers le nord, de dia- 
bases; les micaschistes de la, Lufonzo. 

2? Les quartzites verdâtres de Vua. 

3° Les calcaires cristallins de Kimusia-Musima. 

4** Les schistes de la Lufonzo (Système de Kaiete t) 

5*» les schistes et grès du Kundelungu, surmontés des calcaires, 
des grès et des poudingues du même système. 

Bruxelles, kjoô. 



(*) Je (loiiiierai, à ces calcaires, le iioiii du village de KimuHia-Musimu^ 
où ils «ont très bien i*e|)ré8eniés. 



.'". I 



LE BRUXELLIEN 



">.' 



PAR 



JVÎICHEL jVIOURLON (M 



i ' « 



On a souvent reproché aux géologues belges de trop multiplie^, 
les termes Htratigraphitxues de nos dépôts tertiaires, et d'en rendre, 
par conséquent, l'étude moins accessible au plus grand nombre. 

11 est certain que, lorsqu'on cherche à Tulgariser iine science, il 

faut éviter, autant que possible, de recourir a une terminologie 

... . . ^ 

encombrante, en n'envisageant que les grandes lignes de cette 

science sans se perdre dans les détails. 

. . ^ • -. .> .. . 

Mais il ne faudrait pas, sous prétexte de contrarier ceux qui se 

trouvent dans l'impossibilité de suivre les progrès de la science, 

être amené à arrêter le développement de celle-ci. 

Si la nomenclature de nos dépots tertiaires estétendue, c'est que 
ces dépôts ont fait l'objet d'études fort détaillées, permettant d'ang- 
raenter, dans une très notable proportion, les points de repère stra- 
tigraphiques constants et caractéristiques dans le dédale de ces 
dépots affleurant sur notre territoire. 

Il y a, en effet, deux manières d'envisager les travaux scienti- 
fiques tels que ceux qui se trouvent synthétisés dans les légendes 
stratigraphiques de nos cartes géologiques. On peut se borner à 

« 

mentionner les termes qtîi sont universellement connus et sur la 
signification desquels on est absolument d'accord. Tels sont, no- 
tamment, pour le groupe tertiaire, les termes : PHléocène, Ëocène, 
Oligocène, Miocène et Pliocène. 

Mais s'il s'agit d'étudier, dans une région déterminée, chacun de 
CCS systèmes de couches, on sera fatalement amené à y distinguer 

des subdivisions qui, d'après les décisicms du Congrès géologique 

■» • 

(') Coin muni cuti on faite à la séance du 21 mai 1905. 



— M 33o — 

international, sont désignées sous les noms à'étages et d*a9si«e«, 
suivant leur importance relative. 

C'est ainsi que les sables avec bancs et concrétions calcaréo- 
gréseuses et parfois {errugineusçf? sur lesquels s'élèvent lapins 
grande partie de la ville de Bruxelles et de ses faubourgs et qui 
rentrent dans la. partie moyenne du système éocène, constituent 
notre étage bruxeUien. 

Nous pensons qu'il ressortira de cette étude que, non seulement 
un progrès sensible a été réalisé par notre illustre André Dumont, 
en créant ce terme stratigraphique, mais que c'est pour n'avoir pu 
encore suffisamment le subdiviser à son tour, que l'on s'est fait une 
fausse opinion de sa constitution détaillée et de la succession nor- 
male des conciles qui le composent. 

Et, en effet, les dépôts de l'étage bruxellieri avaient été définis 
jusqu'ici comme étant « formés de sables blancs, siliceux, vers le 
M bas et de f=îables calcarenx, à la partie supérieure.» Or, cette 
définition était absolument fautive et de nature a induire autant 
en erreur le savant que l'industriel. La vérité est que les sables 
blancs, siliceux, connus sous le nom de « sables rudes », si prisés 
pour les usages domestiques, pour la maçonnerie, voire même 
pour la glacerie, se trouvent non pas à un seul niveau à la base du 
Bruxellien, comme on l'a cru pendant longtemps, mais à deux ni- 
veaux bien distincts ; l'un, à la base de cet étage tertiaire, comme 
c'est le cas pour la grande sablière près la station d'Uccle-Cale- 
voet, et l'autre, à la partie supérieure du même étage, comme cela 
se constate surtout dans les régions d'ixelles et de Watermael- 
Boitsfort, où il atteint près de douze mètres et est souvent impré- 
gné de fer, ce qui le métamorphose en grès ferrugineux, passant 
même parfois à Ta liinonite. 

« 

Entre les deux niveaux de sables blancs, siliceux, se développe ia 
puissante zone de sables calcareux à moellons, qui compose presque 
exclusivement le sol tertiaire de Bruxelles. 

Et, au-dessus duniveau supérieur de sables blancs» siliceux, appa- 
raît encore parfois, comme c'est.le casa Forest, un niveau de sables 
et grès calcareux. 

Il nous suffira, pour mettre hors de doute cette nouvelle inter- 
prétation de réclielle stratigrapliiqne du Bruxellien, de passer en 
revue les principaux aff leui*ements de cet étage qui s'ob8er\'ent snr 



— M 33t — 

la rive droite de la Senne, entre les sables fins de 1* Yprésien 
(Eocène inférieur) et le banc séparatif à Nummulites lœuigata ron- 
lées de la base du Laekénien (Eocène moyen). 

Nous commencerons par la région faillée de Forest-Uccle, pour 
terminer par celles d'Ixelles et de Watermael-Boitsfort. 

RÉGION FAILLÉE DE FOREST-UCCLE. 

L'existence de failles dans la région de Forest*XJecle a été signa- 
lée pour la première fois, en 1863, par M. G. Dewalqne et nous en 
avons nou8-mème, depuis bien longtemps déjà« mentionné et 
figoré de curieux exemples. 

Celui de la coupe de l'ancienne barrière de Forest est le plus 
ancien qu'il nous ait été donné de relever et la coupe en est ren- 
seignée dans nos notes du Service (n'' 98) comme ayant disparu en 
même temps que les terrains avoisinants lurent nivelés, en mars 
1873. Mais c'est surtout dans ces dernières années, que les failles 
de la régicm ont été bien mises en évidence par . la création de 
gi*andes sablières, parmi lesquelles il faut citer, en première ligne, 
celle située à proximité de la station d'Uccle-Calevoet. 

Grande sablière près la station d'Ucole-Caleyoet. 

11 nous a été donné de suivre, depuis plus de trente ans, toutes 
les transformations occasionnées dans cette grande sablière par 
l'exploitation du sable qui aussi a été utilisé pour la fabrication 
de pierres artificielles. 

C'est, en effet, vers 1872, que nous visitâmes pour la première 
fois les affleurements de sables de ce point, devenu maintenant 
classique, en compagnie de M. Baude, fils du conseiller de ce nom, 
qui y avait recueilli de superbes débris de crustacés, déposés au 
Musée royal d'histoire naturelle. Ces débris se trouvaient dans 
une couche épaisse de gravier, renfermant des fragments de gi'ès 
et de marne blanche, ainsi qu'un conglomérat avec dents de pois- 
sons et autres fossiles, présentant, à sa base, un lit de coquilles 
]>ressées dans le sable argileux avec cailloux noirs de différentes 
grosseurs. « 

Cette couche graveleuse, qui séparait les sables quartzeux, bru- 
xelliens, qui la surmontaient, de hi couche d'un mètre de sable 



— M 33a — 

afTgjilciux, recQuvrant.le sable fin, yprésien, e'obser.vait contre le 
petU talus de la.rou^e longeant Ia vQÎc fermée et, par oondéquentt 
à un niveau inférieur à celui de la.QabliQre. .. 

: C'est cette. cpujche graveteuse, dpnt il est. fait mention à la pi^e 
217 du tome I i^v^ç^trc Géolpifie: de f^ B^Jffique, qui avajit^ étQ .con- 
sidérée par M. A. Rutot et (T.Vincent comme représentant, avec 
les amas isolés analogues du flanc ouest de la colline de Pladder- 
molen (Helmet), au sudfde la gare de Schaerbeek, de la butte sous 
la nouvelle église deki même coivîmuhe, et de Saint-Gilles, sods 
remplaoement de i'aucien fort Monterey, des biseaux littoraux du 
Paniséiien surla.rivr drçitedelà Senne.' - i- ... 

Mais, plus récemment, à la séance du-'3 mai i89o de la Société 
royale malacologf que, dans leair Notenur deux" puits ^riéxiens 
creusés dans la betniieae' de Bruxelles (BuH.yiy. xxvi); MM. I). 
Riaeymaekémet'K. Vincent s'exprimrent ainsi- au sujet du gravier 
onspiestioR :V.Noifs:nohs'ehargeons, d'ailleurs, de démontrer, nn 
yy dé oes<}oara^ pm* la paléontologie, que lé gravier de Oalevoet-Hel-* 
» inet'est, non paspanisélion, comme on lé croit généraleiu^nt, 
» m^S'bruxellien», ' . , . . ,-. / ^. 

Après avoir décrit et figuré, en 1880, à la page 229 de Touvrage 
précité, la coupe avec ses nombreuses petites failles parallèles, 

^_. ^ US (IC'laVbdté Mniitiint, à l'Ouest, la gi'andc* 

sablière près la station d'XJcde Calevoet, nous avons relevé, à 
plusieurs reprises, la coupe de cette dernière, à mesure qiie les tra- 
vau'x 'd'exploitation la présentaient sous de nouveaux aspects. 

' (Vé'st aîiisi qu'en consultant nos anciennes notes s'y ra])portànt, 
nous trouvons une coupe relevée le 6 octobre 1889 et qui, loin d'tj^trc 
aussi nette qu'elle le devint par la suite, comme on le verra plus 
loin, était de nature à jeter lé trouble dans les esprits. On y cons- 
tatait, en effet, irépaîsses couclies dé sables et grès-moellons cal- 
carïfères, sur le prolongement (le sables blancs, siliceux, pétris de 
tubulations d'ànnélides. 

• - • • 

11 semblait qu'il y eût passage latéral des uns aux autres et nous 
conservâmes cette impression pendant i)lus de dix années encoix*, 
jusqu'au jour où raVanccmérit des déblais vers l'Est, nous permit 
de constater que le contact anormal qui Vient d'être signalé était 
le résultat de nombreuses petites failles et poches d'affaissement, 
dont là disposition si curieuse est])ien mise en relief dans la coupe 
figure I, relevée le 20 mars i9oo. 



J » ' 



/. ' 



*— M 353 



« ^ • ♦ I • i-; 



1 ' t ' 

S* , V • •«* • ' iJi 










■\ ■ « • • ■ . • " . *#«•• • w 



; 'ff.î. • 



* >.•; j; , (■) 



r I . 



Fwy. 1 



/ 'ft 



H ' 



» • 



Coupe de la sablière près la station (rrccje-Ça^çvoet. 

Br^ I. Sables ei grèp calcarifères, en partie décaldUé^ptiir places.ii') 
Bh 2. Sable siliceux, bhiuc, avec &:rès lustrés, très fistuleux, arrondis. 

3. Sable coloré en rouffe et d'aspect /onaire. 

4-, Sable semblable à 2, avec bancs de grès, interrompus et obliques.(4'). 
}rf.). Sable fin, vpresien. 

f — failles inclinées de 5oo à 70". 



On remarque que la couche graveleuse à crustacés, signalée plus 
]i£^ut^.à l'entrée primitive de la grande sablière, ne se trouve déjà 
plus, à moins de cçnt cinquante mètres plus ^l'Est^ î^v^¥^ la coupe 
ci-dessusjig. i,^^;' ', ^ ,^ : . . . .;. 1; : . 

La couche de ba^e du BruxelljUîn [Ba) n'e^t plus représentée en 
ce i)oint, çompie, en beaucoup d'ïiutrcs delà région,,. qj^e. par un 
sable grossier, plutôt que par un véritable gravier. Pou^oe qui 
est des sables siliceux, et calcai:e,ux, qui, forment la massQ prinoi^- 
l)ale de la grande sî|.blière, nouî$ rappellerojis que.c'es^àrpceasion 
d'une excursion que la Société belge de géologie entreprit, le 20 
mai jgoOy et poiai^ laquelle il ne fut pas rédigé de compte-rendu, que 
nous visitâmes la gi*ande sablière en question. C'est à ce moment 
(]ud Îqousï fîmes^ peiiiftt*quë^'; pôiirla première' foii3,tiôh ëàh» piiovo- 
qûer quelqtiès rrttnéûi^s, que noéôbsèlnrat'îons; déjàfor^iineienhey 
p<^iir les envifôris de Bruxelles, notis portalétit A considérer ncVtW 
étage bruxellien, non pas comme « se présentant sous deux faciès 
» principaux, supe^'posés : l'inférieur composé de saUes^rossiers, 



- M 334 — 

» siliceux, le supériear, de sables fins, calcareux » ('), mais bien 
comme présentant une alternance de dépôts siliceax et calcareux. 
Comme nous Tavons déjà fait remarquer ailleurs, nous nous 
félicitons de plus en plus d'avoir contribué à faire admettre, dans 
la légende du Tertiaire de notre Carte au 40 ooo^', les notations 
proposées par MM. Rutot et Van den Broeok, pour les cycles 
sédimentaires de chaque étage. 

Seulement, tandis que dans la Légende de VEocène de la feuille 
de Bruxelles^ qui se trouve reproduite à la page xiii de Tintro- 
duction de V Explication de la feuille de Bruxelles, ces auteurs ne 
renseignent, pour l'étage bruxellien, que les trois termes (a), (b) et 
(c), caractérisant respectivement le gravier local (a), le sable d'im- 
mersion (b) et le faciès calcareux (r), déposé pendant la période 
d'affaisement maximum, il y a lieu, d'après nous, d'y ajouter le 
terme (rf) réservé au couches d'émersîon. 

Ce dernier ne se montre pas au dessus des sables calcareux (Bc) 
delà grande sablière, près de la station d'Uecle-Calevoet, mais on 
va le voir prendre un magnifique développement à i 4^0 m. vers 
le Nord-Est, au lieu dit « Crabbegat » situé entre le Die Weg et 
l'avenue Defré et où se présente une belle sablière dont voici la 
coupe : 

Coupe de la sablière du (Crabbegat 

mètres 
q j m X. Limon et cailloux, avec fragments de grès ferru- 
gineux, passant à la limonite, annonmnt la proximité 
du banc épais de la même roche qu'on verra plus loin 
surmonter les sables siliceux de la zone bruxellienne 

Bd o.5o 

Bd 2. Sablesilicenx, blanc et jaune, surtout vers le haut et 

d'un beau blanc sur 5 mètres, par place, visible sur 10.00 



Total io.5o 

Le sable n"" a a foui*ni, à sa partie supérieure, vers rextrémitê 
occidentale de la sablière, des ossements d'Equua et de Bas ? diàns 
une position absolument identique à celle occupée par les trois 

(^) KxplieatU>A de laf«iUUo de Bruxelles, i883, pp. 94-95. 



— M 335 - 

mille ossemeute que uoiu» a fourni Tossuaire pré-quateroaire 
d'Ixeiles, sur lequel nous reviendrons plus loin. 

Ils sont, en effet, dans le même sable siliceux Bd et, d'après la 
carte topograpliique, à une altitude à peu près la même (cote 76) 

Ce n*e8t que pendant Timpression de oe travail, que nous avons 
pu lever la coupe ci-dessus, le 24 décembre i9o5, à l'occasion de la 
découverte des ossements qui viennent d'être signalés dans la 
couche 2 de cette coupe. 

M Delheid, à qui la Science est redevable de tant de documents 
précieux, a bien voulu nous montrer la place exacte dont provien- 
nent les ossements qui sont venu enrichir encore ses belles 
collections. 

Us étaient, comme à Txelles, de teinte jaunâtre, à la surface, 
dans un parfait état de conservation et disséminés dans le sable 
siliceux, jaunâtre, bruxellien, lequel paraissait bien en place et 
sans aucune trace apparente de remaniements. 

La sablière du Crabbegat, située entre le chemin creux de ce nom 
et celui qui s'étend parallèlement, et à une centaine de mètres à 
l'ouest de ce dernier, est a 2o5 mètres du tournant du chemin au 
Sud ; au bas du talus du dit chemin, à l'entrée de la sablière, on 
commence déjà à voir le sable jaune, décalcifié, avec grès blancs, 
effrités, delà zone Bc, 

On suit ces roches calcareuses, en descendant vers le Nord, 
jusque une cinquantaine de mètres au-delà du tournant du même 
chemin, où l'on voit apparaître le sable siliceux de la zone Bb. 

Nous ajouterons qu'à environ 3oo mètres à l'est de ce dernier 
point, s'observe, le long de la petite route qui conduit de l'avenue 
Defré au Sanatorium, la grande sablière du Groeselenberg. 

Cellcy-ci, séparée par 225 mètres de l'avenue Defré, présente, sur 
une centaine de mètres de longueur, 5 à 6 mètres de sables et grès 
calcareux, avec rangées de pierres plates alternant avec des pierres 
de grottes, généralement de petite taille, mais dont quelques 
unes, plus grandes et fortement découpées, rappellent un peu celles 
qu'on ven*a plus loin dans les sablières de Forest. 

Toutes ces roches calcareuses sont à un niveau un peu inférieur 
k celui des sables siliceux (Bd) de la sablière du Crabbegat, et 
constituent bien le prolongement des couches CAlcareusos ^ fie) du 
chemin creux, qui leur sont inférieures. 



Ces sablièreB fournissent donc bieiv la preuve de rexîstence, 
dans le Bruxellien, de deux zones de sable siliceux (Bd et Bb), 
jséparéeS'par la.zoxie calcareuse (fie). 

Passons maintenant aux sablières s*étendant,au nord-ouest des 
«précédentes^jentre ravenue Rrugmann et la chaussée d'Alsembérg. 

Sablières centre l'avenue. Prugmann et la chaussée d* Alsemberg 

Les immenses sablières qui s'observent de chaque côté de 
ravénue Brugmann et qui s'étendent entre cette dernière avenue 
et^ là chaussée d'Alsembérg, présentent la zone de sables blancs, 
siliceux (B6) et celle des sables et grès .calcareux (Bc) de la 
sablière près la station d'Uccle-Calevoet, mais avec un dévelop- 
pement beaucoup plus considérable. 

Elles atteignent, en effet, chacune, en de certains points de la 
inême coupe, de dix à douze mètres d'épaisseur, ce qui ne se cons- 
tate, à notre connaissance, qu'en ce seul point des environs de la 
ctifUtâle'. . . 

Tia zone de sitbles blancs, siliceux {Bb) présente, â sa partie 
supérieure, sur i m. à i.5o m., d'abondantes tnbùlations d'annélides, 
avec quelques grès fistuleuk, allbngés et horizontaux, ainsi que de 
petites parties de sable brunâtre' sale, plus foncé, rappelant un peu 
les petites pochettes qui se présentaient dans le même sable blanc, 
siliceux, de l'ossuaire d'Ixelles, doïitil sera parlé plus loin. 

Eti' dessous de cette couche,' nous'obsel'vàmcs, en octobre 1889, 
au bïis de 5 à 6 m. de sable bldiic et jaùiie, très siliceux, lé niveau 
assez constant de meiuis' débris dé coiiuille?!, extrêmement friables, 
avec grè^ lustrés, arrondis souvent 'cri foriiié de boules, ainsi qu'un 
grès fistiileux allongé, de plus de iminctre et disposé verticale- 
ment. Aujourd'hui, on* observe encore, sous ces roches; "dans la 
première* sablière à l'ouest de raveitiie^ Brugmann, exploitée par 
MMr Ghllain-Deleort, cinqmèti-es d'urt beau sabl^, également très 
siiiceuxy à stratification entrecroisée, présentant un niveau inter- 
rompu d^une roche durcie à tubulations. 

Plus à rOuestj en cbnire-bas de la propriété' VaitOerkindere, on 
observe aussi :un banis de gi*ès interroiapn, mais à la partie supé- 
rieure du sable siliceux (Bb) qui (irésen te: aussi; 'à ce niveau, une 
stratification entrecroisée et des tubulations. 

Enfin, plus à l'Ouest encore,«on observe un. peu en contre-bas de 

II JANVIER I90G. 



— M 337 — 

ravenae Coghen et presque à sa jonction avec l'avenue des Fleurs, 
le dernier déblai restant encore à poursuivre dans la propriété de 
M"^ la baronne Limnamder» par le concessionnaire François 
Sggerickx* 

- <'e déblai montre» au niveau même de la première de ces deux 
avemues, la couche d*un mètre environ de sable en partie décal- 
cifié» dit sable doux, qui sépare la zone des sables blancs, siliceux 
(Bb)^ de la zone, épaisse de 8 à 10 mètres, des sables et grès calca- 
reux (Bc), dont elle constitue la base. C'est de ce niveau que pro- 
viennent les fossiles renseignés, dans le tableau ci-après, comme 
appartenant à la zone Bc et que M. Delheid, qui les a recueillis, 
désigne sous la dénomination de niveau graveleux supérieur, 
surmontant les sables à tubulations d'annélides. 

Il les distingue ainsi des fossiles que ses persévérantes reelier- 
elles ont fait découvrir à un niveau bien inférieur, situé vers le 
bas de notre zone des sables siliceux (Bb) et qu'il appelle le niveau 
graveleux inférieur, sous les grès lustrés, qu'il ne faut pas 
confondre avec celui de la zone du Vrai gravier de la base du. 
Bruxellien {Ba), qui ne semble pas avoir été atteint en ce point. 

Nous devons déclarer que, tout au moins aux points où il nous, 
a été possible d'observer ces deux niveaux, nous n'y avons pas 
reconnu l'existence de gravier, bien que les ouvriers affirment 
y avoir rencontré, assez fréquemment, des fragments arrondis de 
grès et, notamment, un petit bloc roulé constitué par un crustaçé, 
Thenops scyllariformis, Bell, renseigné dans la liste ci-après, 
qu'a bien voulu nous communiquer M. Delheid, et dans laquelle 
figure le squale, Carcharodon auriculatus, de Blainv., dont la 
taille devait atteindre 8 mètres de longueur et qui est repré- 
senté par une cinquantaine de vertèbres et trente-quatre dents (*). 

La zone supérieure des sables blancs, siliceux (Bc/*, qu'on a déjà 
vu, au Crabbegat, présenter une éi>aisseur aussi grande que celle 
de la zone inférieure des sables blancs, siliceux (Bb), des grandes 
sablières qui nous occupent en ce moment, semble faire défaut 

(•) DELHKin. Ed. Découverte d*uu squale bruxellien. Ann, Soe, r. malac, 
de Beig., t. XXXIV, pp. LXXiii-LXX\ , 1887. 

AXS. JkK\ OÉOL, DK BKU»,, T. XXXII. MKMOIRES, iia 



— M 338 — 

Liftte des fossiles bruxelliens provenant des sablières situées entre l'avenue Brugmann 

et l'a venue Coghen, 





BruxellieQ 


• 


Bnixellien 


Désignation des fossiles 






Désignation des fossiles 












f 


Bb 


Bc 


1 
1 


Bb 


Bc 


Oiseaux 


1 

1 




Poissons (suite) 






Fragment indéterminé. 


; -i- 




Galens recticonus^ Winkl. 


+ 


— 


1 


1 




— r minor, A g. 


1 

•r ; — 


Reptiles 






Pristis Lathami, Gai. 


+ 


--;■ 


t 






ACtobatis irregularis, Ag. 






Tortues ( vertèbres , cotes et 






Myliobatis toliapicus^ Ag. 


— 


-h 


mandibules). 


f 


+ 


— Dixoni, Ag. 





'-^ 








— Oweniy Ag. 





- 


Poissons 






< — striatus, Buekl. 


■1- 


— 


Pelamys y 




• 


sp,y 

Trygon(y) pastinacoides,y3.n Ben. 


— _ 




Scombiidés (vertèbres et apo- 






Boucle de raie. 





+ 


physes . 


t 


^- 


Edaphodon Bucklandi, A g. 





-1 

1 


Cybium . 


4- 










Sphyrœnodus, 





-f 


Crustacés 






Pseudosphwrodon naoicularis. 












Wlnkl. 




+ 


Pince de homard. 





- 


Arius Egertoni, Dixon. 




+ 


Thenops scyllariformis^ Bell. 


— 


t 


Xiphiorhynchus priscus, A g. 


— 


-i- 




1 
l 


Cœlorhynchus reclus y Ag. 


4- 


•i- 


CfePHAIOPODES 


1 

■ 


Trichiurides sagittidens, Winkï. 


+ 


— 


, 






Pycnodus. 


-1- 




yautilus Lamarckit /De^h. 




• 


Albula Oweni, Owen. 


-1- 










Ginglymostoma Thielensi^W inkl . 


+ 




Lamki.mbranchks 






Ostracion meretrix^ Daimeries. 


+ 


— 








Lamna Vinçenti, Winkl. 


-f- 


-1- 


Teredo Burtini, Desh. 


— 


J, 


Scylliuni mihatissimum, Winkl. 


•- 


-1- 


Cardita planicosta, Lmk. 





\ 


Oxyrhina nova^ Winkl. 





+ 


Ostrea gigantica^ Brand. 




i 


Oxyrhina sp. 


-1- 


-1- 


— cymbula, Lmk. 


f- 


■* 


Odontaspis crassidens, Ag. 


-1- 


+ 








— mécrota, Ag. ' 


1 


+ 


Végétaux 






— cuspidata, Ag. ^ 


\ 


\ 








— verticalis, Ag. 


1- 


-1- 


\ipadites et troncs d'arbres arec 






— Winkleri, Leiiche. i 





-1- 


tarets. 




1 


Carcharodon sp. y 


+ 


+ 


Fragments de troncs transformés 






— aiiWcu/a/iis, deBlninv. 


— 


■1- 


en lignite. 




V 

• 


Galeocerdo latidens, Ag. 


+ 




. 







dans ^es dernières, comme dang^ celle du voisinage de la station 
d'Uccle-Calevoet. Mais c'est simplement parce que cette zone a 
été enlevée par des actions de dénudation, quaternaires et autres, 
postérieures à sa formation. 

Dans celle de ces grandes sablières la plus rapprochée de 
la chaussée d*Alsemberg et connue de tout temps par la présence 
de véritables bancs d'huitres {Ostrea cymbiila), on voit, sur près 
de 100 mètres de longueur, une enfilade de grès rouges, ferrugi- 
neux, que l'on prendrait, à distance, pour un dyke de basalte. 

Ces grès sont intercalés en plein milieu au travers de la zone 

■ 

des sablçs calcareux à moellons, laquelle est surmontée de roches 
analogues du Laekénien, dont elle est séparée par le gravier 
de base, avec grès perforés à Xnmmiilites Ispvigaia roulées et 
dents de poissons, qui font la joie des enfants chercheurs de 
<c figures », comme ils appellent ces débris fossiles. 

Nous attribuons la présence anormale de ces grès ferrugineux 
dans la zone des sables calcareux à moellons, à un effondrement 
par failles, qui a placé au contact de cette dernière zone, les 
sables siliceux passant au grès ferrugineux de la zone supérieure 
{Bel), qu'on a pu observer jadis parfaitement en place, à proxi- 
mité, à moins de 600 mètres vers l'Est, lors de la création de 
l'avenue Brugmann. C'est ce dont témoigne, en effet, la coupe 
de cette avenue, publiée en 1878, dans l'article « Géologie » de 
Patria Belgica et reproduite dans le tome I de la Géologie de 
la Belgique, 

On y constate, sous le banc de grès perforé, laekénien, à 
Xummnlites lœvigata roulées, les couches bruxelliennes ci-après, 
de haut en bas : 

Bd I . Banc de grès rouge, ferrugineux, pétri de coquilles : Cytherea 
lœuigata, C suberycinoideSf Cardium porulosunif Rostel- 
laria ampla, etc. 

2. Sables blancs, siliceux^ exploitables (sables de cuisine). 

Bc 3. Sables calcarifères, renfermant un gîte composé presque 
exclusivejn,ent d'Ostrea cymbnla. 

4. Sables blancs, décalcifiés, à gros grain, avejC grès fistuleux 
effrités. 
Comme on le voit, l'analogie est complète entre cette coupe et 



celte de la sablière située à proximité de la chaussée d'Alsemberg' . 
et à 8qo mètres au sud de la Maison de santé d*Uccle. 

Seulement, le grès ferrugineux parait être beaucoup plus épsda 
dans cette dernière sablière, ce qui semble bien être le résultat, 
d'un phénomène de rubéfaction sur lequel M. Daimeries, qui a 
beaucoup exploré toute la région, avait déjà appelé Tattention lors 
de Texçursion, rappelée ci-dessus, du 20 mai 1900. 

C'est ce qui explique pourquoi, tout le long de la zone effondrée, 
les infiltrations ferrugineuses, en pénétrant assez irrégulièrement 
sous le niveau de grès rouge (Bd), ont coloré et concrétionné une 
partie des sables calcareux sous-jacents (fie), ce qui ferait croire, à 
première vue, qu'on a affaire à un seul et même banc très épais de 
grès rouge. 

Mais une observation plus attentive fait reconnaître que la base 
du soi-disant banc épais de grès, présente des parties non complè- 
tement rubéfiées, dans lesquelles on reconnaît parfaitement le sable 
blanc, plus ou moins décalcifié, avec Ostrea cymbula. 

Avant de passer à l'étude des nouvelles sablières situées à Fo- 
rest-ést, le long de l'avenue d'Huart et qui fournissent les données 
les plus importantes de cette communication, nous nous arrêterons 
un instant aux affleurements de sables, mis récemment à découvert 
à l'occasion des travaux de terrassement effectués sur le territoire 

> 

et à la limite de la même commune, à l'ouest et à peu de distance 
de la chaussée d'Alsemberg. 

Affleurements à Pouest de la chaussée d'Alsemberg. 

Les grands déblais pratiqués sur le prolongement de l'avenue 
Beernaert, un peu au sud de l'avenue des Sept-Bonniers et desti- 
nés, paraît-il, à donner naissance à la rue du Triangle, permet- 
taietit d'observer, en mai igoS, la succession de couches suivante, 

de haut en bas : 

mètres 

Lk I. Sable et grès calcarifères de TEocène moyen, laeké- 

nien, surmontés de sable remanié, plaqué 3. 00 

2. Gravier avec grès perforés, pétri de Nummulites 
Imrigata roulées, d* Ostrea cymbula, etc . o.3o 

Bn 3. Sable et grès calcarifères, bruxelliens, visibles à la 

partie supérieure, sur 3.oo 



Les couches n^ i, 2 et 3 s'observaient en un point où Ton était 
obligé d'élever une muraille pour empêcher Téboulement. 

4. Sable calcarifère, avec abondantes Osti-ea cymbiila, 
passant au sable quartzeux, bianeliâtre, avec tubultitions 
jaune brunâtre foncé et parfois très blanches, calcar 
rifères, paraissant provenir plutôt d'infiltrations dû des- 
sus que de la décalcification proprement dite. La couche 
n^ 4 s'observait en un point où les couches supérieures 
avaient été enlevées, vers l'extrémité sud de la tranchée, 
à la limite du bois ; elle avait une épaisseur d'environ . i.5o 

Bd 5. Un peu plus bas, s'observait un affleurement de grès 

ferrugineux, coquillier, d'environ . i.do 

6. Et plus bas encore, passé la petite maison renseignée 
sur la carte et à peu près en face de l'ancienne ferme, les 
déblais pour la création de Végoût d'une nouvelle voie 
de communication, avaient mis à découvert un beau 
sable blanc, siliceux, visible sur 1.20 

Total : 10.00 

Il est aisé de reconnaître dans ce dernier sable (6), avec le grès 
ferrugineux (5) qui le surmonte, le correspondant de notre zone 
supérieure (-Bd), telle qu'on vient de la voir si bien caractérisée 
dans la sablière située de l'autre coté de la chaussée d'Alsemberg 
et telle qu'elle se présentait jadis, comme il est dit plus haut, à 
l'avenue Brugmann. 

Il est à reniarquer que le grès ferrugineux de cette zone supé- 
rieure (Bd), n'apparaît plus vers l'Ouest, non seulement dans les sa- 
blières de l'avenue d'Huart, mais même déjà, dans la sablière ex- 
ploitée par M. Jules Eggerickx et située rue du Bois, entre cette 
dernière avenue et les déblais qui nous occupent en ce moment. 

U ne sera pas inutile de reproduire ici la coupe de cette sablière, 
relevée en novembre igoS. 

Coupe de la sablière Jules Eggerickx^ à Forest-est. 

mètres 

q I. Limon et cailloux à la base i. 00 

Lk 2. Sables et grès calcarifères, laekéniens, avec poches 

d'altération, atteignant « « . . 3.oo 

3. Gravier à Nummulites lœvigata roulées. , , , , o.3o 



— H 34a — 

Bn 4* Sablesetgro8braxellieiis, eu partiedécalcifiéfl, variant 

en épaisseur do ...*.. o.5oà2.oo 

B(i 5. Sable Kilic*eux,àtubulationb,uvee concrétions arrondies 1. 00 
6. Banc de sable siliceux, durci, tachant les doigts et 
présentant des fragments anguleux, sub-mameux, qui lui 
donnent un aspect bréchiforme 

Br 7. Sable jaunâtre, en majeure partie décalcifié . . .* . 4-^^* 

Total : 11.80 

Nous ferons encore remarquer que la sablière qui précède cor- 
respond exactement, tout au moins pour ce qui concerne les zones 
Bd etBn, à celles situées à i5o mètres plus à TOuest et renseignées 
respectivement, dans la coupe ci-après (fig, a), sous la désignation 
de sablière (Illj et d'ancienne sablière (IJ. 

Coupe des sablières ouvertes le long de l avenue d'Huart^ 

à Forest-est. 

q 1. Terrain Uinoneux. plus ou moins remanié, avec cailloux et 
concrétions ferru^nneuses (II), se confondant parfois avec le 
gravier à Summulile» roulées (III), variant eu épaisseur de o.'io à 1.80 

Lk 2. Sables et grès calcarifères, laekéniens. présentant de ki*<^u<'^^ 
poclies d*aItération dans la sablière (I) et atteignant, dans la 

sablière (IV) 1.60 

3. Gravier avec sable et grès calcarifères. percés de trous de 
mollusques lithophages, ]Ȏtris de Sumninlites InwigHta et A'u/ii. 
srabra, de nombreuses dents de poissons et cont^emint un fragment 
de Beïemnites, variant de '. o.ao à o.So 

lin 4* tables et grès calcarifères. bruxelliens, formant une lentille 

avec digitatiou (II) i.Tio 

Hd T). Sable blanc, siliceux, renfennant parfois de menus débris de 
coquilles fragiles, avec grès lustrés sous la forme de pierren de 
grotten volumineuses, fort découpées et de blocs arrondis. (*ne de 
ces pierres, ])résentant un Ltmuui et un ossement <le tortue, 
recueillie en uiai iç)Ov5, dans la sablière (II), semble provenir de 
ce niveau, variant en épaisseur de i m. (III > à 5.5o 

Bc (). Sables et grès calcarifères, avec moellons et pien^es plates vers 
le bas, variant de o"'8o (IV) à 4"*7<> 1^1) ®t 6.00 

Bb 7. Sable blanc, siliceux, à stratification entrecnnsée (II), avec grès 
lustrés, arrojidis souvent en forme de boules. travei*8é daiis la 



— M 343 — 









»•- — a; 



00*0 






'^1 






S 






s 









'Ji 

I 

« 

o 



!3 






O 



9D 
4» 



« 

C; 






9 

o 



îl 



•V, 



sablière (IV), par un 
déblai au fond duquel 
, iiouafimespratiquer, 
le 240 mai 1905, un 
sondage qui permit 
de lui assigner une 
épaisseur de . . . 4*oo 

Yd 8. Sable très fin (Eo- 
cène inférieur, ypré- 
sien^, gris verdàtre 
vei'sMè bas, présen- 
tant un lit d*argile 
sohistoïde de 0^0, à 
0^40 <lti sable n° 7, 
reconnu par le même 
sondage sur . , . 0.80 



Total : 33 00 

Les sablières dont on 
vient de voir la coupe, 
ont fourni pen de fossiles ; 
néanmoins, M. Delheid 
nous a montré un fruit de 
Xipadites, recouvert de 
tarets et pi'ovenant de la 
sablière (IV), mais dont 
on n'a pu lui renseigner 
le gisement exact. Il est 
probable qu'il provient 
de la couche n^ 6 (Bc), 
dont on pouvait voir, en 
mai 1905, une digitation 
assez importante dans la 
sablière. 

L'interprétation que nous 
donnons, fig. 2, de la coupe 
décrite ci-dessus, résulte 
de très nombreuses obser- 
vations que nous avons 
pu effectuer, depuis plus 
de dix-sept ans, le long 



— M 344 — 

de la nouvelle avenue de Forest-est, qui porte aujourd'hui le 
nom d'avenue d'Huart. 

Et, en effet, les plus anciennes coupes qui se trouvent consi- 
gnées dans nos notes sont celles relevées en septembre 1888, sur 
les deux parois de la nouvelle avenue. Celle de la paroi orientale 
présente les quatre failles figurées sur la fig. 2. 

Seulement, outre que des parties remaniées du talus empê- 
chaient parfois dé bien préciser l'allure des dites fiUlles, la 
construction, à cette époque, d'un mur de clôture vint, bien 
malencontreusement, nous mettre dans l'impossibilité de complé- 
ter la coupe, 

Ce n'est que dans ces derniers temps, qii*une société anonyme 
s'étant rendue acquéreuse de la propriété qui a appartenu succes- 
sivement aux familles Dumonceau, Zaman et Vimeney, y a ouvert 
les grandes sablières figurées sur la coupe. 

Entretemps, nous avons pu relever, en mai 1900, la coupe 
détaillée de la grande sablière, aujourd'hui abandonnée, située 
en contre-bas de l'avenue d'Huart et; dont Texploitation se faisait 
par l'avenue Foutaine, en face du clmteau de Wyngaerd. 

C'est cette coupe qui est renseignée sur la fig. 2, sous la déno- 
mination d*ancienne sablière (1): 

Elle s'étendait de l'Ouest à l'Est, tout le long et en contre-bas de 
l'avenue d'Huart^ passé le tournant de celle-ci. Et, chose bien 
curieuse, le talus de cette avenue présentait la même succession 
de couches que celle de la sablière, depuis le Laekénien (Lk)^ 
jusqu'à la zone de sable blanc, siliceux, du Bruxellien (Bd), qui, étant 
donnée la pente vers TEst de l'avenue, apparaissait à l'extrémité 
de celle-ci, sous les sables et grès calcarifères (Bn). C'était donc la 
preuve irrécusable de Texistencfe d'une faille dont la direction se 
confondait avec celle de l'avenue, comme cela se constate, du reste, 
très clairement à l'extrémité 'sud de la coupe, fig. 2. 

Ai)rès avoir mis hors de doute l'existence, dans les sablières de 
Forest-ést, de deux zones de sables blancs, siliceux {Bd et Bb)^ 
séparées par une immense lentille de sables calcareux à moellons 
(Z?c),ilnous serait aisé d'étendre la démonstration à tous les dépôts 
bruxelliens des environs de la capitale, mais cela nous entraîne- 
rait bien au delà des limites auxquelles peut prétendre un sujet 
fiUBsi spécial que celui de la présente communication, 



Xoua nou8 bornerons donc à passer en revue les faits les pins 
saillants des régions d*Ixelles et de WatermaeUBoitsfort. 

RÉGION DIXELLKS 

Comme Ta fait remarquer notre savant collègue, M. Rutot, 
à l'occasion de Texcursion de la Société belge de géologie à 
Boitsfort, le 12 juin 1904, l'attention avait déjà été appelée anté- 
rieurement, par lui, sur Texistence, à la partie supérieure du 
Bruxeilien, d'une poche de sable blanc, siliceux, semblable à celui 
qui s'observe à la base de cet étage. 

C'était en 1875, à Ixelles, à proximité de l'hospice Van Aa, où 
une butte de sable a permis à notre collègue de relever une coupe 
des plus intéressante, qu'il décrivit et figura dans les Annales 
de la Société géologique de Belgique, t. II, pp. 212-222. Cette 
coupe montre bien nettement, en effet, au sommet des sables 
et grès calcareux, et au contact du banc séparatif de la base du 
Laekénien, une poche de sable blanc, siliceux, avec parties ferrugi- 
neuses, i-enfermnnt de nombreux fossiles friables et parfois 
silicifiés, dont la liste fut dressée par G. Vincent, et qui rappelle 
tout à fait ceux que nous recueillîmes, avec ce paléontologiste, en 
1872, dans la carrière Ackermans, au hameau de Roodebeek, 
dépendant de Woluwe-Saint-Lambert. 

Mais, tout en rendant le plus complet hommage à l'esprit d'ob- 
servation de notre collègue, nous ne pouvons nous empêcher de 
faire remarquer que la poche de sable blanc, siliceux, qu'il a si 
minutieusement décrite, était plutôt considérée comme le résultat 
d'un phénomène local, d'un accident étrange, suivant sa propre 
expression, et que la présence de la poche en question, au sommet 
du sable bruxeilien, a été envisagée, jusqu'ici, plutôt comme le 
résultat d'une altération, que comme décelant l'existence d'un 
niveau spécial à ajouter à la légende de la Carte géologique et 
représentant le sable d'émersion (Bd) de cet étage de l'Eocène 
moyen. 

Et, en effet, nous trouvons dans cette partie de la commune 

d'Ixelles, la preuve qu'il en est bien réellement ainsi. 

C'est d'abord, à l'endroit même où M. Rutot a levé sa coupe, 
d'après laquelle les sables et grès calcarifères (Bc) qui la compo- 
sent et à la partie supérieure desquels se trouve la poche de 



— M 346 — 

sable blanc, siliceux, avec parties ferrugineuses (Bd), auraient une 
épaisseur de 8.5o m. 

Or, comme nous le faisait remarquer, tout récemment encore, 
rancien président du Conseil de Tliospice Van Aa, un simple 
terrassement pratiqué à côté de cet établissement et, par consé- 
quent, à un niveau inférieur à celui de la coupe, a rencontré 
la zone inférieure de sable blanc, siliceux (Bb), 

Cette même zone fut exploitée jadis dans plusieurs sablières, 
vers le bas de la rue Malibran, où nous avons pu l'observer sous le 
niveau actuel de la rué et entre celle-ci et la rue Dillens, de 187'i 
à 1876. Elle était formée de 4 mètres de sable blanc, siliceux, avec 
grés lustrés arrondis et un niveau de coquilles friables, et surmon- 
tée de plus de 8 mètres de sables et grès calcareux de la zone Bc, 

D'un autre côté, à peine à i5o mètres au SSE. de la coupe décrite 
par M. Rutot, on observait encore, en avril igoS, le sable blanc, 
siliceux {Bd), avec un beaucoup plus grand développement que 
dans cette coupe. 

C'était, notamment, au haut de la rue Victor Greyson, à une 
trentaine de mètres de sa jonction avec la chaussée de Boendael et 
entre ces deux voies de communication, où un déblai pour les 
fondations d'une maison appartenant à M. Koppe, montrait 2.60 
m. de sable siliceux (Bd), avec rares concrétions, du côté do la rue 
Victor Greyson, tandis que la paroi septentrionale, du côté de 
la chaussée de Boendael, était formée de sable et grès calcai'ifèrcs, 
avec moellons {Bc}, 

Un peu plus haut, de l'autre côté de la rue Victor Greyson, à la 
bifurcation, on observait, dans le déblai Boogmans, le prolon- 
gement des sables siliceux qui, un peu au Sud, étaient associés à 
des grès ferrugineux et présentaient un bel affleurement de 
2'"4o d'épaisseur dans la rue du Bourgmestre, à 55 m. à l'WSW. 
de la chaussée de Boendael. 

Rappelons en passant, que c'est à 200 m. au SW. du point pré- 
cédent, dans cette même rue du Bourgmestre, que se trouvaient, 
dans la propriété de M. Canonne, les .sables siliceux, associés 
à des grès ferrugineux à la partie supérieure {Bd), et dans 
lesquels nous avons eu la bonne fortune de découvrir, jusqu'à 
8"5o de profondeur, dans le beau sable siliceux, bruxeilieu, des 
ossements d'âge beaucoup moins ancien que le sable qui les 
renfermait {.l/i/i. .Soc. géol. de Belg.^ t. XX V**'*, 1900, p. i6a). 



— M 347 — 

Enfin^ s'il pouvait subsister encore quelque doute sur la 
position stratigrapliique de ces sables, la coupe du puits artésien 
creusé à proximité, par M. le baron van Ertbom et que nous 
avons décrite, en i889,dan8 les Annales de la Société royale mala- 
cologiqne, t. XXIV, p, cLxxiii, séance du 9 novembre 1889 et 
t. XXV, 1890, p. XIV, suffirait à les faire disparaître. 

A l'endroit où a été effectue ce sondage, on observait, en contre- 
haut de ce dernier, à la limite méridionale de la propriété 
Canonne, un bel affleurement 2)ermettant de compléter, pour ce 
qui concerne la partie supérieure du Bruxellien, la coupe du 
sondage, comme suit : 

Coupe du sondage^ au Dépôt du /ram, à Ixelles et des déitàts 

qui en surmontaient Vorifice^ à la cote jj m. j5. 

mètres 
7 I. Limon, avec rares cailloux disséminés vers le bas 

(i'"3o) et surmonté de i mètre de terre végétale . . . a.So 
B(l 2. Grès rouge, bruxellien, devenant schisteux à la 
partie supérieure, se divisant en plaquettes et en frag- 
ments anguleux, présentant des lentilles de sable 

jaune, siliceux, bien stratifié 2.3o 

Le sondage a rencontré, à un niveau inférieur aux 
couches n^^ 1 et 2 : 
3-4- Sable et grès ferrugineux, rouge .... o.Do 

5. Sable jaune, siliceux 0.90 

4-^^* 

Rc 6-28. Sables et grès calcareux 9.60 

Hb 29-5 1. Sable blanc, siliceux, sans grès sur 3 m. 4<N 
puis présentant cm/e niveaux de grès lustrés, variant 

de on'io à o'"3o d'épaisseur . .13.70 

Ba 52. Rognons degrés, dans du sable marneux. . i.io 

53. Sable rougeàtre. Gravier o.So 

Ï.60 

)'(/ 54. Sable très fin, gris verdâtre ( Eocène infé- 
rieur, yprésien» 5.5o 

55-57. Sable argileux, ave<* un lit d'argile de o'"2o 

vers le bas 19.85 

Yc 58-59. Argile plastique, très foncée vers le bas 29.15 

60. Argile sableuse io.25 

- - 64.75 

A reporter : 96.05 



- M 348 — 

Report : 96. oî 
Lid 61.. Sable glauconifèrc, grisâtre, assez fiii(£ocène 

inférieur, landénien) 3.85 

Lie 62, Argile et argilite i6.25 

Ljb 63. Silex verdis o.ao 

— ao.3o 

Dw/64. Quartz (Carabrien. Devillien inférieur) .... i.i5 

Total : 117.50 

II nous reste maintenant, pour terminer cette étude, à passer en 
revue les affleurements bruxelliens qui s'observent dans la région 
de Watermael-Boitsfort et dont nous trouverons tous les éléments 
dans le eompte-rendu de l'excursion géologique que nous diri- 
geâmes aux environs de Bruxelles, le 12 juin icp^{BiilL Soc, belge 
de g'éoL, t, XIX, 1905, Méni.j pp. 267-317). 

RÉGION DE WATERMAEL-BOITSFORT. 

» 
L'étude du Bruxellien, dans la région de Watermael-Boits- 

fort, a été facilitée, dans ces 

derniers temps, par d'inipor- 

/^ tants déblais pour la oi'éa- 

tion de sablières et de 

' /.A- grandes avenues. 

C'est d'abord la sablière 

située à la cote 75, au nord 

de Watermael, entre laferme 

. B Tercoigne et la ligne de Ter- 

vuereu et dont voici la coupe, 

telle que nous avons x>u la 

\ ' ........ J relever le 6 novembre lool. 

/Vf ^s* 

Fib. 3.— Coupe de la sablière Tercoigne, 
au nord de Watennael. 



I--J 



:i:i.*r-?*"*' *" ' 




•-*« 



r 






•^1 



V- ■-"^'' •?".; .Cl- ' • • <- V ^y^:/. 




mètres 



qim I. Limon sableux et cailloux disséminés, moséens 1*. Sable »ver 

cailloux disséminés et en bande atteignant o"*3o à la base . . . 0.75 

Le a. Sable lédien, assez fin, blanehfUre et jaunâtre .... i.aô 
3. (irravier brunâtre, en grains assex réguliers .... o.o5 

i.3o 



A reporter : a,o5 



— - M 349 — 

Report.: .2,o5 
Lk 4. Sable laekénien, gi*&veleux,blanch&tre et jaunâtre, pré- 
sentant, à distance, l'aspect d'alternanees de zones plus ou 

moins foncées a. 00 

5. Gravier formé de grains inégaux de quartz blanc, opaques 

et translucides o.i5 

a,i5 

Bd G. Sable bruxellien, nillceux, jaune, avec quelques gniins de 

glauconie o.a5 

7. Grès ferrugineux, formant un banc dur, rouge brunâtre 
foncé, presque noir, passant à la limonite par places. . . 1.20 

8. Sable jaune, ferrugineux, avec larges banderolles (8') 
d'an rouge particulier, plus p&le, et qui doivent leur forme 
bizarre à la stratification entrecroisée et à une petite 
faUle(f) 3.5o 

9. Sable siliceux, d'un beau blanc, avec quelques grains de 
glauconie, exploité sur 1.70 

— - 6.65 

Total : , I0.85 

Les terrains de la sablière se relèvent vers l'Otiest, ce qui a per- 
mis d'exploiter, dans cette direction, à Tonest et contre le chemin 
qui passe sous le viaduc du chemin de fer, le sable blanc qui y 
affleure, tandis que, dans la sablière, il n'est atteint que sous une 
assez grande épaisseur d'autres couches tertiaires et quaternaires. 

Enoatre,leBruxellien présente, sur plus de 6 mètres d'épaisseur, 
un mag^iifique exemple des beaux sables blancs, d'émersion, de cet 
étage, avec prédominance, à la partie supérieure, de l'élément fer- 
rugineux, si constant à ce niveau. 

A l'entrée du premier chemin creux, à l'est de la sablière Ter- 
eoigne, on observe un gravier séparant 4™5o de Lédien de i mètre 
(le Laekénien, et 33 m. au Sud, dans le même chemin creux, qui est 
en pente assez accentuée, on trouve, dans un petit déblai pratiqué 
au bas du talus oriental, l'épais gravier base du Laekénien, et 
3 mètres plus bas, le banc rouge bruxellien, et enfin, à peu de dis- 
tance, des sables et grès calcarifères et en partie décalcifiés, sur 
une hauteur de 4 mètres. Ces derniers occupent donc ici la place 
d*ane partie du sable siliceux de la sablière, ce qui pourrait bien 
être le résultat d'une faille du genre de celles de la région de Fo- 
rest-UeoIe, bien que l'on ne se trouve point ici dans les mêmes 
conditions orpgraphiques que dans la vallée de la Senne. 



— M 35o — 

IJ41 peu avant d'arriver au passage à niveau de la gare de Water- 
mael, on observait, à l'est et en contre-bas de la voie, un magni- 
fique affleurement de sable blanc, bruxellien, mis à découvert par 
un profond déblai, pour la construction d'un viaduc destiné à rem- 
placer le passage à niveau. 

Ce déblai, prolongé parallèlement à la voie, jusqu'à la rue de la 
Station, dont le viaduc va devenir la continuation, a permis d'ob- 
server la succession de couches que voici : 

Coupe des déblais liour la construction du oiaduc de la gare 

de WatermaeL 

mètres 
q3n I. Limon brun, assez friable, atteignant, dans un 
déblai perpendiculaire à la voie, une épaisseur, par 
ravinement, de 7"*5o, mais ayant, en moyenne . . . 2.00 
2. Cailloux o.io 

q3m 3. Limon hesbayen, sableux, jaunâtre et brunâtre, 

stratifié entre deux niveaux de cailloux 0.7') 

qim 4« Cailloux moséens, surmontant, au point où ils étaient 
le plus épais, une couche de o'°i5 de sable argileux» 
gris pâle, stratifié, sans cailloux apparents (4') • • - o.5o 

Le 5. Sable fin, lédien, grisâtre et jaunâtre, avec une 
bande ondulée, rouge, ferrugineuse, et une ligne de 
matière noire (5') i 00 

Lkt 6, Gravier laekénien ? o.i5 

Bd 7. Sable blanc, siliceux, bruxellien, avec une ligne noii'e 

(7'), identique à (5'), visible sur o.8<> 

Bc 8. Sable blanc et jaunâtre, avec grès effrités . . . . o 5o 
Bb 9. Sable blanc, siliceux, à tiibulations, visible en un 

point sur 4 **^* 

Total : 9.80 

Un fait intéressant est à relever dans la coupe précédente ; 
c'est la faible épaisseur du faciès calcareux, bruxellien, qui ne 
serait représenté que par la couche n*" 8 de o"*5o ; mais il est à 
remarquer qu'au cours des travaux de déblai, on a pu constater, 
le 5 juin i9o4, qu'entre la paroi la plus orienl;ale de ces derniers, 
qui a fourni, le i5 mai précédent, les couches i à 7 de la coupe 



— M 35i — 

ci-dessus, et la voie ferrée, il nous a été donné d'observer du sable 
blanc, calcareux, stratifié, avec baude fermgineuse, jaunâtre à la 
partie supérieure, formant une couche de 3°*5o, qui semble corres- 
pondre à celle n*' 8 de la coupe ci-dessus. 

Enfin, la belle tranchée si pittoresque, pratiquée sur le plateau 
du Jagersveldi Champ des chasseurs), qui ne tardera pas à être 
complètement arasé par une escouade de terrassiers, et dont les 
déblais, transportés par un petit chemin de fer provisoire, servent 
aux remblais qu'entraîne la construction de la nouvelle grande 
artère destinée à relier Boitsfort avec Auderghem et Tervueren 
par la Woluwe, nous a permis, à mesure que la tranchée s'élar- 
gissait sur toute sa longenr, de relever les coupes les plus inté- 
ressantes que nous ayons eu l'occasion d'observer jusqu'ici, pour 
ce qui concerne le Bruxellien. 

Celle qui est figurée dans le présent travail, a été prise en 
avril 1904 et complétée, pour sa partie occidentale, peu de temps 
après l'excursion de la Société belge de géologie, en août de la 
même année, au moment 011 les travaux de terrassement eurent 
permis de constater la réapparition des sables bruxelliens sous les 
limons quaternaires qui les avaient cachés jusque là. 

La coupe fig. 4» dont la pente est de o"o4 par mètre, commence 
à 175 mètres à l'est de la chausséç de La Hulpe, dont elle devient 
en quelque sorte le prolongement. 

Coupe de la paroi méridionale de la grande tranchée du 
Jagersveld (Champ des chasseursj, à Boitsfort, relevée 

en avril IQ04 (fig. 4)* 

mètres 
aie I. Limon brunâtre, friable, bigarré de gris blanchâtre et jau- 
ou iiâtre, ce qui lui donne un aspect un peu remanié, avec cailloux 
tf3n y disséminés et petits débris de briques à la partie supérieure . . i.5o 

:i. Cailloux roulés. 
qStii 3. Limon jaune, parfois interstratifié de sable jaune, quartzeux, 
bruxellien (3'). dont l'épaisseur atteint, dans les poches de ravi- 
nement, jusque ... •'l'OO 

titm 4- Cailloux roulés, avec dépôt argilo-sableux. souvent verdâtre, 

atteignant jusque 2.00 

4'. Niveau supérieur caillouteux, ravinant fortement les dépôts 
soua-jacents ; 

A reporter : 8.5o 



I 



s. 



- M 359 — 

R«port : 8.^ 
4". Niveau moren, conatltué par le 
Aéptii «rfcllo-sableuit. avec c«i)la(ix 
dlMéminés ; 

4 '"■ Niveau inférieur cailiouieux, iar- 
mKnt lie nombreutiea poches ; 
5. Sable léilien, jauue, légArAinAat 
muucheté Ae blanc par places et 
interatratldé, vers le haut, de petites 
KoneH bi'un&tres il'aspect limoneux, 
avec ligues undulées de coucréilons 
ferrugineuse)!, gcodiques (5') . . i .8 

(>. Gravier éjiais. fonné. comme celui 
[lu 11° 8, (le gruiiiH de i[niirtz translu- 
cide el opaifue. maie plus uniromies 
et moins groH; il renferme des lignCH 
nrgiieusefl, dont une nsseï constante. 
(|ui semble le limiter à sa bnse . . o.3 

7. Hnbie iaekénieu, jaunAtre et trâs 
blanchâtre par places i.^ 

8. Uravler k grau grain, snrmonlé 
d'un lit argileux et présentant asses 
fréi|uemnieut de ]>etUeB récurrences . u.^ 
g. Ral>le Miiiceux, blanc et jaune, 
lintxellieii. forni an i de véritables plis 
par onduiatiiins. avec une Htratirica- 
liun parfois entrecroisée, devenant 
ruugeàtre, passant au grès ferrugi- 
neux à la partie supérieure \v{) et pré- 
Hentuni queitiues ientiliea, notamment 

iiu contait du gravier H, formées 
d'argiie gris veitiùtre avec mntière 

nuire (.v) i.< 

M>. Banc de grêH lustrés. nlt«réH. 
Bcliitttu'ideK . iiartois InterHtratifiés 
d'argile grise, variant de . . o"'lo à 0.1 
1 1. Saldt- jaune, ilécnh-ltié. avec grés 

«Itérés, cffrilL'ti a.i 

lu. Salde Kllireux. d'un Itaau liianc. 
JMUiititrii il la partie supérieure, avec 
grès luHiréH, niTondla, (ilsséuUDés el 
raraclériatiqups du sable bniselilen 

d'immersion %■' 

Total : 91.' 



^^iiî' 35i - 



La coape4e\littr&n^h6eduvfagersv^etd fourintilfr ,âe'â in- 

Mt^nMIanteSy poar tout ce qui concerne les dépôts bmxelliens. On 
peut même dire que c'est la plus suggestive et peut-être la seule 
perméttàîk^ dé bien cbn'stàtér/en un inêïne point, là succession dès 
sables^ d*immèr8ioii et d^éniersion, séparés par le faciès cia.lcâr eux 
de cet étage dé rEocèné moyen, beaucoup mieux développe chez 

nous que dans le bitssin iiê Paris. 

^^ ^u moment de l'excursion du 12 juin igo4» on ne voyait que les 
beaui^^^les.bla]xcB,*giliiçeax» d'émersion, avec leurs grès rouges, 
t^vyug^nTLt si cQiistantaà ce niveau, con^mel^i ^ablièçe Tercoigne, 
aouordde.WatermaeJ, .ea ayalt 4éjà .fo^rni un, si ^remarquable 
«acemple, et pour appuyer notre interprétation^nouB^yoofi diû.invo- 
^tier laprésencoy àfBoitsfort,- du sable d'immerston, en un point 
situé alî -nérA deia lôoupë et àiin niveau inférieur à v^elui du sable 
^Kceux, d'émersion, à grès rouges, ferrugineux. 
^^"^ Sf ais, depuis, bomme nous ' suivions presque journellement les 
transfôrtnàtioÀs que sul)isiiàît la coupe, par suite de Tavancemerft 
des travaux, combien agréable n'a pas été notre surprisé de con- 
staterla réapparition du Bruxellien, tel que le montre la coupe 
figure 4i àuxj. j^yeau^bieu ^ipférieur a celui des sables siliceux, à 
grès rouge^, ferruginieu;^, 
et fopmjant ^e ^pljis, l)el 
exemple qui me puisse 
trouver.du sabl&blanc, si-* 
Vieeux, d'immersion (Bb), 
surmohté dti îà^cieë eaica- * 
iPétlx (Bé). 

Avant dé tefminèi** ce' 
qui eët Relatif au Bruxeî- ' 

lien de Boitsfort, il nous 

>• •'' *' • " ■ - ■ '* 
faut encore nous arrêter 

^ -hfc sablière Verhaegen. 

Celle-ci, située rue du n 

Piusofi; 'ati ' bas' 'de -la 

Drève du Duc, déjà dé- 
*tîrîte''èri *ï888(fiiï//. Acad:, t: XVI; p. 264), et dortt la C6upe,.relé- 
\ éè à'iiôuvëatf le* aï juillet 1889, fut encore complétée? le W août 
'1891, de' façon à pouvoir être détaillée coftinié suit (fig. 5f : ' 




>tâ 



13 



lU 



• de 



/V.O. 



15 oBb 



S.£. 



Vui. 



t'I.*! 



i. 1' 



ANX. SOC. OÉOL. UE HKIXi., T. XXXII. 



MÉMOIRES, S3. 



Coupe de la sablière Verhaegen, à Boitsfort. 

(Fio. 5) 

çtrn 1. Catllottx roulas, moséens, formant, vers l'extrémité nord de la 
ea)i>lière, d'épais amas avec un peu de limon recouvert de terre 
végétale, variant en épaisseur de oi^ao à o"3o et plus rarement 
jusqu'à ...«., ..«. i.io 

Le a. Sable lédten, jaune, durci, ferrugineux et bigarré de grisâtre à 

la surface ^ . . . . x.xo 

3. Sable fin, légèrement glauconifère, blanchâtre vers le haut et 
jaunâtre dans la masse, plus ou moins ferrugineux par places 8.5a 

4. Gravier o.io 

5. Sable jaune, graveleux • . • oJSo 

6. Gravier avec grains de glauconie o. 10 

Lk 7. Sable laekénlen, d'un jaune sale, avec quelques grains de gra- 
vier, variant en épaisseur de o'"90 à i. ao 

8. Gravier avec grains laiteux o.so 

Bd 9. Sable bruxellien, siliceux, concrétionné, passant au grès ferru- 
gineux. 
9'. Lit ferrugineux, géodique, sous le gravier n^ 8, dans le 

sable siliceux o.5o 

9". Sable siliceux, concrétionné, passant au grès ferrugi- 
neux â tubulations, formant un banc épais, presque 
continu, atteignant une épaisseur de plus de .... * i. 00 
9'". Sable siliceux, o™35, séparant le sable n*" xo, d'un ni- 
veau de sable ferrugineux peu épais, o^sS ....... 0.60 



a. 10 



10. Sable jaune, siliceux, séparé du sable n^ xi par un petit 

banc de grès rouge a.Sa 

11. Sable jaune, siliceux, avec concrétions arrondies, séparé du 

sable n* 19 par un lit mince d'arglllte brunâtre 4-<^ 

is. Sable blanc^ siliceux, avec concrétions arrondies et grès lustrés, 

dont un de i™2ode long et recouvert à'Oêtrea cymbnlm ; visible sur a.oo 



x8.5o 

Un puits construit au bas de la sablière et qui a rencontré 
l'eau à 9"6o de profondeur, a traversé les couches suivantes, 
d'aprè^ les ouvriers : 

Bç i3. Sable jaune verdAtre, décalcifié environ 7.00 

i4« Sable blanc, marneux environ a.oo 

Bb i5. Sable rude ; eau i.oo 



Total : a8.5o 



~ If 355 - 

C'est dans la sablière dont on vient de voir la eonpe, que se tron* 
vait^ dans le Braxellien, à plasieors mètres sons le sable ferrugi- 
neux, nne pocbe de sédiments d'apparence fluviale que M. le baron 
van Ertbom place à la cote 84, ce qui la ferait rentrer dans la 
couche n® II de la coupe figure 5, et qu'il décrit comme suit (>) : 
« La poche a environ 3 mètres et se trouve comblée par des sédi- 
» ments finement stratifiés, souvent obliquement» de sables de 
» diverses couleurs, de glaises vertes ou brunes, de matière ligni- 
» teusé, de glauconie.Âu-dessus de ces dépôts de matières diverses, 
» se trouve une couche de sable emprunté au Bruxellien encaissant. 
» Nous en avons retiré une concrétion sableuse ayant la forme 
» d'une toile faîtière. » 

Cette poche, avec laquelle la lentille gx de la figure 4 présente 
quelque analogie, pourrait fort bien être un dépôt fluvial d'âge 
moséen ou même tertiaire, comme cela paraît être le cas pour les 
« pochettes de sable graveleux stratifié, avec ossements et cailloux 
» roulés, présentantparfois une teinte gris sale toute particulière », 
qui ont été signalées en plein sable blanc, siliceux, bruxellien, de 
l'ossuaire d'Ixelles-lez-Bruxelles (*). 

On remarquera que la coupe figure 5 présente, comme celle de 
la tranchée du Jagersveld, un magnifique exemple du sable d'émer- 
sion, ferrugineux (Bd), séparé par le faciès calcareux (Bc), du 
sable d'immersion (Bb). La présence de ce dernier n'a été rensei- 
gnée, il est vrai, que sur le dire de puisatiers, mais on a pu 
constater ^on existence, le 23 août 1879, au bas de la Drève du Duc, 
an n? 4^» dans un déblai pratiqué pour la construction d'une serre, 
derrière la villa Parva, appartenant à M. Beemaert et occupée 
maintenant par son beau frère, l'auteur du présent mémoire. 

C'était un beau sable blanc, avec grès lustrés arrondis, mis a 
découvert sut deux mètres de haut et identique à celui de la 
couche 12 de la figure 4* qui est sur son prolongement au Sud, de 
même que celui qui s'observait au Nord, dans la sablière de la rue 
des Trois-Tilleuls, dite sablière Devleeschouwer, qui a complète- 

(') O. VAN Ertborn. Une poche de Hédiinents fluviaux dans le sable 
bmxelHen. Ann. Soc. r. malacol. de BeXg.^ t. XXXIV, p. cxxxiv, 1899. 

(^) M. lIouRLON. Essai d'une monographie des dépôts marins et continen- 
taux du Quaternaire moséen, le plus anden de la Belgique. Anii, Sor, géùl, 
4e Belf*^ t« XXV biç, p. 169, fig 4t couche 3x% 1900^ 



— U^i6 — 

ment disparu atijo«rtr'hm,'^fc quîétait.wfc^boeà aa^ mt^trp»ftimH<ftd- 
due^tidë 4à rue de la ^lla et à iSo^^mc^l'reçfida' la ru^ dfX Foilr. ji ^r 
X Le- 15 août i8^S,> on observBft; en effet, dan$. cette 3i^UtèFQi<M 
c6iqieîi|ue.\ioi<^i: • ;t - * »: ^ *^'* "• ^* • * ' : ^ '?'- ^• • 

. ^ Coupe de la sabliêrç des.Trois-Tilleiils, , 

mètres 
^S/Jii.. Lâmon lipsbayeîi, pale, stratifié, zone de yerdatre. . 4.<k> 
qim 2. Iderii,. avec liiçnées. de couches dQ cailloux nioséens .* ' 2,5o 
Bc 3.. Sable hruxellien, jaunâtre ou d'un blanc sale, avec 

jrrès fi stuleux friable, fossilifère (0.s/rea) . .* . ' . *' 4,00 

56 4« Salileblanc^ sificeux, exploité, avec de rares concré-' 
tiens, arrondies, parfois, très volumineuses, de irrès ^ 
.lustrés . . . . ... . . 3.00 

••-•''> 'O. i.i.- .T . r;-.'» ' Total :--'x3i5o 

*'*t;n peii au nord dé la èoupe précédente, on pouvait vofr bîeti 

' • • • 

distinctemeiûit/isnr le talus oriental d8 \d rtie des'Trois-Tilleuîs Wk!*- 
gîe, là éoà^e relevée le 16^ septembre 1887 -et qui se «trouve dêfeHW* 
et fiprée dans le Bulletin de VÀcadêinié,^. XVi; p. 265, i88B7^-^" 
Êîifîn,''â' line* centaine de mètres au "NW! dès *rrois-Tîlléuls,^un 

puiWa fourni la coupe suivante : ' • '• • ' -> ' ' ~ ^ ■ 

; . •. :iir.- ■ " ' . • '»• ,/'. ..k \: :,"•. ,t ,'f«^ • 

r • Goïipe d*nn puits au NW^des Tfo^stTlU^ulmi ' -d. 

•'•» • . : • '(: ■ ii. '' ^%*«??* 

/7 ' ni., Li^lM>n« terre ^^ braques . . . . .r .,, . * .. ^r,;.^5^C9 

. 2. Idem, limité pai: deux niveaux de cailloux^ ^r --r ,• • " Of4^ 
/^r3..Sable lédien,>fiii, bjlaiip et jaune . , »« . ».. . . ^. ni6.0() 

L/f? 4. .Graviers Itédien et hie)j;t^nj§i>,,6e confondaot,'y^i%uBo nii.- 
i, sable- Bude . ^. . • .m .. • 1/ . . '. • < .. .«♦ «*• -• :. ^«*'tx25 
j^rf 5. CJrès rouge , .> • ..•»..«,. - . . . • •- - .• ^/tif^u.tio 
j; ,'• 6- Sftble siliceux, rude. . . . ..-, ,. . „. . . . -i; .r lÇvÇH> 

jîe * 7.^able et gv^ ,<vile^riières, dit^ in&rJ^% dont ji m.étse^ t ^frt 

:4e at^blejdopx à^l%i)aj;UjeBppfrieur^- . ,.:,.. •"•'•iT.^»: ••:';.. 8^ 

i^fc 8. Sable siliceux, rude 2.5t) 

, Il ^ a donçj, jij?i encore, comme ^jartout .ailleurs, à ^^oisi^rt ainsi 
.qu'à.Waterma^l, à Ixejiles, àFpr^st et ^'Ucclje,i4eux zqnQpdjp'JHiJpjf 
siliceux ou sable rude, 8é[)â«*ées par une zone de stable eir^ès\oéAal^ 
reux. 



Origine et oonséquences derlà^atovnNalle échelle stratigraphique 

du Bruxellien. 

' ? liilstt mi£(0î{letitî)oim: : ^pportiéesé ^flaffU /cette ) ^«tmle) .ir TKptbeilè 
9/bpaiAgrBplûi^n^' ûit li^^ «son jari»j&ilre: ipa'lftid^ 

d^ae; Arftvtin)bolA*)lpp&ioiifiioiMi'i aiio^aels'tnovisrjont conduit, . «ilrtoat 
«tenB.cft^ derlbiqf«aaBaédB[»leeSntkombrable0. QxploKwiiionàdeMUes 
et d^:|^1m^ tant pi»0P ia Jbâtiaae qu^ pour toutes sorte» fd^altfies 
4itia|^ it^ttfitrièïs»; siaoA tmbli^ 1^ ladl^j^ioatioB denpieyce^ àrtifir 
délies, installéieU daop la. .gYand^e- r^sHbliène^v.prè» )ar. «Ufeioi^ 
d*U:ceto^aleY0et: i^;<l«iurf> l'exploitailtoardjs iaqiVieUe lï^uaaai^ons 
été'.app<»16 0> Js^rei t<Mite;;imèr proiipoetioB 'àMmàa de 'Aembceaz 

. .<3'e8l4.i|n;^a9iouv^e'94reuirl3Hkr:lltâeuT:f^^ ccft; apUorâBmê: 4ne 

i)ou^ éHQncjieKKx tmg^^/hi9>\ àkl^sBWxMt^ntSf mâi>i9oo de. laTâoeieM 
•b'elgQr'de''gé€Aogie'(to9id :MV^^ ppi éti9nd&y éAidisant que «»ré<Mide 
djrrdeB appHbati^x^rest lemieiHeiftrUdjuvtuit du progrès- Reientifique 
M eu géologie ». .»: . . .s ".. • . - • ': 

j$faÂ9;eeT<tut;^u-c^t^r|)aaîm€ÛQ»: îAtéresBaut^ oleetr^e cobbtatef Ues 
.ceuséQ'ttcQoee/i^firèixivalueffle-BéAultat de^ ces tr^vmkT'd'^pplieft' 
4'ie9aa» poiitrl6d;à^plûSatkai»iaUjB6imèiii^ • •- 
«»o ^oiCa u'eu' citeiioiuji qu;uii) examptetf^que nous sommeH^aiitôneÀi 
faAi^(CQiiiiaîto^/Cre«.t oeivûfoiirBi jwir la prmpectito. d'importantes 
pr<>prictéa^pert»nant.À flft*IaADiltoaâeB:.prijicea':i|e LigueV .au 
liaineau de S^-jQb,'HaFtle.4ei«rîtoire tie hLcom0iiine,d'UcGle,'elfdônt 
il »*a|p8<jiatt(â€i.4étérm«»er ïa';t«leUrv'eii tenant compte du«ouA4dol. 
Or,, il\Ç(^fVitrQUve'qiAB^ rétudie>4ek»ce' dernietua dénué au terraili 
t«ue pluÀ-*t^ue' fort, oodsidéii^bld* ee :qui réeul^te précisâtuMitrde 
ae^^^fm» tandia .qu'un aouidaga- pratiqué à la cote 83,jibU) Yh^iér 
diCHeùnf ayaifc reneontré que dès fables et grée tlaloarifërâs i-Bc^f idè 
qittaS&téEfott mâdiocaref-et analogiies à* cieûxde la qpxriÊre êlploîtée 
à prox